12 décembre 2009

Béatrice Arthus-Bertrand, sensuels galets

Une belle découverte pour moi : le travail d’une artiste, Béatrice Arthus-Bertrand (petite sœur de Yann) qui travaille d’abord et avant tout les galets, et aussi le bois et le ciment, qu’elle cire et teinte, pour en faire le socle de statues impressionnantes et douces, sur lesquelles on a envie de glisser la main pour se fondre dans la matière.


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« Je fais des sculptures qui pourraient être des tableaux ».


C’est par ce trait d’ambiguïté que l’on peut aborder le travail de Béatrice Arthus-Bertrand.


La femme semble frêle mais ses sculptures par leur taille, les matériaux qui les composent et la force sensuelle qui en émane, attestent une énergie créatrice peu commune.




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Bas reliefs 1 et 2
Tableaux-Sculptures.
Hauteur 205 cm, Largeur 100 cm.
Bois, galets, ciment teinté et ciré













« Le poids représente la puissance, le galet la sensualité, la couleur la concentration d’énergie ».

Ensemble, ces trois éléments donnent naissance à des œuvres à la fois douces et brutales.






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Sculpture 4 faces
Hauteur 200 cm, Largeur 25 cm
Bois, galets, ciment teinté et ciré





Et un détail de cette sculpture















On s’en approche avec l’appréhension de leur masse imposante,
et on finit par les caresser en épousant leurs formes, leur rythme et leurs ombres,
comme pour les apprivoiser.



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« Mes mains sont mon outil le plus créatif, j’ai besoin du choc du toucher »


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« Burkas»



C’est ce choc que Béatrice Arthus-Bertrand veut transmettre,
entre force et rondeur, douceur et matière brute, ombres et couleurs.
(Source du texte)



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« Le sacre du printemps »
au Château de la Bourdaisière pour Ar(t)bres



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« Epine dorsale »



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Le travail de l’artiste fait songer
aux longues heures passées en famille
au bord de la mer...



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« Les Guetteurs d'Océans »
9 sculptures de 300 cm



Petite fille, Béatrice Arthus-Bertrand jouait à lancer et à accumuler les galets. Et aujourd’hui, l’univers de la mer est omniprésent dans ses œuvres.


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« Amococadis »


Un travail tout en verticalité, comme ces mâts de bateaux reposant sur l’horizontalité de la mer, et où l’effet diffractant du mazout se retrouve dans les noirs, les marrons et les bleus.

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« Algue détail »


Non, ce n’est pas à une rencontre tortueuse que nous vous invitons, bien au contraire. Cette artiste est très structurée et très décidée dans son travail. Il suffit de se laisser bercer par la poésie ! (source France5)








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« Calibrages »



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Calibrer : trier, démêler, cribler, choisir, sélectionner, classer, séparer, répartir, conformer, standardiser, accorder, adapter, ajuster, ... pléthore de synonymes viennent à l’esprit face aux sculptures bas-reliefs formés de galets de l’artiste française Béatrice Arthus-Bertrand.

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Prétexte à la promenade, cette pierre l’est tout autant lors de la conception de son travail.

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Le galet pour lui-même ou pour ce qu’il devient ?

Celui du Petit Poucet, celui accumulé en référence à des artistes tels Arman ?

Ou bien le galet comme élément jaillissant d’une membrane tirée au cordeau pour donner cette impression de peau, telle la colonne vertébrale d’un travail physique rude, spontané au début de la conception mais à l’élaboration extrêmement sophistiquée.

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Béatrice Arthus-Bertrand se joue de la matière : ainsi l’infinie variation de la surface du ciment - support du galet - nous fait oublier la lourdeur supposée de cette matière qui se fait alors tissu, méandre, mouvement ondulatoire, s’irisant du bleu au noir ou en un marron velours.

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Peut-être sommes-nous alors dans une peinture ?

Béatrice Arthus-Bertrand ne semblant pas faire de différence dans l’échelle de ses sculptures, elle leur donne ainsi une monumentalité extrême : chacune d’elle pouvant se développer à l’infini.

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« Bas relief »


Et la répétition au rythme calculé des accumulations donne alors aux œuvres un effet hallucinatoire, presque envoûtant.

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« Bas relief »



Rien de figuratif ni de l’ordre de l’abstraction, mais une vision concrète de la matière donne naissance à une œuvre proche de la nature dans le respect de ce qu’elle nous offre. (Exposition « Calibrages »)


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« Diptyque »





• D'autres infos dans le Communiqué de presse de son expo de janvier 2009 à la Galerie Mandel (Paris)


• Les photos proviennent du site de Béatrice Arthus-Bertrand et de celui de la Galerie Nathalie Bereau.
Pour la très grande majorité d'entre elles, elles sont signées Delacroix




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« Diplodocus »



Miss You

Commentaires

J'adore O.O

C'est une chouette famille les Arthus-Bertrand :)

Ecrit par : Netsah Galore | 12 décembre 2009

Beaucoup de très belles choses, en effet. Certaines oeuvres sont vraiment fascinantes, elles semblent en mouvement, animées de vie.

Ecrit par : Anna Galore | 12 décembre 2009

Moi, ce qui me surprend depuis tout à l'heure, c'est que les photos sont tellement belles que je n'arrive pas à voir les sculptures comme des œuvres à part entières...

« Je fais des sculptures qui pourraient être des tableaux », les sculptures je ne sais pas, les photos oui ! Je suis allée voir les liens, je n'ai pas trouvé d'info sur le photographe(p't'être plusieurs d'après le communiqué de presse ?), en revanche, la photo sur le site de la galerie n'a rien à voir du tout, c'est beaucoup moins vendeur.

La photo burka sur le site de BAB est renversante : http://www.beatrice-arthus-bertrand.com/images/Burka/burkas01.JPG
Elle donne toute sa dimension à l'œuvre je trouve.

anti

Ecrit par : anti | 12 décembre 2009

La plupart des photos de la note proviennent du site de la Galerie et sont signées Delacroix.

Sans indication de prénom ou même d'initiale de prénom, je n'ai pas réussi à trouver plus d'infos sur ce photographe de grand talent.

Ecrit par : Miss You | 13 décembre 2009

Le galet pour lui-même ou pour ce qu’il devient ?

Celui du Petit Poucet, celui accumulé en référence à des artistes tels Arman ?
dit miss

Wikipédia nous dit que "Arman s'est intéressé au statut de l'objet et au rapport que les sociétés modernes entretiennent avec celui-ci, entre sacralisation et consommation." C'est très justement et clairement expliqué..
Il me semble que le travail de Béatrice Arthus-Bertrand est en effet l'expression de la quintessence de ce questionnement
Qbjet sculpture (faire exister l'absence ex: diplodocus) et en général toute cette référence "esthétisante" à "la nature" plus elle disparaît plus elle sert de fondement à l'art des urbains .. telle un pieux voile mortuaire entre transcendance et déni?
Arman après avoir stigmatisé la situation (accumulations d'objets de la société de consommation) .. est parti tranquillou aux usa continuer (et sauver) son empiiiiire... pricipalement né de la grande fièvre spéculative des années 80 qu'il a eu le nez de savoir limitée à courte échéance.. Et de ses "affaires" de collectionneur.

Ojets déco convenant aux lieux sacrés? mais non point objets sacrés... Notre regard seul pouvant les "sacraliser"...
Objets messages "burkas" choc émotion dans un monde d'images continuelles, de "flux", accrocher le regard pour faire naître le questionnement.

Je trouve ces sculptures très belles.
Finalement de la"visite"de ces sculptures me donne une impression de contrepoint au travail de son frère... la nature disparait, l'homme la "sanctuarise" dans son salon par la beauté...
Le beau est parfois un questionnement de plus, pas forcément facile... désolée..

Ecrit par : Sapotille (the frenchie) | 13 décembre 2009

Merci pour l'info sur le photographe, Miss You.

"Le beau est parfois un questionnement de plus, pas forcément facile..."

Amusant, c'était un de nos sujets de discussions avec Anna hier, je ne sais plus trop à quel sujet à vrai dire. Je lui disais que cette question du Beau est vraiment intéressante à étudier dans toute les cultures car, comme l'Amour, la Paix, la Sagesse, la Force, la Joie, c'est une quête universelle.

Je suis étonnée de constater à quel point elle est présente et bien acceptée dans certaine culture (je pense aux Mayas, à Nuba en particulier) et tellement recherchée et décriée en même temps chez nous. C'est recherché et en même temps mauvais quelque part. Comme s'il y avait une recherche de la plastique qui était séparée de la recherche de l'essence de la Beauté, du Sacré.

Ah ! Oui, on parlait de la beauté de la Nature, de ce que YAB en particulier utilisait ce critère Beauté pour parler, toucher son public.

anti

Ecrit par : anti | 13 décembre 2009

Comme s'il y avait une recherche de la plastique qui était séparée de la recherche de l'essence de la Beauté, du Sacré.

C'est bien là le problème (et à mon avis le seul) cette inconscience de notre lien avec le sacré (qui prend l'apparence d'une séparation )

Ecrit par : Sapotille | 13 décembre 2009

"Merci pour l'info sur le photographe, Miss You."

O ben, elle est toute petite cette info, j'aurais bien aimé en découvrir plus... mais jusque-là : chou blanc !


Il est beau et riche ton questionnement Sapotille. Il prolonge et enrichit la perception que j'ai eu de ces sculptures et de ce travail autour du galet (à la fois objet et matière que j'aime particulièrement). Deux petites choses :

- "Le galet pour lui-même ou pour ce qu’il devient ?
Celui du Petit Poucet, celui accumulé en référence à des artistes tels Arman ?
dit miss"
En fait, ces mots sont extraits de la présentation de l'expo "Calibrages" : rendons à Nathalie ce qui appartient à sa Galerie ;-)

- J'aime l'idée des sculptures de la soeur comme contrepoint au travail de son frère : chacun à sa façon montre le beau et le partage, l'un alerte tout en émerveillant, l'autre "fige" en faisant rêver, en rendant la matière vivante.
Plusieurs regards sur le beau, plusieurs beaux pour tous. Une même émotion.

Ecrit par : Miss You | 13 décembre 2009

Je viens de regarder la video où l'artiste exprime toute la sensualité qu'elle met dans ses oeuvres. Je n'ai qu'une envie: les caresser. C'est tout ce que j'aime...


Née au bord d'un lac, j'ai aussi un rapport très charnel avec les galets. Je les choisis très ronds, si doux dans la main. Toute l'énergie de l'eau qui les roule et les façonne à son idée.

Ecrit par : valentine | 13 décembre 2009

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