09 juillet 2010
Le prétendu Climategate se dégonfle comme une baudruche
Mauvais temps pour les climatosceptiques. Deux rapports indépendants, l'un néerlandais, l'autre britannique, donnent à nouveau largement raison aux conclusions du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), dont la rigueur et l'honnêteté scientifiques sont attestées par les deux enquêtes. L'ensemble de la presse reprend leurs conclusions ces jours-ci.
Fin novembre, un scandale était né de la divulgation, sur le Net, d'un millier de courriels piratés dans les serveurs du Climatic Research Unit, en Grande-Bretagne, accréditant l'idée que les sciences du climat désignant les activités humaines comme responsables du changement climatique - et notamment du fameux réchauffement - étaient fondées sur des manipulations et des dissimulations de données. Ce «Climategate», comme on l'a appelé, avait pesé, le mois suivant, sur le Sommet de Copenhague, contribuant vraisemblablement à son échec.
"Aucune erreur significative n'a été relevée"
Les seules critiques que relèvent les rapports portent sur des erreurs que le GIEC a lui-même reconnues : une coquille dans les milliers de pages de son rapport datait en 2035 la fonte totale des glaciers himalayens (ils fondent, mais pas si vite que ça) et la disparition de 55% du territoire néerlandais sous le niveau moyen de la mer, contre 26 % en réalité (l'erreur consistait ici à inclure les 29 % du territoire classés en zone inondable). Pour le reste, «aucune erreur significative» n'a été relevée.
De leur côté, des quotidiens britanniques avaient souligné un grand nombre d'autres fautes présumées : exagération de la sensibilité de la forêt amazonienne à la sécheresse, lien statistique abusif entre réchauffement et dégâts occasionnés, références fantaisistes, exagération des risques de propagation de certaines maladies comme le paludisme, etc.
L'essentiel de ces allégations est fantasmatique ou très exagéré. En réalité, selon l'agence néerlandaise, il n'existe, dans le "Résumé à l'intention des décideurs" du rapport examiné, "aucune erreur significative".
"Notre travail ne contredit en rien les principales conclusions du GIEC sur les impacts, l'adaptation et la vulnérabilité au changement climatique, écrit l'agence néerlandaise. Il y a d'amples preuves observationnelles que les systèmes naturels sont influencés par le changement climatique à des échelles régionales. Ces impacts négatifs présentent dans le futur des risques substantiels dans la plupart des régions du monde, les risques augmentant avec une plus haute température moyenne globale."

La sécheresse en Camargue et la fonte des glaces en Antarctique © Torsten Blackwood - Pool / Franck Valentin / Maxppp
Cinq enquêtes indépendantes ont conclu à la rigueur et l'honnêteté scientifiques du GIEC
Pas moins de trois autres enquêtes ont été diligentées par des universités et le Parlement britannique. Leurs conclusions ont été rendues publiques ces dernières semaines. La dernière enquête, celle publiée le 7 juillet, et dirigée par Sir Muir Russell, ancien doyen de l'université de Glasgow, ne tranche pas avec les précédentes. Elle exonère de toute malversation les climatologues du CRU. Selon le rapport Russell, "la rigueur et l'honnêteté scientifiques" de ces derniers "ne sont pas en doute".
L'étude néerlandaise réclame toutefois davantage de transparence quant à la provenance de certaines affirmations et reproche aux travaux du GIEC de mettre l'accent sur les aspects négatifs du changement climatique plutôt que sur les aspects positifs. Ce à quoi le GIEC a répondu que la mission que lui ont assigné les gouvernements est précisément « de mettre l'accent sur les changements dont il faut se protéger ».
Sources : cette note est principalement constituée de larges extraits de deux articles publiés par Le Monde et Ouest-France
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20 mars 2010
L'hiver le plus chaud jamais enregistré
Vous êtes en train de vous dire, si vous habitez en France : "Comment ça, l'hiver le plus chaud ?". Nous avons eu, en effet, des journées glaciales comme il en arrive rarement, sans parler des chutes de neige à répétition et d'une intensité rare. Alors comment est-il possible que cet hiver soit le plus chaud ? Tout simplement parce que, n'en déplaise à Claude Allègre et consorts, le climat de la Terre ne se réduit pas à celui que nous voyons depuis chez nous.
Au niveau de la planète, jamais un hiver aussi chaud n'a été enregistré, conformément aux prévisions des climatologues qui nous alertent depuis des années sur le réchauffement continu qui dérègle le climat de la Terre. Il faut, en effet, bien garder en tête que le réchauffement dont il est question est un réchauffement global, calculé à partir de toutes les températures relevées sur la planète jour après jour. Quand on dit que la Terre se réchauffe, ça ne veut pas dire que la température monte partout en même temps. Il peut faire plus froid ici mais s'il fait beaucoup plus chaud ailleurs, quand toutes les données sont rassemblées, le résultat est là, indubitable : notre planète se réchauffe de plus en plus fort.
On sait depuis déjà quelques temps que le phénomène du réchauffement n'augmente pas la fréquence des évènements climatiques mais leur intensité. Les cyclones sont aussi nombreux que d'habitude dans les zones tropicales, par contre ils sont beaucoup plus violents. Les inondations catastrophiques se sont multipliées comme jamais un peu partout dans le monde en novembre dernier. L'hiver en France a été froid et il a neigé de façon exceptionnelle sur le Sud mais juste sous nos pieds, l'été le plus chaud jamais connu a régné sur l'Australie. Quant au Canada, son hiver n'a jamais été aussi doux, au point de perturber les jeux de Vancouver et de voir même des températures positives en une période où elles avoisinent normalement les -20°. "C'est un hiver exceptionnel. La température moyenne a atteint une valeur record, en montant de quatre degrés au-dessus de la normale", a dit André Cantin, météorologue canadien.
Pour expliquer cela, il pointe du doigt El Niño, une élévation saisonnière de la température des eaux dans l'océan Pacifique. Les climatologues sont de plus en plus nombreux à penser que le réchauffement climatique augmente l'intensité des effets d'El Niño - écarts de température, cyclones, inondations, feux de forêts. Ce qui accentue d'autant plus le dérèglement général, qui a été aussi peu pris au sérieux face aux intérêts économiques, lors du sommet de Copenhague.
15:30 Publié dans Colère | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : climat, copenhague
17 décembre 2009
L'honneur perdu de Vincent Courtillot
Dans nos discussions, souvent animées mais toujours de bonne foi, de ces dernières semaines autour du réchauffement climatique, il a été fait mention à plusieurs reprises de Vincent Courtillot, un géophysicien au parcours prestigieux qui conteste l'activité humaine comme principale source de ce dérèglement.
Vincent Courtillot s'appuie en particulier sur les prises de position de Fred Singer, présenté comme un scientifique climato-sceptique alors même qu'il a fait partie du GIEC et, à ce titre, co-détenteur du prix Nobel de la Paix 2007 attribué au GIEC et à Al Gore.
Une enquête de Contre-Info vient de révéler que :
1- Fred Singer n'a en rien contribué aux travaux du GIEC couronnés du prix Nobel de la Paix.
2- Il est depuis fort longtemps une figure centrale des lobbies des industries polluantes.
Dialogue entre Frédéric Taddéi et Vincent Courtillot ("Ce soir ou jamais", France 3, 3 décembre 2009)
Vincent Courtillot : Je voudrais, puisque j’ai la chance d’être le « climato-sceptique » de service, minoritaire, et que l’on ne nous entend pas beaucoup... je voudrais faire passer trois mots et trois messages et trois idées. Le premier mot, c’est démêler, le second mot c’est incertitude, le troisième mot c’est consensus. Démêler pourquoi ? C’est très difficile dans les débats comme celui que nous allons avoir ce soir, de démêler le débat scientifique du débat politique ou citoyen. Les deux sont également nobles. Quand on passe trop vite de l’un à l’autre sans avoir eu le temps d’exposer les arguments, c’est très difficile d’aller plus loin, on verra si on peut le faire ce soir. Le second mot, c’est incertitude. (S’adressant au climatologue Jean Jouzel) Le prix Nobel de la Paix - pas de Science - qu’a eu Jean Jouzel avec des centaines d’autres scientifiques, dont des climato-sceptiques ....
Frédéric Taddei : Et Al Gore...
Vincent Courtillot : Al Gore, mais aussi Fred Singer et quelques autres...
Fred Singer, l'un des chefs de file des climato-sceptiques américains, serait donc l'un des co-détenteurs du prix Nobel 2007 en tant que membre de GIEC ? Faux.
Et d'ailleurs, qui est vraiment Fred Singer, que Vincent Courtillot tient en si haute estime pour appuyer ses arguments ?
Fred Singer est un lobbyiste de nombreuses industries polluantes ou toxiques aux Etats-Unis
Fred Singer a commencé sa carrière de lobbyiste au début des années 80 au profit de la secte Moon, qui continuera à l'aider régulièrement en lui offrant les colonnes du Washinton Times, propriété de la secte.
Il a œuvré pendant des années dans les campagnes de désinformations financées par les cigaretiers américains pour retarder l’adoption de lois anti-tabac, en remettant systématiquement en cause les résultats des études médicales établissant un lien entre tabagisme passif et cancer.
Le « Science and Environnement Policy Project » (SEPP), qu’il dirige, s’est également mobilisé dans les années 1990 pour nier la dangerosité de l’amiante, des pesticides, ou la réalité du trou de la couche d’ozone.
Il a, de plus, été financé par l'industrie du pétrole pour élaborer un plan d'action contre le Protocole de Kyoto, que l'on voit également dans le documentaire Enfumés.
En 1995, le SEPP co-sponsorise avec l’European Academy for Environmental Affairs une conférence intitulée « controverse sur l’effet de serre » organisée à Leipzig. A cette occasion sera publiée la « Déclaration de Leipzig », présentée comme un appel émanant de scientifiques « concernés par les problèmes du climat et de l’atmosphère ». Ce texte, dirigé contre le protocole de Kyoto, affirme que « la plupart des scientifiques s’accordent sur le fait que ni les satellites d’observation ni les ballons sondes n’enregistrent de réchauffement de l’atmosphère. »
Un journaliste révèlera que "la plupart des scientifiques" signataires sont en fait de simples présentateurs météo de la télévision (en particulier de la Fox, la chaîne conservatrice), d'autres personnes sans aucune compétence en météorologie (un dentiste, un ingénieur du nucléaire, un médecin, etc.) et même des personnes qui ne savaient pas qu'elles étaient sur cette liste.
Bien d'autres actions de désinformation sont à l'actif de Fred Singer.
De très nombreux documents officiels sont reproduits à titre de preuves dans l'article suivant de Contre-Info : Fred Singer, lobbyiste professionnel.
Fred Singer n'a jamais participé aux travaux du GIEC sur le climat
Contrairement à ce qu'a dit Courtillot, Fred Singer n’a été impliqué en rien dans les travaux menant au rapport 2007 du GIEC, ni en tant qu’auteur, ni en tant que membre des comités de lecture, ni même en tant que scientifique. Sa seule apparition dans les archives du GIEC mentionne une participation au titre d’ « ONG », dans une liste dont la quasi-totalité des membres sont des entreprises, et où les secteurs du pétrole, du gaz, et du charbon sont largement représentés.
Vincent Courtillot dit-il des contre-vérités parce qu'il est manipulé ou manipulateur ?
Alors, quand Courtillot dit qu'il veut « démêler le débat scientifique du débat politique ou citoyen », il se fout du monde. Et quand il appuie la crédibilité scientifique de son analyse sur les déclarations d'un lobbyiste de l'industrie pétrolière et d'autres pollueurs, soit il se fourvoie, soit il en est l'allié délibéré.
Contre-Info conclut son article en ces termes : "Les implications nombreuses et répétées de Fred Singer et des réseaux auxquels il participe dans des opérations de manipulation et de désinformation, visant à retarder ou empêcher l’adoption de réglementations environnementales, sont non seulement incontestables mais aussi largement connues de la communauté scientifique des climatologues, et de quiconque se penchant sur ce sujet et ses controverses.
M. Courtillot est-il à ce point mal informé pour n’en avoir jamais eu vent ? Si c’est le cas, son peu d’empressement à vérifier la qualité des références qu’il met en avant ne plaide pas en faveur de sa rigueur intellectuelle."
Dans tous les cas de figure, il se couvre de honte.
Note basée sur les trois articles de Contre-Info consacrés à ce sujet :
Fred Singer, l’étrange référence de Vincent Courtillot et de Claude Allègre
Fred Singer, lobbyiste professionnel
Fred Singer, « Prix Nobel » ?
Photos : Vincent Courtillot (FR3), Fred Singer (web), réchauffement climatique (www.solarpowerwindenergy.org).
Les échanges sur le blog relatifs à Vincent Courtillot se trouvent à la suite de l'article Une vérité qui dérange
08:30 Publié dans Accueil, Colère | Lien permanent | Commentaires (52) | Envoyer cette note | Tags : climat, pollution, copenhague, pic pétrolier
10 décembre 2009
"Enfumés", lobby pétrolier et négationistes climatiques aux US
A l’occasion du COP15, sommet de l’ONU sur le climat qui se déroulera du 7 au 18 décembre à Copenhague, France 4 a diffusé hier Enfumés, une enquête documentaire inédite de Paul Moreira sur le lobby pétrolier américain et l’action des négationnistes climatiques. Le journaliste revient sur cette tempête politique montrant comment les industriels du pétrole, du charbon et de l’automobile ont placé leurs agents d’influence au cour même de l’administration américaine.
Deux autres diffusions sont prévues le samedi 12 décembre à 18h05 et le lundi 14 décembre à 00h40. Le documentaire peut également être vu en ligne jusqu'au 16 décembre sur le site de France 4 : Enfumés.
Voici les infos que fournit France 4 :
Kyoto, décembre 1997
Pour la première fois 160 nations envisagent de réduire leurs émissions de CO2. Parmi elles, les Etats-Unis d’Amérique sans lesquels aucune politique mondiale n’est possible. Le vice-président Al Gore prononce une phrase qui sonne comme une déclaration de guerre : « Dans mon pays, nous nous souvenons des industriels du tabac qui nous expliquaient que fumer n’était pas mauvais pour la santé. A ceux qui vont chercher à faire obstruction à notre démarche nous disons : nous ne vous laisserons pas mettre des intérêts privés étroits au dessus de ceux de toute l’espèce humaine…» Certaines industries vont se battre contre les décisions prises à Kyoto car pour elles, réduire les émissions de CO2 signifie réduire la consommation et donc leurs chiffres d’affaires. Un lobby aussi implacable que discret va tout faire pour freiner ce processus. Les lobbyistes vont infiltrer l’appareil d’état, séduire, menacer les politiques, modifier les lois. Ils vont financer une extraordinaire machine de guerre visant à nier l’urgence climatique.
2001 : George W. Bush est élu
L’enquête montre comment les industriels du pétrole, du charbon et de l’automobile vont placer leurs agents d’influence au cour même de son administration.
Des rapports scientifiques massivement modifiés, amendés, tronqués par le chargé du climat de Bush
L’un de ces lobbyistes, Philip Cooney, va devenir l’interface entre la communauté scientifique du climat et la présidence des Etats-Unis. Il a travaillé pendant 15 ans pour l’institut du pétrole américain et son infiltration au cœur de la Maison Blanche en tant que chargé du climat au Conseil de la Qualité Environnementale aurait dû rester secrète. C’était sans compter sur Rick Piltz, un modeste fonctionnaire chargé d’éditer les travaux des scientifiques sur le climat. Piltz va être témoin des pressions exercées par Philip Cooney sur la recherche. Il va découvrir que les rapports des scientifiques sont massivement modifiés, amendés, tronqués par Cooney. En y injectant le doute, il va en altérer le sens. Là où les scientifiques avaient mentionné des certitudes, il glisse des « peut-être »
Rick Piltz décide de quitter son travail avec les documents qui établissent l’infiltration du lobby pétrolier. Il donne l’alerte, devient un « whistle blower ». L’information fait la UNE du New York Times. En 2007, les parlementaires démocrates demandent une commission d’enquête. Ils veulent entendre Philip Cooney et lui faire avouer qu’il n’était pas un simple fonctionnaire au service du bien public mais un agent du lobby pétrolier.
Le plan d'action des manipulations du lobby pétrolier rendu public par la commission d'enquête du Congrès
Paul Moreira a obtenu l’autorisation de filmer les auditions devant le Congrès. Dans une dramaturgie évoquant un moment de cinéma, l’agent d’influence est passé sur le grill. Les auditions vont révéler les méthodes très particulières du gouvernement Bush et ses liens organiques avec l’industrie pétrolière. Ainsi, un document destiné à rester secret est produit : c’est un plan d’action élaboré par le lobby pétrolier, une feuille de route pour manipuler l’opinion publique et retarder les décisions. Un climat d’intimidation qui touchait non seulement l’administration mais aussi les institutions comme la NASA.
A cause des manœuvres des lobbies industriels et des blocages du gouvernement Bush, un temps précieux a été perdu. Les spécialistes disent une dizaine d’années.
Après l’élection de Barack Obama, la position des climatologues et des écologistes va enfin être entendue.

Interview de Paul Moreira
France 4 : Comment est-né ce projet d'enquête documentaire ?
Paul Moreira : Le documentaire met en lumière l’action des négationnistes climatiques. Il s’intéresse principalement à des gens qui ne sont pas des scientifiques mais des avocats au service d’industries qui n’ont aucun intérêt aux mesures contre le réchauffement climatique. Je ne remets pas en cause la nécessité du doute. A condition qu’elle soit motivée par des principes vraiment scientifiques et pas des intérêts financiers. Or ces gens ont fait prendre dix ans de retard à la planète. Pour cela, ils ont infiltré l’appareil d’état au plus haut niveau.
C’est une histoire incroyable de manipulation d’une politique publique par des hommes que je n’arrive pas à qualifier autrement que d’agents secrets au service du pétrole... Au départ, j’avais réalisé pour Canal plus, il y a deux ans, un documentaire sur la voiture : "Mourir pour la voiture ?". Pendant cette enquête, je suis tombé sur ce réseau d’agents d’influence au service de l’industrie pétrolière, automobile et charbonnière. Ceux que les écologistes appellent le "Carbon Club". Leurs activités étaient discrètes, jusqu’à ce qu’un lanceur d’alertes, un whistle blower, les dénonce à la presse. Et brusquement, les voilà convoqués devant une commission d’enquête au Congrès. Tout s’est fait très vite.
F4 : Comment avez-vous réussi à vous introduire dans ce milieu ?
P. M. : Les lobbyistes publics sont faciles à rencontrer. C’est leur job de parler à la presse. Ceux qui sont impossible à coincer sont ceux qui réussissent à acquérir une position au sein de l’appareil d’état. Je pense notamment à Philip Cooney. Pour mémoire, Al Gore dans son film mondialement célèbre, "An unconvenient truth", signale son existence mais il n’a aucune photo du bonhomme. Alors il se contente d’écrire en grand son nom sur l’écran de sa conférence. Si nous avons pu filmer Cooney, c’est grâce aux auditions du Congrès. Il était obligé de venir.
Source : France 4
Rediffusions le samedi 12 décembre à 18h05 et le lundi 14 décembre à 00h40.
Le documentaire peut également être vu en ligne jusqu'au 16 décembre sur le site de France 4 : Enfumés
Photos : France 4 et Canal+
16:00 Publié dans Colère | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : copenhague, climat, pollution, pic pétrolier
09 décembre 2009
Surchauffe
La décennie qui se termine (2000-2009) est la plus chaude jamais enregistrée. L'année 2009 a vu plusieurs autres tristes records climatiques. L'Australie a connu sa troisième année la plus chaude depuis 1850 et la Chine sa pire sécheresse depuis 50 ans. Pour des raisons analogues, le Kenya et l'Inde ont subi des pénuries alimentaires comme rarement alors que le Burkina a été ravagé par une inondation d'une ampleur jamais vue depuis 90 ans. Quant aux glaces de l'Arctique, cela fait trois ans consécutifs qu'elles fondent en été à un rythme jamais vu.
En marge de Copenhague, le secrétaire général de l'OMM, le Français Michel Jarraud, a annoncé ces observations et a rejeté la polémique concernant le Climategate, c'est à dire la publication des mails piratés de chercheurs de l'Université britannique d'East Anglia. Ces messages laissaient penser que des scientifiques avaient cherché à minimiser des données qui auraient pu privilégier le point de vue des sceptiques du réchauffement. L'OMM a montré que les données provenant de cette université comparées à celles originaires d'autres sources, telles que la NASA, aboutissaient à des résultats quasiment identiques.
Hier soir, nous avons regardé "Un soir pour la Terre". A ce sujet-là, il m'est arrivé un truc amusant. En fin d'après-midi, j'ai voulu chercher sur Google s'il y avait eu des infos récentes sur cette soirée spéciale que consacre France 2 au sommet de Copenhague. Et sur quoi je tombe dans les toutes premières réponses ? Sur l'article qu'Anti a écrit sur notre blog il y a huit jours. Il arrive, certes, après celui mis en ligne sur le site de France 2 mais avant un bon paquet d'autres sur divers sites webs, y compris de journaux télé tels que Télérama ou des grands organes de presse comme le Nouvel Obs. Si ça continue comme ça, ce sont ces grosses pointures qui vont bientôt venir chercher leurs infos chez nous !
Ce qui a été montré par Yann Arthus-Bertrand n'est pas une surprise mais une confirmation de plus de l'urgence. Je ne vais revenir ici que sur le drame du Bengladesh. Ce petit pays est bien plus peuplé que le nôtre : 155 millions d'habitants. Il est soumis tous les ans depuis toujours à des inondations, en raison de la mousson. Il est traversé par près de soixante fleuves et cours d'eau. Environ 10% du territoire est situé sous le niveau de la mer et la moitié de ce qui reste disparaîtrait si le niveau montait d'un mètre. Une région particulièrement sensible, donc, aux effets du réchauffement climatique qui empire les choses de façon catastrophique, qu'il s'agisse de la fonte accélérée des neiges de l'Himalaya ou de la montée des eaux généralisée autour de la planète.
La côte recule de un kilomètre tous les ans, la moitié des terres émergées a disparu en 15 ans. L'une des principales causes de mort chez les enfants est la noyade (17 000 par an), au point que l'Unicef a lancé un programme pour leur apprendre à nager le plus tôt possible. Et, depuis peu, ce ne sont plus des géographes qui parlent de la situation de ce pays mais des océanographes.
Photos Yann Arthus Bertrand
08:30 Publié dans Accueil, Colère, Nature | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : copenhague, climat, pollution, yann arthus bertrand
07 décembre 2009
Copenhague : 56 journaux publient le même édito
Un évènement sans précédent dans la presse internationale : dans le cadre du sommet de Copenhague, 56 quotidiens de 44 pays différents mettent à leur une le même éditorial. En voici le texte intégral.

Aujourd’hui, 56 journaux dans 44 pays font un geste sans précédent : parler d’une seule voix par le biais d’un éditorial commun. Nous le faisons parce que l’humanité se trouve confrontée à une situation d’extrême urgence.
A moins d’unir nos efforts pour prendre des mesures décisives, le changement climatique va ravager notre planète et, ce faisant, perturber fortement notre prospérité et notre sécurité. Les dangers sont devenus tangibles en une génération. Maintenant, les faits commencent à parler : sur les quatorze dernières années, onze ont été les plus chaudes jamais enregistrées, la calotte glaciaire de l’Arctique est en train de fondre et, l’an dernier, la flambée des prix du pétrole et des produits alimentaires a donné un avant-goût des terribles bouleversements à venir. Dans les revues scientifiques, la question n’est plus de savoir si l’homme en est le grand responsable, mais combien de temps il lui reste pour limiter les dégâts. Cependant, à ce jour, le monde a réagi avec mollesse et sans enthousiasme.
Le changement climatique résulte d’une action sur plusieurs siècles, il aura des conséquences qui dureront pour toujours, et nos chances de le maîtriser vont être déterminées dans les quatorze jours qui viennent. Nous demandons aux représentants des 192 pays réunis à Copenhague de ne pas hésiter, de ne pas se lancer dans des discussions, de ne pas se faire de reproches mutuels, mais de saisir la chance d’échapper au plus grand échec politique de l’époque moderne. Cela ne devrait pas être une lutte entre le monde riche et le monde pauvre, ou entre l’Est et l’Ouest. Le changement climatique nous concerne tous et doit être résolu par tous.
La science est complexe, mais les faits sont clairs. Le monde a besoin de prendre des décisions pour limiter les hausses de température à 2° C, un objectif qui exigera que les émissions de la planète culminent et commencent à diminuer dans les cinq à dix prochaines années. Une hausse plus importante de 3 à 4 °C - la progression la plus faible que nous puissions espérer en cas d’inaction - dessécherait des continents, transformant la terre cultivable en désert. La moitié de toutes les espèces serait vouée à l’extinction, des millions et des millions de personnes seraient déplacées et des peuples entiers seraient submergés par la mer.Date butoir. Peu de gens croient que Copenhague soit en mesure d’aboutir à un traité totalement finalisé ; les véritables progrès en ce sens n’ont pu commencer qu’avec l’arrivée du président Obama à la Maison Blanche et le renversement de tendance après des années d’obstruction de la part des Etats Unis. Aujourd’hui encore, le monde se trouve à la merci de la politique intérieure américaine, car le Président ne peut pas totalement s’engager dans l’action nécessaire tant que le Congrès américain ne l’a pas fait.
Mais les responsables politiques présents à Copenhague peuvent et doivent s’entendre sur les éléments essentiels d’un accord juste et efficace et, ce qui est d’une importance capitale, sur un calendrier solide devant aboutir à un traité. La réunion de l’ONU sur le climat à Bonn, en juin prochain, devrait être une date butoir. Comme l’a exprimé un négociateur : «Nous pouvons jouer les prolongations, mais nous ne pourrons pas nous permettre de rejouer le match.»
Au cœur des négociations, il faudra trouver un accord entre le monde riche et le monde en développement pour établir comment répartir le poids de la lutte contre le changement climatique, et comment partager une ressource devenue précieuse : les quelques milliards de tonnes de carbone que nous pouvons émettre avant que le mercure n’atteigne des niveaux dangereux.
Les nations riches aiment souligner la vérité arithmétique qu’il n’y a pas de solution tant que les géants en développement tels que la Chine ne prendront pas de mesures plus radicales. Mais le monde riche est responsable de la plupart du carbone accumulé dans l’atmosphère, à savoir les trois quarts de tout le dioxyde de carbone émis depuis 1850. C’est à lui de montrer l’exemple et chaque pays développé doit s’engager à de fortes réductions pour que ses émissions retombent en dix ans à un niveau très inférieur à ce qu’elles étaient en 1990.Justice sociale. Les pays en développement peuvent faire remarquer qu’ils ne sont pas responsables de la majeure partie du problème et aussi que les régions les plus pauvres du monde seront les plus difficiles à sensibiliser. Mais ils vont participer de plus en plus au réchauffement et doivent de ce fait s’engager de leur côté à une action significative et quantifiable. Bien que les deux plus grands pollueurs du monde, les Etats-Unis et la Chine, n’aient pas répondu aux espoirs que certains avaient placés en eux, leurs récents engagements sur des objectifs concernant les émissions ont représenté des pas importants dans la bonne direction.
La justice sociale exige que le monde industrialisé racle ses fonds de poche et promette des liquidités pour aider les pays les plus pauvres à s’adapter au changement climatique et aux technologies propres qui leur permettront de développer leur économie sans augmenter leurs émissions. Il faut également définir l’architecture d’un futur traité, avec un contrôle multilatéral rigoureux, des compensations correctes pour protéger les forêts et une évaluation crédible des «émissions exportées», afin que le poids soit finalement réparti plus équitablement entre ceux qui produisent des produits polluants et ceux qui les consomment. Et l’honnêteté exige que la charge placée individuellement sur les pays développés prenne en compte leur capacité à la supporter ; par exemple, les derniers entrants dans l’Union européenne, souvent plus pauvres que les membres de la «vieille Europe», ne doivent pas souffrir davantage que leurs partenaires plus riches.
Espoirs. La transformation va coûter cher, mais beaucoup moins que la note à payer pour renflouer les finances mondiales. Et beaucoup moins encore que les conséquences du laisser-faire. Beaucoup d’entre nous, en particulier dans le monde développé, devront changer leur mode de vie. L’époque des vols pour l’aéroport moins chers qu’un trajet en taxi touche à sa fin. Nous devrons faire nos courses, manger et voyager plus intelligemment. Nous devrons payer davantage pour notre énergie et en utiliser moins.
Mais le passage à une société à faible émission de carbone porte en elle la perspective de plus d’espoirs que de sacrifices. Déjà, certains pays ont reconnu que cette transformation peut apporter la croissance, des emplois et une meilleure qualité de vie. L’afflux de capitaux parle de lui-même : l’année dernière, pour la première fois, il a été investi davantage dans les formes d’énergie renouvelable que dans la production d’électricité à partir des carburants fossiles. Chasser le carbone de nos modes de vie en quelques petites décennies sera, sur le plan de la technique et de l’innovation, comparable aux grandes révolutions de l’histoire. Mais, tandis que le fait d’envoyer un homme sur la Lune ou de fissurer l’atome résulte des conflits et des rivalités humaines, la future course au carbone doit être menée en un effort commun pour parvenir à un sauvetage collectif.Vaincre le changement climatique passera par une victoire de l’optimisme sur le pessimisme, d’une vision de l’avenir sur une vue à court terme, ce qu’Abraham Lincoln appelait «les meilleurs anges de notre nature».
C’est dans cet esprit que 56 journaux du monde entier se rassemblent derrière cet éditorial. Si nous, avec nos optiques nationales et politiques si différentes, pouvons nous mettre d’accord sur ce qui doit être fait, nos dirigeants devraient pouvoir en faire autant.
Les représentants politiques à Copenhague ont le pouvoir de façonner le jugement de l’histoire sur notre génération : celle qui a vu le défi et l’a relevé, ou celle qui était si stupide qu’elle a vu la calamité qui s’annonçait mais n’a rien fait pour l’éviter. Nous les conjurons de faire le bon choix.
Editorial paru aujourd'hui dans les journaux suivants : Economic Observer (Chine). Southern Metropolitan Daily (Chine). CommonWealth Magazine (Taïwan.) Joongang Ilbo (Corée du Sud). Tuoi Tre (Vietnam). Brunei Times (Brunei). Jakarta Globe (Indonésie). Cambodia Daily (Cambodge). The Hindu Times (Inde). The Daily Star (Bangladesh). The News (Pakistan). The Daily Times (Pakistan.) Gulf News (Dubaï). An Nahar (Liban). Gulf Times (Qatar). Maariv (Israël). The Star (Kenya). Daily Monitor (Ouganda). The New Vision (Ouganda). Zimbabwe Independent (Zimbabwe).The New Times (Rwanda). The Citizen (Tanzanie). Al-Shorouk (Egypte). Botswana Guardian (Botswana.) Mail & Guardian (Afrique du Sud). Business Day (Afrique du Sud). Cape Argus (Afrique du Sud). Toronto Star (Canada). Miami Herald (Etats-Unis). El Nuevo Herald (Etats-Unis.) Jamaica Observer (Jamaïque). La Brujula Semanal (Nicaragua). El Universal (Mexique). Zero Hora (Brésil). Diario Catarinense (Brésil). Diaro Clarin (Argentine). Süddeutsche Zeitung (Allemagne). Gazeta Wyborcza (Pologne). Der Standard (Autriche). Delo (Slovénie). Vecer (Slovénie). Dagbladet Information (Danemark). Politiken (Danemark). Dagbladet (Norvège). The Guardian (Grande-Bretagne). Le Monde (France). Libération (France). La Reppublica (Italie). El Pais (Espagne). El Mundo (Espagne). De Volkstrant (Pays-Bas). I Kathimerini (Grèce). Publico (Portugal). Hürriyet (Turquie). Novaïa Gazeta (Russie). Irish Times (Irlande). Le Temps (Suisse).
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06 décembre 2009
10 questions chaudes sur le climat
Encore ? Oui, encore, ce n'est jamais assez. Au cours du siècle écoulé, la planète s'est réchauffée en moyenne de 0,8°C, la France d'environ 1°C et les régions polaires de 2 à 4°C. Dans le même temps, le niveau moyen des océans s'est élevé de 17 cm, et les événements météorologiques intenses se sont multipliés. Voici de larges extraits d'un article publié le 4 décembre sur le site de l'Express. Il me semble à la fois synthétique et très complet. Je vous encourage à aller le lire dans son intégralité ici : 10 questions chaudes sur le climat, par Richard de Vendeuil , Aurélie Leone et Eric Lecluyse.

Le CO2 dans l'atmosphère n'a pas de frontières, la stratégie de réduction des gaz à effet de serre doit être globale et collective
Objectif : limiter l'élévation de la température moyenne à 2°C par rapport à 1850, c'est-à-dire depuis la révolution industrielle
1 - Quels sont les principaux états responsables du réchauffement ?
Les pays industrialisés, en particulier les Etats-Unis. [...] Les Chinois émettent aujourd'hui autant de CO2 que les Américains (6 milliards de tonnes par an) [...].
2 - Qu'est-ce qui prouve que l'homme influence vraiment le climat ?
En analysant les glaces polaires, les scientifiques se sont aperçus que pendant les dix mille dernières années, le dioxyde de carbone atmosphérique s'était maintenu à un niveau stable... Et voilà qu'il augmente de 30 % en quelques décennies !
Le CO2 produit par la combustion de ressources fossiles (pétrole, charbon, etc.) et par la déforestation est venu perturber les échanges naturels de notre planète. Cette augmentation coïncide - plusieurs études établissent le lien de cause à effet - avec l'observation d'une augmentation moyenne des températures de plus de 0,7 °C sur la Terre entre 1900 et 2000, particulièrement marquée depuis les années 1970.
D'autres gaz à effet de serre représentent une menace. Parfois, la responsabilité de l'homme est indirecte : on craint, du fait du réchauffement, le dégel des régions polaires, qui pourrait provoquer un dégagement massif de méthane stocké dans les sols. Un phénomène potentiellement dramatique... mais encore mal connu.
3 - Certains parlent d'une pause dans le réchauffement, voire nient celui-ci. Sur quoi s'appuient-ils ?
Des relevés, sur certaines périodes particulières, peuvent donner l'impression que la température sur le globe est stable, alors que les prévisions du Giec évoquent une augmentation de 0,2 °C par décennie environ. Ainsi, un récent relevé d'une équipe britannique indique qu'entre 1998 et 2008 la température n'aurait quasiment pas augmenté (+ 0,02 ºC).
Mais cette étude ne couvre pas toute la surface de la planète, et la période étudiée commence et se termine par deux années atypiques, 1998 (forte hausse des températures due à El Niño) et 2008 (forte baisse avec La Niña). Le diagnostic publié par le Giec juste avant ce sommet de Copenhague met les choses au point : malgré de fortes variations annuelles, consécutives à ces phénomènes climatiques ponctuels, la tendance depuis 1980 est - malheureusement - conforme aux prévisions.
2007, 2008 et 2009 figurent ainsi parmi les dix années les plus chaudes depuis cent cinquante ans, malgré une faible activité solaire.
L'idée d'un refroidissement est fausse, tranche ce rapport.
4 - Les prévisions des experts du Giec sont-elles fiables ?
La teneur en CO2 atmosphérique et le niveau des océans ont augmenté ces dernières années plus vite que ne le prévoyait le pire scénario établi par le Giec, ce qui montre que ce dernier ne verse pas dans le catastrophisme. [...]
5 - La technologie peut-elle nous sauver ?
Certains l'affirment. Ils mettent en avant des solutions avant-gardistes qui, pour l'heure, n'ont guère dépassé le stade des études.[...] Il s'agit de diffuser des particules soufrées à haute altitude pour créer une sorte de gigantesque parasol. De mettre en orbite un miroir censé dévier le rayonnement solaire. [...]
Moins farfelus, des projets de séquestration du CO2 sous la terre ou sous la mer sont actuellement à l'étude. Ces techniques risquent toutefois de coûter très cher. Leur intérêt est vivement contesté par les écologistes, qui préféreraient que cet argent serve au développement des énergies renouvelables.
6 - Le nucléaire, pauvre en carbone, est-il la bonne réponse ?Comme il émet peu de CO2, le nucléaire (15 % de l'électricité dans le monde, 75 % en France) figure parmi les solutions les plus évidentes. [...] Son empreinte écologique n'est pourtant pas neutre, au regard notamment de ses déchets toxiques à vie longue [...]. Et l'uranium, indispensable à la filière, se fait rare : il resterait soixante ans de réserve pour le parc actuel [...].
7 - Le vent et le soleil peuvent-ils produire toute notre énergie ?
Présentées comme les solutions du futur, les énergies solaire et éolienne, ainsi que la géothermie, ne peuvent pas produire en quantité suffisante l'énergie nécessaire à l'ensemble des habitants de la planète. Pas pour le moment. [...]
Sortir de "l'âge du pétrole" nous oblige à réinventer l'organisation de nos sociétés. Les combustibles fossiles (gaz, pétrole et charbon) fournissent encore 85 % de l'énergie primaire consommée dans le monde. De gros efforts seront nécessaires pour que la tendance s'inverse.
8 - Changer nos modes de consommation, est-ce vraiment efficace ?
Diminuer massivement les émissions de gaz à effet de serre dans la vie quotidienne est la plus évidente des parades, et l'effort de chaque pays, ainsi que le calendrier, va être âprement discuté à Copenhague. Pour maintenir un réchauffement global inférieur à 2°C (au-delà, l'évolution du climat pourrait devenir incontrôlable, selon les prévisions), il faut réduire de moitié les émissions de CO2 sur la planète. En France, comme partout en Europe, l'objectif est de les diviser par quatre. [...]
C'est notre façon de consommer qu'il faut changer. Un mode de transport plus propre, un habitat mieux isolé, un étalement limité des villes, toutes les pistes doivent être explorées.
9 - Qu'est-ce que la "compensation carbone" ?Le principe est simple : il s'agit de compenser nos émissions nocives de CO2 en finançant des programmes ou actions bénéfiques pour la planète. Deux [...] Problème : ces calculs sont peu fiables [...]. Cette formule n'empêche pas non plus de continuer à polluer, puisque même compensées, nos émissions de CO2 par la voiture ou l'avion restent dans l'atmosphère. [...]
10 - Faut-il un gendarme de l'environnement ?
Beaucoup de mauvais élèves, l'Espagne en tête, ne tiennent pas les engagements pris à Kyoto. Des sanctions sont prévues, mais personne ne peut vraiment contraindre ces pays à rectifier le tir. D'où l'idée de créer une OME, Organisation mondiale de l'environnement, placée sous l'égide de l'ONU, qui veillerait à la bonne application des textes.
C'est d'autant plus urgent qu'il n'est plus seulement question de science, mais de sécurité des Etats : des migrations massives de "réfugiés climatiques" sont attendues du fait de la montée des eaux, comme au Bangladesh.
Jusqu'à Kyoto, les pays en développement étaient plutôt réticents, craignant que cette instance soit synonyme d'ingérence plutôt que d'arbitrage. La tendance semble s'inverser, mais il est trop tôt pour qu'un accord sur cette question émerge à Copenhague.
Richard de Vendeuil , Aurélie Leone Aurélie et Eric Lecluyse, L'Express
Source : 10 questions chaudes sur le climat
Photos : répartition du CO2 dans l'atmosphère sous l'effet des vents (NASA), la ville de Mexico (Maxisciences), vallée du Rhône (Anna Galore), pollution en Chine (AFP).
13:30 Publié dans Anna bloGalore, Colère, Nature | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : copenhague, climat, pollution, éoliennes, énergies renouvelables
04 décembre 2009
Espagne : de l'énergie propre à base... d'olives
Ceux d'entre vous qui suivent ce blog depuis plus d'un an connaissent ma sympathie pour l'olivier. Ce matin, j'en ai découvert, avec Anti, une nouvelle vertu.
France 2 a diffusé, en effet, un petit reportage fascinant, à l'approche du sommet de Copenhague. En Espagne, et plus précisément en Andalousie, dix centrales totalisent une capacité suffisante pour subvenir aux besoins en électricité de 250 000 foyers. Leur source d'énergie ? La biomasse résultant de la culture des oliviers.
L'Espagne est le premier producteur mondial d'huile d'olive, avec 1,4 millions d'hectares d'oliviers. Une fois les olives cueillies, elles sont traitées pour donner de l'huile. Sont rejetés les noyaux, bien sûr, mais également les restes végétaux et en particulier la pulpe résiduelle. Ce sont ces déchets que les Espagnols ont imaginé de récupérer, depuis 2006, pour produire une énergie totalement propre.
Le procédé consiste à broyer les noyaux pour les transformer en granulés combustibles qui dégagent 5000 kcal/kg. La pulpe est traitée pour rendre 30 à 40% d'huile supplémentaire. Le tout subit diverses transformations pour donner un produit qui va ensuite être consumé dans une chaudière.
Le bilan carbone est neutre : le CO2 qui est émis par la combustion est absorbé de façon naturelle par les oliviers voisins et le reste des rejets dans l'atmosphère consiste en de la simple vapeur d'eau (en fait, selon l'agence de l'énergie andalouse, il y aurait même 69 000 tonnes de CO2 économisées in fine par ces centrales). Quant à l'huile excédentaire récupérée, il est prévu de l'utiliser comme biocarburant pour les voitures.
Même si elle ne peut être mise en oeuvre que dans des régions qui s'y prêtent, voilà une façon extrêmement astucieuse de fournir une électricité rigoureusement non polluante.
16:00 Publié dans Anna bloGalore | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : ressources naturelles, copenhague, développement durable, pic pétrolier, biocarburants
29 novembre 2009
L'ultimatum climatique, l'appel
A l'initiative de plusieurs associations et ONG françaises, un appel intitulé L'ultimatum climatique a été lancé au président de la République. Il s'intègre dans la mobilisation internationale, fédérée par Tcktcktck pour obtenir à Copenhague 2009 un accord à la hauteur des enjeux climatiques. En voici de larges extraits.
Monsieur le Président,
Au mois de décembre de cette année se tiendra à Copenhague le Sommet de l’ONU sur le climat. [...] Comme le rappelait il y a un an le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-Moon, « nous sommes au bord d’une catastrophe si nous n’agissons pas ». [...]
Le réchauffement du système climatique est sans équivoque. L’activité humaine en est la cause. Ses impacts se font déjà ressentir en différents points du globe, notamment par la multiplication des catastrophes climatiques. Si nous n’agissons pas maintenant, ils seront sans aucun doute encore plus dévastateurs. C’est le constat sans appel de 2 500 scientifiques du monde entier [...]. Depuis, de nouveaux éléments scientifiques montrent, chaque jour, que le climat se dérègle au-delà des prévisions les plus pessimistes, avec des conséquences bien plus précoces que prévues et d’ores et déjà visibles.
S’il est encore difficile d’évaluer avec précision l’amplitude des impacts, le danger est en revanche déjà certain. Ecosystèmes ravagés, variabilité climatique extrême, hausse du niveau des océans… [...]
L’urgence climatique nous commande donc d’agir à la hauteur des périls qui sont devant nous. Nous maîtrisons déjà la plupart des technologies nécessaires pour relever le défi d’un mode de développement qui intègrerait à sa juste mesure l’impératif climatique. De plus, cette rupture avec un modèle de développement hérité d’un passé révolu recèle des opportunités d’économies, d’emplois et d’innovations considérables. Encore faut-il que nous prenions la décision politique de le faire.
Tout d’abord, il faut impérativement parvenir à stopper la croissance des émissions mondiales de gaz à effet de serre d’ici à 2015 avant de les faire décroitre. C’est la seule voie pour limiter le réchauffement des températures bien en-dessous de 2°C, seuil au-delà duquel la capacité à s’adapter de nos sociétés et des écosystèmes est menacée. Pour ce faire, les pays industrialisés, dont la France, doivent s’engager collectivement à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre d’au moins 40% d’ici à 2020 par rapport à 1990.
Mais cela ne sera pas suffisant. Les pays en développement doivent, eux aussi, mettre en place les politiques industrielles, énergétiques et agricoles qui limiteront la croissance de leurs émissions avant de les réduire, sans compromettre leur légitime aspiration au développement économique et social. [...]
Pour nombre d’entre eux, en particulier les plus vulnérables, ces actions ne pourront se faire sans le soutien financier et technique des pays industrialisés. Les besoins d’ici à 2020 sont évalués à plus de 100 milliards d’euros par an. C’est moins de 10% des dépenses militaires mondiales.
Responsables de la majorité des émissions de gaz à effet de serre aujourd’hui dans l’atmosphère, munis de capacités d’action plus fortes, les pays industrialisés portent la responsabilité morale, légale et économique de mener le combat contre le dérèglement du climat. Monsieur le Président, vous vous devez de prendre la tête de ce combat qui est sans aucun doute l’enjeu de ce siècle.
Notre avenir commun dépendra des choix politiques qui seront faits.
Serge Orru, WWF-France
Pascal Husting, Greenpeace France
François Danel, Action contre la Faim
Olivier Braunsteffer, Care France
Souhayr Belhassen, FIDH
Nicolas Hulot, Fondation Nicolas Hulot
Anne Bringault, Les amis de la terre
Michel Bruguière, Médecins du Monde
Luc Lamprière, Oxfam France Agir Ici
Sandrine Mathy, Réseau Action Climat
Michel Roy, Secours Catholique

Le site de l'ultimatum climatique : Copenhague 2009
Le site de Tcktcktck : http://tcktcktck.org
Photos : Shanghaï (http://www.planetedanger.org/), déforestation (Yann Arthus-Bertrand)
08:30 Publié dans Accueil, Anna bloGalore, Colère, Coups de coeur | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : climat, copenhague
28 novembre 2009
Copenhague en images
Petite révision en photos des enjeux du Sommet de Copenhague « pour sauver la Planète » qui approche à grands pas.
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Du 7 au 18 décembre prochain,
les dirigeants du monde entier (192 pays) sont invités par l'ONU
au Sommet sur le climat à Copenhague (Danemark).
Crédit : AFP
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Les pays présents au COP 15 devront trouver un accord
pour réduire les émissions de gaz à effet de serre
en remplacement du protocole de Kyoto.
Crédit : REUTERS
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Au 25 novembre, 65 pays ont confirmé leur participation.
Crédit : AFP
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Barack Obama sera présent personnellement pour représenter les Etats-Unis.
Il a d'ores et déjà annoncé qu'il offrira une baisse de 17% des émissions de gaz à effet de serre des Etats-Unis en 2020,
puis de 30% en 2025 et de 42% en 2030 par rapport aux niveaux de 2005.
Crédit : AFP
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Le Protocole de Kyoto, ratifié par 175 pays (sauf les Etats-Unis),
est entré en vigueur en 2005 et arrive à échéance fin 2012.
Crédit : AFP
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Le premier objectif du Sommet de Copenhague est donc
de trouver un nouvel accord international pour donner suite au traité de Kyoto.
Les négociations devront permettre de définir des objectifs précis
pour réduire le réchauffement climatique pour la période 2013-2017.
Crédit : REUTERS
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Le réchauffement climatique est un phénomène d’augmentation de la température moyenne à l’échelle mondiale.
L’augmentation de la température s’est accrue depuis les années 1950
principalement en raison d’une augmentation des émissions de gaz à effet de serre.
Crédit : AFP
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Les deux plus grands émetteurs de gaz à effet de serre (GES) sont la Chine et les États-Unis
(en 2007, ils représentaient respectivement 21 % et 20 % des émissions mondiales de GES).
Si une de ces deux puissances se tenait à l’écart d’un éventuel accord à Copenhague, celui-ci serait privé de toute portée réelle.
Crédit : AFP
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Afin de lutter contre le réchauffement climatique,
le sommet de Copenhague devra mettre en œuvre des accords
visant à développer des énergies renouvelables...
Crédit : AFP
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A réduire le recours aux énergies fossiles et aux véhicules émettant trop de CO2...
Crédit : REUTERS
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A lutter contre la déforestation et/ou replanter de nouvelles forêts
car le déboisement renforce l’effet de serre...
Crédit : AFP
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A décider de l’attitude à adopter envers les entreprises grandes consommatrices d’énergie
délocalisant dans des pays en développement
(qui ne sont pas soumis aux obligations de réduction des émissions de gaz à effet de serre).
Crédit : AFP
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Selon des climatologues de l'Université de Bristol (Royaume-Uni),
les deux prochains siècles seront marqués,
en raison de l'augmentation des températures
due au réchauffement climatique global, par un risque accru d'incendies...
Crédit : AFP
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de sécheresses...
Crédit : REUTERS
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et d'inondations.
Crédit : AFP
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Suite à la fonte des glaces provoquées par une élévation des températures,
des inondations dans plus d'une centaine de grandes villes côtières pourraient causer
jusqu'à 18.000 milliards d'euros de dommages en 2050,
selon une étude du Fonds mondial pour la nature (WWF).
Crédit : AFP
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On attribue aussi au réchauffement climatique
l'augmentation globale de l'intensité des cyclones entre depuis 1970
(le nombre total de cyclones étant par ailleurs en diminution pendant la même période).
Crédit : REUTERS
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Selon Greenpeace, la Chine et l'Inde sont pour l'instant les pays ayant fait le plus d'efforts
en matière de politique climatique alors que les États-Unis finissent derniers.
Crédit : AFP
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Source photos et légendes 20minutes
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On compte sur eux !!
Miss You
11:15 Publié dans Miss Terre et bouts de blogs | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : biodiversité, pollution, développement durable, climat, copenhague





