01 juin 2010

« La tête en friche » de Jean Becker

Très envie de voir ce film, pour le thème qu’il aborde, pour les acteurs et tout particulièrement Gisèle Casadesus, pour son titre, pour le réalisateur Jean Becker à la filmographie impressionnante et à qui on doit notamment un de mes films fétiches « Les enfants du marais » (il faudra que je revienne vous en parler un jour ou l’autre, je pensais l’avoir déjà fait).



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Synopsis



Germain, 45 ans, quasi analphabète, vit sa petite vie tranquille entre ses potes de bistrot, sa copine Annette, le parc où il va compter les pigeons et le jardin potager qu'il a planté derrière sa caravane, elle-même installée au fond du jardin de sa mère, avec laquelle les rapports sont très conflictuels.

Il n'a pas connu son père, sa mère s'est retrouvée enceinte de lui sans l'avoir voulu, et le lui a bien fait sentir depuis qu'il est petit, à l'école primaire son instituteur l'a vite pris en grippe, il n'a jamais été cultivé, il est resté " en friche ".

Un jour, au parc, il fait la connaissance de Margueritte, une très vieille dame, ancienne chercheuse en agronomie, qui a voyagé dans le monde entier et qui a passé sa vie à lire.

Elle vit seule, à présent, en maison de retraite. Et elle aussi, elle compte les pigeons.

Entre Germain et Margueritte va naître une vraie tendresse, une histoire d'amour " petit-filial ", et un véritable échange...






Adaptation et découverte
Le film raconte une histoire issue de l'adaptation d'un roman de Marie-Sabine Roger, dont la version cinéma a ensuite été concoctée a deux, Jean Becker se faisant aider pour la première fois par le scénariste Jean-Loup Dabadie, dinosaure respecté du milieu.

Il raconte que ce roman lui a été mis sous les yeux un peu par hasard mais que l'histoire lui avait immédiatement plu : "Dès que je l'ai lu, je suis tombé sous le charme. J'ai tout de suite été attiré par le personnage de ce gentil bonhomme, brut de décoffrage (...)".


Becker comme héritier
A travers sa carrière imposante, qui s'étend depuis plus de 50 ans, et ses débuts comme assistant réalisateur de son père, l'expérience acquise par Jean Becker est comme un flambeau à perpétuer.

Il est l'un des rares cinéastes français actuels à pouvoir prétendre prolonger cet esprit de cinéma, héritier d'une époque "classique" prônant la simplicité d'une mise en scène, qui ne doit jamais se faire remarquer au détriment de l'histoire qu'elle raconte.

Et l'hommage de Gérard Depardieu d'appuyer ce portait : "(...) Par sa famille, Jean fait partie de toute une tradition de cinéma dont les membres ont été peu ou prou tous mes pères. (...) Il appartient à ce type de cinéma populaire qui disparaît petit à petit", commente-t-il.


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Un projet simple
Alors que certains peuvent lui reprocher un côté passéiste et lacrymal, Jean Becker s'inscrit en faux face à ces critiques. "Chaque fois je suis tout simplement touché par les sujets, le plus souvent issus de livres et je me sers surtout de la création des autres pour raconter leurs histoires".

Quant à la nostalgie qui peut se traduire dans son cinéma, il explique : "Je ne cherche pas à être larmoyant (...). Je cherche simplement à raconter au mieux ce qui m'a touché et à traduire à l'écran cette émotion".


Un choix naturel
Pour le réalisateur, choisir Gérard Depardieu pour interpréter le personnage central s'est fait de manière évidente, "avant même l'écriture du scénario". "Gérard m'a appelé (...) et il m'en a parlé avec beaucoup de ferveur, allant au plus profond des moindres détails. (...) C'est en tout cas son amour profond pour cette histoire qui a conforté mon envie de faire le film", raconte-t-il.

Quand on interroge l'intéressé sur la ressemblance entre lui et son personnage, il acquiesce :"Ce Germain ça aurait pu être moi. Comme lui j'observais tout, je voyais tout ce qui se passait. C'est donc quelqu'un que je connais très bien : il a beaucoup d'humour et d'amour en lui".


Compositeur de choix
Si vous avez la sensation de reconnaître le chanteur du thème principal, ne vous étonnez plus puisqu'il s'agit de Laurent Voulzy. Et c'est le réalisateur lui-même qui a insisté pour ce choix, dont il explique l'origine : "Tout simplement - et ce n'est guère original - parce que j'aime ses chansons et ses mélodies (...) ".

Si le compositeur a d'abord été contraint de refuser par manque de temps, la vision du film a agi comme un déclencheur efficace: "Tout est ensuite allé très vite. Un mois plus tard, il nous a envoyé un très joli thème qui m'a beaucoup plus", ajoute-t-il.


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Un respect réciproque
C'est la première fois que Gisèle Casadesus et Gérard Depardieu travaillent ensemble.

Une belle rencontre née d'une admiration réciproque : "Un plaisir énorme car je suis spectateur dans ces moments-là", commente l'acteur. "Quelqu'un qui ne croit à rien ne peut pas vieillir ainsi. Gisèle croit aux oiseaux, à la beauté, au chagrin, à la tristesse... (...) Et en face d'elle, je suis libre".

Déclaration touchante à laquelle l'intéressée répond sur le même ton : "Tout d'abord j'ai été ravie de le rencontrer. (...) C'est agréable de jouer face à un si grand professionnel. (...) On se sent porté par lui. Ma seule inquiétude était de savoir si j'allais réussir à me hisser à la hauteur".


Des retrouvailles chaleureuses
Les deux acteurs principaux Gisèle Casadesus et Gérard Depardieu ont tous les deux déjà travaillé avec Jean Becker.

Pour la première, c'était sur Les Enfants du marais, film du même genre que celui-ci.

Pour Depardieu, il s'agissait d'Elisa, dans lequel il partageait l'affiche avec Vanessa Paradis en 1994.







Bonne séance !



Miss You

Commentaires

De grands acteurs, un grand metteur en scène même si ce n'est pas le genre de films que j'aime vraiment aller voir. Par contre, je pense que je le regarderai volontiers lorsqu'il arrivera en télé.

Ecrit par : Anna Galore | 01 juin 2010

J'ai vu un sujet sur ce film hier. J'ai trouvé Depardieu excellent. En plus, je suis fan de Bouchitey et il y a Mauranne. Je suis tout à fait le public cible de ce genre de film qui traite de l'effet Pygmalion ou de l'importance du regard de l'autre sur le devenir des uns.

"En pédagogie, l'effet Pygmalion (parfois nommé effet Rosenthal) est une prophétie autoréalisatrice qui consiste à influencer l'évolution d'un élève en émettant une hypothèse sur son devenir scolaire."
L'effet est plus généralisé. On le retrouve aussi dans les contes de fées, vous savez les fées et les sorcières au-dessus du berceau qui vous disent celui-là il sera ceci, celle-là, cela. En bon, comme en mal... Tout cela influence les gens et leur devenir. Pareil pour le regard négatif posé sur l'étranger.

Comme on ne peut pas empêcher cet effet d'arriver, on peut s'en servir. C'est exactement le but que je poursuis avec les Éditions du Puits de Roulle : participer au changement de regard en publiant des histoires qui racontent un autre devenir autrement plus positif.

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Ecrit par : anti | 01 juin 2010

"Participer au changement de regard en publiant des histoires qui racontent un autre devenir autrement plus positif."

Ah! MAGNIFIQUE! Une des plus belles paroles (actantes) de cette journée!!

Ecrit par : sapotille | 01 juin 2010

J'adhère à fond ! Toute notre philosophie et notre vision de la vie !

Ecrit par : Anna Galore | 01 juin 2010

J'étais passée à côté de la note, mais les enfants du marais m'y renvoient. Et là, je ne passerai pas à côté de ce film. Déjà rien que l'affiche donne le ton d'un tendre échange entre Gisèle Casadesus et Gérard Depardieu. Et puis tout de même, dialogues de Jean Loup Dabadie, s'il vous plaît! C'est typiquement le genre de film que je vais voir les yeux fermés rien qu'en voyant les noms à l'affiche, faits trop rares à mon goût...........

Ecrit par : valentine | 07 juin 2010

"je vais voir les yeux fermés rien qu'en voyant les noms "

Techniquement parlant, tu m'épates :-) :-)
Pour le reste, je suis bien d'accord.

Ecrit par : Miss You | 07 juin 2010

"je vais voir les yeux fermés rien qu'en voyant les noms "

Mdrrrr ! A lire bientôt sur le blog, un nouveau courrier de Jean-Gabriel sur "Les différentes formes d'intuition" et les quêtes de vision ;-)

anti

Ecrit par : anti | 08 juin 2010

Suspense suspense :-)

Euuuh, ça vous embête si je garde les yeux ouverts pour lire ce prochain courrier ;-)

Ecrit par : Miss You | 08 juin 2010

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