19 mars 2011

Miró, sculpteur-poète

Faute de temps, j’avais (trop) rapidement mentionné cette exposition au musée Maillol au bas de la note « Le langage de Joan Miró ».

Aujourd’hui, j’ai envie d’y revenir de façon plus détaillée, parce qu’elle offre un regard particulier sur le travail et la personnalité de ce artiste que j’aime tout particulièrement, en mettant particulièrement en lumière ses talents de sculpteur et de céramiste.





Miró sculpteur
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« Il y a un MIROir dans le nom de Miró. »
Jacques Prévert






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Le musée Maillol rend hommage à l’oeuvre sculptée de Joan Miró.

Si l’artiste est universellement reconnu, ses sculptures n’ont pas fait l’objet d’une exposition à Paris depuis près de 40 ans.

Le musée réunit pour l’occasion 99 sculptures, 22 céramiques et 20 oeuvres sur papier.

Les oeuvres présentées proviennent en grande partie de la collection exceptionnelle de la Fondation Marguerite et Aimé Maeght.

Ses premières céramiques, réalisées avec Josep Llorens Artigas, datent de 1941-1945.

Peu après, Miró exécute ses premières sculptures en bronze.






Caresse d’un oiseau
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En 1964, Joan Miró participe à la création de la Fondation Maeght où il trouvera enfin un lieu pour lequel il va créer des oeuvres monumentales.

La rencontre entre Joan Miró et Aimé Maeght fut essentielle. Pour la première fois la sculpture de Miró se trouve intentionnellement associée à l’architecture et à la nature, pour lui source infinie d’inspiration : il va ainsi créer spécialement pour la Fondation Maeght un jardin de sculptures et de céramiques monumentales, monde onirique qui peuple le « Labyrinthe », et qui rappelle que Miró n’est pas seulement peintre mais aussi sculpteur.

En 1974, dix ans après l’ouverture de la Fondation Maeght, le Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris a présenté un ensemble de sculptures de Joan Miró.




(source)





Presque 40 ans plus tard, le musée Maillol resitue Miró dans cette perspective et rend hommage à ce grand artiste, qui tout comme Picasso, fut peintre et sculpteur.



« Il me faut un point de départ,
ne serait-ce qu’un grain de poussière ou un éclat de lumière.
Cette forme me procure une série de choses,
une chose faisant naître une autre chose.
Ainsi un bout de fil peut-il me déclencher un monde. »

Joan Miró




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J’ai vu naître le Musée Maillol avec la même énergie et la même fougue qui ont animé ma famille lorsque, petite fille, j’ai vu naître la Fondation Marguerite et Aimé Maeght — inaugurée le 28 juillet 1964 — et le Musée Maillol – Fondation Dina Vierny — inauguré le 20 janvier 1995. Nos deux Fondations sont nées de la volonté et de l’amour de deux familles pour l’art et les artistes.




Lunar bird
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(…)

Par cette exposition, j’espère révéler qu’une partie de l’oeuvre de Joan Miró peut être plus secrète. La sculpture pour Joan Miró est une recherche sans cesse renouvelée, il assemble des objets pour en faire des oeuvres/poésies comme le poète assemble les mots. Les titres des sculptures sonnent comme des haï-ku, « L’horloge du vent », « Jeune fille s’évadant », « Monument dressé en plein océan à la gloire du vent », « Les Trois cheveux magnétiques de la belle blonde attirent les papillons », …


(…)

A travers l’exposition « Miró sculpteur » au Musée Maillol, j’ai voulu remettre en question le Miró que le public connaît ; exposer non pas l’artiste des Constellations, des Intérieurs hollandais ou des monochromes mais l’artiste sculpteur dans sa gestuelle créative.






(source)




(…)

Du bronze, Joan Miró va chercher la « noble patine qui va du noir au rouge sombre, en passant par de larges zones à la tonalité verdâtre » ou « une patine riche et très personnelle, pleine de magie » ou encore « la pureté qui garde le pouvoir de suggestion et la puissance primitive des sculptures ». Pour Miró les patines sont des équivalents de la peinture, il travaille directement à la fonderie et réalise parfois lui-même les patines sur le bronze qui, par sa main, devient oeuvre peinte.





(source)




Dès sa rencontre avec mon grand-père, le travail de Miró sculpteur prend une autre dimension.

En effet, dès lors, il crée des oeuvres pour être fondues.

Tout d’abord nées de son imagination tels « L’Oiseau solaire » ou « L’Oiseau lunaire », il reprend l’idée des « assemblages d’objets bruts » nés de ses promenades pour trouver ces « presque rien » qui, associés par la main de l’artiste, deviennent des sculptures-poésie.





Extraits du texte d’Isabelle Maeght publié dans le catalogue de l’exposition




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A lire : l'article du Nouvel Obs « La poésie des sculptures de Miro »




(source et ©)


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D’autres sculptures de Miró sur le blog : « Miró en son jardin »



Assemblage
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Très belle exposition à tous !


Miss You

08 décembre 2010

Ana Duncan, sculptrice

Ana Duncan est une sculptrice irlandaise installée à Churchtown, près de Dublin.

Elle travaille principalement le bronze et la céramique.

J’aime beaucoup le regard qu'elle porte sur le corps de la femme, en le sculptant à la fois élancé, tout en simplicité, mais riche de formes, voluptueux et aérien, fragile et intemporel. Les reflets et le jeu de la lumière sur la matière polie ajoutent une note de sensualité aux silhouettes nées dans le secret de son atelier.



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Theotokos





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La vue




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Infinité




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Sur la vague




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Débutante




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Forme marine




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Petite étude géométrique




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Souvenir




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Joueur à la balle




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Forme marine (2)







Miss You

09 novembre 2010

« Lapita, Ancêtres océaniens »

Encore une bien belle et riche exposition dans ce musée décidément parmi mes préférés.


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L’exposition


L’exposition LAPITA, Ancêtres océaniens présente un panorama de la tradition céramique Lapita à travers une sélection exceptionnelle d’objets et de fragments d’objets principalement en provenance de Nouvelle-Calédonie et du Vanuatu.





En s’appuyant sur des découvertes archéologiques récentes qui ont permis de réévaluer l’ensemble des connaissances sur l’Océanie préhistorique, l’exposition resitue la céramique Lapita - vieille de 3000 ans - dans son contexte historique et archéologique.


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(Source)



Elle montre les spécificités techniques et la diversité stylistique des objets Lapita, et analyse l’héritage encore présent de ces décors dans les traditions décoratives océaniennes contemporaines.





Première exposition internationale réalisée sur ce sujet, LAPITA, Ancêtres Océaniens témoigne de l’histoire du peuplement de l’Océanie lointaine.





La tradition céramique Lapita est en effet historiquement liée à la première implantation des populations de langues austronésiennes dans le Pacifique sud-ouest dès le milieu du deuxième millénaire avant J.-C. : ces poteries, dont les premiers tessons furent découverts au début du XXe siècle, demeurent le marqueur archéologique le plus identifiable de la progression de ces populations.


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(Source)



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La céramique Lapita


L’homogénéité étonnante des poteries décorées de pointillés, et disséminées sur une distance de près de 4500 km en moins de 400 ans, a incité les archéologues à parler d’un « ensemble culturel Lapita » regroupant l’ensemble du Pacifique sud-ouest il y a 3000 ans.





Plus de 300 sites préhistoriques renfermant des tessons Lapita ont été identifiés à ce jour.

Mais la découverte d'une fosse en Nouvelle-Calédonie et d’un cimetière à Téouma au Vanuatu a permis, au cours de la dernière décennie, d’étudier pour la première fois, un ensemble important de récipients Lapita bien conservés et d’apporter une contribution essentielle à la description de cette tradition céramique.





L’une des caractéristiques majeures de cette tradition est la complexité des formes identifiées.

Le remontage des poteries à partir des tessons et les analyses de matériel provenant des fouilles ont permis d’établir une riche typologie d’objets et de montrer que les potiers austronésiens avaient développé une technique particulière de fabrication de céramique.

Les poteries, principalement réalisées avec de l’argile de marais, étaient montées par plaques.

Les motifs, imprimés sur la pâte sèche avant cuisson, étaient réalisés avec des outils dentés.





L’organisation du décor pointillé imprimé sur les poteries se définit par une recherche de symétrie. Ce décor est caractérisé par un ou deux bandeaux centraux constitués de motifs souvent complexes, eux-mêmes bordés de frises aux motifs simples et répétitifs.

Les études identifient une quinzaine de grandes classes de décors. Le développement des fouilles de sites Lapita en Mélanésie a permis d’identifier dans l’ensemble décoratif Lapita, en complément des motifs géométriques, la présence de visages humains plus ou moins stylisés.

(Bien plus encore à découvrir sur le site du Musée.)



Présentation signée par le Musée du Quai Branly




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Quelques pistes supplémentaires :



• Un long article sur Libé Voyages

• Le très riche site arethpa.ifrance.com consacré à l’art Lapita

• Un autre site www.cdp.nc sur la civilisation Lapita



Wiki





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Et, pour conclure, un parallèle que je trouve particulièrement intéressant


Poteries Lapita et pétroglyphes de Nouvelle-Calédonie


Les pétroglyphes sont de petits dessins gravés dans la roche.

En Nouvelle-Calédonie, on les trouve aussi bien sur la côte Est que sur la côte Ouest, le plus souvent au bord de rivières.

Ils ont été réalisés en frappant plusieurs fois la roche avec une pierre dure et pointue.

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L’eau servait pour polir les motifs.

En Nouvelle-Calédonie, on a trouvé une grande variété de formes de pétroglyphes :
des spirales, des croix, des cercles, des étoiles, des lignes, des polygones, des formes humaines et animales.

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Ces pétroglyphes sont difficilement datable.

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Cependant, des archéologues pensent que certains ont pu être gravés
dès l’arrivée des premiers hommes en Nouvelle-Calédonie il y a plus 3000 ans.

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Les motifs des pétroglyphes rappellent ceux des poteries Lapita.


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Texte et photos des pétroglyphes signés Black Spirit.org



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Miss You

26 septembre 2010

Dominique Pouchain, artiste de la matière

Toujours parmi les jolies rencontres faites à faites vendredi soir à Art Nîm, il y avait plusieurs très belles céramiques de Dominique Pouchain, magnifiquement révélées et expliquées par Pierre-Yves Leiser, le galériste de Courants d’Art.


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Potier, que vois-tu à travers la fenêtre de ton atelier ?

Je vois des animaux, peuplades stylisées de rêveries enfantines,
du monde en dehors, d'ailleurs, de la mémoire en devenir.

Je vois des formes utiles, inutiles.

Je vois un champ de Luzerne, de blé, la montagne de Lusset, l'horizon...










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Le geste est simple. C’est celui des potiers de toujours. D’une tradition ancestrale bien plus ancienne encore que celle propre au territoire de Dieulefit où il est né, en 1956, dans la Drôme.

Où il vit. Et travaille. C’est un geste archaïque.

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Il l’a longtemps observé dans l’atelier de poterie de ses parents, Rolande et Jacques Pouchain, jusqu’à s’y abandonner à son tour. Il n’avait que dix-sept ans.

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Ce n’est pas lui qui a séduit la terre mais la terre qui l’a progressivement conquis. Pour faire de l’utilitaire d’abord puis des sculptures, à partir de 1981.

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Il exposera dès 1985, quittant progressivement le statut d’artisan pour celui d’artiste en rejoignant la Maison du même nom en 1990.

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Depuis, ses pièces ont voyagé aussi bien en France qu'à l'étranger, à travers des expositions dans des galeries, et de nombreuses collections privées. …

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Le tour, l'estampage, l’engobe, l’alquifoux, il a utilisé tous les outils et tous les matériaux à sa disposition.

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Jusqu’au bronze, qu’il travaille depuis 2003, accordant ainsi une puissance nouvelle à ses sculptures sans délaisser la céramique pour autant. …

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La ligne épurée de ses œuvres dit assez sur quelle crête intérieure son travail se situe. Entre ombre et lumière, pour lui qui sait que l’une appelle inévitablement l’autre. Et réciproquement. …


Extraits choisis du texte de Lorette Nobécourt



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Rencontrer l’artiste à son Atelier


Quartier le Mié – 26220
La Paillette Montjoux – France
Tél : 0033 (0)4 75 46 82 47
info@dominiquepouchain.com



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Le retrouver à la Galerie Courants d’Art

Située au cœur de Revel, cette galerie a pour objectif de faire partager de merveilleuses rencontres avec des peintres, sculpteurs sur bois, artistes verriers et céramistes choisis pour leur créativité fertile et leur excellence technique.

Les points communs des objets présentés : le travail avec la matière, des formes pures, un lien certain avec la nature.

Le rôle des oeuvres proposées : l’émotion procurée.

15 rue Jean Moulin - 31250 REVEL - Tél. : 05 61 27 87 31
Pierre-Yves Leiser - Tél. : 06 14 61 91 56
contact@cdag.fr




Miss You

04 septembre 2010

Marie Juge chez AbsolutelyArtDealer

Parmi les galeries que j’aime tout particulièrement, il y a AbsoluteArtDealer fondée et dirigée par Valérie Bineau.


J’avais évoqué cette galerie à l’occasion de l’exposition Le cœur innombrable de Kakuko Moriyama.


Aujourd’hui, j’ai envie de vous en dire davantage sur la galériste, Valérie Bineau, avant de revenir sur l’une des artistes de talent qu’elle expose : une sculptrice, une potière : Marie Juge.



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D’abord quelques mots sur la galériste,
Valérie Bineau,
par elle-même



Une passion pour l'art qui devient réalité...
Après une formation Marketing, j'ai travaillé pendant 10 ans dans la communication, avec à chaque fois une forte dimension esthétique et culturelle, aussi bien en agence de publicité que chez l’annonceur ou en cabinet conseil en communication.

Passionnée d’art, milieu dans lequel j’ai baigné depuis ma plus tendre enfance, j’ai toujours rêvé de travailler dans ce monde, sans jamais oser me lancer…

Mais, parce que pour moi l’art doit être accessible à tous, parce que pour moi l’art doit être partagé, parce que pour moi l’art n’existe pas seulement dans les galeries « in », parce que pour moi avant d’être connus, Picasso, Van Gogh, Renoir et bien d’autres étaient d’illustres…inconnus…j’ai décidé aujourd’hui de devenir « Absolutely Art Dealer » !


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« Absolutely Art Dealer » a pour vocation de :

• vous présenter régulièrement des artistes dont j’apprécie le travail, des artistes prometteurs ou déjà connus, des femmes et des hommes dont la démarche est authentique et « absolue », et dont l’engagement et le travail s’inscrivent sur le long terme.

• répondre aux exigences du public d’aujourd’hui, professionnels ou particuliers, sensibles à l’art et désireux de faire des découvertes, de ressentir des émotions, sans cesse…

• défendre les artistes et leur créativité, exposer leur travail d’une manière différente, sur le site via la Galerie vidéo ou la Galerie virtuelle, dans les salons ou lors d’expositions « absolument » originales (les expos « A(r)t Home » par exemple), lors de soirées événementielles pour les entreprises…ou tout autre biais permettant de réduire la distance entre l’artiste et l’amateur d’art.

Mon objectif ? Vous faire partager une grande aventure qui suscitera de nouvelles rencontres et de belles émotions.


(Valérie Bineau)
« Absolutely Art Dealer »




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Apéro, bon vin et bonne humeur garantis !


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Les sculptures de Marie Juge allient couleurs de la terre et effets de matières.

L’artiste suit son instinct et défie les techniques de la céramique pour créer.


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Le feu accentue les lignes, à la fois fluides et ancrées dans la terre, de ses silhouettes de femmes lointaines et de ses totems.

Finalement, la simplicité des décors rappelle l’essence même du Raku


« Après une cuisson classique, je pose l'émail et je mets la pièce dans un four à gaz.

Tout se joue à la sortie du four : les flammes et le feu révèlent la matière et les couleurs
… »,

(Marie Juge)




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Elle travaille le grès fumé façon raku.

Son inspiration vient de ses voyages et surtout de la rue : Marie vie et travaille dans le 18ème arrondissement de Paris, quartier cosmopolite qui lui permet d’observer coiffures et tenues, du boubou aux tresses africaines et au turban touareg qui, un jour, se retrouvent sculptés dans la terre et par le feu.

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Chaque œuvre unique est construite autour du fil conducteur de son travail, la matière et la couleur naturelle de la terre.

Pour cela, elle crée ses silhouettes en plusieurs parties autour d’un socle correspondant au squelette de la pièce afin d’exploiter l’inépuisable diversité d’effets qu’offre le grés et d’habiller ainsi son œuvre de matière.

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Transformée une première fois par ses mains, la matière prend des aspects lisses ou très bruts selon son inspiration.

Le feu, dans un second temps, va révéler la terre et accentuer les contrastes entre la douceur d’un émail craquelé sur une terre blanche et la rugosité d’une terre noire se rapprochant de la lave.

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Tout naturellement, Marie cherche à aller vers la matière pure se rapprochant du centre de la terre, le basalte et les scories.

Les silhouettes sont alors plus grandes (jusqu'à 2m) moins figuratives et l’habit n’est plus que feu et lave.


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Découvrez aussi
Michel Biot, peintre des éléments,
et
son travail




Bonne expo à tous !


Miss You

07 octobre 2009

Jean Cocteau et la Méditerranée

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Autoportrait à la veste jaune, 1952
Collection Fondation Regards de Provence
(Affiche de l’exposition).



Exposition « Jean Cocteau et la Méditerranée »
du 1er octobre 2009 au 24 janvier 2010
Au Palais des Arts -
Place Carli – Cours Julien, Marseille



mareealasirene.jpg Marée à la sirène


A l’occasion du 120ème anniversaire de la naissance de Jean Cocteau (1889-1963), la Fondation Regards de Provence - Reflets de Méditerranée souhaite rendre hommage à un créateur de toutes les avant-gardes et révéler la richesse et la diversité d’une vie artistique passionnante où la Méditerranée est une obsédante et généreuse source d’inspiration.

Ses références à l’histoire de l’art et à l’actualité montrent combien une curiosité sans pareille et une immense culture font de lui un personnage incontournable du XXème siècle.

Cette exposition présente près de 150 dessins, peintures, tapisseries, céramiques et bijoux de Cocteau et des dessins, peintures et photographies sur l’artiste au Palais des Arts à Marseille.

tapissaubusson1952.jpgTapis Aubusson 1952


Essentiellement connu comme poète, romancier, dramaturge et cinéaste, Jean Cocteau n’a cessé de dessiner toute sa vie. Il écrivait : « Mes dessins sont de l’écriture dénouée et renouée autrement », elle lui permet d’entrer en poésie et de défricher d’autres domaines de la création.
La Côte d’Azur, l’Espagne, l’Italie et la Grèce ont été des terres d’inspiration pour cet intellectuel-artiste protéiforme. Sa féconde imagination se mêlant à la joie de la création et sa production généreuse et passionnée glorifient cet infatigable créateur, dessinateur de toute une vie, doué à la fois d’une très grande facilité de trait et d’une riche sensibilité.

Il pratiqua les techniques plastiques les plus diverses, abordant la peinture, les différentes formes de l’estampe, la tapisserie, et à la fin de sa vie, la fresque et la céramique où son univers poétique s’exprime librement


bergergrec1954.jpg Berger grec 1954






« La Méditerranée ne se contente pas d’être un spectacle.
Il est probable que son sel et que son iode contiennent autre chose de fort mystérieux,
puisque toutes les côtes qu’elle baigne forment une sorte de patrie
et que les peuples qui habitent cette patrie composent une famille
qui, même lorsque les apparences et le mur des langues le démentent,
groupent une sorte de race, et je le répète, de famille
. »
(Jean Cocteau)




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Cocteau et la Côte d’Azur



La Côte d’Azur aura été pour Jean Cocteau, tout autant que Paris, le lieu de toutes les rencontres, les créations et les passions. C’est en 1918, qu’il vint pour la première fois à Grasse chez le dramaturge Francis de Croisset, beau-père de Marie-Laure de Noailles, où il écrit « Le Coq et l’Arlequin ».

Les années suivantes, il fréquente avec Raymond Radiguet les plages varoises, de Carqueiranne, du Lavandou, de la Côte des Maures. Il écrit, entre autres, « Le Grand écart », « Thomas l’Imposteur » et la préface pour le « Diable au corps ».

legabierdevigie.jpgLe Gabier de la Vigie


Il séjourna à Villefranche-sur-Mer, à Toulon, à Roquebrune, à Hyères, à Saint-Tropez, à Prasmouquier en 1937 avec Jean Marais.

L’été 1950, à l’invitation de Francine Weisweiller, il s’installe à Saint Jean Cap Ferrat, dans sa Villa Santo Sospiro, où il prit alors d’assaut les murs de la villa azuréenne et ses graphismes ornèrent toutes les pièces et les lieux de circulation, envahissant l’espace.

Cet évènement précéda la décoration qu’il entreprit sur les parois et la façade de la Chapelle des Pêcheurs à Villefranche-sur-Mer. Il décore ensuite la salle des mariages de la Mairie de Menton, et la scène du théâtre grec en plein air du Centre Méditerranéen à Cap d’Ail en 1961.

ulysseetsirenes1952.jpgUlysse et les sirènes 1952


En 1956, il rencontre le couple de céramistes Marie-Madeleine Jolly et Philippe Madeline, installés sur les hauteurs de Villefranche-sur-Mer, avec qui il partage la passion de l’art de la terre et du feu et réalise une oeuvre conséquente de plus de trois cent modèles uniques ou à tirages multiples. Au fil des mois la collaboration de Jean Cocteau et ses potiers s’intensifie « c’est le feu de l’amitié et l’amitié du feu », dira-t-il à sa première exposition à Villefranche-sur-Mer.

Tous à l’atelier seront subjugués par ce génie qui comprend tout, voit tout, possède cette faculté extraordinaire de s’imprégner des choses, cette créativité sans borne qui déjà a ébloui les cinéastes, lithographes et autres verriers qui l’ont assisté techniquement. Sa vitesse d’exécution est impressionnante, le temps s’est arrêté, la « poèterie » est en marche.


orpheealalyre1950.jpg Orphée à la lyre 1950





Cocteau et l’Italie



L’Italie, proche voisine de la Côte d’Azur, est pour Jean Cocteau un lieu de ressourcement et de retrouvailles. Venise et Rome sont chargées d’histoire et sont faites de souvenirs, de ces moments rares où l’émotion et l’enthousiasme se conjuguent.

doramaar.jpgDora Maar, portrait


Pour le metteur en scène italien Giorgio Strehler, qui vécut et travailla longtemps à Paris : « Si l’oeuvre et la poétique de Cocteau ont été influencées par ses voyages et ses séjours en Italie, ainsi que par ses relations avec les artistes et les intellectuels de la Péninsule, sa « poésie » et sa personnalité ont pareillement laissé des traces profondes sur la culture italienne. Or, soulignons-le d’emblée, l’auteur du « Mystère Laïc » a survécu dans l’imaginaire collectif italien surtout grâce à sa « poésie de théâtre » et à sa « poésie cinématographique »».


mythologieblonde.jpgMythologie blonde



Cocteau et la Grèce



« …l’idée de la Grèce me hante après une longue nuit de ce sommeil qui massacre l’homme et n’épargne que les idées », écrivait Jean Cocteau dans le « Journal d’un inconnu ».

Cocteau le Grec, il le fut toute sa vie, et la Méditerranée était bien souvent et de façon évidente la Grèce.

Lorsqu’il découvrait les rivages azuréens il ne pouvait s’empêcher dans ses lettres à sa mère de comparer ces paysages avec ce qu’il pressentait de la Grèce : « L’air de mer qui excite à la poésie explique le lyrisme grec ».

portraitelcordobes1960.jpg Portrait d'El Cordobes 1960


Ses historiens confirment que Jean Cocteau n’est venu en Grèce qu’à trois reprises pour des séjours relativement brefs. Cela peut paraître paradoxal, car une part très importante de son travail est habitée par la Grèce antique et par sa mythologie. Un thème fort, qui tout au long de sa vie sera présent dans toute son oeuvre littéraire, dramatique, théâtrale ou plastique.



Cocteau et l’Espagne



En ce début du XXème siècle à Paris, l’Espagne est très présente sur le plan culturel tant par sa littérature que par la musique, et Cocteau est marqué par des rencontres qui furent capitales, principalement celles depuis le Bateau-Lavoir de Picasso, Sabartès et Juan Gris.

profilbleubroche.jpgProfil bleu, broche


Il reconnaîtra l’importance de sa relation avec Pablo Picasso, tant sur le plan amical que sur le plan artistique. “Picasso, c’est ma rencontre capitale. Il m’a appris à courir plus vite que la beauté, ce qui fait que l’on a l’air de lui tourner le dos...”

Il disait aussi de lui : “C’est le seul homme qui se serve du génie comme intelligence... Il est le type de prisonnier qui cherche à démolir sa prison”, ou encore : “C’est un chiffonnier récupérant tout sur son passage et haussant les objets à la dignité de servir”.

orpheus1950.jpgOrpheus 1950



Cocteau et la formule magique…



La poésie retrouve son sens premier et générique avec Cocteau : le « poien » grec, c’est faire, c’est créer.

Sous la figure tutélaire et emblématique d’Orphée, figure inspirée et inspirante, Cocteau est poète au plein sens du terme, celui qui crée de toutes les manières, celui qui crée comme il respire, celui dont la vie même est création. A ce titre, et dans la lignée des dandys du XIXème siècle, Cocteau est bien aussi de ceux qui ont voulu faire de leur vie une oeuvre d’art.

phedreetoenone1951.jpg Phèdre et Oenone 1951


Ainsi, pour Cocteau, dire que tout est écriture, c’est dire que tout est poésie. Tout est un.

La variété des genres, le passage d’une prétendue « discipline » à une autre, n’est pour lui qu’un déplacement naturel, un mouvement instinctif vers les formes d’art qui, à un moment ou à un autre, s’offrent à lui.

Comment les refuser ?

Danse, cinéma, peinture, dessin, céramique, objets sculptés, partout où il passe, Cocteau reste le même : un poète. Il ne se disperse pas, bien au contraire il se rassemble dans la variété des supports. Tout l’intéresse…

antigonepoemeobjet.jpg Antigone, poème-objet



L’intégralité des textes, citations et reproductions, proviennent du site Regards de Provence




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• A voir, le diaporama du Monde


• Un site où retrouver les expositions permanentes ou temporaires consacrées à l’artiste

gardiensdelolympebijou.jpgGardiens de l'Olympe, bijou



Miss You

25 décembre 2008

Au coeur d'une roulotte

Au cœur du triangle Avignon-Nîmes-Alès, Saint-Quentin la poterie est l'épicentre d'une petite région vouée depuis toujours aux arts de la terre et du feu. Je vous avais raconté d’ailleurs ma balade à la découverte des potiers et des céramistes lors des Journées du Patrimoine.


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Ce jour-là, j’ai aussi eu l’occasion de découvrir une exposition d'un tout autre genre intitulée « Un siècle de roulottes », proposée par un passionné, Pierre Le Fur, qui restaure seul ou avec un groupe d’amis des roulottes authentiques.

Les premières roulottes sont apparues vers 1850 et les premières caravanes vers 1950. Cette exposition est l'unique rétrospective de ce moyen de vivre et de voyager.


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Curieuse de découvrir l’intérieur de ces maisons hippomobiles, je suis allée à leur rencontre et j’ai rapporté quelques photos. J’ai été très impressionnée par la sensation de grand confort, l’importance du traitement de la lumière (vitraux, miroirs), le tout faisant de ces espaces restreints des cocons douillets et chaleureux. J’ai aussi adoré la place donnée au bois, que ce soit sur les murs, les portes ou les parquets.


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La roulotte ci-dessous est entièrement dans son jus, aucune remise en état n’a encore commencé depuis les aménagements de son dernier propriétaire. Vide, elle donne une idée des volumes et de la lumière qu'on peut y trouver.


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Les autres roulottes sont plus ou moins achevées, fonction de leur état d’origine, de leur ancienneté, du temps libre de leur propriétaire collectionneur, des matériaux qu’il a pu récupérer et réutiliser.


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Les matériaux utilisés sont tous d’époque, qu’il s’agisse de tissus, de planchers, de meubles, de lampes, de verrerie, de vitraux, d’interrupteurs en porcelaine, de poêles à bois,….


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Il faut savoir que les roulottes d’époque sont très rares. Traditionnellement, les gens du voyage se faisaient brûler avec à leur mort, leur roulotte étant devenue impure.
Celles qui ont traversé le temps, sont hélas souvent en très mauvais état et nécessitent des travaux de rénovation importants.


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Le but de cette collection est tout d'abord de sauver cette riche page culturelle sans laquelle ni cirques, ni gitans, ni forains n'auraient existé mais aussi de les faire revivre, en organisant des fêtes et des concerts sur place, en les louant pour le cinéma et la TV et en les ouvrant au public afin que petits et grands découvrent la bohème.


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La toute dernière restauration datait de la veille de ma visite. Pierre Le Fur et un ami avaient achevé la remise en état d’un petit manège manuel, que j’ai trouvé trop mignon pour ne pas le photographier.


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Si vous passez dans la région, vous pouvez les voir Chemin des Sources. Serres d’Archimbaud. Saint Quentin la Poterie (Gard); Pierre Le Fur est un pur passionné, ravi de raconter et de donner toutes les explications possibles. Un vrai personnage, très attachant.
Les enfants présents ce jour là visiblement se régalaient d’aller d’une roulotte à l’autre, comme autant de lieux mystérieux et surprenants.


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20 octobre 2008

Sous les pavés...

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Il y a presque dix ans, j'ai réalisé ce dessin de la tour Magne pour un ami et le Comité de quartier Jean Jaurès à Nîmes. Surprise : le samedi 13 Septembre 2008, me voici invité par le Président du Comité pour découvrir une plaque commémorative au 14 rue Fernand Pelloutier sur laquelle figure le dessin !!! A noter que les différents membres de l'association ont mis en place une exposition retraçant l'histoire et la vie autour du boulevard Jean Jaurès de 1908 à 2008 (centre Pablo Neruda).

Fabrice Mondejar.


Lundi après-midi, en attendant mon tour à la Poste de Nîmes cette fois-ci, j'ai eu le loisir de pouvoir lire les panneaux consacrés au centenaire du comité de quartier de Jean Jaurès. Il faut vous dire à vous étrangers, qu'à Nîmes, question repérage, c'est simple : tu vois l'avenue Jean Jaurès ? Ben c'est au bout, à droite, à gauche, bref, où que tu ailles, c'est pas rapport à l'avenue Jean Jaurès, grand homme politique si l'en est et surtout grande avenue de Nîmes.

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Axe majeur de la ville, l'avene Jean Jaurès est en travaux depuis plusieurs années et par conséquent, donne lieu à des fouilles archéologiques. Voici ce qu'on peut lire sur le site de l'INRA :

La fouille préventive menée sur l'avenue Jean-Jaurès, préalablement à la construction d'un parc automobile souterrain, constitue l'une des plus importantes surfaces d'étude ouvertes dans le tissu urbain antique de Nîmes.

Parmi les opérations importantes déjà réalisées, on rappellera les fouilles qui ont précédé la construction de la médiathèque Carré d'Art (1985), la création du centre commercial de la Coupole des Halles (1990), l'aménagement des abords de la Maison Carrée (1991), le programme immobilier de Villa Roma sur les pentes sud du Mont Cavalier (1991-1992) ou encore, plus récemment, l'agrandissement du parking souterrain de la place d'Assas (2004).

D'une superficie globale d'environ 6 500 m2, l'emprise de la fouille archéologique occupe une partie de l'allée centrale de l'avenue Jean-Jaurès. Il s'agit d'une longue bande étroite de 400 m de long et de 15 m de large en moyenne. La fouille a duré 10 mois et a rassemblé plus d'une trentaine d'archéologues.

L'avenue Jean-Jaurès est un axe majeur et remarquable de la ville actuelle de Nîmes. Ce « Cours Neuf » est né au XVIIIe siècle des suites de l'aménagement de la Fontaine par Mareschal, l'ingénieur des fortifications du Roi, dans le cadre d'un plan d'urbanisme général qui comprenait aussi de nouvelles rues au milieu des anciens faubourgs à l'ouest de la ville médiévale. Bien que le tracé de cette large avenue s'articule parfaitement avec l'un des monuments les plus prestigieux de la ville romaine, l'Augusteum, sanctuaire impérial organisé autour de la source de la Fontaine, ce tracé ne correspond à aucune réalité de la topographie antique.

La fouille s'inscrit dans un environnement archéologique sensible révélé de nombreuses fois depuis les observations du XIXe siècle jusqu'aux fouilles archéologiques préventives des 25 dernières années. Par sa morphologie même et par sa situation à la charnière de deux anciennes limites majeures, entre l'enceinte de la ville gauloise au nord et l'enceinte romaine au sud, la fouille du parking Jean-Jaurès permet une lecture transversale de la ville antique et constitue un secteur clé pour la compréhension du développement de la cité.

Le diagnostic archéologique réalisé au printemps 2005 (J.-Y. Breuil, Inrap) a confirmé la forte densité de vestiges antiques. Le terrain naturel a été atteint, par endroits 2 ou 3 m sous la surface actuelle. Au-dessus, la stratigraphie révèle 1,50 m de couches antiques avec des vestiges relativement bien conservés, car peu perturbés par les cultures médiévales puis scellés ensuite par les épais remblais modernes du Cours Neuf.

La fouille archéologique a tenté de documenter plusieurs thèmes de recherche : restituer la topographie initiale du site, comprendre les conditions d'installation des occupations anciennes, comprendre aussi la physionomie du quartier extra-muros à l'époque républicaine (premiers noyaux d'habitat, part réservée aux cultures, rues) et les principales étapes de l'urbanisation du secteur à partir de la période augustéenne jusqu'à son abandon. En définitive, il s'agit de percevoir la transformation progressive des abords d'une agglomération gauloise vers une ville romaine, en évolution permanente au contact de nouveaux usages.

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Résultats

La fouille a révélé que la périphérie sud de la ville gauloise, au contact de l'enceinte, était, dès les IVe-IIIe siècle avant notre ère, occupée par des vignes. L'existence du vignoble a été repérée grâce à des traces de plantations caractéristiques laissées dans le sous-sol, en particulier des tranchées de défoncement (sulci). Cette technique, décrite par les agronomes romains et bien connue dans le sud de la Gaule, trouve ici l'une de ses plus anciennes attestations confirmant la présence à Nîmes de la culture de la vigne bien avant la Conquête romaine.

Au IIe siècle avant notre ère, la culture de la vigne est repoussée plus au sud et ce quartier extra-muros traversé par trois voies laisse la place à un secteur artisanal dédié à la métallurgie. Fosses rubéfiées, vidanges de foyer, rejets de forge et possible four de réduction de minerai sont les principaux témoins de cette activité. Siège des premières constructions, hors des anciennes limites de la ville, ce secteur restera longtemps dévolu au travail du fer et du bronze. Plus au sud, une autre voie empierrée est mise en place précocement et est bordée par des cultures.

L'urbanisation pleine et massive de cette partie sud-ouest de la ville romaine intervient à partir du règne d'Auguste, au moment où Nîmes se dote d'une parure monumentale (enceinte, augusteum, forum). De nouvelles voies empierrées sont créées, d'autres plus anciennes sont élargies et seront progressivement dotées, au cours des Ier et IIe siècles de notre ère, de divers aménagements publics : portiques, égouts collecteurs, galerie souterraine d'adduction d'eau, château d'eau secondaire, fontaines, trottoirs.

La fouille a recoupé un ensemble de 8 rues qui dessert autant îlots dont une majeure partie est à vocation résidentielle. Si l'étroitesse de la fouille ne permet pas de rendre compte des plans complets des bâtiments, elle offre l'opportunité de saisir les divisions à l'intérieur d'un îlot et de comprendre le processus d'urbanisation et de lotissement, montrant par endroits une filiation forte entre parcellaire ancien et structuration du bâti romain.

Plusieurs maisons présentent des décors soignés associant, selon les endroits, peintures murales et mosaïques de pavement. Une demeure en particulier, de plusieurs centaines de mètres carrés, s'apparente au modèle de la domus romaine, se caractérisant notamment par une série de pièces organisées autour d'une cour et desservies par des galeries. L'aile sud comporte deux salles d'apparat richement décorées. L'une est pourvue d'une mosaïque de pavement, très bien conservée, de facture et de composition de grande qualité ; la scène centrale illustre un épisode de la légende de Dionysos, porté à la scène par Euripide dans Les Bacchantes : le châtiment de Penthée et d'Agavé. La seconde pièce plus grande (près de 50 m2) possède une mosaïque, plus dégradée dont le motif central, relatif à la guerre de Troie, figure le mythe d'Achille sur l'île de Skyros, caché parmi le gynécée de Lycomède et démasqué par Ulysse. Une autre résidence s'organise autour d'une cour dotée d'un bassin associant sculpture (Neptune) et jeux d'eau et présentant un accès singulier avec un pan incliné pavé, par ailleurs fortement usé. Plusieurs indices (situation, accès, fréquentation, monnaies, autel votif, mobilier en bois, vaisselle en bronze, graffitis) confèrent à ce bâtiment un caractère luxueux et peut-être en partie public.

L'îlot jouxtant l'enceinte romaine est dévolu à l'artisanat de la terre (plusieurs fours de potiers ont été mis au jour) tandis que le travail de forge a été repéré ponctuellement en bordure des rues. Les éléments de vie quotidienne proviennent essentiellement des rares dépotoirs, des remblais de construction et des comblements des puits : vaisselle et lampes en terre cuite, bijoux, statuaire, tabletterie, objets en métal, résidus de consommation, ....

L'abandon du secteur, qui intervient en grande partie au IIIe siècle, est caractérisé par des traces d'incendies ponctuels et une récupération importante des matériaux de construction. Quelques espaces sont réoccupés sporadiquement à la fin de l'Antiquité. Le paysage urbain va se transformer peu à peu en zone de friche et de cultures, parsemé de quelques tombes du haut Moyen Âge et de l'époque moderne. Le XVIIIe siècle voit la mise en place du Cours Neuf qui en 1943 est jalonné sur son côté ouest par une série d'abris souterrains protégeant des bombardements.



De toute beauté, à voir sur le site de l'INRA, les différentes mosaïques et trésors enfouis sous nos pneus : Diaporama

De magnifiques photos de mosaïques nîmoises à découvrir ou redécouvrir sur le site de Laétitia Mounier .

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21 septembre 2008

Poteries à foison

Ce week-end, St Quentin La Poterie (dans le Gard) proposait différentes animations autour de la céramique.

Les premiers ateliers remontent au XIVème siècle et le village a connu une activité florissante tout au long du XIXème, au cours duquel on a dénombré jusqu’à 60 fours de potiers, 30 fabriques de pipes, 3 de briques, 1 de creusets).
Aujourd’hui, St Quentin compte 21 ateliers de potiers, travaillant selon les goûts la faïence, la terre vernissée, le grès, la porcelaine, ou encore le raku. Et ils étaient tous ouverts :)

L’occasion d’une jolie balade avec, pour mon plus grand plaisir, de la céramique et des poteries partout partout !!

Pour désigner une rue :

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Sur un mur :
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Comme numéro de rue :
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Autour d'une fontaine :
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Le Griffe : une céramiste locale a proposé aux enfants de dessiner une fresque autour de la fontaine la plus ancienne du village en utilisant les tessons de poterie qu’ils collecteraient.


A l'entrée de la maison :
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Sur un autre mur :
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Au milieu de la rue :
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J’ai poursuivi la promenade par une visite du Musée de la poterie méditerranéenne qui recèle de trésors et de pièces utilitaires (vaisselle, daubières, plats à tajine ou couscous, pièges à rats ou à calmars, plats à barbe, siège bébé, toupins/marmites, vire-omelettes, fours, jarres, …) originaires de toute la Méditerranée.

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Un temps superbe, des formes et des couleurs plein les yeux, une belle journée :)


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05 août 2008

Bernard Palissy, l'oublié

Fan de poterie, de faïence et de vaisselle, j’ai été ravie de découvrir, parmi les portraits d’oubliés que LeMonde.fr publie cet été, celui de Bernard Palissy. Je trouve le personnage à la fois fascinant et têtu, curieux et déterminé. Homme de la renaissance, il se fait céramiste, arpenteur-géomètre, peintre-verrier, émailleur, autodidacte, artiste royal et huguenot, il a mille visages et a traversé mille vies avant de retomber dans l'oubli.

Alors, je pose l’article ici :




« L'homme est en nage, hirsute, à moitié nu, diable rougi par le feu qu'il alimente sans relâche.

Nouveau damné, il n'écoute et ne voit rien que l'ardeur du brasier. Comme le miroir de la flamme dévorante qui l'anime. Les voisins s'indignent de ce fou qui sacrifie ses meubles, démonte son plancher, oublie ses charges de famille - deux enfants, petits et tétanisés par la scène, font bien dans le décor, effacés par la fièvre paternelle. Qu'importe ! L'homme est obnubilé jusqu'à la possession par la clé du mystère scientifique qu'il entend percer. D'autres le soupçonnent même de quelque mauvaise action. Fausse monnaie ? La fournaise de sorcier le suggère, si on exclut la prémonition du bûcher promis aux suppôts de Satan comme aux hérétiques.




C'est ainsi que les vignettes des manuels scolaires ont popularisé la figure de Bernard Palissy (1510-1590). Aventurier de la création artistique, martyr de la soif de savoir. Et si la scène paroxystique est excessive, tout n'est pas faux dans cette présentation d'un homme dont le martyre n'est pas qu'une fable édifiante pour les bancs de l'école.

On le dit né à Saintes, ou à Saint-Avit, plus probablement à La Chapelle-Biron, haut lieu de la poterie et de la tuilerie à proximité d'Agen. Selon le chroniqueur La Croix du Maine, l'information la plus fiable, comme la plus ancienne (1585), le donne pour "natif du diocèse d'Agen en Aquitaine". Bernard Palissy est surtout connu comme un artiste céramiste un peu fou qui redécouvrit le secret de la cuisson des poteries émaillées. Ce qu'on sait moins, c'est que l'artisan inventif est arpenteur-géomètre de métier. S'exerçant tour à tour à la "pourtraiture" et à la "vitrerie", Palissy doit peut-être à ce départ professionnel de peintre-verrier la diversité de ses entreprises. Ses imprudences comme ses intuitions aussi.

S'il ne reçoit qu'une éducation fort rudimentaire, il se forme, en homme du temps, par ses voyages et ses errances, qui le conduisent ainsi sur les routes de Guyenne, Armagnac, Saintonge et Poitou, et ne cessent que le temps d'un séjour en Béarn.




Fixé à Saintes en 1539, Palissy ouvre un atelier dans une tour du rempart de la cité. Guidé par ses seules connaissances et une foi absolue en l'expérimentation, il cherche à retrouver le secret des faïences italiennes qui rencontraient alors une faveur immense. Ce qui ne l'empêche pas, arpenteur-géomètre toujours, de lever le plan des marais salants de Saintonge pour l'établissement de la gabelle. Autodidacte, mû par une curiosité farouche des choses de la nature, cet esprit indépendant s'attache à la cause de la Réforme, qui gagne la province vers 1544. Il se convertit bientôt au protestantisme, en 1546. Le moment est périlleux. En Saintonge comme ailleurs, aux derniers jours du règne de François Ier.

Philibert Hamelin, ancien prêtre arrêté pour son passage à la Réforme, part alors, sitôt relâché, pour Genève, comme libraire et imprimeur, et n'en revient, à sa demande, que missionné par Calvin pour prêcher la parole du réformateur et chercher le martyre qui effacera le ralliement de façade au catholicisme romain qui lui avait permis d'être élargi. Avant qu'il ne soit exaucé - il est pendu à Bordeaux au printemps 1557 pour avoir baptisé un enfant dans la foi réformée -, Hamelin nomme Palissy responsable de la petite communauté réformée que celui-ci avait contribué à animer et dont il était depuis près de dix ans l'un des prédicateurs.




Ainsi, si les recherches de Palissy lui valent la misère, ses convictions religieuses, dont il se fait l'apôtre, l'entraînent en prison. Déjà visé par un arrêt ordonnant sa prise de corps en septembre 1558, il est arrêté au lendemain des troubles iconoclastes qui agitent Saintes en 1562. Incarcéré à la Conciergerie de Bordeaux, il n'en sort que sur l'intervention du connétable Anne de Montmorency, qui lui accorde in extremis sa suprême protection. L'édit d'Amboise du 19 mars lui vaut un fulgurant élargissement le 24 mars et une libération définitive moins d'un mois plus tard.

Montmorency, que Palissy comptait depuis plus de dix ans au nombre de ses clients et qui fut peut-être à l'initiative de la visite que le roi Henri II rendit dès 1555 à l'atelier de Saintes, le couvre d'un brevet d'"inventeur des rustiques figulines du Roy", qui lui permet de gagner La Rochelle. C'est là que Palissy, "ouvrier de terre", publie, en 1563, la Recepte véritable, par laquelle tous les hommes de la France pourront apprendre à multiplier et à augmenter leurs thresors. Il la dédie au fils de son protecteur, le maréchal François de Montmorency, plus favorable aux protestants que son esthète de père.

Bernard Palissy gagne bientôt Paris à l'invitation de la reine mère Catherine de Médicis. En 1567, il est reconnu émailleur du roi Charles IX. Le voilà associé aux chantiers de ses protecteurs, du château d'Ecouen au palais des Tuileries, où il décore une grotte pour la reine Catherine, en 1570. Désormais, il est établi faubourg Saint-Honoré. Son statut d'artiste royal lui vaut, malgré sa foi jugée hérétique, d'échapper au massacre de la Saint-Barthélemy le 24 août 1572.

Par prudence, l'artiste part cependant s'installer à Sedan, terre du duc de Bouillon, acquis à la Réforme, où il a toutefois, libre esprit impénitent, quelques démêlés avec le consistoire du lieu. Revenu dans la capitale en 1576, Palissy y assure un cours public, inauguré en fait lors du carême 1575, sur ses recherches et ses observations. Il met en avant, pour la recherche scientifique, le primat de l'expérience. Le jeune Francis Bacon suit très certainement, dès 1578, ces conférences, dont l'esprit se retrouve dans son grand oeuvre philosophique, inachevé, l'Instauratio Magna.




C'est en 1580 que Palissy publie la somme de ses expérimentations, ses Discours admirables de la nature des eaux et fonteines, tant naturelles qu'artificielles, des metaux, des sels & salines, des pierres, des terres, du feu & des emaux... Plus un traité de la marne. Est-ce enfin l'heure d'une pleine reconnaissance ? Les guerres du temps vont en décider autrement.

En 1585, l'édit de Nemours ne donne que six mois aux huguenots pour choisir entre l'abjuration, donc le retour à la foi romaine, et le chemin de l'exil. Palissy, qui a décidé de rester à Paris sans renoncer à sa foi, se cache, délaissant le faubourg Saint-Germain pour la rue des Maretz, dans le quartier qui en a gardé le nom - aujourd'hui le Marais. Arrêté en décembre 1586, il est condamné au bannissement, sous peine de la corde.
La protection royale, déjà bien peu fiable, ne joue plus quand la Ligue entre en dissidence face au roi Henri III. Repris chez lui rue de Vaugirard, après la journée des Barricades qui chasse le Valois de sa capitale, le 13 mai 1588, Palissy est condamné à être "pendu et estranglé et son corps réduit en cendres pour cause d'hérésie".

Un appel suspend la sentence, mais de la Conciergerie à la Bastille, le vieillard ne connaîtra plus de levée d'écrou. Oublié dans son cachot, il meurt fin 1590, tandis qu'Henri de Navarre entreprend de conquérir sa capitale pour devenir Henri IV. Pleuré par quelques rares amis fidèles comme le grand audiencier à la chancellerie de France Pierre de L'Estoile, dont le Journal dit assez la douleur : "En ce mesme an, mourut aux cachots de la Bastille de Bussy, Maître Bernard Palissy, prisonnier pour la religion, âgé de 80 ans ; et mourut de misère, nécessité et mauvais traitement." Jusqu'à rapporter que, à une parente qui demandait à voir son corps, le gouverneur de la prison répondit "qu'elle le trouveroit avec ses chiens sur le rempart, où il l'avoit fait traisner comme un chien qu'il estoit".




Restait à faire de cette trajectoire hors du commun un mythe laïque. La geste palisséenne s'affirme quand les Encyclopédistes, férus de Vitruve, découvrent en l'artisan céramiste un disciple du théoricien romain et le type même du "génie persécuté par l'Eglise". Le martyr de la Bastille séduit autant les révolutionnaires et, si la postérité du XIXe siècle célèbre surtout l'artiste, jusqu'à définir un "style Palissy" dont relèverait sans grande rigueur tout fragment de poterie vernissée, les tenants de l'Art nouveau comme des Arts déco annexent plus justement la mémoire du Saintongeais.

Une faible consolation à l'heure où l'école qui fit la fortune de l'expérimentateur fou a renoncé à célébrer ce magnifique spécimen d'homme de la Renaissance partant pour toutes les aventures du savoir. »


Philippe-Jean Catinchi et Josyane Savigneau

(Source LeMonde.fr du 31 juillet 2008)


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