26 janvier 2010
Tim Burton
En entendant l’info, ce matin, j’étais ravie.
D’abord parce que je suis fan de son travail et ses univers et aussi parce que j’espère que son regard particulier apportera à la fois une douce folie et une poésie certaine dans la sélection des films présentés à Cannes.
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La dépêche
Tim Burton présidera le jury du prochain Festival de Cannes

«Un rêve devenu réalité.» C’est ce qu’a dit vivre le réalisateur américain Tim Burton, après avoir appris qu’il serait le président du prochain Festival de Cannes, du 12 au 23 mai. «Quand on pense à Cannes, on pense cinéma du monde. Et puisque j’ai toujours vécu les films comme des rêves, je vais vivre un rêve devenu réalité», affirme le cinéaste âgé de 51 ans dans une brève déclaration citée par le communiqué du festival.
«Après avoir passé mes jeunes années à voir des triples programmes et à faire des marathons de 48h de films d’horreur, je me sens prêt pour Cannes», a plaisanté l'auteur des Noces funèbres et de Mars attacks.
«C’est un grand honneur, et je suis très impatient de me retrouver avec mes camarades jurés pour voir de beaux films venus du monde entier», a encore déclaré le cinéaste en acceptant l'invitation de Gilles Jacob et Thierry Frémaux, respectivement président et délégué général du festival. Tim Burton succède à l'actrice française Isabelle Huppert, présidente du jury l'an dernier.
Pour Thierry Frémaux, Tim Burton est un président «à la fois surprenant et évident». «C’est un artiste touche-à-tout, fantasque et brillant, un auteur populaire qui a imposé son imaginaire et un homme attachant qui connaît bien l’histoire du cinéma. Sa légitimité sera incontestable pour les cinéastes en compétition.»
«C’est la première fois qu’un créateur venu de l’animation préside le jury du Festival de Cannes», souligne Gilles Jacob, qui rend hommage au «cinéaste au coeur d’or et aux mains d’argent», «prestidigitateur au délire visuel dont l’écran devient féerie». «Que sa douce folie et son humour gothique envahissent la Croisette et ce sera Noël pour tout le monde» dit-il, ajoutant aussitôt: «Noël et Halloween».
L'identité des huit membres du jury ne sera annoncée qu'à la mi-avril.

Après des études à la California Institute of the Arts, Tim Burton débute chez Disney dans les années 70, collaborant à l'animation de plusieurs dessins animés, dont Rox et Rouky. Après cette expérience, il débute dans la réalisation avec deux courts métrages, l'un d'animation (Vincent; 1982), l'autre de facture classique, Frankenweenie (1984), parodie revendiquée de Frankenstein et des films de la firme Hammer.
En 1985, Tim Burton réalise son premier long métrage, Pee Wee Big Adventure, qui plante déjà les bases d'un univers très personnel, où le fantastique le dispute à l'onirisme.
Trois ans plus tard, il se révèle au grand public avec la comédie Beetlejuice, fable fantastico-macabre dans laquelle Michael Keaton incarne un "bio-exorciste" totalement déjanté.

Il retrouvera le comédien pour Batman (1988) et Batman, le défi (1991), le glissant sous le costume du célèbre homme chauve-souris et démontrant par la-même que son génie créatif peut aussi s'exprimer sur des films dits "de commande".

Fidèle en amitiés professionnelles, Burton entame en 1990, par la romance fantastique Edward aux mains d'argent, une fructueuse collaboration (six films) avec Johnny Depp.
Après avoir donné au comédien le rôle d'une invention humaine pourvue d'un coeur et de lames de métal en guise de doigts, le cinéaste ne cessera de lui offrir des prestations fortes et originales.

Ainsi, Depp se glisse sous les traits du réalisateur de sériez Z Ed Wood (1994), fait tout pour percer le mystère d'un cavalier sans tête dans Sleepy Hollow (1999), campe un inquiétant chocolatier dans Charlie et la chocolaterie (2005), adapté du livre pour enfants de Roald Dahl, et incarne le terrifiant barbier Sweeney Todd (2008) dans l'adaptation de la comédie musicale de Stephen Sondheim.

Tim Burton parvient parfois à s'affranchir du fantastique pur et d'un cinéma très personnel bâti au fil des ans. Il emprunte ainsi un ton plus parodique avec Mars Attacks! (1996), qui narre une invasion extra-terrestre aussi tragique que délirante, se penche sur l'exercice du remake avec La Planète des singes (2001), ou abandonne même toute excentricité avec la fable douce-amère Big fish (2003).

Considéré comme l'un des cinéastes les plus inventifs de sa génération, Tim Burton est également un producteur avisé, notamment dans le domaine du film d'animation fantastique (James et la pêche géante, L'Etrange Noël de M. Jack ou encore Les Noces funèbres, avec un certain Johnny Depp à la voix).

Edgar Allan Poe a fortement influencé Tim Burton.
L’attrait que le cinéaste éprouve pour lui provient d’une part de la découverte de l’œuvre du poète maudit lorsque Burton a 10 ans et, d’autre part, des films que Roger Corman a réalisés d’après l’œuvre de Poe. Il convient de préciser que Vincent Price, son idole, était la vedette principale de ce cycle.
Le scénario de L'Étrange Noël de Monsieur Jack a été rédigé à partir d'un poème de Tim Burton.
Cela renforce un peu plus le parallèle entre Burton et Poe, l'œuvre la plus célèbre de ce dernier étant un poème : Le Corbeau (traduit par Charles Baudelaire).
De plus, les poèmes de Poe et de Burton servent à chaque fois de base à l’élaboration des scénarios respectifs qui, certes respectent l’esprit des auteurs, mais entraînent l’histoire dans une nouvelle direction.
Le poème original de Poe est transformé en un véritable feu d’artifice visuel et burlesque entre Price, Karloff et Lorre, tandis que celui de Burton devient une comédie musicale mélancolique et macabre.
Tim Burton laisse sur chacune de ses œuvres plusieurs empreintes récurrentes, parmi lesquelles :
• Présence fréquente de parapluies, d'escaliers aux marches irrégulières, de carrelage noir et blanc, d'arbres tordus, de représentants d'églises peu sympathiques et d'épouvantails. De plus, présence quasi perpétuelle de morts.
• Au début de ses films, les crédits sont souvent présentés en travelling.
• Ses travaux et son style sont influencés par l'artiste Edward Gorey, notamment au niveau de ses peintures à l'encre.
• Il utilise souvent les ombres afin d'obtenir un rendu inquiétant.
• Ses personnages principaux ont tendance à être des individus solitaires, excentriques, timides, en marge de la société, souvent pâles et distants.
• Ses créations présentent un bon nombre de rayures noires et blanches et de spirales tordues.

• Ses films commencent souvent par des flocons de neige tombant la nuit, ou lorsque la fête commence (in medias res).
• Il s'inspire parfois du cinéma expressionniste allemand et de ses images exagérées.
• Pour les trames sonores, il travaille essentiellement avec Danny Elfman (sauf pour Ed Wood, dont la musique est signée Howard Shore et Sweeney Todd : Le Diabolique Barbier de Fleet Street dont la musique est cette fois signée Stephen Sondheim).
• Il insère souvent des références aux Kaijus Eiga dans ses films.
• Il a une prédilection pour les monstres de tous types : loup-garou dans Big Fish, le Pingouin et Catwoman dans Batman, le défi, une galerie complète dans L'Étrange Noël de monsieur Jack

De nombreux éléments sont récurrents dans son univers :
• Les chats ou les chiens, souvent compagnons du héros (Frankenweenie, L'Étrange Noël de Monsieur Jack, etc...)
• Le cirque ou la fête foraine, représentant l'amour du cinéaste pour le grotesque et le bizarre. Le cirque est chez lui non seulement l'expression de la différence mais aussi de la famille car les liens qui unissent ses membres sont généralement très forts. Dans Ed Wood, le réalisateur Edward Wood se constitue une bande d'amis dignes d'une fête foraine (voyant, catcheur, faux vampires, etc...)

• La demeure du héros, isolée du reste de la ville. Souvent un manoir sur une colline (Batman, Beetlejuice), elle se distingue généralement du reste de son environnement : la maison d'Edward aux mains d'argent perchée sur une sinistre montagne détonne au mileu des habitations bariolées de la ville ; à l'inverse, l'intérieur coloré de la chocolaterie de Willy Wonka tranche avec le décor des rues noires et blanches.
• Le pont, qui est un symbole de passage, souvent entre le monde des vivants et celui des morts (Beetlejuice, Les Noces funèbres) ; on peut également penser au pont sur lequel Ichabod Crane rencontre pour la première fois le cavalier sans tête dans Sleepy Hollow).
• La forêt, lieu où le héros va faire une découverte (L'Étrange Noël de monsieur Jack, Big Fish, Sleepy Hollow).

• La cage, qu'il utilise comme représentation de l'enfermement, notamment dans Sleepy Hollow, où Ichabod Crane libère un cardinal (petit oiseau rouge) en sa possession. On peut également citer l'oiseau du Pingouin dans Batman, le défi ainsi que les oiseaux en cage à qui chante Johanna dans Sweeney Todd : Le Diabolique Barbier de Fleet Street. Ou encore le papillon sous la cloche en verre dans Les Noces funèbres, symbole d'emprisonnement.
• Les fêtes d'Halloween et de Noël sont fréquemment mises en scène, notamment présence récurrente d'un plan en plongée où l'on voit des enfants déguisés sur le seuil d'une porte lançant le fameux « Trick or treat! » (L'Étrange Noël de monsieur Jack, Ed Wood, Charlie et la Chocolaterie, etc...)
Tim Burton travaille régulièrement avec certains acteurs :
Johnny Depp, Helena Bonham Carter, Michael Keaton, Michael Gough, Jeffrey Jones, Jack Nicholson, Glenn Shadix, Deep Roy, Christopher Lee, Lisa Marie, Winona Ryder, Danny DeVito, Albert Finney, Paul Reubens, Missi Pyle, Christopher Walken et Alan Rickman.
Miss You
13:30 Publié dans Coups de coeur, Miss Terre et bouts de blogs | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : films, tim burton, animation






Commentaires
Je crois que je viens de voir un lapin...
anti, au pays des merveilles ;-)
Ecrit par : anti | 26 janvier 2010
Ouf, on aura peut être enfin une palme colorée. En tout cas le vent devrait souffler au loin toutes les brumes sombres qui ont stagné trop longtemps à Cannes. Il y aura des lapins roses, des éléphants bleus, des extra-terrestres verts et ....de l'humour noir.
Vais pouvoir emmener lapinou au ciné.
Ecrit par : Colors | 26 janvier 2010
Une excellente nouvelle ! Il est l'un de mes cinéastes préférés, sans aucun doute.
J'espère, moi aussi, qu'il va mettre de la magie et de la fantaisie dans cette nouvelle édition du festival de Cannes.
Ecrit par : Anna Galore | 26 janvier 2010
Je me doutais que ce lapin là aurait son petit succès :-)
Ecrit par : Miss You | 26 janvier 2010
A Noël on m'a offert La triste fin du petit enfant huître -et autres hostoires-. C'est des poèmes écrits par Tim Burton accompagnés d'illustrations faites par lui aussi et c'est génial :)
Sinon accessoirement, au cas où vous ne l'auriez pas compris, je suis un très grand fan du bonhomme O.O
Ecrit par : Netsah | 26 janvier 2010
Tout est bon dans Tim Burton, rien n'est à jeter! Alors moi aussi je me réjouis de le voir à Cannes et de découvrir son dernier film.
Ecrit par : valentine | 26 janvier 2010
Voilà une excellente nouvelle!Gloire à Gilles Jacob et Thierry Frémont.Bonté et inventivité,reliquats d'enfances et futilités vont réveiller le festival.
Ecrit par : syluanis | 26 janvier 2010
Je pense que le cinéma est en pleine mutation... Beaucoup plus de rêves et moins de tragédies... Et ça marche !
Ecrit par : ramses | 27 janvier 2010
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