10 mai 2010

Irving Penn, de Vogue aux petits métiers

A l’occasion de l’exposition « Les petits métiers » que la Fondation Henri Cartier-Bresson consacre à Irving Penn, je vous propose de revenir sur le parcours de ce photographe, à la large palette.


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L’homme




Né en 1917, Irving Penn a révolutionné la photographie dans une quête de l'autre sans pareil. A l'instar de Cartier-Bresson, qu'il citait parmi ses influences, il s'oriente d'abord vers la peinture et le dessin.






Après avoir étudié le graphisme auprès d'Alexey Brodovitch à Philadelphie, il débute sa carrière en 1943 avec sa première couverture pour le Vogue américain.

Ses images se définissent par une élégante simplicité et une rigueur méticuleuse, devenues les caractéristiques de son approche intime du monde « dans une petite pièce ».






Selon « son arbre des influences », Morandi, Léger et Matisse sont les racines alors que Brodovitch et Liberman forment le tronc solide de sa carrière.

Dans les ramifications, on voit également Sander, Cameron ou Nadar. En quelques années seulement, Irving Penn va inventer sa lumière dans un souci d'authenticité avec une rangée d'ampoules au tungstène, un fond avec une toile neutre et des techniques de tirage. Il va également se confronter à des sujets académiques comme le nu ou la nature morte.





Entre deux séances photo pour Vogue, il va photographier les plus grands ; actrices, écrivains, mannequins (Picasso, Colette, Marlène Dietrich…).

Décédé en 2009, cet homme secret, d'une grande liberté, a imposé pendant plus de soixante ans une nouvelle façon de voir, d'une énergie incomparable.





Les photographies d'Irving Penn sont exposées dans les plus grands musées et font partie de collections majeures aux Etats-Unis et en Europe.


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L’expo à la Fondation Henri Cartier-Bresson

Jusqu'au 25 juillet 2010




Missionné à Paris, par Vogue en juin 1950 pour couvrir ses premières collections de haute-couture, il saisit l'opportunité d'entreprendre ce projet personnel basé sur son admiration des traditions de représentation des petits métiers.

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Alternant idéalisation et ironie, les représentations photographiques des travailleurs se distinguent souvent par leur approche documentaire et typologique – le plus célèbre exemple étant le projet d'August Sander Hommes du XXème siècle, conçu en Allemagne entre les deux-guerres qui prétendait faire un portrait vrai de la population de l'époque.





Recrutés à Paris dans la rue par Robert Doisneau et Robert Giraud, les modèles se rendaient au studio, rue de Vaugirard, dans leur tenue de travail et recevaient un dédommagement pour la peine.

Devant un arrière-plan fait d'un rideau de théâtre abandonné, Penn alternait les séances avec des mannequins et d'éminentes figures culturelles pour Vogue et d'autres avec d'humbles travailleurs pour son projet des petits métiers.

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En plus des petits vendeurs traditionnels, il photographiait également les individus issus du quartier populaire et éclectique de Mouffetard, comme le sculpteur bohême ou la chanteuse Benoîte Lab.

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Penn continua à travailler sur les petits métiers à Londres, en septembre de la même année. Renseigné par les colporteurs londoniens, il photographia les poissonniers, les marchands de journaux, les chiffonniers aussi bien que les ramoneurs qui sont incontestablement associés à l'image de la ville.

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De retour à New York à l'automne 1950, Penn poursuivit son exploration des métiers l'année suivante. Dans un studio surplombant l'East River, il photographiait aussi bien les vendeurs locaux et les livreurs qu'il rencontrait que les métiers modernes liés au mode de vie américain, les sports, les loisirs ou les nouvelles technologies.








Miss You

Commentaires

Magnifiques photos, celle de Miles Davis est fabuleuse (il y en a plusieurs autres tout aussi remarquables dans la même série, notamment celle de la pochette de "Tutu").

Ecrit par : ramses | 10 mai 2010

Exact ! Je dois dire que j'aime beaucoup cette photo là : le voyage intérieur paraît tellement fort, presque douloureux, en tout cas intense.

Je lisais (dans l'article "Les Travailleurs de Vogue" du Nouvel Obs) que Vogue a commencé à publier les photos de Penn sur les petits métiers dès 1951.
J'ai bien aimé l'idée que ce magazine, fortement axé sur la mode, le luxe et la haute couture, ait mis le projecteur sur ces anonymes, ces petits métiers. Une jolie façon de reconnaître leur existence et saluer leur importance, à bien des niveaux.

Ecrit par : Miss You | 10 mai 2010

Un grand photographe, il va sans dire.

"Éloigner les modèles de leur environnement naturel et les installer dans un studio face à l'objectif, n'avaient pas seulement pour but de les isoler, cela les transformait."

Irving Penn, Worlds in a Small Room, 1974

Le regard de l'autre transformateur... tout un univers de méditation.

anti, en plein dans la vision

Ecrit par : anti | 10 mai 2010

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