16 novembre 2009
Raymond Depardon en Languedoc Roussillon

En sortant du Musée Fabre samedi, j’ai découvert par hasard l’exposition itinérante « Raymond Depardon en Languedoc Roussillon » à Montpellier.
Comme chaque fois que j’ai le bonheur d’admirer les clichés de cet artiste aux multiples talents, je suis émerveillée par certaines et interpellée par d’autres (certaines solitudes, certains regards sont tellement forts qu’ils se font d'uppercuts.

Quelques mots sur l’expo (ou plutôt les expos) qui se tient à Montpellier jusqu’au 31 janvier 2010, après avoir fait escale à Alès et Perpignan.
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Montpellier s'offre non seulement les remarquables expositions Paysans, Errance et Regard sur le Languedoc-Roussillon mais rajoute en exclusivité les 106 photos couleur de la série Villes.
Quatre superbes expositions en guise de confrontation de ces univers qui parlent du monde contemporain, de la société et des enjeux de l'aménagement des territoires.

Avec Paysans composée de quarante photos noir et blanc, Depardon livre une peinture intime de ce milieu rural dans lequel il a grandi.

Hommes et femmes, nobles cul-terreux se donnent à voir dans toute leur simplicité et toute leur riche rusticité. Intimes et généreux.

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L'expo Errance constituée de 81 photographies en noir et blanc de paysages à travers le monde est la réponse à une question essentielle que Raymond Depardon s'est posée : « Mais qu'est-ce que je fous là ? » Poésie de la quotidienneté, de « l'anti-moment exceptionnel ».

À propos de ce que nous désignons comme des paysages, Depardon corrige : « Je ne suis pas un photographe de paysages, comme je ne m'estime pas non plus être un portraitiste. Je suis entre les deux. Je ne pense pas que les photos de la série Errance soient vraiment des paysages.

Ce sont des images arrêtées d'un film imaginaire qui aurait pu se faire. Au lieu d'être horizontal, l'écran est en hauteur, comme si cela pouvait exister. Une espèce de couloir, comme un cauchemar ou comme un rêve heureux. (...) J'ai fait ces photos avec un niveau à bulles, comme un maçon. » Une oeuvre surprenante et singulière.

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Villes enfin, est probablement l'exposition la plus insolite.
Pour ce travail de 106 photos couleur, Raymond Depardon s'est rendu dans douze villes du monde.
Une errance solitaire et anonyme de trois jours à Addis Abeba, Berlin, Buenos Aires, Dubaï, Johannesburg, Le Caire, Moscou, New York, Paris, Rio de Janeiro, Shanghai et Tokyo.
Loin du spectaculaire et de l'exotisme, il nous montre des scènes de rues où la banalité du sujet renvoie au désir de retranscrire le quotidien des citadins de XXIe siècle. Il dit « avoir voulu réfléchir à son rapport à la ville, un rapport souvent difficile, d'amour-haine » et ajoute avec une modestie déconcertante que « le hasard a toujours bien fait les choses ».

À découvrir au Pavillon populaire.
L’entrée est gratuite !
« J’ai aimé me perdre dans ces villes étrangères,
je me suis efforcé de me dissimuler dans le flot des passants des rues animées de ces grandes cités.
Pour quelques heures, pour quelques jours, j’étais un habitant, un peu particulier.
Je restais étranger, mais j’étais adopté et protégé par la foule.
J’ai toujours pris plaisir à ne pas me faire remarquer, à disparaître aussitôt repéré,
à me fondre d’une rue à l’autre, sans chercher à me cacher,
en restant un touriste un peu décalé, plutôt curieux mais toujours amateur.

Trois jours dans chaque ville, à essayer de garder ce premier regard, avant de quitter la ville comme un voleur d’images.
Mais souvent le dernier jour, je pouvais rester des heures sans photographier, ni filmer.
Ce n’était pas seulement la fatigue de la marche, j’étais gagné par la ville,
je prenais des habitudes et les souvenirs me revenaient, de vieux souvenir,
j’étais un gosse, soi-disant reporter, qui voulait changer le monde sous prétexte de témoigner.
Toujours en transit, pour aller photographier les rebelles dans les montagnes,
des paysans, comme mes parents, qui s’étaient transformés en combattants.
La ville avait changé et moi aussi.
Mes compagnons étaient une petite caméra A-Minima et un Bronica 645 et des films couleur.
Aujourd’hui devant ces photographies,
vous pouvez deviner mon itinérance, mes échecs, mes ratages, mes attirances, mes craintes,
mes surprises, mes chances et mes bonheurs.
Deuil et jouissance, tout se mélange maintenant avec le temps. »
Raymond Depardon
je me suis efforcé de me dissimuler dans le flot des passants des rues animées de ces grandes cités.
Pour quelques heures, pour quelques jours, j’étais un habitant, un peu particulier.
Je restais étranger, mais j’étais adopté et protégé par la foule.
J’ai toujours pris plaisir à ne pas me faire remarquer, à disparaître aussitôt repéré,
à me fondre d’une rue à l’autre, sans chercher à me cacher,
en restant un touriste un peu décalé, plutôt curieux mais toujours amateur.

Trois jours dans chaque ville, à essayer de garder ce premier regard, avant de quitter la ville comme un voleur d’images.
Mais souvent le dernier jour, je pouvais rester des heures sans photographier, ni filmer.
Ce n’était pas seulement la fatigue de la marche, j’étais gagné par la ville,
je prenais des habitudes et les souvenirs me revenaient, de vieux souvenir,
j’étais un gosse, soi-disant reporter, qui voulait changer le monde sous prétexte de témoigner.
Toujours en transit, pour aller photographier les rebelles dans les montagnes,
des paysans, comme mes parents, qui s’étaient transformés en combattants.
La ville avait changé et moi aussi.
Mes compagnons étaient une petite caméra A-Minima et un Bronica 645 et des films couleur.
Aujourd’hui devant ces photographies,
vous pouvez deviner mon itinérance, mes échecs, mes ratages, mes attirances, mes craintes,
mes surprises, mes chances et mes bonheurs.
Deuil et jouissance, tout se mélange maintenant avec le temps. »
Raymond Depardon
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Parallèlement à ces trois expositions, se tiendra à compter du 9 décembre 2009 et jusqu’au 31 janvier 2010 au Carré Saint Anne (toujours à Montpellier) l’exposition Un regard sur le Languedoc-Roussillon.
SètePour ce projet de trente photos commandé par la Région, le photographe a promené son objectif de Sète à Arboras en passant par Argelès-sur-Mer. « Mais comme toujours, dit-il, je reste à bonne distance et je choisis de montrer ce territoire sans personnages. Je plante le décor. Montre-moi ton pays et je te dirai qui tu es. »
Une démarche d'autant plus audacieuse que, comme tout le monde sait, « les Français n'aiment pas trop la géographie... Moi, je suis passé de l'actualité au paysage. C'est une discipline comme une autre et qui me correspond bien. Il y a une gravité là-dedans : la France est un paysage grave. C'est pour ça que les jeunes n'aiment pas la campagne » .
LozèreTous ces endroits de la région qui nous sont pour la plupart familiers sont à redécouvrir au Carré Sainte-Anne.
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Les sources de cette note :
• Scoop et Popularité
• Le tour du monde en 4 expos
• Des paysans aux villes en passant par l’errance
• Des terres et des hommes
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• Des livres ? A foison
• Des films ? Tout plein
• La page qui lui est consacrée sur le site de l’Agence Magnum
• Ses Rencontres de la Photo en Arles en 2006
• L'hommage qui lui a été rendu en 2008 à La Rochelle au cours du Festival “Un autre regard” :
Miss You
13:46 Publié dans Miss Terre et bouts de blogs | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : photographie, raymond depardon, nîmes et ses alentours, rip, musée fabre






Commentaires
Petite précision :
Mercredi 9 décembre à 18h
à la librairie Sauramps Triangle
Rencontre avec Raymond Depardon :
Dédicace du livre “Paysans” (Ed. Points, 2009)
Le reste du programme et des rencontres et débats est ici www.raymond-depardon-en-languedoc-roussillon.fr/.../Depliant-Mtp-14oct.pdf
Ecrit par : Miss You | 16 novembre 2009
Les interviews vidéos de ce grand photographe sont superbes, comme ses photos... J'ai adoré quand il dit "je viens de passer du noir et blanc à la couleur, alors le numérique..." !
Ecrit par : ramses | 16 novembre 2009
"la France est un paysage grave"
Je ne l'avais jamais perçue comme telle avant de la voir avec ses yeux et son objectif. En réalité elle est tout à la fois, belle, heureuse, grave, sombre, lumineuse, triste.... C'est le talent de chaque photographe qui réussit à nous faire changer le regard qu'on pose sur les choses, les gens, les lieux.
Ecrit par : Miss You | 16 novembre 2009
Sympa comme tout !
anti, tous les moments sont par essence, des moments d'exception.
Ecrit par : anti | 16 novembre 2009
Très vrai.
(surtout avec toi)
Ecrit par : Anna Galore | 16 novembre 2009
Aouh ! Aouh ! Aouh !
anti
Ecrit par : anti | 16 novembre 2009
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