19 mars 2011
Miró, sculpteur-poète
Faute de temps, j’avais (trop) rapidement mentionné cette exposition au musée Maillol au bas de la note « Le langage de Joan Miró ».
Aujourd’hui, j’ai envie d’y revenir de façon plus détaillée, parce qu’elle offre un regard particulier sur le travail et la personnalité de ce artiste que j’aime tout particulièrement, en mettant particulièrement en lumière ses talents de sculpteur et de céramiste.
Le musée Maillol rend hommage à l’oeuvre sculptée de Joan Miró.
Si l’artiste est universellement reconnu, ses sculptures n’ont pas fait l’objet d’une exposition à Paris depuis près de 40 ans.
Le musée réunit pour l’occasion 99 sculptures, 22 céramiques et 20 oeuvres sur papier.
Les oeuvres présentées proviennent en grande partie de la collection exceptionnelle de la Fondation Marguerite et Aimé Maeght.
Ses premières céramiques, réalisées avec Josep Llorens Artigas, datent de 1941-1945.
Peu après, Miró exécute ses premières sculptures en bronze.
En 1964, Joan Miró participe à la création de la Fondation Maeght où il trouvera enfin un lieu pour lequel il va créer des oeuvres monumentales.
La rencontre entre Joan Miró et Aimé Maeght fut essentielle. Pour la première fois la sculpture de Miró se trouve intentionnellement associée à l’architecture et à la nature, pour lui source infinie d’inspiration : il va ainsi créer spécialement pour la Fondation Maeght un jardin de sculptures et de céramiques monumentales, monde onirique qui peuple le « Labyrinthe », et qui rappelle que Miró n’est pas seulement peintre mais aussi sculpteur.
En 1974, dix ans après l’ouverture de la Fondation Maeght, le Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris a présenté un ensemble de sculptures de Joan Miró.
Presque 40 ans plus tard, le musée Maillol resitue Miró dans cette perspective et rend hommage à ce grand artiste, qui tout comme Picasso, fut peintre et sculpteur.
« Il me faut un point de départ,
ne serait-ce qu’un grain de poussière ou un éclat de lumière.
Cette forme me procure une série de choses,
une chose faisant naître une autre chose.
Ainsi un bout de fil peut-il me déclencher un monde. »
Joan Miró
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J’ai vu naître le Musée Maillol avec la même énergie et la même fougue qui ont animé ma famille lorsque, petite fille, j’ai vu naître la Fondation Marguerite et Aimé Maeght — inaugurée le 28 juillet 1964 — et le Musée Maillol – Fondation Dina Vierny — inauguré le 20 janvier 1995. Nos deux Fondations sont nées de la volonté et de l’amour de deux familles pour l’art et les artistes.
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Par cette exposition, j’espère révéler qu’une partie de l’oeuvre de Joan Miró peut être plus secrète. La sculpture pour Joan Miró est une recherche sans cesse renouvelée, il assemble des objets pour en faire des oeuvres/poésies comme le poète assemble les mots. Les titres des sculptures sonnent comme des haï-ku, « L’horloge du vent », « Jeune fille s’évadant », « Monument dressé en plein océan à la gloire du vent », « Les Trois cheveux magnétiques de la belle blonde attirent les papillons », …
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A travers l’exposition « Miró sculpteur » au Musée Maillol, j’ai voulu remettre en question le Miró que le public connaît ; exposer non pas l’artiste des Constellations, des Intérieurs hollandais ou des monochromes mais l’artiste sculpteur dans sa gestuelle créative.
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Du bronze, Joan Miró va chercher la « noble patine qui va du noir au rouge sombre, en passant par de larges zones à la tonalité verdâtre » ou « une patine riche et très personnelle, pleine de magie » ou encore « la pureté qui garde le pouvoir de suggestion et la puissance primitive des sculptures ». Pour Miró les patines sont des équivalents de la peinture, il travaille directement à la fonderie et réalise parfois lui-même les patines sur le bronze qui, par sa main, devient oeuvre peinte.
Dès sa rencontre avec mon grand-père, le travail de Miró sculpteur prend une autre dimension.
En effet, dès lors, il crée des oeuvres pour être fondues.
Tout d’abord nées de son imagination tels « L’Oiseau solaire » ou « L’Oiseau lunaire », il reprend l’idée des « assemblages d’objets bruts » nés de ses promenades pour trouver ces « presque rien » qui, associés par la main de l’artiste, deviennent des sculptures-poésie.
Extraits du texte d’Isabelle Maeght publié dans le catalogue de l’exposition

(source)
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A lire : l'article du Nouvel Obs « La poésie des sculptures de Miro »

(source et ©)
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D’autres sculptures de Miró sur le blog : « Miró en son jardin »

Assemblage
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Très belle exposition à tous !
Miss You
11:15 Publié dans Miss Terre et bouts de blogs | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : sculpture, miro, céramique, fondation maeght












Commentaires
MIRO est très intéressant ! amicalement
Ecrit par : baladouvoyage | 19 mars 2011
Miro est un des rares artistes abstraits que j'affectionne particulièrement car il y a toujours un vrai souci de la composition et une cohérence graphique, avec des lignes d'énergie, que ce soit en 2D ou en 3D.
Ecrit par : Netsah | 19 mars 2011
Coucou Baladou :-)
Ecrit par : Miss You | 19 mars 2011
Merci Netsah de cet éclairage de pro, qui explique ce qui pour moi n'était qu'un ressenti : le funambule, en équilibre et en marche.
Ecrit par : Miss You | 19 mars 2011
Ce que j'aime chez Miro, comme chez Kandinsky d'ailleurs, c'est la couleur de la géométrie et inversement, la géométrie de la couleur. Ça me fascine.
"baladouvoyage"
Mdrrr ! Après plusieurs années que tu fréquentes le blog je crois, je viens de comprendre ton pseudo ! Balade ou voyage... Je lisais Baladou voyage et je trouvais ça très mimi. J'suis grave !!!
anti, grave besoin de repos.
Ecrit par : anti | 19 mars 2011
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