04 mars 2012
En Chine, les marathoniens élèvent leurs propres poulets
L'info a été rendue publique il y a déjà une semaine mais je n'avais pas eu jusque-là le temps de vous en parler. En Chine, la viande est tellement bourrée de substances chimiques toxiques ou classées comme dopantes que les sportifs de haut niveau, tels que les marathoniens, en sont venus à élever eux-mêmes leurs poulets pour être certains de manger sain et de ne pas être considérés comme dopés en cas de contrôle.
C'est un grand quotidien chinois, le Shanghaï Daily, qui a révélé les faits. Les athlètes se méfient en particulier du clenbutérol qui est utilisé par certains éleveurs peu scrupuleux pour obtenir une viande jugée plus fine. Le problème, c'est que le clenbutérol est classé comme dopant et strictement interdit par l'Agence mondiale antidopage.
Les sportifs se procurent aussi de la viande de yack directement auprès des éleveurs dans la province de Yunnan, afin d'éviter tout risque en consommant celle vendue par les gros distributeurs.
"Comme nous n'avons pas de cantine pour nous fournir de la nourriture sûre, nous devons préparer nos plats nous-mêmes parce que c'est risqué de manger dans un restaurant", a expliqué un membre de l'équipe au Shanghaï Daily.
Une crainte qui est loin d'être exagérée quand on se souvient des scandales alimentaires qui ont secoué la Chine ces dernières années. En 2008 par exemple, un lait en poudre avait provoqué la morts de six enfants et intoxiqué près de 300 000 autres. Il contenait de la mélamine, un produit rigoureusement impropre à la consommation qui a la propriété d'augmenter artificiellement la teneur en protéines de la nourriture, donnant ainsi l'impression que le lait en question était plus riche. Les coupables avaient été condamnés à mort et exécutés en 2009.
Photo : marathon de Pékin 2011 (http://french.cri.cn)
12:59 Publié dans Anna bloGalore | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chine
30 janvier 2012
Ji Dahai expose à Nîmes

du 10 au 31 janvier 2012
Vernissage : Le mardi 10 janvier à 17 h
Conférence d’ouverture : Le mardi 10 janvier à 15 h
Lycée Albert Camus
Bâtiment G salle polyvalente
51, avenue Georges Pompidou à Nîmes
30911 Mîmes cedex 2
Tél: 04 66 62 91 71
Fax: 04 66 62 98 36
Courriel: cdt.camus@ac-montpellier
Avec tout ce qui se passe en ce moment, j'ai omis de vous parler de l'exposition du peintre Ji Dahai qui se tient jusqu'à demain à Nîmes au Lycée Albert Camus. Peut-être vous souvenez-vous de l'article qu'Anna lui avait consacré en 2009 ? Non ? Alors voici ce qu'elle disait :
Ji Dahai est un peintre chinois qui vit depuis quelques années dans le sud de la France.
Je l'ai rencontré il y a un peu plus de deux ans, alors qu'il dédicaçait l'un de ses livres, "Le voyage d'un peintre chinois en Provence", après en avoir fait publier un premier sur son parcours le long des chemins de Compostelle.
Nous avions alors parlé de calligraphie et de son regard particulier pour peindre les paysages provençaux comme s'ils étaient des tableaux chinois. Nous avons eu par la suite quelques échanges par mail.
C'est ce qui m'a valu le plaisir de figurer parmi les destinataires d'un message donnant de ses nouvelles. (...)
Son mail se termine par ces mots : "En contemplant des roses toujours fleuries devant notre fenêtre, après une tempête de neige au sud de la France, nous vous souhaitons, Cécile et moi, une bonne et heureuse année 2009 !"

Voici ce qu'en dit Jean-Louis Bougard dans la présentation de cette exposition :
Né en 1968 à Pékin, JI Dahai vit aujourd’hui en Provence. Issu de la tradition chinoise des Lettrés, inspiré par la calligraphie et la poésie contemporaine, cet artiste utilise l’encre sur soie et le papier Xuan pour exprimer la lumière, entre la lumière réelle et celle de son intérieur. Son œuvre est une ode à la beauté, la nature et l’amour.
Il peint la rosée, la montagne, les peupliers blancs ou les coquelicots. C’est chaque fois une caresse, un souffle, un murmure. Pour d’autres œuvres, la délicatesse du pinceau frôle ou s’affirme en un geste unique et d’une particulière sûreté pour dire sa pensée. Voyageur tranquille, il cueille et grave les pierres de montagnes et les galets des rivières pour en faire des sceaux. Sa grande maîtrise des matières en fait aussi un merveilleux céramiste. La matière n’est que le support de sa pensée. Et le regard du spectateur s’attarde et s’attache à ce propos jusqu’à l’ivresse.
Bonne exposition et/ou bonnes lectures !
anti
16:23 Publié dans L'Univers d'Anti | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : chine, nîmes et ses alentours, rencontre, calligraphie
04 juin 2011
La troisième guerre mondiale a commencé
J'ai lu il y a deux jours un remarquable article écrit par Pierre Haski dans Rue89. Il est consacré à une nouvelle forme de guerre dont nous entendons parler de façon épisodique, alors qu'elle a déjà pris une ampleur considérable : la cyber-guerre mondiale.
Retour sur les attaques informatiques majeures de ces derniers années, dont certaines ne figurent pas dans l'article en question.

Pour Linnar Viik, l'un des gourou estoniens de l'Internet, cité par The Economist, “la mobilisation d'une telle armada informatique dépasse de très loin le stade de l'initiative individuelle, voire même mafieuse. Rien de tel ne peut se faire à cette échelle sans la coopération d'un État, et de plusieurs opérateurs télécoms.”
Le Premier ministre estonien va être encore plus direct lors d'une conférence de presse. “Ces attaques sont venues directement des adresses IP du bureau du président” russe Vladimir Poutine.
En 2008, c'est au tour de la Géorgie. Cette fois, la Russie lance une invasion militaire mais juste auparavant, de vastes cyber-attaques mettent à genou toutes les infrastructures du pays. Là encore, l'ampleur, la coordination et le très haut degré de sophistication sont tels qu'aucun groupe de pirates indépendants n'aurait pu les mettre en œuvre. Il s'agit forcément d'un État et, bien entendu, tous les soupçons vont vers Moscou.

Dans les années 2009-2010, le monde occidental s'inquiète de la prolifération de centrales nucléaires en Iran, officiellement civiles. Tout les médias s'interrogent régulièrement sur la probabilité d'un raid israélien qui permettrait d'en détruire au moins une pour envoyer un signal fort, mais soulignent que cela serait techniquement extrêmement risqué, impliquerait le survol de plusieurs pays qui s'y opposeraient et pourrait résulter en une réplique démesurée de l'Iran, comme l'envoi de missiles à longue portée sur les principales villes d'Israël.
L'attaque qui va paralyser la centrale de Bouchehr permet d'atteindre l'objectif visé sans prendre le moindre risque ni humain, ni politique, ni militaire. Elle va consister à paralyser les ordinateurs de la centrale avec un virus d'un niveau de sophistication extrême dont personne ne pourra localiser l'origine. Ce virus s'appelle Stuxnet. Il est authentifié par Windows comme étant sans danger, ce qui implique qu'il utilise des clés numériques volées dans des entreprises de logiciels de Taïwan ultra-sécurisées. Il a transité jusqu'à la centrale probablement par des clés USB, donc avec des complices humains, le réseau informatique de la centrale n'étant pas connecté au monde extérieur.
Il a déréglé de façon subtile le contrôle des automatismes, des robots, de la distribution d'électricité, tout un système de pilotage complexe fabriqué par l'Allemand Siemens. Il est passé inaperçu pendant des mois. C'est juste que rien ne marchait plus correctement. A titre d'exemple, des centaines de centrifugeuses sont tombées en panne. Du très haut niveau.
Le développement d'un tel virus a nécessité probablement un investissement de plusieurs millions de dollars et, selon certains experts, au moins deux États seraient derrière sa création - on soupçonne bien sûr Israël et les USA. Mais il ne s'agit que d'hypothèses, pas de certitudes. De ce fait, aucunes représailles iraniennes n'ont été possibles, faute d'agresseur clairement identifié.
Fin mai 2011, c'est au tour de Lockheed Martin, entreprise majeure du secteur de l'armement aux États-Unis qui fabrique notamment les avions de combat F-16, de subir de plein fouet une cyber-attaque massive dont l'origine n'est pas officiellement connue pour le moment. Tous ses systèmes informatiques ont été paralysés pendant plusieurs heures et tous ses codes de sécurité ont été dérobés.

La Chine a démenti, comme on pouvait s'y attendre.
Pour le moment, seuls les pays et les organisations d'états les plus avancés technologiquement se combattent de façon invisible dans le monde virtuel : les États-Unis et l'Otan, la Chine, la Russie, l'Europe de l'Ouest et quelques pays du Moyen-Orient à commencer par Israël.
La Chine a confirmé officiellement la création d' «une équipe spéciale dédiée à la protection contre les éventuelles cyber-attaques». Une annonce qui n'a surpris aucun service de renseignement des autres pays engagés dans la cyber-guerre, la Chine étant depuis longtemps l'un des pays les plus actifs sur ce front.
La Grande-Bretagne vient d'annoncer se doter de capacités offensives en matière de cyber-guerre, et plus seulement défensives. Le ministre de la Défense, Nick Harvey, estime que «le cybermonde fera désormais partie du champs de bataille de l'avenir».

On estime que d'ici 2015, le nombre de personnes connectées à Internet aura quadruplé et atteindra 40% de la population mondiale. C'est dire si, de plus en plus, la guerre entre les pays technologiquement avancés se fera de plus en plus non pas sur un front réel, mais depuis des cellules informatiques hautement sophistiquées pour qui la distance et les frontières qui les séparent des ennemis visés n'ont plus aucune importance. Les scénarios de films comme Die Hard 4 où des cyber-terroristes parviennent à paralyser tout un pays sans quitter leur fauteuil ne seront bientôt plus de la science-fiction.
Sources :
Gmail piraté : bienvenue dans l'ère de la cyberguerre (Rue89)
L'Estonie dénonce les cyber-attaques terroristes russes (01net)
Géorgie, récit d'une cyber-attaque (blog Pagasa)
Cyberattaque
Virus Stuxnet : le nucléaire iranien visé par la cyberguerre ? (Rue89)
Lockheed Martin customer, program and employee data secure (site de Lockheed Martin)
La Chine forme une unité d'élite pour la cyber-guerre (Generation NT)
UK developing cyber-weapons programme to counter cyber war threat (Guardian)
Illustrations : enjeux.org (1), Matrix (2), visite d'Ahmadinejab dans une centrale nucléaire iranienne (3), Die Hard 4 (4), Matrix (5)
08:30 Publié dans Accueil, Anna bloGalore | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : influence d'internet, estonie, chine, iran, nucléaire
18 mai 2011
Explosions de pastèques en Chine

«Plus que des champs de pastèques, on dirait des champs de bataille», lit-on sur Il Corriere della Sera. La télévision d'état China Central Television (CCTV) a décrit le résultat en disant que le forchlorfenuron avait transformé les terrains en «champs de mines».
Ce sont 45 hectares de culture qui ont été ainsi pulvérisés.
L'année dernière, les prix ont poussé de nombreux agriculteurs chinois à se lancer dans le marché de la pastèque. Seuls ceux qui ont utilisé le forchlorfenuron ont vu leurs pastèques exploser. Le produit est autorisé en Chine mais aussi aux États-Unis qui s'en servent pour les kiwis et le raisin, probablement à dose beaucoup plus basse.
Selon l'enquête menée par CCTV, les agriculteurs ont utilisé en même temps des produits chimiques légaux et illégaux. Un cocktail exposif, c'est le cas de le dire. Ça ne fait pas du tout rire le gouvernement chinois, qui a manifesté son inquiétude quant à l'utilisation abusive ou illégale d'additifs alimentaires dans de nombreux produits, ce qui a déjà conduit par le passé à des catastrophes sanitaires comme celle du lait frelaté fin 2008.
Sources : Slate, AP
Photo : Corriere della Serra
15:30 Publié dans Anna bloGalore | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : chine
18 avril 2011
Monastere de Kirti à Ngaba, 2 500 moines connaissent une pénurie alimentaire

Monastère de Kirti - Source Wikipédia
Jeudi 14 avril 2011 par Monique Dorizon
La police armée chinoise boucle le monastère de Kirti à Ngaba, 2 500 moines connaissent une pénurie alimentaire.
Depuis l’immolation par le feu de Phuntsok, le 16 mars 2011 dans le Comté de Ngaba au Sichuan, coïncidant avec le troisième anniversaire du soulèvement de 2008 au Tibet et afin de protester contre le maintien de la répression au Tibet, la situation s’est aggravée au monastère de Kirti à Ngaba, auquel Phuntsok était affilie. Selon des informations confirmées, les forces de sécurité chinoises ont bouclé le monastère et des contingents supplémentaires de forces armées de la sécurité (estimées à 800) sont arrivées le 9 avril 2011 afin de renforcer les mesures de répression sur le Comté de Ngaba. Les déplacements des moines sont totalement réglementés, personne n’étant autorisé à entrer ou sortir du monastère. Des espaces dans les fils de fer barbelés du nord du monastère ont été comblés avec des murs en dur.
Depuis le bouclage, les moines connaissent une pénurie alimentaire et dépendent des dons en nourriture faits par les habitants par l'intermédiaire de l’administration du monastère. Cependant, les autorités ont interdit aux Tibétains d’offrir de la nourriture aux moines. Des témoignages indiquent que si la situation n’évolue pas, plus de 2 500 moines dans le monastère vont connaitre la faim, ce qui, certainement, mènerait à une révolte massive. Auquel cas, des forces de police lanceraient un assaut meurtrier menant à des tueries extrajudiciaires, comme cela s’est produit il y a 3 ans, le 16 mars 2008 dans la Comté de Ngaba. Les lamas et les dirigeants du monastère ont pu jusqu’alors maintenir le calme en demandant aux moines de rester patients malgré la répression en cours. A la suite de la manifestation de Phuntsok et de la marque de solidarité des moines du monastère de Kirti qui s’en est suivie, les autorités ont pris des mesures drastiques pour maintenir les moines sous leur contrôle. Selon les dernières informations, depuis le début du mois d’avril 2011, les forces de sécurité, qui auparavant encerclaient le monastère, sont entrées à l’intérieur du campus. Elles ont même empêché les moines les plus âgés de marcher sur le chemin de circumambulation (Kora) et ont créé des postes d’observation (avec des jumelles) sur les plateformes des chortens dans le monastère. Toute la journée, les gardes restent vigilants sur les activités du monastère. Plus de 33 personnes ont été arrêtées, dont 22 (8 moines et 16 laïcs) sont toujours en détention.

Dalaï Lama - Photo source AFP
Appel du Dalai Lama, samedi 16 avril 2011
La situation qui prévaut actuellement au monastère de Kirti, à Ngaba, dans le nord-est du Tibet, est très sombre en raison de la confrontation entre les forces militaires chinoises et les Tibétains locaux. Le monastère, qui compte environ 2 500 moines, est complétement encerclé par les forces armées chinoises, qui empêchent l’approvisionnement du monastère en alimentation et autres fournitures vitales.
Les Tibétains locaux, craignant que ce siège du monastère de Kirti soit un prélude à la détention à grande échelle des moines, ont encerclé les soldats qui font le blocus du monastère et ont encombré les routes de manière à empêcher les camions et les véhicules chinois d’entrer ou de sortir de Kirti.
Le blocus chinois du monastère de Kirti a commencé le 16 mars 2011, quand un jeune moine tibétain du monastère s’est tragiquement immolé pour marquer le troisième anniversaire des manifestations pacifiques généralisées qui ont secoué le Tibet en 2008. Au lieu d’éteindre le feu, la police a battu le jeune moine, ce qui a été l’une des causes de sa mort tragique. Cet acte a créé un ressentiment considérable parmi les moines, qui a abouti à ce blocus massif du monastère de Kirti.
Je suis très préoccupé par cette situation qui, si on la laisse continuer, peut devenir explosive, avec des conséquences catastrophiques pour les Tibétains de Ngaba. Compte tenu de cela, j’exhorte les moines et les laïcs tibétains de la région à ne rien faire qui puisse être utilisé comme un prétexte par les autorités locales pour exercer une répression massive sur eux.
Je presse également instamment la communauté internationale, les gouvernements du monde entier, et les organisations internationales non gouvernementales, de persuader les autorités chinoises à faire preuve de retenue dans le traitement de cette situation.
Au cours des six dernières décennies, l’utilisation de la force comme principal moyen de traiter les problèmes au Tibet n’a fait que renforcer les injustices et le ressentiment du peuple tibétain. Je lance donc un appel aux dirigeants chinois à adopter une approche réaliste et de répondre aux doléances légitimes des Tibétains avec courage et sagesse et à s’abstenir de recourir à la force dans le traitement de cette situation.
Le Dalai Lama, le 15 avril 2011
Source : site du Dalai Lama (Dalailama.com), 15 avril 2011 - NdR : traduction non officielle réalisée par Tibet info.
Agissons vite, soyons des milliers à
signer la pétition en ligne
Vous pouvez aussi envoyer un mail au Président du Groupe parlementaire d'études sur
le problème du Tibet à l'assemblée nationale à l'adresse mail ci-dessous
lluca@assemblee-nationale.fr
D'avance merci de votre implication
Tibet Languedoc - 14, rue de Toulouse - 30000 NÎMES
Tél./Fax : 04 66 29 00 24
Mail : tibet.languedoc@orange.fr
Site : Tibet Languedoc
anti
11:00 Publié dans L'Univers d'Anti, Symboles et croyances, Tous des humains | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : bouddhisme, dalai lama, tibet, chine
29 novembre 2010
Huang Zhulin fait de l’eau sa toile
Une jolie découverte faite sur Euronews dimanche :
Un artiste chinois, Huang Zhulin, exerce son art sur une surface des plus fragiles composée d'eau, d'huile, et de produits chimiques.
Une nouvelle forme artistique loin des carcans traditionnels de la peinture.
Huang Zhulin mélange tout d'abord une solution visqueuse à base d'eau et d'éléments chimiques pour en faire sa base de travail, qu'il verse ensuite sur un plateau clair reposant sur une boîte lumineuse.
Puis, il tamponne de la peinture de couleur sur la surface pour créer de délicats motifs à l'aide d'une aiguille métallique.
Afin de maintenir son travail en flottaison et empêcher les liquides de se solidifier, Huang ajoute des produits chimiques spéciaux au liquide de base et graisse la peinture.
Mais il maintient secret ses ingrédients spécifiques.
Et bien que ses créations aient une consonnance moderne, Huang indique qu'il a été inspiré par un homme de l'ancienne dynastie des Tang.
"On dit qu'un homme de la dynastie des Tang a versé une forme de peinture graisseuse
dans un bassin et de la teinture à vêtements.
Je pensais que c'était très intéressant.
Puis j'ai lu des histoires similaires et mené des expériences avec des liquides
pour voir si j'étais capable de peindre sur des fluides."
Mais Huang est d'ailleurs prêt à importer des éléments occidentaux dans son style en perpétuelle évolution.
Peindre sur l'eau est en accord avec l'esprit occidental de la création libre.
Et ces peintures sur l'eau présentent de surprenantes similarités
avec les lignes des oeuvres impressionnistes de l'Occident."
Bien que l'art de Huang ait pour vocation à rester à l'état de fluide, l'artiste peut également récupérer une copie de son oeuvre en apposant une feuille de papier sur la surface, permettant ainsi à la peinture de s'y figer.
Miss You
11:15 Publié dans Miss Terre et bouts de blogs | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : peinture, chine
23 septembre 2010
D’étonnants totems par Alain Delorme
Une expo surprenante.
Un autre regard posé sur la Chine.
Pourquoi intituler l'exposition « Totems » ? Je vous laisse le découvrir.
° °
« Totems »
Par Alain Delorme
Jusqu’au 25 Septembre 2010
A la Galerie Magda Danysz
78, rue Amelot - Paris 11ème

La série Totems d’Alain Delorme nous plonge au cœur de la Chine contemporaine et de sa complexité. Sous le ciel bleu d’un Shanghai acidulé, les hommes traversent la ville charriant des amoncellements improbables.
Ces colonnes précaires faites de cartons et de chaises apparaissent comme les nouveaux totems d’une société en pleine transformation, à la fois usine du monde et nouvel eldorado de l’économie de marché.
Comme Eugène Atget dans le Paris du tournant du siècle, Alain Delorme semble ici dresser le portrait des petits métiers de la rue shanghaienne.

Quand la société chinoise fascine souvent par sa folie des grandeurs, il choisit de porter son regard sur les individus arpentant le bitume de la ville. Dans la forme toutefois, l’auteur s’écarte du style documentaire et de sa neutralité affectée, tout en adoptant une certaine frontalité.

L’image s’organise alors en strates horizontales, elle découpe la ville à la manière des archéologues. Du trottoir à l’immeuble, les différents plans s’échelonnent de manière régulière entre les différentes temporalités urbaines : celle du quotidien, de l’éphémère, du mouvement incessant des passants et celle du changement urbain, des chantiers et des nouveaux bâtiments, qui s’inscrit dans un rythme plus lent.
Par-delà l’équilibre de ces compositions, l’auteur éclate les règles du genre documentaire, jouant du montage et de la couleur pour nous présenter une sorte de « réalité augmentée ». Il met ainsi au jour les paradoxes de la ville la plus dynamique de Chine.

Dans ces clichés, des hommes juchés sur leurs vélos ou tirant une carriole transportent des pneus, des baluchons, des bouteilles... De cette diversité reste un point commun : ils ne font que passer. Ils traversent les images comme ils parcourent la ville, sans jamais s’installer.
Ces migrants venus de toute la Chine sont le cœur de la nouvelle « usine du monde ». Corvéables à merci, ce sont les travailleurs venus des campagnes, ne disposant que de permis de résidence temporaires dans la cité. Une « population flottante » qui est la main d’œuvre du miracle chinois, l’envers de la réussite économique de l’empire du milieu.

L’auteur nous donne ici à voir les acteurs d’une ségrégation à la fois urbaine, sociale et économique. Masse laborieuse de la quête de l’idéal de la consommation, ils n’en profitent pas eux-mêmes. Se mouvant dans un Shanghai ensoleillé, aux couleurs vives, ces travailleurs semblent comme déplacés.

Alain Delorme réactualise ici la proposition documentaire et s’appuie sur le contraste entre la forme de la représentation, aux coloris presque publicitaires, et les sujets de ses clichés pour souligner cet écart. Ces hommes deviennent les héros de ce nouveau monde dont la force semble décuplée. On les croit capables de toutes les prouesses, maintenant l’équilibre aléatoire de leurs fardeaux insolites avec dextérité.

Car leurs cargaisons s’élancent dangereusement dans les airs, structures éphémères à l’équilibre instable. À la manière des nouveaux réalistes, Alain Delorme désigne ici un morceau de réalité et ce geste confère à ces amoncellements une signification inaperçue. Ils deviennent sculptures, de véritables œuvres d’art.

Ici les objets, par nature reproductibles et interchangeables, semblent acquérir à travers leur accumulation une dimension presque sacrée. Suivant le processus de fétichisation, ils perdent leur valeur utilitaire au profit d’une valeur symbolique. Mais de quoi ces produits « Made in » sont-ils les totems ? Car leur rôle est ici ambigu, étouffant autant qu’ils rendent visibles les travailleurs de la grande ville. D’un côté l’homme est englouti sous les objets, il en est le fervent serviteur, il est submergé par la démultiplication du même.
Les objets manufacturés deviennent alors les idoles païennes de la société de consommation. De l’autre, ces sculptures provisoires semblent renverser l’ordre établit, l’individu se distinguant ainsi dans le gigantisme du monde urbain. S’identifiant à cette élévation, l’homme n’est plus lui-même interchangeable et accède à la singularité dans la multitude.

Vertige de la hauteur qui entre en écho avec l’expansion incessante de la ville elle-même. Réactualisant la proposition des Becher de concevoir les structures industrielles comme les sculptures de notre monde moderne, Alain Delorme semble créer un écho entre ces totems manufacturés et les constructions de l’arrière-plan. L’espace urbain est toujours en chantier, il se développe en permanence, sans répit.

Les gratte-ciels envahissent la ville et s’élèvent toujours plus haut, dans une volonté d’ériger de nouveaux totems toujours plus remarquables, toujours plus imposants. De strates en strates, la Chine millénaire côtoie la puissance industrielle contemporaine. La course n’est plus ici seulement celle des hommes dans la ville, mais aussi celle de la ville vers son avenir.

Avec un regard empreint d’humour et de poésie, Alain Delorme nous installe au cœur du nouveau « rêve chinois ». Loin d’un hymne au matérialisme, ces images mettant en scène la surabondance des objets basculent presque dans l’absurde et laisse entrevoir la complexité d’un pays en train de se réinventer.
Présentation signée Raphaële Bertho
(Historienne de la photographie)
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Photos © Alain Delorme
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Le site d'Alain Delorme
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Miss You
11:27 Publié dans Miss Terre et bouts de blogs | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : photographie, chine
20 avril 2010
Les ateliers de la honte de Microsoft en Chine
Le National Labor Committee, une ONG américaine, vient de dénoncer sur son site les conditions de travail de l’usine chinoise KYE qui produit des périphériques informatiques pour Microsoft et plusieurs autres marques américaines. Les étudiants recrutés par l’usine travaillent plus de 80 heures par semaine pour 37 centimes d’euro de l’heure (0,5 dollar). Les cadences sont telles que des salariés épuisés dorment parfois à même leur poste de travail durant les pauses. Les ouvriers sont hébergés dans des dortoirs collectifs malpropres et leurs "douches" consistent en des petits seaux en plastique.
Il existe pourtant des codes de conduite adoptés par Microsoft, HP et l’Electronics Industry Council mais ils ne sont jamais appliqués.
Durant cette enquête de trois ans réalisée dans l’usine KYE située à Dongguan, des photos sans précédent, prises clandestinement dans l’usine, montrent des adolescents épuisés, endormis à leur poste sur leur ligne d’assemblage durant les pauses.
KYE recrute des centaines d’étudiants âgés de 16 et 17 ans, qui travaillent par vacations de 15 heures, de six à sept jours par semaine à la fabrication de webcams, souris et autres périphériques. Certains de ces travailleurs semblent être âgés seulement de 14 ou 15 ans. Une vacation typique se déroule de 7 heures 45 à 22 heures 55. La plupart des étudiants travaillent pendant trois mois, mais certains restent plus longtemps. Outre les étudiants, KYE embauche des femmes âgées de 18 à 25 ans.
Les employés doivent se présenter très tôt le matin pour effectuer des exercices de type militaire qui ne sont pas rémunérés. L’encadrement contrôle chaque seconde de leur vie. Le rythme de travail est exténuant. Les travailleurs doivent remplir leur objectif obligatoire de 2000 souris Microsoft produites par vacation. Durant l’été, les températures atteignent 30°C dans l’usine et les travailleurs sont trempés de sueur.
Les agents de sécurité harcèlent sexuellement les jeunes femmes. Les salariés ne sont pas autorisés à parler, écouter de la musique ou aller aux toilettes pendant les heures de travail. La liberté de mouvement est restreinte et les travailleurs ne peuvent quitter l’enceinte de l’usine pendant les heures réglementées. Les repas sont fournis par l'usine et leur prix est directement déduit du salaire des employés.
La direction de KYE affirme que les conditions de travail dans l’usine sont excellentes, et qu’elles sont en pleine conformité avec la législation du travail en Chine. Mais les jeunes femmes décrivent l’usine comme une prison, où tous ceux qui le peuvent fuient dans les six mois. Il est pratiquement impossible de trouver un salarié qui soit resté dans l’usine plus d’un an ou deux.
Sources et photos : National Labor Committee et Contre-Info
13:30 Publié dans Tous des humains | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : chine
26 mars 2010
Liste des sujets officiellement interdits en Chine
Une liste de sujets interdits dressée par le pouvoir chinois a été remis aux rédacteurs en chef des médias chinois au moment du Congrès National Populaire à la mi-mars. Son contenu a rapidement fuité sur le web. Voici quelques-unes des recommandations, telles qu'on peut les trouver par exemple sur le site de Marianne :
- Ne pas rendre compte d’informations sur des personnes qui obligeraient des fonctionnaires à divulguer des informations financières.
- Ne pas reproduire l’information selon laquelle le rédacteur en chef du Southern Weekend (un hebdomadaire chinois qui va souvent à l’encontre du gouvernement) a été classé par un média étranger comme faisant partie des 10 personnes les plus influentes du pays.
- Ne pas publier de nouvelles négatives sur les premières pages des journaux ou en ouverture des sites web.
- Ne pas faire preuve de sensationnalisme et ne pas faire état d’éventuelles pétitions.
- Ne pas mentionner la grève de la faim de l’artiste Ai Weiwei ou d’autres personnalités.
- Ne pas évoquer la polémique sur les fonctionnaires de Handan (la nomination de 89 nouveaux fonctionnaires d’un coup dans cette ville avait provoqué un certain émoi parmi les habitants qui jugeant la réorganisation excessive et non justifiée).
- Ne pas faire état des rapports sur des cas de détenus morts pendant le sommeil en centres de détention.
- Ne pas donner de nouvelles sur la femme du procureur de la Mongolie Intérieure qui conduisait un véhicule de luxe.
- Éviter les nouvelles sur les nouvelles fonctions de Li Changjiang et de Meng Xuenong (Li Changjiang a été écarté de la direction du contrôle qualité après le scandale du lait en poudre contaminé en 2008. Meng Xuenong a démissionné de son poste de gouverneur de la province du Shanxi après l’éboulement de roches et de boue dans une mine de fer illégale. Tous deux ont intégré de nouvelles fonctions).
- Supprimer toutes les allusions à la fleur Youtan Poluo (dans la légende bouddhiste, cette fleur rare ne pousse que tous les 3.000 ans. Une religieuse dit avoir récemment trouvé un bouquet de cette fleur. Nouvelle largement rapportée par la presse locale, alors que le gouvernement a peur de toute forme de superstition ou croyance religieuse, forcément subversives à ses yeux).
Bref, la consigne est claire : éviter les sujets sensibles. Tous les sujets…
Source : Censure en Chine: le PCC liste les sujets interdits (Marianne2)
Photo : Marianne
15:45 Publié dans Tous des humains | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : chine, influence d'internet
23 mars 2010
Google fait la nique à la Chine
Google, qui envisage de quitter la Chine depuis son piratage il y a quelques semaines, s'amuse en ce moment à énerver très fort le pouvoir.
Lorsque les internautes chinois se connectent sur le moteur de recherche à l'adresse google.cn, ils sont redirigés automatiquement sur google.com.hk, c'est à dire la version accessible depuis Hong Kong, beaucoup plus ouverte sur les sites internet de la planète.

Il n'empêche que ces dernières salves lancées par Google en Chine pour faire tourner le pouvoir en bourrique aux yeux du monde sont bien sympathiques.
17:19 Publié dans Tous des humains | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : influence d'internet, chine








