05 décembre 2009
Artistes d’Abomey, Dialogue sur un royaume africain

Le musée du quai Branly accueille l’exposition "Artistes d’Abomey, Dialogue sur un royaume africain" du 10 novembre 2009 au 31 janvier 2010.
Une exposition sur l’art de cour au Bénin entre 1600 et 1894 et qui présente, à travers 80 objets et 9 documents graphiques, une sélection d’œuvres du célèbre royaume de Danhomè (1600-1894), l’actuel Bénin.
La capitale Abomey, à la fois vitrine du royaume et joyau de la couronne, s’est caractérisée par un art de cour exceptionnel.
Les artistes, choisis par le roi, appartenaient à une élite.
Cet art officiel, ainsi que les techniques qui y étaient liées, se transmettaient de père en fils dans des familles d’artistes professionnels.
L’exposition rend hommage à ces artistes de cour – anonymes ou identifiés, individuels ou collectifs – dont les œuvres sont le support d’un dialogue avec le pays d’origine.
Le parcours s’achève avec la présentation de trois œuvres contemporaines d’un artiste béninois, Cyprien Tokoudagba.
Après un espace introductif présentant une carte ancienne et une généalogie des rois d’Abomey, l’exposition présente le statut et le rôle de l’artiste au sein de la société danhoméenne en cinq séquences.
Cette séquence présente les sculptures de six artistes identifiés nommément, cas relativement rare dans l’art africain.

© musée du quai Branly, photo Hughes Dubois
Y seront présents quelques chefs d’œuvres de l’art d’Abomey, parmi lesquels la statue du dieu Gou d’Akati Ekplékendo, ou les statues des rois Glélé et Béhanzin, de Sossa Dede.

© musée du quai Branly, photo Fabre
Il sera question dans cette séquence d’expliquer la place des artistes : comment le devient-on ?
Quels sont les avantages du Maître, les indices de l’asservissement ?
Les artistes créaient pour le roi des regalia et narraient ses exploits.
Cette séquence réunira à la fois les emblèmes royaux et les œuvres porteuses de l’histoire officielle.
On y verra notamment une récade précieuse en ivoire, deux trônes marquant le pouvoir du roi de manière imposante.

© musée du quai Branly, photo P.Gries
Des informations sur le terrain ont permis de déterminer l’usage et les emplacements de certaines œuvres dans les palais. Les rois possédaient des objets exotiques, des typologies de sculptures comme les ibeji (statuettes de jumeaux yoruba).
Sous le vocable « trésor de Béhanzin » sont rassemblées certaines de ces pièces saisies par les officiers français.
Une partie de ce « trésor » constitue la quasi-totalité de cette séquence.

Famille Hountondji
© musée du quai Branly, photo Thierry Ollivier, Michel Urtado
Les artistes intervenaient également pour des dignitaires et les soldats, ici les amazones. La possession d’œuvres provenant des ateliers royaux constituait un privilège.

Quatre catégories de personnes étaient ainsi honorées :
• le premier ministre ou migan : très proche du roi, il était notamment chargé d’exécuter les prisonniers pendant les coutumes annuelles destinées à communiquer avec les ancêtres royaux
• les amazones, femmes soldats de l’armée du Danhomè

© musée du quai Branly, photo Thierry Ollivier, Michel Urtado
• le prêtre d’Héviosso (divinité du tonnerre)
• les devins pour lesquels les artistes réalisaient le matériel de géomancie (???)

© musée du quai Branly, photo P.Gries
Cette séquence montre notamment deux couteaux et une tenue que le ministre portait pour les décapitations, ainsi que la précieuse récade du prêtre d’Héviosso.

© musée du quai Branly photo Michel Urtado et Thierry Ollivier
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les oeuvres de Cyprien Tokoudagba
permettent d’aborder la réalité de l’art contemporain à Abomey.
Et toujours des liens :
• Vers l’exposition de 2007 « Des trésors des rois d'Abomey à l'Afrique d'aujourd'hui » au musée d’art et d’histoire Romain Rolland à Clamecy (58)
• Vers un livre « Bas-reliefs d’Abomey – L’histoire racontée sur les murs » de Francesca Piqué et Leslée H. Rainer

• Vers un article très intéressant « Enfin les artistes africains ne sont plus anonymes » du Monde
• Vers le musée historique d’Abomey

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A noter dans les tablettes, toujours au Quai Branly :
Du 22 juin au 3 octobre 2010
Cette exposition proposera à travers 166 objets une découverte des traditions artistiques d’Afrique centrale (principalement Gabon, Congo, RDC).
Des forêts situées au nord du fleuve Congo jusqu’aux savanes du sud, le parcours souligne les liens artistiques existant entre les œuvres produites par les diverses communautés de ces régions, porteuses de cultures et de traditions bien distinctes, mais ayant toutes la langue bantoue en commun.
Au-delà des différences entre les Fang, Hemba, Kwélé ou Kota, il existe en effet des styles ou des usages communs qui permettent de mieux comprendre les chefs-d’œuvre d’Afrique centrale présentés dans cette exposition.
J’en reparlerai probablement ;-)

(c) Musée d'Art et d'Histoire Romain Rolland
Ces statuettes étaient traditionnellement produites pour calmer la colère du blolo bian ou du blolo bla,
le conjoint que chaque être humain possède dans l’autre monde.
Photo
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11:15 Publié dans Miss Terre et bouts de blogs | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : musées, quai branly, masques









Commentaires
J'aime beaucoup ce que fait Cyprien Tokoudagba. Quelques très belles pièces traditionnelles, également, en particulier le masque Kongo plein de douceur et la couverture de "Bas-reliefs d'Abomey".
Ecrit par : Anna Galore | 05 décembre 2009
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