14 février 2012
Comment Wang-Fô fut sauvé
Hier soir, en lisant un petit livre illustré par Clovis Perrin (D'est en ouest, texte de Sylvie Ptitsa), j'ai repensé à un autre petit conte : "Comment Wang-Fô fut sauvé, de Marguerite Yourcenar.
"Comment Wang-Fô fut sauvé
Dans la Chine du Moyen Âge, un vieux peintre du nom de Wang-Fô erre de village en village, vivant dans la misère mais dédaignant l'argent, avec pour seul compagnon son disciple, appelé Ling. Ce peintre est le sujet de nombreuses légendes, notamment celle, en ajoutant une touche de couleur aux yeux des personnages de ses peintures, de les rendre vivantes. Un jour où les deux dorment à même le sol dans une auberge, ils sont arrêtés par la milice et emmenés auprès de l'Empereur. Celui-ci lui annonce qu'il aura les yeux brûlés et les mains coupées, mais que, a l'instant du « dernier repas du condamné », il devra terminer une peinture commencée dans sa jeunesse. Le vieil homme se retrouve alors, par un étrange phénomène, à voguer sur les flots de ses songes accompagné de son disciple, abandonnant le monde de l'empereur, qui ne gardera d'eux qu'un peu « d'amertume marine ».
Wang Fô : Wang-Fô est le «sage» qui atteint la perfection esthétique, hors de l’ordre social et des possessions matérielles. Dans sa quête de « l’irréel », le peintre, en effet, inverse les idées reçues : pour peindre une femme, il prend comme modèle un homme et inversement. Il échange volontiers son œuvre contre une « ration de bouillie de millet », préférant la liberté créatrice à l’intégration sociale.
Ling : Il possède des biens matériels et est comblé par la vie, il va découvrir le dépassement spirituel. Ling, qui a compris l’art de son maître et a su le servir, sera sauvé : «ressuscité» par l’art, il aura droit, comme Wang-Fô, à l’immortalité.
Cette nouvelle a été adaptée en court métrage d'animation par René Laloux, sur des dessins de Caza, en 1987 :
Belle journée à tous !
anti
La nouvelle/conte est extraite des Nouvelles orientales de Marguerite Yourcenar.
11:30 Publié dans Littérature jeunesse, L'Univers d'Anti, Raconte-moi une histoire | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : yourcenar, asie
11 octobre 2011
En avance sur son âge
La maîtresse du cours préparatoire, Mademoiselle Dubois, a des soucis avec son élève Léo qui a l'air de s'ennuyer.
"Léo, c'est quoi ton problème?"
Léo répond : 'Je suis trop intelligent pour être en CP. Ma sœur est en CE2 et je suis plus fort qu'elle. Je pense que je devrais être en CE2 aussi."
Et il continue à argumenter comme ça pendant de longues minutes. Mademoiselle Dubois ne parvenant pas à le raisonner, elle décide d'aller voir le directeur de l'école avec Léo. Elle demande au jeune garçon d'attendre dehors pendant qu'elle explique la situation au directeur.
Celui-ci lui propose de tester les connaissances de Léo. S'il a vraiment un niveau de CE2, pourquoi pas, mais sinon, il restera en CP et comme il aura échoué au test, il comprendra pourquoi. Mlle Dubois est d'accord avec cette façon sage de procéder.
Léo est appelé dans le bureau, on lui explique ce qui va se passer et il accepte de se prêter au test.
Le directeur : "Combien ça fait 3 x 3 ?"
Léo : "9"
Le directeur : "6 x 7 ?"
Léo : "42".
Les questions continuent un certain temps autour de ce que le directeur pense être un niveau de CE2. Léo répond toujours juste.
Le directeur finit par dire à Mlle Dubois : "Je pense que Léo peut entrer en CE2."
Elle lui répond : "Attendez un peu, laissez-moi lui poser quelques questions pour savoir s'il en a la maturité. Léo ? Une vache en a quatre et moi, j'en ai deux, c'est quoi ?"
Le directeur se racle la gorge et ne peut s'empêcher de loucher sur le décolleté généreusement rempli de la jeune et sexy Mlle Dubois.
Léo réfléchit et répond : "Des jambes."
Mlle Dubois : "Qu'est-ce qu'un homme fait debout qu'une femme fait assise et qu'un chien fait sur trois pattes ?"
Le directeur se sent mal à l'aise.
Léo : "Dire bonjour."
Mlle Dubois : "Qu'as-tu à l'intérieur de ton pantalon que je n'ai pas ?"
Le directeur déglutit en se demandant pourquoi elle pose une question pareille.
Léo : "Des poches."
Mlle Dubois : "Qu'est-ce qui est dur et rose en entrant dans ma bouche et qui est mou et collant en en ressortant ?'
Le directeur ouvre des yeux ronds à deux doigts de la syncope et se lève en agitant les bras, mais avant qu'il puisse interrompre Léo, ce dernier répond : "Du chewing-gum."
Le directeur lâche un profond soupir de soulagement et dit à Mlle Dubois : "Faites-le directement passer en CM1, j'ai eu faux à toutes vos questions."
13:27 Publié dans Raconte-moi une histoire | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
02 octobre 2011
La crise, une simple histoire d'ânes
Un homme portant cravate se présenta un jour dans un village. Monté sur une caisse, il cria à qui voulait l’entendre qu’il achèterait cash 100 euros l’unité tous les ânes qu’on lui proposerait.
Les paysans le trouvaient bien un peu étrange, mais son prix était très intéressant et ceux qui topaient avec lui repartaient le portefeuille rebondi, la mine réjouie. Il revint le lendemain et offrit cette fois 150 € par tête, et là encore une grande partie des habitants lui vendirent leurs bêtes. Les jours suivants, il offrit 300 € et ceux qui ne l’avaient pas encore fait vendirent les derniers ânes existants.
Constatant qu’il n’en restait plus un seul, il fit savoir qu’il reviendrait les acheter 500 € dans huit jours et il quitta le village. Le lendemain, il confia à son associé le troupeau qu’il venait d’acheter et l’envoya dans ce même village avec ordre de revendre les bêtes 400 € l’unité. Face à la possibilité de faire un bénéfice de 100 € dès la semaine suivante, tous les villageois rachetèrent leur âne quatre fois le prix qu’ils l’avaient vendu et pour ce faire, tous empruntèrent.
Comme il fallait s’y attendre, les deux hommes d’affaire s’en allèrent prendre des vacances méritées dans un paradis fiscal et tous les villageois se retrouvèrent avec des ânes sans valeur, endettés jusqu’au cou, ruinés. Les malheureux tentèrent vainement de les revendre pour rembourser leur emprunt.
Le cours de l’âne s’effondra.
Les animaux furent saisis puis loués à leurs précédents propriétaires par le banquier. Celui-ci pourtant s’en alla pleurer auprès du maire en expliquant que s’il ne rentrait pas dans ses fonds, il serait ruiné lui aussi et devrait exiger le remboursement immédiat de tous les prêts accordés à la commune.
Pour éviter ce désastre, le Maire, au lieu de donner de l’argent aux habitants du village pour qu’ils paient leurs dettes, le donna au banquier, ami intime et premier adjoint, soit dit en passant. Or celui-ci, après avoir rétabli sa trésorerie, ne fit pas pour autant un trait sur les dettes des villageois ni sur celles de la commune et tous se trouvèrent proches du surendettement.
Voyant sa note en passe d’être dégradée et pris à la gorge par les taux d’intérêts, la commune demanda l’aide des communes voisines, mais ces dernières lui répondirent qu’elles ne pouvaient en aucun cas l’aider car elles avaient connu les mêmes infortunes. Sur les conseils avisés et désintéressés du banquier, toutes décidèrent de réduire leurs dépenses : moins d’argent pour les écoles, pour les programmes sociaux, la voirie, la police municipale... On repoussa l’âge de départ à la retraite, on supprima des postes d’employés communaux, on baissa les salaires et parallèlement on augmenta les impôts. C’était, disait-on, inévitable mais on promit de moraliser ce scandaleux commerce des ânes.
Cette bien triste histoire prend tout son sel, quand on sait que le banquier et les deux escrocs sont frères et vivent ensemble sur une île des Bermudes, achetée à la sueur de leur front. On les appelle les frères Marchés. Très généreusement, ils ont promis de subventionner la campagne électorale des maires sortants.
Mais ce n'est pas fini car on ignore encore ce que vont faire les villageois.
Histoire circulant sur internet d’après une fable espagnole dont l’auteur reste inconnu. Merci à Jean-Marc M. pour me l'avoir transmise.
Note également mise en ligne sur Le Post
11:00 Publié dans Anna bloGalore, Raconte-moi une histoire | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
30 août 2011
La légende du Puits du dragon
Puisque Zaza en parlait hier et que j'attends impatiemment ma prochaine livraison de thé, voici ce que j'ai trouvé concernant le fameux "Puits du Dragon" sur le site Miroir.com que je vous invite à découvrir (une mine !)
Lung-Ching (Le Puits du Dragon)
Maints connaisseurs chinois affirment que les grades supérieurs de ce thé vert délicieusement parfumé ne peuvent être surpassés nulle part dans le monde, pour leur couleur, leur arôme et leur parfum. Produit dans la province de Tchô-kiang près du merveilleux Lac occidental de Hang-tcheou, ce thé pousse sur plusieurs sommets de la chaîne de montagne T'ieh Mu. On le vend de plus en plus dans les magasins chinois en Chine, en Europe et aux États-Unis, mais les meilleures qualités coûtent cher et peuvent être difficiles à trouver en dehors de la Chine et de Hong Kong. Il est cueilli avant le Festival de la Claire Lumière ou en tout cas avant les chutes de pluies du printemps. La toute meilleure qualité vient d'une région de la montagne appelée le Pic du Lion, où la cueillette se fait avant que chaque jeune pousse ait plus d'une feuille. Leur parfum est si délicat que les feuilles doivent être soigneusement emballées ou gardées dans des boîtes à thé totalement hermétiques car l'exposition à l'air en gâterait rapidement le parfum et l'arôme. De plus, le thé vert et semi-vert doit être infusé en trempant les feuilles dans une eau de plusieurs degrés au-dessous du point d'ébullition et en utilisant des ustensiles parfaitement propres n'ayant eu aucun contact avec la cuisine ou toute autre source d'odeurs étrangères. Une infusion trop longue rendrait le thé amer, trop courte insipide.
Vers l'an 250 - c'est ce que dit la légende - un Taoïste affirma qu'il devait y avoir un dragon caché dans une certaine source non loin de Hang-tcheou. Ayant fait cette découverte à un moment ou les paysans priaient depuis fort longtemps pour avoir de la pluie, il implora le dragon du puits de leur venir en aide. A l'instant même, les nuages s'accumulèrent de toutes parts et la pluie tomba à torrents fort à propos. C'est en souvenir de cet événement qu'un vieux temple tout proche de la source est connu sous le nom de Monastère du Puits du Dragon et le thé doit son nom à cette même légende.
Selon un autre récit une pauvre veuve qui vivait tout près de là possédait deux théiers et en utilisait le produit pour préparer du thé aux paysans qui cueillaient le thé aux alentours. Un jour, un riche marchand, entendant parler de sa bonté, s'exclama: « Une femme au grand cœur comme vous mériterait d'être riche. » « Je suis heureuse de ne pas mourir de faim », répondit-elle en souriant. Comme il regardait tout autour de lui, il remarqua un grand mortier de pierre qui se trouvait être plein de feuilles tombées des théiers voisins au cours des ans. «Voulez-vous vendre ce vieux mortier? » demanda-t-il. « Si oui, je reviendrai demain pour l'emporter. » Elle prit l'argent qu'il lui offrait et le matin suivant il revint avec quelques ouvriers pour transporter le mortier. A sa surprise, le mortier avait été balayé et nettoyé. « Voyez, je l'ai fait beau pour vous! » sourit la vieille. « Toutes ces feuilles ont été bien utiles comme engrais pour mes théiers. » Sans aucun doute, le ciel la récompensa-t-il de sa charité en dotant ces feuilles pourries de propriétés miraculeuses car, peu de temps après, ses deux théiers donnèrent des feuilles d'un vert jade comme on n'en avait jamais vu auparavant. C'est donc l'un ou l'autre de ces récits qui est à l'origine du thé du Puits du Dragon. On prétend que la vieille femme fit fortune.
Ceux qui connaissent bien cette sorte de thé affirment qu'il atteint le sommet de la perfection lorsqu'il est préparé avec l'eau pure de la source des Tigres galopants qui apparut « miraculeusement » tout près d'un temple assez proche du jardin de thé. Sous le règne de l'empereur T'ang, Yuan Ho (806-821), il y eut une autre terrible sécheresse et une fois de plus les gens de Hangtcheou prièrent en vain les dieux de leur accorder la pluie. Un jour, l'abbé Hsing K'ung vit deux tigres bondir hors de la forêt voisine et commencer d'aller et venir sur le terrain du temple. Tout à coup, l'eau se mit à sortir à gros bouillons du sol foulé par leurs griffes.
Depuis lors, la source n'a jamais tari. Son eau est merveilleusement pure et lorsqu'on l'utilise pour préparer le thé du Puits du Dragon, l'infusion ressemble à du jade liquide et exhale de plus une délicieuse fragrance qui imprègne tout le palais. Comme le remarquait des siècles plus tard un visiteur Ming: « Comme j'aimerais être moine et vivre toujours ici, avec un tel thé et une telle eau pour compagnons! »
Les jardins de thé des environs ont un sol sablonneux blanc et le climat y est idéal pour la culture du thé. En fait, tous les thés de la région sont d'excellentes qualités. Les autres thés locaux ressemblent tellement au Puits du Dragon par leur parfum et leur apparence que même des experts ont beaucoup de difficultés à découvrir des différences. Quoi qu'il en soit, on prétend que les meilleures feuilles du Puits du Dragon, qui poussent sur le Pic du Lion, donnent à l'eau dans laquelle elles sont infusées, une couleur orange pour une minute ou deux puis un ton vert jade qui ne devient ni boueux ni jaunâtre quel que soit le temps écoulé.
De nos jours où tant de maisons de thé chinoises ont - semble-t-il - disparu il est bon de savoir que celle toute proche de la source des Tigres galopants est prospère et que les visiteurs y trouvent la meilleure qualité de thé du Puits du Dragon, infusée dans une eau sans pareille.
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Source texte et photos miroir.com
10:53 Publié dans L'Univers d'Anti, Raconte-moi une histoire | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : thé
23 février 2011
Marion Lesage, croqueuse d’éternité
Coup de cœur pour une artiste peintre, sculptrice, conteuse, qui allie douceur et voyages : Marion Lesage, découverte grâce à Valentine.
Un grand merci à elle ;-)




Artiste peintre, Marion Lesage quitte le monde de la mode pour vivre sa nouvelle passion entre Afrique et Asie.




Couleur de terre, de bois et de craie, ses tableaux sont d’irrésistibles invitations au voyage.



Aquarelle, huiles, gouaches, pastels se métissent sur fond de cartons et papiers bruts et racontent à l’instar des encadrements, le temps.



Portrait d’une croqueuse d’éternité.



Portrait signé Elizabeth Paillie
Pour Le Figaro Madame

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Marion Lesage est aussi conteuse et illustratrice

« L’Afrique, petit Chaka »

« Sais-tu où va le soleil ? »

« L’Inde, à fleur d’âme »
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Toutes les photos utilisées pour cette note
sont la propriété exclusive de Marion Lesage
et sont protégées par les lois du copyright.
Miss You
11:15 Publié dans Coups de coeur, Littérature jeunesse, Miss Terre et bouts de blogs, Raconte-moi une histoire | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : peinture, dessin, sculpture
15 février 2011
« Érér’ikamba – La parole de l’arbre »
"Mié tonda Wé" veut dire "Je t'aime" en langue Ômyènè.
Trois mots qui viennent du Gabon.
L'Afrique a éduqué un enfant blanc et a éveillé en lui d'autres regards.
Je vous en parlais hier.
J’ai découvert sur Le Midi Libre ce portrait d’un homme de cœur et de convictions, un homme qui aime les arbres, et j’ai eu envie de le déposer ici.
L'appel de la forêt, Christian Allié l'a entendu tout enfant, au Sénégal, au détour d'une balade en savane avec ses parents coopérants. Jeune adulte, après un retour sur ses terres natales héraultaises, Christian rêve tant des arbres d'Afrique qu'il décroche un emploi de prospecteur de bois au Gabon.
C'était en 1973, « avant le début de la destruction massive des forêts. Alors, on respectait les diamètres d'exploitation ». Volontaire, l'homme est indépendant et bosse au contrat. Vingt ans. Il crapahute dans toutes les réserves, côtoie les firmes étrangères et les politiques locaux ; partage sa pitance avec les ouvriers ; échange avec les Pygmées. Et « voit, effaré, la dérive d'un commerce qui ne vise qu'à rentabiliser ».
Fin du XXe siècle, Christian Allié quitte « le Gabon sur un coup de gueule ! » Un vrai.
Poussé devant « le président et le Premier ministre gabonais, des forestiers chinois et des représentants des Eaux et forêts qui s'entendaient, les uns, pour fermer les yeux quand les autres pillent » les ressources. Indigné, Christian Allié expulse alors toute sa « colère en anglais, en français et en Guinée, pour qu'ils comprennent bien que, au nom du profit, ils massacrent la forêt et tout ce qui vit autour ! »
Ulcéré par la violence des dégâts, l'homme dit avec humilité : « L'émotion m'a bouleversé... D'autant plus que même les zones soit disant protégées sont pillées. Et avec l'aval du préfet... Tout le monde y trouve son compte et personne ne dit rien. Sauf les plus pauvres qui vivent là » et dont les râles sont couverts par le fracas des engins...
Si le coup de gueule peut soulager la conscience, il « n'a rien changé aux pratiques. Fatalement », soupire Christian Allié, qui a vu ses collègues lui tourner le dos et sa femme le quitter. Sonné, il est revenu en France. Échoué à Montpellier, il a retrouvé ses parents et amis. A pensé repartir couper du bois mais refusé « huit propositions de contrat au Congo, en Sierra Leone et à Madagascar, où il ne reste que 10 % de réserve forestière ! C'est plus un boulot de forestier mais de mercenaire ».
Et puis, il a repris ses notes et ses cahiers d'antan. Mémoire de missions au cœur de la forêt gabonaise. « Je ne savais pas qu'en faire. »
Mais sa voix cassée se réchauffe soudain quand il conte ce rêve, fait trois nuits consécutives : « Je discutais avec un arbre de Villeveyrac. » Un arbre tutélaire auquel il raconte la beauté de ses frères d'Afrique et leur destin apocalyptique.
De ce songe est né un livre : La parole de l'arbre, publié chez Dédicaces.
« Une maison canadienne qui fait des éditions numériques et des impressions à la commande. Ça évite le pilon, donc la destruction inutile de forêts. »
Avec l'association Maïa, Christian Allié va participer à des lectures vagabondes et des interventions en milieu scolaire. Pour parler de la filière du bois et de la magie des arbres, « ces êtres vivants qui sont nos racines, nos ancêtres ».
Leur rythme de croissance, leur force, leur fragilité. Échanger. Se livrer. Et en projet aussi, un retour au Gabon, « pour planter. Je dois bien ça à tous les arbres coupés. »
À l'heure où l'État français envisage de démanteler l'Office national des forêts et de céder à des exploitants privés la gestion des forêts publiques, communales et domaniales, la parole de Christian Allié prend aussi une dimension symbolique.
Article signé Camille Solveig-Fol pour Le Midi Libre
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Le site de Christian Allié
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Érér’ikamba – La parole de l’arbre
Miss You
11:18 Publié dans Miss Terre et bouts de blogs, Raconte-moi une histoire | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : livres, arbres, gabon, déforestation
06 février 2011
« L’herbier parfumé »
Pour moi, le parfum est une signature.
Aussi, j’ai envie aujourd’hui de vous parler d’une petite merveille dénichée en librairie, un livre qui se fait voyages au pays des parfums : les découvrir ou les retrouver au cœur des essences qui le composent, dans le secret des flacons-bijoux qui l’enserrent, effluves discrètes ou tenaces, senteurs de cuir ou florales, accents de vanille ou de poivre,...
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Par Freddy Ghozland et Xavier Fernandez
Préface d’Elisabeth de Feydeau
Editions Plume de carotte
Relié
220 pages
Paru le 21 octobre 2010
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Présentation par l'Editeur
De Chanel à Dior, en passant par Cartier et Guerlain, le monde des parfums est synonyme de luxe et de volupté.
Or on oublie trop souvent que l'histoire d'un parfum commence avec une fleur, un fruit, une écorce odorante...
Belles exotiques ou simples herbes folles, ces plantes ont en commun le pouvoir d'éveiller nos sens par leur odeur parfois surprenante.

Les cultivateurs-extracteurs sont les premiers à entrer en piste : ils repèrent les meilleures variétés, les testent, les cultivent puis récoltent avec soin cette matière première qui vaut déjà de l'or.
Les plantes vont ensuite être transformées grâce à différents procédés pour en extraire les essences, huiles et eaux florales.
A partir de ces extraits, les parfumeurs, à la fois artistes et scientifiques, font leur alchimie ; entre essais et coups de génie, c'est de leurs mains que sortent ces délicates fragrances qui font nos parfums préférés.
Entrouvrez la porte d'un livre enivrant, celui des histoires humaines et végétales parfumées.
Editions Plume de carotte
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L’avis d'un internaute :
[…] Avec ce beau livre consacré aux parfums mais surtout aux plantes qui servent à leur élaboration,
on frise le chef d’oeuvre.
On a particulièrement apprécié les différentes entrées dans ce monde parfumé que nous propose cet ouvrage.
Il y a bien entendu le côté botanique, celui du monde des parfums avec 200 flacons représentés et 38 parfumeurs
qui apportent leurs anecdotes sur ce monde extraordinaire.
Il y a un côté historique avec la belle introduction d’Elisabeth de Feydeau.
Un côté gourmand, avec les nombreuses recettes de Bernard Garotin.
Un côté technique avec une annexe qui nous en dit plus sur l’élaboration et le vocabulaire des parfums, etc.
Sans aucun doute, les auteurs, Freddy Ghozland et Xavier Fernandez ont su s’entourer des bonnes personnes
pour un livre parfumé de très belle qualité.
Pour terminer, saluons ce genre d’idées qui contribue à remettre sur le devant de la scène
les richesses de Dame Nature.
Avec ce livre, les amateurs de parfums retrouveront le chemin des plantes […].
Critique signée Richard Ely
sur jardindesfees.wordpress.com
Belle lecture et volupteux voyages !
Miss You
11:15 Publié dans Miss Terre et bouts de blogs, Nature, Raconte-moi une histoire | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : livres
27 janvier 2011
Si c’est au pied du mur…
Une mini fable, pour accompagner le quatre heures à moteur ;-)
qui a passionné les visiteurs du parc zoologique d’Indianapolis (Indiana)
et la photographe Cindy Bendush, qui l’a immortalisée,
ils en auraient sûrement tiré une fable inédite.

En voici une version possible :
Maître lémurien sur un tronc à demi immergé, voulait à l’instant traverser.
Mais la tortue, qui s’y était allongée, bienheureuse, au soleil, ne voulut rien entendre.
Le lémurien très pressé décida donc, sans attendre, de sauter par-dessus ce reptile à la fainéantise sans pareille.
Moralité ?
Si c’est au pied du mur qu’on reconnaît le maçon,
c’est au pied de la tortue... qu’on reconnaît le lémur !
© Cindy Bendush/Solent/Visual Press Agency
Source photo et légende
Belle fin d’après-midi les vous !
Miss You
16:00 Publié dans Humour, Miss Terre et bouts de blogs, Nature, Raconte-moi une histoire | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
15 janvier 2011
Les fourneaux d’Adrienne
Souvenez-vous, j’avais rapidement mentionné Adrienne Barman, l’illustratrice du dernier conte d’Erik Orsenna « Princesse Histamine ».
Aujourd’hui, j’ai envie de vous en dire un peu plus sur cette graphiste suisse, qui allie plaisir des papilles et sourire.
Elle est l’auteure, et bien sûr aussi l’illustratrice, de livres de cuisine, emportant le lecteur au cœur des recettes et de la BD, autour du partage et des voyages, entre conte et humour, parfois pour les petits, et parfois pour les grands.
Il fait bon auprès du fourneau d’Adrienne !
Adrienne Barman passe son enfance sur les hauts plateaux de la Suisse italienne
entre chien briard et canaris.
Après un face à face formateur avec un sanglier,
elle se découvre une vocation pour les Arts Décoratifs
et se décide pour le graphisme sur les conseils de son lapin nain.
Elle part pour Genève à la rencontre de la faune locale.
Marquée par le souvenir de son petit chien,
Adrienne se perd dans l'illustration avec le quotidien "le Courrier"
et se retrouve dans le graphisme avec le collectif so2design.ch.
Elle se consacre à présent entièrement à l'illustration (presse et jeunesse).
Adrienne ne saurait pas se passer
de thé vert japonais, de musique baroque et de la confiture de mirabelles de sa maman.
(Source)
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A vos fourneaux !
Adrienne a la chance d'avoir des amis gourmands. Depuis 2003, ils se prêtent au jeu de lui révéler leurs meilleures recettes. Chaque semaine, dans les pages du Courrier, le Libé suisse, Adrienne relève le défi de montrer en un "strip", une petite bande dessinée, comment réaliser le poulet au citron de Seb, le moelleux au chocolat de Claude, la glace à la cannelle de Raoul ou encore le gâteau aux carottes de Marguerite.
Les copains d'abord rend un hommage culinaire à l'amitié pour le plus grand bonheur de nos papilles !

« La confiture de mirabelles d’Alice »
L’avis de Ricochet ?
Voici un livre de recettes un peu étrange, en forme de bande dessinée ou de fresque c’est selon. Ce sont ici les amis de l’auteur-illustratrice qui semblent les plus gourmands. On découvrira ici la confiture de mirabelles d’Alice, la tortilla d’Oscar ou le Chesecake de Linda. Entrées, plats principaux ou désert, voici des recettes originales, assez simples et qui donnent l’eau à la bouche. Si les propos sont pratiques, c’est le traitement graphique qui étonne. Tous les gestes sont ici imagés et souvent drôles. Car dans les cuisines, comme en complément du caractère du personnage, on croisera des papillons, un chat ébouriffé, des élèves indisciplinés, ou des chevaux façon « tar tar ». A savourer.
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Le fourneau voyageur
Après le succès de A vos fourneaux, Adrienne Barman est de retour avec un nouveau livre de recettes.
Cette fois, elle a choisi de proposer aux lecteurs gourmands un voyage aux mille saveurs autour du monde. Elle dresse ainsi une cartographie de la gastronomie mondiale en proposant des recettes originales venues de tous horizons et de toutes cultures.
Adrienne en profite pour montrer les habits traditionnels et autres merveilles de chaque pays visité le temps d’une recette ; de quoi donner le goût du voyage ses lecteurs !

« Les courgettes à l’aigre-doux d’Amedeo »
L’avis d’un chef ?
Adrienne a de la chance car elle a des amis gourmands à travers le monde qui lui livrent leurs bons petits plats du monde entier.
A chaque page de ce joli livre correspond une recette illustrée avec les ingrédients en bas de page. C'est simple et on comprend tout ! Efficace, non ?
43 recettes pour faire le tour du monde depuis sa cuisine : du jus de gingembre de Raoul en Côte d'Ivoire, en passant par l'adobo de Gloria depuis les Philippines et les cornichons au sel de Michèle en Pologne...Vous avez le choix !
J'aime beaucoup ce livre ! Les recettes efficaces, le format sympa, les illustrations et la pointe d'humour qui n'est pas pour me déplaire...et le voyage...
Signé Le chef Mathieu.
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Au coin du fourneau
A partir de 2 ans.
L’aventure culinaire d’Adrienne Barman continue ! Empruntant les voies des histoires, fables et contes populaires pour nous ramener aux bonnes chères de la vie, ce troisième Fourneau lance de nouvelles invitations aussi savoureuses que fantaisistes.
Lassi à la rose siroté par la Belle au bois dormant, tartine gratinée au reblochon pour Maître Corbeau et le renard. oublier le célèbre pâté au thon de la Petite sirène. Quarante recettes et autant de personnages familiers, campés avec l'humour et les couleurs acidulées de l'auteur.

« La soupe de pois oubliés d’Annick »
L’avis d’un chef ?
Les aventures d'Adrienne au pays de la gourmandise continuent ! C'est par le biais des histoires, des fables et contes populaires qu'Adrienne nous offre des recettes inspirées par ces belles histoires indémodables...
Le principe : une histoire illustrée avec le talent d'une illustratice confirmée avec une recette sur le thème de l'histoire. Et tout celà en une page illustrée comme une BD. Pas mal non ?
Exemple avec le corbeau et le renard avec une tartine de reblochon gratinée ou Jacques et le haricot magique avec sa salade de haricots blancs...
Signé Le chef Mathieu.
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Le site d’Adrienne Barman
et
Celui de son éditeur, La Joie de Lire
Savourez et régalez-vous !
Miss You
13:45 Publié dans Bon appétit, Littérature jeunesse, Miss Terre et bouts de blogs, Raconte-moi une histoire | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : livres, graphisme
10 janvier 2011
« Princesse Histamine »
Coup de cœur pour ce nouveau roman d’Erik Orsenna (Erik Orsenna sur le blog), découvert avec Léa à Noël.
Il s’agit du premier tome des mémoires d’une princesse, Histamine, aussi insupportable qu'attachante, et qui, du haut de ses onze ans, bataille avec verve et espièglerie contre tout et tout le monde…
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Quatrième de couverture
« Bonjour, je m’appelle Histamine et j’ai onze ans. On dit que je suis très belle, c’est incontestable : nez parfait, dents pointues, sourire ravageur, je ne vous parle pas de mes ongles… On dit aussi que je suis insupportable.

Là, je proteste ! Je ne suis insupportable que parce que je ne supporte pas ce qui n’est PAS supportable : les gens qui sentent mauvais, les gens qui mentent, les gens trop tristes, les ennemis de la liberté, les trop heureux pour oser quoi que ce soit. Quand on est comme moi, la vie, bien sûr, n’est pas simple.

Mais dans cette bataille quotidienne, j’ai des alliés : Suzanne, ma grand-mère (une princesse, comme moi), Isabelle, un médecin allergologue bien décidé à ne pas se laisser marcher sur les pieds, Marie-Martine Gérard, une conseillère d’orientation (très) naïve mais efficace, un aristocrate éleveur de hérissons, etc.

Et vous voulez savoir pourquoi je m’appelle Histamine ? Demandez à votre médecin. Histamine est une substance qui a des relations avec l’allergie, et comme je suis allergique à tout, sauf à l’amour et au rêve… Ce livre est le premier tome de mes mémoires. Même à onze ans, quand on a une vie riche, il, y a déjà beaucoup à raconter. Et quand on voit les projets pour mes années prochaines… Vous n’allez pas être déçus en 2011, 2012, 2013, 2014… »
Feuilleter « Princesse Histamine »
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Illustrations signées Adrienne Barman,

qui est aussi (et notamment)
l’auteure du « Fourneau voyageur »
dont je vous reparlerai ;-)
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Et, pour le plaisir, le site d’Erik Orsenna,
un autre voyage.
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Bonnes lectures !
Miss You
11:15 Publié dans Miss Terre et bouts de blogs, Raconte-moi une histoire | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : livres, erik orsenna, contes









