28 janvier 2012
130 ans de réchauffement en 25 secondes
La NASA a mis en ligne l'un des films-catastrophe les plus effrayants jamais réalisés. Il ne dure que 25 secondes. Le problème, c'est qu'il ne s'agit pas d'une fiction, d'une anticipation ou d'une hypothèse. L'animation montre l'évolution du réchauffement climatique sur notre planète de 1884 à 2011.
Neuf des dix années les plus chaudes depuis que les relevés météo existent se sont produites depuis 2000, la dixième année étant 1998. La différence entre 2011 et l'année la plus chaude des annales (2005 et 2010 à égalité) est de seulement 0,12 degré.
Le réchauffement climatique est essentiellement dû à l'accroissement des gaz à effet de serre dans l'atmosphère, en particulier le CO2. Sa concentration en 1880, au début de l'ère industrielle, était de 285 parties par million en volume (ppm). En 1960, elle atteignait 315 ppm. Elle dépasse aujourd'hui 390 ppm et son augmentation, loin de se tasser, s'accélère. Le temps de résidence du CO2 dans l'atmosphère est de plus d'un siècle.
Que les années à venir soient encore plus chaudes est donc une certitude.
12:00 Publié dans Colère | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : climat
09 janvier 2012
La course vers le nord des oiseaux et des papillons
Un nouvel effet visible sur notre continent du réchauffement climatique vient d'être décrit dans deux études indépendantes publiées ces derniers jours : les oiseaux et les papillons remontent graduellement vers le nord. Le problème, c'est qu'ils ne progressent pas suffisamment vite pour compenser l'augmentation des températures. En parallèle, la végétation alpine subit des modifications de plus en plus profondes.
L'augmentation moyenne de température depuis vingt ans est de 1°C environ. Dit comme cela, on pourrait penser que c'est mineur. En fait, il est plus parlant de transposer cette évolution par le décalage géographique que représente ce changement. Le réchauffement de 1°C correspond à un décalage de 250 km vers le nord.
Les papillons ont ainsi commencé à migrer vers le nord, mais pas suffisamment puisque les températures ont parcouru 135 km de plus qu'eux sur la même période. Quant aux oiseaux, ils ont pris un retard de plus de 210 km.
Pour un porte-parole du Muséum national d'Histoire naturelle (MNHN) de Paris, cela «illustre à quel point les changements climatiques réorganisent rapidement et profondément la composition de la faune en Europe, avec d'inquiétants décalages dans la réponse des différents groupes d'espèces», ce qui pourrait engendrer de profondes modifications dans les interactions entre les espèces.
C'est grâce à une collaboration d'une amplitude sans précédent que les données ont pu être relevées pendant plus de vingt ans, les chercheurs étant aidés par des milliers de naturalistes bénévoles dans sept pays différents (France, Royaume-Uni, Espagne, Pays-Bas, Suède, Finlande et République tchèque). En tout 9490 communautés d'oiseaux et 2130 communautés de papillons ont été suivies et décomptées sur le terrain.
Le problème du décalage vers le nord est pire pour la flore, qui n'a pas la possibilité de se déplacer ou de s'adapter aussi vite que des animaux. Une équipe de botanistes de treize pays d'Europe ont analysé près de 900 échantillons de végétation provenant de 60 grands sommets européens, d'abord en 2001 puis en 2008. La comparaison montre que les plantes des climats alpins froids sont en train d'être remplacées par des plantes adaptées aux régions plus chaudes.

Les principaux éléments de cette note proviennent de plusieurs articles publiés par la presse
Photos : étourneaux à Nîmes en novembre 2010
12:28 Publié dans Anna bloGalore | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : climat
02 janvier 2012
2011, année la plus chaude jamais enregistrée

Ces quatre derniers mois figurent ci-dessous.
Septembre : La fonte de la banquise en Arctique a été la seconde plus forte jamais observée, le record restant à 2007 en raison de conditions particulières de vent cette année-là qui avaient amplifié le phénomène. Cela étant, les scientifiques ne s'attendaient pas à une fonte aussi massive avant le milieu du siècle. Les conséquences ne sont pas seulement locales pour la survie des espèces qui peuplent cette région, mais planétaires puisque cette réduction de la banquise entraîne une accélération du dérèglement climatique global dont personne n'ose plus évaluer l'ampleur. En France, le mois de septembre a affiché des températures de 8 à 10° supérieures aux normales de saison.
Octobre : Après deux mois de pluie ininterrompue, les trois-quarts de la Thaïlande sont affectés par des inondations sans précédent qui durent plusieurs semaines et paralysent totalement Bangkok qui se retrouve depuis plus d'un mois sous les eaux. La Cambodge voisin est dans le même état. Au-delà du nombre direct de victimes, des centaines de milliers d'hectares de rizières ont été noyés, ce qui fait craindre des pénuries graves pour l'avenir. Chutes de neige d'une ampleur sans précédent sur la côte est des USA. En France, 44 départements sont toujours classés en état de sècheresse depuis le début du printemps.
Novembre : Alors que Bangkok est toujours sous les eaux, les épisodes pluvieux extrêmes se multiplient sur d'autres continents (USA, Europe). En France, inondations après des orages d'une intensité sans précédent sur le Gard, l'Hérault, les Cévennes et le Var. A certains endroits, il tombe en une nuit autant d'eau qu'en un an. Le rapport annuel de l'Agence nationale océanique et atmosphérique américaine (NOAA) conclut que l'Arctique continue à se réchauffer, entraînant depuis ces dernières années un bouleversement durable de l'écosystème de la région. De 2010 à 2011, l'Arctique a subi une perte nette de masse de glace de 430 milliards de tonnes, soit la plus forte réduction annuelle jamais mesurée par les satellites depuis 2002. Les températures du mois de novembre ont dépassé de 2,9°C la moyenne de référence 1971-2000.
Décembre : Pénurie de neige sur la plupart des stations de ski françaises. Quatre épreuves de coupe du monde de ski alpin prévues à Val d'Isère à la mi-décembre ont été annulées et transférées aux USA. La Thaïlande est toujours en partie sous les eaux. Une forte tempête venue de l'Atlantique traverse la France, un évènement devenu habituel en cette période depuis une douzaine d'années - 49 départements en alerte, 600000 foyers privés d'électricité, le lac Léman interdit à la navigation pendant plusieurs heures. Le 31 décembre en France est le plus chaud jamais connu dans plusieurs villes depuis que les relevés météo existent (record absolu à Nîmes avec 19,8° à 16h). C'est aussi le cas de l'année 2011 dans son ensemble au niveau planétaire, avec en France 11 mois sur 12 qui ont battu tous leurs records de chaleur jamais enregistrés.

Photos prises fin décembre en Bretagne et dans le Massif Central
11:00 Publié dans Colère | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : climat
20 décembre 2011
Les banques et la planète
Pourquoi est-il si facile de sauver les banques et si dur de sauver la biosphère ? C'est la question que pose l'écrivain George Monbiot sur son blog hébergé par le Guardian, le grand quotidien britannique. La réponse n'est que trop prévisible.
Les discussions vraiment sérieuses sur le dérèglement climatique ont commencé en 1988 et deux décennies plus tard, aucun accord global contraignant n'est encore en place. On estime que le coût pour parvenir à stabiliser le changement climatique serait d'environ 500 milliards d'euros au niveau planétaire, c'est-à-dire 1% du PIB mondial, alors que ne rien faire aura un impact compris entre 5 et 20 fois plus cher.
De tels chiffres peuvent donner le vertige. On ne se rend pas trop compte de ce qu'ils représentent vraiment.
A titre de comparaison, la banque fédérale américaine, la FED, a injecté en un temps record 7700 milliards de dollars (6000 milliards d'euros) dans les banques en mars 2009, c'est à dire douze fois plus que pour sauver la planète. Et ça, c'était seulement pour les banques américaines. Si on ajoute le coût du renflouement dans les autres pays du monde, on arrive à une somme bien supérieure encore.
Hier, on apprenait que la FED avait versé en une seule journée mille milliards de dollars dans les caisses du gouvernement américain pour éviter que le pays ne fasse banqueroute le 23 décembre (oui, dans trois jours) et puisse faire face aux dépenses prévues jusqu'en septembre prochain.
Comment ont-ils pu débloquer une telle fortune en 24 heures alors qu'ils ont une dette abyssale à côté de laquelle celle des Grecs est de l'argent de poche ? Très simple : en faisant marcher la planche à billets.
C'est complètement illégal, bien sûr, sinon on aurait résolu la crise des dettes européennes depuis longtemps. Mais ça a quand même été autorisé, au mépris de ce qu'en pense le reste du monde. Les financiers, voyez-vous, ne jurent que par une seule règle d'or : ceux qui ont l'or font les règles. Les autres, ils n'en ont rien à battre. Si vous avez des problèmes pour boucler vos fins de mois, adressez-vous à la FED.
Et ce sont les mêmes qui hurlent à la mort si on leur demande largement moins pour réparer le climat planétaire. Car, bien entendu, pour ces brillants cerveaux, les écologistes sont tous des alarmistes irresponsables qui, si on les écoutait, détruiraient toute l'économie de la Terre. Cela ruinerait la croissance ! On retournerait au temps des cavernes !
On aimerait savoir comment ils expliquent que débloquer en un claquement de doigt 7700 milliards pour les banques est abordable alors qu'investir des sommes beaucoup plus faibles dans les technologies vertes qui peuvent nous sauver la vie à tous ne l'est pas.
Pourquoi est-il si facile de sauver les banques et si dur de sauver la biosphère ? Si vous cherchez une preuve que les gouvernements de tous bords agissent pour les intérêts d'une élite plutôt que pour ceux de tous les habitants de la planète quels qu'ils soient, vous l'avez.
Les principaux éléments de cette note proviennent des deux articles cités ci-dessus.
08:30 Publié dans Accueil, Colère | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : climat
08 décembre 2011
Durban, le discours idéal de NKM
Benoit Faraco, porte-parole de la Fondation pour la Nature et l'Homme créée par Nicolas Hulot, a mis ce matin en ligne sur le blog de la fondation le discours qu'il rêverait entendre prononcer par Nathalie Kosciusko-Morizet au sommet de Durban qui va se terminer dans deux jours. Chiche ? Ben non, pas cap...
Monsieur le Président, Messieurs et Mesdames les Ministres, chers délégués,
Nous ne pouvons pas nous permettre ici à Durban de revivre l'échec de Copenhague !
Dix jours de négociations, des centaines de tonnes de CO2 émises pour organiser cette 17e rencontre, pour rien ou presque ! Nous n'en avons pas le droit. Nous ne pouvons pas jeter ainsi en pâture notre crédibilité aux yeux du monde entier. Il ne nous reste que deux jours pour finaliser un accord sur l'avenir du régime climatique.
Mettons de côté nos intérêts nationaux qui ne feront de toute façon pas long feu vu la situation. Faut-il encore ressassez les derniers chiffres, répéter sans cesse les derniers cris d'alarme des scientifiques pour daigner enfin bouger. Et bien allons y ! Commençons par le rapport de l'AIE qui indique que nous avons jusqu'à 2017 au plus tard pour enfin réduire significativement les émissions mondiales de gaz à effet de serre, si nous voulons avoir une infime chance de rester en dessous des 2°C. Vous avez bien entendu : une infime chance ! 2017 ! Même pas 6 ans !
Et dire que, malgré la crise et le ralentissement économique, nous n'arrivons pas à inverser la tendance. Pire, les scientifiques disent qu'avec les engagements pris à ce jour nous nous situons sur une trajectoire de réchauffement de 3°C à 4°C minimum d'ici la fin du siècle.
Nous sommes ici 190 pays réunis. Depuis des années, l'opinion publique nous regarde discuter. Prouvons que notre venue n'est pas juste une énième réunion ! Montrons à ceux qui doutent encore que nous pouvons nous engager avec force à réduire nos émissions, car personne, je dis bien personne, pays riche ou pauvre, ne sera épargné par les conséquences de ce dérèglement. Il est irresponsable de refuser la transition énergétique et agricole sans laquelle, dans les années à venir, les plus pauvres seront encore affaiblis, au Nord comme au Sud.
Cela fait maintenant plus de 5 ans que nous négocions l'avenir du Protocole de Kyoto, sans grand succès. Est-ce une bonne raison pour laisser mourir ce traité ici à Durban ? Je ne le crois pas, la France ne le souhaite pas, la France ne l'acceptera pas ! Monsieur le Président, Messieurs et Mesdames les Ministres, chers délégués, j'ai le plaisir de vous annoncer que la France est prête, ici et maintenant à s'engager dans une deuxième période du Protocole de Kyoto. Nous ne sommes pas là pour négocier, mais pour affirmer notre ambition et agir !
J'irai plus loin : une deuxième période d'engagement de Kyoto n'est pas suffisante. Nous sommes encore loin de notre objectif de rester en dessous de 2°C. L'Union Européenne s'est engagée à réduire ses émissions de 20% d'ici 2020, et de porter cet engagement à 30% en cas d'accord international. Soit, la France est aujourd'hui prête à aller plus loin. Nous avons étudié avec l'ensemble de la société française, ce que signifierait pour la France une hausse de l'engagement Européen à 30%. Compte tenu de nos émissions et de notre situation économique, la France devrait alors réduire ses émissions d'environ 25% en 2020, contre environ 17% aujourd'hui.
Monsieur le Président, Messieurs et Mesdames les Ministres, chers délégués, je vous demande solennellement de prendre note de l'engagement de la France de réduire, sans condition, ses émissions de 25%. Bien sûr, si les autres pays industrialisés s'engagent plus en avant, et si les grands pays émergents renforcent leurs ambitions, nous sommes prêts à aller plus loin encore. Nous en reparlerons à la prochaine conférence des parties.
Nous avons la conviction que notre avenir économique passe par un renforcement de nos objectifs de réduction d'émission. Cela est créateur d'emploi et d'innovation, mais aussi de réduction de la pauvreté. La France et l'Europe ont fait le choix d'un changement de modèle énergétique. Avec nos partenaires européens, nous avons décidé de lancer un grand plan d'investissements dans les énergies renouvelables et surtout de favoriser l'efficacité énergétique.
Avec nos partenaires des 27, autour d'un axe franco-allemand renforcé, nous allons lancer trois grands chantiers :
- Celui des investissements concertés dans les énergies renouvelables, avec plus de 15 milliards d'Euros par an sous forme de prêt de la Banque Européenne d'Investissements pour financer l'éolien, le solaire et le bois énergie ;
- Celui des transports, où nous avons demandé à un consortium de 5 grands constructeurs automobiles européens de s'allier pour développer une voiture consommant moins de 2 litres au 100 km d'ici 2020.
- Celui du logement enfin, où nous avons décidé d'éradiquer tous les logements consommant plus de 300 kWh par m2 et par an d'ici 2020, avec des travaux financés ici aussi par la BEI.
Ces trois chantiers nous permettrons de faire jouer à plein la solidarité au sein de l'UE, et d'amorcer un virage vers la fin des énergies fossiles. La France comme ses partenaires européens est convaincue que face au marasme économique, la seule solution est l'investissement dans la Green economy. Toutes ces mesures devraient faciliter la réalisation d'une réduction d'au moins 30% des émissions européennes en 2020.
Ces investissements sont nécessaires au Nord, ils sont indispensables au Sud. Nous avons pris, à Copenhague, l'engagement de débloquer d'ici 2020 plus de 100 milliards de dollars par an pour aider les plus vulnérables à mettre en place des stratégies de développement sobre en carbone et résiliantes. Sur les sources de financements, nous n'avons pas avancé assez vite. La France le regrette, et annonce qu'avec ses partenaires européens, elle mettra en place au 1er janvier 2014 une taxe sur les transactions financières européenne qui devrait permettre d'abonder le fonds verts d'environ 10 milliards de dollars par an.
D'ici là, et en accord avec les engagements du Président de la République en 2008 lors de l'adoption du paquet climat énergie, la France s'engage à verser au fonds vert 50% du revenu de la vente des quotas de CO2 aux entreprises. Ainsi, dès le 1er janvier 2012, ce sont près de 750 millions d'euros, additionnels aux engagements de l'aide publique au développement, que la France versera aux pays les plus vulnérables, en particulier pour financer l'adaptation, parent pauvre des financements climats.
Face au défi climatique, nous ne pouvons plus retarder sans cesse les échéances. Si certains pays refusent de s'engager, cela ne doit pas ralentir ceux qui ont fait le choix de l'action. Il faudra, d'ici 2015 finaliser un nouveau traité pour confirmer les engagements pris à Cancun, qu'ils proviennent des grands pays émergents ou de ceux des pays industrialisés comme le Canada ou les États-Unis qui n'ont pas encore amorcé leur transition énergétique.
Monsieur le Président, Messieurs et Mesdames les Ministres, chers délégués, nous fêterons dans 6 mois les 20 ans du sommet de la terre de Rio. Une génération s'est écoulée depuis ce premier sommet, et même si des progrès ont été accomplis, notre bilan est insuffisant. Il est plus que temps de changer la donne.
Benoît Faraco, Fondation pour la Nature et l'Homme
Photo 1 : "L'Afrique rugit", une manifestation organisée par Tck tck tck sur la plage de Durban hier, lors de laquelle plus de 2000 personnes ont formé le dessin d'une tête de lion (Shayne Robinson, Greenpeace)
Photo 2 : marionnettistes (P. Olivier, M6) lors de l'émission Incroyable Talent (montage AG)
13:15 Publié dans Anna bloGalore | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : climat
06 décembre 2011
Himalaya, les glaciers ont reculé de 20% depuis 30 ans
Dans le cadre de la conférences des Nations Unies de Durban sur le dérèglement climatique, les conclusions de plusieurs études convergentes sur le recul des glaciers de l'Himalaya ont été rendues publiques. Ce recul est supérieur à 20% sur les trente dernières années.
La fonte causée par le réchauffement des températures menace en tout 54 000 glaciers qui alimentent les huit plus grands fleuves d'Asie, dont cinq risquent de voir leur débit décroitre considérablement au cours des années à venir. Il s'agit du Gange, de l'Indus, du Brahmapoutre, du Yangtze et du Fleuve Jaune.
1,3 milliards de personnes concernées
Les études dévoilées à Durban révèlent à la fois l'impact du dérèglement climatique et ses conséquences prévisibles sur les habitants de tous les pays voisins. A l'issue du projet de recherche financé par la Suède pendant trois ans, les experts ont découvert que les dix glaciers objets de leurs études étaient tous en train de fondre, à une vitesse s'accélérant entre 2002 et 2005. Une autre étude a montré pour sa part que le volume de neige recouvrant la région a lui aussi fortement diminué depuis dix ans.
"Ces rapports fournissent un nouveau point de comparaison et des informations sur des zones géographiques spécifiques pour comprendre le changement climatique dans l'un des écosystèmes les plus vulnérables au monde", a commenté le président du GIEC, l'Indien Rajendra Pachauri.
En 2007, les négationnistes climatiques avaient mené une campagne virulente à travers le monde pour tourner cette hypothèse en ridicule et en nier toute réalité, en raison d'une simple coquille dans le rapport du GIEC qui annonçait la disparition possible de ces glaciers dès 2035 (au lieu de 2050). L'une des conséquences de ce lobbying financé par l'industrie pétrolière avait été l'échec du sommet de Copenhague. C'est ce qui a motivé plusieurs groupes de chercheurs à mettre les glaciers himalayens sous surveillance pendant trois ans, aboutissant à la confirmation de l'étendue du désastre, voire à son aggravation.
Au total, environ 1,3 milliards de personnes sont concernées par cette agonie annoncée depuis déjà longtemps.
Photo : La fonte des glaciers (ici l'Himalaya) est le principal indicateur du dérèglement climatique pour les experts © collectif Argos
11:15 Publié dans Colère | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : climat
10 novembre 2011
Le réchauffement dépasse les bornes
Tous les climatologues s'accordent sur une donnée de base pour établir leurs prévisions à long terme : le réchauffement global de la Terre ne doit pas dépasser +2°C par rapport à l'ère pré-industrielle. Au-delà, le climat deviendra imprévisible.
C'est par rapport à cette limite que sont calculés les impacts des émissions de gaz à effet de serre et que sont basés les accords internationaux comme ceux qui vont être discutés à nouveau au sommet de Durban dans un mois, après l'échec de celui de Copenhague il y a deux ans.
Le problème, c'est que depuis 2009, les principaux pays qui ont baissé leurs émissions de gaz à effet de serre sont la Suisse, l'Azerbaïdjan, la Slovaquie, l'Espagne, la Nouvelle-Zélande et le Pakistan. On peut aussi se réjouir du fait que la plupart des pays européens ont connu une augmentation faible.
Mais ces efforts sont très largement insuffisants pour contrebalancer les émissions de ceux qui non seulement n'ont pas stabilisé mais ont carrément augmenté d'en produire toujours plus, avec en tête les États-Unis, la Chine et l'Inde mais aussi l'Arabie Saoudite, la Turquie, la Russie, la Pologne et le Kazakhstan.
Selon une étude publiée par la revue Nature en octobre, il est désormais devenu totalement improbable que la limite des 2° puisse être tenue.
Il faudrait en effet pour cela que les émissions de gaz à effet de serre décroissent de 8,5% d'ici 2020. Or, elles continuent de croître d’année en année, avec une augmentation record observée en 2010 après les déclarations d'intention vides de sens des plus puissants dirigeants de la planète à Copenhague en 2009.
La température moyenne globale de la planète a augmenté d'un peu moins de 1°C depuis cinquante ans. Ce petit degré d'écart a suffi pour provoquer des désordres climatiques de plus en plus violents et fréquents. A titre d'exemple récent et proche de nous, voir la situation catastrophique du Var ces jours-ci, triste répétition de celle qu'il a déjà connue l'an dernier. Ou encore la tornade qui a dévasté Anduze la semaine dernière - oui, maintenant, il y a des tornades dans les Cévennes et au moins une autre, moins nocive, a été vue dans la région récemment.
Et malheureusement, ce n'est que le début. Le réchauffement est en train d'accélérer, ce n'est pas un débat mais un fait. La barre des 2°C sera probablement franchie bien avant la fin du siècle. Les plus optimistes tablent désormais sur un minimum de +3°C d'ici 2100 et les plus pessimistes pensent que +8°C est tout-à-fait possible.
Notre sort est devenu tout simplement imprévisible au-delà de quelques décennies, car face à une situation sans précédent depuis que l'Homme existe.
A lire sur le blog :
- Les principaux évènements climatiques anormaux en 2010 et en 2011
- Tous nos articles sur le climat
Photos prises dans la région ces derniers jours :
1 - crue de l'Hérault (tendanceouest.com)
2 - crue du Lez à Montpellier (cybervince.net)
14:00 Publié dans Colère | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : climat
05 novembre 2011
La planète n'est pas en danger. L'humanité oui.
Une analyse intéressante de Pierre Barthélémy sur son blog hébergé par Slate, dont je reproduis ici les principaux extraits en vous incitant à aller lire son article en intégralité.
[...] On a pu constater, au fil des dernières années, une multiplication des campagnes médiatiques pour, je cite, “sauver la planète”. Pour “sauver la planète”, ne mangeons plus de viande car une vache élevée, c’est x hectolitres d’eau, y tonnes de CO2, z flatulences et éructations remplies de méthane. Pour sauver la planète, préférons le vélo à l’auto sur les petits trajets. Pour sauver la planète, isolons bien nos maisons et ne les chauffons qu’à 19°C. Pour sauver la planète, préférons des appareils électroménagers moins gourmands en électricité ou des ampoules basse consommation. Pour sauver la planète, recyclons nos déchets. Pour sauver la planète, lavons-nous moins souvent et nos vêtements aussi. Pour sauver la planète, consommons local. Pour sauver la planète, sortons du capitalisme [...]
A lire tous ces slogans, j’ai envie de dire une chose. Ceux qui les ont écrits se trompent de sauvetage. Ce n’est pas la planète qu’il faut sauver en agissant ainsi, mais bien l’humanité et, plus précisément, si l’on enlève l’hypocrisie, notre style de vie très confortable : je doute en effet que la majorité des humains mangent de la vache tous les jours, roulent en voiture, chauffent leurs maisons, aient quantité de grille-pain, de mixers et de machines à laver. Pour être très clair : la planète n’est pas à sauver parce qu’elle n’est pas en danger. [...] La vie a toujours repris ses droits même lorsque, il y a 250 millions d’années, 96% des espèces marines ont disparu ainsi que 70% des vertébrés terrestres.
Pourquoi ? Parce que ce système naturel qu’est la Terre s’ajuste aux conditions qui lui sont imposées. Dans le cas du réchauffement climatique, la planète retrouvera, dans quelques siècles, un équilibre. Simplement, il sera bien loin de celui que nous connaissons et nos descendants risquent d’y laisser des plumes [...]
Invoquer la sauvegarde de la planète pour inciter les gens à un mode de vie plus respectueux de l’environnement est un argument défectueux. Ne pas expliciter qu’en ayant dépassé les limites de notre biosphère nous mettons en péril la survie même de notre propre espèce s’avère une manière de fermer les yeux sur nos responsabilités et sur les défis qui nous attendent. [...].
C’est bien l’humanité qu’il faut sauver. La planète, elle, se sauvera toute seule.
Pierre Barthélémy
La planète n’est pas en danger. L’humanité oui
13:30 Publié dans Anna bloGalore | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : climat, pollution, biodiversité, ressources naturelles
03 novembre 2011
Des évènements climatiques plus extrêmes
Je vous parle ici très souvent du dérèglement climatique global et ce qui suit ne sera donc pas une surprise pour vous : un futur rapport du Groupement intergouvernemental d’experts sur le climat (Giec), dont une version non encore définitive a été divulguée à la presse, confirme que les prévisions les plus sombres des climatologues sont désormais les plus probables.

Tout d'abord, je veux rappeler une évidence qui ne l'est pas forcément pour tout le monde : le réchauffement global est loin d'être homogène autour de la planète en raison des variations géographiques et des répartitions des masses d'eau. En particulier, l'hémisphère sud est beaucoup plus composé beaucoup d'océans que de terres émergées. Les zones qui se réchauffent le plus depuis plusieurs décennies sont les pôles, avec pour effet immédiat une fonte croissante des banquises, ayant pour conséquence une accélération du dérèglement climatique sur toute la planète (et pas nécessairement une hausse des températures partout).
Selon le rapport, il faut s'attendre à connaître de plus en plus souvent des événements climatiques extrêmes, comme des ouragans de plus en plus violents, des pluies diluviennes imprévisibles et des tempêtes de neige d'une intensité de plus en plus extrême comme celles qui se sont abattues sur le nord des États-Unis la semaine dernière. Les inondations actuelles en Thaïlande sont elles aussi probablement un signe avant-coureur de l'avenir qui se profile. Dans d'autres régions du monde déjà en voie de désertification, les sécheresses seront plus fréquentes, plus étendues et de plus longue durée.
Il s'agit donc bien d'une augmentation de l'intensité des évènements climatiques quels qu'ils soient, loin de la vision simpliste et erronée d'une élévation homogène des températures en tout point du globe. Cela étant précisé, il se produira également des pics de chaleur à certains endroits. Ils pourront atteindre 5°C supplémentaires d'ici 2050 et jusqu'à 9° de plus d'ici 2100.

Source : Wild weather worsening due to climate change, IPCC confirms (The Guardian)
Tous nos articles sur le climat : tag Climat
14:55 Publié dans Colère | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : climat
02 septembre 2011
Hambourg capitale verte de l'Europe
Hambourg est une ville de 5 millions d'habitants au nord de l'Allemagne. Elle vient d'être élue Capitale verte européenne 2011, alors qu'elle déploie une activité économique intense - cette précision s'adresse à ceux qui pensent ou prétendent que "vert" signifie "retour à la bougie".
Le journal en ligne 20 Minutes y consacre un article signé d'Audrey Chauvet, dont voici de larges extraits.
Depuis 1990, les émissions de CO2 y ont été réduites de 15 % et la ville compte atteindre -40 % en 2020.
A Hambourg, la révolution énergétique a déjà eu lieu
Les espaces verts représentent 16,7 % de l’agglomération. Les canaux et le grand plan d’eau en plein cœur de la ville sont parcourus par des bateaux à hydrogène, qui n’émettent pas de CO2. La société hySolutions a étendu cette technique à six bus à moteur hybride qui sillonnent Hambourg: «Les usagers apprécient car c’est silencieux et confortable», explique Britta Kampmann, représentante de hySolutions.
Le train S-Bahn, qui relie le centre-ville au gigantesque port de commerce, roule totalement à l’électricité verte. Depuis 2007, un organisme public, Hamburg Energie, fournit la région en électricité 100% renouvelable et locale, sans charbon ni nucléaire. Les éoliennes et les panneaux solaires fleurissent dans la ville, comme sur la colline de l’île Wilhelmsburg où l’ancienne décharge, dont les fuites avaient contaminé les sols dans les années 1970, a été transformée en un site propre dédié à la production d’électricité. En 2013, cette colline alimentera les 55 000 habitants de l’île, quartier défavorisé oublié entre deux bras de l’Elbe.
Sur l’autre rive, les bobos assistent à la renaissance des anciens docks: ils se changent en un éco-quartier qui émettra seulement un tiers du CO2 d’une ville classique. Hafen City mixe habitations, bureaux et commerces, chacun disposant de sa propre source d’énergie. Le WWF et Greenpeace y ont déjà leurs sièges et seront bientôt rejoints par 300 entreprises et 12 000 résidents. Sans oublier les 2 700 arbres qui rendront le quartier encore plus vert.
L'article d'Audrey Chauvet dans son intégralité : Hambourg, la capitale verte européenne, montre l'exemple (20 Minutes)
Photo : Des éoliennes ont été dressées sur une ancienne décharge de Hambourg (source : Ville de Hambourg)
13:30 Publié dans Coups de coeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : climat, énergies renouvelables





