03 juin 2010
Les premiers succès de Tara
Des bonnes nouvelles d’une expédition que je suis depuis son départ l’automne dernier

La goélette « Tara » - Crédit photo F. LATREILLE / AFP
La pêche a été fructueuse.
Partie de Lorient le 5 septembre dernier, l’expédition Tara Océans fait escale ce mercredi à Mayotte, avant de repartir pour Le Cap en Afrique du Sud, où le voilier achèvera la première partie de son périple.
Dressant un premier bilan de l’aventure, le patron scientifique de « Tara », le professeur Eric Karsenti s’est dit « surpris » par l’ampleur des découvertes réalisées. L’expédition, unique ne son genre par la durée du voyage (trois ans) et la distance parcourue (150.000 km), ambitionne de recenser les micro-organismes marins (plancton, virus, bactéries, etc.) du globe.
Des découvertes quotidiennes
Un monde si méconnu «que 80% des gènes que nous avons prélevé au cours de ces huit premiers mois d’expédition ne sont pas dans nos bases de données », souligne Eric Karsenti.
De quoi alimenter en « matière première», des laboratoires du monde entier.
« Avec cette expédition, j’en ai pris pour 20 ans », sourit Colomban de Vargas, chercheur au CNRS et spécialiste des protistes, des organismes ni animaux ni végétaux, dont on commence à peine à comprendre le fonctionnement.
L’enjeu est pourtant de taille.
Les océans absorbent 50% du CO2 que nous produisons et sont nos principaux fournisseurs d’oxygène.
« Une bouffée d’air sur deux que l’on respire à Paris, nous la devons aux micro-organismes marins, souligne Colomban de Vargas. On a besoin de comprendre comment ils vont être influencés par le réchauffement climatique. Cela pourrait avoir des conséquences sur notre quotidien très rapidement, à l’échelle de notre vie. »
Désert marin
L’année à venir devrait également réserver son lot de découvertes. En septembre, « Tara » quittera Le Cap en direction de l’Amérique latine : « On va aller dans une zone où se mélange l’océan indien et l’océan atlantique pour étudier le mélange des deux écosystème. Et puis, près de l’île de Pâques, il y a un désert marin, où les eaux sont violettes tant l’oxygène y est rare. On va aller voir si il n’y pas des bêtes un peu bizarres qui vivraient là », raconte Eric Karsenti.

Le trois mâts « La Boudeuse » - Crédit photo J.AMIET/AFP
Une ombre tout de même au tableau.
Selon le codirecteur de l’expédition, Etienne Bourgeois , il faudra trouver « 800.000 euros d’ici à la fin de l’année pour être sûr de poursuivre l’aventure. Mais avec la crise, c’est assez difficile de trouver des fonds ». Les membres de Tara se veulent confiant, malgré l’annonce ce mercredi de l’abandon, faute d’argent, de la mission entamée en octobre dernier par le trois-mâts d’expédition « La Boudeuse ».
Miss You
13:45 Publié dans Miss Terre et bouts de blogs | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : biodiversité, banquise






Commentaires
Passionnant tout ça ! La moisson est déjà riche et ce n'est que le début. 80% des gènes prélevés inconnus des bases de données actuelles, ça donne vraiment une idée du peu que nous savons de la vie sous-marine.
"des protistes, des organismes ni animaux ni végétaux"
Ça laisse rêveur, ça... à de multiples points de vue... Une très belle illustration de la diversité et de l'unicité de la Vie.
Ecrit par : Anna Galore | 03 juin 2010
"La moisson est déjà riche et ce n'est que le début. "
Oui ça fait rêver :-)
Incroyable planète où tellement reste à découvrir, à comprendre et protéger.
Ecrit par : Miss You | 04 juin 2010
"La Boudeuse" devrait repartir en septembre. C'est ce qu'a dit Jean-Louis Borloo à son capitaine Patrice Franceschi qui l'a rencontré vendredi.
«J'ai été reçu pendant une heure par Jean-Louis Borloo, a déclaré Franceschi à l'AFP. Il m'a dit sa volonté très claire d'essayer de tout faire pour rebâtir financièrement la mission et permettre son redémarrage au mois de septembre». «C'est un point positif, un pas en avant», a estimé le capitaine de la goélette qui est toujours immobilisée dans la base de la Marine Nationale à Fort de France en Martinique.
Souscription nationale
Après une première exploration scientifique sur les fleuves de Guyane au mois de mai, la mission avait été interrompue le 2 juin en raison d'un endettement massif «dû au non-versement par l'Etat de 500.000 euros qui lui avaient été promis», selon le capitaine du bateau.
Au départ, la mission «Terre-Océan» -ainsi que le précisait une lettre officielle de l'Etat, signée par Jean-louis Borloo- devait, pendant au moins deux ans, conduire l'équipage de marins et chercheurs dans les estuaires de l'Amazone, du Parana, puis dans les canaux de Patagonie et enfin en Polynésie.
Après son entrevue avec le ministre, Patrice Franceschi a néanmoins précisé qu'il maintenait la souscription nationale lancée mardi, afin de «proposer aux citoyens de se substituer aux politiques pour la continuation de cette mission d'intérêt général, tant par ses réalisations scientifiques concrètes que par les perspectives sociales et humaines qu'elle implique». Le capitaine de La Boudeuse espère recueillir 1 million d'euros sous forme de promesses de dons qui ne seraient encaissés que si cette somme est réunie. «Cette souscription n'a pas pour but d'éponger les dettes, mais bien de reprendre la mer», a souligné le capitaine de La Boudeuse.
Source : 20 Minutes
Ecrit par : Anna Galore | 11 juillet 2010
Pourvu que l'Etat tienne (enfin !!) sa promesse, afin que les promesses de l'Expédition soient à leur tour tenues.
Une très bonne nouvelle, une satisfaction à ne surtout pas bouder !
Ecrit par : Miss You | 11 juillet 2010
Écrire un commentaire