31 janvier 2011

Angèle et Tony

Une avalanche de très bonnes critiques, un monde que j’aime, une histoire d’humains, simples et compliqués à la fois, fragiles et forts, ….

Bien envie d’aller voir ce film !


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Synopsis



Un port de pêche en Normandie.

Angèle (Clotilde Hesme) a de bonnes raisons de se construire une nouvelle vie lorsqu’elle débarque dans celle de Tony (Grégory Gadebois), marin pêcheur en quête de sentiments.

Malgré le désir qu’il a pour elle, Tony garde ses distances. Angèle le cherche. Tony l’observe.

Trop belle, trop déroutante, il ne peut croire qu’elle est là pour lui…







Premières expériences
Le film est le premier long-métrage de beaucoup de membres de l'équipe, comme en témoigne Alix Delaporte : "J’ai voulu faire ce film avec Hélène Cases (et sa jeune structure Lionceau Films), parce que j’avais aimé faire mes deux courts avec elle, mais aussi parce que c’était son premier long-métrage en tant que productrice indépendante (...).

C’est aussi le premier film de Louise Decelle comme chef monteuse.

Pour Clotilde et Grégory, ce sont leurs premiers « premiers rôles ». Mathieu Maestracci n’avait jamais composé pour le cinéma auparavant, et c’est valable pour beaucoup de postes de l’équipe technique.

J’ai eu besoin de cette adrénaline là, de cet enjeu pour chacun, pour donner (...) au film, dans sa fabrication même, l’urgence que je cherchais dans l’histoire d’Angèle et Tony
."


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Vision du personnage en amont
Grégory Gadebois s'est régulièrement entretenu avec la réalisatrice en amont du tournage : " (...) une des grandes questions, c’était de savoir quelle moto aurait Tony. Je demandais : il gagne combien ? Ah, tant... Alors je disais : il peut avoir tel engin ou tel autre. Et puis je donnais la réplique aux comédiennes qui passaient des essais, puisque ce n’était pas encore Clotilde, à ce stade. J’étais tendu, je me disais : peut-être Alix va-t-elle changer d’avis, se rendre compte que le problème c’est moi, mais non, elle m’a gardé.".


Préparer le personnage
Clotilde Hesme a travaillé son personnage en amont, sur les conseils de la réalisatrice : "Au cinéma, la psychologie est presque devenue un gros mot, on a peur que cela enlève l’instinct, mais il y a, bien sûr, un travail sur la psychologie. Nous avons cherché, ensemble. Alix m’a demandé de revoir "True romance". De mon côté, j’ai revu "Wanda", et aussi "Sans toit ni loi" : des errances de femmes en lutte... De Patricia Arquette à Sandrine Bonnaire, on ratissait large ! Angèle est un personnage pointu, aigu. C’est une fille qui a une technique offensive de l’amour et de la sexualité. (...) Dans les autres films, les personnages étaient plus proches de celle que je suis dans la vie. "Les Amants réguliers", par exemple, est quasiment un documentaire sur nous-mêmes, nos vingt ans. Là, j’ai été un peu grignotée par ce personnage : après le tournage, je gardais des attitudes plus saccadées, plus nerveuses. C’est ma première composition.".


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Pas favorite
Clotilde Hesme n'était pas la favorite pour être l'héroïne du film, comme elle le raconte : "A l’époque, je ne devais pas être Angèle. Alix voulait travailler avec d’autres actrices, on s’était donné rendez-vous au film suivant. Mais elle avait une idée si précise du personnage que le choix était difficile. Au bout d’un an, elle est revenue vers moi : il avait fallu qu’elle accepte qu’Angèle ne ressemble pas précisément à l’idée qu’elle s’en était faite."


Une certaine vision du cinéma
La réalisatrice fait part de sa vision du cinéma, en privilégiant l'action : "J’aime l’idée qu’au cinéma tout soit sensation physique. J’ai du mal avec les films dont on dit : « tiens, c’est une belle idée », ou « c’est intéressant », les films où il faut réfléchir pour trouver ça beau. Ne jamais oublier l’action, ne jamais rendre un personnage flottant, mais se dire qu’il a un problème sur les bras, et qu’il doit le résoudre. J’ai envie que le spectateur soit emporté, qu’il ait envie, comme moi, de suivre le personnage. Mes parents me disaient : « quand tu vas au festival de Venise, tu mets une robe ». Dans cet esprit, je me dis : « quand tu fais du cinéma, tu mets de l’action »."


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Casting difficile
Le casting de l'héroïne principale n'était pas évident, comme le confie Alix Delaporte : "j’ai commencé un casting qui a duré trois mois. J’ai vu des filles plus simples, plus « réalistes » dans l’idée qu’on se fait d’une fille un peu larguée qui sort de prison. Tout ça pour me rendre compte que finalement, oui, elle était belle, oui elle était un peu plus âgée, mais chez aucune des actrices que j’avais vues, je n’avais trouvé cet air très enfantin qu’elle a et qui la rend si particulière. Et puis surtout, c’est elle que j’avais envie de filmer."


Une histoire de marins liée à l'enfance
Un auteur puise parfois dans son vécu pour écrire une histoire différente. C'est également le cas pour Alix Delaporte lorsqu'elle se souvient comment a commencé l'aventure Angèle et Tony : "Angèle était dans ma tête depuis longtemps, son histoire, sa personnalité. L’histoire m’est devenue évidente quand j’ai imaginé Angèle tomber amoureuse d’un marin pêcheur. C’est lié à mon enfance : ma mère et ma grand-mère sont nées en Normandie, non loin de Port-en-Bessin où se situe le film. J’y ai passé toutes mes vacances. J’ai toujours vu les pêcheurs comme des personnages romanesques."


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Embellir les héros
Alix Delaporte raconte sa vision des personnages, et la façon dont elle les a techniquement mis en valeur : "C’est dans cet esprit que j’ai travaillé avec Claire Mathon la chef op’ : les magnifier, en faire des héros. Les filmer dans leur quotidien, mais les embellir, grâce à la lumière, grâce aux filtres qu’on a choisis et qui amenaient de la douceur sur les visages."


Retrouvailles
Clotilde Hesme avait déjà tourné pour la réalisatrice Alix Delaporte dans le court-métrage Comment on freine dans une descente ? (2006). L'actrice raconte sa première rencontre avec la réalisatrice : "J’ai rencontré Alix Delaporte quand elle est venue chercher des comédiennes au Conservatoire pour son deuxième court-métrage, Comment on freine dans une descente. Nous étions plusieurs à passer des essais : elle m’a fait danser et monter sur une table sur une chanson de Marilyn, déjà là, elle me demandait de dépasser ma pudeur et ma timidité".







Bonne séance !

Miss You

Commentaires

film MERVEILLEUX, plein d'humanité, de solidarité, de compréhension de l'autre, de pudeur et surtout un grand film d'amour.
On ressort grandit par ce que l'on peut s'identifier aux HEROS. Bravo aux deux acteurs principaux, bravo à tout le casting, et enfin FELICITATIONS a Alix Delaporte la réalisatrice. La finesse de film, est du même ordre de grandeur que la "Leçon de piano"! et ça n'es tpas peut dire !! j'irais le revoir avec mon épouse merci encore Claude fortin

Ecrit par : fortin claude | 31 janvier 2011

Mmmmm Merci pour cette critique enthousiaste, elle me conforte dans mon idée d'aller le voir. J'espère en sortir aussi émerveillée.

Ecrit par : Miss You | 31 janvier 2011

Vu hier soir (c'était moins une que je ne le rate, il ne reste pas longtemps à l'affiche).
Un vrai plaisir !

Des héros tout simples, des vrais gens, le monde des marins pêcheurs, des solitudes aussi désespérées que pudiques, une région Port en Bessin joliment filmée et qui ressemble terriblement à la Bretagne proche, de très beaux silences, des regards qui en disent long, de la pudeur, la mer, la solidarité, l'ouverture à l'autre, quel que soit son problème, son secret, son côté sombre, et par-dessus tout, au delà de tout : la confiance, celle qu'on donne et aussi celle qu'on reçoit comme un cadeau si beau qu'on n'est pas sûr de le mériter. Précieux.
La confiance qui fait que la vie est plus douce, plus belle aussi.

En sortant de la séance, j'avais envie de longer la côte pour voir revenir les bateaux...

Ecrit par : Miss You | 25 février 2011

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