04 décembre 2009

« Darshan », Zingaro et Bartabas




Je vous ai déjà parlé de Bartabas, écuyer, homme de spectacle, centaure, dont les univers et la poésie m’enchantent chaque fois. Grâce à Anna (merci à elle), voici des nouvelles de la tribu Zingaro, sa troupe, sa famille. Et pas des moindres : un nouveau spectacle, les 25 ans du Théâtre équestre. Que du beau !

Place aux voyages et à la magie... Laissez-passer les rêves !



darshan32.jpg

A. Poupel/DR
Avec Darshan,
Bartabas fait pénétrer le spectateur dans un théâtre d'ombres et de lumières




"Darshan est un mot sanscrit qu'on peut traduire ainsi : "l'apprentissage par l'apparition"", explique-t-il. "Darshan", qui signifie aussi "vision du divin" en Inde, est le thème du nouveau spectacle équestre que Bartabas présente à partir du 4 décembre au Théâtre équestre Zingaro dans son port d'attache au fort d'Aubervilliers (Seine-Saint-Denis).





Le darshan est une pratique initiatique censée déclencher des émotions.

Pour Bartabas, "le cheval est un vecteur de voyage à l'intérieur de soi-même, ainsi que dans l'espace et dans le temps. Le rapport au cheval passe par l'imaginaire et le rêve".


bartabasroulotte.jpg

© Thierry Dudoit/L'Express
Bartabas dans sa roulotte,
une Assomption des années 1950.
Un choix de vie



Pour cette nouvelle création, Bartabas a imaginé une scénographie inédite qui place le spectateur "en apesanteur" grâce à un travail avec les ombres "pour accéder directement à une forme qui ouvre sur l'imaginaire".

Il a conçu ainsi un gigantesque théâtre d'ombres circulaires, "en proie à un étrange mouvement continu qui entraîne le public dans une douce gravitation".





A l'occasion des 25 ans de son théâtre équestre Zingaro, Bartabas, également metteur en scène et scénographe des spectacles, a choisi de créer "Darshan" pour la première fois dans son théâtre de bois et d'y rester pour toute la saison 2009-2010, au lieu de faire le tour du monde avec chapiteaux, chevaux et caravanes. (Source AFP)


A lire :
« Bartabas, sa nouvelle chevauchée fantastique »
Avec Darshan, ce sont les chevaux qui tournent autour des spectateurs !




bartabastvapied.jpgPhoto MAXPPP




L’avant-première de Darshan
(Extraits
)




"Le thème, c'est le cheval comme élément de voyage. Voyage physique. Voyage intérieur. Toutes sortes de voyage. C'est un peu mon Juliette des esprits à moi." Allusion au film de Federico Fellini qui brode une intrigue autour des rêves de Giulietta Masina.

Bigre.

Il faut dire que le cinéma, c'est l'autre passion de Bartabas, qui met en boîte tous ses spectacles et qui réalisa Mazeppa et Chamane.



darshanrouge.png© Agathe Poupeney



« Darshan est un très beau spectacle. Une rêverie. Une ballade. Un théâtre d'ombres et de lumières. Où les chevaux s'évanouissent dans les projecteurs.

Une fois n'est pas coutume, le public entre par les écuries, puis s'assoit sur des gradins en forme de grand cône. Le noir se fait. La musique s'entend. Des chants liturgiques, des gospels, des mantras.


darshancourse.jpg Photo Mike Clarke




S'installe un sentiment de flottement. Au bout d'un quart d'heure, on se rend compte que le décor bouge très lentement. On s'est imaginé faire deux tours de piste. En réalité, il y en eut cinq fois plus. C'est effectivement un voyage. Ailleurs. Ici. En soi.
»





C’est à la fois le titre du nouveau spectacle de Zingaro et la proposition faite par Bartabas aux spectateurs.

Prière de laisser ses habitudes au vestiaire car, pour parvenir au divin, le maître écuyer n’hésite pas à faire appel au diable et autres cérémonies païennes.

Au début, alors que des chants venus du fond des âges résonnent, le regard fou d’un cheval projeté sur l’écran circulaire qui entoure la piste imprime l’imaginaire.

Souvenirs d’enfance et images cauchemardesques : Darshan va osciller entre ces deux pôles sur fond de superbes trouvailles visuelles.






Pour Bartabas, le cheval est un vecteur de voyage, aussi bien physique que psychologique. Darshan va donc entraîner le spectateur dans les contrées les plus hostiles comme aux portes de la folie.

Surgissant de quelque sabbat, un cavalier à la tête de singe recouvert d’un masque à gaz et suivi de ballons multicolores précède des anges qui poursuivent le Malin, à moins que ce ne soit l’inverse.

Dans la plupart des tableaux présentés, les chevaux qui galopent derrière l’écran "apparaissent" donc aux spectateurs en ombres chinoises.

Manière pour Bartabas de les magnifier.



Deux livres :

couvlivre.jpg

Zingaro, la passion de Bartabas
de Antoine Poupel (Auteur), Bartabas (Préface)


*



couvlivreanniv.jpg

Zingaro, 25 ans
(Actes Sud-MK 2), album photos et 8 DVD



bartabasroulotte2.jpg © Thierry Dudoit/L'Express



A lire encore :

• L’interview « Vous n’en avez pas marre Bartabas ?

• « Un an après la ruade de Bartabas » L'Etat voulait diminuer l'aide à son Académie ; le bouillant cavalier avait répondu... avec fracas. Apaisé, le maître de l'art équestre ?





A écouter : Barbabas sur France Info






« Hommes et chevaux font du mythe de Zingaro une réalité insolente »
Bartabas




Miss You

Commentaires

Le cheval m'évoque toujours les steppes Mongoles. Sûr qu'un jour j'en ferai là-bas !

Une note qui devrait aussi enchanter Gwladys, et pour en savoir plus sur le Darshan : http://annagaloreleblog.blogs-de-voyage.fr/archive/2009/01/27/amma.html

anti

Ecrit par : anti | 04 décembre 2009

Dans mes projets à venir, j'ai l'espoir d'aller voir un spectacle de Bartabas ! Les chevaux ont tellement de grâce ! En même temps, je les préfère libres ! Encore un paradoxe : j'admire le dressage, le travail fourni avec eux et aussi, ça me rend un peu triste !

Ecrit par : Catherine | 04 décembre 2009

"Sûr qu'un jour j'en ferai là-bas !"
Je te le souhaite :-) Pensées pour Batbayar et ses paysages sublimes.


C'est de la magie pure, aussi bien dans les yeux des petits que dans ceux des grands.

Catherine, si tu as l'occasion d'assister à l'un des spectacles de Zingaro ou même de l'Académie équestre à Versailles (école dirigée par Bartabas et dont les étudiants-cavaliers participent à certains spectacles en dehors de l'Ecole), tu verras qu'il y a de nombreuses scènes à cheval bien sûr, mais aussi du travail à pied et -pur bonheur à découvrir- des scènes où les chevaux (souvent des jeunes) sont en totale liberté (sans longe, ni rien) sur la scène, ne répondant qu'à la voix et se calquant sur la musique.
J'ai le souvenir fabuleux de chevaux tournant et dansant au milieu des cavalières-étudiantes agenouillées au milieu, dans une évocation des derviche tourneurs.

Bien sûr, ce n'est pas le spectacle de chevaux caracolant dans les prés. Pourtant, la sensation de liberté et la beauté de ces ballets que les chevaux réalisent sont incroyables. Le spectateur ne sait plus où la réalité s'arrête et où commence le rêve.

Ecrit par : Miss You | 04 décembre 2009

J'ai eu l'occasion de voir un spectacle de lui à Montpellier ; il y a de cela plusieurs années. J'avais beaucoup aimé, c'est très impressionnant : le couleurs, les mouvements, la musique, les symboles, etc.... fabuleux.

Ecrit par : Kathy Dauthuille | 04 décembre 2009

Kathy, il s'est produit 2 ou 3 soirs de suite en mai 2007 aux Jardins de la Fontaine : je te laisse imaginer l'enchantement du spectacle dans ce décor que tu connais.
Fabuleux ? Oui c'est le mot :-)

Ecrit par : Miss You | 04 décembre 2009

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