01 février 2010

Tetro, l’autobiographie rêvée de Coppola

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C’est un film dont je n’aurais sans doute pas parlé parce qu’il ne m’a pas a priori « interpellée, tentée, parlé,… ».

Cela ne préjuge bien entendu pas des qualités du film, ni du plaisir ou de l’émotion que j’aurais pu ressentir en le voyant. Je serais simplement passée à côté.

Seulement voilà, Colors vient de m’en dire le plus grand bien.

Alors, curieuse, je suis allée creuser un peu…

Merci Colors ;-)




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Le film



Tetro est un homme sans passé. Il y a dix ans, il a rompu tout lien avec sa famille pour s'exiler en Argentine.

A l'aube de ses 18 ans, Bennie, son frère cadet, part le retrouver à Buenos Aires.

Entre les deux frères, l'ombre d'un père despotique, illustre chef d'orchestre, continue de planer et de les opposer.

Mais, Bennie veut comprendre. A tout prix. Quitte à rouvrir certaines blessures et à faire remonter à la surface des secrets de famille jusqu'ici bien enfouis.











Coppola à Cannes : le retour
Avec Tetro, Coppola signe son grand retour à Cannes en tant que réalisateur depuis sa seconde Palme d'Or pour Apocalypse Now.

Toutefois il ne présente pas le film en Sélection officielle mais dans le cadre... de la Quinzaine des réalisateurs où le film fait l'ouverture en mai 2009.


35 ans après
Tetro est le premier scénario original écrit par Coppola depuis Conversation secrète.

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Avant Gallo
Avant que Vincent Gallo ne prête ses traits à Tetro, Coppola souhaitait que Matt Dillon interprète le rôle qui était à l'origine écrit pour lui.


Changement de sexe
Le personnage d'Alone devait, au départ, être joué par Javier Bardem. Mais Coppola décida de changer le sexe du personnage pour créer une nouvelle tension avec Tetro et remplaça le comédien par Carmen Maura.


A l'origine
Francis Ford Coppola raconte comment le film s'est peu à peu imposée à lui : "J'avais déjà une idée de l'histoire grâce à quelques pages de notes rédigées il y a très longtemps. Il y était question d'un adolescent parti à la recherche d'un frère aîné qui avait rompu brutalement tout lien avec sa famille.

J'avais envie de situer le film dans une ville étrangère et j'ai choisi Buenos Aires tout simplement parce que j'y aime la musique, la culture et la nourriture. C'est ce petit fragment de récit que j'ai commencé à développer, alors que j'étais en plein montage de L'Homme sans âge.
"

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Le coup de coeur pour Buenos Aires
Coppola est tombé sous le charme de l'Argentine et de Buenos Aires en 1998.

Il accompagnait alors sa fille, Sofia, qui y présentait un court métrage, Lick the star.


Coppola et la famille
La famille a toujours eu une place importante dans le cinéma de Coppola (cf. Le Parrain, Rusty James).

Tetro pourrait même avoir des résonances autobiographiques : "Je crois plutôt qu'il y a dans tous les personnages une partie de moi, de mon frère, peut-être même de mon père..." explique Coppola.

"J'ai vécu les sentiments et les rivalités que je dépeins à l'écran, mais l'histoire du film n'a rien à voir avec la mienne. Par exemple, mon père Carmine était un compositeur talentueux, certainement trop centré sur lui-même pour être un artiste accompli, mais c'était un homme très doux, un père merveilleux : tout l'inverse de celui que je décris dans le film !"

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Un air de "Rusty James" ?
Tetro est le second film tourné en noir et blanc (partiellement) par Coppola après Rusty James, où la figure du grand frère avait déjà une importance prépondérante.


Influences visuelles
Pour créer l'univers visuel du film et le noir et blanc, le réalisateur et son directeur de la photographie Mihai Malaimare Jr. ont étudié des films comme La Nuit, Baby Doll et Sur les quais.


Nouveau venu
Francis Ford Coppola raconte comment s'est déroulée la rencontre avec le jeune Alden Ehrenreich qui joue le personnage de Bennie : "J'étais obsédé par le souvenir de La Fureur de vivre : James Dean était censé y jouer un étudiant alors qu'il avait la tête d'un gamin tout juste sorti de lycée (rires). Nous avons commencé à organiser des auditions avec Fred Roos, qui est aussi producteur exécutif du film.

C'est lui qui a entendu parler des films que faisait Alden avec ses copains d'université. Il n'avait jamais tourné pour le cinéma auparavant. Je lui ai donné un monologue à travailler, un extrait de "L'attrape-cœur" où Holden évoque le souvenir de son frère Allie.

J'ai été impressionné par le résultat : Alden a quelque chose de Brando jeune, physiquement et dans son jeu. Il a aussi un côté Montgomery Clift ou DiCaprio à leurs débuts
."

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Tetro Artaud
Pour créer le personnage de Tetro, Coppola s'est inspiré du physique de l'artiste Antonin Artaud.


Tournage menacé ?
En septembre 2007, Coppola s'est fait voler son ordinateur à Buenos Aires. Le scénario du film s'y trouvait.


Sur place
Tetro a été tourné en 13 semaines à Buenos Aires même ainsi que dans certains de ses édifices prestigieux comme le Teatro Nacional Cervantes et le Palacio San Souci

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Des problèmes sur le tournage
Fin mai 2008, durant le tournage de Tetro, le syndicat des acteurs argentins (Asociacion Argentina de Actores) dépose une plainte à l'encontre de la société de production Zoetrope Argentina, un nombre considérable d'acteurs argentins apparaissant dans le film n'ayant, semble-t-il, jamais signé le moindre contrat.

Le 20 mai, le syndicat pose un ultimatum de 48 heures à Zoetrope Argentina pour leur présenter les contrats. N'ayant obtenu aucune réponse, quatre jours plus tard, les acteurs argentins cessent tout bonnement le travail, mettant ainsi en péril la production de Tetro. La porte-parole de Francis Ford Coppola réfutera ces accusations, ajoutant que la production du film se déroulait comme convenu.




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Quelques articles sur le film
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« …Ce film-là déroute, parce que, à la différence des oeuvres les plus célèbres de Coppola, il se situe moins dans le tape-à-l'oeil que dans le contre-jour (le film est en noir et blanc à l'exception de flash-back en couleurs), moins dans l'exhibitionnisme et l'artifice que dans la pudeur.

Du côté de Tennessee Williams, de Michael Powell (auquel le cinéaste rend hommage dans une scène inspirée de ses Contes d'Hoffmann), de Faust, de la danse et du théâtre, de la réflexion sur la création et sur les secrets, les démons intimes, plutôt que basé sur des considérations commerciales. …

(l'intégralité de l'article "Tetro, l'autobiographie rêvée de Francis Ford Coppola" est ici »










• "Faire moins avec moins, le nouveau mot d'ordre de l'auteur d'Apocalypse Now"

• Un entretien : Loin des marches et des smokings, Coppola raconte "Tetro", film inspiré de son histoire personnelle

Critique sur Evène


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Bonne séance !


Miss You

Commentaires

Un film grandiose. Une magnifique interprétation de Vincent Gallo pour un film à aller voir toutes affaires cessantes.Émouvant.

Ecrit par : Colors | 01 février 2010

"toutes affaires cessantes", c'est le cas de le dire, dans la région, le film n'est à l'affiche que jusqu'à mardi soir et déjà plus à Nîmes.

Il va me falloir attendre le dvd :-( Maintenant que tu en dis autant de bien, je file m'acheter un paquet de patience, ça va servir.

Ecrit par : Miss You | 01 février 2010

J'ai adoré ce film ! Je suis surprise de ne pas voir apparaitre dans les critiques la reference à 'la Tempête' de Shakespeare.
Pendant tout le film je n'ai cessé d'y penser , je viens de revoir la pièce no doubt about it ! au delà des problèmes des conflits familiaux c'est bien une réflexion sur le métier d'acteur (et de producteur) que nous avons ici et de l'homme acteur de sa vie . Ce fameux "plâtre" référence à l'homme handicapé par son passé, sa famille ... mais aussi référence à l'acteur "how do you call it in English ? cast ...)

... en tout cas cela ressemble à un adieu de la part de Coppola!


"Our revels now are ended. These our actors,
As I foretold you, were all spirits, and
Are melted into air, into thin air:
And, like the baseless fabric of this vision,
The cloud-capped towers, the gorgeous palaces,
The solemn temples, the great globe itself,
Yea, all which it inherit, shall dissolve,
And, like this insubstantial pageant faded,
Leave not a rack behind. We are such stuff
As dreams are made on; and our little life
Is rounded with a sleep.
The Tempest, 4. 1"

Ecrit par : annie | 01 février 2010

Merci Annie pour votre passage ici et pour ce très riche commentaire.

"en tout cas cela ressemble à un adieu de la part de Coppola!"
Ce serait à vous lire, un très beau dernier message. L'avenir nous le dira.

Ecrit par : Miss You | 02 février 2010

Yeahhhhhhh mega bonne nouvelle pour les nîmois et alentours intéressés, ce film est à nouveau à l'affiche à partir de mercredi (demainG donc) au Sémaphore en VO !!
J'étais super déçue qu'il soit diffusé dans si peu de salles au moment de cette note.

Ecrit par : Miss You | 16 février 2010

Je sors du ciné et je suis encore sous le choc. Ce film est une MERVEILLE !

Une histoire ciselée, terriblement émouvante, une très belle reflexion sur l'identité, le choix de ses racines et ce qu'on en fait, le choix de sa vie ou sa fuite, des plans sublimes, la beauté du noir et blanc (avec juste du sepia pour les flash back), un grand coup de chapeau pour le travail de la lumière, une Argentine, comme je l'aime, au bord de la rupture et joyeuse en même temps, une bande son puissante, jusqu'à avoir son propre rôle dans le casting, des comédiens incroyables, des moments de danse qui sont pure poésie... et plus et plus.

Un très grand Coppola et surtout un superbe film.

Un énorme merci, Colors, pour en avoir parlé.

Ecrit par : Miss You | 17 février 2010

"Ce film est une MERVEILLE !"
Heureux que tu as vécu ce film intensément Miss. J'étais bouleversé en sortant de la salle.
Des semaines après , j'y pense encore .

Ecrit par : Colors | 18 février 2010

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