27 mars 2010

Méroé, empire et légende émergés des sables

Certainement, une exposition fascinante... et aussi l'occasion de retrouver le Pays des pharaons noirs dont Anti avait parlé en début d'année dernière.






Les clefs d'un Royaume

C'est une première.

D'abord parce qu'en France le nom de ce royaume n'est guère connu.

Ensuite, parce que les quelque 200 pièces réunies à l'occasion de cette exposition (bijoux, statues, stèles...) n'ont jamais été vues.

Elles proviennent pour la moitié du Soudan, le reste étant prêté par de grands musées internationaux.

Cette civilisation est explorée à travers ses coutumes, ses croyances et le mystère de son écriture.


(Source l’Express)




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L'exposition







Le Louvre met en évidence l'originalité de ce royaume,

puissant au début de notre ère dans le nord de l'actuel Soudan,

où les cultures égyptienne, africaine, grecque et romaine s'entremêlaient.


Jusqu'au 6 septembre, dans l'entresol de l'aile Richelieu du Louvre.


De l'empire méroïtique ne subsistent plus qu'Aïda, la belle princesse-esclave noire de Verdi, des pyramides aiguës, rongées par les sables du Nord-Soudan, et d'étonnants vestiges archéologiques.

Le Louvre, en charge de fouilles depuis 2007 à 50 kilomètres au sud de Méroé l'ancienne capitale, en présente à partir d'aujourd'hui une sélection.

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Statue d’un roi archer, Tabo (Argo), IIe s. av. J.-C.,
Khartoum, Soudan, Musée national
© 2010 Musée du Louvre / Georges Poncet


Les objets de terre, surtout la poterie noire et la céramique funéraire aussi fine qu'une coquille d'œuf, révèlent la mixité des styles de ce pays qui allait de l'actuel lac Nasser au sud de Khartoum, entre le monde pharaonique et l'Afrique noire.

Mais plus encore les effigies des dieux. Voilà un panthéon où se côtoient, apparemment dans la plus grande tolérance, le bélier Amon, Isis, Osiris, Anubis, des créations locales telles Apédémak, cobra à tête de lion, le Grec Silène ou son fils adoptif Dionysos. Zeus apparaît même, coiffé de son bonnet phrygien.

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«Méroé est une charnière essentielle et encore très mal connue entre les royaumes du nord et ceux du sud », résume Guillemette Andreu, directrice des antiquités égyptiennes du Louvre.

Et de montrer la puissance de cet État qui s'était enrichi par le commerce de l'or, de l'ivoire, des fourrures et de l'ébène en désignant des bijoux fins ou lourds, ainsi qu'un magnifique roi-archer de bronze et de feuilles d'or venu du musée de Khartoum.
Qui fut-il ? Son nom s'est perdu.

Profitant d'une Basse-Égypte en plein déclin, Méroé s'épanouit durant six siècles, d'environ - 270 av. J.-C. à 320 ap. J.-C., date de sa dernière pyramide. Face aux Nubiens de l'Ouest, elle devait se protéger.

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D'où cet effrayant lion de grès dévorant un ennemi. Ou ce pommeau de canne en bronze figurant un prisonnier pieds et poings ligotés dans le dos. Finalement, le monothéisme chrétien a recouvert cette société héritière des fameux «pharaons noirs» montés sur le trône des deux Égyptes à partir de 1000 av. J.-C.


Une curieuse écriture

Entre-temps, Méroé aura mis au point et développé une curieuse écriture, en parallèle des traditionnels hiéroglyphes. Derrière les vitrines, ses pattes de mouche couvrent stèles et éclats de poteries. «Jusqu'alors, si on savait en trouver les équivalents phonétiques, on ne la comprenait pas, commente Guillemette Andreu. Depuis peu, quelques linguistes ont établi des ponts avec certaines langues encore parlées au Tchad et en Érythrée

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Photos stèles


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A propos de la langue méroïtique




La traduction des deux mille textes exhumés à ce jour peut donc commencer. Il est sûr que Méroé livrera beaucoup d'autres secrets. Ce ne seront sûrement pas des trésors d'or et de pierres précieuses puisque sur place les pyramides sont remplies de sable et que dessous les principales nécropoles ont été pillées depuis des lustres. Mais on pourra peut-être expliquer pourquoi Méroé ne momifiait pas ses défunts. Ou si sa société reposait ou non sur l'esclavage.




Article signé Eric Bietry-Rivierre

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Nécropole royale de Méroé, vue du cimetière nord - © 2010. CDA/M.Mylonas


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Le site "La civilisation perdue de Méroé"
de Claude Rilly, chargé de recherche au CNRS.



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« Sur les traces de cette civilisation »

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Entretien France Info

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« Jamais ma joie ne fut plus extrême et
plus vive qu’en découvrant les sommets
de ces nombreuses pyramides
qui étincelaient sous le soleil
… »
Frédéric Cailliaud, 1823



Miss You

Commentaires

Cette nécropole est incroyable, je comprends l'émotion de Frédéric Cailliaud cité en fin de note.

Je trouve fascinant le travail de ces chercheurs qui parviennent à décrypter des écritures avec aussi peu d'indices au départ. Les rapprochements avec des langues encore parlées aujourd'hui sont émouvants.

Ecrit par : Anna Galore | 27 mars 2010

Encore une exposition qui donne envie d'être parcourue. Je repense à la discussion de l'autre jour avec Sapotille sur le fil de la Corrida ( http://annagaloreleblog.blogs-de-voyage.fr/archive/2010/03/23/la-corrida-patrimoine-immateriel-de-l-humanite.html - mais que j'aime nos discussions !!!) sur le fait que je trouve que le monde va de mieux en mieux en général, et là, on touche une de mes angoisses les plus profondes, l'isolement : quand je lis un livre, quand je vois une exposition, quand je vis les liens que les hommes peuvent avoir de nos jours, je suis carrément en extase car je pense à tous ces êtres, toutes ces personnes incomprises et isolées que les penseurs ont pu être par le passé ou sont encore dans certaines zones géographiques, autant dire, des victimes potentiels pour n'importe quel dictateur en culottes courtes.

anti

Ecrit par : anti | 27 mars 2010

J'ajouterai à la beauté des liens que tu vois entre les hommes aujourd'hui, la magie des liens qui lient les hommes entre eux depuis si longtemps et dont la "re-découverte" de Méroé est un magnifique exemple. Des chercheurs aujourd'hui renouent le lien avec les constructeurs d'il y a plus de 2000 ans et une civilisation "endormie" sous le sable et scellent ces liens au travers de l'écriture et de la langue.
Tellement reste à découvrir, tout reste à comprendre et apprendre.
Je trouve ça aussi fascinant qu'émouvant.

Ecrit par : Miss You | 28 mars 2010

"J'ajouterai... la magie des liens qui lient les hommes entre eux depuis si longtemps... "

La ligne éditoriale des Éditions du Puits de Roulle quoi.

"Nous souhaitons avant toute chose proposer des ouvrages inédits qui permettent de comprendre et d'honorer les liens entre les Hommes.

Nous proposons des livres qui seront autant de ponts entre les différentes cultures, les différentes traditions, les différentes régions de France comme du globe, les différentes époques, les différentes générations, les différentes croyances."

anti

Ecrit par : anti | 28 mars 2010

Exact :-)

Ecrit par : Miss You | 28 mars 2010

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