22 juin 2010
L'esprit est toujours plus fort que le score
Le foot, normalement, ça me laisse de marbre ou pas loin. Bien sûr, j'ai vibré en 98 quand les Bleus ont réussi leur exploit, mais en dehors de ce moment exceptionnel de ferveur, je ne prête quasiment aucune attention à ces mecs plus prétentieux les uns que les autres alors que leur seule gloire est de taper dans un ballon.
Du coup, même moi j'ai parcouru la presse sportive d'hier. Ce qui n'était pas difficile, toute la presse parlait de foot, même si ce n'était pas forcément de sport. Et là, un peu par hasard donc, j'ai eu le regard accroché par le résultat d'un vrai match, avec de vrais joueurs, pendant la vraie coupe du monde.
Un résultat surréaliste pour un match de foot : 7-0. Il s'agissait de celui opposant le Portugal à la Corée du Nord. Pour ceux qui sont encore plus imperméables au foot que moi, je précise qu'un match normal atteint rarement quatre buts et que c'est le Portugal qui en a marqué sept.
J'ai repensé aussitôt à une photo que j'ai prise il y a quelques années à Lisbonne, dans la rue, en fin de journée - des ados jouant au foot sur une petite place pavée, avec un ballon de fortune et des limites de terrain approximatives.
C'est sûr qu'en face de certains de ces gamins devenus les meilleurs footballeurs de leur pays, les joueurs de la Corée de Nord partaient avec un sacré handicap. Chez eux, on ne doit pas jouer dans les rues quand on est gamin. On ne doit probablement pas considérer que taper dans un ballon puisse être un jeu. On ne doit même pas prendre le sport pour un plaisir mais pour un devoir politique.
L'esprit du jeu, c'est sans doute ce que nos Bleus-à-l'âme ont aussi oublié depuis longtemps, au profit (c'est le cas de le dire) du fric à flots et de la mégalomanie boursouflée comme une baudruche. Du coup, en se prenant le retour de volée qu'ils sont en train de se prendre et qu'ils n'ont pas fini de se voir balancer dans les dents, plus rien ne les maintient. Sans âme et sans esprit, il ne leur reste que le clinquant creux qui s'effondre.
Pensées affectueuses pour ces gamins, partout, qui jouent pour jouer. Eux ne peuvent que gagner. L'esprit est toujours plus fort que le score.
Très belle journée à vous
Photos : Anti (le chat footeux) et moi (Lisbonne)
08:30 Publié dans Accueil | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note






Commentaires
Entièrement d'accord.
Que ce soit sur une place, dans un stade, sur une plage ou un terrain vague http://annagaloreleblog.blogs-de-voyage.fr/archive/2010/06/11/le-foot-comme-je-l-aime.html , le foot c'est avant tout un jeu, un sport, un partage, et absolument pas la pitoyable image que l'équipe de France (Fédé et encadrement compris) offre aux yeux du monde.
Ecrit par : Miss You | 22 juin 2010
Je ne m'intéresse pas au foot, mais comme je regarde les informations, je suis amenée à savoir un peu ce qui se passe et j'ai trouvé le comportement des joueurs français navrant ; ils sont loin des parties du foot qui doit être un jeu, un plaisir, un partage.
Tout à fait d'accord.
Ecrit par : Kathy Dauthuille | 22 juin 2010
Je pose ici un petit bout d'un édito que je trouve excellent
«Un maillot, c’est bien plus que des couleurs. Un maillot, c’est une histoire. C’est aussi des hommes et des femmes qui œuvrent dans l’ombre, sans aucun espoir de reconnaissance. C’est encore des supporters qui payent cher pour pouvoir nous encourager. Nous, leur équipe. Un maillot, c’est enfin ces enfants qui ont les yeux qui pétillent quand ils voient leurs idoles être performants ensemble, en équipe.» ... «Petit, le sport n’est qu’un jeu. Une fois grand, c’est cet état d’esprit d’enfant qu’il faut préserver. Je crains qu’en Afrique du Sud, d’autres Bleus l’aient oublié...»
Signé Sébastien Chabal, rugbyman, sélectionné à 55 reprises en équipe de France.
L'intégralité de l'édito est ici http://www.sebastienchabal.fr/pour-l%E2%80%99amour-du-maillot-bleu-un-edito-de-sebastien/
Ecrit par : Miss You | 22 juin 2010
...et la bonne nouvelle c'est que l'Afrique du Sud a gagné le match cet après-midi :-)
Ecrit par : valentine | 22 juin 2010
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