27 novembre 2009

L’Iran confisque le prix nobel de la Paix à Shirin Ebadi

En lisant cette nouvelle ce matin, j’ai d’abord été écoeurée par les procédés et manoeuvres.

Puis, je me suis dit que cela n’enlèvait absolument rien aux raisons pour lesquelles Shirin Ebadi avait reçu le Prix Nobel en 2003.

Au contraire, cette confiscation (aussi ridicule et mesquine qu'illégitime -comment un gouvernement peut-il retirer une récompense qu'il n'a pas lui-même octroyée ? C'est a contrario en reconnaître l'importance, quand on voudrait nier son existence-) ne la rendait que plus visible du reste du monde et me donnait l’occasion de vous en dire un peu plus sur cette femme admirable et ses engagements.

En effet, elle a déjà été évoquée sur le blog (ici et dans les commentaires sur la note à propos d'une autre femme formidable en Iran, Shahla Sherkat, mais de façon ponctuelle, sans en faire le portrait.




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L’article


La médaille et le diplôme Nobel de l’avocate iranienne Shirin Ebadi ont été confisqués par les autorités iraniennes.

C’est le gouvernement norvégien qui l’a annoncé jeudi. Selon ses services, la médaille et le diplôme Nobel de Shirin Ebadi, ainsi que certains autres de ses effets, ont été retirés d'un coffre-fort bancaire dans lequel ils étaient entreposés.

Le Nobel de la paix avait été attribué en 2003 à l'avocate, première femme à devenir juge en Iran en 1974, «pour ses efforts en faveur de la démocratie et des droits de l'Homme» dans la République islamique.

«Nous sommes choqués et nous nous démarquons de tels agissements», a déclaré le ministre norvégien des Affaires étrangères, Jonas Gahr Stoere, dans un communiqué. «C'est la première fois que les autorités d'un pays confisquent un prix Nobel de la paix


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Le gouvernement norvégien a dit avoir convoqué le représentant iranien à Oslo pour lui transmettre ses protestations. Le ministère des Affaires étrangères précise avoir convoqué le chargé d'affaires iranien à Oslo pour protester contre l'attitude des autorités iraniennes et lui communiquer ses inquiétudes concernant le sort de Shirin Ebadi et de ses proches.

Plusieurs collaborateurs de Shirin Ebadi et son mari ont été arrêtés et parfois maltraités ces derniers mois en Iran. Ces faits «montrent que la liberté d'expression est fort malmenée en Iran», a ajouté le ministère.

Le comité Nobel, qui attribue la prestigieuse récompense, a indiqué qu'il allait lui aussi protester contre sa confiscation. «Je n'ai pas connaissance que cela se soit déjà produit dans le passé», a déclaré Geir Lundestad, le secrétaire du comité Nobel. «Jamais un lauréat n'avait été traité de cette manière. Même des opposants politiques comme (le Russe Andreï) Sakharov et (le Polonais Lech) Walesa ont été mieux traités que cela dans leurs pays», a-t-il dit, évoquant les deux lauréats distingués respectivement en 1975 et 1983, pendant la Guerre froide.









Shirin Ebadi (en persan : شیرین عبادی, Shirin 'Ebādi) (née le 21 juin 1947 à Hamadan en Iran), est une avocate iranienne, défenseuse active des droits de l'homme.

Elle a reçu le Prix Nobel de la paix en 2003 pour son action en faveur des droits de l'homme et de la démocratie. C'est la première Iranienne à recevoir ce prix.

Elle fut aussi la première femme en 1974 à devenir juge en Iran. Elle a dû abandonner son poste en 1979 à cause de la révolution iranienne lorsque des religieux conservateurs ont pris en main le pays et fortement limité le rôle des femmes.


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Elle enseigne actuellement le droit à l'Université de Téhéran et œuvre pour la défense des droits des enfants et des femmes.

Elle est la porte-parole des femmes iraniennes qui ont joué un rôle clé dans la campagne présidentielle de Mohammad Khatami et depuis elle se bat pour que les femmes aient un plus grand rôle dans la vie publique.

Elle est aussi connue pour prendre la défense des dissidents de premier plan comme celle de la famille de Dariush Farouhar et de son épouse qui ont été retrouvés battus à mort. Il s'agit d'intellectuels menacés par des extrémistes opposés à la politique de Khatami qui a libéré le droit d'expression

En 2000, Ebadi a été accusée d'avoir distribué une cassette vidéo sur laquelle un de ces extrémistes religieux avoue que les dirigeants iraniens sont à l'origine de ces violences. Elle a été condamnée pour cela à une peine d'emprisonnement et à une interdiction d'exercer. Ceci a attiré l'attention du monde sur les violations des droits de l'Homme en Iran.

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Elle fait partie de la direction de l’Organisation iranienne de protection des droits de l'enfant et de l’Association des défenseurs des droits de l'Homme en Iran.

Pour ses actions politiques, elle a obtenu le prix Rafto en 2001 avant d'obtenir en 2003 le Prix Nobel de la paix.

Assadollah Badamchian, un politicien conservateur iranien, a qualifié à l'époque le prix Nobel d"infamie" ajoutant que Shirin Ebadi avait été récompensée pour les services rendus à l'oppression et au colonialisme occidentaux.

En juillet 2004, elle est devenue la marraine de la promotion 2004 de l'école française de la magistrature. En novembre 2006, elle a reçu du président français Jacques Chirac les insignes de commandeur de la Légion d'honneur.

En octobre 2007, elle intervient au Forum mondial de l’économie responsable qui se tient à Lille sur le thème de la diversité.

En août 2009, elle reçoit le Prix Manhae pour la paix.

Elle est membre de la fondation PeaceJam.


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A lire ailleurs :


Droits de l'homme en Iran sur Wiki

Le rapport édifiant d'Amnesty en 2004

Son discours (en anglais) lors de la remise du Nobel en 2003

• Son livre Iranienne et libre : Mon combat pour la justice qu'on peut feuilleter ici.


Bravo à elle et surtout merci, tellement.

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Commentaires

Parmi les Nobel harcelés par leur propre pays, il faut aussi mentionner le cas extrême de Aung San Suu Kyi, bien plus maltraitée que n'ont pu l'être Walesa et Sakharov après la remise de leur prix. Etre une femme doit être un facteur aggravant...

Ecrit par : Anna Galore | 27 novembre 2009

Madame Ebadi et ses semblables sont les vraies richesses de notre monde, nombrilist et partial. Leur combat pour la justice et partage devrait devenir un objectif global pour que l'espoir de notre jeunesse et notre devenir prenne une
autre couleur! Les grands pays devraient les écouter d'aventage!

Ecrit par : Irani | 16 juillet 2010

Entièrement d'accord, c'est aussi pour ça qu'il nous semble important de parler de leurs engagements sur ce blog.

Merci de votre passage ici.

Ecrit par : Miss You | 16 juillet 2010

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