18 décembre 2009

Pseudo, dis-moi qui je suis

Plusieurs fois déjà, les raisons du choix de son pseudo par l’une ou l’autre d’entre vous ont été évoqués ponctuellement sur le blog.

En lisant sur psychologies.com cet article un peu ancien mais plutôt complet, j’ai pensé qu’il pourrait vous intéresser
;-)



masquesblancs.jpg



Sun, Lulu, Scarlett ou Terminator… Décrypter les pseudos utilisés sur le web peut aider à mieux cerner la personnalité de ceux qui se cachent derrière.

Le Net, royaume de l’incognito ? Pas sûr ! Passeport incontournable pour nos voyages virtuels, notre pseudonyme nous dévoile autant qu’il nous cache. Au moment de taper les quelques lettres ou chiffres qui vont nous qualifier, nous préférons souvent nous raccrocher à notre prénom, à notre ville, à notre sexe, bref, à des codes sociaux éprouvés et rassurants. « J’ai choisi Siana parce que c’est mon prénom à l’envers », « Dom12 pour Dominique et Aveyron »…

masqueafricain.jpg



Un mot pour se dire

Se nommer soi-même se révélerait plus intimidant que prévu : il est souvent plus facile de s’inspirer des prénoms de ses proches ou de la façon dont les autres nous désignent… « Maiaju, fait avec les deux premières lettres des prénoms de mes petits-enfants », « Ptithome, parce que c’est le surnom que ma femme me donne »…

Choisir un nom rien qu’à soi, délivré du poids de la généalogie ou des projections de ses proches, est pourtant l’occasion de se recréer, de repartir de zéro. « Grâce à mon pseudo Lulu, je me libère du prénom trop sage dont mes parents m’ont affublée, raconte Sophie, 25 ans. Lulu me correspond beaucoup mieux. »

spidermanp.jpg


« Ça rappelle les jeunes femmes qui changeaient de prénom dans les années 1970 pour échapper à une identité dans laquelle elles estimaient que leur mère les avait enfermées, commente le psychanalyste Serge Tisseron, auteur notamment de Virtuel, mon amour (Albin Michel, 2008). En se trouvant un nouveau nom, on cherche à se “rassembler” dans une définition qui nous convient. »

Le pseudo, sésame vers une nouvelle vie, une nouvelle identité qui nous ressemble davantage ? C’est en tout cas l’occasion de s’interroger sur soi-même, en tentant de se définir en un seul mot. « Boomerang, je l’ai choisi après une peine d’amour. Tu le lances, mais il revient toujours… », « Tekila parce que je suis complètement frappée », « Il y a un an, c’était Solomum. Aujourd’hui, c’est Sun, parce que j’ai un nouveau compagnon féru d’astronomie »…

masquevenise.jpg


Manière de rire de ses difficultés, de prendre du recul par rapport à sa vie, il aide à mesurer le chemin parcouru. À positiver aussi, en s’encourageant via l’écran : « J’ai choisi Scarlett, comme dans Autant en emporte le vent, car quelque chose au fond de moi me crie que, malgré toutes les épreuves, je me relèverai », « Bigsmile, c’est un peu ce qui me manque en ce moment, le sourire et l’entrain. C’est comme un slogan, une sorte de méthode Coué… »


Un mot pour séduire

Nouvelles parures que nous ne nous lassons pas de retoucher, de changer au gré des sites ou de nos humeurs, nos pseudos sont aussi programmés pour séduire. « C’est encore plus vrai sur les sites de rencontres, explique Sabrina Philippe, psychologue pour le site Parship. Certains choisissent par exemple des titres de films peu connus pour voir quels sont ceux qui parviendront à déchiffrer l’énigme. C’est une façon de mettre une barrière, de faire le tri, de tester l’autre. »

masquesenfants.jpg


Exotiques, mythologiques… les identités mystérieuses ont la cote : « Mafoutou comme “magicien” en vietnamien », « Calliope comme la Muse de l’éloquence dans la mythologie grecque »… Sorte de mot de passe qui rappelle les jeux de l’enfance, d’épreuve initiatique imposée aux autres pour accéder jusqu’à soi, le pseudo donne des clés… mais pas trop. Il permet de se faire un petit plaisir narcissique en se sentant précieux, objet de curiosité. « Dans les mondes virtuels, il n’y a rien de pire que de se retrouver seul, conclut Serge Tisseron. À la fois intime et public, il doit accrocher, donner envie?! Il nous offre la possibilité de piéger l’autre sans être piégé par lui, de nous l’attacher sans lui donner trop de prise sur nous. »

masquejaponais.jpg



Un mot pour se réinventer

En choisissant de nous dévoiler un peu, beaucoup… ou pas du tout, nous pensons rester maîtres du jeu. Or, dans cette partie de cache-cache avec soi-même, l’inconscient a son mot à dire. « Nous y mettons des choses que nous croyons maîtriser, et puis nous en glissons d’autres à notre insu, résume Serge Tisseron.

J’ai reçu un adolescent, Gaspard, qui avait choisi de s’appeler MacGregor sur le Net. À l’entendre, c’était un hasard, et puis il s’est rendu compte que “mac” en gaélique signifiait “fils de”, et que son père s’était toujours plaint de n’avoir pas connu son géniteur. Par ce choix, il tentait, sans en avoir conscience, de lui rendre sa filiation. » Le psychanalyste évoque également le cas d’une jeune fille qui s’était choisi le prénom de Camille pour surfer sur la Toile : « C’était en fait le second prénom d’un grand-père énigmatique qui avait joué un rôle très important dans sa famille. »

masquesors.jpg


Avec le pseudo, nous nous tendons un miroir… dont le reflet nous surprend parfois. « J’ai réalisé que je ne choisissais que des prénoms sexy, style actrice porno ! » avoue Séverine, un peu confuse : trahirait-elle là sa véritable personnalité ? Pas forcément. Simplement, nous n’allons pas sur Internet pour vivre la même chose que dans la vraie vie, mais pour nous y délivrer des interdits, du surmoi. Cachés derrière un prénom féminin, certains hommes donnent ainsi libre cours à leurs fantasmes. Métamorphosés en Terminator, Zorro ou Zizou, d’autres explorent des facettes d’eux-mêmes jusqu’alors insoupçonnées : indestructible, justicier, adulé…

masquesborucca.jpg


« Au début, beaucoup d’hommes, notamment, se créent un personnage et projettent sur la Toile une sorte de moi idéal, note Sabrina Philippe. Et puis, avec le temps, ils évoluent, reviennent vers leur vraie personnalité. »

À l’image des artistes qui s’inventent un nom de scène ou de plume pour créer, pour avoir accès à une autre partie d’eux-mêmes, nos identités virtuelles nous permettent de nous lâcher. De passer du côté obscur, enfoui, de nous-même, au moins pour un temps. Car, sur Internet, pas d’engagement irrémédiable : il suffit d’un clic pour congédier un pseudo tombé en disgrâce. Avant de repartir, sous un nouveau nom, vers d’autres voyages intérieurs.

masquesorcire.jpg



Les sources d'inspiration

La vie personnelle

23,6 % des internautes s’inspirent de leur vie affective ou familiale.
8,6 %, des surnoms affectueux donnés par leur entourage.
4,3 %, d’un de leurs traits de caractère.

masqueperle.jpg


La culture

9 % des internautes s’inspirent de films ou de pièces de théâtre.
8 %, de contes, séries télé, jeux vidéo ou groupes musicaux.
5 %, de bandes dessinées.
4,3 %, de la mythologie.
1 %, de la religion…

masquemanga.jpg


L’état civil

16 % des internautes s’inspirent de leur nom ou prénom réel, plus ou moins crypté.
4,2 %, de leur origine ethnique ou de leur situation géographique.

darkvaders.jpg






Miss You

Commentaires

Mon pseudo rentre dans l'une des catégories décrites dans les sources d'inspiration... mais je ne vous dirai pas laquelle ! ;-)

Ecrit par : Anna Galore | 18 décembre 2009

Il est clair et sans surprise que les choix qu'on fait, tous les choix, y compris celui de ne pas choisir en disent longs sur la personnalité du sujet.

Info croustillante Anna ! Sale môme !

antillaise, since janvier 1999.

Ecrit par : anti | 18 décembre 2009

Alors moi je devrais faire parti des 4,3 %, de la mythologie ou 1 %, de la religion… Même si en fait, malgré mon intérêt pour la théologie, j'ai choisi ce pseudo pour une toute autre raison tenue secrète O.O
Outre l'histoire de comment je suis tombé sur ce nom en faisant des recherches sans vraiment savoir quel était mon but, tout est parti de mon ange gardien : Imamiah, une principauté qui était effectivement assez proche de mon caractère.
Le fait que je l'ai adopté comme pseudo vient en partie d'une personne que j'ai rencontré enfant et qui avait un prénom qui est devenu ensuite récurrent dans ma vie, aujourd'hui plus que jamais ^^ L'autre partie était plus traditionnelle j'avoue.
Mais pourtant c'est un pseudo qui me correspond assez bien de ce que j'ai pu lire sur Netsah ^^
Comme quoi on peut choisir un pseudo du sexe opposé aussi mpff!

נצח

Ecrit par : Netsah Galore | 18 décembre 2009

"Comme quoi on peut choisir un pseudo du sexe opposé aussi "

;-)

Ecrit par : Anna Galore | 18 décembre 2009

:p

Ecrit par : Netsah | 18 décembre 2009

Nommer quelque chose ou quelqu'un c'est l'inventer, le faire exister ... Le Pseudo est comme un nom initiatique qui permet de recommencer, de créer un nouveau début !... Mon filleul de trois ans m'a inventé un nom, il m'a nommé depuis qu'il sait parler, il me désigne par un nom dont personne, même pas ses parents, ne connaît la signification. J'accepte ce nom en même temps que son affection et si je devais créer un blog aujourd'hui, je le choisirais comme pseudo. Mais voilà mon identité sur la toile est "Antiochus" et ce nom a enfoncé ses racines bénéfiques en moi ... je ne peux en changer !
Passionnant sujet !
Bonne journée et bonnes fêtes de fin d'année Miss You, ainsi qu'à, bien entendu, Anti et Anna ... et tous les lecteurs (trices) de ce blog !
Antiochus

Ecrit par : Antiochus | 19 décembre 2009

Bonnes fêtes à toi aussi Antiochus :-)
Quelques jours encore et je vais avoir du temps pour visiter et arpenter mes blogs favoris.

Ecrit par : Miss You | 21 décembre 2009

Écrire un commentaire