28 septembre 2010

André Kertész, poète de l'image

J'avais évoqué la rétrospective qui devait lui être consacrée sur la note Automne 2010, saison photographique.

Ca y est, c'est parti !




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(Crédit photo)



Vingt-cinq ans après la disparition d'André Kertész, Paris consacre pour la première fois une grande rétrospective à ce maître de la photographie, poète de l'image au style singulier.



Plus de trois cents tirages

sont présentés jusqu'au 6 février

au Jeu de Paume

à Paris.



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Ils retracent plus de soixante-dix ans de la carrière de Kertész (1894-1985), depuis sa Hongrie natale jusqu'à New York, en passant par le Paris de l'entre-deux-guerres. "Il s'agit de la rétrospective la plus complète jamais organisée" sur le photographe, déclare à l'AFP Michel Frizot, un des commissaires de l'exposition.

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"Elle présente pour l'essentiel des originaux ou des tirages réalisés par l'artiste lui-même. Nous avons obtenu des prêts de grands musées, notamment américains, et de collectionneurs privés", souligne Marta Gili, directrice du Jeu de Paume.

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Andor Kertész naît à Budapest dans une famille de la petite bourgeoisie juive. Sa mère, qui tient un modeste salon de thé, lui offre un appareil photo. Il a 18 ans. Et travaille comme employé à la bourse. Ses premières photos révèlent déjà un style singulier. "Le nageur sous l'eau" (1917) surprend par sa fulgurante modernité.

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Afin de pouvoir vivre de sa photographie, Kertész part pour Paris en 1925. Il ne parle pas français et ne le parlera jamais bien. Tout comme l'anglais plus tard. Il n'est à l'aise qu'en hongrois. Il fréquente la communauté artistique hongroise, notamment à Montparnasse.

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Se distingue par des photographies étonnantes comme "Satiric dancer" (1926) où il demande à une danseuse, allongée sur un canapé, de prendre la pose d'une sculpture. Pour évoquer le peintre Mondrian, il photographie ses lunettes et sa pipe. Une évocation plus puissante qu'un simple portrait.

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Il excelle dans l'art du recadrage. D'une photo assez classique où il pose avec son épouse Elisabeth, il va petit à petit resserrer l'image. A la fin, il ne reste plus que la moitié du visage de la femme aimée et sa propre main posée sur son épaule. Bien plus intense que la photo initiale.

Ses photos de distorsions du corps féminin - une commande - étonnent par leur audace et leur côté surréaliste. Même s'il ne se sent pas du tout proche de cette mouvance artistique. "Sentimental, émotif, solitaire, indépendant, Kertész ne s'inscrit dans aucun courant", relève Michel Frizot.

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"Ma photographie est vraiment un journal intime visuel", disait le photographe. "J'interprète ce que je ressens à un moment donné, pas ce que je vois", soulignait-il. Une banale fourchette posée sur une assiette devient sublime. Ses reportages parisiens commencent à lui valoir une reconnaissance.

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En 1936, il décide de quitter Paris pour New York, l'agence Keystone lui ayant proposé "un contrat censé lui apporter la célébrité", selon M. Frizot. Ce sera le grand malentendu de sa vie. Il rompt au bout de quelques mois avec Keystone mais reste aux Etats-Unis.

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Il se sent comme le "Nuage égaré" (1937) qui vient buter sur l'arrogant Rockefeller Center. De cette incompréhension, de ce déracinement culturel, naissent des photos douloureuses sur New York.

Devenu citoyen américain en 1944, le photographe gagne sa vie en travaillant pour un magazine de décoration. La retraite, au début des années 1960, sonne comme une libération.

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Il revient sur son oeuvre antérieure, voyage en Europe.
Comme une nouvelle jeunesse.
Il meurt à New York en 1985, un an après avoir légué ses négatifs et ses archives à la France.


Il était temps qu'elle lui rende hommage.







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Miss You

Commentaires

Magnifique, j'ignorais tout de ce photographe. Merci Miss !

Ecrit par : Adele Riner | 29 septembre 2010

Avec grand plaisir :-)
Il fait partie de mes photographes préférés et pourtant, je n'arrive toujours pas à prononcer son nom ! je l'avais découvert avec le "nuage égaré" et depuis je me régale à chaque nouveau cliché que je rencontre. J'adore les angles qu'il choisit.

Ecrit par : Miss You | 29 septembre 2010

Pour le plaisir de découvrir d'autres clichés de cet artiste poète, voici le lien vers un diaporama de Libé http://www.liberation.fr/culture/11011062-andre-kertesz-poete-de-l-image

Ecrit par : Miss You | 18 octobre 2010

Ta note du jour Miss me permet un retour sur ces magnifiques photos que je découvre. Merci :-)

Ecrit par : valentine | 12 janvier 2011

Je suis fan :-)

Ecrit par : Miss You | 12 janvier 2011

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