19 juin 2011

Brancusi et Serra à Bâle

Amis helvètes et visiteurs de passage ? A vos baskets !

Ce dialogue, à la Fondation Beyeler, des deux sculpteurs -le maître de l'art moderne et son disciple contemporain- doit être un vrai régal.

A ne pas manquer si vous êtes dans la région d’ici le 21 août prochain ;-)





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Muse endormie de Constantin Brancusi
(© 2011, Adam Rzepka/© Collection Cen)




La Fondation Beyeler consacre sa grande exposition d’été
à la création de Constantin Brancusi (1876–1957) et de Richard Serra (*1939),
deux sculpteurs majeurs du XXe siècle.

Né en Roumanie avant son installation définitive à Paris en 1904,
Brancusi peut être considéré comme fondateur de la sculpture abstraite
par son invention formelle réduite à l’essentiel.




"Olson", Richard Serra, 1986,
Collection de l‘artiste
© 2011, ProLitteris, Zürich




Quant à l’Américain Serra,
il a redéfini la sphère d’influence de la sculpture
par ses oeuvres minimalistes en acier qui intègrent directement le spectateur.

C’est en dessinant que Richard Serra a découvert Constantin Brancusi en 1964/1965.

Il séjournait à Paris grâce à une bourse d’études et se rendait tous les jours dans l’atelier reconstitué de l’artiste,
s’initiant peu à peu aux lois de la sculpture de Brancusi.



« La Négresse blanche » de Constantin Brancusi
© 2011, ProLitteris




Serra était fasciné par la façon dont Brancusi façonnait ses volumes,
dont il réussissait à appréhender la dimension spatiale par une conduite de lignes d’une extrême économie.
Ces commentaires s’ouvrent ainsi sur un élément biographique, sur une expérience artistique déterminante,
qui devraient faciliter l’accès à ces créations.




Intersection II,
sculpture de Richard Serra
au MOMA de New-York




Mais le véritable point de départ est infiniment plus vaste.

La mise en regard de l’œuvre de Brancusi, incarnation des débuts de la sculpture moderne,
avec une position contemporaine marquante nous a paru relever d’une véritable nécessité visuelle.

Des points communs étonnants, mais également des différences riches de tension, apparaissent
avec une grande immédiateté à travers l’expérience concrète de cette exposition.



Par Brancusi (Source)


Les œuvres de Brancusi et de Serra nouent ainsi un dialogue ouvert,
tout en constituant, en soi, une rétrospective concentrée de la création de chacun de ces deux artistes.

Un choix exemplaire d’une quarantaine de pièces de Brancusi fait face
à une sélection de dix sculptures et de plusieurs travaux sur papier de Serra,
qui permettent de reconstituer l’évolution, d’une cohérence magistrale,
de son idée de la sculpture au cours des quarante dernières années.



« Equal-Parallel/Guernica-Bengasi »
de Richard Serra,
sculpture de 38 tonnes à Madrid




C’est au demeurant la première fois que l’on peut voir en Suisse une rétrospective des sculptures de Brancusi.

L’exposition est subdivisée thématiquement en plusieurs groupes d’œuvres
et échappe à une disposition purement chronologique.




« Le baiser » de Brancusi
(Source)




C’est un jeu sans règles strictes que l’on découvre à travers les salles du musée.

Dans certains cas, les sculptures entretiennent un rapport direct et évident,
dans d’autres, on découvre des enfilades de salles exclusivement consacrées à l’un ou l’autre des deux artistes,
mais qui se conditionnent mutuellement à travers l’expérience visuelle qu’elles proposent.




« Verb list »
(Source)




Serra disait récemment à propos du travail de Brancusi :

« Je considérais son œuvre comme un catalogue de possibilités » —

et c’est également comme une somme de possibilités qu’il faut appréhender le dialogue artistique
qui se déroule au fil de cette exposition.


Présentation signée par la Fondation Beyeler


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Brancusi à son atelier
(Source)



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A lire aussi :



• « Brancusi et Serra : duo au sommet »

La riche note sur Serra sur le blog Archéologue.over.com

• Sur le blog : « Constantin Brancusi, l'esthétique de la simplicité »



“Promenade” de Serra
(Source)





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Commentaires

Une exposition qui donne envie.

J'admire depuis toujours Constantin Brâncuşi auquel j'ai d'ailleurs consacré un long article sur le blog il y a de cela quelques temps : "Constantin Brancusi, l'esthétique de la simplicité" :
http://annagaloreleblog.blogs-de-voyage.fr/archive/2009/01/07/constantin-brancusi.html

(à voir aussi par les personnes intéressées, le tag "Brancusi" qui existe sur le blog : http://annagaloreleblog.blogs-de-voyage.fr/archives/tag/brancusi.html )

"La simplicité n'est pas un but dans l'art, mais on arrive à la simplicité malgré soi en s'approchant du sens réel des choses"... disait l'artiste. Je me suis permis de reprendre ses mots pour parler du talentueux Robert Notenboom et sa poésie (http://annagaloreleblog.blogs-de-voyage.fr/archive/2011/05/18/a-l-embaumee-des-fleurs-r-notenboom.html). C'est tellement beau, de la beauté de la Vérité.

anti

Ecrit par : anti | 19 juin 2011

Oui, un très grand créateur, dont nous avons parlé plus d'une fois sur ce blog en effet, que ce soit dans des notes ou des commentaires.

Des photos de sa sculpture "Le baiser" au cimetière Montparnasse peuvent être vues ici :

http://annagaloreleblog.blogs-de-voyage.fr/archive/2010/03/20/le-temps-suspendu.html

Ecrit par : Anna Galore | 19 juin 2011

C'est amusant, quand j'ai vu la statue "Le baiser", j'ai tout de suite vu une déesse maltaise et il m'a fallu un moment d'observation pour réaliser ; en fait je voyais une photo "intruse" ! c'est absolument étonnant !

Ecrit par : terrevive | 20 juin 2011

Très admirative du travail de Brancusi, les dates de l'expo étaient déjà agendées dans "A n'oublier sous aucun prétexte". Je me réjouis de découvrir cette riche expo dans un lieu que j'affectionne particulièrement.

Puisque l'on parle beaucoup ces temps-ci des sculptures de Bernard Venet à Versailles

http://www.google.ch/url?sa=t&source=web&cd=1&ved=0CDEQFjAA&url=http%3A%2F%2Fwww.chateauversailles.fr%2Fles-actualites-du-domaine%2Fevenements%2Fevenements%2Fexpositions%2Fvenet-a-versailles&ei=Cgz_TfdPhLz5BrCZ5NoD&usg=AFQjCNF-BboWA-9s89GmycgzFlhm4Jvj8Q

j'y trouve quelques similitudes avec celles de Serra.

Ecrit par : valentine | 20 juin 2011

Je constate par les commentaires que Brancusi fait totalement oublier Serra. Je m'en réjouis .

Ecrit par : Colors | 20 juin 2011

Je me suis fait la même réflexion et idem pour la conclusion ;-)

anti

Ecrit par : anti | 20 juin 2011

Pareil !!! :-)

Ecrit par : Anna Galore | 20 juin 2011

Les liens manquants ont été ajoutés à la note.

Colors ? voilà qui est clair :-)

Valentine, tu nous raconteras, je suis curieuse de la "rencontre" de ces deux artistes, a priori si différents.

Ecrit par : Miss You | 20 juin 2011

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