18 février 2012

Pesticides : 800 000 professionnels vont devoir retourner à l'école

Nous vous parlions dernièrement de la condamnation de deux empoisonneurs (Monsanto et Eternit condamnés, sale temps pour les empoisonneurs). De nombreux lecteurs du blog sont intéressés par un monde plus respectueux de la nature aussi je vous recommande le site : Bioaddict.fr, très riche, dont voici un article tout à fait dans l'air du temps.

logo-bg2.pngPesticides : 800 000 professionnels vont devoir retourner à l'école, un article de Mathilde Emery.

800 000 professionnels concernés par les produits phytosanitaires, dont les agriculteurs, les distributeurs, et les conseillers, vont devoir suivre obligatoirement une formation ou une évaluation. L'objectif est de réduire le recours aux pesticides, de mieux sécuriser leur utilisation et de diminuer les risques pour la santé et l'environnement.

Beaucoup d'agriculteurs se plaignent de ne pas avoir été, et de ne toujours pas être, bien informés sur la toxicité des pesticides et le bon usage de ces produits. Cette mésinformation, qui n'est pas innocente de la part de certains industriels, a indiscutablement entrainé des utilisations abusives et inconsidérées de pesticides, qui ont ainsi mis, et continuent à mettre notre santé en péril, et la leur aussi. Monsanto vient ainsi d'être reconnu coupable de l'intoxication d'un agriculteur qui avait utilisé le Lasso, un herbicide très puissant.

Dans le cadre du Grenelle de l'Environnement, les ministères de l'Ecologie et de l'Agriculture ont donc mis en place en 2008 le plan " Ecophyto 2018 " avec pour objectif réduire progressivement l'usage des pesticides de 50% d'ici 2018. Ce plan prévoyait une formation adaptée des professionnels avec la remise d'un " certificat individuel produits phytopharmaceutiques " (dénommé Certiphyto) validant la formation (mais ce n'est pas un diplôme). Et il s'inscrit dans le cadre européen d'une utilisation des pesticides compatible avec le développement durable.

800 000 professionnels à évaluer et à former

Plus de 140 000 professionnels ont ainsi pu bénéficier de la formation entre 2009 et 2010. Mais c'est très insuffisant.

Le dispositif Certiphyto a donc été généralisé début janvier 2012 auprès de tous les professionnels qui ont un lien avec les produits phytopharmaceutiques. Et c'est donc 800 000 personnes qui vont devoir se former rapidement : les distributeurs, les conseillers et les utilisateurs professionnels. Ces derniers représentent la catégorie la plus nombreuse notamment composée des agriculteurs qu'ils soient exploitants agricoles ou salariés, sans oublier ceux qui sont dans les dispositifs d'entraide et les professionnels qui travaillent en CUMA ( Coopératives d'Utilisation de Matériel Agricole). Sont concernés aussi les professionnels des entreprises des territoires qui font des travaux agricoles ou forestiers, les entreprises d'application professionnelle, les entreprises du paysage et aussi les entreprises qu'on appelle " les grands comptes " et qui ont un lien avec les pesticides, la SNCF par exemple qui assure l'entretien des voies. Et enfin, les personnes qui travaillent dans les collectivités territoriales devront également être formées. La formation porte sur la réglementation des produits phytopharmaceutiques, la préservation de la santé et de l'environnement et les techniques alternatives.

" Le certificat individuel, va donc devenir obligatoire à court terme pour utiliser à titre professionnel les produits phytopharmaceutiques, les vendre ou conseiller leur utilisation. Et ce certificat, qui concourt à l'agrément des entreprises, sera également obligatoire pour acheter les produits phytopharmaceutiques à usage professionnel" indiquent les ministères de l'Ecologie et de l'Agriculture.

Bien entendu un délai est accordé pour acquérir la formation. Ainsi les personnes en activité dans les entreprises soumises à agrément pour les activités d'application en prestation de service, de distribution ou de conseil à l'utilisation de produits phytopharmaceutiques, auront jusqu'au 1er octobre 2013 pour obtenir le certificat.
Pour les professionnels des secteurs dont les entreprises ne sont pas soumises à agrément la date limite a été fixée au 1er octobre 2014.

Comment obtenir le certificat ?

Plusieurs voies d'accès au certificat ont été retenues afin de répondre à la diversité des professionnels :

La première est celle de la formation d'une durée de deux à quatre jours, sur quatre thèmes : la réglementation, la santé, la protection de l'environnement et les techniques alternatives.

Une deuxième voie est réservée aux personnes qui ont déjà des connaissances avérées en la matière, qui ont suivi des stages, par exemple, ou qui, dans le cadre de leur activité professionnelle, on suivi l'actualité en matière de réglementation, en matière de travaux de recherche, en matière d'évolution de technologie. Pour obtenir le certificat un test suffira. Il portera sur les 4 mêmes thèmes que la formation.

Enfin, bien entendu, les personnes qui ont obtenu des titres ou diplômes depuis moins de 5 ans seront exemptées.

Où s'adresser ?

En pratique la demande de certificat doit être effectuée par téléprocédure en se connectant sur le site www.mon.service-public.fr et en suivant les instructions.
La formation est assurée par les 300 organismes habilités par les DRAAF et accessibles sur les sites des différentes DRAAF ou DAAF.
C'est la DRAAF ou la DAAF qui instruit le dossier. Le directeur de la DRAAF ou de la DAAF délivre le certificat qui est ensuite édité et expédié au bénéficiaire par FranceAgriMer, un établissement public du ministère de l'Agriculture.
Enfin la durée de validité du certificat est de seulement 5 ans, mais elle est portée à 10 ans pour les personnes qui travaillent en exploitation agricole
Nul doute que ces actions de formation et de sensibilisation vont ouvrir les yeux de beaucoup de ceux qui doutaient de la toxicité des pesticides, ou qui ne voulaient pas savoir.

Mathilde Emery


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anti

21 janvier 2012

Kokopelli en marche pour la Victoire !

1778474754.jpgKokopelli ? Vous vous souvenez ? Non ? Alors relisez cet article, Kokopelli, un Joueur de Flûte Enchantée dans le Rêve de Gaïa.

Hier, j'ai reçu un mail de notre voisin d'Alès, qui m'a fait chaud au coeur ! Lisez plutôt :

Procès devant la Cour de Justice de l'Union Européenne:
Kokopelli en marche pour la Victoire !


Communiqué de Kokopelli du 19 janvier 2012


L’avocat général chargé du dossier Kokopelli devant la Cour de Justice de l’Union Européenne a donné aujourd’hui lecture publique de ses conclusions. Nous avons la joie d’annoncer qu’elles nous donnent entièrement raison !

En effet, le magistrat conclut à l’invalidité de l’interdiction de commercialiser des semences d’une variété non inscrite au catalogue officiel, et ce aux motifs que cette interdiction, portée par la législation Européenne aussi bien que par la réglementation Française, viole le principe de proportionnalité, la liberté d’entreprise, la libre circulation des marchandises, ainsi que le principe de non discrimination. La quasi-totalité de nos arguments ont été retenus !

De plus, l’avocat général n’a pas manqué d’affirmer, au contraire de ce qui était avancé par nos nombreux adversaires (Commission Européenne, Conseil de l’Union Européenne, République Française, Royaume d’Espagne et société Graines Baumaux), que, d’une part, les règles relatives à l’admission des semences au Catalogue Officiel n’ont « aucun rapport avec la santé des plantes », d’autre part, que « il appartient aux agriculteurs de décider des variétés qu’ils cultivent », enfin que cette législation limite excessivement le choix des consommateurs qui n’ont « ni accès aux denrées alimentaires ou autres produits issus de variétés qui ne satisfont pas aux critères d’admission, ni la possibilité de cultiver eux-mêmes ces variétés, par exemple dans leur propre jardin ».

De même, l’avocat général rappelle à juste titre que « le fait que les agriculteurs soient cantonnés à des variétés admises réduit enfin la diversité génétique dans les champs Européens ».

Il en conclut logiquement que « les inconvénients de l’interdiction de commercialiser des semences de variétés non admises l’emportent manifestement sur ses avantages. »

Nous sommes extrêmement satisfaits de ces conclusions et nous avons maintenant l’immense espoir que la Cour suive l’avis de son avocat général et vienne enfin mettre un terme au totalitarisme pluri-décennal de la législation sur le commerce des semences.

Pour plus d’information, voir sur le site de la Cour de Justice de l'Union Européenne (conclusions de l'avocat général disponibles dans plusieurs langues).

Blanche MAGARINOS-REY

Avocate de l’Association Kokopelli.



anti, ravie !

14 octobre 2011

Idéol, des éoliennes flottantes

ideol.jpgIdeol, une start-up française située à La Ciotat, a conçu un système pour faire flotter les éoliennes offshore plutôt que de devoir les faire reposer sur le fond marin.

La France a lancé en juin un appel d’offres pour l’installation de 600 éoliennes au large des côtes bretonne et normande. Ces éoliennes sont pour le moment toutes des modèles qui se fixent sur le fond de l'océan.

«Nous sommes partis du constat que cette conception a des limites, explique Paul de la Guérivière, président d’Ideol. Ce type d’éolienne repose sur le fond marin, il est donc difficile de s’éloigner des côtes, ce qui peut être négatif d’un point de vue esthétique ou source de problèmes avec les pêcheurs par exemple.»

La société a développé et breveté un flotteur pouvant porter n’importe quel type de turbine, qui pourra être ainsi tractée au large sans contrainte de profondeur. Les avantages sont multiples. En plus de ceux énumérés ci-dessus, les vents sont bien plus forts loin des côtes et avec le système de flotteurs, rien n'empêche une installation même très éloignée pour profiter de zones idéales, la profondeur du fond n'étant plus un problème.

Ideol1.jpgLa base flottante peut, de plus, se déplacer par rapport à son point d'ancrage avec une amplitude d'une centaine de mètres, ce qui permet d'optimiser la prise au vent. En effet, lorsque les éoliennes sont alignées dans l'axe du vent, seules celles qui sont à l'avant sont efficaces, celles de derrière se retrouvant dans un flux affaibli et perturbé. Celles d'Idéol, grâce à un logiciel spécialisé, se décalent automatiquement pour assurer dans toutes les conditions une prise au vent maximale.

Le premier prototype doit être installés en mer dès 2013, avec en projet une ferme pilote mise en service vers 2015. Les enjeux sont énormes : une éolienne en mer peut fournir de l’électricité à 1.000 foyers par an. A l'heure actuelle, 1% de la production d’énergie en France provient du vent mais cette part doit grimper à 23% d'ici 2020 selon les objectifs fixés par le Grenelle de l’Environnement.

Ici, une petite vidéo sur le site d'Idéol qui montre l'essentiel des avantages de l'éolienne flottante : Les éoliennes flottantes d'Idéol

21 septembre 2011

La croissance n'est pas la solution : elle est le problème

En cette période pré-électorale et de crise de surcroît, voici un texte de Pierre Rabhi qu'il fait bon de lire et de relire.

Rabbi.JPGLa croissance n'est pas la solution : elle est le problème

Une texte de Pierre Rabhi

POUR UNE INSURRECTION DES CONSCIENCES

La croissance est devenue une idole devant laquelle économistes, médias et politiques se prosternent. C'est pourtant une croyance irréaliste et dangereuse. Une croissance matérielle infinie sur une planète aux ressources
limitées est bien sûr impossible. Le culte de la croissance économique est à la base de la plupart des maux dont nous souffrons. En fait, la croissance n'est pas le remède, elle est le problème. Ce principe produit un système qui fait de chaque nation une entreprise compétitive en guerre économique contre les autres nations et de chaque individu un ennemi de son voisin. Cette guerre, aux conséquences humaines et écologiques catastrophiques, touche d'abord les plus faibles, chez nous en France, par la précarité puis par l'exclusion. Elle augmente l'injustice dans les pays riches et encore bien davantage dans les pays pauvres au sud de la planète. 20% de la population de la planète, les pays riches, dont la France, consomment 80 % des ressources naturelles de la Terre.

Les changements climatiques, liés aux activités humaines, sont maintenant scientifiquement démontrés. La capacité de notre Terre d'absorber la pollution atteint sa dernière limite.

D'autres façons de penser et de pratiquer les échanges et l'économie existent, et sont mises en pratique avec succès dans de nombreuses contrées du globe.

L'argent produisant de l'argent, la spéculation monétaire, est une illusion aussi dangereuse qu'une bombe à retardement. Les vraies richesses ne sont pas virtuelles. Elles sont tangibles et résultent également de la créativité humaine.

En France, comme dans tous les pays riches, nous devons apprendre à consommer mieux pour consommer moins.

Le temps de la décroissance soutenable est venu


Pyramide des populations (en fonction de leur mode de déplacement) Énergies dépensées

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Se libérer de la société de surconsommation

La publicité envahit chaque jour d'avantage l'espace public, nos domaines privés, jusqu'à notre imaginaire. Elle tente de nous imposer l'idée que le bonheur se trouverait dans une consommation sans limite. Mais alors quel sens pour l'existence ? Comment s'accomplir comme être humain quand nos vies sont réduites à une acquisition effrénée d'objets et de services ? L'explosion des banlieues et la montée de la violence, la surconsommation de médicaments antidépresseurs, le mal vivre de nombre d'habitants des pays riches, tous ces phénomènes trouvent une large part de leur origine dans ces messages qui propagent une fausse idée de la vie. Rompre avec cette idéologie est une étape indispensable pour nous diriger vers une société plus humaine. Privilégier un esprit critique et constructif, vivre sobrement, en favorisant une vraie convivialité dégagée de l'accumulation des marchandises, conditionnent notre capacité à vivre de façon véritablement désirable et responsable sur notre planète.

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Le modèle dominant
Concentration et spéculation. Épuisement et dissipation des ressources.Destruction de la biosphère et de l'humain.
Le temps, c'est de l'argent. La Terre nous appartient.


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La logique du vivant
Renouvellement, pérennité, échange, dynamique entre les espèces vivantes. Le temps, c'est de la vie.
Nous appartenons à la Terre.


Produire et consommer localement

Nous assistons à une confiscation graduelle et sournoise de la capacité des peuples à se nourrir eux-mêmes. Ce constat est la cause d'injustices et de violences génératrices d'une insécurité planétaire. Les biens communs de l'humanité comme la terre, l'eau, les semences sont accaparés au profit de quelques puissances financières. Ils sont, soit soumis à l'abandon, à l'érosion et à la pollution, soit dissipés comme les semences, au profit de firmes multinationales qui leur substituent des productions incertaines et dangereuses comme les Organismes Génétiquement Modifiés.

L'alimentation est aujourd'hui l'objet de transports incessants et inutiles rendant des populations entières dépendantes des seules lois du marché. Elle parcourt des milliers de kilomètres avant d'être consommée. Cette pratique absurde engendre ainsi de multiples pollutions, alors que la nourriture pourrait être produite sur place, et sur des structures à échelle humaine par des paysans qui ne demandent qu'à le faire dans des conditions viables.

L'agriculture non productiviste doit être respectueuse des équilibres de la terre, de la nature et des consommateurs à qui elle fournit des denrées de haute qualité.

Cultiver son jardin, développer des potagers communautaires, favoriser les échanges ville-campagne, les associations « producteurs/consommateurs » sur des bases humaines et économiques saines, sont des actes politiques de résistance pacifique.

Produire et consommer localement devrait être le grand mot d'ordre planétaire

Cela signifie pour la France comme pour tous les pays du monde une nouvelle politique de ménagement des territoires et de l'urbanisation.
Santé de la terre, qualité de l'alimentation et santé humaine sont indissociables

Cela ne veut pas dire pour autant, et bien au contraire, renoncer aux échanges solidaires entre les régions et les peuples, seuls en mesure de répartir les biens de la terre et de stimuler la créativité humaine pour le bien-être du plus grand nombre.

Désormais, autonomie et solidarité doivent se conjuguer en tous lieux et en toutes choses

Le progrès en question

Il serait absurde de nier la réalité du progrès dans de nombreux domaines de la connaissance et dans leurs applications concrètes, mais il est tout aussi déraisonnable de transformer le progrès en idole. Toute évolution technique n'est pas forcément un progrès humain et le nouveau n'est pas une valeur en soi. Plus n'égale pas mieux.

Les nouvelles armes chimiques ou bactériologiques, la bombe à neutron etc., sont-elles un progrès ? Devons-nous être fiers que la France soit dans le peloton de tête des exportateurs d'armes et de centrales nucléaires ? Pouvons-nous nous enorgueillir de répandre sur toute la planète nos hypermarchés ? Une société réellement démocratique doit garder le choix et la maîtrise de sa science et de sa technique. Ce n'est ni aux scientifiques, ni aux firmes, de décider de notre avenir. L'automobile, la grande distribution ou l'agriculture productiviste, considérées comme des progrès en soi, ont provoqué plus de problèmes réels, dont on commence à mesurer l'ampleur aujourd'hui, que de libérations attendues. Il est reconnu que la réparation des dégâts produits par ces types de progrès coûtera bien plus cher que les bénéfices que nous en avons tirés.

Respecter la vie sous toutes ses formes
Base d'une autre éducation et d'une autre culture


Nous savons que la culture de certains peuples montre les signes d'une gratitude à l'égard des ressources vivantes que leur offre la nature. Nous sommes bien loin de cette attitude. Les exactions et les souffrances que l'être humain inflige aux créatures qui accompagnent son destin ne sont plus tolérables. Il n'est plus possible de voir la condition animale située soit dans l'excès d'adulation soit dans la cruauté la plus injustifiable. La logique du vivant que nous préconisons nous fait obligation de considérer toute créature vivante comme représentative d'un ordre à respecter pour lui-même, mais aussi dans notre propre intérêt bien compris. Toutes les injustices et exclusions inadmissibles que subissent nos semblables ne doivent pas nous faire oublier celles que nous infligeons à d'autres espèces que la nôtre. La vie sur terre est un tout qu'il faut protéger, soigner et aimer.

L'enthousiasme d'apprendre

Il ne peut y avoir de changement d'orientation de la société sans changement de l'éducation.

Comme en économie, il nous faut renoncer à la compétitivité en éducation pour instaurer la complémentarité, la réciprocité, la solidarité entre les enfants. La peur d'échouer doit faire place à l'enthousiasme d'apprendre. Cette option n'est pas seulement morale, elle est profondément réaliste.

Le rapport à la nature doit être enseigné à tous les âges. Il est indispensable, car il permet de comprendre la complexité, la fragilité et la cohérence des fondements de la vie.

Mais il serait tout aussi insensé de se défausser de nos responsabilités sur les nouvelles générations. La meilleure éducation que nous pouvons donner à nos enfants est l'exemplarité de notre capacité à remettre en cause nos choix de vie. Elle est aussi l'affirmation de notre volonté à faire évoluer notre société.

Le désir de se comprendre et de partager

Comme la biodiversité, la culture est le bien commun des habitants de la planète. La diversité des cultures et des peuples est le gage inaliénable de tout désir d'humanisation. Cette diversité nous permet de nous émerveiller devant la différence des réponses à des questions identiques. Notre capacité à cultiver notre singularité culturelle est la promesse d'avoir l'aptitude à émouvoir et enrichir ceux que nous accueillons, comme elle est la faculté d'être émus et enrichis par ceux que nous recevons.

Le pouvoir est entre nos mains

La démocratie représentative, celle qui limite le rôle des citoyens aux périodes électorales, est une démocratie inachevée. Nous avons des institutions favorables à l'épanouissement de la démocratie, mais nécessitant une citoyenneté plus active et participative pour la faire évoluer.

Depuis quelques années, les femmes et les hommes politiques reconnaissent eux-mêmes la faiblesse de leur marge de manoeuvre face aux intérêts des lobbies économiques et aux pressions des corporatismes. Cet aveu nous renvoie à la réalité de notre responsabilité et de notre pouvoir : c'est avant tout en nous changeant nous-mêmes et en choisissant des projets de vie en accord avec notre conscience que nous pouvons changer la société. L'engagement politique de Pierre Rabhi n'est pas un appel à une illusoire prise du pouvoir formel. La réalité du pouvoir de transformation du monde appartient à chacune et chacun d'entre nous, dans nos actes quotidiens et dans nos choix qui les commandent.

Le féminin au cœur du changement

Dans sa globalité, la société est dominée par un modèle masculin outrancier. Sur la scène du monde, les femmes sont les victimes, plus que les actrices, des violences et des tragédies qui s'y déroulent. Elles sont plus enclines à protéger la vie plutôt qu'à la détruire. Le courage dont elles font preuve dans les circonstances les plus difficiles témoigne d'une énergie et d'une obstination qui les font aller à l'essentiel pour répondre aux exigences de survie. Plus que jamais, il nous faut entendre le féminin, les femmes, mais aussi la part féminine qui existe en chaque être humain. Cela va bien au-delà de la simple parité. Le destin collectif de notre pays comme de l'humanité est désormais lié à l'équilibre des influences entre le masculin et le féminin.

Remettre les pieds sur Terre

Notre civilisation tourne actuellement à l'envers. De plus en plus déconnectée de la réalité physique et sensible de la planète, fascinée par les promesses d'un univers virtuel, aveugle face à la guerre qu'elle mène contre la nature et donc à elle même, elle ne parvient plus à se fixer d'autre but que la gestion dans l'urgence du quotidien. Apporter des solutions superficielles à un problème beaucoup plus profond présenterait tous les risques d'amplifier nos difficultés. Notre système n'est pas réformable comme tel. Nous devons donc inverser radicalement sa logique. Partir de la réalité concrète et de l'état présent de notre petit vaisseau spatial, la planète, pour imaginer ensemble les conditions réelles d'un avenir désirable pour tous. Avenir à bâtir sur un projet de réconciliation de l'être humain avec lui-même, les autres et la nature.

Tel est le devoir d'espérance et de responsabilité auquel nous convie l'engagement politique de Pierre Rabhi. C'est la ligne d'horizon la plus réaliste qui soit parce qu'elle est la plus poétique et la plus politique qui puisse être !

Une texte de Pierre Rabhi, source SOS Planete.



anti

11 juin 2011

Biomimétisme, quand la nature inspire des innovations durables

L'être humain tel qu'il existe aujourd'hui est apparu il y a environ 100 000 ans. Ensuite, comme toutes les espèces vivantes, il s'est petit à petit adapté à son environnement. Puis il a voulu adapter l'environnement à ses besoins. Et depuis un peu plus d'une centaine d'années - c'est à dire un millième à peine de la durée totale qu'il a passé sur Terre - il a tellement accéléré les choses que ses activités ont déréglé le climat planétaire, empoisonné les sols destinés à sa nourriture, éradiqué directement ou indirectement des dizaines de milliers d'autres espèces, perturbé l'air que toutes les formes de vie respirent avec des substances artificielles toxiques et pillé jusqu'à l'épuisement tout ce qui pouvait l'être.

Leaf_1_web.jpgLes premiers écologistes n'ont réalisé l'étendue de ce désastre généralisé qu'il y a une cinquantaine d'années, ainsi que son issue inévitable - l'extinction prématurée de notre espèce dans un avenir effroyablement proche. Et ce n'est que depuis guère plus de dix ans que cette prise de conscience a gagné une population suffisamment large pour que l'espoir de redresser la barre à temps ne devienne une possibilité sérieuse, même si elle est encore fragile.

Il y a quelques jours, j'ai entendu une chronique sur France-Info parlant d'un livre publié en 1997 par Janice Benyus, une scientifique américaine. Ce livre vient enfin d'être publié en France sous le titre "Le biomimétisme, innovation inspirée par la Nature". Il s'agit d'une nouvelle façon de voir la valeur de la Nature.

Anti a déjà consacré un article détaillé à ce sujet il y a quelques mois sur le blog.

L'idée est à la fois simple et lumineuse : dans la Nature tant qu'elle n'est pas perturbée par l'homme, la vie est auto-suffisante.

Il n'y a aucun gaspillage, tout est recyclé, aucune source d'énergie polluante n'est nécessaire ni aucune intervention sur les sols pour qu'ils produisent toute la nourriture nécessaire aux espèces qui en vivent. Cette mécanique parfaite est le résultat de 4 milliards d'années d'évolution, c'est à dire une durée 40 000 fois plus longue que tout le temps que l'Homme a passé sur Terre. La question est : ne peut-on pas s'inspirer de la Nature pour adapter à nos besoins toutes les innovations technologiques incroyablement efficaces qu'elle propose et ainsi vivre en harmonie avec elle plutôt que de continuer nos bricolages plus destructeurs les uns que les autres ?

« Lorsque nous plongeons aussi profondément notre regard dans celui de la Nature, nous nous rendons compte que toutes nos inventions existent déjà (...) sous une forme plus élégante et à bien moindre coût pour la planète. En architecture, nos poutres et nos étais les plus sophistiqués sont déjà présents dans les feuilles de nénuphar et les pousses de bambou. Les termitières, avec leur température constante de 30 °C, surpassent notre chauffage central et notre climatisation. »

D'après Janice Benyus, les leçons que nous donne la Nature sont les suivantes :

- Elle utilise une source d'énergie principale : l'énergie solaire.
- Elle n'utilise que la quantité d'énergie dont elle a besoin.
- Elle adapte la forme à la fonction.
- Elle recycle tout.
- Elle parie sur la biodiversité.
- Elle travaille à partir des expertises locales.
- Elle limite les excès de l'intérieur.
- Elle utilise les contraintes comme source de créativité.

A partir de ces observations, des chercheurs se sont mis à travailler sur des panneaux solaires qui, au lieu d'être comme ceux que nous connaissons aujourd'hui et qui ont un rendement limité, s'inspirent de ce que les plantes font de façon naturelle avec une efficacité mille fois meilleure. Leur but est de mettre au point des systèmes de production d'hydrogène ou d'électricité imitant le processus de photosynthèse.

D'autres travaillent sur un filtre à eau ultra-pure constitué de membranes et de portes protéiques imitant les systèmes à l'œuvre dans la nature.

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Le velcro a été créé sur le modèle du fruit de la bardane. En créant des pantographes en formes d'ailes reproduisant la structure de celles du hibou, le bruit du Shinkansen (le TGV japonais, très bruyant) a été fortement diminué. La combinaison de natation Fastskin s'inspire de l’épiderme du requin mako.

Des habitations climatisées de façon naturelle sans aucune source d'énergie artificielle ont été construites en s'inspirant des termitières.

Des chercheurs du CNRS ont récemment mis au point des micro-nageurs artificiels mimant les spermatozoïdes, dans le but de leur faire un jour transporter de très petites quantités de médicaments à travers les vaisseaux sanguins, ce qui réduira considérablement leur toxicité potentielle.

LotusEffekt1.jpgDes parois de cabines de douche, des fenêtres auto-nettoyantes et des revêtements d'avion ont été conçus en mimant la structure des feuilles de lotus qui permet d'évacuer l'eau sans effort (le lotus et d'autres plantes, en fait, rassemblent toute l'eau qu'elles reçoivent en son centre).

De même, un récupérateur d'eau hautement performant a été construit en reproduisant les caractéristiques de la carapace des scarabées.

Et on en est seulement au début. Des milliers d'autres innovations sont là, sous nos yeux, et ne demandent qu'à être recopiées.

Une prairie naturelle ne nécessite aucun engrais, aucun pesticide et pourtant elle se renouvelle indéfiniment année après année sans jamais s'épuiser, grâce à la diversité des plantes qui la composent, des insectes qui la parcourent ou l'ensemencent, des oiseaux qui la traversent pour maintenir le nombre d'insectes à un niveau raisonnable et des mammifères qui la fertilisent après s'en être nourris. N'est-ce pas là une source d'inspiration merveilleusement prometteuse ?

Très belle journée à vous

Certains éléments de cette note proviennent de l'article Biomimétisme de Wikipedia
Illustrations : Wikipedia

Sur le blog : Le biomimétisme : quand l'industrie s'inspire de la nature pour mieux la respecter

Biomimétisme - Quand la nature inspire des innovations durables, de Janine M. Benyus, Éditions Rue de l'échiquier
ISBN : 978-2-917770-23-8, 400 p., 23 €

18 décembre 2010

Vous êtes porteur de sens



Je vous parlais ce matin du prix humain du jean délavé que l'on trouve dans nos magasins dans mon commentaire sur la note "indécence". Pour ne pas rester sur ce sentiment de tristesse, je suis heureuse de saluer des initiatives complètement à l'opposé de ces manières de procéder, de très belles initiatives comme celle d'Ecoloco.

La semaine dernière, chez Satoriz, nous avons fait la connaissance d'un jeune créateur fort sympathique qui fait des sérigraphies artisanales. Il crée et imprime sur des vêtements dont la plupart sont bio équitables et certains seulement équitables avec un coton issu de champs en conversion vers le bio, le tout avec des encres sans phtalates ni métaux lourds.

En 2003, il était recruteur pour Greenpeace. Là, il a pris conscience du désastre écologique et social du coton traditionnel. Suite à la revente de marques bio équitables, il a crée Ecoloco grâce à un prêt de la NEF. Les salons bios militants sont ses réseaux de ventes. Marjolaine Paris, Ecobio alsace et les boutiques équitables.

Les produits son beaux, de grande qualité, ils tiennent bien chaud, ils sont bios, les travailleurs respectés et, contrairement aux idées reçues : les produits ne sont pas chers à qualité égale. Par exemple : les T-Shirts en photo en haut de la note : de 14 € à 21 €.

Évidemment, on a flashé et craqué ;-) On est reparti avec 4 articles.

Oui, mais, il doit faire des frais de port de folie pour se rattraper ?

Même pas...

ecoloco frais de port.jpg


Ben pourquoi on en parle pas alors ?

On en parle ici et ailleurs ;-)

ecoloco elle.jpg


C'est dingue non ? On peut donc faire de belles choses, dans le respect de tous jusqu'aux consommateur final ? Eh ouais ;-)

Grâce à lui, nous avons aussi découvert Idéo.



Là, impossible pour moi de faire un résumé : tout est à lire sur leur site, sans parler de voir leurs trombines toutes trop sympathiques !

Bon, allez, je vous copie/colle quand même ceci :

Notre philosophie

Urbains ou néo-ruraux, fétichistes de la garde-robe ou adepte du juste achat, designer, infirmière, professeur, en couple ou pas, Ideo est un éco-mélange de personnalités venues de tous horizons.

Une inspiration à la rencontre de l’urbain et du végétal, des coupes étudiées avec juste ce qu’il faut de détails, une touche d’humour et une envie de sentir beau tout en préservant l’environnement. C’est la delicious Green Fashion selon Ideo.

Nos engagements

Ideo utilise toujours les matières les plus écologiques possibles et cherche à offrir les meilleures conditions de travail aux femmes et aux hommes qui fabriquent la gamme.

La fabrication des modèles se fait dans le respect le plus pur des Hommes et de l’Environnement :

* Respect des Hommes : travail avec de petits producteurs selon les règles du commerce équitable : respect des conditions de travail, salaire juste, engagement sur des projets sociaux...

* Respect de l’environnement : utilisation de matières écologiques (coton bio, laine d’Alpaga, lin, fibres recyclées) et de procédés de fabrication respectant au maximum l’environnement (teinture sans métaux lourds, retraitement des eaux...).

IDEO s'efforce continuellement de faire évoluer ses engagements : recherche et développement en textile bio, réduction de l'impact environnemental de la production (emballage, transport...), choix de partenaire éthique ou écologique (société d'insertion...).

Porter Ideo, c'est être soi-même tout en étant beau et naturel.

Pour découvrir plus avant notre charte et nos engagements, visitez notre site www.ideocollection.com et la rubrique "engagements".

Alors, habits d'enfants, de bébés, d'hommes, de femmes, d'ados, envie de sacs, etc. on n'hésite pas !!!

Plick ! Ecoloco.fr

Plick ! Ideo.com


anti, c'est mieux avec les sens ;-)

02 décembre 2010

Globalmag, Arte. Le fond de l'air est vert !



Une découverte pour moi, celle de cette émission d'Arte : Global Mag. Du lundi au jeudi, Émilie Aubry tient la chronique planétaire de l’environnement.

Dynamisme, interactivité, proximité : Global mag, le magazine malin qui prend le pouls de la planète et fait de la défense de l’environnement l’affaire de tous, adopte un rythme quotidien. Du lundi au jeudi à 13h30, Émilie Aubry nous emmène à l’autre bout du monde ou au coin de la rue pour ausculter les maux du Village global et, surtout, pour imaginer ensemble comment nous pouvons y remédier.

Au programme : des reportages au bout du monde et des rubriques insolites, de l'insolence et de l'esprit pratique. Global fait vivre au quotidien la devise « penser global, agir local ».


Un programme alléchant réalisé grâce à la collaboration d'une communauté toujours plus nombreuse d’Eco’respondants qui participe à la rédaction de ce site. Professionnels engagés, bloggeurs militants ou simples curieux du web et de la planète, ils apportent leur vision du monde et leurs témoignages.

Qui sont-ils vraiment ?

hl
Hélène Seingier

« Journaliste successivement chez RFO, Ripostes, Phosphore et l’AFP, j’ai rejoint l’équipe de Global en 2009 pour étoffer la dimension web du magazine. En parallèle, j’ai passé une année de volontariat en Inde, écrit un livre sur l’insertion par le travail, co-écrit un documentaire sur le conflit en République Démocratique du Congo, donné des coups de pouce au commerce équitable et à l’entrepreunariat social… Autant d’expériences qui ont développé mon intérêt pour la planète et ses bientôt 7 milliards de locataires. »



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Alban Fischer


« Journaliste, blogueur, cofondateur des sites Blogtrotters, blog de reportage participatif à travers le monde et d’Ecotidien, blog sur les nouvelles tendances de consommation, tous deux diffusés par Yahoo ! C’est grâce à ces aventures numériques (Tchad, Tuvalu, Kirghizistan…) que j’ai pris conscience des répercussions globales de nos comportements locaux. En 2008 j’ai posé mes valises chez Global mag, où je suis, entre autres, chargé des prolongements online de l’émission. »



Anne
Anne-Sophie Novel


« Docteur en économie politique, passionnée par les médias et bloggeuse, j’ai fondé en 2007 le projet EcoloInfo.com. Je cherche sans cesse à promouvoir l’information de l’écologie et du développement durable auprès du plus grand nombre. Auteur d’un livre sur les locavores récemment paru aux éditions Eyrolles, et qui a son prolongement sur le web, je travaille également à temps partiel pour la maison Deyrolle. »
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Salome
Salomé Kiner

« Parisienne mais pas figée, j’abandonne volontiers mon scooter pour aller voir ailleurs. De l’Asie à l’Islande, de la Carélie aux Balkans en passant par les Amériques, j’ai deux amours : les livres et les horizons. Aussi, léger, fidèle et polyglotte, le Web est mon outil préféré. »

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Aurélien-Francisco-Barros-petit.jpgAurélien Francisco Barros

« Je suis un amoureux de l’image : je tourne l’émission de cinéma « Lumière et caméra » sur TV5 Monde, produis et réalise des programmes audiovisuels et dévore tous les films qui me tombent sous la main. Mais à cette passion se mêle celle de l’environnement : j’ai consacré un documentaire au rapport entre homme et nature dans le Nordeste du Brésil, « Base zéro », et suis associé dans une société de production audiovisuelle tournée vers le développement durable. »

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Mickael Poillion

« 32 ans, deux petits garçons, je suis habitant du Nord-Pas-de-Calais et paysan dans la région naturelle du Ternois. Je travaille en famille sur une exploitation type « polyculture-élevage » et suis très préoccupé de l’impact de mon activité sur mon territoire et ses ressources naturelles. Nous sommes en réflexion permanente pour minimiser cet impact en conservant une activité rémunératrice et ancrée dans son territoire. Je partage ces réflexions sur le net depuis octobre 2009 par l’intermédiaire d’un blog : « Tu seras paysan mon fils ». »

Sa collaboration au site de Global : L'écologie, un passeport pour la liberté.



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Frédérique Chartrand


« Folle de cuisine bio et maman écolo épanouie, j’ai fait de ma passion, l’écologie, mon métier. Je suis la fondatrice du site Internet LeCoinBio.com, un Web magazine sur le mode de vie bio et une boutique en ligne généraliste de produits biologiques et écologiques. »


Retrouvez ici sa collaboration au site de Global : « Maman, écolo et féministe ? Oui, c’est possible ! »



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Romain Talva


« Ingénieur chimiste de l’environnement de formation, je suis gérant de l’entreprise Ökoté, qui se veut un catalyseur d’idées vertes. Je suis donc coach écolo depuis juin 2009. J’ai aussi fondé un concept shop écolo à Orléans, où les curieux peuvent trouver tous les accessoires du quotidien en version écolo (cosmétiques, économiseurs d’eau, jouets en bois, déco écolo…) . Tout ça pour quoi ? Pour aider les autres à trouver leur propre style de vie en intégrant des pratiques éco-responsables. »

Sa collaboration au site de Global : « Le conseil en écologie serait-il un poisson d’avril ? »



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Thomas Bout


« Je suis un éditeur presque senior (40 ans) dans une maison d’édition plus que junior (1 an) : les éditions de la Rue de l’échiquier. Le Web, je suis tombé dedans alors que j’étais coopérant dans le pays de Nokia, en Finlande, au tout début des années 1990. Quant à la planète… “elle tourne monsieur, elle tourne…” et je vis dessus. »

Sa collaboration au site de Global : « Des éditeurs écolo-compatibles ? »



Anne Saurat-Dubois petit
Anne Saurat-Dubois


« Journaliste passionnée d’économie, j’ai travaillé à de nombreuses reprises aux Echos. Je viens de rentrer dans le métier. J’ai lancé dans mon école, le CUEJ, le premier média en ligne pour une école de journalisme : www.adej.fr. Passionnée d’équitation, de voyages, de politique, et passionnée tout court, j’ai été très marquée par mes voyages humanitaires. »

Sa collaboration au site de Global : « Solutions locales pour un désordre global : la claque »



Maxime Vautier
Maxime Vautier


« Je devais être Breton, têtu et fier. Sauf que deux semaines après ma naissance, ma mère nous installait en plein coeur de Paris ! Je veux devenir footballeur, mais ce doux rêve me place dès 16 ans devant mon premier échec. Qu’à cela ne tienne, je décide de devenir journaliste sportif. J’intègre une école de journalisme et deviens de plus en plus soucieux de l’état de notre planète. C’est donc chez Global Mag que j’atterris pour apprendre mon métier. Et tenter de sensibiliser aux problèmes écologiques. Un brin plus utile qu’une interview de footballeur… »

Sa collaboration au site de Global : « L’accès aux toilettes, un luxe pour 1/3 de la planète »



Alexis Danan
Alexis Danan


« Agé de 21 ans et étudiant à Sciences Po Paris, je suis un mordu du net. Face aux portes intimidantes du marché du travail, Internet me donne l’occasion de mieux m’y positionner et de déconstruire mes craintes les plus tenaces. Vaste espace de connaissances et de réflexion, le web est aussi une fenêtre béante sur tout ce qui est « hors de mes limites physiques naturelles». En toute humilité, je milite pour la généralisation d’une utilisation « éclairée » et intelligente de cette interface unique entre les mondes qui fabriquent le nôtre ! »

Sa collaboration au site de Global : « Oui, James Cameron est écolo !« 



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29 novembre 2010

Les villes en transition

TTTlargelogo_02.jpgAlors que de nouvelles négociations climat s’ouvrent à Cancun (Mexique) et que peu en attendent quoi que ce soit de concret, France-Info a consacré aujourd'hui un reportage à ceux qui, loin des sommets internationaux, n’ont pas renoncé aux enjeux du changement climatique et de la raréfaction inéluctable du pétrole.

C’est le cas des villes en transition, c'est à dire les villes de l'après-pétrole. Elles sont près de 400 dans le monde aujourd’hui. L’initiative est partie de Totnes (Royaume-Uni).

Je reproduis ci-dessous de larges extraits de l'article de Wikipedia consacré à ce sujet extrêmement riche.

Qu'est-ce qu'une ville en transition ?

Une ville en transition est une ville dans laquelle se déroule un processus impliquant la communauté et visant à assurer la résilience (capacité à encaisser les crises économiques et/ou écologiques) de la ville face au double défi que représentent le pic pétrolier et le dérèglement climatique.

Ce processus a été développé en 2005 par les étudiants du cours de soutenabilité appliquée de l'université de Kinsale (Irlande) sous la direction de Rob Hopkins, formateur et enseignant en permaculture. La première mise en application a été initiée en 2006 dans la ville de Totnes au Royaume Uni. Depuis, le mouvement est devenu international et compte plusieurs centaines d'initiatives officielles.

Une vision optimiste et communautaire de l'avenir

L'originalité du mouvement des initiatives de transition sur les mouvements écologistes ou sociaux existants tient en plusieurs points.

Tout d'abord, la vision de l'avenir est résolument optimiste. Les crises sont vues comme des occasions de changer radicalement la société actuelle.

La deuxième originalité est que le mouvement concerne la communauté dans son ensemble car c'est cette dernière qui doit porter le changement. L'action ne doit pas exclusivement venir des gestes individuels quotidiens, ni des instances politiques via la législation.

C'est pourquoi le mouvement des initiatives de transition est apolitique et ne choisit pas les confrontations (manifestations et autres).

De plus, le mouvement a développé une théorie psychologique inspirée de celle des traitements des dépendances toxicologiques pour tenter de traduire le désespoir ou le déni souvent consécutifs à la découverte du pic pétrolier et de notre dépendance au pétrole, en actions concrètes. Cette originalité semble à la source du succès que connaît le mouvement des villes en transition.

pic petrolier detail.jpgLa descente énergétique

Les initiatives de transition s'intéressent aux réponses à apporter pour résister aux différentes crises, notamment celle engendrée par le pic pétrolier. Aussi, plus que le pic lui même, c'est le futur énergétique dicté par la déplétion de pétrole qui intéresse les groupes de transition.

Le concept de descente énergétique (energy descent) est défini par Rob Hopkins comme « le déclin continu de l'énergie nette sur laquelle se base l'humanité, qui est le reflet de la montée énergétique qui a pris place depuis la révolution industrielle. La descente énergétique se réfère également au scénario d'un futur dans lequel l'humanité s'est adaptée avec succès au déclin des énergies fossiles disponibles et est devenue plus locale et autosuffisante. C'est un terme privilégié par ceux qui voient le pic énergétique comme une possibilité vers un changement positif, plutôt que comme un désastre inévitable ».

Un double défi

Le pic pétrolier et le dérèglement climatique sont deux problèmes majeurs et qui nous concernent dès à présent. Ils ont en commun notre dépendance aux combustibles fossiles, et en particulier au pétrole. Alors que le dérèglement climatique nous incite à changer nos modes de vie, le pic pétrolier nous l'impose. Ne pas prendre les deux problèmes ensemble conduit à préconiser des solutions que l'on ne peut ou ne devrait pas appliquer.

transition-towns.gifLes initiatives de transition

Le mouvement des initiatives de transition s'intitulait à l'origine "villes en transition" (Transition Towns). Pour faire face à la diversité des différentes structures dont s'occupaient les différents groupes de transition (villes, villages, îles, districts, zones géographiques diverses, etc.), le mouvement a été renommé mouvement des "initiatives de transition" (Transition Initiatives).

« Le mouvement de transition est un mouvement international qui vise à inspirer, à catalyser et à soutenir les réponses des communautés face au pic pétrolier et au changement climatique. C'est un mouvement qui a une vision positive, centré sur l'élaboration et la mise en œuvre de solutions. »

L'objectif de toute initiative de transition est de définir et mettre en œuvre un «plan d'action de descente énergétique» (PADE) propre à sa communauté, qui dessine une vision à 20 ans de ce que peut être un lieu de vie où la dépendance aux énergies fossiles est minimum et la résilience maximum.

Pour ce faire, le PADE décrit, pour différents domaines comme l'alimentation le transport ou la santé, les étapes de la transition permettant de remplir les objectifs fixés. C'est dans le but d'aider les communautés souhaitant élaborer et mettre en place un PADE que le réseau des initiatives de transition a conceptualisé à partir des expériences des initiatives pionnières, un ensemble de principes directeurs formant une sorte de fondement théorique; un ensemble d'étapes qui structurent une initiative de transition dans le temps; ainsi qu'un ensemble de techniques pratiques.

Les principes

Le concept de ville en transition est basé sur un ensemble de principes qui se veulent facilement compréhensibles, et qui le distinguent des autres mouvements alternatifs.

1 - Vision

On ne peut tendre vers un objectif que si on peut visualiser comment ce sera si l'on y parvient. Ce concept de vision se trouve au cœur du plan de descente énergétique, qui contient des actions étalées sur les vingt années à venir. Cela diffère de la plupart des courants écologistes traditionnels qui dressent un avenir sombre qui a pour conséquence de déprimer les gens et de leur faire croire qu'ils sont impuissants à agir.

transition-town-movement.jpg2 - Inclusion

Les défis et les conséquences du pic pétrolier et du dérèglement climatique nécessitent la participation de la société dans son ensemble. Tous les secteurs d'activité et tous les acteurs de la ville sont concernés et mis à contribution pour concrétiser la transition : citoyens à l'origine de l'initiative, associations, organisations professionnelles, administrations, enfants, actifs et retraités, dans les domaines énergétiques et économiques conventionnels ou plus inattendus comme la santé, l'éducation, l'immobilier, le tourisme ou encore les ressources maritimes.

Contrairement aux ONG et aux associations écologistes, les mouvements de transition placent leur action au cœur de la communauté, et ne visent pas une action de lobbying auprès des instances politiques (locales, nationales ou internationales) en vue de changer la législation.

3 - Éveil des consciences

Une des premières actions des villes en transition est d'informer le public aux enjeux du pic pétrolier et du dérèglement climatique.

4 - Résilience

La résilience est la capacité des systèmes à retrouver leur équilibre après une perturbation. Dans le cadre des villes, la résilience est la capacité d'une ville à ne pas s'effondrer aux premiers signes d'une pénurie de pétrole ou de nourriture.

La notion de résilience est différente de celle de soutenabilité, qui est la seule généralement mise en avant. Par exemple, une communauté qui récupère les déchets pour expédier au centre de tri réduit sa pression sur l'environnement, mais ne devient pas plus résiliente pour autant. Elle pourrait augmenter cette dernière en transformant localement ces déchets en matériaux d'isolation.

Transition_towns_talk_014.jpg5 - Compréhension psychologique

Une des principales barrières au passage à l'action est un sentiment d'impuissance, de solitude ou d'accablement que les catastrophes écologiques provoquent souvent. Le modèle des villes en transition utilise la compréhension de la psychologie en formulant une vision positive, en offrant des espaces rassurants où les personnes peuvent exprimer leurs craintes, et en valorisant les actions déjà effectuées en incluant dans le processus autant d'occasions de célébrer les succès que possible.

Les fondateurs du mouvement de transition analysent les raisons de l'inaction des gens conscients des dangers écologiques de leur mode de vie en faisant le parallèle entre la dépendance au pétrole et les études psychologiques des comportements face à la dépendance toxicologique.

Solutions crédibles et appropriées

Une fois que les dangers du pic pétrolier et du dérèglement climatique ont été exposés au public, les initiatives de transition doivent laisser la possibilité aux gens de chercher des solutions pertinentes à une échelle appropriée, et ne pas se limiter aux solutions comme "éteindre les lumières en sortant de la pièce".

Ceci est très important car les gens ne conçoivent en général que deux types de réponses : la réponse individuelle chez soi, et la réponse gouvernementale à l'échelle nationale.

Les initiatives de transition explorent le niveau intermédiaire, celui des communautés.

Transition-Town-Training.jpgLes étapes

Les étapes de la transition peuvent servir de guide de route à une nouvelle initiative de transition. Elles ont été élaborées pour maximiser les chances de succès d'une initiative, et la rendre plus efficace.

1- Former un groupe de pilotage temporaire

Le groupe de pilotage se compose d'environ une demi-douzaine de personnes, et permet d'initier une transition. Les personnes formant ce groupe doivent bien maîtriser (ou se former sur) les notions de pic pétrolier et de dérèglement climatique, ainsi qu'avoir une bonne idée du mouvement des initiatives de transition. Ce groupe va prendre en charge les étapes suivantes jusqu'à la création des groupes de travail.

2 - Sensibiliser

La sensibilisation permet d'introduire les notions de pic pétrolier et de dérèglement climatique, ainsi que de descente énergétique et de résilience, à la communauté (grand public, décideurs économiques, instances politiques). Cette sensibilisation peut prendre plusieurs formes (articles de presse, interventions dans des écoles, etc.), mais c'est en général les projections avec conférence et débats qui sont le plus privilégiées.

Les débats permettent aux gens d'exprimer leurs angoisses au sujet de ce qu'ils ont appris, pour ne pas qu'ils s'enferment dans le déni ou la dépression.

3 - Lancer un «grand déchaînement»

Lorsque la communauté est suffisamment sensibilisée (ce qui prend en général de 6 mois à un an après la première projection) et que des contacts avec d'autres groupes (associations environnementales ou sociales, etc.) ont été liés, le groupe de pilotage organise un «grand déchaînement» (Great Unleashing). Cet événement va permettre de catalyser toutes les craintes et les attentes des gens pour trouver et mettre en œuvre des solutions.

Rob Speaks.JPG4 - Former des groupes de travail

Les groupes de travail se focalisent sur divers aspects de la vie quotidienne de la communauté : alimentation, déchets, énergie, éducation, jeunesse, économie, transports, eau, municipalité, etc.

Ces groupes ont leur propre façon de fonctionner. De manière générale, le déroulement d'une initiative de transition ne peut pas être contrôlé, car il dépend intrinsèquement des désirs de la communauté. Chaque membre d'un groupe est choisi, et l'ensemble de ces membres forme le nouveau groupe de pilotage, qui se réunit régulièrement pour faire le point.

Le travail combiné des groupes doit permettre la rédaction d'un plan d'action de descente énergétique.

5 - Rédiger un «plan d'action de descente énergétique»

Le plan d'action de descente énergétique (PADE) se base sur les travaux des différents groupes et organise les résultats en une vision unifiée à moyen terme (15 à 20 ans) ainsi que les étapes à effectuer à certaines dates pour y parvenir. Le PADE se base également sur un état des lieux des ressources de la commune (circuits de distributions, ressources naturelles, etc.) et prend en compte la politique actuelle mise en place.

Le PADE n'est pas une fin en soit. Une fois rédigé, il faut le mettre en œuvre et prendre en compte les retours d'application (difficulté imprévue, changement de contexte politique, social ou économique, etc.). C'est à ce moment seulement que commence véritablement la transition de la communauté vers un futur plus résilient.

Exemples d'actions concrètes

Un certain nombre de projets, à l'initiative d'un groupe de transition ou non, trouve généralement sa place dans les différentes expériences de transitions initiées à ce jour. Ces projets peuvent concerner des sujets aussi différents que les transports, l'éducation, la santé, l'énergie où l'alimentation.

Totnes Pounds for sale.jpg- Économie

L'action qui a eu le plus grand retentissement pour la transition de Totnes est la création d'une monnaie locale, le «Totnes Pound». Une telle monnaie a pour but de relocaliser les échanges économiques, et d'éviter la fuite de la richesse.

De nombreuses monnaies locales existent, on en dénombre plusieurs dizaines en cours ou en projet en Allemagne et en Angleterre. Il existe en Suisse, le système du WIR depuis 1930 (1700 millions d'euros d'échanges en 2007) et les Berkshares dans le Vermont (USA) depuis 2006 (1 millions de billets en circulation). Ces actions sont encouragées par les acteurs locaux : élus, banquiers, et bien sûr entreprises et commerçants. Un système existe en France, le Sol (pour solidaire) à Grenoble.

Des monnaies locales «fictives» existent également dans les systèmes d'échange local (SEL). Ces systèmes permettent l'échange de biens ou de services sans passer par une monnaie réelle, seul un système de points étant mis en place pour pouvoir quantifier la valeur des échanges.

- Alimentation

L'alimentation occidentale est fortement dépendante des énergies fossiles, et une transition dans ce domaine est donc inéluctable. La résilience dans le domaine de l'alimentation passe par une relocalisation et des modifications de la production agricole.

Ainsi des projets pourront avoir comme objectif de développer des potagers ruraux ou urbains, individuels ou collectifs (jardins familiaux, jardins communautaires), la plantation d'arbres, ou le partage de graines, pour augmenter les savoirs, les pratiques et l'auto-production au sein de la communauté.

Concernant les circuits d'alimentation, les projets visent à relocaliser la production et à raccourcir les circuits de distribution. C'est le cas avec la création de marchés de producteurs, d'AMAP ou de coopératives d'achat.

Les pratiques agricoles doivent également évoluer vers une agriculture plus respectueuse vis-à-vis de l'environnement et moins consommatrice d'hydrocarbures.

Poster-CubanTTSbS.jpg- Transports

Multiplier les circuits courts pour favoriser l'activité locale et limiter la consommation de pétrole liée aux transports. (AMAP, filière bois énergie ...), amplifier les relocalisations économiques.

Se déplacer autrement : covoiturage et même autopartage (partage d'une voiture pour plusieurs personnes), transports en commun, transformation de routes en vélo-routes.

- Énergie

La consommation d'énergie est impactée par tous les autres domaines. Ainsi, une agriculture biologique, le choix des transports en commun, de produits locaux et de saison diminue l'empreinte énergétique au niveau local comme global.

Le scénario Négawatt propose une réduction de l'empreinte énergétique sur la période 2000-2050 suivant trois axes : sobriété, efficacité et utilisation d'énergies renouvelables.

- Recycler et échanger : développer le compostage (éventuellement collectifs) pour utiliser ses déchets verts et produire localement engrais naturel et pesticides biologiques (par exemple le purin d'ortie), favoriser la réutilisation (emmaus, brocantes, braderies, puces, dons).

Influence de la permaculture

L'influence de la permaculture est prégnante dans le concept des villes en transition. Rob Hopkins, l'initiateur du mouvement, enseigne la permaculture depuis plus de 10 ans.

La permaculture est une science de conception visant la création de lieux de vie humains soutenables. Lorsqu'il découvrit la réalité du pic pétrolier, le premier réflexe de Rob Hopkins fut de se servir des principes de la permaculture pour organiser une réponse. Il s'appuya notamment sur les travaux de David Holmgren, co-fondateur de la permaculture.

L'idée centrale des villes en transition, la résilience, est directement inspirée des écosystèmes naturels. En effet, ces derniers ont, contrairement à nos champs cultivés, la propriété d'être stables, diversifiés, de consommer un minimum d'énergie, d'être autonomes (cycles fermés) et de ne pas produire de pollution (grâce à la forte interconnexion de ses éléments : les déchets d'un système sont utilisés par d'autres systèmes).

C'est un modèle parfait pour des systèmes humains devant drastiquement réduire leur consommation d'énergie et leur émissions de CO2 (et d'autres polluants). L'apport de la permaculture est d'offrir une base philosophique ainsi que des principes généraux et des exemples concrets de mise en œuvre de systèmes basés sur les caractéristiques souhaitables des systèmes naturels.

manueldetransition1.0.jpgListe des initiatives francophones

Voici la liste des initiatives francophones de transition. Il n'y a pour l'instant aucune initiative officielle.

Belgique :

- Région de Bruxelles
- Ville d'Ottignies-Louvain-la-Neuve

France :

- Ville de Grenoble
- Ville de Lyon
- Ville de Saint Quentin en Yvelines
- Région de Trièves
- Ville de Sucy-en-Brie

Québec :

- Municipalité et ville-centre de Coaticook
- Ville de Sutton
- Transition Québec centre-ville

Un programme de recherches vise à travailler sur les transitions de la ville post carbone aux horizons 2030-2050 pour les villes françaises.

Mouvements similaires et amis

D'autres mouvements ont traité les mêmes problématiques que le mouvement des villes en transition, c'est le cas notamment de l'association Oil Depletion Analysis Centre au Royaume-Uni et l'ONG Post Carbon Institute aux Etats-Unis.

Lorsqu'une ville est déjà le siège de plusieurs associations environnementales, la difficulté est de travailler en partenariat avec ces initiatives, en leur faisant comprendre que l'initiative des villes en transition n'est pas en concurrence, mais peut servir de cadre plus général dans lequel l'expertise et la connaissance de ces associations ont toute leur place. Des associations comme les amis de la Terre, ATTAC ou des initiatives comme Slow Food ou le réseau Cocagne sont des partenaires privilégiés pour une initiative de transition.

awareness3.jpgDécroissance

Le mouvement de la décroissance (ou de l'après-développement) est en France celui qui pourrait se rapprocher le plus des initiatives de transition. Les points communs sont en effet nombreux : décroissance énergétique, relocalisation de l'économie, diminution de l'empreinte écologique, réappropriation des savoirs et des techniques, simplicité volontaire, ...

Dans certaines villes, le mouvement pour la décroissance est à l'origine de nombre d'initiatives (AMAP, SEL, ...) dans la droite ligne du concept des villes en transition.

La décroissance ne possède pas la philosophie permaculturelle sous-jacente dans les initiatives de transition. Cette dernière offre un cadre conceptuel fort, affiné et appliqué depuis plus de 30 ans, et notamment la compréhension des écosystèmes naturels et leur transposition à des systèmes anthropiques.

Ces différences montrent toute la légitimité des villes en transition, qui offrent une nouvelle vision et de nouveaux outils.


Sources :
Ville en transition (Wikipedia)
Totnes, première ville de l’après-pétrole (France-Info)

Illustrations provenant de divers sites web consacrés aux villes en transition.

Site français sur les villes en transition : Villes en transition

05 octobre 2010

Bientôt, 600 éoliennes au large de la France

éoliennes.jpgL’appel d’offres pour le premier parc éolien en mer sera lancé avant la fin du mois. Il porte sur une dizaine de sites le large des côtes françaises, qui seront dévoilés à cette occasion. La Normandie et la Bretagne sont sur les rangs. Le parc totalisera 600 éoliennes qui produiront en tout 3 gigawatts par an à partir de 2015.

Un représentant du ministère du Développement durable a précisé : «La différence principale entre une éolienne terrestre, et une éolienne maritime, porte sur la taille et la puissance. Une éolienne en mer tournera 3 000 heures par an en moyenne, 40% de plus qu’une éolienne à terre.»

Pour les sites retenus en mer Méditerranée et en Atlantique, de nouvelles techniques devront être développées en raison de la profondeur des eaux, bien plus importante qu'en mer du Nord, par exemple.

Le parc éolien français a dépassé les 4,5 gigawatts cette année, ce qui représente une augmentation de +84,5% en deux ans.

Chaque année, plus de 1 GW supplémentaire est raccordé au réseau, c'est à dire l'équivalent d’une centrale nucléaire.


Les principaux éléments de cette note proviennent d'un article de 20 Minutes
Photo : www.developpementdurable.com

23 septembre 2010

Parc éolien géant en Angleterre

thanet.jpgAujourd'hui a été inauguré au large de Thanet, dans le sud de l'Angleterre, le plus grand parc éolien au monde. Il a été construit par un groupe suédois, Vatenfall. Il totalise actuellement cent turbines - de quoi alimenter 240 000 foyers - et sera progressivement porté à 341 turbines d'ici quatre ans.

Le district de Thanet est particulièrement actif dans la lutte contre le réchauffement climatique et pour la protection de l'environnement, avec un plan global très détaillé qui touche à tous les aspects de la vie quotidienne, depuis la production d'énergie jusqu'au retraitement des détritus, en passant par les transports et la préservation des espaces naturels.

La Grande-Bretagne dispose à ce jour de 250 parcs éoliens dont une douzaine en mer. Leurs 3000 turbines produisent un total de 5 gigawatts, c'est à dire la consommation électrique de l'Écosse.


Photo : frogdog / flickr

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