14 septembre 2010
« Fleuve Congo, ligne de vie » par Cédric Gerbehaye
Parmi les photographes invités à Visa pour l’Image à Perpignan cette année, il y a Cédric Gerbehaye de l’Agence Vu.

En argentique et en noir et blanc, il révèle « son » fleuve Congo.
Une immense ligne de vie qui traverse la République démocratique du Congo et charrie ainsi les rêves évanouis de l'ex-Zaïre.
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Long de 4 700 km,
le fleuve est navigable sans interruption sur 1 700 km
entre Kisangani et Kinshasa.

Cédric Gerbehaye en connaît les moindres méandres,
explorés à bord d'une barge à bout de souffle.
Il y a séjourné à sept reprises entre 2007 et 2010.

Brume, rouille et fumée.
Guidé par un sémaphore humain juché sur un amas de troncs,
le pousseur Kotakoli entreprend l'accostage d'une barque à Lileko.
Dix jours durant, on chargera des grumes, acheminées ensuite jusqu'à Kinshasa.
Là, la cargaison de bois sera livrée aux scieries locales ou exportée.

Le ballet ancestral et périlleux des pêcheurs wagenias,
près des chutes du même nom, en amont de Kisangani, l'ex-Stanleyville.
Dans l'écume et le tumulte,
ces funambules perpétuent une technique unique au monde :
ils glissent à l'aplomb des rapides
sur des échafaudages de minces troncs unis par des lianes
pour poser et relever les nasses.

Un baptême par immersion, le jour de Noël.
Cousines des communautés évangéliques américaines,
les églises de Réveil de l'ancien Zaïre,
souvent animées par des "pasteurs" futés et cupides,
font leur miel du désarroi des humbles.

Au terme d'une journée de labeur,
un employé de la Gécamines- Générale des Carrières et des mines-
improvise une douche sous un filet d'eau,
sur le site de Likasi, dans la province de Katanga.
Autrefois connu sous le nom de Jadotville,
ce haut lieu du cuivre congolais demeure l'un des fleurons du colosse sur le déclin
qu'est la Gécamines, société d'Etat fondée en 1967
en lieu et place de l'Union minière du Haut-Katanga.

Borsalino ou chapeau de cow-boy, guitares...
Ici règne une ambiance de saloon ou de club de jazz.
Illusion d'optique: il s'agit d'une répétition des "Jecoke" de Lubumbashi.
Le répertoire des Jeunes Comiques du Katanga s'inspire des chants de mineurs.

Les archives de l'Onatra dans un bureau du port de Bumba.

Attente du chargement des grumes à Lileko.
La société Forabola y exploite cinq essences d'arbres.
Les employés mettront finalement dix jours
pour charger les différentes barges du convoi.

Comme l'Onatra (Office National des Transports) n'assure plus le transport des passagers,
ces derniers voyagent sur les convois de marchandises.
Ces photos sont signées Cédric Gerbehaye (Agence Vu) ;
elles demeurent la propriété de leur auteur.
Source photos et légendes
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Une intéressante interview de Cédric Gerbehaye pour Géo
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A lire aussi
"Laurent Nkunda, le général qui dit non",
un portrait de Laurent Nkunda, chef des rebelles au Nord-Kivu,
réalisé par Cédric Gerbehaye en juillet 2007.
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Sur le blog
• Visa pour l’Image
• Fleuve Congo au Quai Branly
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Miss You
13:45 Publié dans Miss Terre et bouts de blogs | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : photographie, visa pour l’image






Commentaires
J'ai pris un immense plaisir à parcourir ce magnifique voyage le long du fleuve Congo. Encore une fois, le noir-blanc sublime les scènes de vie. J'adooooooooooore et merci Miss pour cette découverte :-)
J'aime particulièrement la 4ème photo avec le sémaphore "vivant" et la photo des archives!!!
Ecrit par : valentine | 14 septembre 2010
Oui très beau parcours.. Tout y paraît immensément calme.. même les rapides!
le fleuve Congo, que j'ai rencontré à Brazzaville, était tellment large tellement puissant et rapide, qu'il en était hypnotique! j'en ai gardé un souvenir si vivant. à le voir, je comprenais mieux pourquoi on nous disait qu'il était dangereux de le côtoyer, qu' on y rencontrerai des sirènes qui nous engloutiraient avec elles.. et bien oui, j'ai senti l'appel du fleuve j'avais envie de m'y perdre, un vertige ce fleuve Congo à Brazza...
Ecrit par : sapotille | 14 septembre 2010
Avec grand plaisir mesdames :-) Ce fleuve me fascine, comme l'Amazone, sans que je sache l'expliquer.
Avant de découvrir qui était son auteur, j'ai vu la première photo en pensant qu'elle datait des années 50.
Ensuite, j'ai lu et appris qu'il s'agissait de photos de la décennie dernière.
Le choix du noir et blanc, le grain de la photo, les bateaux hors d'age, l'infinie dureté des conditions de vie et de travail des hommes... tout ça rend le rappel plus poignant, à l'heure de l'internet, des technologies de pointe : il y a des humains qui survivent avec rien ou si peu.
"j'ai senti l'appel du fleuve j'avais envie de m'y perdre, un vertige ce fleuve Congo à Brazza..."
Tu le dis bien Sapotille, j'y retrouve des échos que je connais !
Ecrit par : Miss You | 14 septembre 2010
Parmi tant d'autres , j'ai vu cette exposition à Perpignan. Les sujets, le continent, tout devrait faire l'unanimité dans ma tête et pourtant j'associe ce noir et blanc aux houillères et aux mines. L'Afrique est définitivement en couleurs dans mon imaginaire et mes souvenirs.
Ecrit par : Colors | 14 septembre 2010
Ah, tu mets le doigt pile dessus. Je trouve ces photos très belles mais quelque chose me dérangeait et je n'arrivais pas à formuler quoi exactement. Ben c'est ça : le dépaysement est total mais mentalement, on (je) n'arrive pas à y voir l'Afrique.
Il n'empêche, les photos sont remarquables.
Ecrit par : Anna Galore | 14 septembre 2010
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