02 novembre 2009

Oxmo Puccino pour l’Unicef : « Naître adulte »

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Les enfants ont des droits et ont aussi besoin d'une assistance et d'une protection spéciales.
© Unicef France Thomas Arrivé 2009.




L’Unicef France a demandé à Oxmo Puccino de composer une chanson pour les 20 ans de la Convention internationale des droits de l’enfant.

A travers cette chanson d’un artiste incontournable de la scène rap française, l’Unicef marque sa volonté de fédérer le public, et surtout les jeunes autour de la cause des enfants.

Un objectif pour ce projet ambitieux : que la chanson « Naître adulte », fruit de cette belle collaboration, soit reprise partout le 20 novembre, et particulièrement dans les écoles de France par les principaux concernés : les enfants.

Rassembler tous les élèves, collégiens et lycéens autour de la cause des droits de l’enfant, permettra ainsi de marquer cet anniversaire du sceau de la solidarité. Ensemble, chantons pour les droits de l’enfant !













Naître adulte

Naître adulte c’est nourrir sa famille
avant d’apprendre à lire
pour ça papa m’a souvent dit
si tu te couches tard tu te cultives,
le poison de ce monde c’est l’ignorance
les plus fragiles coupables d’innocence
l’enfance est un long voyage
l’arrivée dépend du paysage
à ceux dont les yeux n’ont plus d’étincelles
nous chantons cette mélodie qui rappelle
que le secret des plus grand trésors
se tient dans les poings d’un bébé qui dort

Naître adulte
arriver sur terre par catapulte
en espérant que les grands répondent
on va chanter pour changer le monde
naître adulte
c’est voir le jour au crépuscule
en espérant que les grands répondent
on va chanter pour changer le monde


Les droits de l’enfant se dressent pas à pas
serrons-nous les pétales que l’on fasse un parc,
découvrez le meilleur des mondes imaginaires
où s’allument des bougies vertes
ici poussent des glaces au gout d’arc en ciel
pour les mauvaises mines antipersonnel
des poupées de caramel, plein de marionnettes
pour les orphelins avec des mitraillettes
à l’abri d’une forêt d’émeraudes
avec des arbres aux branches pleines de poèmes roses
on y cueille de douces paroles
fredonnez-les, puis la peine s’envole

Naître adulte
arriver sur terre par catapulte
en espérant que les grands répondent
on va chanter pour changer le monde
naître adulte
c’est voir le jour au crépuscule
en espérant que les grands répondent
on va chanter pour changer le monde


Tenter de danser pour conjurer le sort
donner sans mesurer l’effort
se pencher pour apporter des forces
à ceux qui n’ont plus d’écorce
bien que la vie soit dure
on veut tout l’amour qui nous est dû
et si la réponse est longue
chantons tant que la terre est ronde

Naître adulte
arriver sur terre par catapulte
en espérant que les grands répondent
on va chanter pour changer le monde
naître adulte
c’est voir le jour au crépuscule
en espérant que les grands répondent
on va chanter pour changer le monde


(Oxmo Puccino)


*



Quelques questions à cet artiste qui appelle les enfants à "chanter pour changer le monde".


Pourquoi t’engages-tu aux côtés de l’Unicef ?
Je préfère laisser l'interprétation libre. Mais j'ai comme une certitude, celle que la réponse se trouve dans la chanson…

A-t-il été difficile pour toi d’écrire cette chanson, qui ne ressemble pas forcément à tes précédents morceaux ?
Elle n'a pas été évidente car je suis aujourd’hui plus concerné par cette période de notre vie où nous-mêmes devenons des parents. C’était un exercice de style, et donc un plaisir.

En interprétant cette chanson, tu penses à ta propre enfance ?
Je pense forcément beaucoup à moi lorsque j'écoute cette chanson. Ça me rappelle cette fragilité et cette impuissance face à ce monde pour lequel même les parents n'étaient pas prêts.

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Chacun, partout, a les mêmes droits, qui découlent de notre humanité commune.
© UNICEF/NYHQ2005-1469/Noorani




Tu te mets dans la peau de quel enfant lorsque tu interprètes cette chanson ?
Je puise dans la part d'enfant encore présente en moi, celle à laquelle on peut avoir accès par désir de refuge, ou pour rire.

Tu as rencontré des élèves du collège Modigliani à Paris lors de la préparation de cette chanson. En quoi les collégiens t’ont-ils aidé lors de cet atelier d’écriture ?
Je ne savais plus ce qui se passait dans la tête d'un enfant. Pour ne pas écrire dans le noir, j'ai donc dû aller à la pêche aux beaux mots, les plus usités dans le langage enfantin. Cette rencontre m’a aidé en ce sens : comprendre quelles sont leurs préoccupations, leurs craintes, leurs rêves. J’en profite pour les remercier !






Dans ta chanson, tu dis « le poison de ce monde, c’est l’ignorance » ? Tu entends quoi par cette phrase ?
Je répondrais à cette question par cette citation de Balzac qui résume assez bien ce que j'ai voulu signifier. « L'ignorance est la mère de tous les crimes. Un crime est, avant tout, un manque de raisonnement. »

C’est une chanson très imagée et très poétique où tu nous embarques dans un monde imaginaire. Peux-tu nous le faire partager ?
C'est un monde imaginaire qui serait la communion de tous ces endroits secrets où nous retournons de moins en moins à mesure que nous grandissons. C'est un monde qui change selon notre désir, très fragile. On peut observer beaucoup de ces couleurs vives et gaies sur les jouets d'enfants. « Les bougies vertes », je trouvais cela joli sans raison.
Puis, lorsque j’ai rencontré cette classe de collégiens, j'ai « reçu » une interprétation de la part des enfants... « Le vert représente l'espoir ». Quant à l’expression « les poupées de caramel », elle représente l'abondance de dont nous sommes friands. Et « la forêt d'émeraudes » représente la végétation luxuriante…qui devient de plus en plus précieuse car rare. C’est un mot qui m’a été « donné » par un jeune élève le jour de la rencontre.






Comment t’es venue cette phrase « pour ça papa m'a souvent dit si tu te couches tard, tu te cultives» ?
Dès que j'ai su lire, mon père m'a acheté des tomes entiers, l'Histoire du monde, les livres de la collection Bibliothèque verte, les livres de Pierre Gripari, « Tout l'univers », « Comment ça marche ? »... Et je les lisais tous ! Ma fille lira peut-être encore plus que moi, c'est tout ce que j'espère pour elle.

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Des femmes reçoivent une formation pour apprendre aux enfants à lire et à écrire.
© UNICEF/NYHQ1991-0241/Nicole Toutounji




« On va chanter pour changer le monde » est le message fort de la chanson et du projet, mais quel avenir vois-tu pour cette chanson ? Et pour les enfants du monde ?
Certaines chansons apportent énormément à ma vie de tous les jours, d'ailleurs c'est à présent le cas de « naître adulte ». Il y a certaines phrases que je vais me répéter pour... m'apaiser. Quant à l’avenir de cette chanson ? Elle ne m'appartient plus car « les enfants ne sont pas vos enfants, ils sont de vous, mais pas à vous... » (Khalil Gibran).


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Programme des événements autour du 20ème anniversaire de la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE).

Tout au long de l’année, des événements festifs, ludiques et parfois plus sérieux rappelleront l’importance des droits de l’enfant et des réalisations que la CIDE a permis de mettre en œuvre au profit des enfants du monde.


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© UNICEF/NYHQ2009-1209/Giacomo Pirozzi



En savoir plus sur l’Unicef :

La Convention internationale des droits de l'enfant

Utiliser la Convention et les Protocoles pour protéger les enfants

Le chemin qui a mené à la Convention des droits de l'enfant


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Commentaires

Oxmo Puccino s'en va, porté par quelques libellules et ne pense pas que le malheur des uns fasse le bonheur des autres.
Beau représentant, avec Abd Al Malik, du rap poétique et engagé.

Ecrit par : Colors | 02 novembre 2009

Voilà qui me réconcilie avec le rap... Ce clip est magnifique

Ecrit par : ramses | 02 novembre 2009

J'adore Oxmo Puccino depuis des années, j'aime le texte de la chanson, j'aime la musique en fond, mais je n'aime pas le résultat... Je pense qu'il y aurait dû avoir, au minimum, une vraie partie chantée.. Surtout si les enfants doivent l'entonner en cours après. Je ne pense pas que le rap se prête à ce genre d'exercice. Je comprends bien l'idée de l'Unicef, de prendre un rappeur connu "parce que ça fait plus jeune" mais je ne pense pas que de faire un slam en musique soit une chanson que les enfants retiendront. Et puis le rythme de ce rap a plus tendance à bercer, pour pas dire à ennuyer, que le but recherché de convaincre les adultes que les enfants veulent que le monde change.
"on va chanter pour changer le monde" et il ne chante pas... C'est un peu le problème aujourd'hui.. On dit ce qu'on va faire pour changer tout ça mais on ne le fait pas pour l'instant.. Alors quand ?

Enfin bref ça n'empêche pas que je soutiens l'Unicef dans ses action et si ça peut leur faire un peu de "pub" et de nouveaux adhérents alors c'est une bonne chose.

Ecrit par : Netsah (Anna's son) | 02 novembre 2009

Hé hé, Abd al Malik :-) http://annagaloreleblog.blogs-de-voyage.fr/archive/2008/12/21/abd-al-malik-c-est-du-lourd.html et MC Solaar, of course.

D'accord avec toi Netsah ; ce morceau qualifié de rap ressemble plus à un slam. En revanche, je peux t'assurer que mon neveu de 5 ans aime bien "slammer" à sa façon, il s'appuye sur le rythme des mots et la musique ne semble pas lui manquer, pour retenir les paroles. Il m'a scotché sur Saint Denis de Grand Corps malade, ce petit bonhomme.

Ecrit par : Miss You | 02 novembre 2009

Quel amateur de rap êtes-vous ? http://www.rue89.com/actu-rap/2009/11/02/amateur-branche-quel-auditeur-de-rap-etes-vous

Ecrit par : Miss You | 03 novembre 2009

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