17 novembre 2009
Enfants oubliés, d’ici et d’ailleurs
En lisant ce matin que l’Australie avait fait repentance auprès de ses «enfants oubliés», j’ai eu envie de saluer ce geste, tardif bien sûr mais tellement important, et aussi de parler ici des « enfants de la Creuse ».
Le parallèle est trop fort pour le passer sous silence.
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On estime qu'ils furent près de 500.000.
On les appelle les «Forgotten Australians», les «Australiens oubliés». Ce sont ces centaines de milliers d'enfants victimes de violences dans des orphelinats ou des foyers d'accueil publics australiens entre 1930 et 1970.
L'Australie avait déjà présenté ses excuses l'an passé aux milliers d'enfants aborigènes retirés de force à leurs familles à des fins d'assimilation.
Le Premier ministre Kevin Rudd a étendu lundi la reconnaissance de ces abus à l'ensemble de cette génération volée. En 2004, un rapport du Sénat avait recommandé cette démarche de repentance envers ces enfants victimes d'abus en tous genres, sexuels notamment.
Excuses de la Nation
L'Australie est «désolée pour cette tragédie, cette tragédie absolue, des enfances perdues», a-t-il lancé devant un millier de «Forgotten Australians» survivants réunis au Parlement, déclenchant un tonnerre d'applaudissements.
«Nous sommes ensemble aujourd'hui pour vous présenter les excuses de la Nation. Pour vous dire, vous les Australiens oubliés et ceux qui ont été envoyés enfant vers nos rivages sans leur consentement, que nous sommes désolés», a-t-il ajouté.
«Nous sommes désolés que, enfants, vous ayez été pris à vos familles et placés dans des institutions où souvent vous avez été maltraités. Désolés pour les souffrances physiques, les privations affectives et la froide absence d'amour, de tendresse, de soins».
Les excuses britanniques à venir
Environ 7.000 d'entre eux étaient des Britanniques déplacés en Australie dans le cadre d'un programme mis en place entre 1920 et 1967 par les autorités de Londres. Celles-ci avaient envoyé près de 130.000 enfants pauvres, âgés de 3 à 14 ans, vers l'Australie, le Canada, la Nouvelle-Zélande, l'Afrique du Sud et ce qui était alors le Zimbabwe, avec la promesse que leur vie y serait meilleure.
Le Premier ministre britannique, Gordon Brown, doit prochainement s'excuser au nom du Royaume-Uni pour l'envoi au 20e siècle de ces dizaines de milliers d'enfants vers ses anciennes colonies, où beaucoup ont été placés dans des institutions publiques et victimes d'abus.
Le ministre à l'Enfance Ed Balls a estimé dimanche sur la chaîne Sky News que c'était un «motif de honte» que cette «politique terrible» ait continué aussi longtemps. «L'excuse est symboliquement très importante», a-t-il dit.

Peuplement de «bonne souche britannique blanche»
L'association britannique Child Migrants Trust, qui œuvre à réunir les enfants déplacés avec leurs familles, assure que certains d'entre eux avaient été enlevés à leur foyer sans que leurs parents en soient informés ou aient donné leur consentement.
Nombre de ces enfants avaient été envoyés à l'étranger par des agences spécialisées qui souhaitaient peupler les anciennes colonies avec des gens de «bonne souche britannique blanche», selon l'association. La plupart ont fini dans des institutions publiques ou des établissements agricoles.
(Source AFP et Libé)
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Dans les années 1960, plusieurs centaines d'enfants réunionnais « orphelins » furent déplacés par les autorités françaises dans le but de repeupler les départements français victimes de l'exode rural comme la Creuse, le Tarn ou le Gers. Ce déplacement d'enfants par avions entiers fut organisé sous l'autorité de Michel Debré, député de La Réunion à l'époque.
Cet épisode de l'histoire française, très connu à La Réunion, qui a donné lieu à de nombreuses études écrites ou filmées est communément appelé l'affaire des Enfants de la Creuse ou des Réunionnais de la Creuse.

Les origines des enfants
Le programme mis en place par Michel Debré pour contribuer au repeuplement de la Creuse par l'immigration d'enfants réunionnais en échange de promesses d'avenir qui a depuis fait scandale a été porté par le Bumidom.
Cette affaire est connue sous le nom des « enfants de la Creuse. » De 1963 à 1982, 1 630 enfants réunionnais ont été arrachés à leur île natale et envoyés, pour la plupart, dans la Creuse et en Lozère. Le scandale éclate le 30 janvier 2002, lorsque Jean-Jacques Martial, un Réunionnais exilé en 1966, dépose plainte pour « enlèvement et séquestration de mineur, rafle et déportation ».
Leur accueil
Les enfants réunionnais déplacés en Creuse étaient accueillis lors de leur arrivée dans un foyer de Guéret. Puis ils étaient envoyés dans des familles d'accueil à travers la Creuse. Aujourd'hui c'est l'Espace Créole qui se trouve dans les bâtiments.
De nombreuses victimes de ce déplacement considèrent qu'elles ont été victimes d'une déportation. Ainsi en 2005, l'association des Réunionnais de la Creuse a décidé d'assigner l'État français devant le tribunal administratif de la ville de Limoges afin que la « déportation » dont ont été victimes les 1 630 enfants soit reconnue juridiquement.
Source Wiki
Les suites judiciaires de ces actions ?
Elles ont été rejetées pour cause de prescription quadriennale.
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Bumidom
« Bimidom, bimidom ou vol nout bann frer.
Bimidom, bimidom ramas pa manter.
Bimidom, bimidom ou fé mal nout ker.
Bimidom, bimidom na kas ton bann fer. »
Traduit du créole réunionnais au français, ce texte signifie :
« Bumidom, Bumidom, tu nous voles nos frères.
Bumidom, Bumidom, ne mens pas.
Bumidom, Bumidom, tu fais mal à nos cœurs.
Bumidom, Bumidom, nous casserons tes fers. »
(Extrait de la chanson Bumidom de Ziskakan)

A lire notamment :
• Réunionnais de la Creuse
• La déportation des Réunionnais de la Creuse
• Témoignages
• Le rapt des enfants de la Réunion
Les photos sont signées Robert Doisneau et on peut les retrouver ici, là et encore ici.
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D'autres excuses :
• La repentance de l'Australie à l'égard de ses Aborigènes
• Le Sénat américain présente des excuses
Miss You
11:00 Publié dans Miss Terre et bouts de blogs, Tous des humains | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note






Commentaires
Quelle horreur, quelle honte !
Et quelle tristesse immense...
Ecrit par : Anna Galore | 17 novembre 2009
Impensable de se dire qu'en 1982 on a encore exilé des enfants de la Réunion pour aller repeupler la Creuse...et que dire du rôle de l'état!!!
Le 20 novembre, c'est la journée des droits de l'enfant. Encore un long chemin à parcourir ...
Ecrit par : valentine | 17 novembre 2009
Je découvre cette histoire des enfants réunionnais transplantés dans la Creuse... Il y a une chape de plomb sur ce sujet révoltant, il y en a bien d'autres, hélas...
Ecrit par : ramses | 17 novembre 2009
"Le 20 novembre, c'est la journée des droits de l'enfant. Encore un long chemin à parcourir ..."
Oui, terriblement long !
Ecrit par : Miss You | 17 novembre 2009
Hé ben. Je suis à la fois heureuse et révoltée mais plutôt heureuse quand même en lisant ces articles : les choses avancent !!! Forcément, ça oblige à prendre conscience de bien des horreurs, mais y'a pas moyens de faire autrement !
C'est une bénédiction pour ces enfants devenus adultes d'être considérés comme victimes. Ils vont pouvoir affronter l'avenir avec plus de stabilité, enfin.
anti
Ecrit par : anti | 17 novembre 2009
Il y a de fait double crime de l'Etat :
1/ La déportation de tous ces malheureux, même si certains ont fait souche. Des familles brisées, des destins broyés pour rien ( voir point 2 ci-dessous )
2/ Avoir toujours mené une politique favorisant l'exode rural, et l'aggravant. Même de nos jours, où l'on vient nous faire de beaux discours sur le Grenelle de l'environnement, on continue de favoriser le déplacement des populations rurales vers les centres urbains, en réduisant comme peau de chagrin les derniers services publics, en supprimant les trains et les transports en commun dans toutes ces régions.
Jean
Ecrit par : J'YCroisPas | 19 novembre 2009
La désertification des campagnes et l'abandon des agriculteurs risque de se payer très cher. Avec le démantèlement industriel et le "tertiaire" qui ne semble pas répondre aux attentes, que nous restera t'il ? Pas étonnant que le déficit du commerce extérieur se creuse et que la dette explose !
Ecrit par : ramses | 19 novembre 2009
La négation de ce qui s'est passé pour les enfants de la Creuse par le silence et l'absence d'excuses de l'Etat est en soi un comportement que je considère aussi comme criminel.
Ecrit par : Miss You | 20 novembre 2009
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