20 avril 2010

Le Printemps de Bourges s’affiche

En 2010, Bourges fêtait son 34ème Printemps.


Petit retour en affiches et en histoire sur ces moments de musique et de partage.



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Alors que règne à la télévision et à la radio la variété à paillettes des Dalida, Michel Sardou et Mireille Mathieu, toute une partie de la chanson française peine à atteindre son public.




L'envie qui motive le premier Printemps de Bourges, du 6 au 10 avril 1977, est de rassembler « l'autre chanson ».

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La forme est originale : en cinq jours, une quarantaine d'artistes et vingt concerts à la Maison de la Culture, dans un chapiteau monté place Séraucourt et au théâtre Jacques Cœur.

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Il y là François Béranger, Jacques Higelin, Dick Annegarn, Bernard Lavilliers, Leny Escudero, Henri Tachan, Catherine Ribeiro, Colette Magny, Font et Val, Julos Beaucarne, Jacques Bertin, Mama Béa Tekielski, Joël Favreau, l'Haïtienne Toto Bissainthe, les Occitans Joan-Pau Verdier et Claudi Marti : toutes les manières de chanter autrement, les chanteurs au drapeau noir et les chanteurs au drapeau rouge, les identitaires et les poètes, les nouveaux troubadours et les chercheurs d'une chanson nouvelle, ceux qui gueulent contre le vieux monde et ceux qui rêvent du monde futur, les « trad » et les électriques...

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Pour ne pas totalement dépayser le public « adulte », le Printemps a aussi invité les Frères Jacques et Serge Reggiani, mais aussi Charles Trenet, qui va chanter sous le grand chapiteau de 4000 places, après un hommage de la jeune génération, emmenée par Jacques Higelin. Le fou chantant sera fou de joie de la rencontre avec un public majoritairement très jeune.

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Le premier Printemps est un succès : presque 13000 billets vendus. Mais les relations entre le Printemps et une partie des Berruyers ne sont pas vraiment au beau fixe. Protestations des riverains et craintes des commerçants accueillent le débarquement des « Indiens », comme on appelle ce public à cheveux longs, sac à dos et bourse vide...

Il faudra quelques années pour que la ville adopte vraiment son Festival.

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Dès sa deuxième édition, le Printemps est sur une pente irrésistiblement ascendante : quatre-vingt artistes, quarante-cinq concerts et 25000 spectateurs en cinq jours. Sept jours et 40000 spectateurs en 1979, neuf jours et 50000 spectateurs en 1981. Mais, chaque année, il faut renégocier le budget avec la Maison de la Culture, débattre de la survie même du Festival... […]

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[…] Dans les années 90, le Printemps a de nouveau dépassé la barre des 100000 spectateurs.

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Avec sa nouvelle équipe de programmation, Daniel Colling décide à partir de 1999 de revenir à ses valeurs fondamentales d'origine, la découverte et l'audace. Rock « pointu », créateurs les plus féconds de l'électro, nouveaux chanteurs français :

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le Printemps redevient la caisse de résonnance des nouveautés les plus passionnantes du moment, de Yann Tiersen à Vincent Delerm, de Dionysos aux Têtes Raides, de Souad Massi à Tiken Jah Fakoly, de Bénabar à Susheela Raman, de Cali à Franz Ferdinand...

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C'est là que se confirment ou se dégonflent les « buzz », que se révèlent les valeurs scéniques, que se réévaluent les hiérarchies.

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C'est également à cette période, en 2000, que le label Découvertes, en association avec la Fnac, devient « Attention Talent Scène », les Découvertes du Printemps de Bourges et de la Fnac.

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Le format du Festival est désormais volontairement cadré autour des 50000 places, avec un taux de remplissage qui dépasse les 95% : plutôt que sur des jauges énormes, le Printemps mise sur l'excellence et la pertinence de sa programmation, conquérant une influence et une légitimité qu'il n'avait jamais connues jusqu'alors dans son histoire.

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Commentaires

Très sympa, cette rétrospective. Et intéressant de voir que le conservatisme et l'opposition des habitants a fini par reculer devant le succès et la notoriété (donc les retombées commerciales pour tous). Bravo aux organisateurs historiques qui ont tenu bon et ont fini par faire rentrer ces rencontres musicales dans la normalité, au point que désormais quand on pense à la ville, on y associe aussitôt le festival.

Ecrit par : Anna Galore | 20 avril 2010

Trop bien le Kokopelli sur l'affiche de 97 et très sympa l'idée de cette rétrospective. Tous les festivals n'arrivent pas à faire face à la pression locale et disparaissent. Souvent, ce sont les commerçants qui font le poids. Au début, ils sont ravis, la deuxième année passe encore et puis soudain, ils craignent vols, vandalisme, bruit de sauvage etc. Snif !

anti

Ecrit par : anti | 20 avril 2010

Superbe les affiches! Du premier festival me reviennent les noms de 2 artistes que j'ai adoré: Dick Annegarn et Catherine Ribeiro.

Chez nous, c'est le Paleo Festival de Nyon en juillet. Demain 21 avril, les places seront mises en vente sur internet dès 12 heures et le soir, il n'y aura plus rien ! Vive les festivals........

Ecrit par : valentine | 20 avril 2010

J'aime beaucoup les affiches (ça me fait penser que j'ai une série sur Les Rencontres à Arles) et je trouve celles-là plutôt sympas avec un gros coup de coeur pour celles de 1993 (trop mimi la grenouille super star), de 1997 (le Kokopelli, je me doutais qu'il plairait ;-)) et celle de 2004.

Du beau monde aussi à Nyon http://fr.wikipedia.org/wiki/Pal%C3%A9o_Festival_Nyon .

"au point que désormais quand on pense à la ville, on y associe aussitôt le festival"
Oui, en lisant l'histoire du Printemps, je pensais aussi aux Francofolies. Et au monde que ces festivals drainent et qui participe largement à la "bonne saison" des commerçants et hôteliers.

Ecrit par : Miss You | 20 avril 2010

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