14 juillet 2011

Juan Gris rime à Sète

C'est à Sète et c'est à voir !!








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Le cubisme fut sa religion unique. Et non pas une période, un passage, comme pour la majorité des peintres associés à ce mouvement fondateur de la peinture moderne.

Quand Picasso et Braque l’inventent, en 1907, Juan Gris est illustrateur de presse, un gagne-pain. Installé au Bateau-Lavoir à Paris, pépinière de l’avant-garde, ce jeune rapin espagnol de vingt ans assiste à la genèse des Demoiselles d’Avignon de Picasso. Il rejoint le cubisme en 1910 et le décline jusqu’à sa mort, précoce, en 1927.




Paysage à Céret, 1913
(source)




Juan Gris n’a laissé que 600 toiles, très dispersées. Ce qui explique sa rareté dans les musées, collections permanentes et rétrospectives. Réunir une cinquantaine d’œuvres significatives (toiles et dessins) n’est donc pas à la portée de tous les conservateurs.




« La guitarra », 1918
(source)





Maïthé Vallès-Bled relève ce défi au musée Paul-Valéry de Sète.

Non sans risque : l’exposition reste d’un format modeste, et le cubisme n’a jamais conquis les foules.

Trop froid, trop théorique. Il permet pourtant à la peinture de franchir un cap décisif ébauché par Cézanne.




« Portrait de Picasso »
(source)





"Il crée sa propre syntaxe plastique"






Maïthé Vallès-Bled : Juan Gris pratique un cubisme tempéré. Quand Picasso et Braque fragmentent radicalement le sujet, quand Duchamp le pulvérise et l’atomise, Juan Gris préserve une lisibilité, adoucissant les ruptures du “cubisme synthétique” dont il devient un chef de file.

Ses portraits, Arlequin assis, Le Tourangeau, Joueur de guitare, gardent une verve figurative.

Le titre de l’exposition, Rimes de la forme et de la couleur, indique son attachement à une poésie picturale, à des valeurs finalement classiques.

Aux coloris austères (marrons, bistres) des précurseurs du cubisme, Juan Gris préfère des tons vifs, télescopant des verts amande, des bleus lavande, des jaunes paille. Verre et journal (1916), un des plus beaux tableaux de l’exposition, est bien un hymne aux formes et aux couleurs.





« Verre, guitare et compotier », 1918
(source)




"Juan Gris crée sa propre syntaxe plastique et n’a de cesse de chercher à atteindre la perfection et l’équilibre entre la référence au réel et une architecture de l’œuvre ayant ses propres lois, son propre langage", analyse Maïthé Vallès-Bled.

Le peintre développe ce langage à travers des combinaisons de natures mortes (compotiers, cruches, cafetières, carafes, livres, pipes...) méticuleusement mises en scène, parfois un peu répétitives.





« Paysage avec maisons à Céret », 1913
(source)




Juan Gris souligne le silence des objets comme Chirico le fait avec ses paysages métaphysiques. Leur univers nait d’un imaginaire, rarement de la réalité. Magritte s’annonce aussi à travers l’étrangeté de certains portraits.





“L’homme au café”, 1914
(source)




Sur la fin, certaines de ces figures prennent des rondeurs géométriques : Le Tambourinaïre, Mère et enfant s’épanouissent en douceurs, loin du cubisme tranchant des origines.



Texte signé Jean-Marie Gavalda
pour Le Midi Libre





« Nature morte devant une fenêtre ouverte, place Ravignan », 1915
(source)




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A lire aussi :
« Musée Paul-Valéry : Juan Gris en pleines formes »


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Miss You

Commentaires

J'ignorais tout de ce peintre que je découvre ici grâce à toi Miss et je dois dire que j'aime beaucoup. Les associations de couleurs, les formes. On dirait des collages. J'aime particulièrement les paysages et maisons à Céret, l'ensemble est très joyeux. Ainsi que la dernière, peut-être à cause de l'appellation "Medoc" qui m'interpelle!!!

En plus, le musée en lui-même est des plus agréable :-)

Ecrit par : valentine | 14 juillet 2011

Je connaissais quelques unes de ses toiles, toutes en noir, gris et blanc.

J'ai découvert sa palette colorée en préparant cette note et j'avoue un gros coup de coeur pour l'ensemble.
L'impression de collages effectivement, et aussi : les alliances de teintes, la musique très présente, les paysages dans le désordre, le jeu des volumes et ses perspectives.

Sète et son musée Paul Valéry sont au programme de mon été ;-)

Ecrit par : Miss You | 15 juillet 2011

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