31 décembre 2009

Mythiques ballets russes

Pour que cette fin d’année vous soit flamboyante !

affichemontecarlo.jpg



Les ballets russes fêtent leurs cent ans à l'Opéra Garnier et à Monte Carlo. Des spectacles qui revisitent une tradition qui a su réunir Satie, Debussy, Stravinski, Picasso et bien d'autres. (Source)





Les ballets russes à l'Opéra National de Paris






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Avant-scène


Les Ballets russes sont une célèbre compagnie de ballet créée en 1907 par Serge de Diaghilev, avec les meilleurs éléments du Théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg.

Dès 1909, la compagnie entame une tournée internationale et, en 1911, Diaghilev coupe les ponts avec le Ballet Impérial. La compagnie devient une troupe privée, indépendante, qui se fixe à Monte-Carlo, Paris et Londres, sans s'attacher à aucun théâtre en particulier.

bakstdaighilev.jpg Diaghilev par Bakst


Parmi les plus célèbres danseurs : George Balanchine (1924-1929) et Vaslav Nijinski (1909-1919), également chorégraphes.





Les spectacles révèlent aussi au public les talents de grands artistes :

• les compositeurs russes Moussorgski, Prokofiev, Stravinski, Rimsky-Korsakoff
• les compositeurs français Ravel, Debussy, Poulenc, Satie, Milhaud
• les peintres Léon Bakst, Alexandre Benois, Picasso, Matisse, Braque, Derain, Utrillo, Rouault, Laurencin, Chirico.


oiseaudefeub.jpgL'Oiseau de feu






"Étonne-moi !" dit Diaghilev à Cocteau, qui le supplie de lui dire comment lui plaire. "Étonne-moi", le talisman de Diaghilev l'illusionniste. D'un coup de dés, ce génie transformait une idée en spectacle, un spectacle en scandale, un scandale en légende.





Le 18 mai 1909, date de la naissance des Ballets russes, la répétition générale au Châtelet est archi-mondaine. L'année précédente, Diaghilev avait présenté la voix d'or de Chaliapine dans Le Prince Igor. Puisque la mode est russe, allons-y !

bakstnizhinsky.jpg Nijinski par Bakst


Il revient avec des ballets et les meilleurs danseurs du Mariinsky de Saint-Pétersbourg. Ce soir-là, Paris s'entiche de son Orient de paillettes. Est-il un escroc, un fou ? Beaucoup des deux. Cet imprésario aristo tutoie Pétersbourg et Moscou, les grands-ducs impériaux, les danseuses qui filent comme des étoiles, les ténors qui décoiffent...

dieubleu.jpg Le Dieu bleu


Son oeil, son éducation, ses goûts, voilà sa richesse. Ainsi, en ce soir de mai 1909, Pavlova, déjà star, est sur scène, ainsi que Tamara Karsavina, la si belle, et un prodige, un jeune homme dieu, Nijinski...

Paris se pâme, on les veut, ces exotiques, à l'air si sauvage. Succès, champagne, vodka ! Et 80.000 francs de déficit pour Gabriel Astruc, le coproducteur, et la poudre d'escampette pour son associé Diaghilev, qui file en laissant bagages et dettes à l'hôtel. La gloire, oui, le reste, pffft !





Ainsi se déroulera la vie des Ballets russes, les tournées, les triomphes, les folies, la ruine, chaque année après cette première saison au Châtelet et jusqu'en 1929, fin des aventures. En vingt ans, tout fut inventé. Danse, musique, déco, Diaghilev réussit les mariages mixtes, malgré les ego des artistes. Nijinski, Stravinsky, Bakst, Benois, puis Debussy, Picasso, Satie, Ravel, et Cocteau, et Chanel, et Balanchine, et Lifar...

nijinskisacre.jpg Nijinski Annotations du "Sacre"


Liste donjuanesque. Diaghilev savait y faire. À Nijinski, qui refusait d'être réduit à un phénomène de foire à cause de ses sauts si extraordinaires, il propose de s'essayer à la chorégraphie. Pourquoi pas un ballet antique, tendance "grec" ? Pour l'aider à trouver l'inspiration, Diaghilev lui donne rendez-vous au Louvre. Orgasme.





Le Sacre reste "le" monument

Nijinski se trompe d'étage et attend Diaghilev devant les vases... égyptiens. Prélude à l'après-midi d'un faune, avec la musique sexérotique de Debussy, serait né de cette erreur : Nijinski danse de profil, bouge à peine et s'offre un orgasme en note finale. Tollé !

Comment, il ne saute plus ? Le public est furieux, Diaghilev se frotte les mains. En 1913, autre (page d') histoire. Stravinsky avec Le Sacre du printemps signe la vraie naissance du XXe siècle. Diaghilev écoute un passage qui répète et répète les mêmes notes et lâche au compositeur : "Et ça va durer longtemps comme ça ?" Stravinsky, glaçon : "Jusqu'au bout."

nijinskyinscheherazade2.jpg Nijinski dans "Scheherazade"


Et Nijinski ? Il construit une danse du chaos. Les cris du public couvrent la musique. "On ne se moquera pas de moi plus longtemps !" s'insurge une princesse. Nijinski, dans les coulisses, hurle les comptes aux danseurs...

Diaghilev avait encore raison. Le Sacre reste "le" monument.

Diaghilev jamais ne renonce. Les mises en garde ? Il s'en fiche. Léon Bakst, ami et peintre magnifique, lui écrit après une représentation de La Belle au bois dormant à Paris en 1922, estimant que ce ballet est un vieux machin : "Continue comme ça et tu n'auras plus un chien à tes spectacles ! C'est comme ça que tu penses exciter la curiosité ?" Signé : " Ton Léon ".

Le 19 août 1929, Diaghilev meurt au Grand Hôtel des Bains du Lido de Venise. Toujours ruiné, toujours élégantissime, toujours à la recherche du beau. Il fut enterré au cimetière de San Michele.

Quarante ans plus tard, Stravinsky l'y rejoignit.

Nijinski, lui, était déjà là-haut.





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• A visiter, le site des Ballets russes à Monaco
• A lire, l’article du Monde « Trois heures d’hommage aux mythiques Ballets Russes » à Monte Carlo.
• Source des illustrations : Wiki.

Miss You

Commentaires

Le Sacre du Printemps... l'un de mes plus grands chocs musicaux, toutes catégories confondues. Les ballets, j'y suis beaucoup moins sensible (sauf quand c'est Découflé !!!) et même le mythe Nijinski est trop enfoui dans le passé pour qu'il me touche vraiment.

Ecrit par : Anna Galore | 31 décembre 2009

Merci Miss, magnifique note. De vrais tempéraments chez ce trio novateur: Stravinski-Diaghilev et Niijinski.

C'est par la musique de ballet, notamment Stravinski et Tchaïkovski, que j'ai commencé mon initiation à la musique classique. Et je suis carrément en admiration devant les ballets du xxème siècle de Béjart. Pour moi, le danseur qui m'a le plus touchée est Jorge Donn qui a notamment dansé l'Oiseau de Feu pour Béjart et que dire de son interprétation dans le Bolero de Ravel.

Magnifiques les dessins des affiches et les annotations de Niijinski à propos du Sacre.

Ecrit par : valentine | 31 décembre 2009

Depuis que je suis toute petite, l'association "ballets" et "russes" porte une part de magique, de flamboyant, d'exacerbé, de fragile, comme un rêve fabuleux, venu du passé et pourtant bien en mémoire.

Ils m'ont donner envie de découvrir la danse classique et aussi donné aussi le goût des grands orchestres classiques, qui emportent l'auditoire et le font frissonner quand la note finale retombe et que la baguette du chef suspend son vol pour la dernière fois avant les saluts.

Valentine ? http://www.youtube.com/watch?v=5_XdRa2oMR0 : C'est pour moi le Boléro le plus poignant et entêtant de tous ceux que j'ai pu voir. C'est aussi l'une des raisons pour lesquelles "Les Uns et les Autres" de Lelouch est un de mes films culte.

Ecrit par : Miss You | 31 décembre 2009

Oui! Brava Miss!

C'est intéresant d'imaginer l'époque et l'intrusion des ballets russes, de ce tourbillon..
avec les video pour "témoins" et la photo de ce Niijinsky!! avec ses mains si courtes, ses bras un peu forts et son sourire de conquistador.. très très intéressant si on compare aux "choix" culturel d'aujourd'hui..


Sinon "Pour l'aider à trouver l'inspiration, Diaghilev lui donne rendez-vous au Louvre. Orgasme."

MDR! très bonne thérapie.
Dans un autre (?) registre, je la conseille aussi aux hommes complexés par la soi-disant beauté des boysband..Une fois ceux-ci remis à leur juste place, par comparaison avec Zeus, ils se sentent vraiment plus à l'aise.

Ecrit par : sapotille | 31 décembre 2009

Voilà qui 1/ me rappelle que je voulais lire "L'oiseau de feu", pas fait et 2/ me donne encore plus envie de revoir "Fantasia"...

http://www.dailymotion.com/video/x54o3c_stravinsky-rite-of-spring-partie-1_music

La danse en tant que prestation scénique reste pour moi un univers complètement opaque... Rien à faire ! Tant pis, on verra ça dans une autre vie.

anti

Ecrit par : anti | 31 décembre 2009

Merci Miss pour la video. En 1997, j'ai vu un des spectacles de Bejart qui m'a le plus emballé: "Le presbytère n'a rien perdu de son charme, ni le jardin de son éclat". Quel titre! Ballet hommage à Jorge Donn, qui fût son danseur fétiche et son compagnon dans la vie, sur une musique de Queen et costumes de Versace. Un tout grand moment. Son premier danseur à l'époque, Gil Roman, a repris les rennes du Bejart Ballet après la mort de Maurice Béjart.

Ecrit par : valentine | 31 décembre 2009

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