28 octobre 2009
Comme un arbre dans la ville

Le végétal est le grand oublié des débats sur la "ville durable", estiment les professionnels des jardins et du paysage.
Réunie au sein de l'association interprofessionnelle Val'hor, la filière est rassemblée à Strasbourg, du lundi 26 au mercredi 28 octobre, pour les quatrièmes Assises européennes du paysage.
Elle doit y annoncer la création de Cité verte, centre de ressources et outil de lobbying sur les bienfaits de la nature en ville, inspiré d'un modèle né aux Pays-Bas en 2002, et qui a essaimé depuis lors en Allemagne, en Catalogne et en Grande-Bretagne.
"Jusqu'à présent, le discours sur le paysage a été avant tout esthétique. Nous pensons qu'il faut développer un tout autre argumentaire : le végétal a un rôle plus large sur la santé, le social, l'environnement", estime Dominique Douard, responsable de l'initiative au sein de Val'hor.

Cité verte veut collecter les travaux démontrant les bienfaits de la nature en ville, pour les diffuser auprès des décideurs politiques et formuler des propositions. L'association a créé pour cela un cercle de réflexion et de prospective, présidé par Erik Orsenna.
"Il faut que le végétal cesse d'être une variable d'ajustement, revendique Dominique Douard. Le mot n'apparaît pas une seule fois dans les projets de loi du Grenelle de l'environnement !"
Le ministère de l'écologie s'est pourtant saisi du sujet. Quatre ateliers de travail planchent, depuis ce mois d'octobre et jusqu'en décembre, sur un plan d'action destiné à "restaurer et valoriser la nature en ville".

Il doit constituer le quatrième volet du programme "Ville durable", après les transports, les éco-quartiers et les éco-cités.
Les mérites prêtés à la nature en ville sont nombreux :
• "L'adaptation au changement climatique, l'amélioration énergétique, la réduction des pollutions, la maîtrise du ruissellement, la création de lien social, le développement de jardins solidaires, le maintien de la diversité biologique...", décrit le ministère.
• Vivre à proximité d'espaces verts diminuerait les risques de dépression, d'anxiété, de maladies respiratoires, ainsi que la surmortalité lors des canicules. Véritables filtres à air, les arbres absorbent le CO2, mais également l'ozone et le dioxyde d'azote. Ils fixent les poussières et les particules fines. Leur ombre, ajoutée au phénomène d'évapotranspiration, rafraîchit la température ambiante.

• Cent mètres carrés d'espace arboré au coeur d'un îlot urbain permettraient d'abaisser la température de 1 degré dans un rayon de 100 mètres, selon certaines études. Et en plein soleil, la température d'un terrain - ou d'un toit - couvert de gazon peut être jusqu'à 10°C inférieure à celle d'une surface en asphalte.
• Chacun reconnaît désormais l'importance des végétaux dans la lutte contre les "îlots de chaleur urbains", qui voient la température des centres-villes grimper entre 4 et 10°C au-dessus de celle des zones périurbaines ; dans l'atténuation du réchauffement global, aussi, alors que les études les plus pessimistes prédisent à Paris le climat de Cordoue et à Lyon celui d'Alger d'ici à 2070.
Encore faut-il, pour que ces qualités jouent, tenir compte des exigences propres aux végétaux.

Dans son livre Des arbres dans la ville, l'urbanisme végétal (éd. Actes Sud), Caroline Mollie dénonce la culture urbaine de l'arbre "jetable", décoratif, auquel on ne laisse ni le temps d'atteindre une taille adulte ni la capacité de jouer son rôle dans l'écosystème, fût-il urbain.
"Le végétal en ville est trop souvent traité par des gens dont ce n'est pas le métier", regrette Dominique Douard. La profession doit publier à Strasbourg une motion demandant "que tous les projets soient conçus par des paysagistes, avec des végétaux issus de producteurs de la région, et mis en oeuvre par des entreprises du paysage".

Le plan gouvernemental est attendu au premier trimestre 2010. Les 28 000 entreprises de la filière paysage entendent bien ne pas passer à côté de cette opportunité.
Source Le Monde
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L'arbre, en ville, est porteur de messages.
Tout d'abord en tant que symbole de la vie
dans un paysage artificiel de béton, d'asphalte, de verre et de métal.
Ensuite, par sa beauté née du contraste entre le vivant et l'inanimé.
Mais il évoque également le silence dans un univers de bruit.
Enfin, il devrait inspirer le respect de la vie.
Théodore Monod

Miss You
13:45 Publié dans Miss Terre et bouts de blogs, Nature | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : pollution, ressources naturelles, erik orsenna, arbres






Commentaires
Je tiens à souligner les efforts de la Ville de Toulon (200.000 habitants), qui compte aujourd'hui 500 hectares d'espaces verts. C'est un aspect très important de la qualité de la vie.
Ecrit par : ramses | 28 octobre 2009
Je dirai même essentiel !
J'ai été surprise en lisant l'article de l'absence de place faite au végétal urbain dans le Grenelle de l'environnement et je repensais à la vidéo tournée à Stockholm http://annagaloreleblog.blogs-de-voyage.fr/archive/2009/10/14/hammarby-sjostad.html dans laquelle la place des espaces verts en ville était partie intégrante de ce quartier bio.
J'ai le souvenir au moment de la Canicule de 2003 qu'il était recommandé aux citadins de fréquenter les parcs et jardins de leur ville, pour y retrouver un peu de fraicheur, une meilleure qualité de respiration, ... bref de l'ombre respirable.
Et je ne parle même pas de la sauvegarde de la faune (oiseaux, écureuils, abeilles, ...) citadine et donc de la biodiversité.
Ecrit par : Miss You | 28 octobre 2009
La question des arbres en milieu pollué, donc en ville, est vraiment complexe : Il n'y a pas de place, ils grandissent de plus en plus vite à cause de la pollution, pollution qu'ils retiennent, de plus en plus de gens sont allergiques aux pollens etc.
En ce qui concerne le rôle de certaines espèces végétales dans la "purification" de l'air, il y a beaucoup à dire car le sujet est complexe. Tout d'abord, pour répondre à votre proposition, il faut savoir que les végétaux ne rejettent pas d'oxygène pendant la nuit, mais du gaz carbonique. En effet, comme tous les êtres vivants, les plantes respirent jour et nuit. Mais, à la différence des animaux, pendant la journée, elles absorbent du gaz carbonique et rejettent de l'oxygène pour fabriquer des sucres - c'est la photosynthèse, qui a besoin de l'énergie du soleil pour se produire. L'intérêt de planter des végétaux et surtout des arbres, qui vivent plus longtemps, réside donc dans leur capacité à fixer le gaz carbonique de l'air pendant leur vie. Par ailleurs, des recherches sont réalisées pour connaître leurs potentialités dans la fixation d'autres polluants. Certaines espèces, par exemple, accumulent le plomb dans leurs tissus. Mais il n'y a pas encore de réponse satisfaisante car les capacités d'absorption des plantes sont de toute façon limitées. Le milieu urbain n'est pas idéal pour la croissance des arbres qui y subissent de multiples agressions : sous-sol encombré empêchant le développement naturel des racines, tailles drastiques, sels de déneigement, poussières et polluants obstruant les stomates (pores des végétaux) et limitant les échanges avec l'atmosphère, etc. Pour conclure, planter des arbres est une excellente idée mais insuffisante pour résoudre le problème de la pollution de l'air dans les villes.
http://www.fnh.org/francais/faq/vegetaux/veg002.htm
Nous sommes habitués à considérer les arbres comme des parapluies naturels. Les sapins, notamment, assurent une bonne protection : ils peuvent retenir jusqu'à la moitié de l'eau qui se déverse du ciel. Mais à proximité des zones industrielles ayant une activité polluante, mieux vaut éviter de s'abriter sous eux. Les eaux de pluies qu'ils contribuent à acheminer jusqu'au sol sont particulièrement polluées en bout de course. Ce phénomène a été étudié en détail par deux chercheurs de l'Institut des problèmes de l'écologie industrielle du Nord dépendant du Centre scientifique de Kola de l'Académie des sciences russe.
http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/botanique-1/d/xfel-une-optique-en-diamant-pour-un-laser-superpuissant_20022/
anti
Ecrit par : anti | 28 octobre 2009
Intéressantes précisions.
"planter des arbres est une excellente idée mais insuffisante pour résoudre le problème de la pollution de l'air dans les villes"
Insuffisante, bien sûr, mais je pense nécessaire à une meilleure qualité de vie.
Je pense à tous les parcs et jardins publics en ville qu'on qualifie de poumon vert.
Ecrit par : Miss You | 29 octobre 2009
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