04 février 2011

Matisse et la gravure


« Matisse et la gravure »

Fondation Mona Bismarck
34, av. de New-York (XVIe)
Tél. : 01 47 23 38 88.
Horaires : du mar. au sam. de 12 h à 18 h 30

jusqu'au 15 février prochain

Entrée libre



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Depuis son renouveau au XIXe siècle, l’estampe est la malaimée de l’art des images, peut-être parce que ses œuvres sont rarement uniques, mais surtout parce que, en général, on la croit bornée à l’imitation de la peinture.


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« La Frégate »



Rien de plus injuste, comme le signalait déjà Eugène Delacroix, qui pratiquait brillamment l’une et l’autre : « La langue du graveur ne consiste pas seulement à imiter les effets de la peinture, qui est comme une autre langue ; il a sa langue à lui. »

Ce préjugé explique pourquoi Henri Matisse, célèbre comme peintre, comme dessinateur et comme sculpteur, est à peine connu comme graveur, alors qu’il a gravé près de 900 estampes et appliqué cette technique à l’illustration de plus de 80 livres.


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« Bédouine »



Pourtant, la seule exposition rendant compte en France de l’ampleur et de l’originalité de cette impressionnante production a eu lieu à la Bibliothèque Nationale en 1970.

Grâce à l’amicale et compétente collaboration de Barbara et Claude Duthuit, la Mona Bismarck Foundation est aujourd’hui à même de présenter plus de 100 estampes gravées par lui, depuis ses débuts jusqu’à sa mort en 1954. Elles ont été choisies pour refléter ce que cette « langue » devient entre ses mains « à lui ».


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« Marguerite IV »



Le visiteur se verra confronté à des planches qui n’imitent presque jamais les peintures et dessins du maître, mais dialoguent avec eux, tantôt les contestant, tantôt les développant. Ce que les dessins et les tableaux n’achèvent pas ou effacent, les gravures le complètent ou le prolongent. Elles ne sont guère handicapées par l’absence des couleurs, puisque Matisse a le don rare de faire que le noir fonctionne comme une couleur.


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« Masque blanc »



Alors que la peinture l’oblige à sacrifier – sauf s’il dispose d’un appareil photographique – les modifications successives du tableau, la gravure lui permet de les conserver. Du visage réaliste d’un modèle ou d’un ami qui, pour n’être plus qu’un contour ovale vide, n’en reste pas moins reconnaissable, le peintre nous fait passer par tous les états du sujet, comme il excelle à transformer un portrait en masque ou une danseuse en un ballet d’arabesques abstraites ; ou encore à métamorphoser la Parisienne lisant un livre dans sa chambre d’hôtel en odalisque alanguie sur son sofa – autrement dit : du réalisme en décoration.


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« Grand nu »



Tout cela – et bien d’autres expériences – est possible parce que Matisse use du plus léger, du plus simple, du plus adaptable des instruments : le trait. Tout au long de sa carrière, Matisse n’a cessé d’en souligner l’importance à ses amis : « Il s’agit d’apprendre et de réapprendre une écriture qui est celle des lignes. »


Ainsi l’estampe aura fourni à Matisse le terrain privilégié où travailler à l’invention et à la réinvention de cette écriture et du langage qu’elle engendre. C’est à la découverte de ces lignes et de ce langage que la Mona Bismarck Foundation nous convie.



Source Texte et reproductions : Mona Bismarck Foundation

© Michael Matisse pour toutes les photographies des estampes de H. Matisse
Tous droits réservés
© Succession H. Matisse pour toutes les œuvres de l’artiste, 2010




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« Grande vierge »



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A lire :
La critique de Sophie De Santis pour le FigaroScope


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A regarder :
La chronique de Télématin d’aujourd’hui




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Commentaires

On a vu la chronique de Télématin au réveil, plutôt bien faite, avec une interview de l'un des petits-fils de Matisse. La chroniqueuse insiste sur la discipline que s'imposait Matisse de refaire à l'infini des traits, des courbes, des motifs à l'instar de la calligraphie, jusqu'à maîtriser totalement le geste minimal qui va tout exprimer avec une précision totale.

J'adore "Grand nu" et son ambiance créée par à peine quelques lignes parfaitement posées.

Ecrit par : Anna Galore | 04 février 2011

"refaire à l'infini des traits, des courbes, des motifs à l'instar de la calligraphie, jusqu'à maîtriser totalement le geste minimal qui va tout exprimer avec une précision totale"
Oui, au point de pouvoir les faire les yeux fermés, impressionnant !

"Marguerite" me fait penser aux visages de Cocteau, le nez surtout, grec.

Ecrit par : Miss You | 05 février 2011

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