07 octobre 2010

Envolée turque

Après le Pérou, le Japon et le Maroc, prenons le plus doux des tapis volants pour parcourir la Turquie, un pays qui m’a séduite d’abord par le magnifique sens de l’hospitalité de ses habitants, puis par ses trésors d'histoire et d'archéologie et bien sûr par ses paysages.


C’est au travers le regard d’un génial photographe, Jack Brauer, découvert sur le web et dont les photos m’enchantent, que je vous emmène aujourd’hui.




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Volutes des mouettes, Istanbul




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Sainte-Sophie, Istanbul












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Fleurs et mur romain dans les montagnes d’Altinözü qui surplombent Antakya (l’ancienne Antioche)




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Ruines romaines, Antakya




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Sculpture près de l'église Saint-Pierre, elle-même creusée dans la roche, Antakya




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Grand Bazar, Istanbul












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Arche romaine, Samandağ




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Théâtre de Termessos



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Ruines de l’ancienne cité gréco-romaine de Pergé, fondée en 1000 avant J.C.



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Sarcophages lyciens de Simena






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Grand Bazar, Istanbul







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30 septembre 2010

Archéologues à Angkor

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Angkor Vat
Chaussée ouest traversant les douves
© EFEO



Angkor, c’est un lieu qui me fait rêver et qui me fascine depuis longtemps et encore plus après que j’aie vu et revu la magnifique rétrospective « Angkor et dix siècles d'art khmer » au Grand Palais en 1997.

Aujourd’hui, je vous propose de revenir au temps de la "redécouverte" du site à travers les archives photographiques (1860-1960) de l'Ecole Française d’Extrême-Orient.




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Musée des Arts de l'Asie de la Ville de Paris


7 avenue Vélasquez - 75008 Paris


Jusqu'au 2 janvier 2010










L’Ecole Française d’Extrême-Orient est l’une des institutions orientalistes les plus prestigieuses.

Elle mène une action exemplaire depuis 1907 pour ressusciter le site d’Angkor, l’une des grandes métropoles d’Asie envahie par la jungle depuis son abandon au XVIe siècle.


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Ta Prohm
Débroussaillage des ruines
© EFEO




Le visiteur découvrira les différentes périodes qui ont marqué le site d’Angkor au travers de 108 photographies (1860-1960) des temples avant leur dégagement,


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Banteay Kdei
Dépose de l’angle nord-ouest du pavillon d’entrée est de la quatrième enceinte
© EFEO



alors que des arbres immenses enserrent sanctuaires et reliefs, puis durant et après leur restauration.


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Ta Som
Pavillon d’entrée ouest de troisième enceinte, face est
Photo : Luc Ionesco © EFEO





Trois bâtiments seront plus particulièrement étudiés :


Banteay Srei (premier temple relevé dans les années 30 par anastylose -procédé qui consiste à reconstruire les bâtiments comme des jeux de constructions-) ;


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Banteay Srei
Sanctuaire central, gardien de porte de la fausse porte ouest
Photo : Luc Ionesco. © EFEO




• le Baphuon, temple-montagne monumental remonté par les Français depuis 1943 et chantier titanesque
(300 000 blocs de pierre déposés) qui s’achèvera en mars 2011 ;


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Baphuon
Deuxième et troisième étages
Photo : Luc Ionesco. © EFEO




• ainsi que Neak Pean, temple entouré de bassins à la restauration déjà ancienne mais spectaculaire.


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Neak Pean
Tour centrale, fausse porte nord avant dégagement
© EFEO





L’exposition comportera également quelques documents concernant la présence des archéologues français à Angkor et deux appareils permettant aux visiteurs de visionner des plaques stéréoscopiques.


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Banteay Samré
Norodom Sihanouk, roi du Cambodge, accompagné d’un représentant français,
pose devant le pavillon d’accès ouest avant-corps est de la première enceinte
© EFEO



Un effort pédagogique particulier permettra au public de se familiariser avec l’histoire de l’empire Khmer au travers des grandes fondations impériales.


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Prah Khan, Angkor
Pavillon d’entrée est de la quatrième enceinte, face est, passage latéral sud
© EFEO




Un documentaire sur Angkor
(52’, réalisation Didier Fassio, coproduction Cinétévé-EFEO-C.tout com ! International
avec la participation de France 5 - 2009)
sera projeté gratuitement tous les matins à 11h,
dans la salle de conférences (1er étage) du musée.




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Prah Khan Angkor
Découverte d’une statue près du pavillon d’entrée est de la quatrième enceinte
Photo : Léon Fombertaux. © EFEO




Cette exposition s’inscrit dans le cadre du Mois de la Photo à Paris en novembre 2010.




Texte signé par les Amis du Musée Cernuschi


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Source des photos et de leurs légendes : Libé


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Sur le blog :
L'échappée cambodgienne de Sylvain Brajeul

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13 septembre 2010

Le Cylindre de Cyrus est de retour

En entendant la nouvelle ce matin du « prêt » du Cylindre de Cyrus pour quatre mois à l’Iran par le British Muséum, j’ai eu envie d’en savoir un peu plus sur cette pièce du patrimoine universel.

Le retour provisoire à la maison de ce qui serait la « première déclaration des droits de l’homme » me laisse dubitative sur les suites à prévoir.

Je suis très attachée au principe de la restitution par les grands musées occidentaux des trésors qu’ils s'étaient appropriés lors de campagnes de fouille et diverses guerres coloniales des derniers siècles.

Le retour du Cylindre en Iran est un pas dans ce sens mais il n’est que provisoire.

A moins, bien sûr, que l'Iran n'en décide autrement...




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Le Cylindre de Cyrus




Le Cylindre de Cyrus est un cylindre d'argile

sur lequel est inscrit en akkadien cunéiforme

une proclamation du roi de Perse Cyrus II.

Ce texte est consécutif à la prise de Babylone par ce dernier,

après sa victoire sur le souverain local, Nabonide, en 539 av. JC.







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Son histoire



Il a été découvert à Babylone en 1879, et est depuis exposé au British Museum de Londres, où il se trouve toujours en 2010.

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Ce document est couramment mentionné comme étant la « première charte des droits de l'homme», mais une telle filiation est controversée.

En 1971, l'ONU l'a traduit dans toutes ses langues officielles.

On peut en fait le restituer dans une tradition mésopotamienne présentant l'idéal du roi juste, dont le premier exemple connu est celui du roi Urukagina de Lagash, ayant régné au XXIVe siècle av. J.-C., et dont un des autres illustres représentants est Hammurabi de Babylone, avec son fameux code (le Code d'Hammurabi sur Wiki).


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Sa restitution aux autorités iraniennes


Le British Museum avait prévu de prêter ce trésor archéologique à l'Iran en 2010, mais le refroidissement des relations entre l'Iran et la Grande-Bretagne, suite à la réélection contestée du président iranien Mahmoud Ahmadinejad, a poussé l'Iran, par la voie d'une annonce faite le 7 février 2010, à rompre toute relation avec le prestigieux musée britannique, annulant ainsi le prêt du Cylindre.

Finalement, il est prêté à l'Iran le 10 septembre 2010 pour une durée de quatre mois afin d'être exposé au public après 40 ans d'absence du pays.



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Son contenu
Présentation générale



Ce texte est avant tout un acte de propagande royale, montrant la façon avec laquelle le nouveau maître de Babylone s'attache ses nouveaux sujets, en mettant en avant sa valeur, en s'inscrivant dans la tradition babylonienne, et en s'appuyant sur les groupes de personnes hostiles à Nabonide.

La proclamation des décisions justes prise par Cyrus II n'est qu'une partie du texte. Le début retrace les événements ayant amené à la prise de Babylone par Cyrus : il y est décrit comment Nabonide était un mauvais roi qui a attiré sur lui la colère du grand dieu national Marduk, qui a alors cherché un nouvel élu pour sa ville et choisi Cyrus. Il a permis à ce dernier de remporter une grande victoire contre les Mèdes, et, devant l'attitude juste de celui-ci, il l'a chargé de prendre Babylone pour devenir le « Roi du Monde ».




Le texte décrit comment cet avènement fut reçu avec une grande satisfaction par les Babyloniens, contents d'être débarrassés de Nabonide.

Cette partie du texte est très proche dans l'esprit de la Chronique de Nabonide, relatant les mêmes événements avec la même partialité. Elle retranscrit l'état de pensée des anciens opposants de Nabonide, dont devaient faire partie les puissants membres du clergé de Marduk à Babylone que celui-ci avait beaucoup lésé.

Viennent ensuite les mesures prises par Cyrus pour les Babyloniens : il règne pacifiquement, délivre certaines personnes de corvées injustes, octroie aux gens des pays déportés le droit de retour dans leur pays d'origine, laisse les statues de divinités autrefois emmenées à Babylone revenir dans leurs sanctuaires d'origine et, pour conclure, proclame la liberté totale de culte dans son empire.

La fin du texte, lacunaire, commémore la reconstruction de Dur-Imgur-Enlil, une muraille de Babylone.


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Un extrait



« Je suis Cyrus, roi du monde, grand roi, puissant roi, roi de Babylone, roi de Sumer et d'Akkad, roi des quatre quarts, le fils de Cambyse, grand roi, roi d'Anšan, petit-fils de Cyrus, grand roi, roi d'Anšan, descendant de Teispès, grand roi, roi d'Anšan, d'une lignée royale éternelle, dont Bel et Nabû aiment la royauté, dont ils désirent le gouvernement pour le plaisir de leur coeur.

Quand je suis entré à Babylone d'une manière pacifique, j'établis ma demeure seigneuriale dans le palais royal au sein des réjouissances et du bonheur. Marduk, le grand seigneur, fixa comme son destin pour moi un coeur magnanime d'un être aimant Babylone, et je m'emploie à sa dévotion au quotidien.

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Ma vaste armée marcha sur Babylone en paix ; je ne permis à personne d'effrayer les peuples de Sumer et d'Akkad. J'ai recherché le bien-être de la ville de Babylone et de tous ses centres sacrés.

Pour ce qui est des citoyens de Babylone, auxquels [Nabonide] avait imposé une corvée n'étant pas le souhait des dieux et ne [...] convenant guère [aux citoyens], je soulageai leur lassitude et les libérai de leur service. Marduk, le grand seigneur, se réjouit de mes bonnes actions.

Il donna sa gracieuse bénédiction à moi, Cyrus, le roi qui le vénère, et à Cambyse, le fils qui est ma progéniture, et à toute mon armée, et en paix, devant lui, nous nous déplaçâmes en amitié
.

Par sa parole exaltée, tous les rois qui siègent sur des trônes à travers le monde, de la Mer Supérieure à la Mer Inférieure, qui vivent en des districts fort éloignés, les rois de l'Ouest, qui résident en des tentes, tous, apportèrent leur lourd tribut devant moi et à Babylone embrassèrent mes pieds.

De Babylone à Assur et de Suze, Agade, Eshnunna, Zamban, Me-Turnu, Der, d'aussi loin que la région de Gutium, les centres sacrés de l'autre côté du Tigre, dont les sanctuaires avaient été abandonnés pendant longtemps, je retournai les images des dieux, qui avaient résidé [à Babylone], à leur place et je les laissai résider en leurs demeures éternelles.

Je rassemblai tous leurs habitants et leur redonnai leurs résidences. En plus, sur commande de Marduk, le grand seigneur, j'installai en leurs habitats, en d'agréables demeures, les dieux de Sumer et Akkad, que Nabonide, provoquant la colère du seigneur des dieux, avait apportés à Babylone. Puissent tous les dieux que j'installai dans leurs centres sacrés demander quotidiennement à Bel et Nabû que mes jours soient longs, et puissent-ils intercéder pour mon bien-être. [...] Le peuple de Babylone bénit mon règne, et j'établis toutes les terres en de pacifiques demeures








L’Iran acceptera-t-il de le “restituer” à la fin des quatre mois ?
J'ai beaucoup de mal à y croire.
Peut-on le lui reprocher ?


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31 août 2010

Un bain de jouvence pour Vénus

Une nouvelle comme je les aime et l'occasion de revenir sur l'histoire de cette statue célèbrissime.


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Au Louvre,

la Vénus de Milo retrouve sa splendeur d'origine.

Sans perdre de ses mystères.





Incontestable victoire d'étape pour Vénus !

En changeant, encore une fois, de salle à l'occasion du réaménagement partiel du département des Antiquités grecques et romaines du Louvre, la Vénus de Milo vient de marquer un point contre sa grande rivale, la Joconde, l'autre star du Louvre.

Resplendissante sur un fond de marbre coloré, l'effigie grecque en jette.

Pomponnée, nettoyée, sa peau en marbre de Paros ayant retrouvé sa blancheur originelle, Vénus donne le sentiment de sortir de son bain.
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Même si ses formes généreuses ne correspondent plus aux canons de notre époque - Karl Lagerfeld n'en voudrait pas dans un de ses défilés -, Vénus est plus rayonnante que jamais.

Peu de statues "tiennent" en sa compagnie, explique-t-on au Louvre.

En dépit de la chaleur, les foules qui tournent autour du marbre le plus célèbre de la planète se régalent de ses seins que ne dissimule aucun chiton, apprécient ses hanches un rien massives, sur lesquelles une tunique semble glisser.

En 1964, alors qu'elle voyageait au Japon où l'incorrigible André Malraux l'avait expédiée, les vibrations du navire transporteur avaient détérioré la robe de Vénus, qui avait perdu quelques plis au passage...

Il avait fallu envoyer d'urgence deux marbriers du Louvre à Tokyo pour reconstituer le drapé.

La dernière restauration a donc été effectuée avec un soin tout particulier sous l'oeil d'une commission spécialisée.

Le dos de la statue a été débarrassé des auréoles laissées par toutes sortes de savons et de produits utilisés pour les moulages depuis le XIXe siècle.

Toilette réussie : apparemment, ses derniers bains et les nouvelles pommades n'ont pas laissé de traces sur le corps de Vénus, contrairement au pauvre "Gladiateur Borghèse", dont l'épiderme a l'air bien vérolé...


Dénichée par un paysan grec

Vénus, elle, faut-il le préciser, a bénéficié des derniers progrès de la médecine. Son corps de marbre a été passé aux rayons gamma.

Une endoscopie - doucement invasive, que l'on se rassure : par un canal de coulée datant de l'Antiquité - a permis de vérifier le bon état de ses articulations, plus exactement, la qualité des goujons de métal qui tiennent ensemble les deux parties composant la statue.

Au passage, on a découvert un petit papier portant la signature d'un marbrier du Louvre, Libeau, auteur d'une restauration datée de 1936 que l'on n'avait pas vraiment enregistrée.

Mais il en va des statues comme des hommes : les progrès de la technique ne suffisent pas toujours pour poser un bon diagnostic. En dépit d'un long séjour en observation et de l'endoscopie, Vénus conserve une partie de ses mystères.

Certes, plus personne ne songe à l'attribuer à Praxitèle ou à Phidias, comme certains le firent dans l'enthousiasme de sa découverte en 1820 sur l'île de Milos, dans les Cyclades.
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On est sûr, aujourd'hui, que la déesse est bien une production hellénistique datant de la fin du IIe siècle avant Jésus-Christ (130-100), mais on ne sait toujours pas si c'est une déesse de l'Amour ou une Amphitrite.

De la même façon subsistent des doutes sur ce qu'elle faisait de ses bras. Tenait-elle un miroir ? un bouclier ? une couronne ? S'appuyait-elle sur un pilier ?

Dénichée par un paysan grec, acquise in extremis par des marins et des diplomates français alors qu'elle était déjà embarquée sur un navire turc à destination de Constantinople, Vénus avait été retrouvée en compagnie d'un morceau de plinthe qui portait une signature à moitié lisible.

Cette pièce de marbre a disparu.

Dans sa grotte des Cyclades, Vénus gisait avec d'autres éléments sans doute réunis par un chaufournier.

En lieu et place d'un musée, Vénus aurait pu, comme de nombreuses antiques, tout aussi bien terminer sa carrière dans un four à chaux...







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19 juillet 2010

Mystérieux navire à Ground Zero

Des archéologues new-yorkais ont entamé une course contre la montre

pour découvrir les mystères d'un navire du XVIIIe siècle découvert presque intact sur le chantier de Ground Zero,

là où s'érigeaient les tours du World Trade Center avant le 11-Septembre
.



Les ouvriers ont déterré les restes de ce bateau dans la semaine. La coque et le pont sont presque complets et une ancre est encore reliée à l'embarcation.

Les spécialistes utilisaient vendredi des équipements lasers afin de pouvoir reconstituer plus tard le bateau en 3D dans son ensemble.

Mais la soudaine exposition de cette trouvaille à l'air ambiant complique le travail des archéologues, qui doivent s'activer avant que le bois ne se décompose.



"Quand il est plongé dans l'eau, il se conserve bien. Mais dès qu'il est exposé à l'air, il sèche et commence à se désintégrer", a expliqué à l'AFP un archéologue de la ville de New York, Doug Mackey.

De plus, le navire se situe "en plein milieu d'un site de construction. il ne peut juste pas rester comme cela pendant des semaines", a ajouté le spécialiste.

Les ouvriers du chantier de Ground Zero, situé dans le quartier d'affaires de Manhattan, ont l'habitude de retrouver des reliques d'une époque pré gratte-ciel, certains témoignant du passé maritime de la ville.

Le navire déterré cette semaine conserve de nombreux mystères.


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Coque de navire retrouvée sur le site de Ground Zero © AP/Sipa



On ne connaît ni son nom, ni ce qu'il transportait, ni même où il a voyagé.

Les archéologues ne disposant que d'un bout du bateau, ils n'ont pas non plus encore déterminé s'il s'agissait de la proue ou de la poupe.

Il est par contre établi que le bateau ne s'est pas échoué accidentellement sur terre mais a été délibérément amené à l'endroit où on l'a déterré, comme nombre d'autres débris de l'époque, pour gagner quelques mètres de terre sur la rivière Hudson qui borde l'île de Manhattan.

Source AFP





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27 mai 2010

Vacances romaines

J’ai souri ce matin en découvrant le mot d’accueil d’Anna, car je venais de lire cet article du Midi Libre :



Les Romains aussi aimaient avoir leur piscine


A Paulhan (Hérault),
les archéologues ont mis au jour
une fontaine à décor et un bassin datés du IIe siècle




Les Romains installés dans la région avaient aussi leur piscine privée dont ils pouvaient se délecter aux beaux jours…

C’est un des enseignements de la nouvelle découverte réalisée par une équipe d’archéologues du CNRS, à Paulhan, dans la moyenne vallée de l’Hérault.






A la sortie de l’A75, au milieu des vignes, ils ont mis au jour sur la villa gallo-romaine de Vareilles, fouillée depuis une dizaine d’années, une pièce exceptionnelle en raison de son état de conservation.

Il s’agit d’une fontaine à décor figuré en calcaire fin, représentant un personnage masculin allongé tenant une flûte de Pan dans sa main.


Laquelle alimentait en eau une grande piscine extérieure de 90 m2, pour 1,30 m de profondeur, intégralement conservée et associée à des thermes et une palestre (une cour d’exercices).






« Il semble que la statue représente Mercure, dieu des athlètes et des sportifs parce que l’exercice physique était très en vogue à cette époque, note Stéphane Mauné, le responsable des fouilles. Et la natation était très prisée, ils avaient la culture de l’eau. »


Non loin de là, à 5 km, à Aspiran, déjà, la plus grande piscine des Gaules, une natatio de 280 m2, avait été découverte en 2007 par ces mêmes archéologues héraultais. « C’est dire le succès et le développement de ces installations du IIe siècle dans la région », analyse Stéphane Mauné.






En fait, la villa Vareilles, qui a succédé à une ferme gauloise, a été bâtie par un vétéran de la 7e légion, récompensé en terres comme ses camarades, pour ses vingt années de combats lors de la guerre des Gaule ou de la campagne d’Égypte.

Ces vétérans de la colonie romaine dite de Béziers se sont installés vers - 30 avant JC avec esclaves, famille, meubles d’Italie et nouvelles techniques de vinification, et ont développé de nombreux domaines viticoles.

Jusqu’à leur apogée au IIe siècle, la construction de piscines venant illustrer leur opulence.



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Système de chauffage (hypocauste) par le sol
utilisé à l'époque romaine

Photo



« Ces villas qui ont préfiguré la viticulture actuelle, vont grossir, grossir, jusqu’à un développement maximal avant d’être abandonnées au IIIe siècle », poursuit l’archéologue. « Ils s’étaient trop spécialisés, leur système était basé sur la viticulture spéculative et ils ont été concurrencés par les vins de l’Afrique du Nord. Le propriétaire de la villa Vareilles a sans doute voulu fermer son domaine et continuer son activité en Algérie, délocaliser. »

L’Histoire reste donc un éternel recommencement…






La fontaine comme les autres pièces trouvées sur la villa Vareilles et la villa de Saint-Bézard à Aspiran seront prochainement présentés au public.



Article signé Yanick Philipponnat


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Les photos qui illustrent cette note
proviennent (et restent la propriété de leur auteur)
du blog Géosciences et archéologie en pays d'Oc,
tenu par Noël Houles, un passionné des sciences de la terre.

Un blog à visiter impérativement pour apprendre tout plein de choses
sur l’histoire passionnante de la région.

Et notamment,
pour les amateurs de menhirs et dolmens,
il y a un super article, intitulé « Les dolmens de Vailhauquès »


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A lire aussi,
le communiqué de presse de l’équipe d’archéologues
du CNRS, de l’Université de Montpellier et du Ministère de la Culture
(UMR5140, « Archéologie des Sociétés méditerranéennes », Lattes-Montpellier),
dirigée par Stéphane Mauné,
annonçant la découverte faite à Paulhan (Hérault)




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22 avril 2010

D’anciennes civilisations ressuscitées par ordinateur

Je vous avais déjà parlé de la visite virtuelle (bluffante) du cabinet de travail du roi Charles V.

Voici un nouvel exemple, que je trouve assez fabuleux...

... ou quand les technologies les plus innovantes jouent à renouer les fils de l’histoire.




Des technologies issues des jeux vidéo

permettent aux chercheurs de recréer en détail

les environnements du passé.




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Modélisations de sites archéologiques réalisés par Donald H. Sanders




A la fin des années 1990, l’archéologue Sam Paley, de l’université de l’Etat de New York à Buffalo, étudiait la salle du trône du palais de Nimrud, antique capitale de l’Assyrie, aujourd’hui située en Irak.

Le site datait du IXe siècle avant notre ère.

A l’époque, la salle était ornée de peintures et de bas-reliefs (à propos de ces bas-reliefs) qui avaient pour but d’impressionner les visiteurs, mais il ne restait de ces œuvres que des fragments éparpillés dans une soixantaine de musées de par le monde. Puis, durant une conférence, Paley assista à une présentation de Donald Sanders, l’un des pionniers de l’utilisation en archéologie des graphismes en 3D sur ordinateur.





Les deux hommes passèrent des années à se procurer des photographies des divers musées et à reconstituer une maquette virtuelle en trois dimensions. Enfin, ils furent en mesure de tester certaines de leurs hypothèses sur l’agencement de la salle du trône.

La salle du trône du palais de Nimrud est un exemple typique de l’essor de l’archéologie virtuelle : les archéologues ont recours à l’informatique pour recréer des environnements du passé, qu’il s’agisse d’objets, d’édifices, de paysages peuplés de personnages humains ou même d’antiques champs de bataille.





La discipline se développe et, dans de nombreux pays, il est désormais courant qu’une équipe archéologique comprenne un spécialiste du virtuel. Cela tient entre autres au fait que le coût des équipements, comme les scanners 3D, ne cesse de diminuer. Le secteur profite également de l’évolution de l’industrie du divertissement : la technologie est la même que celle utilisée pour les jeux vidéo et les effets spéciaux au cinéma.



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Démonstration

sur le site de fouilles
Nemrut Dağı en Turquie
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Après modélisation

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Les spécialistes du virtuel peuvent désormais s’attaquer à quelques-unes des énigmes les plus épineuses de l’archéologie.

Ainsi, on cherche depuis longtemps à comprendre pourquoi les Anasazis, un peuple antique amérindien, ont abandonné la région des Four Corners [les “quatre coins”, ainsi appelés parce que les frontières de quatre Etats – l’Arizona, l’Utah, le Nouveau-Mexique et le Colorado – s’y touchent], dans le sud-ouest des Etats-Unis, il y a environ sept siècles.





Depuis des décennies, les archéologues et les historiens ont envisagé diverses hypothèses, dont des guerres et des changements climatiques. Les scientifiques du programme de recherche Village Ecodynamics Project (VEP), sous la férule de Tim Kohler, de l’université de l’Etat de Washington, et de Ziad Kobti, de l’université de Windsor, au Canada, ont abordé la question sous un angle différent.

Ils ont recréé virtuellement le monde de l’époque, des paysages au climat en passant par le comportement humain. Ils comptaient répondre à plusieurs questions, dont celle du cycle démographique des Anasazis, qui alterna phases de croissance et de déclin entre 920 et 1280, époque à laquelle ils finirent par quitter la région.





En se fondant sur des données archéologiques telles que l’évolution du nombre de foyers, sur des données ethnographiques comportementales, comme le partage de la nourriture, ainsi que sur les cernes de croissance des arbres et sur des prélèvements du sol pour la climatologie, les scientifiques ont méticuleusement reconstitué une partie de l’environnement des Anasazis – une région de 1 827 km2 dans le sud-ouest du Colorado.

Une fois ce paysage recréé, ils y ont placé 200 foyers et les ont laissés réagir à divers scénarios : ils pouvaient choisir quelle quantité de maïs cultiver, combien d’animaux chasser, etc.





Les simulations de ce genre “nous donnent l’occasion d’observer l’interaction entre les humains et leur environnement” d’une façon que ne permet pas l’archéologie classique, commente Mark Varien, archéologue membre du projet VEP. L’équipe est ainsi parvenue à une découverte importante : les Anasazis se seraient mis à pratiquer une chasse trop intensive des cervidés à partir de l’an 900 de notre ère.

La simulation suggère également que c’est à peu près au même moment que cet ancien peuple aurait commencé à domestiquer des dindes – ce que confirme l’archéologie –, peut-être parce que les cervidés se faisaient justement plus rares.





Enfin, le projet a abouti à une autre conclusion : la région aurait connu une déforestation extensive, ce qui n’apparaissait pas clairement dans les fouilles archéologiques. “Sans la simulation, nous n’aurions pas pu calculer l’impact d’une population qui ramassait du bois tous les jours”, précise Kohler.

Cette dégradation de l’environnement ainsi que de nombreux conflits au sein de la population peuvent expliquer l’exode des Anasazis.

Non seulement les archéologues du virtuel sont en mesure de recréer d’anciens édifices et des cultures disparues, mais ils peuvent aussi remonter le temps pour vérifier leurs hypothèses.




Les Incas, qui bâtirent un vaste empire aux XVe et XVIe siècles dans l’ouest de l’Amérique du Sud, érigeaient de grandes colonnes de pierre, comme les deux que l’on trouve dans l’île du Soleil, située sur le lac Titicaca, en Bolivie.

Beaucoup d’archéologues pensent qu’elles avaient pour rôle d’indiquer la position du soleil sur l’horizon pendant les solstices.

Cependant, d’autres spécialistes estiment que ces tours servaient plutôt de sépultures.



L’hypothèse des solstices ne peut être testée dans la pratique qu’au coucher du soleil un jour de solstice, et les vestiges des tours sont très abîmés, ce qui rend toute vérification difficile. Bernard Frischer et son collègue Chris Johanson, de l’université de Californie à Los Angeles (UCLA), ont donc développé un modèle en trois dimensions de la topographie de l’île du Soleil.

Puis, en s’appuyant sur des données astronomiques, ils ont reconstitué la position du soleil à son coucher tel qu’elle avait dû être en l’an 1500 aux alentours du solstice d’hiver.

Leur modèle a confirmé l’hypothèse des solstices. “Une fois que nous avons établi notre modèle, nous pouvons expérimenter de nombreuses façons, dit-il. Nous pouvons littéralement nous amuser à voyager dans le temps.”




Aparté : Le blog Lankaart, d’où proviennent les photos de bas-reliefs de Nimrud, est une vraie mine, à visiter et revisiter encore : tout plein d’infos, des photos sublimes, bref … une mine !!


A lire sur le blog (notamment) :

Kokopelli, un joueur de flûte enchantée dans le rêve de Gaïa (L'un des dieux vénérés par les Anasazis)

D’un lac à un livre, pour retrouver les Anasazis dans un thriller génial « Les sortilèges de la cité perdue ».



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07 avril 2010

Les statues-menhirs

maison aube.JPG


Notre visite au muséum d'histoire naturelle de Nîmes de dimanche dernier était motivée par la vue d'une photo de la statue-menhir "La maison Aube" de toute beauté. Il faut savoir que ce musée possède une des plus belles collections françaises de statues-menhirs de l'époque chalcolithique.

IMAG0002.JPG Une statue-menhir est un mégalithe anthropomorphe sculpté en ronde-bosse dans une pierre fichée en terre à la manière des menhirs.

Leurs périodes d'érection se situent entre le Néolithique final et l'âge du Cuivre (3500 à 2000 avant J-C)

L'expression « statue-menhir » fait toujours l'objet de discussions, certains auteurs préférant les nommer « dalle » ou « stèle anthropomorphe ». Néanmoins, cette appellation s'est imposée par commodité pour décrire ce type de mégalithe.

Les statues-menhirs se retrouvent par groupes dans des régions extrêmement localisées, généralement au nord de la mer Méditerranée.

En France, on observe :

GOIM0007.JPGLe groupe rouergat

le Rouergue (à la charnière des départements de l’Aveyron, du Tarn et de l’Hérault) offre un ensemble d’une centaine de statues-menhirs en grès, stylistiquement très homogènes, datées du IIIe millénaire av. J.-C.
Les statues-menhirs de ce groupe sont sexuées, les attributs des personnages variant selon le sexe. On remarque que certaines statues ont été féminisées, et d'autres plus rarement masculinisées.
Le musée Fenaille de Rodez présente la plus importante collection de statues-menhirs rouergates réunie à ce jour.

Le groupe des garrigues

Une quarantaine de statues-menhirs sont connues dans le Gard et l'Hérault. Elles sont moins ouvragées que les statues-menhirs du Rouergue et leur ornementation un peu plus sommaire. Elles sont datées du Néolithique final et de l'âge du Cuivre. Le musée archéologique de Nîmes expose les plus belles pièces.

groupe provençal

Une trentaine de statues-menhirs sont connues en Provence. Elles adoptent souvent une forme triangulaire et un décor en chevrons.

Le groupe corse

Les nombreuses statues-menhirs corses présentent souvent une arme du type sabre ou un grand poignard sur leur face avant.

En Italie, on trouve des statues-menhirs en Sardaigne, Ligurie, Val Camonica.

En Suisse, Valais : au musée archéologique de Sion.

(Source Wikipédia)

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Les photos des statues (ainsi que de nombreux autres clichés) proviennent de ce site.

Bruno Marc a consacré plusieurs ouvrages aux monuments mégalithiques du sud de la France, dont un livre Statues-menhirs et dolmens des Causses et du Haut-Languedoc (Voir son site internet)

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A lire : Statues-menhirs d'Euzet-les-Bains et de Castelnau-Valence (Gard), La statue-menhir de Sillargues (Saint-Nazaire-des-Gardies, Gard), Les sculptures de la fin du Néolithique en Méditerranée occidentale.

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27 mars 2010

Méroé, empire et légende émergés des sables

Certainement, une exposition fascinante... et aussi l'occasion de retrouver le Pays des pharaons noirs dont Anti avait parlé en début d'année dernière.






Les clefs d'un Royaume

C'est une première.

D'abord parce qu'en France le nom de ce royaume n'est guère connu.

Ensuite, parce que les quelque 200 pièces réunies à l'occasion de cette exposition (bijoux, statues, stèles...) n'ont jamais été vues.

Elles proviennent pour la moitié du Soudan, le reste étant prêté par de grands musées internationaux.

Cette civilisation est explorée à travers ses coutumes, ses croyances et le mystère de son écriture.


(Source l’Express)




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L'exposition







Le Louvre met en évidence l'originalité de ce royaume,

puissant au début de notre ère dans le nord de l'actuel Soudan,

où les cultures égyptienne, africaine, grecque et romaine s'entremêlaient.


Jusqu'au 6 septembre, dans l'entresol de l'aile Richelieu du Louvre.


De l'empire méroïtique ne subsistent plus qu'Aïda, la belle princesse-esclave noire de Verdi, des pyramides aiguës, rongées par les sables du Nord-Soudan, et d'étonnants vestiges archéologiques.

Le Louvre, en charge de fouilles depuis 2007 à 50 kilomètres au sud de Méroé l'ancienne capitale, en présente à partir d'aujourd'hui une sélection.

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Statue d’un roi archer, Tabo (Argo), IIe s. av. J.-C.,
Khartoum, Soudan, Musée national
© 2010 Musée du Louvre / Georges Poncet


Les objets de terre, surtout la poterie noire et la céramique funéraire aussi fine qu'une coquille d'œuf, révèlent la mixité des styles de ce pays qui allait de l'actuel lac Nasser au sud de Khartoum, entre le monde pharaonique et l'Afrique noire.

Mais plus encore les effigies des dieux. Voilà un panthéon où se côtoient, apparemment dans la plus grande tolérance, le bélier Amon, Isis, Osiris, Anubis, des créations locales telles Apédémak, cobra à tête de lion, le Grec Silène ou son fils adoptif Dionysos. Zeus apparaît même, coiffé de son bonnet phrygien.

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«Méroé est une charnière essentielle et encore très mal connue entre les royaumes du nord et ceux du sud », résume Guillemette Andreu, directrice des antiquités égyptiennes du Louvre.

Et de montrer la puissance de cet État qui s'était enrichi par le commerce de l'or, de l'ivoire, des fourrures et de l'ébène en désignant des bijoux fins ou lourds, ainsi qu'un magnifique roi-archer de bronze et de feuilles d'or venu du musée de Khartoum.
Qui fut-il ? Son nom s'est perdu.

Profitant d'une Basse-Égypte en plein déclin, Méroé s'épanouit durant six siècles, d'environ - 270 av. J.-C. à 320 ap. J.-C., date de sa dernière pyramide. Face aux Nubiens de l'Ouest, elle devait se protéger.

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D'où cet effrayant lion de grès dévorant un ennemi. Ou ce pommeau de canne en bronze figurant un prisonnier pieds et poings ligotés dans le dos. Finalement, le monothéisme chrétien a recouvert cette société héritière des fameux «pharaons noirs» montés sur le trône des deux Égyptes à partir de 1000 av. J.-C.


Une curieuse écriture

Entre-temps, Méroé aura mis au point et développé une curieuse écriture, en parallèle des traditionnels hiéroglyphes. Derrière les vitrines, ses pattes de mouche couvrent stèles et éclats de poteries. «Jusqu'alors, si on savait en trouver les équivalents phonétiques, on ne la comprenait pas, commente Guillemette Andreu. Depuis peu, quelques linguistes ont établi des ponts avec certaines langues encore parlées au Tchad et en Érythrée

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Photos stèles


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A propos de la langue méroïtique




La traduction des deux mille textes exhumés à ce jour peut donc commencer. Il est sûr que Méroé livrera beaucoup d'autres secrets. Ce ne seront sûrement pas des trésors d'or et de pierres précieuses puisque sur place les pyramides sont remplies de sable et que dessous les principales nécropoles ont été pillées depuis des lustres. Mais on pourra peut-être expliquer pourquoi Méroé ne momifiait pas ses défunts. Ou si sa société reposait ou non sur l'esclavage.




Article signé Eric Bietry-Rivierre

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Nécropole royale de Méroé, vue du cimetière nord - © 2010. CDA/M.Mylonas


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Le site "La civilisation perdue de Méroé"
de Claude Rilly, chargé de recherche au CNRS.



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« Sur les traces de cette civilisation »

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Entretien France Info

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« Jamais ma joie ne fut plus extrême et
plus vive qu’en découvrant les sommets
de ces nombreuses pyramides
qui étincelaient sous le soleil
… »
Frédéric Cailliaud, 1823



Miss You

21 février 2010

Redécouvrir le Machu Picchu

Anna parlait hier du "Soleil sous la terre", premier roman à venir de sa nouvelle trilogie "La porte de toute merveille".

En attendant le plaisir de la lire, je découvre ce matin l'histoire des découvertes successives d'un lieu qui me fascine depuis longtemps, un lieu dédié au soleil, où s'acheminent portes et couloirs secrets et sacrés : Le Machu Picchu.



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(Le Temple du Soleil ou Torreón)



Le fameux temple inca n'a pas été découvert par Indiana Jones.

Ni par Bingham, un archéologue américain, comme le prétend l'Histoire.

Un Allemand l'aurait devancé d’après The Independent.

Tous l'ont pillé.




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(Vue prise au sud.
A la gauche apparaît le secteur Hanan de la ville
et à droite le secteur est séparé par la place principale)



En 1911, quand Hiram Bingham atteignit le Machu Picchu, guidé par des Péruviens, la découverte fit du professeur de l'université [américaine] de Yale un homme à la fois riche et très respecté.

Avant que son livre sur le site, La Fabuleuse Découverte de la cité perdue des Incas (Pygmalion, 1997), ne devienne un best-seller, il avait enseigné à l'université Harvard et à celle de Princeton, et occupé les fonctions de sénateur et de gouverneur du Connecticut.

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Il exerçait une telle influence sur l'archéologie au début du XXe siècle que quelques-uns ont même avancé qu'il aurait pu servir de modèle au personnage d'Indiana Jones.

Mais peut-être les revendications de Bingham sont-elles sujettes à caution, lui qui affirmait avoir été le premier à trouver la cité perdue des Incas au Pérou. A la lueur de recherches approfondies menées par un historien américain, Paolo Greer, il semblerait que la cité ait en réalité été découverte quelque quarante ans plus tôt par un homme d'affaires allemand.

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(Reconstruction d'un bâtiment inca sur le site)


On sait peu de choses d'Augusto Berns, obscur entrepreneur aujourd'hui presque oublié, mais des documents retrouvés dans les archives américaines et péruviennes par Greer montrent que Berns aurait découvert le site archéologique le plus célèbre du Pérou en 1867, avant d'établir une société qui s'employa à piller le Machu Picchu et alentour.

Berns, qui avait fondé une modeste affaire de fabrication de traverses au Pérou dans les années 1860, tomba sur les ruines du Machu Picchu après avoir acheté des terrains limitrophes destinés à l'exploitation forestière. Il se lança alors dans l'exploration de la citadelle, de 1867 à 1870.

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(Pachacútec selon la chronique de Martín de Murúa - 1615)



Dans les archives péruviennes, des documents rédigés de la main de Berns relatent comment l'entrepreneur a retrouvé des structures souterraines scellées. Bernes prédisait qu'elles "contiendraient sans aucun doute des objets de grande valeur", les "trésors des Incas".

Son entreprise, la Companhia Anonima Explotadora de las Huascas del Inca (Société anonyme d'exploitation des sites incas), bénéficiait de l'appui de certaines des personnalités les plus importantes du Pérou, dont le président de l'époque, Andres Avelino Caceres.

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(Roche taillée sous le Temple du Soleil à Machu Picchu)



En 1887, le gouvernement péruvien consentit au pillage du Machu Picchu, concluant même avec Berns un accord qui l'autorisait à exporter ses trouvailles s'il en attribuait 10 % au gouvernement. Un des associés de Berns aurait été le directeur de la bibliothèque nationale du Pérou. Le vice-président de l'entreprise était professeur de pathologie à l'université de Lima et collectionneur d'antiquités – il vendit ensuite sa collection à un musée de Berlin.

Le Machu Picchu fut construit au XVe siècle par l'empereur inca Pachacuti, qui y fut probablement inhumé (il mourut en 1471). La cité disposait d'un temple important dédié au Soleil qui, comme la tombe de Pachacuti, était orné d'une grande quantité d'or.

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(Le Pont de l'Inca, contrôlant l'accès au Machu Picchu depuis l'ouest)



Cet or fut en grande partie dilapidé en 1532, quand les Incas tentèrent en vain de verser une rançon pour récupérer leur dernier empereur régnant, Atahualpa, fait prisonnier par les conquistadores espagnols. Mais on peut supposer que Berns trouva dans l'édifice nombre de céramiques précieuses – qui n'avaient pas servi pour la rançon.

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(Vue de la rivière Urubamba à partir des terrasses du Machu Picchu)



Ces révélations surviennent alors que les Péruviens exigent de plus en plus fermement que leur soient restituées les pièces trouvées par Hiram Bingham au Machu Picchu, dont des milliers de tessons de céramique et des ossements actuellement conservés à l'université Yale.

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(Entrée vers le quartier sacré et le quartier des nobles)



Paolo Greer a lancé un appel à l'aide internationale pour retrouver les trésors perdus des Incas. Il a dressé une liste de 57 contacts de Berns – des Américains, des Britanniques, entre autres, qui auraient pu acheter des objets retrouvés par l'Allemand au Machu Picchu.

Mais, jusqu'à présent, aucun catalogue n'a été retrouvé. Les recherches vont maintenant s'étendre aux Etats-Unis et en Europe, dans l'espoir de remonter la piste de ces trésors perdus jusqu'à des collections privées.

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(Terrasses du côté est dans le Secteur Agrícole)



Repères

• Edifié dans les Andes, à 2 400 mètres d'altitude, le Machu Picchu (qui signifie "vieille montagne", en quechua) servait de tombeau, à l'instar des pyramides égyptiennes. Il abritait aussi, selon les spécialistes, des salles où se déroulaient des assemblées et cérémonies secrètes rassemblant les quelque 200 à 300 dignitaires incas.

• Le site est inscrit depuis 1983 au Patrimoine mondial de l'humanité. En 2007, il a été désigné comme l'une des Sept Nouvelles Merveilles du monde.






Article signé David Keys


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(Machu Picchu et ses environs)


Source photos Wiki


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(Vue depuis l'intérieur)


Sur Google Map


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(Vestiges)



A lire aussi :

Machu Picchu, un périple aux confins du sacré

En route pour Machu Picchu






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