11 mai 2010
Chefs-d'œuvre disputés
La bataille de la restitution des œuvres que la colonisation, la guerre ou les fouilles archéologiques ont entraînées hors de leur pays d'origine remue fortement le monde de l'art.
Le sujet n’est pas neuf, il a d’ailleurs été évoqué à plusieurs reprises sur le blog.
Aujourd’hui, je vous propose un petit passage en revue de certaines des œuvres revendiquées les plus célèbres.
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Marbres du Parthénon,
rapportés en Angleterre par Lord Elgin,
puis vendus au British Museum.
La Grèce exige leur restitution.
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Têtes de souverains et Reliefs historiés
provenant du royaume d'Ifé.
Le Nigeria les réclame au British Museum.
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Fernand Léger, Femme en rouge et vert.
En l'absence de toute certitude quant aux héritiers,
l'oeuvre reste au centre Pompidou, MNAM
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Têtes de la civilisation Nok,
nord du Nigeria, conservées au musée du Quai Branly.
Leur exportation est désormais interdite.
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Véronèse, Les Noces de Cana
Rapportées à Paris par Bonaparte.
Il y a peu de chance que l'oeuvre quitte le Louvre
pour retourner à Venise où elle était conservée jusqu'en 1797.
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Statue de Ramsès II
musée de Turin.
Réclamée par l'Egypte à l'Italie.
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Klimt, Portrait d'Adèle Bloch-Bauer
Le musée du Belvédère de Vienne a dû le rendre en 2006
à la dernière descendante de la famille Bloch-Bauer
qui vit à Los Angeles.
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Buste de Néfertiti
le fleuron du Neues Museum de Berlin.
Réclamé par l'Egypte depuis trente ans.
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Johannes Vermeer, L'Art de la peinture
Vienne,Kunsthistorischesmuseum.
Acheté par Hitler en 1940 au comte Czernin
dont les héritiers réclament aujourd'hui la restitution.
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Gauguin, Jour de repos,
Saint-Pétersbourg, Ermitage.
Confisqué dans la collection de Sergueï Chtchoukine.
Réclamé par son héritier.
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Trésor de Troie,
volé par les Russes aux Allemands en 1945
et caché dans les réserves du musée Pouchkine à Moscou.
Il réapparaît en 1993.
Depuis, l'Allemagne le réclame.
(photo : Sophie Schliemann porte ici une parure issue de ce trésor.)
L'incroyable odyssée du Trésor de Troie
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Van Gogh, Portrait du Dr Rey
Moscou, musée Pouchkine.
Confisqué dans la collection de Sergueï Chtchoukine.
Réclamé par son héritier.
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Zodiaque de Dendérah,
exposé au Louvre depuis bientôt deux siècles,
mais l'Egypte exige son retour
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Cézanne, Les Baigneurs,
Moscou, musée Pouchkine.
Confisqués dans la collection d'Ivan Morosov.
Réclamés par son héritier.
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Matisse, La Musique,
confisquée au collectionneur Sergueï Chtchoukine en 1918,
déposée à l'Ermitage de Saint-Pétersbourg,
aujourd'hui réclamée par l'héritier de Chtchoukine.
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Source photos et légendes
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A lire aussi :
• Ces chefs-d'œuvre que les pays du Sud veulent récupérer
• Le Sud se ligue pour récupérer ses antiquités
Sur le blog (notamment) :
• L'oeil d'Amenophis III
• Et si on visitait le nouveau musée de l'Acropole ?
Miss You
15:30 Publié dans Miss Terre et bouts de blogs | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : musées, egypte, athenes, berlin, vienne, ermitage, beaubourg, louvre, quai branly, british museum, klimt, cezanne, matisse
27 mars 2010
Méroé, empire et légende émergés des sables
Certainement, une exposition fascinante... et aussi l'occasion de retrouver le Pays des pharaons noirs dont Anti avait parlé en début d'année dernière.
Les clefs d'un Royaume
C'est une première.
D'abord parce qu'en France le nom de ce royaume n'est guère connu.
Ensuite, parce que les quelque 200 pièces réunies à l'occasion de cette exposition (bijoux, statues, stèles...) n'ont jamais été vues.
Elles proviennent pour la moitié du Soudan, le reste étant prêté par de grands musées internationaux.
Cette civilisation est explorée à travers ses coutumes, ses croyances et le mystère de son écriture.
(Source l’Express)
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L'exposition
Le Louvre met en évidence l'originalité de ce royaume,
puissant au début de notre ère dans le nord de l'actuel Soudan,
où les cultures égyptienne, africaine, grecque et romaine s'entremêlaient.
Jusqu'au 6 septembre, dans l'entresol de l'aile Richelieu du Louvre.
De l'empire méroïtique ne subsistent plus qu'Aïda, la belle princesse-esclave noire de Verdi, des pyramides aiguës, rongées par les sables du Nord-Soudan, et d'étonnants vestiges archéologiques.
Le Louvre, en charge de fouilles depuis 2007 à 50 kilomètres au sud de Méroé l'ancienne capitale, en présente à partir d'aujourd'hui une sélection.

Statue d’un roi archer, Tabo (Argo), IIe s. av. J.-C.,
Khartoum, Soudan, Musée national
© 2010 Musée du Louvre / Georges Poncet
Les objets de terre, surtout la poterie noire et la céramique funéraire aussi fine qu'une coquille d'œuf, révèlent la mixité des styles de ce pays qui allait de l'actuel lac Nasser au sud de Khartoum, entre le monde pharaonique et l'Afrique noire.
Mais plus encore les effigies des dieux. Voilà un panthéon où se côtoient, apparemment dans la plus grande tolérance, le bélier Amon, Isis, Osiris, Anubis, des créations locales telles Apédémak, cobra à tête de lion, le Grec Silène ou son fils adoptif Dionysos. Zeus apparaît même, coiffé de son bonnet phrygien.

«Méroé est une charnière essentielle et encore très mal connue entre les royaumes du nord et ceux du sud », résume Guillemette Andreu, directrice des antiquités égyptiennes du Louvre.
Et de montrer la puissance de cet État qui s'était enrichi par le commerce de l'or, de l'ivoire, des fourrures et de l'ébène en désignant des bijoux fins ou lourds, ainsi qu'un magnifique roi-archer de bronze et de feuilles d'or venu du musée de Khartoum.
Qui fut-il ? Son nom s'est perdu.
Profitant d'une Basse-Égypte en plein déclin, Méroé s'épanouit durant six siècles, d'environ - 270 av. J.-C. à 320 ap. J.-C., date de sa dernière pyramide. Face aux Nubiens de l'Ouest, elle devait se protéger.

D'où cet effrayant lion de grès dévorant un ennemi. Ou ce pommeau de canne en bronze figurant un prisonnier pieds et poings ligotés dans le dos. Finalement, le monothéisme chrétien a recouvert cette société héritière des fameux «pharaons noirs» montés sur le trône des deux Égyptes à partir de 1000 av. J.-C.
Une curieuse écriture
Entre-temps, Méroé aura mis au point et développé une curieuse écriture, en parallèle des traditionnels hiéroglyphes. Derrière les vitrines, ses pattes de mouche couvrent stèles et éclats de poteries. «Jusqu'alors, si on savait en trouver les équivalents phonétiques, on ne la comprenait pas, commente Guillemette Andreu. Depuis peu, quelques linguistes ont établi des ponts avec certaines langues encore parlées au Tchad et en Érythrée.»



Photos stèles
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A propos de la langue méroïtique
La traduction des deux mille textes exhumés à ce jour peut donc commencer. Il est sûr que Méroé livrera beaucoup d'autres secrets. Ce ne seront sûrement pas des trésors d'or et de pierres précieuses puisque sur place les pyramides sont remplies de sable et que dessous les principales nécropoles ont été pillées depuis des lustres. Mais on pourra peut-être expliquer pourquoi Méroé ne momifiait pas ses défunts. Ou si sa société reposait ou non sur l'esclavage.
Article signé Eric Bietry-Rivierre
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Nécropole royale de Méroé, vue du cimetière nord - © 2010. CDA/M.Mylonas
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Le site "La civilisation perdue de Méroé"
de Claude Rilly, chargé de recherche au CNRS.
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« Sur les traces de cette civilisation »
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Entretien France Info
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« Jamais ma joie ne fut plus extrême et
plus vive qu’en découvrant les sommets
de ces nombreuses pyramides
qui étincelaient sous le soleil… »
Frédéric Cailliaud, 1823
Miss You
11:15 Publié dans Miss Terre et bouts de blogs | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : archeologie, egypte, soudan, louvre
22 janvier 2010
Un nouveau temple dédié à la déesse-chat Bastet
En lisant cette dépêche hier et en attendant d’en savoir plus, j’ai eu envie d'aller à la découverte de cette déesse que je connais très mal et dont j’aime vraiment beaucoup les représentations.

dont plusieurs à l'image de Bastet,
la déesse de la joie et de la maternité, au visage de chat
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D’abord la dépêche
Des archéologues égyptiens ont mis au jour les ruines d'un temple grec antique dédié à la déesse-chat égyptienne Bastet à Alexandrie, la grande ville du nord de l'Egypte, a annoncé le service des antiquités mardi.
Six cents statues ptolémaïques ont également été découvertes, dont plusieurs à l'image de Bastet, la déesse de la joie et de la maternité, au visage de chat.

La mission, menée par Mohammed Abdel Maqsoud, le chef des antiquités pour la Basse-Egypte, a découvert ce qui reste du temple de la reine Bérénice, l'épouse du roi Ptolémée III, qui a gouverné l'Egypte de 246 à 222 avant J.-C., à Kom al-Dikka, à Alexandrie.
Cette découverte est la première d'un temple ptolémaïque dédié à Bastet à Alexandrie, a affirmé M. Abdel Maqsoud. "Cela indique que le culte de la déesse Bastet s'est poursuivi en Egypte après le déclin de l'époque égyptienne antique", a-t-il précisé.
L'époque ptolémaïque marque le règne grec de l'Egypte de 305 av. J.-C. jusqu'à la conquête romaine en 30 av. J.-C.. Alexandrie fut la capitale de l'Egypte ptolémaïque, prospérant en tant que centre de la culture et du commerce grecs.
Selon Wiki, Bastet est la déesse de la musique, de la joie et de la maternité aux traits félins dont le centre religieux se trouvait dans la ville de Bubastis (Égypte).
Bastet (Musée du Louvre)Etymologie
Le nom que lui donnaient les Égyptiens était vraisemblablement Bast. La confusion vient du fait qu'un hiéroglyphe était souvent ajouté après le mot pour préciser la prononciation du son final (ce nom s'écrivait bȝstt). Les premiers égyptologues ne l'avaient pas interprété en tant que tel, conduisant à la translittération en Bastet.
Culte
Bastet est l'une des déesses les plus discrètes du panthéon égyptien, et n'est jamais représentée, sinon dans son temple à Bubastis, qui, selon Hérodote, aurait été, à son époque, le plus beau temple du pays, avec le plus de fidèles.
Bastet (Musée de Senckenberg)On peut encore visiter les restes du temple qui lui était dédié à Tell Basta (Bubastis en grec, et Per Bast en égyptien, « La maison de Bastet »).
D'abord divinité locale de la ville de Bubastis, le culte de Bastet se propage progressivement à tout le pays. Vénérée dès la VIe dynastie, sous le règne de Pépi II, on l'imagine comme le pendant d'Hathor de Dendérah.
Un culte de Bastet s'installe à la Basse Époque à Saqqarah non loin du complexe funéraire de Téti, dont la ferveur est attesté par les innombrables ex-voto dédiés à la déesse chatte retrouvés sur place ainsi qu'aux nécropoles d'animaux toutes proches qui abritent encore des milliers de momies félines témoignages des dévots antiques.
Symbolique
Fille du dieu soleil Rê, Bastet est cependant parfois considérée comme la fille d'Amon .
Elle est une déesse à double visage : Sous sa forme de chatte ou de déesse à tête de chat, elle est la déesse bienveillante protectrice de l'humanité, également déesse musicienne de la joie et déesse de l'accouchement. On la représente ainsi parfois souriante.
Elle est également réputée pour ses terribles colères. En revanche, sous les traits d'une déesse à tête de lionne, elle s'identifie alors à la redoutable déesse de la guerre, Sekhmet.
SekhmetL'apparence de Bastet évoque celle d'autres dieux ; elle a les hanches d'Horus , le ventre d'Osiris et le nez de Thot, ce qui fait d'elle un personnage multiple et singulier.
La séduisante déesse à tête de chat, sacrée, protectrice des femmes et des enfants, détient le pouvoir magique qui stimule l'amour et l'« énergie charnelle ». Un atout qui lui valait un culte tout particulier de la part des Égyptiens.
Bastet est une déesse aux caractères antagonistes, douce et cruelle, elle est aussi attirante que dangereuse. Bastet est aussi le symbole de la féminité, la protectrice du foyer et la déesse de la maternité.
Mais toujours en elle, sommeille le félin, et c'est ainsi que Bastet lutte contre le serpent Apophis chargé de contrecarrer la course de l'astre solaire. Elle porte souvent un sistre dans sa main.
Selon certaines traditions, Bastet serait l'épouse d'Atoum et elle aurait enfanté le lion Miysis (Mihos en grec).
D'après une tombe de la vallée des reines où elle porte des couteaux pour protéger le fils du roi, elle aurait aussi enfanté et allaité Pharaon dont elle serait la déesse protectrice.
Attributs
Les attributs qui lui sont associés sont la couronne-Atef , la couronne-Hedjet , le disque solaire, l'égide, le panier, le sistre et l'uræus.
La Fête de Bubastis
Les fêtes annuelles de la ville de Bubastis, en honneur de la déesse Bastet, étaient des évènements très attendus en Égypte.
Hérodote en fait une description haute en couleur que l'on tint longtemps pour une invention de l'historien, jusqu'à ce que des archéologues modernes découvrent des preuves de l'existence de ces fêtes mémorables.
Vers la Basse Époque, la fête de Bastet était l'une des plus populaires du calendrier égyptien. En cette occasion, la cité de Bubastis (à 80 km au nord-est du Caire) ne pouvait être rejointe que par les voies fluviales.
Hérodote raconte :
« Ils arrivent en bateau,hommes et femmes ensemble, en grand nombre sur chaque embarcation ; en chemin, des femmes font de la musique avec des claquettes, et certains hommes jouent de la flûte, tandis que les autres chantent et frappent dans leurs mains.
Lorsqu'ils rencontrent une cité le long du fleuve, ils tirent l'embarcation à terre, et certaines femmes continuent leur jeu, comme je l'ai dit plus haut, tandis que d'autres lancent des insultes aux femmes du lieu et entament des danses en agitant leurs robes en tous sens. A leur arrivée, ils célèbrent la fête par des sacrifices et l'on consomme à cette occasion plus de vin que durant le reste de l'année. »
Hérodote parle d'au moins 700 000 personnes « hormis les enfants » se pressant pour honorer l'occupante du temple de granit rouge, la déesse Bastet.
Hérodote encore :
« Les chats trépassés sont apportés à Boubastis où ils sont embaumés et enterrés dans des urnes sacrées. »
Des milliers de ces créatures furent enterrées dans des galeries souterraines de la ville et des environs afin qu'ils puissent porter le message de leur maître jusqu'au royaume des dieux.
L'importance de la fête de Bastet ainsi décrite parut absolument invraisemblable aux égyptologues de la fin du XIXe siècle, mais, en 1887, un archéologue, Henri Édouard Naville, mit au jour le site et démontra qu'Hérodote n'avait pas menti.
Il fouilla les sites du temple principal de Boubastis, les catacombes aux momies de chats et un certain nombre de chapelles pharaoniques, prouvant que cet évènement religieux considérable attirait toutes les couches de la société égyptienne.
Bastet est assimilée à la déesse grecque Artémis.
Bastet (Musée du Caire)Miss You
11:15 Publié dans Miss Terre et bouts de blogs, Symboles et croyances | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : archéologie, egypte, chats
28 janvier 2009
J'aime... (Ramses)

A proximité du Caire, en Egypte, sur le plateau de Gizeh se dressent les pyramides de Kheops, Khephren et Mykérinos, veillées par le Sphinx.
Ramses m'a fait l'immense surprise de m'envoyer ces photos renversantes de beauté des pyramides qu'il a prise en 2004/2005.
J'ai choisi, pour les habiller, quelques vers de Baudelaire.
Bon voyage...

Qui aimes-tu le mieux, homme énigmatique, dis ?
Ton père, ta mère, ta soeur ou ton frère ?
- Je n'ai ni père, ni mère, ni soeur, ni frère.
Tes amis ?
- Vous vous servez là d’une parole dont le sens m'est restée jusqu'à ce jour inconnu.
Ta patrie ?
- J'ignore sous quelle latitude elle est située.

La beauté ?
- Je l’aimerais volontiers, déesse et immortelle.
L’or ?
- Je le hais comme vous haïssez Dieu.
Eh ! qu'aimes-tu donc, extraordinaire étranger ?
- J'aime les nuages... les nuages qui passent... là-bas... là-bas... les merveilleux nuages !
Le Spleen de Paris, I, (Petits Poèmes en Prose)

anti
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22 juillet 2008
Auguste & Agrippa

Et voilà ! Depuis ce matin, ma voiture est aussi nîmoise. C'est rigolo, le changement d'immatriculation me fait toujours tout drôle.
Petite histoire sur la ville glanée ici : http://www.noctes-gallicanae.org/Plutarque/Plutarque42b.htm
LES CROCODILES DE L'HOTEL DE VILLE DE NIMES.

Quand on visite l'hôtel de, ville de Nîmes, ce qui frappe tout d'abord les regards, c'est la vue de quatre énormes crocodiles, conservés suivant le mode égyptien, et qui se tiennent cramponnés au plafond d'une des salles de l'édifice. L'étranger se demande ce que font là, à une place d'honneur, ces animaux amphibies, singulier ornement d'une maison commune, qui serait mieux placé dans un musée d'histoire naturelle. Mais l'étonnement cesse bientôt, quand on apprend que le crocodile, ce dieu de la vieille Égypte, joue un rôle important dans les origines de l'antique cité de Nemausus, et forme l'un des symboles de sa fondation. Écoutons d'abord Ménard, le docte historien de la ville qu'on a si justement surnommée la Rome gauloise.
« Ce fut des soldats vétérans de l'armée que ce prince (César Auguste) avoit amenée dans cette province (la Gaule Narbonnoise) pour la conduire dans la Grande-Bretagne, que la colonie de Nîmes fut fondée, et que celles qui étoient déjà fondées en ce pays furent renforcées et repeuplées. Il paroit même que ces vétérans furent particulièrement tirés, pour celle de Nîmes, des légions qui avoient servi dans la guerre d'Égypte ; comme en fait foi le type de la célèbre médaille que cette colonie fit frapper alors en l'honneur d'Auguste, et dont les figures symboliques caractérisent avec évidence cette importante conquête.
Les habitans de la colonie voulant remplir les devoirs de la reconnoissance, et donner des marques publiques et durables du ressentiment qu'ils avaient de cette fondation, ne crurent pas pouvoir le faire avec plus d'éclat qu'en fesant frapper une médaille de moyen bronze.
Ils choisirent pour sujet de cette médaille l'événement qui se présentoit alors le plus glorieux et le plus flatteur pour Auguste, c'est-à-dire, la célèbre victoire d'Actium, par laquelle ce prince étoit devenu maître de l'Égypte et de l'Empire. C'est ce qu'ils exprimèrent par un crocodile attaché avec une chaîne à un palmier, d'où pend une couronne civique ou de chêne d'un côté, et une manière de bandelette ou de rubans de l'autre, symboles évidens de l'Égypte et de la conquête qu'Auguste en avoit faite. Ils y joignirent ces mots : COL. NEM., qui tiennent lieu de légende , et qui signifient colonia Nemausensis pour marquer que c'étoit la nouvelle colonie de Nimes, qui consacroit ce monument à son fondateur. » (T. I, p. 25.)
Depuis cette époque mémorable, la médaille de la colonie romaine de Nîmes est devenue pour la vieille cité comme son principal titre de noblesse et d'antiquité. On la retrouve empreinte sous toutes les formes sur les monuments de toute sorte qu'elle renferme dans son sein. Or. comme le crocodile est l'objet le plus saillant de cette médaille, c'est lui surtout qu'on s'attache à représenter. Il figure dans les armoiries de la ville, et semble présider ainsi à chacun des actes de la communauté. Si l'on oubliait que Nîmes est une ville chrétienne, on serait vraiment presque tenté de croire qu'à i'instar de la vieille Égypte, elle adore, elle aussi, cette antique divinité des roseaux du Nil ; mais non, elle voit dans ce symbole un souvenir de son ancienne noblesse, de sa splendeur originelle ; il y a là comme une voix majestueuse qui dit de siècle en siècle à chaque citoyen : Tu es du sang du peuple-roi !
Ce dut donc être un jour de fête pour la cité nîmoise, lorsqu'en 1597 on apporta dans son sein pour la première fois un vrai crocodile venu des rivages du Nil. On lui assigna tout naturellement une place d'honneur. Écoutons ici encore l'historien Ménard :
« Je ne crois pas devoir passer sous silence que, cette année 1597, les habitans de Nîmes eurent occasion de se procurer pour la première fois un crocodile, et qu'ils le placèrent à l'hôtel de ville ; ce qui étoit d'autant plus heureux que cette espèce d'animal amphibie forme à la fois, et le type de la célèbre médaille frappée sous les Romains par la colonie de cette ville, et la principale des figures qui occupent le champ de ses armoiries. On s'en est depuis procuré d'autres, ils sont tous aujourd'hui, au nombre de quatre, placés et suspendus avec des chaînes de fer aux poutres de la grande sale (sic) de l'hôtel de ville. Le millésime et le consulat y sont marqués contre une plaque de fer-blanc qu'on a placée sur le ventre des crocodiles. » (T. 2, p. 293.)
Le millésime et les noms des consuls de Nîmes alors en charge, telles sont, en effet, les seules indications qu'on possède sur les trois premiers de ces crocodiles arrivés dans notre cité en 1597, en 1671 et en 1692. Mais le quatrième et le plus beau, par sa grosseur du moins, porte sur son ventre une inscription plus longue ; on y lit :
« Ce crocodile a esté donné à la ville par sieur Abraham Poussielgue, natif de cette ville, résidant à Malthe, et transporté par les soings de sieur Jean Auvellier, mur, bourgeois, assesseur de la seconde échelle. »
L’autre côté de la médaille représente les têtes d'Auguste et d'Agrippa, les deux héros de la fameuse journée d'Actium.
Occupé à classer et à inventorier les archives de l'hôtel de ville de Nîmes, nous avons trouvé dans un registre la lettre originale d'envoi du susdit animal. Cette lettre nous semble mériter d'être connue d'abord à cause des sentiments patriotiques qu'elle exprime, et ensuite comme pièce d'éclaircissement à l'histoire des crocodiles de Nîmes. La voici donc textuellement, avec son orthographe parfois quelque peu étrange :
« Messieurs,
Quoy que mon comerce mais reteneu depuis pleusieurs ainnées dans ce pais, leloignemant ni les longueurs du temps n'ont faict aucune broche sur l'amour que jâi pour la patrie, et je ne desespere pas daller un jour jouir du plaisir dy gouter un parfaict repos. Cepandant ayant este informe que vous aves construit une nouvelle maison de ville, je veux avoir l'honneur de contribuer, autant que je puis a l'orner, par un monument, qui cellon que jespere ne vous desagreera pas, et pour testtifet, je me suis advise de fore venier d'Egipte, un crocodilee, des plus grand quond a peut trouver, j'ai este servi cellon que je le soiettes. Je prand, messieurs, la liberté de vous loffrier comme une marque de mon attachement inviolable au bien de la patrie, et à vos personnes en particuliers. Monsieur Jean Auvelliers, mon intime amy, aura la boute de vous le presanter de ma part, agreés le, messieurs, et faictes moy la grace de le faire placer ou vous jugeres quil vous puisse servier d'ornement dans vostre nouvel esdifice, qui cellon quond ma assure est tres beau et digne de vos applications infatigables au service du public qui est tousjours heureux soubz de magistrats qui ont autant de probite et de vigilance que vous en aves. Je vous soiette, messieurs, et pour vostre communaute, et pour vos personnes en particuliers, toute sorte de prosperite, et je vous prié destre plainemant persuades que je rechercheray toutte ma vie avec emprecetnant les occasions de vous faire conoistre que je suis avec, un profonds respect et un zele inviolable,
« Messieurs,
« Vostre tres humble et tres obbeisant serviteur, POUSSIELGUE. »
1702 le 28, aoust à Malthe.
anti, rangée des voitures, A & A dans la Joie
15:26 Publié dans L'Univers d'Anti | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : nimes et ses alentours, egypte










