13 janvier 2011
« Un monde oublié » de Claude Dityvon
Vous connaissez Claude Dityvon ?
Moi pas, avant de découvrir, sur la page Next de Libération, le diaporama qui lui est consacré à l’occasion de l’exposition à la Maison de la photographie Robert-Doisneau de Gentilly jusqu’au 30 janvier prochain.
Et j'aime vraiment beaucoup !
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Usine de charbon
Brest, 1974
Le thème de l’homme au travail est récurrent dans l’œuvre de Claude Dityvon.
Dès 1967 et 1968, il l’aborde magistralement à travers deux grands sujets, la pêche au chalut et les mineurs, puis jusqu’à la fin, il ne cessera de s’y intéresser, réalisant de grandes séries personnelles comme celle consacrée à la construction de la Bibliothèque nationale de France en 1993.

Construction de la Bibliothèque Nationale de France
Paris, 1993
Pourtant, comme beaucoup d’aspects de son travail, celui-ci reste peu connu, voire totalement inédit. Une première série de photographies sur ce thème a été présentée en 2005 au festival Visa pour l’Image de Perpignan et elle a été largement complétée pour concevoir l’exposition proposée aujourd’hui.

Jeune mineur
Lens, 1968
Couvrant presque l’intégralité de sa carrière, de 1967 à 2005, et comportant de nombreuses photographies jamais exposées, cette imposante sélection souligne l’exceptionnelle modernité du photographe qui se traduit par des effets totalement nouveaux – choix des cadrages et des angles de vues, constructions faites d’ombre et de lumière, jeux de reflets - dans un genre qui se contente généralement d’un simple constat documentaire.

Marée noire du Torrey Canyon
Perros-Guirec, 1967
Elle révèle également une véritable empathie de Claude Dityvon envers ces hommes laborieux qu’il respecte et dont les « regards fraternels » le touchent.
En créant des images pleines de mystère et de poésie, où les corps semblent parfois animés par une véritable chorégraphie, en jouant de la lumière et des contre-jours qui magnifient leurs gestes, il rend à ces hommes un magnifique hommage photographique.

Les Halles
Paris, 1967
Claude Dityvon invente des espaces dans lesquels il inscrit des signes qui lui sont propres, il organise à sa manière la réalité et exprime ainsi l’un des principes qui régit son travail : « Dans le corps, il y a tout le langage des significations de ce qu’est l’homme. Sa gaucherie, sa légèreté, sa lourdeur, son volontarisme.

La SFAX, usine métallurgique
Chalon-sur-Saône, 1970
On apprend beaucoup de l’homme quand on sait regarder son corps. »
L’effort, la fatigue, la fierté, l’inquiétude ou la tension sont palpables parfois dans ces images, mais celles-ci demeurent pourtant intemporelles, le symbole ayant supplanté le simple témoignage.

Chantier de réparation de péniches
La Bassée, Nord, 1990
Sans nostalgie ni pathos, le « monde oublié » de Claude Dityvon nous livre un regard original sur le monde du travail propre à éveiller nos émotions et nos réflexions.
Texte signé Annie-Laure Wanaverbecq
Source photos Libé Next
© Claude Dityvon
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« Dityvon s’en va »
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« Tout en recherchant l’épure,
j’essaye de transmettre et de donner de l’émerveillement, de la beauté,
aussi infime soit-elle ! »
(Claude Dityvon)

Retour de pêche
Zanzibar, 2001
Miss You
11:15 Publié dans Miss Terre et bouts de blogs | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : photographie







Commentaires
Je retrouve de l'Irving Penn dans sa manière de mettre en valeur les hommes et leur outil de travail, un grand sens de l'esthétique et du cadrage. Plusieurs photos me bluffent: la construction de la Bibliothèque Nationale de France où il transforme des cylindres en véritable oeuvre d'art, la marée noire du Torrey Canyon et la dernière, tellement vivante avec ces corps en mouvement. L'art de transformer le banal en subliminal que seul le noir-blanc révèle à mon avis! Merci Miss pour cette nouvelle découverte :-)
Ecrit par : valentine | 13 janvier 2011
Des photos vraiment remarquables, en effet. L'usine de charbon, le Torrey Canyon et ce visage de mineur... Je rejoins Valentine sur sa remarque concernant l'utilisation du noir-et-blanc, qui donne une intensité particulière à ces scènes comme c'est aussi le cas chez bien d'autres grands photographes.
Ecrit par : Anna Galore | 13 janvier 2011
Ah je suis bien contente qu'elles vous plaisent : pour moi ça a été un énooooooorme coup de coeur.
J'aime particulièrement celle de l'ouvrier qui répare une péniche avec dans le fond la petite fille qui s'est baignée dans le port, sans s'occuper des travailleurs : une jolie scène de vie où les mondes se croisent.
Ecrit par : Miss You | 13 janvier 2011
Très belle découverte. Des compositions et un graphisme parfaits. Le noir et blanc est tout à fait adapté aux thèmes.Je ne revendiquerai pas de couleurs cette fois ci !
Ecrit par : Colors | 13 janvier 2011
Mdrrr !
Ecrit par : Anna Galore | 13 janvier 2011
hé hé :-)
Ecrit par : Miss You | 14 janvier 2011
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