30 mars 2010

« Autres maîtres de l’Inde » au Quai Branly

Vous le savez : j’adore ce musée, n’est-ce pas Sapétille ;-)

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Encore une superbe programmation jusqu’au 18 juillet 2010, dans le cadre du festival de l'Inde en France, et une raison de plus de monter à la Capitale d’ici l’été.





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On les appelle les Adivasi, les autochtones, ou encore parfois les "peuples de la nuit".

Premiers habitants de l'Inde, ces aborigènes sont restés jusqu'à aujourd'hui dans les marges du pays.

S'abritant dans les forêts, les montagnes, hors du système de caste hindouiste, ils sont près de soixante millions.

Une variété infinie de cultures et de langues.

Pire que les intouchables, Gond, Kondh, Naga ou Warli restent des tribus oubliées.

Et pourtant de leurs mains naissent des trésors : masques symbolisant les éléments naturels,
sculptures rituelles de la déesse mère, effigies de bois du culte ancestral des Bhuta au Karnataka...

Le Musée du quai Branly met à jour dans l'exposition "Autres maîtres de l'Inde",
du 30 mars au 18 juillet, près de 400 pièces de tout le pays, des îles Nicobar à l'Etat de Madhya Pradesh.






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Figurine votive
© musée du quai Branly
photo Thierry Ollivier et Michel Urtado





Le parti pris ?

Démontrer que ces pièces constituent, au-delà d'un artisanat, de véritables oeuvres d'art.

C'est aussi généreux que délicat … (Source Le Monde)





C’est un autre visage de l’Inde que dévoile cette exposition : l’Inde des populations autochtones et des communautés «folk», dites «Adivasi».




Ces peuples produisent des oeuvres plastiques étonnantes, tant utilitaires que sacrées, bien différentes des standards connus de l’art indien.

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Pour la première fois en France, le musée du quai Branly présente, dans une démarche thématique et pluridisciplinaire, les productions matérielles, quotidiennes, artistiques et religieuses les plus représentatives de ces populations indiennes et permet ainsi au public de découvrir une part importante, et encore trop méconnue, de l’art populaire contemporain en Inde.



Répartis sur l’ensemble du territoire et recensés en 1950, ces peuples maintiennent leurs traditions artistiques tout en étant en contact avec le peuple indien dominant. Egalement réputés pour les traditions vivantes comme la danse, la musique ou le théâtre, développées à la marge des grandes communautés hindoues, ils restent pourtant très mal connus des occidentaux.

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Les représentations des Adivasi ont longtemps été porteuses d’idées préconçues bien éloignées de la réalité, tant par les Indiens que par les étrangers. L’exposition montre ainsi leur vrai visage, et met en avant leurs surprenantes productions artistiques.

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Statuette votive
la Mère aux oiseaux
Inde, Assam, vallée du Brahmapoutre
20ème siècle - terre cuite
Musée du Quai Branly


Photographies, peintures murales de la tribu Rathava du Gujarat, figurines tribales en bronze de l’Orissa et du Chattisgarh, éléments architecturaux sculptés du nord est de l’Inde, sculptures en bois du Karnataka ou du Bihar ou bas-reliefs architecturaux réalisés par les femmes artistes de Chattisgarh sont exposés.



L’exposition s’achève sur les monographies d’artistes contemporains mondialement connus, et présents au plus haut niveau du marché de l’art mondial : les peintres Jivya Soma Mashe et Jangarh Singh Shyam, qui ont choisi d’élargir le champ de leur expression afin de refléter leur situation culturelle contemporaine dans leurs oeuvres.




En provenance des collections du musée du quai Branly, de musées européens et indiens, de collections privées ainsi que de commandes spécifiques à des artistes indiens dans le cadre de l’exposition, les objets présentés témoignent de la vigueur des traditions artistiques de ces différentes communautés, de leur évolution et de leur ouverture au monde extérieur.




[…] Quels stéréotypes pèsent sur les Adivasi ?

Les premiers dessins de ces populations par les Européens véhiculaient des images très angéliques, style « Joseph, Marie et l'enfant Jésus ». Avec l'arrivée en Inde de la photographie, durant la période coloniale, les Anglais se sont mis à constituer une sorte de bestiaire, indexant les différents peuples selon leur taille, leur morphologie. Ils étaient aussi systématiquement associés à leur environnement : le balayeur avec son balai, les agriculteurs avec leurs outils…




A l'indépendance, on a voulu sortir de ces images. Mais si, sur le papier, tout le monde est égal, dans les faits, ce n'est pas le cas : sous couvert de valoriser leurs traditions, on a enfermé les Adivasi dans des visions folkloriques.

Exemple intéressant : les films Bollywood des années 70. A une époque où la nudité n'était pas permise en Inde, quand on souhaitait dévoiler le corps d'une héroïne dans un film, on la mettait dans un village, dans une tenue autochtone. Là, ça devenait possible !




Cette vision exotico-érotique se retrouve dans le travail de certains photographes indiens, via notamment des portraits de jeunes garçons ou de femmes à moitié nues. On montre toujours la jeunesse, la beauté « primitive » des autochtones, jamais leur maturité… L'exposition souligne et décrypte ces clichés.


Qui sont Jangarth Singh Shyam et Jivya Soma Mashe, auxquels la troisième partie est consacrée ?

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(Aéroplane de Nankusia Shyam, acrylique sur toile © photo Aditya Arya)

Tous deux ont acquis une reconnaissance internationale sur le marché de l'art contemporain. Jangarh Singh Shyam est le créateur de l'école dite Gond. Il a été repéré dans le Madya Pradesh par un artiste indien. Pour lui, créer est inné : il dit avoir ressenti des frissons dans le cœur la première fois qu'il a trempé un pinceau dans la gouache ! A Bhopal, où l'a conduit son découvreur, au lieu de faire du surréalisme ou du cubisme comme les autres, il est resté dans le registre graphique spécifique des Gond.

C'est ce qui a distingué sa création, lui a permis de percer, en Inde et à l'étranger. Il a ensuite formé d'autres artistes, dont beaucoup de membres de sa famille, qui ont développé leur propre créativité. Jivya Soma Mashe, lui, fait partie de la tribu Warli. Il a commencé à peindre par besoin de s'exprimer – jusque-là, dans son village, cette activité était réservée aux femmes.

Tout en restant fidèle à ses racines, aux personnages blancs filiformes caractéristiques des Warli, il a fait évoluer les thèmes et le médium, peignant non plus à la pâte de riz mais à la gouache, transposant sur papier, puis sur toile, des œuvres jusque-là rituelles, créées à l'occasion des mariages. Son travail est essentiel parce qu'il englobe tout, il fait le lien entre esthétique de l'art contemporain et ancrage spirituel.
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(Tarpa, danseurs autour d'un musicien de Jivya Soma Mashe, gouache ocre et bouse de vache sur toile © photo Aditya Arya)


Qui exploite aujourd'hui commercialement l'art des Adivasi ?
Est-ce que ça leur permet d'acquérir un pouvoir économique ?


C'est une bonne question : en octobre 2009, j'ai demandé à Jivya Soma Mashe s'il était au courant des prix de ses toiles en Occident. Non ! Lui vend en Inde à des tarifs très inférieurs. L'aspect commercial ne lui pose pas de problème (ça lui permet de vivre de son art et d'être aujourd'hui l'homme le plus riche de sa communauté), mais il est déconnecté du marché, maîtrisé par les marchands…

La manière dont s'est suicidé Jangarh Singh Shyam en 2001, dans un musée à l'étranger, pose aussi question : quelle est la place de ces créateurs dans un monde de l'art qu'ils ne connaissent pas ? qui exploite leurs œuvres, quel droit de regard, quels retours pour eux et leurs communautés ? […]





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Cycle Inde au Quai Branly

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Conférences au Quai Branly

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Un article intéressant du Monde
« L'art tribal, nouveau terrain de prospection de l'art contemporain »

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Un très beau blog à visiter,
encore et encore,
celui d'Hervé Perdriolle qui invite à découvrir
sa collection d'art contemporain rural de l'Inde

et dont proviennent certaines des photos de cette note.

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La note d'eMmA
Les Adivasi à l'honneur au musée du Quai Branly,
écho d'un blog à l'autre ;-)

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Et, aussi, malheureusement...




Miss You

Commentaires

eMma a fait un excellent article hier sur son blog sur cette exposition, article où elle fait le lien entre les Adivasi et les origines du peuple Rom. En effet, ce sont eux qui ont migré vers l'Ouest, les premiers hommes...

http://emmacollages.over-blog.com/article-les-adivasi-a-l-honneur-au-musee-du-quai-branly-47641876.html

Par ailleurs, les enfants d'APRES SCHOOL sont issus de cette ethnie.

Une expo que j'irai voir, si possible avec eMma, avec grand plaisir !

anti

Ecrit par : anti | 30 mars 2010

"Une expo que j'irai voir, si possible avec eMma, avec grand plaisir !"

Je viens ! Je viens !

Ecrit par : Anna Galore | 30 mars 2010

merci de mettre un lien vers mon blog dédié à Jivya Soma Mashe d'où proviennent les deux premières images de cet artiste fabuleux :
http://jivya-soma-mashe-f.blogspot.com/

Ecrit par : Hervé Perdriolle | 30 mars 2010

Fantastique votre blog ! Renversant de Beauté !!! J'irai le lire avec beaucoup de plaisir dès que j'aurai un peu de temps. Vous devriez aller signaler son existence ici : http://emmacollages.over-blog.com/article-les-adivasi-a-l-honneur-au-musee-du-quai-branly-47641876.html nul doute qu'eMma sera ravie !!! Quant aux liens vers les photos, Miss You les corrigera dès que possible, soyez-en assuré.

anti

Ecrit par : anti | 30 mars 2010

.. Hervé Perdriolle, Je ressens comme Anti..
...l'âme est décidément du voyage!

Ecrit par : sapotille | 30 mars 2010

Très belles découvertes ô combien touchantes à double titre. Que c'est beau! Il ne me reste plus qu'à retourner à Paris...

Ecrit par : valentine | 30 mars 2010

Merci Hervé Perdriolle de votre passage, les liens sont ajoutés : je n'avais pas réussi à retrouver la provenance de ces photos au moment de la préparation de cette note. Bravo pour votre blog, il est somptueux.

Ecrit par : Miss You | 30 mars 2010

Très belle note, en résonance avec celle d'eMmA et les enfants d'APRES School... Que du bonheur !

Ecrit par : ramses | 30 mars 2010

Oh pardon, pardon ! Je viens seulement de lire cette note, de remarquer le lien que vous y faites vers mon blog et ausisi vos appels à visiter l'expo du Musée du Quai Branly !!
Impardonable et surbookée que je suis en ce moment...
On y va quand ?
Youpi !
Demain visite chez Kazy, mon jeune illustrateur...
Bisou d'eMmA

Ecrit par : eMmA | 01 avril 2010

Pensées pour vous ;-))) C'est con mais je suis émue...

Pour ce qui est de l'expo on va trouver une date pour sûr !

anti

Ecrit par : anti | 01 avril 2010

Ce soir sur France 5
21h35 - 22h49 (Durée : 1h14)

Un soir au musée "Au musée du Quai Branly : Inde, à la découverte des Adivasi"
Présentateur(s) : Laurence Piquet

Du 30 mars au 18 juillet, le musée du Quai Branly accueille «Autres maîtres de l'Inde», une exposition consacrée à l'art des Adivasi, littéralement «les premiers habitants». Repoussés par des invasions successives, les premiers autochtones de l'Inde ont su préserver leur identité culturelle. Aujourd'hui, ils seraient 90 millions éparpillés à travers le sous-continent. Dans les années 60-70, le gouvernement indien a décidé de leur donner les moyens de commercialiser leur production artisanale et artistique. Découverte de leur créations anciennes et contemporaine à travers un périple de plus de 5000 kilomètres à travers l'Inde.

Ecrit par : Miss You | 22 avril 2010

Merci pour l'info Miss. Je vais enregistrer l'émission. En feuilletant dans mes anciennes revues Animan, j'ai retrouvé un spécial Inde paru en 1997 où l'on peut lire un grand article sur les Adivasi. Cela m'avait échappé...

Ecrit par : valentine | 22 avril 2010

Magie d'une grande et nouvelle bibliothèque, on y retrouve des trésors ;-)

Ecrit par : Miss You | 22 avril 2010

Vite je vais à la télé !
Merci de nous avoir prévenus !
Bises,
eMmA

Ecrit par : eMmA | 22 avril 2010

Râté ! Tant pis ;-)

anti

Ecrit par : anti | 22 avril 2010

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