30 janvier 2012
Ji Dahai expose à Nîmes

du 10 au 31 janvier 2012
Vernissage : Le mardi 10 janvier à 17 h
Conférence d’ouverture : Le mardi 10 janvier à 15 h
Lycée Albert Camus
Bâtiment G salle polyvalente
51, avenue Georges Pompidou à Nîmes
30911 Mîmes cedex 2
Tél: 04 66 62 91 71
Fax: 04 66 62 98 36
Courriel: cdt.camus@ac-montpellier
Avec tout ce qui se passe en ce moment, j'ai omis de vous parler de l'exposition du peintre Ji Dahai qui se tient jusqu'à demain à Nîmes au Lycée Albert Camus. Peut-être vous souvenez-vous de l'article qu'Anna lui avait consacré en 2009 ? Non ? Alors voici ce qu'elle disait :
Ji Dahai est un peintre chinois qui vit depuis quelques années dans le sud de la France.
Je l'ai rencontré il y a un peu plus de deux ans, alors qu'il dédicaçait l'un de ses livres, "Le voyage d'un peintre chinois en Provence", après en avoir fait publier un premier sur son parcours le long des chemins de Compostelle.
Nous avions alors parlé de calligraphie et de son regard particulier pour peindre les paysages provençaux comme s'ils étaient des tableaux chinois. Nous avons eu par la suite quelques échanges par mail.
C'est ce qui m'a valu le plaisir de figurer parmi les destinataires d'un message donnant de ses nouvelles. (...)
Son mail se termine par ces mots : "En contemplant des roses toujours fleuries devant notre fenêtre, après une tempête de neige au sud de la France, nous vous souhaitons, Cécile et moi, une bonne et heureuse année 2009 !"

Voici ce qu'en dit Jean-Louis Bougard dans la présentation de cette exposition :
Né en 1968 à Pékin, JI Dahai vit aujourd’hui en Provence. Issu de la tradition chinoise des Lettrés, inspiré par la calligraphie et la poésie contemporaine, cet artiste utilise l’encre sur soie et le papier Xuan pour exprimer la lumière, entre la lumière réelle et celle de son intérieur. Son œuvre est une ode à la beauté, la nature et l’amour.
Il peint la rosée, la montagne, les peupliers blancs ou les coquelicots. C’est chaque fois une caresse, un souffle, un murmure. Pour d’autres œuvres, la délicatesse du pinceau frôle ou s’affirme en un geste unique et d’une particulière sûreté pour dire sa pensée. Voyageur tranquille, il cueille et grave les pierres de montagnes et les galets des rivières pour en faire des sceaux. Sa grande maîtrise des matières en fait aussi un merveilleux céramiste. La matière n’est que le support de sa pensée. Et le regard du spectateur s’attarde et s’attache à ce propos jusqu’à l’ivresse.
Bonne exposition et/ou bonnes lectures !
anti
16:23 Publié dans L'Univers d'Anti | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : chine, nîmes et ses alentours, rencontre, calligraphie
12 février 2011
« Empreintes de ville » de Sandra Bussière
Une nouvelle jolie découverte : le travail sur plaques d'égout ou palissades de Sandra Bussière, une artiste peintre installée à Pezenas dans l’Hérault.

"Dédales"
« Tout a commencé par une plaque d'égout ».
En résidence d'artiste en Chine,
dans un univers de verre et de béton,
Sandra Bussière s'imprègne de Shangaï,
se mêle à la foule grouillante,
parcourt les ruelles des vieux quartiers chinois.
"A l'ombre de l'arbre"
« J'étais fascinée par les lignes horizontales et verticales qui se croisaient,
par la lumière et par une multitudes de signes illisibles.
Finalement tout s'est joué au ras de sol ».
Le déclic est venu d'une plaque de fonte sur la chaussée.

"Cri de couleurs feu"
« Pour moi, c'était comme une empreinte que j'aie relevée...
Tout est parti de là ».
Dans les rues, sous le regard étonné des passants,
l'artiste pose ses fragiles feuilles de riz sur les lourdes plaques de métal.
Imprégné de rouge et de noir,
le pinceau tamponne ensuite la feuille de riz pour donner naissance à des signes,
ressemblant à une harmonieuse calligraphie chinoise.
(Source : Le blog de Michel Pelamourgue)
*
**
*

"Théâtre de rue"
L'approche de l'artiste
Par un "je" de va- et vient, Sandra Bussière alterne sa position géographique d’atelier, du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest.
Qu’importent les lieux de concentration et de méditation.
Ils ont, certes, une forte influence sur le moment, mais le plus souvent, l’un par rapport à l’autre ;
car c’est le choc des changements, dans l’action en mouvement
que la créativité s’exprime, s’oppose et se compose.

"Soif de rouge"
L’intensité de la rencontre provoque une vision prismatique.
Son regard décompose la lumière, les couleurs, les rythmes, les matières
observés au hasard des rencontres, des voyages, des ballades urbaines, de sensations en émotions.
Là, se trouve la réserve de l’artiste qui s’attelle ensuite à un travail de recomposition, d’assemblage
pour lequel les éléments s’attirent et viennent trouver leur place dans un état d’évidence parfait.
Sandra nous invite à entrer dans son univers comme si l’on poussait la porte de chez quelqu’un,
quelque part...

"Regard de nuit (bleu)"
Il faut alors écouter son langage, interpréter son écriture,
décrypter ses éclairages, percevoir cette musique silencieuse qui nous pénètre,
cette irisation des signes qui disent au-delà des formes,
comprendre que ses prises de contacts et ses prises de notes se sont démultipliées, pétries sur le vif,
en jeux abstraits, empreintes, tâches, masses, graphes, répétitions, sections, superpositions, fusions.

"Trame de souffle"
Cette nouvelle matière, ainsi créée, nous renvoie avec étonnement à une libre interprétation
qui n’aura de limite qu’aux frontières même de notre inconscient et de nos rêves.
(Claire Berthier)
*
**
*

"Regard de nuit (rouge)"
Derrière le regard
« Ce qu’il y a "au-delà du silence ?"
semble être comme un ressouvenir
un oubli qui signe une mémoire,
"derrière un regard"
Vers quelle étrange voie Sandra nous fait-elle cheminer ?

"Pivoines blanches"
Depuis l’odeur des milles fleurs aux couleurs résonnantes,
nous revoilà face à ce qui, présent au monde, nous reste caché
tout ce qui s’égoutte, fluence délétère, humeurs
qui s’épandent sous nos pas.
Bouclier, écu, trappe ?
Qu’importe !
Empruntons un moment la voie incursive de l’œuvre.

"Un autre regard"
Invités à traverser le temps par le monde d’ici-bas,
Sandra nous transporte d’un temps oblitéré au temps présent.
Officiante illuminée d’une messe sous-terraine aux irisations multiples,
elle nous demande de témoigner par notre regard propre,
juste accompagné du plaisir de l’émotion :
"Allez vers la part invisitable".
Celle qui se montre mais ne se voit pas !!
Le don est comme un talent offert.

"Empreinte de ville"
Sandra nous fait l’offrande d’une vie exhumée jadis fleurie à foison,
elle nous conduit aujourd’hui vers un ailleurs dissimulé au profane,
celui qui siège à jamais devant toute béance - interdit- spectral déserteur du forum du dedans.
L’oeuvre ?
Un oeil noir sur l’obscurité d’une bouche, une bouche s’ouvrant sur tout ce qui nous hante
contrechamp des abysses qui nous ignore, étranger à soi même.
Implorant ce soleil éclipsé, aveuglément, du regard ébahi d’un premier âge,
dévoilons-nous, redécouvrons encore... une première fois.
Mais qu’y-a-t-il en dessous ?
Entr’acte ! »
(Armand)
*
© Sandra Bussière
Sauf mention contraire, les textes de cette note,
comme les photos,
proviennent du site de Sandra Bussière

"Regard de Chine"
Miss You
11:15 Publié dans Miss Terre et bouts de blogs | Lien permanent | Commentaires (24) | Envoyer cette note | Tags : peinture, nîmes et ses alentours, street art, calligraphie
02 janvier 2011
Line Bonnef, sculptrice Kalligraphique
Coup de cœur pour cette série de sculptures à mi-chemin entre l’écriture et la danse. Infinie légèreté des créations de Line Bonnef, sculptrice installée dans le Var.

« Andalousie »
« Pendant de longues années, j’ai pratiqué la danse (classique et contemporaine) jusqu’à un niveau professionnel.
Plus tard, j’ai entrepris des études d’histoire de l’art qui m’ont amenée à m’intéresser au domaine particulier de la sculpture.

« Vol en paix »
Mon installation en Provence et le hasard des rencontres m’ont permis de passer à une pratique de ce mode d’expression artistique.
J’ai suivi pendant sept ans une formation dans un atelier de sculpture à Marseille. J’ai pu y aborder une grande variété de matériaux et de techniques qui m’apportent aujourd’hui une vraie liberté de créer.

« Entre terre et ciel »
Créer, c’est être sur un chemin qui ne mène qu’à soi-même et révèle émotions enfouies, expériences vécues, apprentissages.
M’intéresser à l’expression du mouvement en sculpture était une évidence.
C’est en découvrant la calligraphie contemporaine que j’ai trouvé le moyen de l’exprimer.

« Fluidité »
J’ai admiré, en particulier dans les ouvrages du calligraphe Hassan Massoudy, les signes que sa main trace avec une grande liberté ; il sait, par un jeu subtil de couleurs plus ou moins ombrées, faire naître le volume. Tout est mouvement, forme et sens.
C’est en m’inspirant librement de ses calligraphies, en les transposant en trois dimensions, que j’ai conçu la série des « KALLI »*.
*Le mot « kalli » en Inde signifie : « Poème en mouvement ». »

« La paix »
Ces derniers dessinent dans l’espace des lignes cinétiques harmonieuses, dans un rapport constant du vide au plein, de l’ombre à la lumière, selon un rythme musical. Le mouvement est présent, à la fois enraciné au sol et tendu vers le ciel, dans un équilibre incertain, ouvert et fragile.

« Introspection »
A l’image de Mozart « qui cherche des notes qui s’aiment », je cherche des lignes qui s’harmonisent.

« Pur élan »
Les KALLI sont réalisés à partir d’une armature métallique mise en forme, de tissu de verre et de résine polyester. L’utilisation de la résine rend les sculptures légères et très solides. Elles trouvent leur place aussi bien dans un intérieur, que dans un jardin, où elles s’intègrent parfaitement à un espace végétal.

« La mer »

« Chemins pluriel »
Miss You
11:15 Publié dans Miss Terre et bouts de blogs | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sculpture, calligraphie
21 octobre 2010
Parenthèses dans l'actualité
L’actualité étant ce qu’elle est, je vous propose de la survoler autrement qu’à travers les gros titres des JT et autres manchettes déprimantes à force de sombres nouvelles.
Instantanés qui sont autant de parenthèses colorées dans le temps.
*
**

Concours de calligraphie
à Xian, ville chinoise de la province de Shaanxi.
(He Xi/ AFP)
La calligraphie sur le blog
*

Vol hypnotique
S’il compte parmi les oiseaux les plus petits au monde,
le colibri n’en est pas moins l’un des plus surprenants et des plus courageux,
comme le révèle ici son face-à-face hypnotique avec une vipère verte
dans une forêt du Costa Rica.
Pas question pour lui de se laisser importuner par ce prédateur
qui menace son territoire et ses ressources.
Plutôt que de fuir, le colibri essaye, par le bourdonnement incessant de ses ailes,
dans un vol stationnaire dont lui seul a le secret,
de troubler la quiétude du reptile qui,
bientôt las de devoir souffrir cette musique infernale,
s’en ira onduler plus loin de branche en branche.
(Bencemate/BIOSPHOTO)
*

Ces enfants haïtiens attendent leur déjeuner dans la cour
d’une école primaire de Port-au-Prince.
Neuf mois après le séisme,
la distribution gratuite d’un repas chaud le midi assure une présence à l’école,
une des priorités du pays.
(Thony Belizaire/AFP)
Haïti sur le blog
*

Les raies sur image
Lors d’un survol de la côte californienne,
le photographe allemand Florian Schulz et son pilote,
un enfant du pays qui surveille l’endroit depuis plus de vingt ans,
ont aperçu une tache noire.
En s’approchant, les deux compères
qui cherchaient des baleines
se sont rendu compte
qu’ils étaient en présence du premier congrès international de la raie.
Par milliers, en un mouvement d’ensemble réglé
comme les fêtes gymniques nord-coréennes,
ces sélaciens traçaient tous la route dans la même direction.
Nul ne sait à quel appel répondait cette manifestation,
mais il est permis aux gourmands de rêver à un banquet
où seraient invités le beurre blanc et les câpres.
(Florian Schulz/BIOSPHOTO)
*

A en perdre la tête
Le base-ball prend parfois des allures de ball-trap.
A trop vouloir jouer avec la balle,
il arrive que certains athlètes perdent la tête... ou leur casque !
Ben Francisco, batteur des Phillies de Philadelphie, a manqué
d’en faire la douloureuse expérience
lors d’une rencontre de son équipe contre les Reds de Cincinnati.
Sans ses excellents réflexes, échappant à un tir raté de Logan Ondrusek,
il aurait été bon pour la civière.
Reste que les Phillies ont gagné.
L’enjeu pour eux, dès ce week-end, est désormais de devenir la première équipe
en soixante-six ans à remporter trois titres consécutifs
de la ligue américaine de base-ball, la MLB.
(Tim Shaffer/REUTERS)
*

Le tube de l'été
Ce n’est pas la taille de ce beach break (littéralement : qui se brise sur le sable)
qui nous étonne ni l’habileté de ce surfeur tentant sa chance
à l’étape française du championnat du monde.
Non, ce qui stupéfie, c’est que le photographe,
enfermé dans le tube d’eau juste devant le candidat,
ait eu le talent incroyable de saisir l’homme à une nanoseconde du moment
où la lèvre de la vague allait se refermer sur lui en un baiser d’émeraude.
Pour que le bonheur soit complet, la providence a également permis que soient aperçues,
comme dans une longue vue aquatique,
les maisons du front de mer d’Hossegor, dans les Landes,
où se déroulait la compétition.
(Laurent Masurel/AQUASHOT)
*

A Amritsar, ville indienne située au nord-ouest de l'État du Panjâb,
cette femme confectionne des masques,
à l’occasion des festivités de Dussehra.
(Narinder Nanu/AFP)
*

Et pourtant Saturne
Vous l’aurez sans doute reconnue,
grâce à ses anneaux : cette boule incandescente, c’est Saturne,
l’une de nos planètes géantes, avec Uranus, Jupiter et Neptune.
Photographiée à 65 reprises par le spectromètre à infrarouges de la sonde Cassini,
elle nous montre ici, en une seule image composite,
toute la splendeur et l’étendue de ses aurores boréales.
Magnifique, mais surtout utile.
Car« le plus vieil objet d’observation céleste »
ne cesse de nous éclairer sur le passé, le fonctionnement et l’avenir de la Terre.
(voir à ce sujet l’extraordinaire conférence
de l’astrophysicien André Brahic :
« Promenade sur les anneaux de Saturne »)
Un superbe luminaire, merveilleusement lumineux.
(Ho New/REUTERS)
*

Ouate is it?
Il a fallu des millénaires à la nature pour dessiner cet endroit, situé en Turquie,
en un lieu, Pamukkale, qui signifie « château de coton ».
Un surnom qui fait évidemment référence à la blancheur éclatante de cette falaise,
mais pas à sa douceur, même si elle sert ici de matelas à deux touristes inconscients,
déjà rôtis, pas loin d’être carbonisés.
Car ils ne sont pas en train de se griller la peau sur de la glace ou du sel,
mais sur du calcaire, lentement déposé sous forme de cascades fossilisées
et de piscines débordantes de stalactites
par des dizaines de sources d’eau chaude,
surchargées en sels minéraux et exploitées
depuis l’Antiquité pour leurs vertus thérapeutiques.
(Mark Blinch/REUTERS)
*

A Yongcheng, ville de la province du Henan, en Chine,
ces trois enfants se sont allongés sur des épis de maïs,
installés sur un site de séchage en plein air.
(Lu Jian/Abaca)
Source légendes et photos :
24 Heures Photo du Figaro
**
*
Miss You
11:15 Publié dans Miss Terre et bouts de blogs | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : photographie, calligraphie
21 janvier 2010
Des bibliothèques dans le désert
Ce patrimoine longtemps oublié est désormais l’objet de beaucoup d’attention.

A Tombouctou, Ahmed Saloum Boularaf tient entre les mains une liasse de feuillets reliés en cuir datant du XIIIe siècle. Il s’agit d’une évocation poétique de la vie du prophète Mahomet, écrite en calligraphie arabe par un érudit local qui savait lire alors que certains Européens ignoraient que les livres existaient.
Comme la majorité des 1 700 manuscrits de la collection privée de M. Boularaf – qui comprend des ouvrages de médecine, d’histoire, d’astronomie et de mathématiques –, celui qu’il nous montre commence à partir en lambeaux. M. Boularaf sait que ces écrits et les connaissances qu’ils renferment risquent d’être perdus à jamais.
“Pour les Africains, c’est un trésor culturel, et ma maison est ouverte aux chercheurs du monde entier, déclare-t-il. Mon grand-père a pensé que nous devions copier ces manuscrits avant qu’ils ne tombent en poussière. Certains sont si fragiles que, si rien n’est fait très vite pour les préserver, ils vont disparaître.”

Selon le point de vue où l’on se place, Tombouctou est soit la fin du monde, soit, si l’on vient du désert, le premier signe bienvenu de civilisation. Jadis grande cité marchande où les caravanes de dromadaires apportaient des plaques de sel et repartaient avec de l’or ou des esclaves, elle fut un véritable point de rencontre des cultures.
A son apogée, du XIe au XIVe siècle, c’était une ville universitaire avec de grandes bibliothèques. Ses savants pensaient que la Terre était ronde à une époque où beaucoup de marins européens avaient peur d’arriver au bout du monde, qu’ils se représentaient comme un disque plat, et de tomber.
"Les manuscrits de Tombouctou changent complètement notre perception de l’Afrique”, explique Sidi Mohamed Ould Youba, directeur adjoint de l’Institut Ahmed Baba, plus grande bibliothèque de Tombouctou et principale gardienne des manuscrits.
Ahmed Saloum Boularaf“Lorsque je manipule un manuscrit, je pense au riche passé de l’Afrique. Nous avons une longue histoire, avec beaucoup d’avance sur d’autres pays, y compris en Europe. Les Occidentaux aiment à penser qu’ils peuvent venir ici et nous parler de gouvernement éclairé, mais nous écrivions déjà des traités sur le sujet au XVIe siècle.”

Dans les archives de l’Institut Ahmed Baba, le conservateur, Garba Traoré, prend un feuillet déchiré en deux. Ses coins s’effritent entre ses mains. Il pose sur la table une lourde feuille de plastique rigide, puis une feuille de Bondina, du papier non tissé, et enfin une feuille de papier de soie transparent.
Avec un pinceau, il étale une couche de méthylcellulose, une colle transparente, puis dépose précautionneusement le manuscrit. Il faut plusieurs heures pour enlever l’excédent de colle au moyen d’une grande presse en métal. Mais le résultat final est un feuillet restauré d’une seule pièce, suffisamment solide pour résister aux siècles à venir.
“Nous faisons cela pour le monde entier : tous ceux qui souhaitent consulter les manuscrits peuvent désormais le faire”, affirme M. Traoré. Pour certains dirigeants africains, comme l’ancien président de l’Afrique du Sud Thabo Mbeki, le riche passé de Tombouctou est un symbole fort. M. Mbeki a effectué l’un de ses premiers voyages au Mali et promis des subventions et des formations pour les conservateurs comme M. Traoré dans les bibliothèques nationales du Cap et de Tshwane (ex-Pretoria).
Pour les collections célèbres comme celles de l’Institut Ahmed Baba et de la bibliothèque Mamma Haidera, la sauvegarde et la conservation sont en bonne voie.
Mais, pour les dizaines de collections plus petites disséminées dans Tombouctou, l’aide semble une chose lointaine qui a peu de chances d’arriver. Abdul Wahid, enseignant et petit-fils d’un grand savant et copiste tombouctien, ouvre une malle en fer remplie de manuscrits. Un homme d’affaires marocain installé en France lui a donné assez d’argent pour construire une bibliothèque privée où les ouvrages pourront être abrités.
Mais s’il ne trouve pas davantage d’argent pour commencer à cataloguer, numériser et préserver ces livres fragiles, ils risquent de tomber en poussière. “Au début, j’ai pensé les vendre, puis j’ai pris conscience de leur importance et je veux les conserver”, dit M. Wahid en nous montrant un manuscrit du XVe siècle.
Il y a dans ces textes plus que du savoir : de la fierté. “Ces manuscrits nous disent que nos ancêtres étudiaient l’astronomie, la médecine, les sciences et beaucoup d’autres domaines, poursuit-il. Maintenant, je sais que nous avons écrit des ouvrages sur beaucoup de sujets avant l’Europe.”
*
Repères
Il existe également des manuscrits anciens en Mauritanie, notamment dans la ville sainte de Chinguetti, dans le Sahara, au Sénégal et au Niger. Ces ouvrages, pour la plupart calligraphiés en arabe, correspondent à l’islamisation de la grande région ouest de l’Afrique.
L’arabe est alors la langue de communication et de culture, et ces livres sont dédiés à des thèmes religieux, juridiques, ainsi qu’aux sciences ou encore à la grammaire. D’autres sont des chroniques de la vie locale ou de voyages rédigées par l’élite de ces pays subsahariens.
Nombre d’entre eux étaient commandés par les érudits locaux au Caire, à Meknès ou à Grenade et acheminés par caravane. Entre la copie du livre et son arrivée à Tombouctou ou à Chinguetti, il pouvait se passer plusieurs années !
Nul ne sait combien de manuscrits sont gardés dans des cartons ou des malles en fer entre les murs enduits de terre des demeures tombouctiennes et ailleurs.
Des dizaines de milliers ont été retrouvés, et des centaines ont été sauvés grâce à des fonds versés par des fondations africaines, moyen-orientales et occidentales, et soigneusement restaurés par des spécialistes et des artisans maliens.
*
Courrier International
Article original du Christian Science Monitor et photos

Quelques-unes des notes "autour du livre" sur le blog
• Bibiothèque numérique mondiale
• Le livre dans la peau
• Le Livre de Saphir
• L’Oracle della Luna
• Luis Soriano, la culture à dos d'âne
• La méridienne du griot blanc
Et bien sûr :
• "La Crypte au palimpseste" par Anna Galore
Miss You
11:15 Publié dans Miss Terre et bouts de blogs | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : livres, enluminures, désert, calligraphie
29 mai 2009
Calligraphie par Monilet
Monilet nous révélait hier son goût pour la calligraphie, qu'il pratique à raison de deux séances par semaine. Il a eu l'amitié de m'envoyer quelques exemples de ses réalisations et exercices.
_____________________________________________________
Onciale romaine (premier essai)
_____________________________________________________
Caroline
_____________________________________________________
Gothique textura minuscules
_____________________________________________________
Idem, plus tentative de feuille d'or
_____________________________________________________
Quelques majuscules gothique textura
_____________________________________________________
Humour en textura
_____________________________________________________
Mandala (textura)
_____________________________________________________
Minuscules gothique fraktur (tout premier essai)
_____________________________________________________
Minuscules gothique fraktur
17:30 Publié dans Anna bloGalore | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : calligraphie
10 mai 2009
Trésors cachés du Mont Athos
Pour les amoureux de la Grèce, pour les lecteurs de l’Oracle della luna, pour les amateurs de l’art religieux, pour en savoir un peu plus sur ce monde qui nous entoure, pour le plaisir des yeux…
Trésors de la Sainte montagne
au Petit Palais
Jusqu’au 5 juillet 2009

Pour la première fois, un ensemble considérable des trésors du Mont Athos (icônes, peintures, objets...) est présenté au public en dehors de la Grèce.
Et pour un bon nombre d'oeuvres, pour la première fois, en dehors du Mont Athos !

Il s’agit d’une exposition exceptionnelle qui satisfera enfin la légitime curiosité des visiteurs à l’égard des richesses de ces sanctuaires inaccessibles.
Le Mont Athos est un endroit mystérieux. En une magnifique péninsule s’avançant dans la mer Egée, il abrite depuis plus d’un millénaire des moines orthodoxes épris de silence et d’isolement par rapport aux agitations du monde.

Si de rares visiteurs masculins ont le privilège d’être accueillis en sa vingtaine de monastères, aucune femme ne peut s’y rendre.
A travers les siècles, de nombreux trésors historiques, artistiques et spirituels s’y sont accumulés depuis les chartes jusqu’aux icônes, en passant par les pièces d’orfèvrerie et les manuscrits enluminés.
Pour les adultes
Une journée dans l’univers de l’icône
Présentation de la collection d’icônes du Petit Palais. Grâce à la donation de Roger Cabal, le Petit Palais possède actuellement le plus important fonds public français d’icônes. Nées de la tradition orthodoxe et datées du XVe au XVIIIe siècle, ces icônes sont grecques ou russes. La présentation de cette collection sera complétée par la visite exceptionnelle de l’atelier de peinture d’icônes installé au Petit Palais et mis en œuvre par l’association Paris-Ateliers. A partir de l’observation des travaux en cours, le professeur abordera la technique de l’icône et répondra à vos questions.
Visite littéraire : Voyage en terre secrète
L’inaccessible Mont Athos et les trésors sacrés que renferment ses monastères ont toujours fasciné. Quelques rares voyageurs et savants admis sur cette terre secrète ont livré de vibrants récits de leur voyage ou des découvertes incomparables d’œuvres et de manuscrits qu’ils y ont faits.
Pour les enfants
Mille couleurs pour une image
Les enfants s’inspirent des manuscrits enluminés présentés dans l’exposition pour créer leur propre illustration en couleur à la gouache.
En jaune et or
Au regard des peintures anciennes (icônes) présentées dans l’exposition, les enfants s’initient à la peinture à l’œuf.
Pour les sourds et malentendants
Possibilité d'une visite en lecture labiale
Plus sur le site du Musée
Les anciens manuscrits
Les monastères athonites avaient des scriptoria (ateliers de calligraphie) pendant presque toute la période d'Athanase l'Athonite, dont la constitution (la "Typicon") pourvoit aux besoins en postes de calligraphes du monastère de Lavra. Cependant, de nombreuses collections de manuscrits anciens ont subi des dommages pour diverses raisons.

La première raison est le feu qui a frappé tous les monastères du Mont Athos à une époque ou une autre. La seconde cause concerne les pillards. Les Turcs détruisirent fréquemment des documents afin de profiter de l'or ou de l'argent de la couverture des reliures. Il a été calculé que, en 1822, les soldats turcs détruisirent quelques 1000 parchemins manuscrits pour faire des cartouches.
La troisième raison est le pillage par les collectionneurs européens. Il n'y a pas de grande bibliothèque en Europe qui ne contienne des manuscrits athonites. D'après une grossière estimation il y a 15 250 manuscrits grecs au Mont Athos et 800 d'entre eux sont illustres. Les manuscrits illustres datent du Xème siècle.
Un grand nombre de bibliothèques du Mont Athos contiennent des Chrysobulles impériaux (décrets impériaux avec des sceaux en or).
Les peintures murales
Les peintures murales sont la partie principale de l'héritage artistique de la Montagne Sainte, ou toutes les tendances à partir XIIème siècle sont représentées.
Les premières peintures murales apparaissent au monastère de Vatopedi. Elles représentent les apôtres Saint Paul et Saint Pierre. La même tendance et représentation est retrouvée dans les vestiges des peintures du monastère de Ravdouhou. C'est un ancien monastère du XIIème siècle qui est maintenant une dépendance du monastère de Pantokratoros.
Ensuite viennent des peintures du XIVème siècle, elles sont de la période caractéristique de l'école Macédonienne. Il doit être précisé, que bien que la Macédoine est une région géographique, il en n'est pas de même pour le centre de l'école Macédonienne. C'était une simple tendance artistique, certaines de ces peintures ont été trouvées dans les principales églises de Karyes, et dans les églises des monastères de Vatopediou et de Chelandariou.

Les mêmes commentaires peuvent être faits au sujet des peintures murales du XVIème siècle qui appartiennent à l'école de Crète. Des travaux de cette période ont été trouvés dans les monastères de Megiste Lavra, Stavroniketa, Koutloumousiou, Xenophontos, Dionysiou, Agiou Pavlou et Iveron.
Quelques spécialistes considérent ces deux écoles comme les deux principaux pôles. Toutes les peintures, peintures murales et icones portatives réunies, jusqu'au milieu du XVIème siècle sont proches de l'un de ces deux pôles. Ce n'est qu'avec ce point de vue que nous pouvons dire qu'une peinture appartient à une de ces écoles.
Après le milieu du XVème siècle, les illustrations sont en baisse, à cause des difficiles conditions économiques des monastères. Aucun établissement dans la Sainte Montagne n'avait les moyens d'inviter un maitre de la peinture. Un renouveau est observé à partir du XVIIIème siècle appelé l'art populaire. Nous retrouvons cet art dans les monastères de Xenophontos, Docheiariou, Gregoriou, Koutloumousiou, Pantkratoros, Philotheou, Katakalou, Xeropotamou et Esphigmenou.
Les icônes
Un élément indispensable du culte Chrétien Orthodoxe est la présence d'icônes sacrées.
Cet élément est rencontré dans tous les lieux de culte, les églises, mais aussi dans les maisons de tous les Chrétiens. Cette tradition vient du développement de l'icônographie démarrant au Ier siècle.
L'effort de préservation, du fait du respect concentré sur ces icônes, provoqua en Grèce une accumulation d'un grand nombre de ces icônes. La plus vieille d'entre elles date du XXème siècle, mais la majorité est du XIVème siècle ou plus tard. D'après une grossière approximation, il doit y avoir au Mont Athos à peu près 18 000 icônes portatives. Les styles artistiques des icônes suivent la même chronologie que les peintures murales.
Plus sur l’histoire et la vie monastique du Mont Athos.

Miss You
16:01 Publié dans Miss Terre et bouts de blogs | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : musées, petit palais, calligraphie
28 mars 2009
Street art au Grand Palais
Fan de graff, je vous avais déjà parlé de Crash, aujourd’hui c'est un festival que TAG au Grand Palais propose aux amateurs qui passeront par la Capitale d’ici le 26 avril prochain.

En commandant des oeuvres aux plus grands artistes-graffeurs, Alain-Dominique Gallizia a constitué et continue de réunir le plus important témoignage peint de cet art jusque là éphémère.
300 tableaux ont ainsi été recueillis dans le cadre de ce projet unique dans l’histoire de l’Art, présenté au Grand Palais en première mondiale.
De la rue au Grand Palais… Pour la première fois, « l’Art Sauvage » s’expose au sein d’une institution culturelle à Paris, dans le nouvel espace de la galerie sud-est en restauration située au 1er étage, autour de la nef. D’une surface de 700 m2 cet espace offre un volume exceptionnel sous verrière.
Né aux Etats-Unis dans les années 60, le Tag, simple signature faite du nom (surnom ou pseudo de son auteur auquel était accolé le numéro de sa rue Stayhigh149, Tracy 168 et bien d’autres) apparaît au grand public le 21 juillet 1971, lors de l’interview fondatrice de Taki 183 au « New York Times ».

Aux lettres simplement dessinées du Tag, va succéder le Graff, peint à la bombe, véritable champ d’investigation d’une nouvelle calligraphie, défi culturel mondial et compétition artistique acharnée.
De retour de New York en 1983, Bando importe cet art en France en inscrivant son nom sur les murs du quartier de la rue du Bac, berceau du T.A.G parisien. Les murs dressés ou délaissés par la ville, de la station de métro Stalingrad aux palissades du Louvre, se recouvrent rapidement des peintures de Skki, Jayone, Spirit, Psyckoze et bien d’autres.
Les 300 oeuvres réunies pour cette exposition sont le fruit des rencontres entre les plus grands artistes du T.A.G. (Tag And Graff) et Alain-Dominique Gallizia, lancé depuis trois ans dans cette quête permanente du dernier art né au XXème siècle.
Elles révèlent la volonté des artistes, pleinement impliqués dans le projet, de laisser dans l’histoire une trace indélébile de leur talent.

Les toiles ont toutes été réalisées selon un même principe de triple unité : Un même format (une double toile horizontale de 60x 180 cm), un même thème (la signature de l’artiste à gauche et un sujet libre sur l’Amour à droite) et, si possible, un même lieu ouvert aux artistes: l’atelier d’Alain-Dominique Gallizia à Boulogne-Billancourt.
L’objectif, un peu fou, est de recueillir, en instantané et pour toujours, l’empreinte comparative, à la fois esthétique et historique, de ce mouvement.
Cette collection témoigne de l’énergie de la rue où s’expriment toutes les nationalités, depuis les pionniers américains et les incontournables Européens jusqu’aux générations émergentes de Corée (Reach), d’Iran (Isba) ou du Brésil (Nunca).
Lettres bulles, nuages ou bâtons, signatures chromées, personnages de bande dessinée détournés ou « free-style », les toiles présentées au Grand Palais offrent un panorama unique et varié de styles et de couleurs.

Alain-Dominique Gallizia, architecte passionné de graffiti, ayant grandi entre Paris et la Provence, ouvre en 1984 son agence à Boulogne, spécialisée dans les maisons particulières de clients le plus souvent collectionneurs.
C’est en croisant un jour un artiste travaillant sur la palissade de son chantier qu’il décide de collecter les empreintes de cet art éphémère de la rue en invitant les artistes à laisser leur trace dans l’histoire sur une double toile à jamais conservée.
(Source Grand Palais)
Miss You
11:16 Publié dans Miss Terre et bouts de blogs | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : graphisme, street art, calligraphie
20 janvier 2009
Ji Dahai, un peintre chinois en Provence

Ji Dahai est un peintre chinois qui vit depuis quelques années dans le sud de la France.
Je l'ai rencontré il y a un peu plus de deux ans, alors qu'il dédicaçait l'un de ses livres, "Le voyage d'un peintre chinois en Provence", après en avoir fait publier un premier sur son parcours le long des chemins de Compostelle.

Nous avions alors parlé de calligraphie et de son regard particulier pour peindre les paysages provençaux comme s'ils étaient des tableaux chinois. Nous avons eu par la suite quelques échanges par mail.
C'est ce qui m'a valu le plaisir de figurer parmi les destinataires d'un message donnant de ses nouvelles. En voici l'essentiel.
Son année 2008 a été bien remplie par différentes expositions en France (Monaco, Lyon, Tulle et Paris au Carrousel du Louvre) et une exposition qui tourne jusqu’en septembre 2009 dans les Alliances Française de 11 villes en Chine. De plus, il a passé le mois de novembre à travailler la peinture sur porcelaine chinoise.

Avec sa compagne Cécile, il met sur pied un Centre Provence-Chine, où il enseignera la calligraphie et la peinture chinoise à l’encre de Chine, avec des chambres d’hôte et une salle d’exposition. L'ouverture est prévue à l’automne 2009.
Au mois d'août 2009, il organisera un voyage "La Chine poétique avec un peintre chinois" avec une agence de voyage de Strasbourg. Si cela vous intéresse, laissez-moi un message que je lui transmettrai.
Ses porcelaines seront exposées au grand Casino de Monaco, entre le 26 et le 29 janvier.

Son mail se termine par ces mots : "En contemplant des roses toujours fleuries devant notre fenêtre, après une tempête de neige au sud de la France, nous vous souhaitons, Cécile et moi, une bonne et heureuse année 2009 !"
Photos: www.ville-arles.fr (1 et 3), Amazon (2), Ji Dahai (4)
11:02 Publié dans Anna bloGalore, Coups de coeur | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : chine, nîmes et ses alentours, rencontre, calligraphie
23 octobre 2008
Chanoyu, la cérémonie du thé
Quand tout semble aller trop vite, s’éparpiller, se disperser autour de moi, quand le temps s’accélère comme un manège devenu fou, j’essaie de bien me « poser » quelques minutes pour faire le vide et remettre les priorités dans un ordre possible.
Pour ça, j’ai quelques images comme celle de la vague qui vient finir doucement sa course sur le sable, celle du tout petit ruisseau qui serpente au bout d’un pré, celle du regard paisible et attentif de Kyan, ou celle encore des images de la cérémonie du thé au Japon.
Cette cérémonie du thé me fascine par la douceur et la paix qui s’en dégagent, le ballet des gestes et le feutré des moments, comme une respiration dans la course du temps.

Voici ce qu’en dit Wiki (extraits) :
La cérémonie du thé au Japon, appelé aussi chanoyu (茶の湯?), sadō (茶道?), ou chadō (茶道?) est un rituel traditionnel influencé par le bouddhisme zen dans lequel le thé vert en poudre, ou matcha (抹茶?), est préparé de manière cérémoniale par un praticien expérimenté et est servi à un petit groupe d'invités dans un cadre calme.
Chanoyu (茶の湯, littéralement « eau chaude pour le thé »), se réfère habituellement à la cérémonie (rituel) à elle seule, alors que sadō ou chadō (茶道, ou « le chemin du thé ») représente l'étude ou la doctrine de la cérémonie du thé. Plus particulièrement, le terme chaji (茶事) se rapporte à la cérémonie du thé complète avec le kaiseki (un repas léger), l’usucha (薄茶, thé léger) et le koicha (濃茶, thé fort), durant approximativement quatre heures. Une chakai (茶会, littéralement une « rencontre autour du thé ») n'inclut pas le kaiseki.
Du fait qu'un praticien de la cérémonie du thé doit être familier avec la production et les différents types de thés, avec les kimono, la calligraphie, les arrangements floraux, les céramiques, l’encens, et un large ensemble d'autres disciplines et arts traditionnels en plus des pratiques du thé enseignées dans son école, l'étude de la cérémonie du thé prend de nombreuses années et souvent toute une vie.
Même pour participer en tant qu'invité dans une cérémonie du thé formelle, une connaissance du sadō est requise, incluant les gestes recommandés, les phrases à dire par les invités, la bonne manière pour boire le thé et la tenue générale à adopter dans la salle où est servi le thé.
«La cérémonie du thé requiert des années d’entraînement et de pratique… bien que l’ensemble de cet art, comme ses détails, ne signifie pas plus que faire et servir une tasse de thé. La chose la plus importante consiste à ce que l’acte soit réalisé de la manière la plus parfaite, la plus polie, la plus gracieuse et la plus charmante possible.» (Lafcadio Hearn)
La cérémonie elle-même
Lorsque le thé est fait avec l'eau tirée des profondeurs de l'esprit
dont le fond dépasse la mesure, nous avons vraiment ce que l'on appelle le chanoyu
Les deux écoles principales, Omotesenke et Urasenke, ont évolué, chacune avec leurs propres rituels. Il existe aussi d’autres écoles moins connues. Actuellement, l’école Urasenke est la plus active et la plus suivie.
Toutes les écoles et la plupart des variations possèdent cependant un certain nombre de points communs. L’hôte, homme ou femme, porte habituellement un kimono, alors que les invités peuvent porter des kimono ou des vêtements formels sombres. Si le thé est servi dans une maison du thé séparée, plutôt que dans la chambre du thé, les invités attendront dans un jardin couvert jusqu’au moment où il seront appelés par l'hôte. Ils se purifient alors rituellement en se lavant les mains et en se rinçant la bouche dans un petit bassin en pierre contenant de l’eau. Ils se dirigent alors vers le « tokonoma », ou alcôve, où ils admirent les parchemins et/ou les autres déclarations. Puis, ils s'assoient dans la position seiza sur le tatami, par ordre de prestige.

Une maison du thé
Les maisons du thé et les salles du thé sont généralement petites. La taille typique du sol est d'environ 4 tatamis et demi. La taille de la plus petite salle du thé peut être de deux tatamis et la celle de la plus grande est uniquement limitée par la richesse de son possesseur. Les matériaux de construction et les décorations sont délibérément simples et rustiques.
Un repas léger et simple, appelé « kaiseki » (懐石) ou « chakaiseki » (茶懐石) peut être servi aux invités, suivi par du saké. Ils retournent alors à la salle d'attente couverte jusqu'à ce qu’ils soient à nouveau appelés par l'hôte.
Si aucun repas n'est servi, l’hôte procédera directement au service de petites friandises.
Chaque ustensile — incluant le bol à thé (chawan), le fouet (chasen) et l'écope à thé (chasaku) — est rituellement nettoyé en présence des invités dans un ordre déterminé et en utilisant des gestes très précis. Les ustensiles sont placés dans l’ordre exact de rangement en accord avec le rituel qui suivra. Lorsque le rituel de nettoyage et de préparation des ustensiles est complet, l’hôte place une quantité mesurée de thé vert en poudre dans le bol et ajoute la quantité appropriée d’eau chaude, puis fouette le thé en utilisant des mouvements prédéfinis.

La conversation est gardée à son minimum. Les invités se relaxent et apprécient l'atmosphère créée par les sons de l'eau et du feu, l’odeur de l’encens et du thé, la beauté et la simplicité de la maison du thé et les décorations saisonnières appropriées.
Le bol est alors servi aux invités d’honneur (初客, shokyaku, littéralement le « premier invité »), soit par l'hôte, soit par un assistant. Les courbettes sociales sont échangées entre l’hôte et l’invité d'honneur. L’invité se courbe ensuite devant le second invité et lève son bol dans un geste de respect pour l’hôte. L’invité tourne le bol afin d'éviter de boire sur son avant, en boit une petite gorgée, murmure une phrase prédéfinie, puis prend deux ou trois nouvelles gorgées avant d'essuyer le bord, tourne le bol dans sa position originelle et le passe à l'invité suivant tout en le saluant. Cette procédure est répétée jusqu'à ce que tous les invités aient pris le thé à partir du même bol. Le bol est alors redonné à l'hôte. Dans certaines cérémonies, chaque invité boit dans un bol individuel, mais l’ordre dans lequel le thé est servi et bu est le même.

Natsume, la boite à thé ; celle-ci est typique avec un recouvrement de laque rouge sur lequel ont été ajoutés des motifs noirs et or.
Une fois que les invités ont chacun bu le thé, l’hôte nettoie les ustensiles. Les objets sont traités avec une extrême précaution et avec révérence car ils sont fréquemment sans prix, irremplaçables, des antiquités faites à la main, et les invités utilisent souvent un morceau de tissu spécial pour les tenir. L’hôte récupère ensuite les ustensiles et les invités quittent alors la maison du thé. L’hôte les salue de la porte et la cérémonie prend fin.
Une cérémonie du thé peut durer entre une heure et cinq heures, selon le type de cérémonie pratiquée et du type de repas et de thé servis.
La cérémonie du thé et la calligraphie
La calligraphie joue un rôle central dans la cérémonie du thé. Elle sert à développer un esprit de sérénité et de paix, et à amener l'homme de thé à découvrir la beauté dans le non-commun. Elle doit être simple et sobre, et est quelque fois remplacée par un dessin de style japonais. Lorsque l'homme de thé rentre dans le suki-ya, il se doit de prendre le temps d'admirer l'arrangement floral et la calligraphie durant un long instant. De se plonger en eux. Il doit par la suite rendre compte de son appréciation au maître de thé.

La cérémonie du thé et les arrangements floraux
Le chabana (茶花, littéralement « fleurs de thé ») est le style le plus simple d'arrangement floral utilisé dans la cérémonie du thé. Le chabana prend ses racines dans l'ikebana, un style traditionnel d'arrangement floral japonais, qui prend lui même ses racines dans le bouddhisme et le shintoïsme.
Dans sa forme la plus basique, le chabana est un simple arrangement de fleurs de la saison qui sont placées dans un conteneur. Ces arrangements comprennent typiquement peu d'objets. Les vases sont habituellement faits dans un matériau naturel comme le bambou, le métal ou la céramique. Le chabana est d'une telle simplicité que fréquemment pas plus d'une seule fleur est utilisée. Cette fleur penchera invariablement vers les invités, ou face à eux.
La cérémonie du thé et le kimono
Alors que le kimono devait être utilisé de manière obligatoire par tous les participants à la cérémonie du thé, ce n'est plus le cas actuellement. Traditionnellement, pourtant, lors des occasions formelles, la plupart des invités porteront un kimono, qui leur est propre et qu’ils portent lorsqu’ils reçoivent ou qu’ils participent à une cérémonie du thé.

Nombre des mouvements et des composants de la cérémonie du thé ont évolué avec le port du kimono. Par exemple, certains mouvements étaient désignés avec des kimonos à longues manches ; certains mouvements demandaient de déplacer les manches hors du chemin ou permettaient d'éviter de les salir lorsqu’on préparait le thé, lorsqu’on le servait ou lorsqu’on le buvait. D’autres mouvements étaient autorisés pour redresser le kimono et le hakama (袴) (pantalon large plissé, muni d'un dosseret rigide (koshi ita). Il était traditionnellement porté par les nobles du Japon médiéval, et notamment les samouraïs. Il prit sa forme actuelle durant la période Edo. Hommes comme femmes pouvaient porter le hakama).
Pour la cérémonie du thé, les hommes portent habituellement une combinaison entre un kimono et un hakama, mais certains hommes portent uniquement un kimono. Les femmes portent des styles variés de kimonos qui dépendent de la saison et des événements. Les femmes ne portent en général pas de hakama durant la cérémonie du thé.
Tout plein d’informations sur Chanoyu
Des livres :
* Yasushi Inoue, Le Maître de thé, éditions Stock, 1995 (Le Livre de Poche/biblio)
* Okakura Kakuzo, Le Livre du thé,The Book of Tea, Tôkyô, Japon: Tuttle, 1977 (original en anglais, traduction francaise chez Picquier Poche).
Et un film : de Hiroshi Teshigahara , Rikyū, avec Yamazaki Tsutome (Hideyoshi) et Mikumi Rentaro (Rikyū), 1989, une adaptation du livre de Yasushi Inoue, Le Maître de thé.
Miss You
14:02 Publié dans Miss Terre et bouts de blogs | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : calligraphie, thé, japon





