24 décembre 2009
Santoun de Provence
Retour sur l’histoire de ces figurines qu’on retrouve au pied de nombreux sapins et qui emportent dans leur sillage un vent de soleil et de garrigue, de légendes et d'esprit de Noël.
Les santons de Provence sont de petites figurines en argile, très colorées, représentant, dans la crèche de Noël, la scène de la nativité (l’enfant Jésus, la Vierge Marie et Saint Joseph, avec l’âne et le bœuf censés réchauffer l’enfant avec leur souffle), les Rois Mages et les bergers, ainsi que toute une série de petits personnages, figurant les habitants d’un village provençal et leurs métiers traditionnels.

Tout ce petit monde, chacun muni de son présent pour l’enfant Jésus, fait route à travers un paysage comportant traditionnellement une colline, une rivière avec un pont, et des oliviers (généralement représentés par du thym fleuri), vers l’étable, surmontée de son étoile.
Leur histoire
La tradition de la crèche de Noël trouve son origine au Moyen Âge, certains auteurs la faisant remonter à Saint François d'Assise qui aurait le premier, en 1223, mis en scène la nativité dans son église de Greccio, en Italie.
Les personnages furent alors joués par des gens du village, les animaux étant réels.
Cette « crèche vivante » a donné naissance à une tradition qui s’est perpétuée, mais les « acteurs » ont été très largement remplacés par des personnages en bois, en cire, en carton pâte, en faïence et même en verre.
Les premières crèches ressemblant à celles que nous connaissons font leur apparition dans les églises au XVIe siècle.
Après la Révolution française qui a entraîné la fermeture des églises et la suppression de la messe de minuit, les représentations publiques de la nativité furent discontinues.
C’est alors qu’en Provence des petits personnages, les « santoun » ou « petits saints », ont été créés pour qu’une crèche de Noël puisse fleurir dans l’intimité du foyer de chaque famille provençale.
En 1803, peu après le Concordat, la première Foire aux santons fut inaugurée à Marseille.
Elle s’y tient toujours, de fin novembre à début janvier chaque année, en haut de la Canebière, artère principale de la vieille ville, débouchant sur le Vieux Port.
Outre les petits santons peints, on peut trouver à cette foire des « santons habillés », en costume traditionnel, chacun portant les insignes de son métier.
On peut également y acquérir les accessoires permettant de confectionner le décor traditionnel de la crèche : étable, puits, pont, étoile, papier rocher, papier ciel, mousse fraîche pour imiter l’herbe, etc.

Leur fabrication
Les premiers santons étaient confectionnés en mie de pain, mais petit à petit c’est l’argile rouge de Provence qui a été privilégiée pour la fabrication. Si les santons sont longtemps restés de fragiles créations en argile crue, la cuisson de l’argile s’est imposée un peu partout de nos jours.

C’est un marseillais, Jean-Louis Lagnel qui, aux alentours de 1800, fut le premier fabricant connu de santons.
Depuis, le métier de santonnier s’est ajouté aux métiers traditionnels de la Provence. Il existe de nos jours une centaine d’ateliers de santons entre Marseille, Aubagne, Aix-en-Provence, Arles ainsi que dans de nombreux petits villages disséminés à travers de la région.
On peut distinguer 7 étapes dans la fabrication artisanale du santon :
• la création du modèle sculpté dans l’argile crue. Il se tient toujours sur un socle, généralement circulaire et faisant partie intégrante du personnage. Il devra être plus grand que la taille souhaitée à cause du rétrécissement dû au séchage ;
• la fabrication d'un moule en "coquille" (pour éviter la contre-dépouille) coulé en plâtre (de Paris), avec des encoches mâles et femelles permettant de joindre parfaitement les 2 parties ;

• le moulage en pressant un colombin d’argile fraîche (mais pas collante) dans une des moitiés creuses du moule, en ayant soin auparavant de talquer celui-ci. On presse ensuite à la main les deux parties assemblées. On ouvre le moule, on découpe grossièrement le surplus d’argile (la « barbe ») autour du sujet et délicatement on décroche le santon, qui est mis à sécher ;
• l’"ébarbage" et la finition pour enlever toute trace de moulage en grattant la « barbe » avec un couteau ;
• le séchage ;
• la cuisson où le sujet est enfourné dans un four à 800° environ (cuisson du biscuit) ;
• la décoration, elle se fait couleur par couleur, avec des pinceaux de décoration. Les premiers santonniers se servaient d’un mélange constitué de pigments en poudre, de gomme arabique et d’eau. Cette peinture était confectionnée par le santonnier lui-même. Aujourd’hui, on utilise les gouaches acryliques, vinyliques etc. disponibles dans le commerce. Le sujet ne doit surtout pas être vernissé.
A lire aussi à propos de la fabrication d’un santon
Ses principaux personnages

Louis Lagnel a eu l'idée de construire les moules sur ses voisins qui exerçaient différents métiers, et les santons sont traditionnellement vêtus dans la mode populaire sous Louis-Philippe.
Il est à remarquer que chaque personnage a son histoire personnelle, qu’on peut apprendre en assistant à une des nombreuses « Pastorales » représentées sur scène un peu partout en Provence à l’époque de Noël.
Citons comme personnages l’enfan Jèsu ou lou tant bèu pichot (l’enfant Jésus ou le si bel enfant), Sant Jousè (Saint Joseph), la Santo Vierge (la Vierge Marie), lou biou (le bœuf), l'ase (l'âne), li pastre (les bergers, les pâtres), lou viei et la vièio (le vieux et la vieille), lou ravi (le ravi), lou tambourinaire (le tambourinaire),

lou pescadou (le pêcheur), la peissouniero (la poissonière), lou pourtarié d'aigo (le porteur d'eau), lou bouscatié (le bucheron), la jardiniero (la jardinière), la masièro (la fermière avec les produits de la ferme), lou móunié (le meunier, avec son sac de farine), lou boulangié (le boulanger), lou banastaire (le vannier), l'estamaire (le rétameur), l'amoulaire (le rémouleur) et la bugadiero (la lavandière).
Beaucoup plus à lire sur Wiki, sur les sites Santons de Provence (d’où proviennent la majorité des illustrations de cette note) et Le portail Provence.
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Le métier de santonnier
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Une chanson (d’origine vençoise) sur les santons
Sur le meuble en bois d'olivier
les jolis santons attendent
que vienne le mois de décembre
Ils se sourient
ils s'envoient des baisers
ils remercient l'enfant Jésus parce qu'il leur donne à manger
Jolis santons
Chantons chantons ensemble
Jolis santons c'que nous sentons
C'est la dinde et puis les marrons!
Jolis santons
Fêtons fêtons ensemble
Jolis santons c'que nous fêtons
C'est le doux Noël de Provence. (Bis)
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Bon Nouvè et de très belles fêtes à tous !
Miss You
11:30 Publié dans Miss Terre et bouts de blogs | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : sapin, noel










Commentaires
Tellement magique ce petit monde des Santoun provençaux. Chaque année, je les déballe précautionneusement des cartons où ils ont passé l'année au chaud. Et peu à peu, la magie opère. Chacun prend sa place et anime la vie autour de la crèche. Petites, mes filles étaient réveillées le jour de Noël avec la Pastorale des Santons de Provence. L'ange Bouffareou en était le conteur...Nous attendons la venue des Rois Mages avant de retourner en dormance jusqu'à l'an prochain. Miss, nous avons lu ta jolie note en famille hier, jour de Noël. Si vous passez à Aix-en-Provence, ne manquez pas de passer à l'atelier Fouque, le créateur du "Coup de Mistral".
Ecrit par : valentine | 26 décembre 2009
Coucou Valentine !
Les 3 Rois Mages ne doivent être déposés dans la crèche que le 3 janvier... Ils sont en route !
Ce jour là, à Marseille, on goûte la "pompe à huile" et les "navettes" de St-Victor...
Balthazar, rentre bien l'adresse dans ton GPS !
Ecrit par : ramses | 26 décembre 2009
Coucou vous deux :-)
Le 24 au soir, Matteo était chargé de mettre le petit jesus dans la crèche et il était un peu fier de sa mission. Au moment où il décide de le faire : panique à bord : plus de petit jésus ! Cherche que je te cherche, tou! te la famille se met à la recherche et rien ... jusqu'au moment où Léa l'a retrouvé dans le panier de la minette.
Elle était allée le chercher délicatement et rapporté parmi ses trésors du jour, faits de bouts de bolduc, d'un carambar dans son papier, d'une papillotte, d'un playmobil dans son sachet et de plusieurs bouts de guirlandes machonnées avec application ;-)
Grand ouf général, la crèche était au complet !
Ecrit par : Miss You | 28 décembre 2009
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