30 septembre 2011
Présence du chamanisme, courrier du 29 septembre 2011

Tossa del Mar - été 2011 - photo anti
J'ai le plaisir de reprendre ici les courriers de Jean-Gabriel Foucaud (pour voir tous les autres, cliquez ici). Voici le dernier courrier reçu : courrier du 29 septembre 2011.
Pour rappel :
La treizaine, c'est le système de relations entre les humains.
La saison échappe aux humains, la treizaine leur permet de s'adapter.
Dans le monde mexicain antique, aux périodes invariables des saisons se superposaient des treizaines (cycle de 13 jours), variables d'une année à l'autre. Ce découpage valable pour l'hémisphère nord permet de percevoir de manière fine les relations entre le monde humain (treizaines) et les saisons du monde naturel (tableau des saisons à venir dans un prochain article).
C'est seulement depuis une cinquantaine d'années que des citadins, déliés de l'observation des cycles de la nature, croient voir démarrer les saisons au moment de leur apogée (équinoxes et solstices). Il n'y a qu'à regarder la nature pour retrouver les véritables départs de chaque saison...
Quand on inscrit sa vie dans le cycle saisonnier, bonheurs et malheurs se relativisent. Bonheur = bonne heure, et malheur = male (mauvaise) heure. En ne se reliant pas aux cycles du vivant à venir et à ses forces de croissance et de régénération, on vit les yeux rivés sur son nombril et les blessures de la vie, faisant alors régner la douleur.
Aux saisons et aux treizaines, s'ajoute l'influence de l'année à laquelle on doit se relier dès le début sinon on traine un handicap jusqu'à la saison prochaine.
L'automne démarre timidement, mais démarre de fait au début du mois d'août. L'hiver débute, lui, au temps de la Toussaint et non à Noël.
Tossa del Mar - été 2011 - photo anti
La treizaine Vautour 23 septembre au 5 octobre 2011
Maîtres-mots :
constater le périmé, nettoyer avec patience et détermination, rénover les fondations.
Ce texte a été rédigé en tenant compte de la concordance de données issues des connaissances calendaires issues du Mexique pré-colombien et de nos observations depuis une quinzaine d'années.
Cette treizaine se trouve à cheval sur deux temps de l'automne : le temps Singe, centre de l'automne (7 au 24 septembre), et celui de la Maison, ouest ou automne de l'automne (25 septembre au 12 octobre).
Dans le découpage des saisons du Mexique ancien, le Vautour sert à décrire le moment stable de l'été. Il en est son axe, son centre, et nous permet du 24 juin au 11 juillet de calmer la folie de l'été, en nous faisant découvrir comment vivre au mieux les forces en jeu.
Période énergétique stable, on arrête de courir dans toutes les directions. Enfin, on se permet de trier au lieu d'accepter tout ce qui se présente à nous sans réfléchir comme cela a lieu en juin et juillet, cœur de l'été (et non son début !).
Toutes les caractéristiques du Vautour vont donc nous accompagner pendant cette treizaine, s'appuyant sur deux axes : stabilité et nettoyage. Mais intervenant en qualité de treizaine, il ne s'impose pas, il devient force accessible à intégrer et utile à piloter ce que nous impose le cours saisonnier.
Apprendre en compagnie du vautour.
Il plane au-dessus de tout. De son œil perçant, il quête avec ténacité et endurance ce qui lui sera utile. Lien entre le ciel et la terre, il est attentif à tout ce qui peut revivre, à ce qui peut passer de l'état de rebut à une utilité rénovée. Tout à ses sensations, il attend patiemment le moment de descendre vers son but.
Oiseau du crépuscule, c'est à l'orée de la nuit, lorsque le soleil se couche qu'il entre en action, allant chercher ce qui est caché pour le faire éclore au jour.
Symbole de l'été, donc du Sud, c'est de là qu'il descend pour effectuer le grand nettoyage (d'ailleurs ne l’appelle-t-on pas le grand nettoyeur ?)
Il se place au-dessus de tout et de tous, et c'est avec respect qu'on accueille sa venue et ses paroles.
Il est vrai que sa lenteur nous aide à prendre des décisions tranquillement. Porteur d'enseignements immémoriaux, il apporte confiance et sagesse. Profitons-en pour discerner le bon du mauvais, car en se calquant sur sa modération, notre jugement sera accepté ou s'améliorera de lui-même. A condition d'être porteur d'un puissante volonté de transformation.
Tossa del Mar - été 2011 - photo anti
Nous sommes en automne, saison des voiles et des brumes, la vue perçante du Vautour sera la bienvenue pour nous aider à y voir plus clair.
En tournoyant lentement et longtemps, il finit toujours par obtenir ce qu'il veut ou à trouver ce qu'il lui sera utile. Patience et observation objective sont de mise.
Traversé par l'esprit de nettoyer, mais aussi d'accumuler (il sait ingurgiter de grandes quantités afin de parcourir de longues distances), le Vautour est là pour nous enseigner le bon choix et l'esprit de précaution : ni trop, ni trop peu.
Agent transformateur du monde, surtout de ce qui a vieilli, il fait de la vie avec la mort, du neuf avec du vieux. Pour lui ce qui prime, c'est de prolonger la valeur présente dans l'ancien en la dépouillant de ce qui en encombre le déploiement.
En grand nettoyeur, il enclenche chez nous un processus de transformation. Arrive alors une énergie pratique qui demande de séparer, de distinguer, d'éloigner, de faire des sacrifices, de changer d'habitude si c'est nécessaire. C'est un véritable nettoyage des fondements qui s'offre à nous.
Il agit souvent seul, c'est donc dans la solitude, nécessaire pour accéder à un sentiment de responsabilité personnelle, que les problèmes se régleront au mieux.
Ne pas oublier sa stabilité. Toute énergie ainsi utilisée sera destinée à donner une direction dans le long terme. C'est donc le moment de repartir sur d'anciennes bases nettoyées et redynamisées.
Faisant partie des quatre signes stables à l'intérieur des saisons (avec Mort, Singe et Crocodile) c'est avec force et détermination qu'il va nous entraîner dans la transformation. Capable de tout faire fructifier, son pouvoir fécondateur nous aide. Attention, toutefois, à ne pas transformer la stabilité en rigidité !
Carte de fin, car le vautour est lié à la mort, avec lui on passe à autre chose. Son savoir raisonné nous conseille de le faire, si nécessaire, et d'être attentif à la façon de le faire.
Bon moment pour faire attention à ses perceptions et d'entrer dans le plus grand calme possible à l'intérieur de soi. Et à sentir quel bénéfice on retirerait de vivre ainsi le plus souvent.
Tossa del Mar - été 2011 - photo anti
Le Vautour est très bon orateur, il sera important de se dire qu'avant de parler on doit réfléchir, car deux écueils sont possibles, peut-être aussi de se méfier de séducteurs qui voient surtout leur utilité dans l'échange :
- le Vautour étant écouté respectueusement, on risque de partir dans l'erreur...
- le Vautour étant maître du feu transformateur, on peut alors s'emballer dans les échanges de paroles et faire monter un feu du cœur (il n'y a qu'à voir sa langue rouge vif appelée « bourgeon du cœur » en médecine chinoise). Sur la carte du tarot des anciens mexicains, son oreille, ornée d'une boucle, nous invite à une écoute attentive, et à calmer notre cœur ! (surtout quand on sait que le Vautour est aussi un grand séducteur prêt à enflammer le feu qui couve).
Dans le yi jing, l'hexagramme 16 (analogue de la place du Vautour dans le monde mexicain) correspond à l'enthousiasme. Alors calme, calme, calme!
Cette treizaine est propice à l'élargissement de notre conscience. Elle nous permet de nous fondre dans tout ce qui se rappelle à la vie. On se retrouve dans une position où il n'y a plus de frontière entre vie et mort, humain et divin, ancien et futur. Mais sans organisation, discipline et ancrage, l'agitation peut devenir stérile ou entraîner dans un état hypnotique. Se souvenir que la carte attachée à Vautour dans la roue de médecine se trouve être la Femme riche qui distribue des biens. La richesse, ça se produit ! Le Vautour nous aide à faire du neuf avec du vieux. Si tel n'est pas le cas, la Femme riche en distribuant des biens qui n'ont pas été crées, distribue l'illusion de l'éternité. Nous sommes en automne, le Vautour agit dans le registre de l'éternité, cette illusion ne peut que conduire à un état de manque.
Il est important de bien vivre la lenteur et les enseignements de prudence du Vautour. Il nous enseigne la fécondité de la solitude qui permet une écoute agrandie.
Cette prudence et cette patience produiront une plus grande souveraineté sur sa vie et à un rapport plus juste avec la matière. Bon nettoyage !!!
Francine Rousseau et J.G.Foucaud
14:00 Publié dans L'Univers d'Anti, Symboles et croyances | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : présence du chamanisme, jean-gabriel foucaud, chamanisme
Bâtir Ecologique 2011, c'est ce weekend
Salon National de la Construction Écologique et de l'Habitat Sain
30 septembre, 1er et 2 octobre 2011
La huitième édition du salon Bâtir Écologique ouvre ses portes aujourd'hui à la Grande Halle de la Villette. Salon pionnier, engagé et indépendant, Bâtir Écologique, est depuis huit ans le rendez-vous national de la construction écologique et de l'habitat sain, reconnu pour sa rigueur dans la sélection des exposants et pour la qualité de ses conférences.L'homme et l'environnement au cœur de l'habitat
A l'heure où la crise économique tient le devant de la scène, quelques tristes événements nous rappellent combien nous sommes dépendants des énergies grises ou nucléaires. Les solutions proposées sur le salon Bâtir Écologique apportent des réponses concrètes à la sobriété énergétique, par des approches novatrices de l'habitat, tant dans la démarche globale d'urbanisme que peuvent adopter les collectivités que dans l'organisation de filières comme en témoigne le programme des conférences.
Favoriser l'économie et valoriser les ressources locales
D'autres approches sont possibles, en replaçant l'homme au cœur du dispositif, en travaillant à l'utilisation de matériaux naturels locaux et en valorisant les ressources naturelles. Mais la construction, la rénovation ou la restauration des bâtiments, enjeu majeur des années à venir, ne doit pas se faire à n'importe quel prix. Les exposants, les conférences, les ateliers et les animations de Bâtir Écologique marquent leurs différences par, certes une approche environnementale forte, mais également par une prise en compte permanente de la santé des occupants.
Depuis sa création, il y a huit ans, Bâtir Écologique a souvent été précurseur dans les domaines de la santé, de l'approche environnementale de l'habitat mais également dans la prise en compte des aspects sociaux.
Bâtir Écologique : un salon ouvert à tous
Le vendredi 30 septembre sera dédié aux visiteurs professionnels et élus locaux avec un programme de conférences traitant les thèmes de la copropriété, de l'insertion, de l'écologie urbaine, ou encore d'offre globale de professionnels. Deux cycles d'ateliers, l'un à destination des collectivités territoriales, l'autre tourné vers les techniques constructives sont également organisés.
Les deux jours du week-end sont ouverts à tous les publics.
Au total, plus de 30 conférences et ateliers seront proposés au visiteurs. Des projections permanentes de films en lien avec l'habitat écologique et des démonstrations viendront rythmer les trois jours du salon.
Grande Halle de la Villette / Espace Charlie Parker - 211, avenue Jean Jaurès -75019 Paris
Métro Porte de Pantin
Organisation : OETHICS - Allée de la Croix Verte - 27110 Le Neubourg
Tél. 02 32 35 62 38 - contact@batirecologique.com - www.batirecologique.com
11:30 Publié dans Anna bloGalore | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ressources naturelles
Miroirs d’eau
Pour le plaisir et la sérénité qui s’en écoule, une petite série miroirs signée QT Luong, dont je vous avais montré le travail ici.
Très doux week-end les vous, partout !
Miss You
11:15 Publié dans Miss Terre et bouts de blogs | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : photographie
Abel Granier, écologiste visionnaire
J'ai appris hier par un ami la disparition d'Abel Granier, à l'âge de 95 ans. Authentique visionnaire de la cause écologique, Abel Granier a consacré les plus belles années de sa longue vie à implanter et à développer l'agriculture biologique en Tunisie, pays où il a vécu une grande partie de son existence.
En 1953, Abel et Jane Granier prennent en charge la ferme de Bordj-Tell en zone semi-aride dont les terrains collinaires érodés et ruinés par les monocultures céréalières et les labours incessants ne portent plus que des productions dérisoires entre ravins et sommets pierreux.
Ils traiteront et réhabiliteront ces terres en utilisant les connaissances de l’histoire de l’Antiquité tunisienne et méditerranéenne pour l’un et l’expérience de la biodiversité locale pour l’autre.
De 1953 à 1960, une forêt de 70 000 arbres est plantée, une oliveraie de 11 000 oliviers est installée, ainsi que des prairies de sulla et luzerne, un programme d’assolements sur 10 ans, la création d'un troupeau de moutons de race et la constitution d'une étable de vaches laitières. De 1965 à 1969, la ferme de Bordj-Tell est considérée comme un modèle agricole pour tout le Nord de la Tunisie. Elle est actuellement louée par l’État à des sous-exploitants.
En 2001 est créée l'Association Abel Granier qui a pour but de pérenniser son œuvre : créer une conscience agronomique dans la société qui ignore trop souvent d’où proviennent les aliments nécessaires à son existence et mettre à profit l’expérience acquise à Bordj-Tell en établissant les moyens d’une formation pratique pour communiquer les procédés culturaux expérimentés avec succès dans la réhabilitation des sols détériorés et fragiles. Ses membres sont répartis entre la France, l'Allemagne, la Suisse et la Tunisie.
Les plantes se nourrissent de la terre et je me nourris des plantes (Diderot)
Pour recréer un sol vivant à partir de terres épuisées par une agriculture intensive peu soucieuse de leur pérennité, il faut rétablir la biosphère en obtenant la réapparition de la matière organique sur un terrain dégradé, en restaurant un milieu favorable aux micro-organismes, partenaires des végétaux, et en assurant l'absorption des intrants et des eaux pluviales.
Seules des plantes soigneusement choisies peuvent rétablir la matière organique. Il existe en effet des plantes pionnières, riches en résidus azotés importés de l'atmosphère par leurs partenaires microbiens, des plantes dont les racines restructurent le sol et assurent la conservation de l'azote et des plantes capables de subir la sécheresse élevée du climat du Maghreb où l'association a l'essentiel de son activité.
A titre d'exemple, la luzerne établie entre les oliviers permet de nourrir des vaches et des chèvres qui assurent une production laitière. La luzerne apporte également de l’azote aux arbres, assure le couvert végétal protecteur pour éviter l’évaporation des eaux d’irrigation et restructure le sol permettant un meilleur enracinement des arbres. Les jeunes oliviers commencent dès lors à entrer en production dès la 3ème année de plantation.
Grâce à Abel Granier, un nombre croissant d'étudiants et de petits exploitants locaux ont appris à réhabiliter de façon écologique leurs sols dégradés et assurer un suivi de leur planning agricole. Son association va désormais poursuivre sa route sans lui pour pérenniser son magnifique travail au service de la Terre et des bienfaits qu'elle nous offre lorsqu'elle est respectée.
Très belle journée à vous

Site officiel : Association Abel Granier
08:30 Publié dans Accueil, Nature | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : ressources naturelles, biodiversité
29 septembre 2011
Bienvenue en Kalmoukie !

drapeau de la Kalmoukie
Connaissez-vous la Kalmoukie ? Je vous avoue qu'hier matin encore je n'avais jamais entendu parler de cette république, sujet de la Fédération de Russie, nichée au fin fond de l'Europe. C'est que j'ai reçu un message d'un ami m'invitant à visionner avant le 1er octobre prochain un documentaire consacré à ce pays pas comme les autres sur Arte et là...
Sanan Matvenov a tout juste 26 ans : depuis l'âge de 13 ans, il étudie l'enseignement du Bouddha. Avec sept autres moines âgés de 16 à 26 ans, il vit dans le temple d'or d'Elista, la capitale de la Kalmoukie. Les jeunes moines parlent russe, kalmouke et tibétain. Chacun d'entre eux a choisi cette voie pour une raison bien personnelle. Dans l'ex-Union soviétique, se réclamer du bouddhisme revenait à signer son arrêt de mort. Un parent de Sanan, lui aussi moine bouddhiste, a refusé de trahir sa foi et l'a payé de sa vie. A cause de cette tragique histoire familiale, la mère de Sanan souhaitait que l'un de ses fils entre au monastère : une vocation dont Sanan se montre digne.
Les Kalmouks forment une lignée occidentale des Mongols. Depuis le 17e siècle, ils occupent la steppe proche de la mer Caspienne. Après la Révolution de 1917, tous les temples et monastères du pays ont été détruits. Les lamas et les moines ont été assassinés ou déportés dans des camps de travail dont ils n'ont pu revenir qu'en 1956, après la mort de Staline. Jusqu'à l'effondrement de l'Union soviétique, il n'y avait quasiment plus de lamas en Kalmoukie et l'enseignement bouddhiste n'était plus transmis. Le monastère d'Elista a rouvert au début des années 90. Sanan souhaite faire revivre l'héritage bouddhiste de son pays. Il veut aider les gens de cette contrée arriérée à retrouver la voie de leurs ancêtres et ainsi alléger leur existence. Et il est résolument disposé à renoncer à bien des choses : " toute vocation exige son lot de sacrifices. Et quand je renonce en tout état de cause à vivre près de ma mère et de ma famille, à fonder un foyer, je sais que quelque chose de plus élevé est en jeu. J'aimerais surtout que les habitants de Kalmoukie se conforment d'avantage à un code moral, qu'ils reviennent aux vraies valeurs ".

Blason de la Kalmoukie
Comme ce fut le cas pour moi, je vous invite à découvrir ce petit pays de 300 000 habitants qui présente la particularité d'être la seule division administrative européenne (à l'ouest de l'Oural) dont la population est majoritairement d'ethnie mongole, les Kalmouks, et de religion bouddhiste (à noter que trois religions principales sont pratiquées en Kalmoukie : le bouddhisme tibétain, le christianisme orthodoxe et le chamanisme).
Le Dalaï Lama à Toulouse - été 2011Le 14e Dalaï Lama, Tenzin Gyatso, a visité la Kalmoukie en 1991, 1992 et 2004, notamment pour bénir le monastère de la capitale Elista construit dans l’intervalle de ses visites.
Bonus vidéo pour l'émission "Les moines bouddhistes de Kalmoukie"
Depuis l’âge de 13 ans, Sanan Matvenov étudie l’enseignement du Bouddha. Avec sept autres moines âgés de 16 à 26 ans, il vit dans le temple d’or d’Elista, la capitale de la Kalmoukie. Il est résolument disposé à renoncer à bien des choses...
Site officiel en anglais
sources Wikipédia
anti
14:00 Publié dans L'Univers d'Anti | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : pays de l'est, bouddhisme, geo
La Voie Lactée comme vous ne l'avez jamais vue
Terje Sorgjerd, le photographe qui avait déjà réalisé en stop motion (aussi appelé time lapse) une vidéo montrant des aurores boréales très diffusée sur le net, vient de mettre en ligne une nouvelle création absolument superbe : la Voie Lactée en mouvement, au-dessus de la plus haute montagne d'Espagne, El Teide.
Petit rappel : la technique du time lapse consiste à photographier une scène à intervalles de temps réguliers puis à assembler tous les clichés obtenus pour en faire une vidéo. Dans le cas de celle qui suit, les scènes de nuit ont été prises avec un temps de pause suffisamment long pour que toutes les étoiles qui parcourent notre ciel, celles de notre galaxie, soient visibles avec une précision incroyable.
Pour les plus fanas de photo d'entre vous, les prises de vue ont été réalisées entre le 4 et le 11 avril 2011, avec un boîtier Canon 5D Mark II équipé d'objectifs Canon 17mm TSE, Canon 16-35mm II, Canon 24/1.4II et Sigma 12-24mm.
Pour tout le monde, contentez-vous de regarder et de vous régaler. N'hésitez pas à agrandir l'image en plein écran, ça le mérite. L'accompagnement sonore n'est (vraiment) pas indispensable.
Enjoy...
11:30 Publié dans Anna bloGalore | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : stop motion, photographie
Vandana Shiva, la victoire des Neuf Graines
J'ai lu, que dis-je, j'ai dévoré le weekend dernier un livre passionnant de Lionel Astruc préfacé par José Bové. Il retrace les combats et les victoires de Vandana Shiva contre le pillage de la biodiversité, en particulier dans son pays, l'Inde.
Vandana Shiva est née en 1952 dans l'Uttar Pradesh, au nord de l'Inde, dans les contreforts de l'Himalaya. Son père, initialement ingénieur dans l'armée avec salaire confortable, avait tout plaqué pour devenir un modeste garde-forestier par amour pour sa mère, femme cultivée ayant choisi de devenir agricultrice par conviction philosophique. Très influencée par l'exemple de Gandhi qui filait son propre coton pour se vêtir, elle donnait à ceux qui s'étonnaient de son choix la même réponse que lui : "Pourquoi d'autres devraient-ils le faire à ma place?".
Le grand-père de Vandana a succombé à une grève de la faim lorsqu'elle avait 4 ans. Pour lui, l'instruction était la base de l'émancipation et il refusait l'idée dominante à cette époque interdisant aux femmes de suivre des études. Avec l'appui de tout son village, il avait alors cessé de se nourrir et de boire pour obtenir l'ouverture d'une école pour filles là où il vivait. Les dignitaires cédèrent, malheureusement trop tard pour qu'il puisse voir sa victoire. Aujourd'hui, l'école Chotty Ram existe toujours et accueille 3000 jeunes filles.
L'impasse du nucléaire
Vandana Shiva, profondément motivée par ces influences fortes, se lança dans des études brillantes et apprit la relativité et la mécanique quantique avec un professeur particulier pendant qu'elle suivait les cours de son collège. Arrivée à l'âge de 20 ans, elle était considérée comme une physicienne de haut niveau et grâce à l'obtention d'une bourse prestigieuse, devint au début des années 70 la seule femme employée à la Commission de l'énergie atomique indienne, aux côtés de l'élite du domaine. Jusqu'au jour où sa sœur Mira, qui s'était lancée dans la médecine, lui posa la question : "Sais-tu quels risques tu cours avec ce travail ? Sais-tu par exemple à quel niveau de radiations tu t'exposes ? Sais-tu que tu peux un jour accoucher d'enfants déformés si tu continues ?"
Avec une sincérité totale, Vandana alla directement poser ces questions à ses collègues, qui lui répondirent des banalités. Elle raconte encore aujourd'hui : "Je ne supporte pas que l'on fasse obstruction au progrès de la connaissance ! J'ai été profondément choquée mais aussi effrayée de voir que cette discipline en laquelle je croyais tant pouvait être à ce point instrumentalisée." Elle claque la porte de la Commission et quitte l'Inde pour le Canada, où elle se lance dans des études théoriques sur la mécanique quantique.
Enlacer les arbres
Elle avait entretemps rejoint un mouvement de femmes indiennes nommé Chipko, ce qui signifie "enlacer les arbres". Ce mouvement s'était créer spontanément en 1973 dans certains villages pour s'opposer à la déforestation de leurs terres menée par certaines firmes. Les femmes encerclaient de leurs bras les arbres par groupes de trois, malgré les intimidations et parfois les coups.
C'est de cette époque que provient une conviction profonde de Vandana : à ses yeux, les seuls "experts reconnus" de la Nature sont les paysans et en particulier les femmes qui connaissent chaque graine, chaque plante, chaque arbre, chaque écosystème dans tous leurs détails. En Inde, les femmes travaillent trois fois plus longtemps que les hommes dans une ferme et elles sont, là-bas comme ailleurs, les plus conscientes des nécessités fondamentales de la vie.
Ainsi est né le concept d'écoféminisme, central au reste de son action.
A peine sa thèse en mécanique quantique soutenue dans l'Ontario en 1978, elle revient en Inde pour agir au quotidien aux côtés de Chipko. Son premier succès est remporté contre une industrie minière qui détruit des collines et pollue gravement l'eau près de son village natal. Elle réunit tellement de données démontrant la nocivité des carrières en question qu'elle parvient à traîner l'entreprise minière en justice devant le Cour suprême de l'Inde et à la faire condamner. Le verdict stipule que "quand le commerce détruit la vie, alors ce commerce doit cesser et la vie continuer."
Les neuf graines
En 1987, elle assiste à un séminaire dont les médias n'ont jamais parlé. Il se tient à Bogève, village minuscule de Haute-Savoie. Il rassemble des représentants d'entreprises, d'associations, ainsi que des activistes et des scientifiques venus d'une vingtaine de pays, qui s'intéressent à l'impact des biotechnologies sur la santé et l'environnement dans le tiers-monde. Il s'agit du premier de tous les débats mondiaux sur les organismes génétiquement modifiés et la question des brevets sur le vivant.
Ce qui va lancer le vrai combat de Vandana Shiva, ce ne sont pas les déclarations des activistes mais des industriels présents. Ces derniers évoquent leurs plans pour développer les OGM et prendre le contrôle des semences par le dépôt massif de brevets. Ils ajoutent qu'une concentration de leurs entreprises sera indispensable pour qu'il ne reste que quelques multinationales hyper-puissantes. C'est exactement ce qui s'est produit dans les années qui ont suivi, avec entre autres le rachat de de presque tous les semenciers de la planète par Monsanto.
Dans l'avion qui la ramène en Inde, Vandana essaie de résumer les choses avec un graphique. Elle voit dans l'histoire récente de l'humanité trois révolutions majeures : la révolution industrielle, la révolution chimique et celle qu'elle entrevoit, la révolution des graines. Elle va poser les bases de son combat en ces termes : de quel droit allait-on empêcher les paysans de reproduire eux-mêmes leurs semences ? Et pourquoi devraient-ils payer ce que la Terre leur offre gratuitement ?
Dans les mois et les années qui suivent, elle va créer et donner de l'ampleur une association qu'elle nomme Navdanya, ce qui signifie en hindi les neuf graines mais aussi le don renouvelé. Ce nom fait référence à une coutume paysanne. Pour savoir quelles semences planter pour la saison à venir, ils plantent neuf graines dans un pot le premier jour de la saison et regardent celles qui se développent le mieux au bout de neuf jours.
Le but de Navdanya va être de collecter, protéger et reproduire les multiples semences anciennes connues de tout temps par les paysans et de faciliter leur diffusion à qui en veut, plutôt que de recourir aux semences industrielles de bien moindre qualité et qui, de plus, rendraient les paysans esclaves des multinationales. Ils sont aujourd'hui plus de 500 000 à bénéficier en Inde de ce système d'échange basé sur le partage.
Les autres combats
Vandana Shiva est rapidement devenue l'une des altermondialistes les plus connues, aux côtés de José Bové, Teddy Goldsmith (créateur en 1969 de la revue The Ecologist), Maude Barlow qui lutte depuis 1990 sur la préservation de l'eau et le rôle central de la femme, et Jerry Mander, auteur de nombreux livres contre la croissance depuis les années 70. Ils ont mené plusieurs combats ensemble, faisant plier Coca-Cola qui implantait des usines polluantes en Inde ou manifestant contre l'OMC à Seattle en 1999.
Le livre sur Vandana raconte bien d'autres histoires, plus passionnantes et porteuses d'espoir les unes que les autres, en particulier sur le rôle de Darwan, jeune assistant de Vandana devenu son plus proche second grâce à ses réussites remarquables auprès de paysans à qui il a redonné non seulement leur savoir ancestral mais leur dignité, après une vague de suicides effarante dans leurs rangs (40 000 en 20 ans), liée à la diffusion de semences industrielles et de pesticides qui finissaient par ruiner des familles par dizaines de milliers.
Je vous en recommande la lecture avec la plus grande force.
Très belle journée à vous
Vandana Shiva, victoires d'une Indienne contre le pillage de la biodiversité
Un livre de Lionel Astruc, préfacé par José Bové.
Editions Terre Vivante www.terrevivante.org
Prix : 18 €, 190 pages
ISBN 978-2-36098-043-7
Vandana Shiva sur Twitter : http://twitter.com/#!/drvandanashiva
Le site de Navdanya : http://www.navdanya.org
Les photos qui illustrent cet article sont tirées du livre.
07:01 Publié dans Accueil, Coups de coeur, Nature | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : ressources naturelles, biodiversité, femmes je vous aime, ogm, monsanto
28 septembre 2011
Zaza lilliputienne
Zaza vient de me faire parvenir ces photos très drôles de son dernier voyage au Pays des Géants.
Je ne sais pas vous, mais moi, ça me botte !
15:45 Publié dans Anna bloGalore | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : zaza
De la pizza au mur
Coup de cœur-sourire pour l’inventivité de certain(e)s, pour l’idée de départ, pour la réalisation et aussi et surtout pour l’effet rendu.
Et, puisqu'aujourd'hui, c’est mercredi, ce petit atelier créatif me semble plutôt bien tomber ;-)
Pour vous lancer, il faudra :
Une boite d’emballage à pizza

De la colle en spray

Des ciseaux et un cutter

Un rouleau de papier peint
(après avoir retapissé une pièce ou un mur,
il en reste parfois un mini bout qu’on n’a pas voulu jeter, au cas où… ),
ici il servira à recouvrir la boite de pizza.

*
Une fois tout ce petit matériel rassemblé, place à la créativité ;-)



Source Home-Dzine
Sympa, non ?
A vous de jouer !
Miss You
11:15 Publié dans Miss Terre et bouts de blogs | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Les seigneurs contre les saigneurs
Quand nous étions à Toulouse pour assister aux conférences du Dalaï Lama, nous avons arpenté plus d'une fois de tout son long la rue Bayard, notre hôtel étant à un bout et le centre-ville à l'autre. Il se trouve que j'ai vécu un certain temps dans cette rue lorsque je faisais mes études dans la Ville Rose il y un peu plus d'une trentaine d'années. Mais la plupart des repères que j'y avais n'existaient plus.
Une figure qu'on y croisait souvent était Walter Spanghero, grand rugbyman toulousain dans les années 60-70, un seigneur, un vrai. Ce géant au sourire débonnaire et à la popularité immense avait été surnommé l'Homme de Fer par les joueurs sud-africains qui ne sont pourtant pas des mauviettes. Il faut dire qu'ils devaient s'y mettre à six pour l'arrêter quand il fonçait vers l'essai.
Lorsqu'il a senti arriver la fin de sa carrière sportive, il a eu la sagesse de se retirer des stades en pleine gloire et il a monté une entreprise de location de voitures - installée initialement rue Bayard. J'avais bien sûr envie de la montrer à Anti mais malheureusement, elle n'était plus là.
Hier, au détour d'un article de la FLAC (Fédération des Luttes pour l'Aboliton de la Corrida) que m'a fait parvenir Anti, j'ai eu le plaisir de recroiser la route de Walter Spanghero.
Figurez-vous que Jean Nouvel, architecte pro-corrida, a eu le culot de faire un amalgame hallucinant entre la corrida et le rugby. La réaction n'a pas tardé. Il s'est pris un pack d'avants en pleine poire, à commencer par Spanghero qui a écrit ces mots :
"Je suis particulièrement surpris qu'on puisse faire l'amalgame entre le rugby et la corrida. Le Rugby est un sport de combat avec un respect ô combien sincère de l'adversaire. La corrida est une confrontation inégale entre une personne et un taureau qui tombe dans un piège. De ce duel il ne sort jamais vainqueur, car pour arriver à ses fins, l'homme affaiblit l'animal à coups de piques et lui sectionne les veines. Quelle lâcheté !!"
Le rugby étant un sport d'équipe, Spanghero n'est pas resté seul longtemps. Sébastien Chabal, pas du tout content d'avoir vu une photo de lui piquée en douce et détournée avec un masque de taureau au profit d'une propagande pro-corrida, en a remis une couche. Il a fait parvenir ce qui suit à la presse :
'Sébastien Chabal entend par ce communiqué protester vigoureusement contre l'utilisation - sans qu'il ait été informé d'aucune façon que ce soit - d'une image de lui pour l'affubler d'une tête de taureau afin d'assurer la promotion de la feria de Béziers.
Sébastien Chabal, qui n'entend pas de près ou de loin être un acteur du débat sur la tauromachie, n’a en aucun cas donné son accord à l’amalgame pratiqué dans cette affiche entre son sport (le rugby) et cette manifestation taurine."
D'autres rugbymen, scandalisés, ont carrément participé à une manif anti-corrida organisée par la FLAC et PETA à Béziers, en s'allongeant sur le sol avec des fausses banderilles sur le dos, comme nous l'avons fait à Nîmes. Leur déclaration :
"Nous estimons qu'il ne faut pas faire d'amalgame entre la corrida et le rugby. Certes, ici nous sommes en terre taurine. Mais il nous semble que la corrida devrait être un fait du passé. La comparer au rugby nous gêne."
Et pour finir en beauté, un extrait de la réaction de Christian Laborde, l'auteur de Corrida Basta.
"Spanghero n’est pas un torero. Spanghero, c’est front contre front, viande contre viande, caisse contre caisse. Le torero, lui, ne livre aucun duel, regarde un taureau affaibli, ruisselant de sang, charger le leurre qu’il lui tend.
Spanghero et son adversaire se disputent âprement le ballon, envoient du bois et les ailiers à l’essai. Les coups donnés et rendus, le match gagné ou perdu, les crampons essuyés, la sueur effacée, Spanghero et le mec qui lui a donné du fil à retordre se retrouvent pour boire et chanter.
Il n’y a pas de troisième mi-temps au terme d’une corrida : juste la dépouille suppliciée et mutilée d’un taureau que l’on traîne hors de la l’arène, taureau que la lune, quand il était vivant, visitait amoureusement chaque nuit.
Ces gens-là piétinent les astres, saccagent les bêtes, abaissent l’homme, et tentent maintenant d’accrocher à leur char le rugby, le «ruby», le «rubis» qui se joue sur nos terrains d’émeraude. Ne les laissons pas faire : enfonçons ces merdicoles malfrats, mouchons ces morticoles morveux, déchirons l’affiche du sang !"
Très belle journée à vous
Photo de Walter Spagnhero : La Dépêche du Midi
L'essentiel des infos de cette note et les autres illustrations viennent du site de la FLAC
08:30 Publié dans Accueil, Coups de coeur | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : corrida










