17 août 2010
« Le Secret » de Frédéric Lenoir
Quelques temps après qu’Anti ait parlé de « L’Oracle Della Luna », je m’étais plongée dans ce roman de Frédéric Lenoir et j’avais adoooooooooré !
Aussi, quand j’ai croisé ce petit livre de conte (petit en taille ! environ 150 pages) au hasard des allées de Cultura, avec un si joli titre « Le Secret », par cet auteur dont j’avais tellement aimé le style à la fois riche et épuré, je me suis empressée de le mettre dans mon panier. Comme la promesse d’un joli moment de lecture et sans doute plus…

Ca y est, je l’ai lu, que dis-je dévoré et, encore une fois, quel bonheur !
A peine terminé, j’avais déjà envie de le reprendre, pour retrouver certains extraits, des passages particulièrement émouvants ou simplement (et c’est déjà beaucoup) très beaux.
J’y ai trouvé un nombre incroyable d’échos avec ce que j’aime (la nature, les choix de vie, le Sud, des vieilles vignes, un trésor, une communauté rurale avec ses personnages hauts en couleur et leurs petites lâchetés, un secret, une tendresse infinie, des silences riches de complicité et des non-dits tout en pudeur, …).
J’ai aussi beaucoup aimé la façon dont sont abordés certains des thèmes réguliers de ce blog (la peur de l’Autre parce qu’il est différent, le lien indéfectible à la terre et à la Terre, des arbres et surtout un Arbre, une nature qui se fait écrin et refuge, …).
Ajoutez à ça un secret qui prend bientôt toute la place, qu’on pense avoir deviné au fil de la lecture et qu’on découvre, stupéfait, aux toutes dernières pages. La surprise est tellement belle et le chemin pour y arriver si parfumé de soleil, de garrigue, si saupoudré de nuits étoilées et d’émotions douces ou amères parfois qu’on ne peut que saluer l’auteur pour ce Secret si bien gardé.
Je ne dirai rien de la fin, ni du secret, bien sûr, si ce n’est qu’ils sont encore de superbes échos et qu’ils plairont beaucoup à certain(e)s d’entre vous.
Ce petit opus est bien plus qu’un conte qui fait réfléchir, c’est un véritable petit bijou.

Que s’est-il donc passé dans la vieille vigne abandonnée où l’on a retrouvé Pierre Morin inanimé après deux jours d’absence ?
Dans le village, tous s’interrogent, se passionnent, et cherchent à percer à tout prix son secret.
Un récit captivant d’un genre tout à fait nouveau, aux frontières du conte philosophique et du roman à suspense, dans le cadre d’un petit village des Alpes du sud à la fin du XIXème siècle.
Une parabole sur les choix et les valeurs essentielles de notre existence.
« Emilie fut la seule à remarquer que son fils avait dans le regard quelque chose de nouveau, d'indéchiffrable, une lumière impalpable qui lui rappelait ce bonheur intérieur qu'elle-même ressentait lorsqu'elle allait visiter son propre secret.
Elle sut que Pierre taisait l'essentiel, mais elle resta silencieuse. »

Que s'est-il donc passé dans la vieille vigne abandonnée où l'on a retrouvé Pierre Morin inanimé après deux jours d'absence ?
Dans le village, tous s'interrogent, se passionnent, et cherchent à percer à tout prix son secret.
Avec ce récit captivant d'un genre tout à fait nouveau, aux frontières du conte philosophique et du roman à suspense, Frédéric Lenoir nous offre une parabole sur les choix et les valeurs essentielles de notre existence.
Pierre Morin, jeune enfant proche de la nature, sensible et désintéressé, est en butte contre le village, dans lequel sa mère est arrivée quelques années plus tôt.
Il est rudoyé par les autres enfants et traité en paria par les villageois : qui est le père de cet enfant ?
Pourquoi préfère-t-il un lopin de terre incultivable plutôt que la richesse ?
Et surtout quel est son secret qui l'amène irrésistiblement vers les vignes où il a été découvert un matin, après deux jours d'absence ?
L'écriture simple et fluide de Frédéric Lenoir nous entraîne dans la quête du secret de Pierre, à la suite des ridicules villageois plein de morgue et de préjugés, avares et cupides, et tient en haleine jusqu'à la dernière page.

La peinture des personnages secondaires, tels le maire du village intéressé ou le prêtre pas si détaché des choses matérielles que le laisserait supposer sa fonction, donne à ce court récit une touche d'humour.
Tel un Candide, Pierre affronte courageusement les diverses épreuves de la vie, fait des choix impensables et semble enfin toucher au bonheur.
C'est sans compter la méchanceté et la cupidité des hommes.
Après diverses péripéties cocasses, retournements de situation, et épisodes plus tendres, on découvre avec stupéfaction le secret de Pierre : le récit prend alors une valeur symbolique et philosophique...
Un livre qui pousse à la réflexion et qui mérite le détour !
Une très belle découverte !
Miss You
11:15 Publié dans Coups de coeur, Miss Terre et bouts de blogs, Nature, Raconte-moi une histoire | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : contes






Commentaires
Belle présentation Miss qui me donne vraiment envie de lire ce secret. Merci pour cette jolie découverte :-)
Ecrit par : valentine | 17 août 2010
Oui moi aussi j'ai envie de savoir lol merci Miss pour la belle présentation de ce livre.
Ecrit par : Zaza | 17 août 2010
Avec plaisir mesdames :-)
Je vous souhaite un très joli moment de lecture, d'évasion et de réflexion.
Ecrit par : Miss You | 17 août 2010
Ah ! Excellent ! Commandé sur le champ !
"J’y ai trouvé un nombre incroyable d’échos avec ce que j’aime (la nature, les choix de vie, le Sud, des vieilles vignes, un trésor (...)"
C'est exactement à l'image de l'homme que j'ai eu la chance de rencontré à Paris en... dernier, soirée à propos de laquelle je devais faire - et ferai sans doute - un article. Frédéric Lenoir est un enchanteur simplement parce qu'il est lui-même enchanté. Enchanté de ce qui l'entoure, de tout ce qui l'entoure et en particulier par la Nature. C'est un grand méditatif (il pratique la méditation depuis plus de 20 ans) et cela ce ressent. Une chose est cependant pénible à passer la soirée en si bonne compagnie, c'est le moment de la séparation, tant le sentiment d'avoir retrouvé un membre de ma famille en l'écoutant parler était grand, peut-être tout simplement parce que celles et ceux qui sont de la famille de la Nature appartiennent à la même grande famille ?
anti
Ecrit par : anti | 18 août 2010
Mmmm la rencontre a du être effectivement très belle et enrichissante. Les quelques articles que j'ai lus de lui dans "Le monde des religions" sont toujours un vrai régal de clarté et de savoir : un beau partage.
"soirée à propos de laquelle je devais faire - et ferai sans doute - un article"
Si tu peux et si tu as le temps, ce sera j'en suis certaine plein d'enseignement.
Ecrit par : Miss You | 18 août 2010
Voilà, je l'ai lu "Le Secret" hier. En ce qui me concerne, c'est une déception, une petite déception, mais une déception quand même.
Le style d'histoire aurait pu me plaire car cela ressemble à du Georges Sand mais malheureusement sans la grâce de la langue.
L'intrigue se passe dans la nature certes, mais je n'ai pas été émue une seule fois comme ça a été le cas dans "Les secrets du jaguar" ou encore dans "Le don de Qâ".
Le livre aurait gagné à être relu et corrigé. Des passages comme celui qui suit, bourré de répétitions, pauvre en vocabulaire, sans rythme dans les phrases, m'ont donné tout de suite envie de reposer le livre :
"Cela lui valu bien des tracas avec les enfants de la petite école communale. La situation avait dégénéré lorsque Pierre entrait dans sa onzième année. Il avait montré à un camarade un magnifique essaim d'abeilles, niché dans la souche d'un vieil arbre déraciné. Il observait depuis plusieurs semaines l'activité des abeilles et avait déjà réussi à s'approcher délicatement de l'essaim qu'elles l'avaient laissé regarder la ruche, dégoulinante de miel, tournoyant autour de lui sans jamais l'attaquer. Le dimanche suivant, il fut traîné de force par une dizaine d'enfants qui l'attachèrent à un arbre situé à quelques mètres de la souche, à laquelle ils mirent le feu. Il aperçu des centaines d'abeilles (...) il portait de nombreuses traces de piqûres d'abeilles. (P.13)
Enfin, là est ma plus grande déception, ce livre de Frédéric Lenoir n'est pas spirituel et là... rien à faire, la spiritualité, c'est ce que j'attends d'un livre de Lenoir. Une œuvre de jeunesse loin, tellement loin de ce qu'il a fait depuis (et tant mieux !)
anti
Ecrit par : anti | 22 août 2010
Eh bien voilà, je viens de terminer le "Secret". C'est encore une autre lecture que j'ai faite par rapport à Miss et Anti. J'ai pu apprécier le bonhomme en interview et L'Oracle de la Luna est dans ma bibliothèque mais pas encore lu. J'abordais donc ma lecture sans attente particulière. J'ai avant tout trouvé un conte qui a pour thème la cupidité de l'homme. L'histoire est très simple, le décor bien planté et j'ai aimé sa façon d'"habiller" des personnages par petites couches successives. Un petit côté Maupassant dans sa façon de décrire les travers de l'âme humaine. En bref, un petit livre sympa sans prétention mais auprès duquel j'ai passé un agréable moment.
A propos de la simplicité du texte, j'aime bien ce que dit Eric-Emmanuel Schmitt dans ces notes à la fin de Concerto à la mémoire d'un ange (il y fait une comparaison entre le roman et la nouvelle):
simplisme: l'ignorance des complexités
simplicité: les difficultés résolues
Je vous recommande la lecture de son dernier recueil de nouvelles. Quatre histoires qui ont un lien entre elles: sainte Rita qui va offrir aux personnages un choix de vie, entre la lumière ou l'ombre, selon qu'ils percevront ou non la possibilité de changer leur destin. Passionnant.
Ecrit par : valentine | 30 août 2010
Merci de vos avis et commentaires.
Drôle comme chacun(e) cherche et trouve (ou pas d'ailleurs) des choses différentes dans un livre.
Parfois, le livre va réussir à rassembler autour de lui des attentes communes à plusieurs lecteurs et/ou des et des espoirs particuliers à chacun.
Cet Eric-Emmanuel Schmitt est sur la liste des "à lire".
Chaque fois que tu l'évoques Valentine, j'ai envie de m'y plonger : ça ne tardera plus ;-)
Ecrit par : Miss You | 30 août 2010
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