30 novembre 2009

Robin des bois à Dubaï

En lisant la note d’Anti sur la faillite de Dubaï, je me demandais ce qu’allaient devenir les ouvriers (souvent bengali ou pakistanais) qui travaillaient jusque-là sur les chantiers pharaoniques de l’Emirat.
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Ils ne sont déjà plus ni payés ni pris en charge lorsqu’ils tombent malades, puisque le chantier s’arrête et qu’il n’y a plus d’argent dans les caisses !

Je vous rassure : l’inauguration prévue le 4 janvier 2010 de Burj Dubai, la plus haute tour au monde avec plus de 800 mètres, est maintenue avec moult fastes et invités venus du monde entier triés sur le volet.

Je n’ose même pas imaginer combien de familles pourraient manger avec les coûts de cette réception.

Ce matin, jour de l’ouverture de la campagne d’hiver des Restos du Cœur en France, je lis cet article sur le Robin des Bois de l’Emirat.

Rencontre de misères, similarité de situations, et tout au bout du tunnel : la générosité des bénévoles d'ici et d'ailleurs.

Au royaume de la démesure, ça fait du bien de voir que certains restent humains.




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Robin des bois distribue nourriture et vêtements à Dubaï




Si Dubaï est aujourd'hui menacé de faillite, il n'en a pas toujours été ainsi.

Mais les pauvres n’ont, eux, jamais connu les fastes de l’émirat. C'est pourquoi, chaque année, à l'occasion de l'aïd el-Adha (la fête du sacrifice), Faissal Khan - surnommé Robin des bois - leur fait partager les joies des mieux lotis.

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Faissal, 34 ans, est un homme d’affaires élevé au Canada et installé depuis 3 ans à Ajman, aux Emirats arabes unis.
L’année dernière, il lance TakeMyJunkUAE.com, un service de ramassage qui récupère chez les expatriés et les Emiratis nantis des meubles, des vêtements, des appareils ménagers et électroniques ainsi que des aliments pour les redistribuer aux ouvriers pauvres du pays.

Depuis le début de la crise, de nombreux cadres supérieurs ont quitté les Emirats avec leurs familles, léguant à Faissal une grande partie de leurs meubles et vêtements.

Faissal Khan a longtemps travaillé dans le milieu social et caritatif au Canada. Aujourd’hui, il tente de capitaliser sur cette expérience pour en faire profiter des milliers d’ouvriers étrangers à Ajman.

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« Nous aidons en premier les ouvriers qui travaillent sur les chantiers de construction, ceux qui gagnent environ 1 000 dirhams (183 euros) par mois. Ces ouvriers envoient une grande partie de leurs gains à leurs familles restées en Inde, au Pakistan, au Bangladesh, etc. Avec le coût de la vie aux Emirats, même les denrées de première nécessité deviennent un luxe pour eux.

Tout a commencé l’année dernière lors de la fête de l’aïd el-Adha. Avec l’aide d’hommes d’affaires pakistanais et indiens, j’ai distribué aux ouvriers du camp Ajman des sacs contenant chacun 1,5 kilo de viande d’agneau ou de volaille afin qu’ils puissent célébrer dignement cette fête. Après l'aïd, nous avons continué notre action. L’idée étant de récupérer chez les riches tout ce dont ils n’ont plus besoin pour le donner aux plus pauvres.

Les expatriés sont généralement habitués à faire don d’objets dont ils n’ont plus usage. Pour cette raison, la grande majorité de nos donateurs sont des Britanniques, des Canadiens, des Européens et des Indiens qui résident à Dubaï.



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Au sein de la population arabe, la culture de recycler des objets de seconde main est moins présente, mais nous essayons aujourd’hui de la développer. Des élèves de la Jumeirah English Speaking School sont ainsi venus nous aider, il y a trois jours, à distribuer des sacs de riz à des ouvriers d’Ajman. Dimanche, nous leur donnerons 1 000 autres sacs et autant lundi.

Pour la fête de l’Adha, des membres de la communauté musulmane, notamment des Pakistanais et des Bengladais, nous ont aidés à récupérer 235 kilos de viande que nous avons distribués aux ouvriers d’Ajman. Nous en distribuerons 200 autres dimanche ainsi que du savon, du dentifrice, de l’huile et des déodorants.

En 2010, nous désirons dispenser des cours d’anglais et d’informatique aux ouvriers migrants et envoyer des containers de biens récupérés dans des pays pauvres tels que la Somalie, l’Ethiopie, l’Inde ou les Philippines
. »




"Remember!
One man's junk is
another man's treasure
."



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Commentaires

Dans les Emirats, les ouvriers immigrés sont traités de façon particulièrement indignes. Lors de mon court séjour à Dubai et Abu-Dabhi il y a quelques années, j'avais eu l'occasion de parler avec un homme d'affaires d'Abu Dabhi. Il m'avait dit que cette main d'oeuvre était non seulement très mal payée mais laissée totalement à l'abandon pour se débrouiller et pour survivre sur les chantiers, ne serait-ce que pour se procurer de l'eau, de la nourriture et un toit de fortune, sans parler des conditions de sécurité totalement inexistantes.

Qu'un équivalent des Restos du coeur commence à s'y organiser est à la fois une bonne et une mauvaise nouvelles, dans cette région du monde où les chefs politiques sont en même temps les propriétaires multimilliardaires de leur pays (comme en Arabie saoudite), population comprise. Une infime partie de leur fortune colossale (et leur dette actuelle sera vite comblée, n'en doutez pas) pourrait permettre de donner des conditions de vie décentes à tous ces travailleurs.

Mais les cheikhs, s'ils ont toutes les générosités pour les Emiratis de souche (pas d'impôt, eau gratuite, électricité gratuite, études gratuites, universités à l'étranger entièrement prises en charge par le cheikh pour les meilleurs étudiants, etc.), considèrent par contre leurs immigrés comme de simples esclaves dont la vie même ne vaut rien.

Ecrit par : Anna Galore | 30 novembre 2009

Il faut espérer que les mentalités évoluent avec les jeunes générations. Qu'elles soient pour certaines associées à ce mouvement de générosité (je pense aux étudiants d'anglais mentionnés) est sans doute un des moyens d'y contribuer.

Ecrit par : Miss You | 30 novembre 2009

Ah, ça, espérer, y'a plus que ça !

C'est en partie ces traitements que je qualifie d'ignobles face aux dépenses qui sont faites par ailleurs qui me faisaient écrire "bien fait pour leurs gueules" l'autre jour. ["Parce que ça m'énerve d'un côté (la crise financière encore à cause des mégalos, j'en passe et des meilleurs) et me ravit de l'autre (bien fait pour leurs gueules)"]

Que ces messieurs dans leur palace se paient quelques sueurs froides ne peut être que salutaire.

anti

Ecrit par : anti | 30 novembre 2009

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