07 janvier 2010
« Bright Star »
En lisant la chronique de 20minutes, j’avoue avoir très envie d’aller voir ce nouveau film de Jane Campion.
En lisant ensuite la courte interview de la réalisatrice, je suis encore plus tentée.
Envie de poésie, de sentiments, d'évasion, d'une belle histoire....
J’avais beaucoup aimé « La leçon de piano », ceci explique sans doute un peu cela ;-)

Réalisé par Jane Campion
Avec Abbie Cornish, Ben Whishaw, Paul Schneider (II), casting complet
Long-métrage américain, britannique.
Genre : Drame, Romance
Durée : 1h59 min
Synopsis : Londres, 1818. Un jeune poète anglais de 23 ans, John Keats, et sa voisine Fanny Brawne entament une liaison amoureuse secrète.
Pourtant, les premiers contacts entre les deux jeunes gens sont assez froids.
John trouve que Fanny est une jeune fille élégante mais trop effrontée, et elle-même n'est pas du tout impressionnée par la littérature.

C'est la maladie du jeune frère de John qui va les rapprocher. Keats est touché par les efforts que déploie Fanny pour les aider, et il accepte de lui enseigner la poésie.
Lorsque la mère de Fanny et le meilleur ami de Keats, Brown, réalisent l'attachement que se portent les deux jeunes gens, il est trop tard pour les arrêter. Emportés par l'intensité de leurs sentiments, les deux amoureux sont irrémédiablement liés et découvrent sensations et sentiments inconnus.
" J'ai l'impression de me dissoudre ", écrira Keats. Ensemble, ils partagent chaque jour davantage une obsédante passion romantique qui résiste aux obstacles de plus en plus nombreux. La maladie de Keats va pourtant tout remettre en cause...
Un riche portrait de John Keats ?
Là !
**
« La poésie, bonne étoile de Jane Campion »
par Stéphane Leblanc
«Bright Star» retrace la passion contrariée d'une jeune Anglaise pour l'auteur John Keats...
L'amour, il ne faudrait pas trop en rire. Ça peut être «douloureux à en mourir», sanglote l'héroïne de «Bright Star».
A l'aube du XIXe siècle en Angleterre, la jeune Fanny Brawne vient de tomber éperdument amoureuse du poète John Keats (1795-1821).
Au début, c'est par jeu qu'elle entreprend de le séduire. Mais le charme du jeune homme et la force de ses vers l'attireront dans les griffes d'une passion d'autant plus terrible que des causes involontaires n'auront de cesse de séparer les deux amants : le jeune homme est trop fauché pour se marier et la maladie lui impose de quitter souvent la campagne anglaise qui sert de décor au film.
Les mots vibrent dans la lumière
Toute la puissance de ce drame romantique repose sur les ruptures de rythme. Jane Campion en use et en abuse, dans son script comme dans sa mise en scène. Sur le plan visuel, la réalisatrice de «La Leçon de piano» s'en sort à merveille: coup de foudre filmé sans recul en plans rapides, séquences lointaines qui soulignent la mise à distance vis-à-vis de l'être aimé.
Une actrice lumineuse
Les vers (authentiques) du poète sont au diapason et rarement des mots auront aussi bien vibré que dans la lumière de ces paysages anglais. Avec leur jeu tout en délicatesse, Abbie Cornish et Ben Whishaw sont également parfaits.
On regrettera juste que l'intrigue soit si prévisible dans ses rebondissements. C'est un fait: les poètes romantiques ont une vie amoureuse malheureuse et c'est ce qui les inspire. Ce qui crée de la poésie.
La «bright star» du titre, l'étoile brillante, c'est elle. Mais il faut être une cinéaste hypersensible comme Campion pour lui donner un tel éclat, une telle intensité.
En quoi l'oeuvre du poète John Keats vous a-t-elle marquée ?
Ses poèmes sont si sensibles, si délicats et si puissants. C'est sans doute pourquoi ils ont traversé le temps.
Comment avez-vous dirigé vos acteurs ?
L'alchimie entre Abbie Cornish et Ben Whishaw a été immédiate. Je leur ai laissé une grande liberté pour ne pas prendre le risque de torpiller leur naturel. J'ai pensé que leur relation devait s'épanouir en douceur.
A qui destinez-vous «Bright Star» ?
A toute personne qui est déjà tombée amoureuse. Quentin Tarantino m'a envoyé une lettre enthousiaste. C'est la preuve que c'est stupide d'avoir des idées reçues pour apprécier un film. En matière de goût, tout est affaire de curiosité.

**
Le poème (puis sa traduction)
Bright star, would I were stedfast as thou art
Bright star, would I were stedfast as thou art --
Not in lone splendor hung aloft the night,
And watching, with eternal lids apart,
Like nature's patient, sleepless eremite,
The moving waters at their priestlike task
Of pure ablution round earth's human shores,
Or gazing on the new soft-fallen mask
Of snow upon the mountains and the moors ;
No -- yet still stedfast, still unchangeable,
Pillow'd upon my fair love's ripening breast,
To feel for ever its soft swell and fall,
Awake for ever in a sweet unrest,
Still, still to hear her tender-taken breath,
And so live ever -- or else swoon to death.
John Keats, 1819, dans Life, Letters and Literary Remains of John Keats (1848)

*
Etoile éclatante, puissais-je comme toi être figé -
non pas dans une solitaire splendeur suspendue au dessus de la nuit,
et guettant, éternellement séparé par des couvercles,
Tel un malade de la nature, un ermite sans sommeil,
Les eaux mouvantes toutes entières à leur prêche
pour purifier par leur pure ablution les rives humaines tout autour de la terre,
ou fixant le masque nouvellement et doucement tombé de la neige
sur les montagnes et les landes;
Non - pas encore totalement figé, encore immuable,
pelotonné sur la poitrine mûre de mon bel amour,
pour ressentir à jamais son suave parfum et son automne,
à jamais éveillé en une douce agitation,
immobile, immobile pour entendre son souffle arraché à la tendresse
et ainsi vivre pour toujours - ou sinon me pâmer dans la mort.
**
*
Bonne séance !
Miss You
11:15 Publié dans Miss Terre et bouts de blogs | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : films






Commentaires
Oui, je l'attendais ce film...
(waouh quelle belle affiche!!)
Et il ne faut pas oublier que c'est elle, Jane Campion, qui a aussi contribué à nous faire découvrir, avec son film "Un ange à ma table", l'écrivaine néo-zélandaise, Janet Frame (une femme au parcours... étonnant! tellement peu s'en serait "sorti" comme elle...)
Merci pour ce bel article... :))
Ecrit par : macile h | 07 janvier 2010
"La leçon de piano" révélait la sensibilité de Jane Campion, cette "Bright Star" ne devrait pas décevoir, d'autant que les images du "Trailer" sont superbes... Encore une histoire d'Amour for réveur !
Ecrit par : ramses | 07 janvier 2010
Oui sublime affiche, envie d'entrer sur la pointe des pieds dans ce moment de fleurs.
Merci macile h d'avoir mentionné "Un ange à ma table", j'avais complètement oublié que ce film (poignant) avait été réalisé par Jane Campion.
A lire sur le blog de macile h http://plumelegere.over-blog.fr/article-janet-frame-41329345.html
"Encore une histoire d'Amour for réveur !" Joliiiiii !
Ecrit par : Miss You | 07 janvier 2010
La leçon de piano fait partie de ces films que j'aime voir et revoir. La bande annonce de Bright Star me séduit et donne envie de voir le film. Beaucoup de sensibilité, de finesse et d'esthétique chez Jane Campion. L'affiche est magnifique, on dirait un tableau. Le couple d'acteurs fait penser au Romeo et Juliette de Zeffirelli.
Ecrit par : valentine | 07 janvier 2010
Ca alors, c'est vraiment amusant : je parlais justement de "La leçon de piano" il y a un jour ou deux à Anti et du coup, j'ai commandé le DVD hier !
Ecrit par : Anna Galore | 07 janvier 2010
" j'ai commandé le DVD hier !"
De mon côté, j'ai commandé "Confidences trop intimes" avec Lucchini et aussi les 6 Contes moraux d'Eric Rohmer (toujours se rafraîchir la mémoire)...
Ecrit par : ramses | 08 janvier 2010
Oui "La leçon de piano" m' a enthousiasmée et j' écoute la musique du film très souvent. (L'ensemble est un chef-d'oeuvre).
L' affiche de ce film annoncé suscite aussi tout mon intérêt ; à VOIR.
Ecrit par : Kathy Dauthuille | 08 janvier 2010
Je suis donc allée hier voir "Bright Star"; les images sont splendides ; l'atmosphère est vraiment dans le romantisme classique. Il y a un gros travail dans les prises de vue, beaucoup de finesse, de délicatesse, d'émotion, d'étude de détails tout en poésie.
Je pensais trouver également une musique en accord avec les cadres magnifiques mais non. En fait, c'est la poésie qui tient lieu de fond sonore et je trouve que cette présentation va bien avec le sujet.
Je suis donc enchantée.
Ecrit par : Kathy Dauthuille | 01 février 2010
Merci Kathy pour cette belle critique, "Bright Star" fait partie de mes "à voir". Ton commentaire me conforte dans cette idée.
Ecrit par : Miss You | 01 février 2010
J'ai vu le film... et j'approuve entièrement la perception fine et juste de Kathy :-))
Ambiance très "british" (cela m'a rappelé The Hours et Les gens de Dublin...)
Un film tissé de sensibilité où le personnage de la petite fille (éponge tendre de l'enfance qui "absorbe" en silence tout ce qui se passe autour d'elle) m'est resté...
Euh... par contre....
Style de film qui ne plaît pas à tous : des ronflements dans la salle, pendant la projection, en ont été la preuve !! :D :D
Ecrit par : macile h | 01 février 2010
Dans quelques minutes, c'est le week-end, et, quelques instants plus tard, c'est l'heure de la séance. Vivement !!
Ecrit par : Miss You | 05 février 2010
Une merveille de poésie et de délicatesse. Des mots et des images brodés d'autant de fils graciles et de points serrés. L'héroïne d'une impressionnante modernité, à contre-temps du protocole et coutumes d'une époque révolue. Des personnages d'enfants, attentifs, présents, discrets, qui semblent tout comprendre et tout deviner. Une ambiance effectivement très campagne anglaise, qui m'a fait repenser à certains plans des "Vestiges du jour" de James Ivory (film que j'adore).
Un joli moment de cinéma, une parenthèse douce et amère, et pas de ronfleurs à l'horizon :-)
Ecrit par : Miss You | 05 février 2010
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