28 juin 2010
A Herman Leonard, le jazz reconnaissant
Un bel article du Monde qui mêle jazz et photographie.
L’occasion pour moi de découvrir un photographe de grand talent : Herman Leonard.

Ella Fitzgerald, Duke Ellington, Benny Goodman & Jack Robbins, Downbeat Club, NYC
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Charlie Parker
Des noirs et blancs aux contrastes marqués, un scintillement dans le regard, l'attention portée au visage et toujours au détail d'un geste de musicien. Une bonne partie de l'imagerie du jazz, celle identifiée au monde de la nuit, dans les volutes de fumées, évocatrice des années 1940, 1950 et 1960, s'est imposée au monde avec les photographies d'Herman Leonard.

Dexter Gordon
"Un peu comme un grand du jazz peut être identifié à l'écoute de ses premières notes, les photographies d'Herman Leonard, sont tout de suite reconnaissables", a résumé le producteur américain Bruce Lundvall, ancien président de la compagnie phonographique CBS, où il a développé à partir des années 1960 la division jazz, avant de prendre la direction d'Elektra Records, en 1982 puis de faire revivre la marque historique du jazz Blue Note Records à la fin des années 1980.
"Herman Leonard a une façon, bien personnelle, de capturer l'âme et l'essence d'un sujet", a ajouté André Ménard, vice-président, directeur artistique et co-fondateur du Festival international de jazz de Montréal.

Sinatra
Autant d'éloges pour la remise du Prix Bruce Lundvall au photographe américain, samedi 26 juin, dans les locaux de la Maison du jazz de Montréal. Un prix créé en 2009, dont Bruce Lundvall fut le premier récipiendaire, destiné à souligner l'importance pour le jazz d'une personnalité non musicienne.

Billie Holiday
Un prix qui vient s'ajouter aux cinq autres déjà existants au FIJM – le premier fut créé en 1989, les autres ont suivi environ tous les cinq ans. Depuis la Californie, où il réside, Herman Leonard a envoyé un message de remerciement diffusé en vidéo.
Long visage, barbe blanche et chevelure bien implantée, Herman Leonard, 86 ans, a montré, souriant, son prix, une forme rectangulaire ornée d'une note de musique stylisée. Dans la salle de la cérémonie les photographes, avec des appareils arborant des téléobjectifs longs comme le bras ont photographié l'écran. Etrange effet.

Herbie Hancock
Né à Allentown (Pennsylvanie) en 1923, Herman Leonard a étudié la photographie à l'Université d'Ohio, où il a obtenu son diplôme professionnel en 1947 avant de vivre un an d'apprentissage auprès de l'un des plus célèbres portraitistes de personnalités, Yousuf Karsh (1908-2002). En 1948, Herman Leonard, crée son studio à New York. Il répond à des commandes de magazines et commence à photographier les musiciens de jazz dans les clubs.

Ces derniers se passent le mot : Herman Leonard aime leur musique et ses images en captent le mystère, l'instant. En 1956, l'acteur Marlon Brando le convainc d'être son photographe attitré. Ils partent ensemble dans les pays asiatiques. Puis Herman Leonard vient s'installer à Paris. Au début des années 1960, il travaille pour la mode, la publicité et le magazine Playboy, non pour photographier les filles des pages centrales mais les célébrités de la culture, du sport, des affaires ou de la politique qui accordent de longs entretiens au mensuel.

A partir des années 1980, même si le jazz est toujours important dans sa vie, Herman Leonard reconnait que la majeure partie de son travail a été réalisé avant. Il se penche sur ce passé à l'occasion d'une première exposition en 1988, rassemble ses portraits les plus connus dans un livre. Il a vécu à Ibiza, s'est installé à Londres, un temps à San Francisco, puis va vivre à La Nouvelle-Orléans.

Louis Amstrong
Il y retrouve l'effervescence musicale qu'il a connue dans les années 1950 à New York ou au début des années 1960 à Paris. L'ouragan Katrina, en 2005, détruit sa maison, son studio et tous ses tirages, près de 8 000 images, mais pas ses négatifs entreposés dans une partie de la ville qui a été épargnée. Il vit depuis en Californie et travaille toujours.

Duke Ellington
Miss You
11:15 Publié dans Miss Terre et bouts de blogs, Musique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : photographie, jazz






Commentaires
Superbes photos en effet ! La première est fabuleuse : Duke Ellington et Benny Goodman se régalnt d'écouter Ella Fitzgerald. J'aime aussi beaucoup celles de Charlie Parker, de Dexter Gordon, de Billie Holiday, de Herbie Hancock et de Duke à la fin, la main suspendue dans une lumière féérique.
Anna, all that jazz
Ecrit par : Anna Galore | 28 juin 2010
Sur le site d'Herman Leonard, il y a d'autres photos très belles parmi lesquelles une d'Art Tatum les yeux fermés et une autre de Miles Davis à Malibu, où le jeu du noir et blanc est tellement maitrisé qu'il en est lumineux, irradiant. De vraies merveilles.
Ecrit par : Miss You | 28 juin 2010
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