13 janvier 2012

Du fond d'un tiroir... - Hommage de Serge Wellens à Robert Notenboom

Serge_Wellens_photo_Olivier_Poudoulec-2.jpgPhoto Serge Wellens d'Olivier Poudoulec

Du fond d'un trou de mémoire

Du fond d'un trou de mémoire
je regarde passer le ciel
où rien ne se passe vraiment
qu'un léger très léger frémissement
pareil au rêve inhabité
d'une eau dormante

Je cherche désespérément
le visage d'un mot nécessaire
qui se défaisant me défait
Il me reste la lenteur
obstinée de son refus d'être
Pour un peu de temps encore
le sillage d'une trace.


Serge Wellens


Serge Wellens est né le 11 août 1927 à Aulnay-sous-Bois (93) de parents artis­tes de cirque. Sa mère était trapéziste et son père prestidigitateur. Il va à l'école pri­maire puis fait l'école buis­son­nière dans un Paris sinistre sous l'occupation. Sa maman lui apprend elle-même à lire et fait de lui un lecteur bou­li­mi­que.

Là, je ne peux que vous inciter à écouter Serges Wellens dans l'émission radio enre­gis­trée le lundi 9 février 2009 par RCF Accords Charente-Maritime (La Rochelle : 95.5 FM) et dif­fu­sée le 16 et 19 avril 2009, un régal.

Si je vous parle de ce poète aujourd'hui, c'est que Robert Notenboom, autre poète que nous aimons beaucoup ici, vient de me faire parvenir quelques courriers ressortis du fond d'un tiroir, hommage à son écriture :

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Île de Groix - Résidence de Robert Notenboom





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La prochaine rencontre avec Robert Notenboom aura lieu à Lyon

le 27 janvier prochain



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Le poème de Serge Wellens recopié depuis le sympathique blog Lucarne - Mémoire du vent

08 janvier 2011

« Le cirque de la femme serpent »

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Coup de cœur découvert sur Euronews hier pour le spectacle intitulé « El Circo de la Mujer Serpiente / Le cirque de la femme serpent » créé et interprété par la Compagnie espagnole Ananda Dansa, spectacle qui allie cirque et danse, sourires et jeu d’ombres, burlesque et poésie.










Ananda Dansa a été fondée à Valence, en Espagne, en 1981 par Rosángeles Valls et s’est d’abord définie comme une compagnie de danse contemporaine.




Avec l’arrivée de Edison Valls, cette orientation s’est modifiée et enrichie en incorporant à ses créations des éléments venus du théâtre, des jeux de lumières et d’ombres, de la dramaturgie, de la poésie, du rire, des références musicales allant de Cole Porter à Kurt Weil, de la littérature en s’inspirant d’auteurs comme Mary Shelley ou encore James Barrie.




La Compagnie a su créer un langage corporel qui lui est propre, associé à un regard acéré porté sur la Société, la mémoire qui lie les générations entre elles, les thèmes forts qui jalonnent la vie en Espagne, tels que la guerre civile, le terrorisme, l’éducation sentimentale des femmes sous la dictature, …





A ce jour, dix-huit spectacles ont été ainsi montés à travers l’Espagne.







Pour en découvrir plus sur Ananda Dansa :

• Le site officiel de la Compagnie








Sa présentation (en anglais)







Miss You

14 septembre 2010

Le cirque Romanes est en danger

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En janvier dernier, je vous parlais du Cirque Romanes dans une note intitulée Cirque Romanès - Paradis tsigane.

Aujourd'hui, il apparaît que ce cirque tzigane familial installé à Paris depuis 14 ans, faisant aujourd’hui partie du paysage artistique européen est en danger. Un appel est lancé pour soutenir le cirque Romanes :

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Crédit photo Daniela Ivanova


« Nous les tziganes, on nous accuse de tout et notamment d’envoyer nos enfants faire la mendicité et voler ;
il faudrait une bonne fois pour toutes savoir ce que l’on veut : je demande aux parlementaires français de ne pas jeter
mes enfants dans la rue et de leur permettre d’apprendre et d’exercer le métier qu’ils ont choisi »

Alexandre ROMANES

Afin de permettre au Cirque ROMANES de continuer son activité,
nous, membres de ce collectif demandons aux autorités françaises :

· de réattribuer aux musiciens roumains du Cirque ROMANES les autorisations de travail qui leur ont été injustement retirées

· d’autoriser le Cirque ROMANES à employer les artistes roumains et bulgares avec qui ils travaillent depuis des années

· de demander au Procureur de la République d’abandonner les poursuite à l’encontre du Cirque et de ses dirigeants du fait de la participation de leur fille à leur spectacle

· de proposer aux parlementaires français d’avoir la gentillesse de ne pas interdire aux enfants du Cirque d’exercer le plus tôt possible un des rares métiers encore apprécié de la jeunesse.


Signer la pétition


Alexandre romanes.jpgAlexandre Romanes à La librairie Géronimo - Crédit photo Tompi

Voici un message d'Alexandre Romanès :

Il y a deux problèmes :

-Le premier inventé par la DDTEPF ; elle retire à mes musiciens le droit de travailler sur la base d’arguments illégaux

-Le deuxième problème : je découvre avec stupeur que ma fille de 10 ans n’a pas le droit de faire les petits numéros sans risque qu’elle fait dans notre spectacle. Autrefois les métiers se transmettaient de père en fils ; cette transmission s’est perdue dans le monde moderne.

Il n’y a plus que les artistes qui ont gardé cette merveilleuse transmission – comédiens, musiciens, artistes de cirque - ; mais, dans le cirque, la loi française interdit à des parents artistes de cirque de mettre en piste leur enfant de moins de 12 ans et moins de 16 ans si les parents de l'enfant ne sont pas des artistes; c’est un scandale quand la loi n’est pas respectable, moi, je ne la respecte pas ; qu’ils viennent ; je les attends.

Si vous pouvez parler autour de vous de notre soirée de soutien à l'avance, un grand merci...

Je lance un appel à tous les artistes de ce pays : cinéastes, comédiens, chanteur, danseurs, mimes de nous soutenir dans ce combat !!!

Vous pouvez appeler Alexandre, il se fera un plaisir de vous répondre... il peut vous apprendre beaucoup de choses !

Contact Délia et Alexandre Romanès, téléphone sur demande, email : cirque.romanes@wanadoo.fr


Pour finir, je profite de cette malheureusement triste actualité pour vous faire part de la sortie en mai dernier du nouveau livre d'Alexandre Romanes : Sur l'épaule de l'ange, publié chez Gallimard. Vous en trouverez une merveilleuse critique sur Le Diffuseur Poétique

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Le vrai bonheur ne se trouve pas, il se donne !


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16 juillet 2010

Bartabas et Zingaro, 25 ans de chevauchée fantastique

Je vous ai déjà parlé de Bartabas et du théâtre équestre Zingaro. Je les adore !

Ce théâtre équestre fête cette année ses 25 ans et propose à cette occasion

• un album anniversaire "Zingaro" paru chez Actes Sud et

• un film « Galop arrière », présenté en avant-première au Printemps des Comédiens de Montpellier, puis à Avignon et Paris.



Les 25 ans de Zingaro

"Ici, le spectacle est un rituel,
la musique une vocation
et l'amour des chevaux une religion",

clame Bartabas, fondateur du théâtre équestre Zingaro.

Voici l'album photos d'une aventure flamboyante, menée au triple galop.

Par Nedjma Van Egmond



Générique de fin. La longue, très longue liste de ceux qui ont pris part à l'aventure Zingaro défile. Des centaines de noms. Cavaliers, danseurs, musiciens, chevaux bien sûr, d'Horizonte à Éros, de Vinaigre au Caravage, en passant par Zingaro.


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Zingaro, plus qu'un cheval
Fidèle compagnon de route,
c'est lui qui donna son nom au théâtre équestre fondé par Bartabas.
Quand le cavalier le récupère, il a quelques mois seulement.
Il sera de toutes les créations, de toutes les aventures,
15 années durant.



Zingaro, frison ébène qui donna son nom à la compagnie, le compagnon précieux de quinze ans, qui s'est éteint en octobre 98, laissant Bartabas inconsolable.

On les retrouve, tous deux, au début de Galop arrière, dans un face à face mémorable : le cheval, sublime, galope sur la piste, crinière au vent, face à un Bartabas bravache.

Mordants, joueurs, bagarreurs, ils finissent par se retrouver dans un moment de complice sérénité.


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Complicité
Bartabas et Zingaro, joueurs, complices.
Ces deux-là courent les routes de Paris à Lausanne, de Rome à Varsovie
dans les spectacles Opéra équestre, Chimère, Éclipse.
Zingaro meurt aux États-Unis en décembre 1998.
Bartabas lui rendra hommage dans Triptyk.
©Piero Tauro



Galop arrière n'est pas un documentaire, pas une rétrospective pontifiante ou un retour solennel sur 25 années d'histoire.

C'est une série d'instants volés, une suite d'images issues de différentes pièces, comme autant de moments forts qui montrent comment Zingaro a changé de cap.


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Premières aventures
Saut d'obstacle.
Bartabas et sa monture Zingaro, aux premières heures de l'aventure, avenue Jean-Jaurès, à Aubervilliers.
À leurs côtés, Igor, Brigitte, Branlo,
les fidèles, "artistes jusqu'au bout des ongles et des sabots", comme l'écrit Bartabas.
©Alain Sauvan



Passant du spectaculaire à l'épure, d'un univers festif entre folklore et bamboche tzigane à un art équestre qui tient davantage de la chorégraphie, de la poésie aussi.

Galop arrière est une forme de pièce idéale, qui mêlerait la fougue débridée de Battuta, la méditation de Loungta, l'hommage douloureux de Triptyk - après la mort du cheval Zingaro. C'est le mariage des couleurs, des univers, des éléments.


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Entr'aperçu. 2005.
On aura tout vu avec Bartabas : le jour se lever (ses fameux levers de soleil) et la nuit s'en aller.
Les oies danser et les chevaux voler.
L'écuyer poétique invite au voyage dans chacun de ses spectacles.



Noirs satinés, blancs éclatants, rouges brûlants. Un dromadaire, des oies sauvages, des purs-sangs ou des lusitaniens.

L'air, l'eau, le feu.

Sur les images, les textes de Victor Segalen et d'André Velter, dits par Bartabas.


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Entr'aperçu, 2005.
Toujours au Châtelet, Bartabas et Horizonte dans un piaffer,
dont Bartabas dit qu'il est "moelleux, souple, ralenti, plein de lenteur dans l'énergie, installé dans l'air".
Le cheval est arrivé à Zingaro pour Éclipse.



Bartabas n'aime pas les anniversaires, il souffle pourtant les 25 bougies de sa compagnie en majesté, avec un livre, superbe, paru chez Actes Sud, avec les huit DVD de ses spectacles.


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Entr'aperçu, 2005.
Bartabas et les siens sous les ors d'un théâtre.
Ici, le théâtre du Châtelet, à Paris, a tout chamboulé pour accueillir le cavalier, ses chevaux et ses 35 tonnes de sable de lave.
Ici, Bartabas avec Solenn et Lobero.
©Fred Chehu



Et ce film, donc, que l'artiste présentera à Avignon, puis au Théâtre équestre, dans le cadre de Paris Quartier d'été.

À Aubervilliers, après la projection, un concert du Rétif, le groupe de Paulus, ancien compagnon de route de Zingaro et compositeur des Négresses vertes.


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Chimère. 1994-1996.
Vingt-six acteurs et musiciens et autant de chevaux sont réunis
dans cette création chorégraphiée et sensuelle, de toute beauté.
Après l'Europe, la pièce investit New York et connaît un succès fou pendant deux mois.



Le Rétif ou l'obstiné, le farouche, l'indocile.

Un autre Bartabas, en somme.


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Éclipse 1997-1999.
Ombre et lumière, noir et blanc, yin et yang.
Éclipse ou le spectacle des métamorphoses.
Bartabas et son cheval Vinaigre, abandonnés l'un à l'autre,
y sont notamment accompagnés de musiciens coréens.




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Loungta, les chevaux de vent. 2003-2005.
Bartabas change de cap,
délaisse un temps les cavalcades effrénées
et offre cette fois un spectacle plus méditatif,
bâti autour de moines tibétains musiciens,
ici interrompus par une foule d'oies blanches.



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Loungta, les chevaux de vent. 2003-2005.
Le spectacle devait être créé à Avignon, à l'été 2003.
Le festival n'eut jamais lieu.
Mais l'on vit Loungta aux quatre coins du monde,
de Rome à Tokyo, de Moscou à Namur, et à Aubervilliers bien sûr.




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Battuta 2006-2009.
Battuta (ici à Istanbul en mai 2006) c'est la pulsation en rom.
Mariage, enterrement, larmes, rires,
ce spectacle est une véritable explosion de vie,
un galop effréné au rythme des violons et des cuivres venus de l'Est.
©Battuta, Poupel










°
°°
°


Renseignements et réservations à Paris Quartier d'été




Très bel anniversaire à chacun des membres de cette géniale troupe et merci pour le rêve et la beauté que vous nous faites partager.


Miss You

08 avril 2010

Le Cirque hirsute

En lisant l’article du Monde, j’ai eu envie d’en savoir plus sur le Cirque Hirsute et son spectacle "Bal caustique", co-produit avec l'Association du Boulon manquant.

J’ai adoré ce que j’ai découvert.

Avec des noms pareils, ça ne pouvait que me plaire
;-)









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L’article

« Le Cirque hirsute dissout la réalité dans les vapeurs du rêve »



Voilà des petits nouveaux dans le nouveau cirque : ils sont deux, ils sont belges, ils ont l'oeil allumé et le cheveu en pétard, d'où le nom de leur compagnie, le Cirque hirsute.

Ils ont l'air très amoureux et, après s'être pas mal promenés en Europe, ils sont à Paris, au Théâtre de Chaillot, avec leur "Bal caustique".

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Les voilà donc, elle, Mathilde Sebald, lui, Damien Gaumet, dans leur univers doux et foutraque, où tout semble bon pour décoller du plancher des vaches.

Lui a un peu la dégaine de Dominique Pinon dans Delicatessen, le film de Caro et Jeunet, elle l'allure évaporée d'une créature fin XIXe, en longue robe et dentelles blanches. Tous deux sont spécialistes en techniques aériennes : roue Cyr (ce vaste anneau métallique à l'intérieur duquel l'acrobate, bras et jambes ouverts, ressemble au célèbre dessin de Léonard de Vinci), trapèze, mât chinois...

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Et c'est ainsi, à quelques encablures au-dessus du sol, qu'ils déclinent les joies simples et les petites misères de la vie de couple, au son de rengaines de bastringue des années 1900 à 1950, et dans l'atmosphère légèrement nébuleuse d'un univers qui a sa propre logique, comme dans les rêves.

Sur la scène transformée en horloge géante, les voilà par exemple jouant aux échecs, de part et d'autre d'une commode flottant dans les airs comme un balancier.

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Et le voilà, lui - c'est lui, surtout, qui impressionne par sa virtuosité -, tournant dans sa roue comme une folle machine humaine, avant d'être rattrapé par la dure loi de la pesanteur, encastré dans une chaise-cage, et de s'échapper à nouveau, libre et délié dans l'air.

Ce sont là les meilleurs moments d'un spectacle un peu inégal, et dont l'univers est quand même moins imaginatif que celui des Thierrée père, mère, fils et fille, et moins fascinant que celui de Johann Le Guillerm - dont le Cirque ici refait d'ailleurs un tour de piste à La Villette jusqu'au 11 avril.

Le "Bal caustique" du Cirque hirsute n'attaque pas la réalité à l'acide : il la dissout dans les vapeurs du rêve.

C'est séduisant, mais parfois un peu trop éthéré.


Le Monde



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Bal caustique, par le Cirque hirsute

Avec Damien Gaumet et Mathilde Sebald.

Mise en scène : Marcus von Wachtel.

Théâtre national de Chaillot
jusqu'au 17 avril






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Critiques du spectacle



Bal caustique

"Damien Gaumet et Mathilde Sebald donnent corps et âme à une narration atypique qui s'abreuve d'absurde et de poésie décadente".
El mundo 01/11/06

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"Ici, pas de démonstration de force, rien que de la douceur et de la poésie".
Ouest France, 15/10/2007

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"Il n'aura pas fallu plus de quelques secondes
pour que le public applaudisse et rit dune seule voix aux prouesses et clowneries
à la Buster Keaton de ces deux enfants du paradis
."
Le Télégramme. 15/10/2007.

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Retour sur l’histoire :

Vivant en huit clos, un couple à l'énergie vagabonde bouscule les convenances et dessine les contours d'un univers surréaliste.
D'insolites agrès de cirque travestis en mobilier d'époque plantent le décor.
Une commode flotte dans les airs comme un balancier d'horloge ancienne,
une chaise se roule par terre et la plante verte se dégourdie les racines.

Virtuose, saugrenu, romantique et acide,
Bal Caustique est une tragi-comédie à l'humour noir et décalé qui jongle allègrement avec les genres.


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Toccata

La nouvelle création arrive !



Comme Bal Caustique, Toccata est décliné en deux versions :
Version en salle et chapiteaux : 75mn environ
Version rue: 50 mn environ

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L’histoire
:

Le spectacle nous plonge dans un univers baroque décalé et absurde.
Honneur à la musique, honneur au cirque et à la virtuosité !
Tout part d'un piano droit tordu, écrasé au sol.
Des partitions jonchent le sol. La terre tremble encore d'une quelconque fait-divers.
Une troupe improbable débarque, composé d'un compositeur excentrique et fluet,
courtisant une diva sculpturale et frivole, un ténor idalgo titanesque
et deux jeunes danseurs acrobates incontrôlables.
Après accordage, le spectacle commence, mais là où tout aurait pu bien se passer,
la Toccata déraille et plonge dans l'absurde.

Au programme :
Concerto pour piano en vrac et trapèze tordu, gesticulations inspirés,
1001 tours de charmes, sérénade pour un couple pathétique, rodeo sur lustre récalcitrant, démolition de piano...
Tout cela en cirque: portés acrobatiques, trapèze washington, jonglage, corde volante, élastiques, cadre coréen...
et spécialement pour la version en salle: roue cyr, roue allemande et lustre géant.

A partir de mai 2010 en rue, octobre 2010 en salle.

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Miss You

06 janvier 2010

Cirque Romanès - Paradis tsigane

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Alexandre Romanès dit en souriant :
« Dans les tribus gitanes, toutes les femmes sont reines »


Envie d'ambiance ? De fêtes ? De musique ? Prêts pour embarquer ? C'est parti ! Ta dam !!!

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Le cirque Romanes présente son spectacle Paradis Tzigane encore jusqu'à fin janvier à Paris !

Profitez-en !


"Ma famille fait du cirque avec un chapiteau depuis la première guerre mondiale. Avant, mon arrière grand-père donnait un spectacle en plein air sur la place du village. Il allait de village en village avec ses trois femmes, ses enfants et un ours. « L’embêtant, disait-il, c’est l’ours. »

A 25 ans, j’ai quitté le cirque familial, le cirque de mes parents ressemblait de plus en plus à un hangar pour avions, j’ai jeté l’éponge, je suis parti. Pendant quelques années j’ai fait mon numéro d’équilibre dans la rue. J’étais depuis longtemps attiré par la poésie, je me suis lié d’amitié avec des poètes : Jean Genet, Jean Grosjean, Dominique Pagnier, Jean-Marie Kerwich, Thierry Metz, Christian Bobin.

J’ai travaillé à l’élaboration d’un spectacle de cirque avec Jean Genet. Il y avait assez de matériel pour faire 4 heures de spectacle. Quand il a fallu passer à la réalisation, j’ai pris ma voiture et je suis parti sur les bords de la Loire faire des paniers en osier…

Dix ans plus tard, je redécouvre le cirque dans le campement tsigane de Nanterre. J’ai rencontré Délia que j’ai épousé, j’ai acheté un petit chapiteau, un vieux camion, quelques caravanes, et nous avons pris la route. Quelques gitans dans une piste, Délia au chant, entourée d’un violon, d’une contrebasse et d’un accordéon.

Même dans mes rêves les plus fous, je n’aurais jamais imaginé avoir autant de succès avec un spectacle aussi dépouillé. Le violonniste Yehudi Menuhin m’a dit : « Jusqu’à mon dernier jour je penserai à vous. »

La vie n’est jamais comme on croit."
Alexandre Romanès.



Le Ciel, Donner et Dieu, dans la langue tzigane, c’est le même mot .

Depuis longtemps les tziganes savaient le vieux proverbe : "Pour vivre heureux, vivons cachés". Par crainte des conventions et des pouvoirs, les tziganes n’ont jamais permis aux autochtones de s’approcher de leurs campements .

D’un côté les habitants des villes inquiets et désireux de voir passer le plus vite possible une population jugée hostile à leur mode de vie, de l’autre côté des tribus gitanes méfiantes, repliées sur elles-mêmes ne dévoilant de leur culture que ce qu’elles voulaient bien montrer, c’est-à-dire très peu.

La culture tzigane étant ce qu’elle est, c’est-à-dire restreinte et orale, on pourrait dire une culture « de survie ». Et parce que les hommes et les femmes qui font des prévisions nous avertissent – et pour une fois ils pourraient bien avoir raison – que les cultures minoritaires vont disparaître une à une, j’ai la faiblesse de croire que les trois livres que j’ai écrit, n’iront pas ce noyer dans l’océan des livres. Ils pourraient avoir un intérêt qui va bien au-delà d’un chant qui je l’espère, est poétique. Grâce à la curiosité ils devraient continuer à vivre, ne serait-ce que pour témoigner d’un monde qui tôt ou tard disparaîtra.

Le monde m’a blessé, comme un animal vivant qu’on déchire avec les mains.

La neige, le vent, les étoiles, pour certains … ce n’est pas assez.

Avec le temps qui passe, j’ai élagué ma vie comme les branches d’un arbre. Maintenant, il n’y a plus que mes filles et Dieu.

La grandeur, ils connaissent : décider, inventer, construire. Leur chemin est sans fin. Moi, je ne suis pas de cette race.
Alexandre Romanès.



"A l'instant de sa mort, le père d'Alexandre Romanès souffle : "J'ai eu une belle vie." Ou encore : "Être gitan, c'est n'être dans rien : ni dans le sport, ni dans la mode, ni dans le spectacle, ni dans la politique."
Alexandre Romanès fait jouer son cirque tsigane à Bègles (Gironde).

Du 30 décembre au 6 janvier 2008, même limonade, mais porte de Champerret à Paris. Noël se prête au cirque. Surtout au petit Cirque Romanès, son saint bazar, son entrain, la famille en piste et l'orchestre, sans animaux, sauf un vieux chat amateur. Alexandre Romanès est-il sérieux ? Le sérieux est-il gitan ? Le tragique et l'ironie, oui, mais le sérieux ? "Mon grand-père avait trois femmes et un ours. Celui qui faisait problème, c'était l'ours."

Le cirque guérit, mais de quoi ? Dans les "sixties", une des plus terribles planches dessinées (dans Hara-Kiri), encre noire comme le sang et arbres sans feuilles, c'était Le Petit Cirque de Fred. Moitié Apollinaire, moitié exode, moitié fête perdue, moitié enterrement : quadrature gitane. Le petit Cirque Romanès ressemble à celui de Fred, sans la mélancolie. Un rêve de cirque.

Contrebasse, accordéon, clarinette, tapis des Mille et Une Nuits, bougies, accueil en fanfare et ce clown postmoderne au visage lassé qui assure sans un sourire les transitions géniales. Pas de numéros, chez Romanès, jamais d'exploit (la vulgarité même), simple syntaxe des entrées, des expressions et le plaisir de bien faire. Les garçons arborent des falzars rayés et des chemises à paillettes dont on se demande qui les fabrique. Où ils les dénichent. Quelque usine secrète ?

Les filles jouent leurs rôles : femme boa, femme du feu, trapéziste non conforme, contorsionniste au sourire inquiétant. Un petit bonhomme danse comme Fred Astaire eût tant aimé savoir le faire. On ne peut plus l'arrêter. Mais que font la police et la cellule psychologique ? Au final, l'orchestre passe la surmultipliée. Romanès s'agite toujours debout, calme, tendant une liane ici, un tapis là. Délia, sa chérie, chante des mélopées poignantes ou des airs du diable. Personne ne sait si l'on a démarré à l'heure, ni quand cela finira. Les numéros se précipitent devant l'ensemble de la troupe. La femme boa tricote, une imposante grand-mère tient sur ses genoux un enfant en bas âge. Beignets et vin chaud pour tous.

Alexandre Romanès avait fait une croix sur le cirque. Vingt ans après, il en monte un. Il rencontre Pipo, un ami d'enfance, qui l'embrasse et le regarde bizarrement : "Je suis vraiment étonné de te voir faire du cirque. - Pourquoi ? - J'avais toujours cru que tu étais intelligent."

L'ours, les voleuses et des souvenirs de Jean Genet, vous trouverez de tout dans son livre de haïkus gitans, Un peuple de promeneurs (éditions Le Temps qu'il fait, 2000). Ou encore, chez Gallimard, dans ses Paroles perdues (poèmes, préface de Jean Grosjean, 2004) : "Je voulais garder Dieu pour moi, et j'en parle à toutes les pages."

Romanès n'a pas lu des masses de livres, mais il sait en écrire.

Ce ne sont qu'histoires de Juliani si pauvres qu'ils se mettaient des beignes, le soir, pour garder le chien et sa chaleur au lit ; ou l'histoire de ce CRS de faction au camp de Nanterre, si amoureux d'une Gitane qu'il passait ses journées assis en hauteur sur un tas d'ordures, dans l'espoir de l'apercevoir". Lydie se fâche avec Pipo, parce que Pipo lui a menti. Pipo : "Qu'est-ce que tu veux, je suis un gars comme Dieu : je laisse des doutes !" Mais aussi bien : "Je demande à une vieille Gitane pourquoi elle ne parle jamais des camps de concentration, où pourtant elle a été. Elle me répond : "Parce que j'ai honte.""

Trois cents personnes à Paris, dimanche, pour protester contre l'expulsion de trois cents Gitans bulgares et roumains (donc européens). Le cirque continue."

Francis Marmande pour Le Monde du 5 décembre 2007

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Pour les chanceuses et les chanceux qui seront sur Paris ce mois-ci, toutes les informations sont sur le site du Cirque Romanes.

Alexandre Romanes est l'auteur de « Un peuple de promeneurs », Le temps qu’il fait (2000), « Paroles perdues », Gallimard (mai 2004), « Les étoiles multicolores », Gallimard (2008) (plus d'info).

Vous pouvez aussi consulter tous les articles du blog concernant le peuple Rom en cliquant sur le TAG Roms.

Et bien sûr, télécharger gratuitement le roman de Anna, La Veuve Obscure dont l'action se situe aux Saintes-Maries-de-la-Mer et dont le héros Tony, Rom, nous plonge au cœur d'une communauté à découvrir en compagnie de sa Délia à lui ;-)

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22 décembre 2009

Slava Polunin : l'arme du clown

Rencontre avec un faiseur de rêves, silencieux et engagé.


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Source Théâtre Silvia-Monfort




Prononcez le nom de Slava Polunin devant n'importe quel Russe de 7 à 97 ans. Et observez la réaction. Dire que dans son pays Slava est une légende est encore un peu en dessous de la réalité. Ses numéros de clowns ont été vus à la télévision, depuis trente ans, par des millions de spectateurs. Les places pour ses spectacles s'arrachent au marché noir, souvent pour l'équivalent de 1 000 euros.

Le fondateur de la fameuse troupe des Licedei n'est pas seulement un clown de génie. Il fait partie, à 59 ans, de ces rares artistes qui incarnent l'histoire de leur pays.

Derrière son nez rouge, dans sa combinaison jaune trop grande, il a renvoyé aux Russes, en miroir, leurs désirs de liberté sous la chape brejnévienne, puis leurs espoirs et leurs interrogations dans la Russie postsoviétique du début des années 1990.







En France, on le connaît mal. Son célèbre Snowshow bourlingue dans le monde entier depuis quinze ans, sans passer par l'Hexagone. Jusqu'à ce qu'un autre poète du chapiteau, Stéphane Ricordel, ancien trapéziste des Arts Sauts, aujourd'hui à la tête d'un Théâtre Silvia-Montfort réenchanté, fasse des pieds et des mains pour montrer enfin au public parisien ce spectacle rêveur et magique.

Slava vit pourtant en France plusieurs mois dans l'année, depuis le tournant de l'an 2000. Pour aller le voir dans son château de conte de fées, il faut filer à travers la Seine-et-Marne, entre bois, rivières et zones industrielles. "J'ai un chapiteau à Londres, une roulotte à New York, un bateau à Moscou et un moulin à Crécy-la-Chapelle", sourit cet anarchiste doux en ouvrant le portail démesuré de son antre enchanté, à la fois atelier, laboratoire et repos du guerrier.


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REUTERS/MICK TSIKAS
Un clown vert du spectacle de Slava Polunin, "Slava's Snowshow"
présenté à Melbourne (Australie), le 13 août 2009
..



Pendant des années, sa vie a tenu dans une remorque de 15 mètres cubes. Au moulin, derrière les murs jaune vif - sa couleur fétiche -, il y a des bibliothèques taillées à même les arbres, des chambres d'enfants sorties d'Alice au pays des merveilles, des lits comme des nids ou des bulles. Des plantes qui semblent poursuivre leur croissance à travers les murs, de manière mystérieuse.

Son utopie, Slava a commencé à la bâtir très tôt, à Novossil, une toute petite ville à 300 km de Moscou, dans les années 1950. Son père était directeur du kolkhoze. C'était encore une Russie à la Tchekhov, boueuse - "On vivait les bottes vissées aux pieds" -, avec les champs et les bois au bout de la rue.

Les mômes construisaient des cabanes dans les arbres, comme autant de rêves. Il y avait un cinéma. Et un poste de télévision pour toute la rue. "Il fallait grimper dans un arbre pour apercevoir quelque chose", se souvient Slava. Images des films de Chaplin, inoubliables. Un jour de l'année 1964, il a 14 ans, il voit le mime Marceau. Et décide qu'il ne fera rien d'autre de sa vie : raconter aux gens des histoires muettes, drôles et bouleversantes.

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A 17 ans, il file à Leningrad. Prétexte : d'improbables études d'économie. En fait, il devient un pur "Leningrad cow-boy", un pilier du milieu underground, qui danse le rock jusqu'à l'aube dans les soirées clandestines, et commence à travailler des petits numéros de pantomime déjantée. Marcel Marceau vient souvent en Russie. A chaque fois, Slava est là, s'intègre à l'équipe du maître pour un petit boulot. "Cela m'a permis de voir ses spectacles des centaines de fois. Son sens de la comédie muette me fascinait."





En ce début des années 1970 où - la parenthèse Khrouchtchev définitivement fermée - la chape de plomb retombe sur la vie culturelle soviétique, Slava Polunin et ses compagnons commencent à se tailler un franc succès avec leur petit music-hall qui stylise sans mots l'absurdité de la vie quotidienne. Ils sont toujours amateurs - ils ne deviendront professionnels qu'en 1978 -, mais déjà célèbres à travers le pays. Ils sont un des rares espaces d'expression que l'on ne peut pas museler : "Le silence permettait tout. On ne pouvait pas nous contrôler, puisque nous ne disions rien."

En 1980, Slava arrête le mime. Il a l'intuition que le statut de clown lui permettra "d'aller plus loin dans l'expression de la liberté". En trois jours, il trouve son personnage, son Assissai drôle et touchant, poétique et anarchique, en combinaison jaune et énormes chaussons en peluche rouge. Il ouvre le premier théâtre de clowns en Russie, qui est aussi le premier théâtre libre, fonctionnant sans subvention de l'Etat. Mais il se débrouille pour être toujours invité dans les événements officiels.


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Le vent de liberté qu'il fait souffler avec sa troupe des Licedei lui vaut un amour immodéré du public, une ferveur populaire difficilement imaginable. Certains de ses numéros s'inscrivent dans l'histoire, comme le fameux "Nizya-Zya" qu'il invente au milieu des années 1980. Un premier clown (Slava) tente perpétuellement de bouger des choses.

Dans son dos, un autre hurluberlu tente à chaque pas de l'en empêcher, en lui répétant : "Nizya" ("On ne peut pas"). Jusqu'à ce que le premier lui crie, excédé : "Zya", néologisme russe signifiant "On peut". Ce "nizya-zya" est alors devenu, à la fin des années 1980 en Russie, un mot de passe circulant dans les lycées, les usines, les bureaux... Un symbole de la liberté qui fermentait dans toutes les couches de la société.





Pourtant, Slava n'a jamais été réellement inquiété par les autorités. "Je ne m'intéresse pas à la politique, s'amuse-t-il. On a dit que Carandache était le clown de Staline, Oleg Popov celui de Khrouchtchev, et que j'ai été celui de Gorbatchev. Mais je ne me reconnais pas dans ce rôle de fou du roi. Un clown qui travaille sérieusement son art donne, de manière simple, primitive, l'image de son temps. Si j'ai exprimé mon époque, c'était de manière purement intuitive."

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REUTERS/TOBIAS SCHWARZ
Le clown russe Slava Polunin lors d'une représentation
de son spectacle "Snowshow" à Berlin, le 16 janvier 2008
.


En France, il y a bien des grincheux pour susurrer que les spectacles de Slava Polunin seraient devenus de grosses machines commerciales. Les grincheux ont pris beaucoup de pouvoir dans le théâtre. Et l'art du clown, un des plus purs qui soient quand il est porté à son apogée, a perdu de son aura, au profit des amuseurs et autres one-man-showers sans profondeur et sans grâce.

Le constat laisse songeur un Slava qui observe que, dans un monde de plus en plus concurrentiel et technologique, le public vient chercher auprès du clown une certaine idée de l'humain. "C'est valable partout dans le monde, et pas seulement dans une Russie lancée à corps perdu dans le capitalisme sauvage", conclut-il, lové dans les murs accueillants de sa maison rêve, une utopie devenue réalité.

Par Fabienne Darge


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• A propos du spectacle au Théâtre Silvia-Monfort Comme une tempête de bonheur

• Le site du théâtre

• Le dossier de presse





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La présentation qu’en fait le théâtre



Création Slava Polunin / clowns Slava Polunin, Artem Zhimolokhov, Robert Saralp, Alexandre Frish, Tatiana Karamysheva, Yury Musatov, Ivan Polunin, Nikolai Terentiev, Elena Ushakova / régisseur son Rastyam Dubinnikov / régisseur lumières Alexander Pecherskiy / régisseurs plateau Dmitry Ushakov, Ivan Yaropolskiy / directrice de tournée Anna Hannikainen


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« Une tornade magique et surréaliste qui laisse rêveur. »


Bienvenue dans le monde de Slava Polunin, fondateur de Licedeï, grand clown russe contemporain, empruntant sa gestuelle à Marceau et à Chaplin. Slava est un poète, un amoureux du public. « Mes spectacles ont du succès parce que je ne les joue pas, je les vis », dit-il.

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De Hong-Kong à Sydney, en passant par New York son Snowshow, événement visuel et musical, a fait pleurer de joie le monde entier. C’est une épopée dans l’univers absurde et surréaliste d’un « commando » de quinze clowns au nez rouge, une oeuvre d’art où chaque scène est un tableau. Bulles de savon, gigantesques toiles d’araignée, tempête de neige, créatures vertes fantasmagoriques aux longs chapeaux-oreilles, on n’en finit pas de se laisser glisser dans cet univers poétique. Pour le final, on vous laisse la surprise, vous partirez émerveillés…


Ca laisse rêveur.
Snowshow accomplit quelque chose que j’ai rarement vu :
une montée spontanée d’énergie enjouée qui soulève le public tout entier dans une bulle de pur délice.
Magique !
(London Daily Telegraph)



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Miss You

04 décembre 2009

« Darshan », Zingaro et Bartabas




Je vous ai déjà parlé de Bartabas, écuyer, homme de spectacle, centaure, dont les univers et la poésie m’enchantent chaque fois. Grâce à Anna (merci à elle), voici des nouvelles de la tribu Zingaro, sa troupe, sa famille. Et pas des moindres : un nouveau spectacle, les 25 ans du Théâtre équestre. Que du beau !

Place aux voyages et à la magie... Laissez-passer les rêves !



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A. Poupel/DR
Avec Darshan,
Bartabas fait pénétrer le spectateur dans un théâtre d'ombres et de lumières




"Darshan est un mot sanscrit qu'on peut traduire ainsi : "l'apprentissage par l'apparition"", explique-t-il. "Darshan", qui signifie aussi "vision du divin" en Inde, est le thème du nouveau spectacle équestre que Bartabas présente à partir du 4 décembre au Théâtre équestre Zingaro dans son port d'attache au fort d'Aubervilliers (Seine-Saint-Denis).





Le darshan est une pratique initiatique censée déclencher des émotions.

Pour Bartabas, "le cheval est un vecteur de voyage à l'intérieur de soi-même, ainsi que dans l'espace et dans le temps. Le rapport au cheval passe par l'imaginaire et le rêve".


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© Thierry Dudoit/L'Express
Bartabas dans sa roulotte,
une Assomption des années 1950.
Un choix de vie



Pour cette nouvelle création, Bartabas a imaginé une scénographie inédite qui place le spectateur "en apesanteur" grâce à un travail avec les ombres "pour accéder directement à une forme qui ouvre sur l'imaginaire".

Il a conçu ainsi un gigantesque théâtre d'ombres circulaires, "en proie à un étrange mouvement continu qui entraîne le public dans une douce gravitation".





A l'occasion des 25 ans de son théâtre équestre Zingaro, Bartabas, également metteur en scène et scénographe des spectacles, a choisi de créer "Darshan" pour la première fois dans son théâtre de bois et d'y rester pour toute la saison 2009-2010, au lieu de faire le tour du monde avec chapiteaux, chevaux et caravanes. (Source AFP)


A lire :
« Bartabas, sa nouvelle chevauchée fantastique »
Avec Darshan, ce sont les chevaux qui tournent autour des spectateurs !




bartabastvapied.jpgPhoto MAXPPP




L’avant-première de Darshan
(Extraits
)




"Le thème, c'est le cheval comme élément de voyage. Voyage physique. Voyage intérieur. Toutes sortes de voyage. C'est un peu mon Juliette des esprits à moi." Allusion au film de Federico Fellini qui brode une intrigue autour des rêves de Giulietta Masina.

Bigre.

Il faut dire que le cinéma, c'est l'autre passion de Bartabas, qui met en boîte tous ses spectacles et qui réalisa Mazeppa et Chamane.



darshanrouge.png© Agathe Poupeney



« Darshan est un très beau spectacle. Une rêverie. Une ballade. Un théâtre d'ombres et de lumières. Où les chevaux s'évanouissent dans les projecteurs.

Une fois n'est pas coutume, le public entre par les écuries, puis s'assoit sur des gradins en forme de grand cône. Le noir se fait. La musique s'entend. Des chants liturgiques, des gospels, des mantras.


darshancourse.jpg Photo Mike Clarke




S'installe un sentiment de flottement. Au bout d'un quart d'heure, on se rend compte que le décor bouge très lentement. On s'est imaginé faire deux tours de piste. En réalité, il y en eut cinq fois plus. C'est effectivement un voyage. Ailleurs. Ici. En soi.
»





C’est à la fois le titre du nouveau spectacle de Zingaro et la proposition faite par Bartabas aux spectateurs.

Prière de laisser ses habitudes au vestiaire car, pour parvenir au divin, le maître écuyer n’hésite pas à faire appel au diable et autres cérémonies païennes.

Au début, alors que des chants venus du fond des âges résonnent, le regard fou d’un cheval projeté sur l’écran circulaire qui entoure la piste imprime l’imaginaire.

Souvenirs d’enfance et images cauchemardesques : Darshan va osciller entre ces deux pôles sur fond de superbes trouvailles visuelles.






Pour Bartabas, le cheval est un vecteur de voyage, aussi bien physique que psychologique. Darshan va donc entraîner le spectateur dans les contrées les plus hostiles comme aux portes de la folie.

Surgissant de quelque sabbat, un cavalier à la tête de singe recouvert d’un masque à gaz et suivi de ballons multicolores précède des anges qui poursuivent le Malin, à moins que ce ne soit l’inverse.

Dans la plupart des tableaux présentés, les chevaux qui galopent derrière l’écran "apparaissent" donc aux spectateurs en ombres chinoises.

Manière pour Bartabas de les magnifier.



Deux livres :

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Zingaro, la passion de Bartabas
de Antoine Poupel (Auteur), Bartabas (Préface)


*



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Zingaro, 25 ans
(Actes Sud-MK 2), album photos et 8 DVD



bartabasroulotte2.jpg © Thierry Dudoit/L'Express



A lire encore :

• L’interview « Vous n’en avez pas marre Bartabas ?

• « Un an après la ruade de Bartabas » L'Etat voulait diminuer l'aide à son Académie ; le bouillant cavalier avait répondu... avec fracas. Apaisé, le maître de l'art équestre ?





A écouter : Barbabas sur France Info






« Hommes et chevaux font du mythe de Zingaro une réalité insolente »
Bartabas




Miss You

15 novembre 2009

Dominic Lacasse, l'homme drapeau

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Dominic Lacasse


Cherchez l'erreur dans la photo... Un doute ?

Ça se passe de mot. On savoure :



On revoit le Moonwalk :



On passe un beau dimanche !

Belle journée à tous,

anti

16 octobre 2009

Bave Circus

Poétique, beau, sensible, superbement réalisé, bref une petite merveille... Produite par l'école Supinfocom de Valenciennes, la vidéo a été créée par Philippe Desfretier, Nicolas Dufresne, Sylvain Kauffmann et Martin Laugero, sur une musique originale de Thomas Miquel.

Bave Circus a été sélectionné parmi 260 films français pour la section Côté courts français. Le Côté courts français est un programme non compétitif qui met à l’honneur des écoles de cinéma françaises. Bave circus représentera Supinfocom Valenciennes durant le festival.



Des infos complémentaires seront bientôt en ligne sur le site de Bave Circus. C'est ici : http://www.bavecircus.fr/.

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