03 février 2010
Robert Doisneau, du métier à l’oeuvre
Voilà plusieurs fois que nous évoquons Robert Doisneau sur le blog sans lui consacrer la note qu’il mérite.
Je profite donc de la rétrospective de la Fondation Cartier-Bresson (jusqu'au 18 avril prochain) pour y remédier et, cadeau bonus, découvrir des merveilles moins célèbres que le "Baiser de l'Hôtel de ville" par exemple, mais tout aussi émouvantes.
Mercredi, jour des enfants. Quel meilleur moment pour retrouver l'un des regards les plus tendres qui soient ;-)

Le nez au carreau, 1953.
Fasciné par la banlieue, Robert Doisneau lui a consacré des photos devenues des classiques de la photographie française, pleines de lyrisme et d'un esprit ludique propres à l'artiste enfantin qu'il a été tout au long de sa vie.

Jeux africains, 1945.
La Fondation Cartier-Bresson inaugure la saison en lui consacrant une belle exposition.

La voiture fondue, 1944.
Intitulée « Du métier à l'œuvre », elle retrace l'évolution artistique de ce photographe majeur à travers une centaine d'épreuves originales réalisées à Paris et ses environs entre 1930 et 1966.

Cachan, 1948.
"Comme tous les familiers de la rue, Doisneau a su fixer cette gravité rayonnante qui isole un être humain de la foule, ces moments de grâce qui rassemblent des passants dans « l'illusion d'un instant » comme dans une géométrie de rêve".
Jean-François Chevrier

Bidonville à Ivry, 1946.
Longtemps Robert Doisneau a été perçu comme le chantre du pittoresque parisien.
Illustrateur de génie, il a su comme personne saisir l'image agréable, l'anecdote inattendue : on a reconnu en lui le professionnalisme et la poésie simple de l'instantané.

Football, Choisy le Roi, 1945.
Mais l'œuvre de Robert Doisneau est infiniment plus complexe.
L'exposition de la Fondation Cartier-Bresson propose une sélection d'une centaine d'épreuves originales, choisies en majorité parmi les trésors de son atelier et dans diverses collections publiques ou privées.

A la file
Les images présentées ont été réalisées entre 1930 et 1966 à Paris et dans sa banlieue.

Sphères
Cette relecture tend à montrer comment Robert Doisneau est passé « du métier à l'œuvre », avec une gravité insoupçonnée, en inscrivant sur la pellicule un monde dont il voulait prouver l'existence.

Passage parisien
Zoomorama de l'expo sur Rue89
"Toute ma vie je me suis amusé, je me suis fabriqué mon petit théâtre."

Le vélo de Tati, 1949
Des livres de et sur Robert Doisneau
Miss You
11:15 Publié dans Miss Terre et bouts de blogs | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : photographie, doisneau, cartier-bresson






Commentaires
J'ai vu il y a quelques années une très belle expo de ses oeuvres, dont je retrouve ici certaines avec plaisir.
C'est lui qui a eu cette phrase magnifique d'humilité en réponse à un journaliste qui s'extasiait devant la quantité de photos géniales qu'il avait pu réaliser : "Un centième de seconde par-ci, un centième de seconde par-là mis bout à bout, cela ne fait jamais qu'une, deux, trois secondes chipées à l'éternité."
Ecrit par : Anna Galore | 03 février 2010
Jolie pensée. J'aime bien le choix du mot "chipées" : il a un côté un peu canaille sympathique.
La magie des photos, c'est aussi de faire durer l'éphémère, en le transformant en un peu d'éternité.
Ecrit par : Miss You | 03 février 2010
A chaque fois Robert Doisneau me surprend ; c'est une surprise de réalisme et de poésie en même temps ; une véritable émotion devant l'instant qu'il a su capter, un peu comme des parenthèses de bonheur dans un contexte hostile.
Ecrit par : Kathy Dauthuille | 04 février 2010
"comme des parenthèses de bonheur dans un contexte hostile"
Très joliment dit Kathy et exactement mon ressenti chaque fois. Je ne me lasse pas de la tendresse de son regard.
Ecrit par : Miss You | 04 février 2010
Les premières photos me parlent... A cette époque, j'habitais près de la Porte St-Ouen... Au-delà du Bd Ney, c'était "la zône"... Bravant les interdits, il m'est arrivé de côtoyer ces "gavroches" et de partager leurs jeux...
Ecrit par : ramses | 04 février 2010
Hé hé, mes grands parents maternels ont longtemps habité Boulevard Ney et moi, bien des années plus tard, pas loin du tout de la Porte de St Ouen. Et je ne parle pas de la rue Ordener ;-)
Ecrit par : Miss You | 04 février 2010
Bonjour! votre est blog est très sympa! Nous venons d'en créer un si vous voulez y faire un tour... voici l'adresse : http://www.c-doisneau.fr. L'objectif de notre site est de reprendre les photos de Doisneau dans les temps modernes et de les comparer aux originales !
Bonne visite !
Ecrit par : c-Doisneau | 25 mars 2012
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