02 mars 2011
Les collages de Claire B. Cotts
En petit clin d’œil à eMmA, je vous propose de découvrir aujourd’hui le travail de Claire B. Cotts.
Certaines compositions me font penser aux tissus et couvertures andins, d’autres à des personnages entre Prévert et Magritte, d’autres encore à des motifs d'inspiration tribale.

« Nœud gordien »

« Mariana »

« Oiseau »

« Terre, etc.. »

« Feuille d’érable »

« Parapluie »

« Santa Ana »

« Full fathom five »

« Grain de moutarde »
© Claire B. Cotts
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D’autres créations figuratives, abstraites,
et également des illustrations par l’artiste
sont à voir sur son site.
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03 février 2011
Flânerie chez ArtNet
Il y a des sites de galeries que je fréquente régulièrement au fil des envies ou des découvertes.
Parmi ces galeries, ArtNet.ch d’origine genevoise.
Je vous avais déjà parlé de Line Bonnef (sculptrice) et Renée Furrer (peintre), deux artistes accueillies par ArtNet.ch.
Aujourd’hui, je vous propose une flânerie parmi les œuvres de trois autres artistes exposés par ArtNet.
Trois artistes, trois formes d'art, trois techniques, trois supports, trois coups de cœur.

Née en 1951 à Genève, diplômée de l’école des Beaux-Arts de Genève (en sculpture), elle a prolongé sa formation dans des écoles d’art à Londres et à Mexico.

Elle poursuit son compagnonnage avec la pierre – marbres essentiellement – depuis plus de trente ans. Cette confrontation intime avec la forme a laissé des traces dont les sculptures ne sont qu’une des dimensions.

Ses racines italiennes, un long séjour mexicain et un sentiment ouvert au monde lui ont donné le goût de la lumière. Celle-là même qui éclaire son travail et les figures de la femme à qui elle donne vie
Avec un peu d’eau, du thé, du sucre, des encres et des pigments, je crée des motifs variés, colorés ou monochromes. Une grammaire s’en dégage à travers mes dessins, figures d’un imaginaire; une distribution de théâtre de comédiens de papier, une mise en scène linéaire.

Du papier d’Arches au papier toilé, du papier ménage au papier soie, du papier journal aux feuilles Canson, tout est support à cette écriture picturale. Ni jeune, ni vieil artiste, artiste en devenir, à suivre peut-être… les points de suspension servent à ne pas finir la phrase ouverte sur une parenthèse de vie consacrée à la peinture.

Philippe Quoturel travaille depuis vingt ans dans le milieu culturel: gestion de salles de cinéma d’art et d’essai, programmation d’expositions de photographies, relations publiques à l’Espace Malraux Scène Nationale de Chambéry et de la Savoie, directeur des affaires culturelles à Amboise. Il habite Grenoble. Après deux ans consacré à la peinture, il s’engage dans un nouveau travail dans un centre de développement chorégraphique

Cinq années de formation académique aux Beaux Arts d’Avignon, deux années de formation à l’Ecole Nationale des Arts de Dakar au Sénégal, une licence d’arts plastiques à la Faculté d’Aix-en-Provence en 2006 et une formation en histoire de l’art.
18 ans de voyages, d’études et de recherches artistiques, ethnographiques sur le continent africain. (Peinture, Ecritures, Danses Traditionnelles…).

« Paroles palpitantes »
Attributaire d’un atelier d’artiste, pendant huit ans, au Village des Arts de Dakar, reconnue artiste professionnelle et sélectionnée par le Ministère de la Culture du Sénégal. Nombreuses expositions en Afrique et en Europe. (Structures muséales, Galeries, Crypte de la grande cathédrale de Dakar, Performances, Salons, Biennales de Dakar, 1er Prix de la peinture féminine en 2003).
Après avoir vécu 10 ans à Dakar, où elle enseigne et crée une école d’art, le parcours de Sylvie Gérard continue aujourd’hui à Toulon où elle réside et produit ses œuvres. Elle participe à de nombreuses expositions personnelles en France et à l’étranger

« Sans titre »
« Le parcours initiatique et singulier d’une artiste peintre française, ayant vécu 18 ans sur le continent africain. L’éloge d’une découverte, une collection d’œuvres picturales faites de signes révélés, d’écritures et de symboles. Un graphisme émotionnel et insolite, riche de matières, de lumière et de spiritualité. Une démarche très dialectique où l’artiste crée ses propres mythes et ses propres signes dans son ouverture au monde et sa relation au sacré. Un regard intérieur sur une Afrique, inventée, intensément vécue, pour un voyage symbolique, fait de mystère et d’esthétique. »

« Toile fétiche »
Depuis son retour en France, elle distingue trois périodes dans son activité artistique. Un travail sur les fenêtres et les ouvertures, à partir du fil et de la couture, afin de donner corps et sens à la toile. Puis, suite à une disparition, elle entame un deuil personnel et artistique, utilisant le support du drap, image du linceul, pour des volumes textiles, des tapisseries bilatérales, un travail sur la mémoire, le souvenir, l’hommage aux disparus et le temps qui passe.
Coutures, traces, empreintes, signes, écritures, une traversée humaine dans le sens du lien et de la réparation.
Enfin, un retour à la couleur en 2008, avec davantage de peinture, où la toile et les points de couture, suture, stigmates du temps, demeurent profondément présents
Les techniques utilisées sur toile sont variées : (acrylique, encres, pastels, fusain, sable, écorces, papiers précieux, jute, tissage et couture).

« Partition »
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23 janvier 2011
Zou, artiste peintre
Coup de cœur pour une artiste peintre aux multiples supports et matières : Zou.
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Zou expose en ce moment :
Galerie L'Oeil du Prince
30 rue Cardinet
75017 Paris
Artiste peintre en techniques mixtes qui manie toutes sortes de matériaux (cendres, journaux, carton,...).
Des toiles aux couleurs chaudes de la terre autour d’un thème choisi.
Des toiles “sculptées” grâce à ces éléments pour donner force et volume

« Jazz »
« Avant tout, je choisis un thème auquel j'associe des articles de presse, des matières et des couleurs.
Des thèmes qui me touchent.
Puis, je mélange toutes sortes de matériaux comme la cendre, les journaux,le carton, le sable...
aux couleurs chaudes de la terre.
Tous ces matériaux que l'on aurait tendance à jeter, j'essaye de leur donner une seconde vie.
En y accumulant des couches et des couches de peinture, des "accidents" apparaissent.
Ceux-là même qui vont construire la toile.
Après cette construction autour du thème, de la couleur et de la matière,
je "sculpte" tous ces éléments pour donner du volume et de la force. »
(Zou)

« L’amitié »
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Un portrait
Zou est une artiste peintre en techniques mixtes qui marie toutes sortes de matériaux autour d’un thème qu’elle aura choisi, inspiré de son quotidien. Ensuite, elle y associe des articles de presse, des matières et des couleurs chaudes de la terre.
Tous ces matériaux (cendres, journaux, carton,...) que l'on aurait tendance à jeter, elle essaye de leur donner une seconde vie, un second regard. En y accumulant des couches et des couches de peinture, des "accidents" apparaissent.
Ceux-là même qui vont construire la toile. Après cette construction autour du thème, de la couleur et de la matière, elle "sculpte" tous ces éléments pour donner du volume et de la force.
C'est la technique du Mash'Up, d'inspiration internet, qui se résume par l'assemblage d'informations, autour d'un thème choisi.
Portrait signé Réalités Nouvelles.org

« Turn left »
Le site de Zou
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Son blog
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Découvrir son travail
à travers le diaporama
de la Galerie l’œil du Prince
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30 novembre 2010
Sainte Fauste chez AbsolutelyArtDealer
Encore une découverte très sympa faite chez AbsolutelyArtDealer : Sainte Fauste, peintre, collagiste, graffeur, ..., bref un artiste !

Portrait de l’artiste
Sainte Fauste vit et travaille à Jouy-en-Josas.
Né à Châteauroux en 1949, son travail le situe dans la mouvance de l’art brut.
Après un parcours classique dans les années 1985-1995
au cours desquelles il étudie dans différents conservatoires d’art plastique,
il participe à de nombreuses expositions collectives et biennales en France :
Paris, Angers, Brignoles, Versailles, Issoudun…
exposition particulière à la Fondation HP.

De 1996 à 2003, Sainte Fauste cesse de peindre pour se consacrer à la création et l’animation d’une agence de communication à Paris.
Six années de rupture créative plastique qu’il met à profit pour travailler sur l’oubli de son académisme pictural qui ne lui correspond plus.

Puis il décide de se consacrer entièrement à la peinture, mais comme il le précise avec humour « j’ai toujours pensé à être peintre tous les matins en me réveillant ».
Humour et causticité, c’est ce qui caractérise ce « papivore » amoureux de la presse écrite, artiste autodidacte et passionné.

Est-ce parce qu’il est daltonien ?
Son utilisation de la couleur le pousse vers une économie de moyens qu’il compense par un acharnement fiévreux d’accumulations de traits, de feutres, de dessins aux crayons et d’acrylique. Avec des collages de journaux en toile de fond pour dire beaucoup avec peu de choses.
Après une phase de mimétisme avec Miro (Miro sur le blog), il trouve son expression brute, primitive (dans le sens Lascaux plus graffiti et non pas art brut).

Son propos : dérouler sur des dazibaos l’actualité de sa vie quotidienne avec ses fantasmes, ses rêves, ses obsessions… des instants de vie.
Ses portraits sont servis par un regard acéré sur la société.
La série Room sur le huis-clos des chambres d’hôtel, sur les fêlures des couples fêlés est un exemple !"
"Marqué par l’actualité du monde et de la rue, l’expression instinctive de Sainte Fauste l’entraîne vers un langage proche du graffiti, où des fragments de sensations plastiques mêlent les mots, les couleurs et les images.

L’artiste utilise le journal comme support de base de son travail, qui en tant qu’outil de transmission de l’information, est riche en contenu et pauvre en matière recyclée.
En contrepoint, le mur dégradé, tagué, graffité exprime l’impulsion primitive de l’expression et de la révolte.

Le trait, la lettre, l’ébauche de la forme contribuent à cette approche du réel captif, de l’instantané et de la spontanéité du quotidien.
Transposer le mur et le journal sur la toile où l’urbanité sociale des intervenants, la société de consommation et la solitude humaine trouvent ici une place privilégiée dans un monde abstrait, métaphorique et parfois narratif."
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Les toiles illustrant cette note proviennent
du site de la Galerie AbsolutelyArtDealer

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AbsolutelyArtDealer sur le blog :
• Le cœur innombrable de Kakuko Moriyama
• Marie Juge chez AbsoluteArtDealer
• Daniel Balasakis
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22 novembre 2010
Coup de coeur à Yves Henry
Un grand coup de cœur hier lors de « Thé ou café », en découvrant les toiles d’un peintre, Yves Henry, qui est aussi collagiste (fortes pensées pour eMmA) et sculpteur.
Dans ses créations, il y a absolument tout ce que j’aime !
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"Waiting"
Yves Henry, est né en 1950, designer d’intérieurs de profession, artiste dans l’âme, il rêve de peindre depuis son plus jeune âge, il faudra attendre 50 ans pour que le rêve se réalise.
En 1995, Yves Henry commence ses premières toiles, passionné par le Pop Art, il remet au goût du jour le cut out (collage d’images) qu’il accompagne de messages qui traversent toute la toile.
Ensuite il utilise des objets qu’il peint et détourne de leur contexte et c’est à ce moment qu’Yves Henry met au point ses peintures en trois dimensions.

"Brand new start"
Henry vu par... Yves Henry
Quand les clients viennent à mon atelier, dans une galerie ou à l'occasion d'un salon d'art contemporain, ils font pratiquement toujours la même remarque : "c'est le même peintre qui a créé tout cela !" Ils sont étonnés par la diversité de mon art. Je peins comme j'ai envie, comme je le ressens sur le moment, en suivant mon inspiration, je ne peins pas un tableau, je peins, tout simplement.
Au départ je n'ai aucune idée précise, ou du moins si j'en ai une, elle change pratiquement tout le temps en cours de route, selon mes taches de couleurs, mes traits, mes reliefs, mes courbes, mes jets de peintures, mes essuyages, mes réussites, mes erreurs, mes idées, mes hésitations. Je découvre mon œuvre au fur et à mesure que je travaille, quel bonheur souvent, quelle douleur parfois.

"Help 3"
Ma principale préoccupation est la couleur, le sens du beau, du simple à regarder. Je ne cherche pas à ce que mon art dérange et interpelle, je souhaite qu'il fasse plaisir et apaise.
J'essaye de ne pas laisser trop transparaitre ma personnalité dans mon travail, pour laisser un peu de place aux autres, pour qu'ils puissent également rentrer dans la toile, lui faire dire ce qu'ils voient ou même leur laisser le choix de ce qu'ils veulent lui faire dire.

"Fly with me"
C'est le coté vivant de l'abstrait. Je ne veux pas m'imposer tout seul sur les murs de mes acheteurs, je souhaite simplement partager leur amour de l'Art, et d'une certaine façon renter chez eux, participer si possible un tout petit peu à leur vie. Que l'on parle un peu de moi, que l'on pense un peu à moi ! Quel bonheur si parfois j'y parviens.

"Scratch shamble"
Je peins très rarement devant un public, mes hésitations, ma pudeur m'en empêche. Mais l'autre jour contraint et forcé à travailler en extérieur pour des raisons purement techniques, je sentais une présence gênante dans mon dos. Cependant je continuais à travailler essayant d'oublier cette intrusion dans mon univers secret.

"Typhoon"
Après un long moment, profitant d'un moment d'hésitation et à première vue de ma disponibilité apparente, cette personne me dit: "j'aime beaucoup ce que vous faites, je vous regarde depuis un certain temps, et c'est fantastique, vous avez littéralement engagé un dialogue avec votre toile ! "
Elle avait tout compris.

"Love is gone"
Quand je peins, je suis dans mon petit atelier en sous-sol, sans lumière du jour cela ne me gène pas. Je travaille dans mon désordre organisé, où personne d'autre que moi ne peux s'y retrouver. Mais je me sens bien dans ma pagaille, j'y ai mes repères, mes marques, c'est très rassurant. Pendant plusieurs heures je n'entends plus rien, je ne vois plus rien, je ne pense plus à rien, je suis tout seul avec ma toile et mes peintures, quel égoïsme, mais quel bonheur.
Pendant ces quelques heures cette toile subit mes caprices, mes angoisses, mes colères, ma mauvaises humeur, mon dépit, ma tristesse parfois ; mais en contrepartie je lui prodigue les plus grands soins, je m'occupe d'elle, je la peins, je la badigeonne, je la dessine, je l'essuie, je la repeins, je la contemple, je lui parle, je la caresse.

"Top performance"
Enfin, je l'aime. Quand tout est finis, ma manière de peindre m'obligeant à ne pas m'arrêter, je suis complètement vidé, épuisé, incapable d'entreprendre une autre tache, comme si toute mon énergie était partie dans mon œuvre, je suis obligé d'attendre un certain temps, voir le lendemain ou plusieurs jours, avant de me lancer dans une nouvelle aventure.
Pour répondre à la question de beaucoup de mes acheteurs, je n'ai pas de peine à leur céder mon œuvre, au contraire je suis content. La plupart du temps je les connais, j'ai sympathisé avec eux, je les ai apprécié. C'est l'avantage des ateliers ou des marché d'Art. Maintenant c'est à eux de chouchouter ma toile, de l'admirer, de lui parler, de la caresser, la création reste à moi, mais ils sont propriétaires de la toile.

"Patch"
Et tant mieux si au cours d'une autre rencontre ils m'en donnent des nouvelles et éventuellement si j'ai l'occasion de la revoir des années plus tard. J'ai toujours la même autosatisfaction, et pense au fond de moi :"C'est moi qui ai fait cela, c'était bien !" je m'étonne, même si entretemps j'ai changé de style et de registre."
Par Yves Henry
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99 Girafes : un bien joli engagement
Pourquoi des girafes ?
En 2007, Yves Henry rencontre une fillette de 12 ans atteinte d’un handicap des hanches. Touché, il lui offre une girafe haute de 120 centimètres, aux couleurs vives et gaies. C’est sur ce déclic qu’il décide de s’engager pour d’autres enfants malades, en récoltant des fonds pour leur offrir des bus adaptés aux jeunes handicapés physiques. Il décide alors de décliner une série de girafes originales et aisément reconnaissables grâce à leur forme commune.
Pourquoi 99 oeuvres ?
99 girafes pour la symbolique. 99 girafes afin que chaque girafe soit unique mais aussi rare. 99 girafes synonymes d’une année entière de travail pendant laquelle Yves Henry mettra en suspens la peinture de ses tableaux pour se consacrer pleinement à ses créations au profit des enfants. Une fois les 99 girafes vendues, pas une seule girafe supplémentaire ne sera créée.
La conception des oeuvres
Afin de respecter l’environnement, l’artiste travaille sur des girafes en papier mâché. C’est dans son atelier, près de Montmartre à Paris, qu’il pose sur les girafes plusieurs couches de peinture, tamponne des bribes de mots, colle des extraits de journaux, ou soude des objets du quotidien.
S’engager pour aider les enfants
Aujourd’hui Yves Henry est un artiste reconnu et un homme à qui la vie sourit. C’est tout naturellement qu’il cherche à transmettre aux autres un peu de ce bonheur.
Une cause lui tenant particulièrement à coeur, la souffrance chez les enfants, il s’est tourné vers l’association Soleil d’Enfance .
Le déclic, avoir redonné le sourire à une petite fille malade grâce à l’une de ses oeuvres. De ce jour lui est venue l’idée de mettre à profit son travail pour aider cette association.
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Le site de l’artiste
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Sauf précision contraire,
les photos des oeuvres proviennent
du site de la Galerie Temps des Arts

"La table aux violons"
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16 novembre 2010
« Variations » d’Harry Callahan
HARRY CALLAHAN
VARIATIONS
« Je voulais voir combien de photographies différentes je pouvais
rassembler en jouant avec les variations d'une même idée. »

Jusqu’au 19 décembre 2010
à la Fondation Henri Cartier-Bresson
« La photographie est une aventure,
tout comme la vie est une aventure.
Si une personne veut s'exprimer photographiquement,
elle doit absolument comprendre sa propre relation à la vie. »

Eleanor, New York, 1945
Harry Callahan (1912-1999) commença à photographier littéralement pour s'amuser, d'abord fasciné par la beauté des instruments.
L'exposition de la Fondation HCB, organisée dans le cadre du trentième anniversaire du Mois de la Photo, rassemble plus d'une centaine de tirages noir et blanc, réalisés par l'auteur et provenant de collections publiques, la Maison Européenne de la photographie (Paris) et le musée d'Art moderne (New York), de la Galerie Pace/MacGill représentant la famille, et d'une collection privée.

Detroit, 1943
Cette présentation permet de découvrir les thèmes de prédilection du photographe – la ville, sa famille et la nature – trois axes intimement liés à sa vie personnelle, qui vont se conjuguer jusqu'à la fin.

Eleanor, Chicago, 1947
La ville, essentiellement les passants, perdus dans leurs pensées, à Detroit, Chicago et Providence ; sa femme Eleanor et leur fille Barbara, la nature, bien souvent des paysages ou des détails sans ciel, à l'exception de son travail à Cape Cod.

Chicago, 1948
Pas du tout intéressé par les récits en images, Callahan est le photographe de l'intuition, de la foi absolue dans le médium photographique. Ses obsessions intimes récurrentes constituent le rythme essentiel de son œuvre : "J'avais envie de revenir sans cesse aux mêmes idées, sachant qu'elles seraient différentes tout en étant les mêmes".

Lac Michigan, 1950
Né en 1912 à Détroit, Harry Callahan étudie les mathématiques pendant une année à l'université de Lansing, (Michigan). Il rencontre et épouse Eleanor Knapp en 1936 et, pour subvenir aux besoins de sa famille, accepte un emploi aux usines Chrysler.
Il achète son premier appareil photo en 1938 et adhère au photo-club de Detroit. Autodidacte talentueux, Callahan découvre, fasciné, le travail d'Ansel Adams lors d'une conférence organisée en 1941.
Cette rencontre bouleverse sa manière de photographier, cela l'a complètement libéré.

Eleanor and Barbara, 1953
D'abord pratiquée comme un loisir, la photographie devient pour Callahan une véritable addiction, un moyen pour apprendre à se connaître et découvrir le monde. C'est pour cette raison qu'il s'intéresse aux sujets qui lui sont proches, comme sa femme mais également la nature et la ville.

Arbres, Chicago, 1950
Bien que la fin des années trente ait vu l'éclosion de la photographie engagée et la multiplication des supports qui offraient des tribunes (et aussi des emplois) aux reporters, Callahan se considère comme pas concerné (unconcerned) : il n'est pas un raconteur d'histoires (story teller), il n'y a pas de récit photographique dans son travail, mais une tentative compulsive de donner forme à son expérience intérieure.

Eleanor, Chicago, 1948
"L'acte photographique se résume pour moi à être au bon endroit au bon moment en fonction de mon humeur". En apparence très formelles, ses images ont en fait une puissance émotionnelle profonde.

Providence, 1968
En 1946, il commence sa carrière d'enseignant de photographie presque malgré lui, à l'Institute of Design de Chicago puis à la Rhode Island School of Design de Providence.
Pendant trente ans, en se basant sur son expérience et son œuvre, il apprendra à ses élèves à photographier autrement, à rechercher la pureté d'une expression.

Eleanore, Chicago, 1953
Au fil des ans, il se lie d'amitié avec des artistes comme Mies Van der Rohe, Edward Steichen, Aaron Siskind, Hugo Weber qui ont beaucoup compté dans sa vie et son travail.

Providence, 1969
Pendant plus de soixante ans, Callahan s'est concentré sur les mêmes sujets. Il était un pur croyant du médium, il avait foi en la photographie. Patient, méthodique et concentré, il allait jusqu'au bout d'une idée pour obtenir la photographie désirée. Il s'est essayé à plusieurs techniques comme les multi-expositions ou les collages.
À partir de 1977, il travaille exclusivement en couleur.
Distingué par de nombreux prix et bourses, il termine sa vie à Atlanta et décède en 1999.

Kansas City, 1981
Le catalogue de l'exposition, publié en français par Steidl,
est enrichi d'une introduction à l'œuvre de Harry Callahan écrite par John Szarkowski en 1976
et d'un essai de Callahan sur sa photographie traduits pour la première fois en français.
Texte signé par la Fondation Cartier-Bresson
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« Harry Callahan, ou la foi en la beauté pure »
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« Harry Callahan à la Fondation Cartier-Bresson »
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Source des photos Masters of photography.com
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Crédit photo © Estate of Harry Callahan

Maroc, 1981
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01 septembre 2010
Aragon et l’art moderne
"Aragon et l'art moderne"
au Musée de la Poste
à Paris
Jusqu'au 19 septembre

Un accrochage prestigieux :
Signac, Pirosmani, Matisse, Marquet, Picasso, Braque,
Léger, Gris, Duchamp, Chagall, Klee, Man Ray…
A voir absolument.
Des trois « fondateurs » du surréalisme, qui ont tous beaucoup écrit sur les artistes et leur travail, seul Louis Aragon n’avait pas encore fait l’objet d’une exposition montrant des œuvres qui lui ont inspiré textes ou articles (Philippe Soupault a été consacré en 1989 par la ville de Montreuil-sous-Bois et André Breton en 1991 par le Centre Georges Pompidou).

Paul Signac
Le bateau caboteur (vers) 1930
Aquarelle
Photographie Jean Bernard
© Collection particulière
C’est donc une première : l’Adresse Musée de La Poste rend aujourd’hui compte de ce dialogue entre l’écrivain et les artistes du XXe siècle.

Boris Taslitzky
Hommage au petit soldat de première classe, 1948
Coll. particulière, ancienne collection Aragon © Adagp, Paris 2010 -
© Photographie Jean Bernard
C’est aussi l’occasion de rappeler, par-delà les polémiques ou les dithyrambes, l’attachement sans faille à la création, aux formes nouvelles, d’un des esprits les plus brillants et les plus complexes de son temps.

Plus de 150 œuvres - tableaux, dessins, collages, photos, sculptures, tapisserie… - exécutées par les plus grands artistes du siècle dernier sont ainsi réunies au sein de la galerie du Messager du musée.

Braque
"Nature morte" 1911 (c)Musée d’Art moderne et contemporain de Strasbourg.
Photo : Angèle Plisson (c)Adagp. Paris 2010
Plusieurs réalisations de peintres et dessinateurs contemporains - Titus-Carmel, Bernard Moninot ou encore Alain Le Yaouanc - sont aussi exposées.

Gérard Titus-Carmel
Ponctué de citations d’Aragon, c’est à un voyage à travers des courants essentiels de la peinture – fauvisme, cubisme, dadaïsme, surréalisme, réalismes socialiste français et soviétique… - auquel est invité le visiteur.

Collection Fonds Aragon. Moulin de Villeneuve.
Ministère de la Culture et de la Communication.
Photographe non identifié. Années 1930
Celui-ci pourra même pénétrer un peu l’intimité d’Aragon et de sa femme Elsa Triolet : une évocation de l’appartement qu’ils occupaient rue de Varenne, à Paris, est en effet également proposée.

Giorgio de Chirico
"Sans titre"
(c)Adagp. Paris 2010 photo : Jean Bernard

Alecos Fassianos
"Sans titre"
(c) Photo : Jean Bernard
Aux murs de l’espace reconstitué, des photos d’Elsa, d’amis du couple, des petits mots, des cartes postales, des œuvres de peintres qu’Aragon a aimés, auxquels il est resté fidèle.

Paul Klee
"Schweizer clown
(c)Adagp.Paris 2010
Extrait tiré des "Ecrits sur l’art moderne" quand il évoque le travail de Paul Klee :
"Il est impossible de parler du grand peintre de Weimar sans alléguer la légèreté, la grâce, l’esprit, le charme et la finesse qui lui sont essentiellement propres.
On ne sait que préférer de la délicatesse de ses aquarelles ou de l’invention sans cesse renouvelée de ses dessins."
(Source)
« Aragon et l’art moderne »
à l’Adresse Musée de La Poste,
un événement à ne vraiment pas manquer.
Source du texte de présentation

Le Moulin de Villeneuve
Un lieu d’amour et de mémoire à visiter si vous êtes dans les environs de Saint Arnoult en Yvelines !
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26 avril 2009
Beatriz Milhazes à la Fondation Cartier

Les toiles monumentales de Beatriz Milhazes se caractérisent d'abord par leur exubérance chromatique.
Composées d'entrelacs de formes géométriques, cercles, rayures, lignes, elles ressemblent aux images hypnotiques qui apparaissent dans les kaléidoscopes, mais renvoient aussi à la luxuriance des paysages du Brésil, son pays natal.
Les oeuvres de l'artiste, née en 1960 à Rio de Janeiro, se trouvent dans les collections de plusieurs grands musées, comme, à New York, le Museum of Modern Art, le Guggenheim et le Metropolitan.
La FondationCartier a sélectionné des oeuvres de ces dix dernières années, tandis que les façades vitrées du bâtiment présentent de spectaculaires collages réalisés tout spécialement par l'artiste.
(L'Express.fr)
Ce qu’en dit la Fondation
Née à Rio de Janeiro, Beatriz Milhazes a émergé sur la scène artistique brésilienne dans les années 1980. Exposée dans de nombreuses galeries et biennales internationales, son oeuvre est aujourd’hui présente dans les collections des plus grands musées du monde.

Composées d’une superposition de motifs ornementaux foisonnants, ses peintures éclatantes et hypnotiques font référence au baroque colonial, au modernisme ainsi qu’à l’art populaire brésilien.

Pour cette exposition, l’artiste présente un ensemble de peintures choisies parmi ses oeuvres de ces dix dernières années ainsi qu’un collage monumental créé spécialement pour l’événement.

En réponse à l’invitation de la Fondation Cartier, l’artiste a également réalisé deux installations pour les façades de verre du bâtiment, qui nouent à travers des jeux de lumière un dialogue visuel intense avec l’architecture de Jean Nouvel et le jardin environnant. Ici, deux vidéos de l’expo en cours.

Son travail, ses inspirations
« Sa peinture se caractérise par le foisonnement, la prolifération d'arabesques et de courbes. Le trait dessine des motifs qui bien qu'abstraits peuvent évoquer, la fleur, les bouquets de feu d'artifice ou le dessin en couleur de bandes dessinées.

Elle s'est constituée des registres de formes/figures qu'elle associe dans un foisonnement baroque de la couleur.

Face au puritanisme de la ligne droite et de l'orthogonalité, elle revendique un sens du kitch, de l'ornemental et du composite qui trouve une filiation dans une histoire passant par l'orphisme, les motifs de Klimt, les figures décoratives de Matisse mais aussi une réappropriation baroque du pop art.

Elles sont comme une mémoire visuelle recomposée des lumières, des rythmes, des couleurs et des figures de la terre brésilienne ; celle du carnaval mais aussi de la tradition syncrétique et baroque, du mélange de cultures qui voit s'entremêler l'Afrique, l'Amérique et l'Europe propres au Brésil. » my contemporary.com

Ici, une bio riche.


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15 mars 2009
Le Régime de Replète la Sorcière (Emma)
Emma nous est arrivée via le blog de Yves Duteil. De fil en petits clics, j'ai découvert son blog fort sympathique et surtout rencontré une conteuse...
Tremblez braves gens ! Voici l'histoire de Replète la Sorcière...
Il était une fois, il y a bien longtemps déjà, Replète la Sorcière qui avait bien du souci avec son balai.Ce matin-là, elle s'était préparée comme chaque jour pour sortir remplir son panier à provisions.
Derrière sa maison, il y avait une vaste forêt que chacun appelait la Forêt de Cherche-Chemin, car les imprudents qui s'y aventuraient trop profondément s'y perdaient souvent, tant elle était sombre et effrayante.
Replète, qui, elle en connaissait tous les coins et les recoins, tous les sentiers et les terriers, avait pris la fâcheuse habitude d'en ramener tous les jours pour son déjeuner deux petits enfants égarés.
Elle choisissait ceux qui avaient les joues bien rondes. Elle les trouvait délicieux, les croquait de bon appétit et ne s'en lassait jamais.
Mais allez savoir pourquoi, ce matin-là, mystère et poil au menton ! son balai refusa tout net de la transporter dans les airs.
Elle cria, tapa rageusement du talon et même, lui jeta un méchant coup de pied. Mais rien n'y faisait, la balai restait droit comme un i, le balai ne bougeait pas d'un poil !
Pourtant, c'était habituellement un compagnon très docile et très obéissant.
- Nom d'un sac à poussière ! hurla la sorcière. Vas-tu bouger, maudit balai ?
Le balai continua tranquillement à faire la sourde oreille. Il se dit tout bas qu'à force de faire bombance, Replète était devenue si grosse qu'il ne voulait plus la transporter : il craignait de se briser en deux comme du bois sec, tant elle était devenue lourde...
Comme le balai restait immobile, Replète la Sorcière fronça les sourcils, prit un air très menaçant et cria bien fort sous son nez sa célèbre formule magique :
Par le rebond de mon petit bidon,
Par la peau tendue de mon cuissot dodu,
Vole, vole, vole,
Balai, vole ! »
Mais, à sa grande surprise, rien ne se passa : le balai ne fut pas du tout impressionné par ces incantations qui lui rappelaient que la sorcière était lourde comme deux sacs de pommes de terre.
Replète était si dépitée qu'elle prit son balai et le jeta aussi sec dans le sombre placard rempli de toiles d'araignées au fond duquel elle cachait ses bocaux de conserves et ses pots de confitures.
- Voilà ! Ca t'apprendra à me désobéir. Tu n'en sortiras que lorsque tu seras décidé à me conduire dans les airs comme tout balai de sorcière qui se respecte ! Nom d'un sac à poussière !
Elle était très en colère et plus rouge qu'une cerise griotte.
Le pauvre balai fut donc enfermé à clé, bien heureux de ne pas servir de petit bois pour la cheminée où la sorcière faisait chauffer son chaudron, toujours prêt à mijoter ses énormes repas destinés à calmer son gigantesque appétit.
Puis, elle dressa avec ardeur une longue liste des victuailles qu'elle désirait acheter :
- Il me faut, pour l'entrée, une vingtaine de cuisses de grenouilles au vin blanc. Pour le plat de résistance, deux petits enfants bien gras et bien frais. Je les accompagnerai de trois beaux poulets rôtis, d'un chapelet de saucisses et de quatre kilos de pommes de terre en purée... non cinq ! Et pour mon dessert, je prendrai une montagne de crème de marron, c'est léger, la crème de marron ! J'y ajouterai des bananes écrasées et un gros pot de confiture de framboises. Voilà, ce sera tout pour ce midi !
Replète avait oublié sa colère contre son balai et toute à l'idée de ses futurs achats, elle avait retrouvé son sourire et son entrain.
Elle se dit en se frottant les mains :
- Mazette, je vais me concocter un de ces repas de fête !
A ces mots, le balai se retourna dans son placard. Il en cassa même deux pots en verre remplis de cornichons à la bave de crapaud qui dégringolèrent de l'étagère la plus haute.
Boum, boum, patatras
Et bing, et bang !
- Tant pis pour les dégâts, se dit le balai reclus dans le noir, ce sera toujours ça en moins dans le gros ventre de la sorcière !
Une demi-heure plus tard, Replète prit son grand cabas et sortit de sa maison.
Elle alla directement au fin fond de son village à l'épicerie du Père Toqué, rue du Chat-qui-Grignote, chez lequel elle avait ses habitudes...
Son sac devint vite très lourd, rempli avec les poulets, les saucisses encore chaudes, les cuisses de grenouille, la confiture, la crème de marron, les bananes et avec tout un tas d'autres bonnes choses auxquelles elle n'avait pas pu résister. Elle était si gourmande !
Elle continua son chemin à petits pas en tirant son gros sac vers la Forêt de Cherche-Chemin.
Une heure plus tard, Replète la Sorcière pénétra dans l'épais sous-bois, car comme à l'accoutumée, elle partait à la recherche de ce qu'elle estimait être l'essentiel de son déjeuner : deux enfants égarés...
C'était un endroit sombre et tout à fait inquiétant qu'elle connaissait parfaitement.
Mais quelle ne fut pas sa surprise : au bout de quelques heures, elle n'avait rencontré âme qui vive et en plus, elle était complètement épuisée.
Elle n'avait pas l'habitude de marcher aussi longtemps ni aussi loin. Son balai, qui volait plus vite que l'éclair, lui manquait, car il savait la conduire exactement à l'endroit où les petits enfants se perdaient.
Mais elle devait encore beaucoup marcher parmi les fougères épaisses et elle traînait ses lourdes jambes et son gros derrière.
Elle s'arrêtait toutes les cinq minutes, fourbue, pour reprendre son souffle et pour pester méchamment contre son balai qui se reposait tranquillement au fond du placard parmi les victuailles.
Parfois, son chapeau s'accrochait aux branches les plus basses des arbres. Elle continuait alors, son couvre-chef de guingois.
Longtemps après, elle arriva à l'autre bout de la forêt...
Il n'y avait toujours personne. Pas la moindre fillette, pas le moindre p'tit gars à se mettre sous la dent ! Replète commençait à ne plus pouvoir contenir son appétit féroce. Elle en avait assez de sa très longue course. Alors, elle entonna sa formule magique :
De mon double menton
Petits enfants égarés,
Apparaissez !
A l'instant, montrez le bout d'vot' nez !
Apparaissez, apparaissez ! »
Aussitôt, dans un bruissement de feuilles apparurent Violette et Antoine, au beau milieu du sentier. Ils avaient de bonnes joues roses, tout à fait comme les appréciait Replète.
Alléchée, elle les imaginait déjà dans son assiette.
Elle avait de plus en plus faim.
Les deux mignons qui s'étaient perdus depuis longtemps déjà, furent d'abord heureux de rencontrer enfin quelqu'un.
- Bonjour Madame, pouvez-vous nous dire comment retrouver notre chemin, s'il vous plaît ? Nous étions partis cueillir des fraises des bois et comme elles sont bien plus délicieuses au fond de la forêt, nous avons désobéi et nous nous sommes éloignés du sentier. Pourtant, nous savions bien qu'il ne fallait pas aller trop loin : certains de nos amis ont déjà disparu dans cette forêt... Mais maintenant nous sommes tout à fait perdus et très très loin de chez nous, avouèrent-ils dans un sanglot. - Oui, dit la Sorcière, je vous dirai comment retrouver votre chemin, je connais très bien Cherche-Chemin. J'y viens tous les matins... Mais d'abord, vous allez m'aider à porter mon gros sac jusqu'à chez moi.
Les petits, soulagés et peu méfiants, acceptèrent volontiers. Ils séchèrent leurs larmes et reprirent très vite courage.
En chemin, ils se dirent que le sac était bien lourd et que la dame était si grosse, qu'elle devrait bien se mettre au régime.
Et ils riaient de bon cœur avec tant d'insouciance...
En arrivant devant son antre, Replète la Sorcière poussa aussitôt Violette et Antoine à l'intérieur et ferma vite sa porte à clé. Elle posa la clé sur le rebord de la fenêtre qui d'un coup l'avala.
Glups !
Voyant la tournure que prenaient les événements, les pauvres petits comprirent qu'ils étaient désormais prisonniers de la malfaisante Replète et qu'ils allaient subir le même sort que leurs copains qui avaient disparu et que personne n'avait jamais retrouvés : ils allaient finir à la casserole comme de simples rôtis de porc aux navets.
Ils prirent peur, et n'avaient plus du tout, mais alors plus du tout envie de rire...
Pendant que la sorcière déballait ses courses et qu'elle plongeait au fur et à mesure toutes ses provisions dans le gros chaudron, Violette et Antoine, qui étaient très malins, décidèrent courageusement de déjouer les plans de la sorcière.Il fallait faire preuve de ruse, sinon ce serait à leur tour d'aller rôtir dans la marmite fumante et bouillante de Replète ! Et de cela, il n'en était pas question, on allait voir de quel bois ils se chauffaient, nos promeneurs imprudents...
Ils profitèrent du moment où Replète la Sorcière avait le dos tourné à remuer avec une immense cuillère en bois sa mixture infâme, pour prestement dénouer les rubans multicolores qui retenaient les longs cheveux de Violette.
C'est alors qu'ils tirèrent la sorcière par le nœud qui retenait son tablier. Entraînée par son gros popotin, celle-ci dégringola sur son fauteuil et nos deux amis l'y attachèrent fermement avec les jolis rubans.
Furieuse, la sorcière essaya de s'échapper, mais les enfants avaient bien serré les nœuds. Ils mirent aussi un ruban sur sa bouche pour l'empêcher de dire ses formules magiques. Ils étaient vraiment astucieux !
Ils cherchèrent aussitôt à se sauver, mais la clé de la porte s'était volatilisée.
Impossible de la trouver.
Ils restaient prisonniers, mais ils étaient tout de même en sécurité. Replète, bien attachée, ne pouvait même pas bouger le petit doigt.
Plus tard, comme ils commençaient à avoir faim, ils se confectionnèrent une belle tarte aux fraises dont ils se régalèrent jusqu'à la dernière miette.
Ne voulant quand même pas laisser la sorcière mourir de faim, Violette et Antoine lui firent à manger, mais ils décidèrent de la mettre au régime.
La sorcière trouva ce jour-là dans son assiette : un haricot vert et trois feuilles d'épinard, une fève et un pois chiche, deux croûtons de pain, une rondelle de tomate accompagnée de deux coquillettes. Pour son dessert, elle reçut une fraise coupée en deux.
- Saperlipopette, dit la sorcière, ce repas ne vaut pas tripette !
Il lui fut servi le même plat durant une semaine.
Replète la Sorcière fondait à vue d'œil.
Alors, elle repensa à son balai qu'elle avait laissé dans le noir, tout au fond du placard...
Elle raconta sa dispute aux enfants et la raison pour laquelle elle l'avait enfermé. Puis, elle demanda d'une toute petite voix la permission d'aller rechercher son balai.
Les enfants n'avaient pas confiance, aussi ils acceptèrent de délivrer le balai à la seule condition que Replète leur donne la clé du placard dans lequel elle l'avait remisé et qu'ils le récupèrent eux-mêmes.
Dépitée, la sorcière accepta.
Quand ils ouvrirent la porte du placard, ils eurent beau écarquiller les yeux, point de balai.
En cherchant bien, ils trouvèrent juste une baguette.
Antoine dit :
- Tu crois que le balai de la sorcière aurait pu l'imiter et maigrir au point de devenir une baguette toute mince ?
- Tu as sûrement raison, répondit Violette.
Elle s'approcha avec précaution, prit la baguette et aussitôt la Fée Kipitoui apparut.
Elle leur sourit et leur dit de sa voix chantante :
- Je vous remets la clé qui vous permettra de sortir de l'antre de Replète. Mais, écoutez-moi bien : elle n'entrera dans la serrure que lorsque vous aurez délivré tous les petits que Replète a dévorés !
Et hop ! Kipitoui disparut dans un tourbillon scintillant d'étoiles, laissant derrière elle, à l'endroit où se trouvait la baguette... un gros aspirateur ventru. Violette et Antoine, éblouis, étaient perplexes !
Dès que les enfants appuyèrent sur le bouton de l'aspirateur pour le mettre en marche, la sorcière qui depuis son régime était devenue aussi fine qu'une liane, fut aussitôt aspirée dans le long tube de l'aspirateur. Elle essaya de se débattre, mais rien n'y fit. On voyait juste son chapeau qui dépassait...
Elle essaya de lancer des sorts, mais comme elle ne cessait d'éternuer, ceux-ci n'avaient plus aucun pouvoir.
Si on prêtait bien l'oreille, on pouvait entendre les cris étouffés de la sorcière :
Par la finesse de ma taille de guêpe,
Je ne veux pas finir aplatie comme une crêpe !
Aaatchoum !
Par le galbe de mon joli mollet,
Rendez-moi ma liberté !
Atchoum ! Atchoum ! Atchoum ! »
Quand l'aspirateur fut éteint, une petite fille prénommée Colombe sortit, toute légère, du sac à poussière.
Elle était vraiment reconnaissante envers Antoine et Violette de l'avoir délivrée du ventre de Replète.
Elle entreprit aussitôt de faire entrer la lumière dans la sombre demeure de la sorcière en faisant briller les carreaux des fenêtres qui n'avaient pas vu le chiffon depuis des mois.
A la fin de la journée, un rayon de lune vint diffuser une douce lumière dans la pièce où les trois enfants s'étaient endormis.
Colombe prit la clé de la Fée Kipitoui et tenta de la faire pénétrer dans la serrure de la porte d'entrée, mais elle était bien trop petite.
Alors, elle s'approcha de l'aspirateur, le mit en marche et aspira toutes les épluchures de pomme de terre et de vieilles carottes qui faisaient un tas sur le sol de la cuisine.
On entendit au milieu du bruit du moteur quelques éternuements mêlés à d'amères remarques : « Pouac ! c'est pas bon... »
Quand la cuisine fut bien propre, l'aspirateur fut éteint et à ce moment-là, apparut en titubant la petite Margaux.
Elle éclata de rire lorsqu'elle vit les regards ébahis de Violette, Antoine et Colombe qui la dévisageaient. Margaux était une petite fille très gaie et très vive qui adorait la couleur. Aussi, elle entreprit sans plus attendre de repeindre les murs aux couleurs de l'arc-en-ciel.
Replète, qui ne se complaisait que dans le noir ou le gris, bougonnait du fond de sa prison, en imaginant la transformation de sa lugubre maison.
Quand la peinture fut sèche, Colombe offrit la clé à Margaux. Hélas, elle non plus ne put les délivrer.
Le lendemain, mercredi, Margaux fit avaler à Replète quelques zestes de citrons, une dizaine de grains de poivre et un bouquet de vielles feuilles de houx séchées. Malgré le vacarme que faisait l'aspirateur, elle l'entendit qui pestait entre deux quintes de toux contre les plaisantins.
Après ce petit déjeuner, un petit Florentin fut rendu par Replète. Il était un peu poète et musicien. Il se dirigea aussitôt vers le vieux piano de la sorcière qui n'avait pas joué depuis des siècles. Florentin prit le plus doux des chiffons pour enlever toutes les toiles d'araignées qui tapissaient le clavier et pour faire briller les pédales.
Il joua tout l'après-midi pour ses nouveaux amis qui l'avaient extrait des griffes de la sorcière. Ce fut le plus beau concert auquel ils avaient assisté et le soir venu, ils offrirent au petit pianiste la fameuse clé qui cependant, n'accepta toujours pas d'entrer dans la serrure : elle était bien trop grande...
Le jeudi, c'est Charlotte qui sortit de l'aspirateur. Son goût sucré avait plu à la sorcière et il est vrai qu'elle était très douée pour réussir toutes sortes de gâteaux, biscuits et bonbons, mais pas pour ouvrir les portes...
Le vendredi, après avoir avalé les moutons qui dormaient depuis mille ans sous les meubles, Replète dut laisser Angélique sortir à l'air libre.
Sa passion à elle, c'était les bouquets de fleurs. Elle en mit partout et ça sentait bon dans toutes les pièces de la maison.
Samedi, Amandine arriva et disposa des corbeilles de fruits dans la cuisine et la salle à manger. Mais la clé lui resta collée aux doigts lorsqu'elle voulut l'introduire dans la serrure...
Les enfants demeuraient prisonniers de la maison tout embellie. Ils auraient quand même bien voulu rentrer enfin chez eux. Malgré tout, ensemble, ils étaient très joyeux et s'amusaient, chantaient et dansaient.
Le septième jour, il n'y avait plus grand chose à nettoyer, aussi ils donnèrent à l'aspirateur quelques os à ronger pour la sorcière.
Le moteur vrombissait moins fort ce jour-là et on pouvait entendre Replète qui disait d'une voix faible :
Je jure de ne plus manger de fillette !
Par la barde de tous mes anciens bourrelets,
Je jure de ne plus manger de garçonnet ! »
Les enfants arrêtèrent l'aspirateur, et un petit Congolais, nommé Léopold, arriva parmi tous les autres enfants. Il était émerveillé devant la beauté de la petite maison et expliqua qu'il s'était perdu dans Cherche-Chemin un jour qu'il était parti à la recherche d'un toit pour sa nombreuse famille.
Lorsqu'il mit la clé dans la serrure, elle y entrait exactement. Ce fut un soulagement et tous applaudirent Léopold.
Les enfants purent rentrer enfin chez eux : ils trouvèrent facilement le chemin du retour. Léopold revint bientôt avec toute sa famille qu'il installa dans l'ancien logis de la sorcière. Régulièrement, ses nouveaux amis vinrent écouter les histoires que son grand-père le griot savait si bien raconter.
Parfois même, en prêtant bien l'oreille, on pouvait entendre le rire de Kipitoui.
Quant à Replète la Sorcière, depuis ce temps, le gros aspirateur la propulse dans les airs, loin, de l'autre côté de la galaxie.
Qui sait si là-haut, depuis son régime, Replète la Sorcière n'est pas devenue Fluette la Sorcière ?
Mais, ça c'est une autre histoire...
FIN
Un grand merci à Emma est à retrouver sur Emmacollages.
anti
Photos Anna et Anti.
11:00 Publié dans Littérature jeunesse, L'Univers d'Anti | Lien permanent | Commentaires (24) | Envoyer cette note | Tags : emma, contes, collages
29 octobre 2008
Jacques Prévert, Paris la belle
Exposition du 24 octobre 2008 au 28 février 2009
Hôtel de Ville de la Mairie de Paris.
Salle St Jean – 5 rue Lobau – Paris 4me
Tous les jours sauf dimanches et jours fériés 10h à 19h
Entrée libre

L’exposition à la mairie de Paris rassemble toutes les facettes de l’artiste : l’écriture, le cinéma, la chanson… Elle «a pour but de faire découvrir l’ensemble de son œuvre et d’ouvrir les portes de son univers, notamment à ceux qui ne l’ont aperçu que par bribes glanées au hasard», écrivent les commissaires N.T. Binh et Eugénie Bachelot-Prévert, petite-fille de Jacques et unique ayant-droit.

Dédicace sur dessin de Jacques Prévert dans son livre "Fatras" (Edition Le Point du Jour 1966)
Près de 550 œuvres ont été réunies sur 700 m2. Un beau parcours. Prévert, inventaire.
Le titre, «Paris la belle», peut faire croire qu’il n’est question que de Prévert et la capitale. Paris, c’est surtout le décor principal de sa vie. Né à Neuilly-sur-Seine le 4 février 1900, «il était très attaché à Paris, qui est partout présent dans son œuvre, explique N. T. Binh. Il a habité dans différents quartiers, dont ses trente dernières années au pied de la butte Montmartre.»

Site Mairie de Paris : L'expo
Prévert et le collage :
Après une chute d’un premier étage, Prévert part en convalescence dans le Midi et s’adonne au collage. En 1957, Jacques Prévert expose pour la première fois à la galerie Maeght une série de collages. Ces collages sont drôles et inventifs : une gravure ancienne voisine avec une photo de presse, une carte postale avec un cliché de Brassaï, Robert Doisneau ou Willy Ronis.

Collage "Portrait de Jeanine"
Prévert se plaît à y inclure les personnes de son entourage, sa propre photo, ou des personnalités célèbres de l’histoire ou de l’actualité (Napoléon, le pape Pie XII). Outre son rejet de l’Église et de l’armée qui reste un sujet de prédilection, le regard qu’il porte sur la réalité passe du tendre au sombre, de l’onirisme au monstrueux.
Inspirés de la tradition surréaliste et d’une grande liberté formelle, les collages jouent sur le détournement d’aphorismes ou d’expressions populaires, la relecture ou la réappropriation d’images existantes.
Genre artistique insolite et inclassable, le collage pratiqué par Prévert est un prolongement direct de son écriture imagée. Citations, proverbes et associations d’idées font corps avec le texte. Cette pratique qui, chez lui, donne des résultats saisissants, est sans doute l’aspect le moins connu de son oeuvre que cette exposition se propose de faire découvrir.

Collage "Les grands cerveaux"
Proche de Picasso, mais également ami de nombreux peintres célèbres ou moins connus, Prévert a écrit des dizaines de textes sur les artistes les plus divers. Il a aussi cosigné des livres d'art avec notamment Picasso, Miró, Calder, Chagall ou Max Ernst.
"Le mot image veut dire ce qu'il veut dire, ce qu'on lui fait dire, aussi bien ce que les gens ont appelé une métaphore : c'est un mot un peu drôle, un peu savant, comme une figure ou un visage de rhétorique, toutes ces choses ont des noms ! Mais du moment qu'on écrit avec de l'encre ou un crayon, on peut faire des images aussi, surtout comme moi, quand on ne sait pas dessiner, on peut faire des images avec de la colle et des ciseaux, et c'est pareil qu'un texte, ça dit la même chose". (Jacques Prévert)
Prévert et la photographie :
Tout au long de sa vie, Prévert se lie d’amitié avec de nombreux photographes installés à Paris : Brassaï (qui a signé la photo de la couverture originale de Paroles), Eli Lotar, Dora Maar ou Man Ray dans les années 1920, puis, après la guerre, Édouard Boubat, Peter Cornelius, Robert Doisneau, Izis ou Willy Ronis.

Prévert et Cornelius
Pour découvrir les mots de Prévert sur « Couleurs de Paris », c'est ici.
Avec certains de ces artistes, Prévert arpente Paris. De nombreux clichés témoignent de ces balades entre amis, sources d’oeuvres à quatre mains où se dévoile un amour partagé de la capitale. Entre l’écriture et la photographie, Prévert et ses amis photographes multiplient les jeux de correspondance.
Le plus remarquable de ces ouvrages reste certainement Grand Bal du printemps, qui signe une collaboration exceptionnelle avec Izis. Avec tendresse et poésie, les deux artistes immortalisent le Paris des années 1950. Un visage triste, un couple heureux, une fenêtre ouverte, un chien perdu, une affiche collée sur un arbre, suscitent chez l’un un texte, chez l’autre une photo. Une complicité qu’ils renouvelleront avec bonheur avec Charme de Londres, en 1952.

En 1954, Prévert travaille avec le photographe André Villers, de trente ans son cadet, à un ouvrage étonnant qui mêle les photos de Villers et les découpages de Picasso. Les textes sont de Prévert, tout comme le titre : le livre s’intitule Diurnes « parce qu’il y en a marre des nocturnes ».
Prévert et le cinéma :
Jacques Prévert se fait connaître dans les années 1930 comme scénariste et dialoguiste de cinéma. Son premier scénario, écrit pour le film de son frère Pierre, " L'affaire est dans le sac " (1932), est une variation sur le burlesque. En 1933, il travaille avec Claude Autant-Lara (Ciboulette) puis, en 1935, il écrit les dialogues du film réalisé par Jean Renoir, " Le Crime de M. Lange ". L’engagement politique et social de Prévert se fait sentir dans cette histoire d’imprimerie reprise en main par les ouvriers à la suite de la mort présumée de leur patron.

C’est lors d’une représentation de " La Bataille de Fontenoy " par le groupe Octobre, que Jacques Prévert fait la connaissance du jeune réalisateur Marcel Carné, puis de son décorateur, Alexandre Trauner. Carné, séduit par l’humour de Prévert, lui demande d’écrire les dialogues de son prochain film, " Jenny ". Nous sommes en 1936.
Pendant plus de dix ans, le trio fonctionne à merveille. Il donne naissance à un nouveau style cinématographique, le « réalisme poétique », auquel Carné préfère l’appellation de « fantastique social », et enchaîne les chefs-d’oeuvre jusqu’à l’immédiate après-guerre : " Drôle de drame ", " Le Quai des brumes ", " Le jour se lève ", " Les Visiteurs du soir ", " Les Enfants du paradis " et " Les Portes de la nuit ".

Le style de Prévert se retrouve aussi dans des films de Christian-Jaque, Jean Grémillon, Paul Grimault ou Pierre Prévert. Il suffit souvent d’une réplique pour qu’il se révèle, mélange de poésie des faubourgs, de jeux de mots tendres et corrosifs. Aux succès reconnus viennent s’ajouter les films auxquels il a collaboré sans que son nom soit mentionné au générique " Une femme dans la nuit " d’Edmond T. Gréville en 1941, ou " La Marie du port ", de Marcel Carné en 1949 , et des dizaines de projets jamais tournés.
Les Enfants du paradis
Réalisé par Marcel Carné pendant l’Occupation, et 1945, c’est à la fois un hymne à l’amour fou, le plus bel hommage qui soit au monde du spectacle et une preuve éclatante de pérennité de la création artistique par-delà les tourments de l’Histoire.

Film de plus de trois heures, divisé en deux époques, porté par une distribution exceptionnelle (Arletty, l'actrice préférée de Carné et de Prévert, entourée de Jean-Louis Barrault, Pierre Brasseur, Marcel Herrand, Maria Casarès, etc.), Prévert signe le scénario, Alexandre Trauner dessine les décors, Joseph Kosma compose la musique (ces deux derniers dans la clandestinité, car ils sont juifs), et Marcel Carné fait le lien entre tous.
Un film qui, lors de sa sortie en 1945 restera plus d’un an à l’affiche à Paris, et sera élu en 1979 par l’académie des César « meilleur film français de tous les temps », puis en 1990, par un jury de 500 professionnels du cinéma « plus grand film français de tous les temps ».
Miss You
16:00 Publié dans Miss Terre et bouts de blogs | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : jacques prévert, izis, doisneau, collages









