19 avril 2010
« Les visages » de Jesse Kellerman
Ce week-end, j’ai dévoré un livre vraiment sympa, prenant à souhait, dense, une belle surprise :
un polar, dans le milieu de l’art contemporain, des personnages attachants, une écriture coup de poing, sobre, sans fioritures ni pertes de temps, une vraie tension, une intrigue qui tient jusqu’aux toutes dernières pages, des fausses pistes, d’autres surprenantes.
Un super moment de lecture, idéal pour ces deux jours placés sous les thèmes soleil et relâche.
Parmi les choses que j’ai vraiment aimées :
- un narrateur qui s’adresse de temps à autre directement au lecteur, avec humour et dérision, et tout particulièrement dans l’avant dernier chapitre où il explique qu’il doit renouer tous les fils encore flottants, refermer les points laissés jusque-là sans explication : il associe le lecteur à son récit, sans jamais le laisser prendre la main ;
- une double intrigue, l’une très contemporaine, concentrée dans le temps et l’espace, l’autre qui débute avec l’arrivée du premier des Mueller aux Etats Unis jusqu’à l'héritier, narrateur ;
- des enchevêtrements, des personnages qui doutent, fragiles et forts, un artiste génial et incompris, un propriétaire de galerie à la fois humain et sans complaisance, qui pose un regard acéré sur son époque, des ambiances particulièrement bien installées.
Et, à la toute fin, une terrible envie de remonter le fil du livre pour découvrir où se cachaient les indices semés ici et là par l’auteur.

Description par l’éditeur
Lorsque Ethan Muller, propriétaire d'une galerie, met la main sur une série de dessins d'une qualité exceptionnelle, il sait qu'il va enfin pouvoir se faire un nom dans l'univers impitoyable des marchands d'art.
Leur mystérieux auteur, Victor Cracke, a disparu corps et âme, après avoir vécu reclus près de quarante ans à New York dans un appartement miteux. Dès que les dessins sont rendus publics, la critique est unanime: c'est le travail d'un génie. La mécanique se dérègle le jour où un flic à la retraite reconnaît sur certains portraits les visages d'enfants victimes, des années plus tôt, d'un mystérieux tueur en série.
Ethan se lance alors dans une enquête qui va bien vite virer à l'obsession. C'est le début d'une spirale infernale à l'intensité dramatique et au coup de théâtre final dignes des plus grands thrillers. Bien loin des polars calibrés habituels, Jesse Kellerman, styliste hors pair, nous offre ici un roman d'une indéniable qualité littéraire qui, doublée d'une intrigue machiavélique, place d'emblée le livre au niveau des plus grandes réussites du genre, tels Mystic River, de Dennis Lehane, ou L'Analyste, de John Katzenbach.
Galeriste «branché» de Ney York, Ethan est le rejeton d’une des grandes, et riches, dynasties de la Métropole, les Muller. En rupture de ban avec sa famille, il refuse de voir et même de parler à son père. Mais c’est pourtant par l’intermédiaire de l’homme de confiance de ce dernier qu’il met la main, dans une chambre sordide et inhabitée, sur des milliers de dessins d’une valeur artistique indéniable. Ces dessins troublants, d’un réalisme fantastique aussi bizarre que précis, sont tous reliés l’un à l’autre comme une immense carte. Ils sont accompagnés de carnets ou sont décrit les gestes répétés d’un quotidien immuable.
C’est l’œuvre de Victor Cracke, un homme âgé qui demeure introuvable. Ethan s’approprie les dessins et prépare une exposition qui connaît un grand succès. Par inadvertance, Lee McGrath, inspecteur à la retraite gravement malade découvre en lisant le journal une reproduction du premier dessin de l’œuvre et y reconnaît, dans les cinq visages d’anges représentés, les victimes de meurtres anciens….Victor, n’a de cesse dès lors d’en savoir davantage sur «son» artiste…
Celui-ci se manifeste par un seul mot répété à l’infini : arrête !
La trame principale est entrecoupée par l’histoire de l’ascension des Mueller, depuis Solomon l’immigrant du 19ième siècle jusqu’à David, le père détesté d’Ethan.
Ce livre est dense, bien écrit, l’intrigue méticuleusement bien orchestrée est captivante jusqu’à la toute fin.

Bonne lecture
Miss You
11:15 Publié dans Miss Terre et bouts de blogs | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note







Commentaires
Le nom me disait quelque chose... mais vérification faite, il s'agit en fait de son père Jonathan Kellerman, auteur lui aussi de thrillers dont j'ai lu plusieurs livres, tous excellents.
Ecrit par : Anna Galore | 19 avril 2010
J'ai découvert la famille en commençant par le rejeton et j'ai très envie de lire d'autres livres de lui.
Ensuite, je me lancerai à la découverte des écritures du père et celles de la mère. Affaire familiale à suivre...
Ecrit par : Miss You | 19 avril 2010
Oui, la maman aussi écrit, c'est vrai. On imagine les repas de famille ! ^^
Ecrit par : Anna Galore | 19 avril 2010
Je n'ai jamais lu cet auteur, mais ça a l'air palpitant !
Ecrit par : ramses | 19 avril 2010
Je me suis régalée !
Ecrit par : Miss You | 19 avril 2010
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