24 janvier 2010

Paris célèbre Izis, photographe rêveur

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L'hôtel de ville de Paris présente une rétrospective de cet émigré juif lituanien devenu l'ami de Chagall.

Izis, Paris des Rêves



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Beau visage, profil noble, Izis incarne avec élégance tout le charme de la vieille Europe centrale qui mêle courtoisie, virilité et un certain détachement.

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Ce photographe discret, caché sous le pseudonyme d'«Izis», qui pourrait évoquer la déesse égyptienne, ou, à défaut, une femme, est un homme posé qui fait face en égal à un monstre sacré.

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Boutonné jusqu'au col comme un écolier aux cheveux blancs, le sourcil hérissé et l'œil piqué de curiosité, Chagall l'écoute en son atelier du quai d'Anjou, le plus privé de l'île Saint-Louis, en 1969.

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Six ans plus tôt, le peintre n'a autorisé qu'Izis à le regarder travailler sur le plafond de l'Opéra de Paris.

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Et à le photographier, tout petit devant son grand œuvre. Une des deux rotondes de cette exposition «Izis» éclate du rouge triomphant de Chagall.

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Izis, pseudonyme public comme un slogan et homme méconnu.

rolandpetit.jpg Roland Petit


Reporter de Paris Match élu par ce peintre rude et réputé sans partage.

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Ils sont là tous les deux à revivre comme des héros de Cocteau sous la voûte de la salle Saint-Jean de l'hôtel de ville, dans une exposition au fort parfum familial qui vise le grand public par ses accents sincères.

Comment peut-on disparaître, corps et âme, dans le tintamarre de la célébrité ?

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C'est la question du sphinx que pose cet hommage sensible et décousu à Izis, dont le livre Le Paris des rêves, publié en 1950, fut réédité seize fois et vendu à 170.000 exemplaires, record qui laisse rêveur.

piaf.jpgEdith Piaf


Pourtant, aujourd'hui, qui, dans le monde de la photographie française, citerait Izis avant Doisneau, Cartier-Bresson, Lartigue ?


«Inconsolable mais gai

C'est par une phrase de L'Hurluberlu d'Anouilh que son fils Manuel Bidermanas, cocommissaire tout en rondeur bougonne de l'exposition, décrit son père : «Homme angoissé, hanté par son passé, sans doute désespéré, mais pas amer, capable de voir ce qui est beau, d'avoir l'humour d'un pitre

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Né Izraël Biderman en 1911 dans une Lituanie misérable sous contrôle russe (le «z» de son prénom est dû à une erreur d'état civil), devenu Izraëlis Bidermanas à l'indépendance, en 1918, il est surnommé le «rêveur» à l'école hébraïque.

C'est ce trait d'enfance qui frappe le plus dans cet accrochage d'un Paris d'adoption et mélancolique, en retrait du monde.

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Cette propension à la distance poétique, on la retrouve dans ses photos vagabondes sur les quais de Seine où les dormeurs s'enroulent autour des bornes d'amarrage, comme des blessés ou des lutins.

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Émigré sans le sou à Paris, exploité comme travailleur clandestin dans des laboratoires photographiques qui le laissent parfois dormir sur place, survivant en zone libre au moment où sa famille lituanienne est assassinée par les nazis, Izis est un héros triste à la Dickens.

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Son innocence est finalement récompensée.

Ses portraits des maquisards, francs, nets, secrets, ont tous quelque chose d'un autoportrait.







Source du texte et photos choisies sur Internet.

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Des livres de et avec lui


Le TAG Izis




Miss You

Commentaires

Très jolies photos qui rappellent énormément celles de Doisneau.

Ecrit par : Anna Galore | 24 janvier 2010

Oui, c'est vrai. Même Paris, mêmes tendresses pour les gens simples, les vrais gens.

J'aime beaucoup les mains de Roland Petit et les pigeons en file indienne.

Ecrit par : Miss You | 24 janvier 2010

Je ne connaissais pas ce photographe... Encore une découverte, merci Miss !

Ecrit par : ramses | 24 janvier 2010

Oui, Ramsès ! Encore une belle découverte !

C'est marrant ! Depuis que je vous lis, il m'arrive parfois de rester en arret sur un nom, un livre, une oeuvre et de songer "Tiens, j'ai lu quelque chose là-dessus chez Anna !" et de revenir parfois relire la note en question !

Merci de vos regards !

Ecrit par : catherine | 24 janvier 2010

Je découvre avec beaucoup de plaisir l'univers d'Izis. "Le photographe le plus poétique et le moins réaliste" qui le différencie des autres.

Des instantanés très vivants et joyeux. J'aime les jambes de cette femme qui se prélasse au soleil sur une marche. Les chaussures sont fatiguées, la semelle usée avec les fers aux bouts. Et cette petite marque au genou, sous le bas, comme une gamine qui vient de tomber, j'adooore! Très sensuel...

Merci Miss pour le partage : )

Ecrit par : valentine | 25 janvier 2010

C'est un plaisir :-)

Plusieurs fois, ce photographe est apparu dans des notes liées à des poètes http://annagaloreleblog.blogs-de-voyage.fr/archive/2008/10/29/prevert-paris-la-belle.html ou/et des photographes http://annagaloreleblog.blogs-de-voyage.fr/archive/2009/09/16/willy-ronis-le-photographe-humaniste.html , sans que je prenne le temps de creuser et de lui consacrer une note rien qu'à lui. C'est maintenant chose faite et il a désormais son TAG aussi.

Ecrit par : Miss You | 25 janvier 2010

Très belle chronique sur l'expo à Télématin ce matin : l'homme est aussi attachant que le regard qu'il porte sur les autres, un photographe humaniste.

Ecrit par : Miss You | 16 avril 2010

A retrouver ici : http://telematin.france2.fr/?page=chronique&id_article=15815

anti

Ecrit par : anti | 16 avril 2010

Super et surtout merci !

Il n'était pas encore disponible en ligne quand je suis partie ce matin ;-)

Ecrit par : Miss You | 16 avril 2010

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