24 juillet 2010
150e anniversaire de la naissance d'Alfons Mucha

Aujourd'hui, Google met à l'honneur Alfons Mucha. En effet, il y a 150 ans aujourd'hui que naissait cet homme que j'admire, l'occasion de remettre au goût du jour l'article que je lui avais consacré en novembre dernier : Alfons Mucha, 2 novembre 2009.

L'étoile du matin
Hier nous sommes allées visiter le musée Belvédère à Vienne : un régal ! Mais de cela, je vous parlerai un peu plus tard. Pour le moment, je voudrais revenir sur une exposition qui a eu lieu en début d'année et que j'aurais volontiers vue car je suis une grande fan, une rétrospective consacrée à Alfons Mucha, Le Maître de l'Art Nouveau.

La Lune et l'Etoile Polaire
La rétrospective Alfons Mucha à Vienne: un grand retour
Quelque 250 oeuvres ont été réunies pour la grande rétrospective du peintre Alfons Mucha que les Viennois peuvent voir ces jours-ci dans une dizaine de salles du Musée Unteres Belvédère. Il s’agit de la plus grande exposition de ce peintre jamais organisée dans la capitale autrichienne.
L’ambition de ses auteurs est de mettre en relief l’ensemble de l’oeuvre et de la vie de cet « artisan » de l’Art nouveau.
Courbes, volutes, ornements floraux, couleurs raffinées – tels sont les éléments typiques du style Mucha. On sait que le peintre, né en 1860, a vécu à Munich et à Paris, mais il est moins connu qu’au début de sa carrière, l’artiste, encore inconnu, a travaillé à Vienne comme assistant - décorateur de théâtre. Sa rétrospective actuelle peut donc être considérée comme un grand retour dans la capitale sur le Danube. C’est cependant son séjour parisien qui a été décisif pour la formation de son style.

La Nature, 1899
L’historienne de l’art Petra Hoftychová évoque cette partie de sa carrière :
« A Paris, Mucha est devenu un artiste recherché. Il s’est fait connaître surtout par ses œuvres créées pour Sarah Bernhardt, des œuvres pour le théâtre, des affiches et des illustrations. C’était un excellant dessinateur qui maîtrisait pourtant aussi toutes les techniques de la peinture. C’était un bon peintre et illustrateur qui savait donner un contenu à des compositions monumentales. »
250 tableaux, dessins, croquis, affiches, livres, bijoux et meubles, au Belvédère de Vienne, illustrent l’oeuvre d’un artiste qui a su imposer son style à toute l’Europe. Ses ornements stylisés et ses figures féminines d’une grâce languissante ont été utilisés pour la promotion d’innombrables articles dont les grandes marques de biscuits, de chocolats, de spiritueux et de cigarettes. Les visiteurs de l’exposition trouvent aussi plusieurs ensembles intéressants dont le mobilier de la boutique parisienne du joaillier Georges Fouquet ou bien la reconstruction des décors créés par l’artiste pour le pavillon de Bosnie-Herzégovine à l’Exposition universelle de 1900, à Paris. Une salle est réservée à deux immenses tableaux faisant partie du cycle d’une vingtaine de toiles monumentales par lesquelles le peintre a évoqué les grands moments de l’histoire des peuples slaves. Petra Hoftychová a participé aux préparatifs de cette partie de l’exposition :
« C’était bien difficile, parce que les restaurateurs devaient d’abord préparer les tableaux pour le transport. Ils ont donc travaillé à Moravský Krumlov où l’Epopée slave est exposée actuellement. Ils ont d’abord examiné et restauré la peinture, puis ont décroché les toiles de leurs châssis, les ont enroulées avec beaucoup de précautions sur de grands cylindres. Et, finalement, ils les ont emballées et les ont mises dans d’énormes caisses pour les transporter par camion. »
Selon le commissaire français de l’exposition, Jean-Louis Gaillemin, en créant cette collection monumentale à une époque belliqueuse, Mucha a voulu démontrer que la civilisation slave était très attachée à l’art et non pas aux armes.
La rétrospective Alfons Mucha au Belvédère de Vienne durera jusqu’au 1er juillet prochain et sera ensuite transférée à Munich jusqu'au 24 janvier 2010 après être passée à Montpellier (arghhhhhhhhhhh). (Source Radio CZ à retrouver en version audio).
Mucha à Vienne
Mucha émigre en 1879 à Vienne afin de travailler pour la plus grande entreprise de décors de théâtre de Vienne, tout en continuant sa formation artistique.
A cette époque, Vienne est la capitale d'un empire déclinant : l'empire Austro-hongrois. Elle est néanmoins un centre culturel important : musique, littérature, psychanalyse (Freud).
Dans le domaine architectural, Vienne s'est dotée de grands boulevards, de places, ce qui met en valeur les bâtiments. La génération de la fin du XIXe siècle veut faire du neuf, mais contrairement à leurs contemporains de l'Art Nouveau, ils intègrent des éléments du passé.
En revanche, j'ai eu la joie de visiter le musée qui lui est consacré à Prague il y a quelques années.
Avoir aussi, le site de la Fondation Mucha.
Mucha et la franc-maçonnerie
D'un esprit sensible et porté à la méditation, Mucha fut attiré par le côté ésotérique de la franc-maçonnerie. Il fut initié à la Grande Loge de Paris en 1898. L'influence du symbolisme maçonnique est perceptible dans toute son œuvre et en particulier dans l'ouvrage illustré Le Pater. Après la formation de la Tchécoslovaquie en 1918, Mucha contribua à l'établissement de la première Loge de langue tchèque, la Loge Komensky à Prague et il fut rapidement Grand Maître de la Grande Loge de Tchécoslovaquie.
Il devint plus tard Grand Commandeur Souverain de Tchécoslovaquie. Mucha créa de nombreux dessins pour la Loge tchécoslovaque, notamment des brevets, des en-têtes et des médailles.
Mucha meurt à Prague le 14 juillet 1939 à l'age de 79 ans, quelques jours après avoir été interrogé par la Gestapo qui s'intéresse à lui du fait de son appartenance à la franc-maçonnerie. Son corps est jeté à la fosse commune. Une plaque commémorative lui est dédiée au cimetière des Grands Hommes de Prague.
Une loge maçonnique francophone, à Prague, porte son nom.
Voici un autre article très intéressant, de Jean-David Jumeau-Lafond pour la Tribune de l'Art : Aucune exposition monographique n’avait été consacrée à Alfons Mucha depuis plus de trente ans en France et l’on sait combien l’étude de la fin du XIXe siècle a progressé depuis cette époque. Il était donc indispensable que fût organisée à nouveau une présentation d’ensemble de l’œuvre de l’artiste tchèque. C’est chose faite à Montpellier, en collaboration avec le Belvédère de Vienne et la Kunsthalle de Munich, et l’on ne peut que se féliciter de ce travail considérable.
L’exposition et le catalogue qui l’accompagne font donc le point sur un artiste aussi prolifique et original que mal connu. Le (souvent médiocre) revival de l’Art nouveau dans les années 1970 a certes popularisé les affiches de Mucha, et maints produits dérivés, comme d’ailleurs à son époque, ont fleuri, donnant de son œuvre une image souvent répétitive, réductrice et quelque peu « nouillarde ». Dieu sait pourtant si l’Art nouveau, le symbolisme, l’éclectisme fin-de-siècle, l’art de la « Belle époque » sont tout sauf médiocres et superficiels. L’exposition rend ainsi justice à l’œuvre d’un artiste ô combien subtil, maîtrisant les techniques, épris d’une créativité frénétique, d’un idéal élevé et pétri de raffinement.
La présentation de Montpellier (voir en vidéo) réunit un ensemble considérable d’œuvres (environ 280) : peintures, dessins, estampes, mobilier, arts décoratifs, bijoux, photographies ainsi qu’une riche documentation couvrant toute la carrière de l’artiste depuis son apprentissage jusqu’aux dernières années. Comme, jusqu’ici, Mucha n’apparaissait le plus souvent dans la littérature que pour une quinzaine d’années de production, l’époque parisienne essentiellement, le choc est grand en découvrant les peintures d’après 1900, l’attachement du peintre à son identité slave et ses grands projets, représentés ici de façon saisissante.
Après quelques belles images d’un film d’époque qui ressuscite le peintre devant nos yeux, une première salle évoque ses débuts en Moravie puis ses études, assez brèves, en Autriche et en Allemagne (elles ne seront complétées que par son passage aux académies Julian et Colarossi). Un beau Hans Mackart, et un paravent peint par Mucha vers 1881 résument les influences subies et ce Mucha « avant Mucha », ainsi que quelques illustrations parisiennes encore peu caractéristiques et un autoportrait de 1907.
Une salle, spécifique à l’étape de Montpellier, rappelle que la carrière fulgurante de Mucha doit tout à la France et, plus encore, à une française, Sarah Bernhardt. Une affiche commandée presque par hasard, celle de Gismonda, décidera de la suite des événements : cette collaboration est évoquée par l’ensemble des affiches faites pour les pièces de la grande tragédienne mais aussi par des esquisses et plusieurs toiles majeures représentant Sarah : Clairin, Bastien-Lepage, Parrot. Le costume et la tiare portés par l’actrice dans Théodora ainsi que divers bijoux et accessoires ornent une vitrine qui achève de resituer ce contexte théâtral. Celui-ci est loin de n’être qu’historique ou anecdotique. L’art de Mucha, tant celui d’illustrateur que les grands cycles de la dernière période, resteront redevables d’un art essentiellement scénographique sans aucun doute imprégné des contacts du peintre avec le théâtre.
La salle suivante évoque le dessin de Mucha et ses premières illustrations, en particulier les Scènes de l’histoire d’Allemagne et les Scènes de l’histoire d’Espagne de Charles Seignobos pour lesquelles, parfois, l’artiste ne se contentait toutefois pas de projets graphiques mais aussi d’huiles presque monochromes extrêmement poussées.
Une section est entièrement consacrée à l’illustration d’Ilsée, princesse de Tripoli de Robert de Flers. Tous les bibliophiles connaissent cet ouvrage majeur de l’époque et si l’on doit en reconnaître l’importance, il faut aussi souligner combien Mucha apparaît ici tributaire du symbolisme parisien et de prédécesseurs tels qu’Eugène Grasset (avec Les Quatre fils Aymon de 1883) et surtout Carlos Schwabe dont certaines formes et inventions iconographiques se retrouvent quasiment trait pour trait dans les planches d’Ilsée. Mucha y réinterprète à sa façon l’invention ornementale, le traitement libre de la page et le sens du symbole présents dans L’Evangile de l’enfance (1891-1892) du dessinateur suisse ; rappelons qu’Ilsée date de 1897 ce qui est déjà assez tard pour le symbolisme et l’Art nouveau.
On mesure toutefois à l’ampleur de la section suivante l’engouement extraordinaire dont a bénéficié l’artiste à cette période et ses nombreuses commandes d’affiches entre 1896 et 1900, période d’apogée de la « Réclame ». Si l’on y trouve les publicités pour Nestlé, le champagne Moët et Chandon ou les fameuses cigarettes Job, la sélection rappelle aussi les efforts développés durant cette période pour élever l’art de l’affiche au rang d’expression noble dans la tradition de l’estampe. Les expositions qui lui sont consacrées en attestent : Salon des Cent, expositions de La Plume etc.
Si Mucha ne grave pas lui-même, il dessine cependant souvent directement sur la pierre lithographique ensuite traitée par le technicien. Divers objets, boites métalliques et de belles étoffes (dont deux superbes tapis) témoignent de la diffusion de certains motifs de Mucha à grande échelle et sur de nombreux supports.
Mucha aurait sans doute pu devenir un des acteurs importants de la bibliophilie de la fin de siècle : ses nombreuses activités puis son départ de France ne lui permirent toutefois pas d’exercer pleinement l’art très prenant de l’illustration et il ne laisse vraiment que deux ouvrages majeurs. Après Ilsée qui fut un réel succès, l’artiste se vit demander par les éditions Piazza un nouveau projet. Mucha suggéra un livre dont il devait être à la fois le rédacteur et l’illustrateur. C’est ainsi que naquit Le Pater, paraphrase textuelle et iconique du « Notre Père ».
La parenté, là aussi, avec L’Evangile de l’enfance est assez nette, dans cette réinterprétation contemporaine d’un texte sacré.
Un ensemble de dessins originaux, d’études et de planches permet de découvrir la richesse symbolique et plastique de ce travail. On sait que Mucha, qui devait adhérer à la franc-maçonnerie en 1898 (à peu près à la même époque donc), éprouvait, comme bien des artistes de son temps, un grand attrait pour l’occultisme. Sa lecture du Pater apparaît évidemment imprégnée de visions personnelles éloignées de toute iconographie académique. Sans doute est-ce là la contribution la plus remarquable du peintre au symbolisme. On remarquera tout particulièrement l’intérêt de Mucha pour un rapprochement entre des visions spirituelles et des évocations d’ordres scientifique et naturel, caractéristiques du souci de réconcilier religion et positivisme, préoccupations qui habitaient bien des artistes et des savants à cette époque (la prochaine exposition Maurice Chabas à Pont-Aven en donnera un bel exemple).
La salle s’accompagne de divers documents qui rappellent les liens de Mucha avec les milieux ésotériques ou ceux de l’hypnose. Ainsi du colonel de Rochas, dont le livre consacré aux poses hypnotiques de son modèle Lina, est revêtu d’une couverture signée de l’artiste (plusieurs images de ce livre furent d’ailleurs prises dans son atelier). Cette section présente vraiment de splendides dessins comme La Mort de la fiancée d’Hasanaga, et d’autres images très inspirées et bien éloignées du graphisme auquel on pense d’emblée en évoquant l’artiste. Ce côté sombre, représenté au Musée d’Orsay par plusieurs œuvres était visible l’hiver dernier avec l’étrange Gouffre dans l’exposition consacrée aux pastels.Il est vrai qu’indépendamment même de ses affiches, on connaît moins bien la contribution de Mucha aux arts décoratifs : une section présente de nombreux dessins et projets d’objets d’ameublement, de décors ou tout simplement de motifs à exploiter. Si certains atteignent à une vraie dynamique originale, d’autres n’ont pas la densité créatrice que l’on peut retrouver chez Guimard ou Horta. Mucha publia toutefois des Documents décoratifs en 1902 qui se voulaient une vraie grammaire des formes à l’instar des répertoires d’un Eugène Grasset par exemple (il y a d’ailleurs une certaine parenté dans le goût de ces deux créateurs pour un Art nouveau qui ne rompt pas toujours avec l’historicisme).
Dans une salle très réussie qui présente la reconstitution de la boutique du joaillier Fouquet (Musée Carnavalet, Paris) dont on sait qu’elle fut somptueusement réalisée par Mucha, des vitrines offrent au regard quelques uns des beaux bijoux dus aux cartons de l’artiste. On en admire la richesse et le dessin, alliant symbolisme et recherche de la forme, comme dans la Princesse lointaine due au joailler Armand Truffier.
Le « clou » de l’exposition est un peu la mise en scène de la plupart des décors peints par Mucha pour orner le pavillon de la Bosnie-Herzégovine à l’Exposition universelle de Paris en 1900. Les commissaires et le Musée Fabre ont repris les structures reconstituées dès la présentation viennoise de l’exposition, adaptant l’espace afin de montrer ces « fresques » dans une salle spectaculaire. En dépit de quelques manques et d’un état parfois un peu dégradé, ce panorama d’une Bosnie idéalisée où cohabitent orthodoxes, catholiques et musulmans laisse quelque peu rêveur lorsqu’on connaît la suite de l’histoire. L’artiste y met son art de la synthèse au service d’une pratique habile, décorative et tout à la fois allégorique, graphique mais dense qui devait faire merveille dans le bâtiment d’origine.
Quelques photographies anciennes permettent de s’imaginer l’effet produit par ce décor qui consacre le retour de Mucha vers ses origines slaves et anticipe ses projets futurs. Mucha avait en effet déclaré qu’il consacrerait la seconde partie de sa vie à l’illustration de l’âme slave. Avec le soutien d’un mécène américain, il se dévouera en effet pendant de longues années à L’Epopée slave, grand cycle conservé à Prague. Deux énormes tableaux de ce projet sont présentés au Musée, dans une salle « hors exposition », tant les formats rendaient difficile de les inclure dans le parcours. Ceux deux peintures, dont Le Mont Athos, sont accompagnées de cartons pour le décor de la Salle du Maire de Prague, une des plus belle réussites de l’artiste.
Que dire de toutes ces œuvres ; on pourrait s’inquiéter de leur date « tardive » par rapport à l’art du tournant du siècle, juger de leur « anachronisme » en considérant les avant-gardes intervenues entretemps en Occident, estimer désuète ou dépassée leur esthétique. Il n’en est rien. En dépit de la motivation de l’artiste, qui s’explique très naturellement avec le néo-slavisme puis l’indépendance de la Tchécoslovaquie, on ne trouvera pas dans ces cycles l’académisme ou l’allégorisme fade auquel peuvent atteindre parfois des peintres inspirés dans les années 1890 puis figés dans une esthétique qui va même jusqu’à s’affaiblir (on pense à Jean Delville dont, sauf exception, les œuvres des années 1930 sont le plus souvent vidées de toute substance). Il est frappant de voir combien le symbolisme exprimé par Mucha dans Le Pater, ses visions à la fois angéliques et telluriques, l’originalité de son iconographie conservent leur force jusque dans les années 1920. Ces grands panneaux, théâtralisés, aux couleurs et aux plans complexes, qui mêlent personnages réels et figures surnaturelles saisissent par leur force plastique, leur virtuosité, leur sens dramatique.
Tout en conservant une véritable vocation décorative, au sens le plus noble du terme, ces scènes où se mêlent histoire, religiosité, occultisme, formes étranges, bestiaire mystérieux et dynamique des corps témoignent d’une vraie puissance créatrice. Que l’artiste en ait exposé une partie dès 1919, après le Traité de Versailles, puis ait remis solennellement au peuple tchèque et à la Ville de Prague le cycle entier en 1928 ne doit pas ramener cette production dans les limites d’un cadre seulement historique : on se demande même si ce n’est pas la meilleure part de l’œuvre de l’artiste. Il va de soi qu’il est impératif d’aller voir ces cycles et décors à Prague.
Enfin, pour nombre de ses œuvres, Mucha utilisait, comme beaucoup de contemporains, la photographie. On appréciera la beauté de ces clichés qui reflètent aussi, avec une indéniable force, la vie de l’atelier et les coulisses de sa création.
La scénographie, fluide et raffinée sans excès d’artifice, use de couleurs profondes et propices et si le parcours peut parfois sembler un peu labyrinthique, les outils pédagogiques sont généreux et bienvenus. On sort de l’exposition avec une vision renouvelée d’un artiste trop souvent vampirisé par son propre succès.

Un fort catalogue accompagne l’exposition, sous la direction de Jean-Louis Gaillemain, Michel Hilaire, Agnès Husslein-Arco et Christiane Lange.
Il s’agit surtout d’un bel album, très richement illustré, et certes pourvu d’une suite d’essais, intéressants mais souvent très (parfois trop ?) synthétiques. Cet ouvrage, rigoureux, mais qui n’est pas la somme scientifique que l’on aurait pu attendre (et qui est pourtant annoncée en quatrième de couverture par l’éditeur), comprend aussi une petite chronologie et de courts textes introductifs à tel ou tel sujet présent dans l’exposition. Si une correspondance inédite de l’artiste avec son mécène américain Charles R. Crane à propos de l’Epopée slave est ici livrée, on regrettera toutefois, comme souvent, l’absence de notices d’œuvres ; les images souvent admirables du Pater ou du décor pour le Maire de Prague auraient mérité à elles seules de vraies analyses.
Les textes n’étant pas très nombreux, on ne souffrira pas forcément de l’absence d’index, mais on s’interrogera en revanche sur la bibliographie, annoncée comme sélective, ce qui est le moins que l’on puisse dire puisqu’elle ne compte que treize références. On pourra aussi (marketing et routine obligent) trouver dommage que les organisateurs n’aient pas convaincu l’éditeur de reproduire en couverture autre chose qu’une affiche au détriment de tant d’ images présentes dans le catalogue et autrement.

A consulter parmi la liste des écrits de Mucha : Figures Décoratives et Documents décoratifs.
anti
15:46 Publié dans L'Univers d'Anti | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : peinture, franc maçonnerie, vienne, graphisme, sarah bernhardt, publicité, mucha
04 janvier 2010
La Franc-Maçonnerie Cubaine
« Celui qui ne se sent pas offensé par l'offense faite à d'autres hommes, celui qui ne ressent pas sur sa joue la brûlure du soufflet appliqué sur une autre joue, quelle qu'en soit la couleur, n'est pas digne du nom d'homme. » José Martí
Au cœur de l'hiver, petits souvenirs d'été et retour à Cuba pour vous parler d'une des choses qui m'a surprise là-bas en plus de toutes les merveilles dont regorgent cette île et ses habitants : la place importante et publique de la Franc-Maçonnerie.
Pour situer les choses, Cuba (11 423 952 habitants) et la Franc-Maçonnerie, c'est 300 loges, 20,000 membres d'après le "Guide maçonnique du monde", Henderson, 1990 soit presqu'autant qu'en Allemagne (400 loges, 21 000 membres), un peu plus qu'au Philippines (200 loges, 15 000 membres), un peu moins qu'en Italie (560 loges, 24 000 membres), Australie ( 580 loges, 30 000 membres), Canada (1600 loges, 180 000 membres), France (3200 loges, environ 360 000 membres), Angleterre (8000 loges, 600 000 membres) et Etats-Unis (15 300 loges, 1 509 000 membres).
Nous étions dans la Grand rue de Viñales en train de faire la queue pour retirer de l'argent, quand mon regard a été attiré par cette peinture de Soleil avec des traits qui partent comme des rayons. J'étais sidérée par la ressemblance de ce dessin avec celui figurant sur le drapeau tibétain, suffisamment pour quitter la queue et foncer vers le bâtiment tout rose tout mignon... très étonnant finalement qui l'arborait. Et là ! Surprise ! Je me trouvais devant un Temple ! Et un Temple Maçonnique, ça, aucun doute là-dessus.
Ce qui m'a étonné aussi, c'était d'apprendre que la grande figure cubaine, José Martí, était franc-maçon.
Son buste figure partout dans les grandes comme dans les petites villes. On trouve des citations affichées de lui, partout aussi.
Être cultivé est le seul moyen d'être libre

La Masonería no es mas que la forma activa del pensiamento liberal. J. Martí.
La Maçonnerie n'est rien de plus que la forme active de la pensée libre
Il faut dire que c'est La figure indépendantiste cubaine, bien avant Che Guevara. José Martí, dès l'âge de 15 ans, s'engage dans la lutte anti-coloniale et fonde un journal nationaliste. Il est arrêté pour trahison et condamné à six ans de travaux forcés un an plus tard. Libéré six mois plus tard et assigné à résidence, il fut déporté en Espagne durant quatre années.
Son exil se poursuivit entre la France et le Mexique. Une amnistie des prisonniers politiques lui permet de revenir à Cuba, où il fut de nouveau arrêté et de nouveau renvoyé en Espagne. Il s'installe à New York, où vivaient de nombreux exilés cubains, et durant les quinze années qui suivirent il se consacra sans relâche à l'activité politique au sein du parti révolutionnaire cubain. Il débarque sur Cuba en 1895, et est tué lors de sa première bataille contre les Espagnols. (Source Evène)

Au sein de la Franc-maçonnerie existent des sources de vraie morale et de bonheur.
L'homme qui réussit à s'abreuver dans celles-ci, se convertit dans bon et parfait, et il n'oublie pas que le bien est Dieu...
Si tous les hommes connaissaient l'enseignement sublime maçonnique, le monde serait
heureux parce qu'il s'alimenterait d'Amour, de justice, de beauté...
La franc-maçonnerie n'a pas plus de secret que l'intelligence et l'honnêteté.
Elle se fait le ballot des passions mauvaises à l'entrée, et contracte le devoir d'agir irréprochablement en son sein.
En el seno de la Francmasonería existen manantiales de verdadera moral y felicidad.
El hombre que logra beber en ellos, se convierte en bueno y perfecto, y no olvida que “el bien es Dios...
Si todos los hombres conocieran las sublimes enseñanzas masónicas,
el mundo seria feliz porque se alimentaría de amor, de justicia, de belleza...
La masonería no tiene más secreto que la inteligencia y la honradez.
Se deja el fardo de las malas pasiones a la entrada, y se contrae el deber de obrar irreprochablemente en ella.
Agir irréprochablement, perfectionner l'exercice de la liberté, préparer les citadins à la vie publique, aider à la réussite
de toute idée noble, ceci, sans rien de plus, sans rien d'inconnu, sans rien d'occulte sont les mystères de l'ordre maçonnique.
Obrar irreprochablemente, perfeccionar el ejercicio de la libertad, preparar a los ciudadanos a la vida publica,
ayudar al logro de toda noble idea, estos, sin uno mas, sin nada incógnito, sin nada oculto
son los misterios de la orden masónica.
La franc-maçonnerie trouve sa raison d'être dans l'utilité quelle apporte au milieu social dans lequel elle se développe
La Masonería funda la razón de su existencia por lo útil que resulta al medio social en que se desenvuelve.
Devant ce Temple donc, encore une fois il y avait le buste de José Martí. Et, à l'intérieur que nous avons eu la chance de visiter : aussi ! Tout comme le drapeau cubain. Parlons-en.

Le drapeau Cubain, œuvre franc-maçonne
Le drapeau cubain a été dessiné en juin 1849 par le poète Miguel Teurbe Tolon y de la Guardia (1820-1857) et son épouse Émilia (un couple cubain exilé à New York) qui créera également les armoiries nationales, à la demande du général vénézuélien Narciso Lopez (1797-1853), militaire (flibustier ?), devenu homme d'affaires à Cuba après avoir épousé une riche propriétaire cubaine.
Le général Narciso Lopez avait organisé une conspiration en vue de libérer l'île du joug colonial espagnol mais en vue de l'annexer aux Etats Unis d'Amérique ! Ceci explique la similitude du drapeau cubain avec le drapeau des États-Unis - auquel il emprunte les bandes et les couleurs puisqu'il souhaitait voir Cuba rejoindre la fédération américaine et ainsi y intégrer une nouvelle étoile. L'analogie se poursuit avec le Texas, ancienne colonie espagnole puis détaché du Mexique, qui dispose d'un drapeau identique à celui de Cuba.
Narciso Lopez étant franc-maçon (le Grand Orient de Cuba et des Antilles GOCA fut fondé en 1862), on n'est donc pas surpris de découvrir dans le drapeau des symboles maçonniques (triangle, étoile à cinq branches).
Il dut s'exiler aux Etats-Unis d'où il organisa deux tentatives d'invasions qui échouèrent (il fut exécuté par le supplice infamant du garrot).
C'est lors de la première expédition que ce drapeau sera hissé pour la première fois à Cardenas le 19 mai 1850... pour une journée.
Une version plus simple du drapeau (mais avec les mêmes couleurs) fut utilisée en 1869 lors de la guerre de Dix Ans déclenchée par Carlos Manuel de Céspedes, franc-maçon, propriétaire sucrier qui libéra ses esclaves.
Ce drapeau fut adopté comme emblème national par l'Assemblée Constituante de la République de Cuba le 11 avril 1869 puis le 20 mai 1902 lorsque la République Cubaine est instauré, après que Cuba soit devenu indépendante de l'Espagne en 1898.
Symbolique
Les trois couleurs (bleu, blanc et rouge), rappellent le triptyque de la Révolution française : ''liberté, égalité, fraternité''.
Le triangle équilatéral, symbole maçonnique, traduit aussi les idéaux révolutionnaires et républicains (liberté, égalité et fraternité), sa couleur rouge exprimant le sang versé par les patriotes cubains. L'étoile solitaire (La Estrella Solitaria) à cinq branches, autre symbole maçonnique, traduit l'indépendance nationale.
Les trois bandes bleues représentent les anciennes provinces (centrale, occidentale et orientale) qui contrôlaient l'île et les deux blanches symbolisent la pureté de la révolution et la justice (Source).
On peut ajouter que la symbolique de ce drapeau ne s'arrête pas à cette description loin de là ! On note aussi la symbolique des chiffres : 3 (bandes bleu), 5 (bandes) et 7 (éléments), etc.
Je vous le disais un peu plus haut, nous avons eu la chance de visiter cet endroit exceptionnel et inattendu par un heureux hasard.
Un soir que nous rentrions chez notre logeuse, j'ai eu envie de changer de route, pour visiter, quoi ;-), et là, en marchant dans une rue on ne peut plus banale, je tombe nez à nez avec une maison arborant le Compas, l'Équerre et la lettre G !!! (Comme... Galore ;-))

Moi : "Ben, ça alors !"
Anna : "Toi qui parles espagnol, demande-leur comment ça se fait qu'il y ait ces symboles sur leur maison. (A Cuba, les gens vivent toujours dehors, ça aide ;-))
Moi : Ben... J'sais pas... euh...
Finalement, je me suis dit que je regretterai toujours si je ne le faisais pas. Anna avait raison !
Par ailleurs, il nous a raconté qu'à Cuba comme ailleurs, les francs-maçons sont de tous bords : paysans comme enseignants, riches comme pauvres, jeunes et moins jeunes etc. pourvu qu'ils soient motivés par la même quête : la perfectibilité de l'Homme.
Il nous a dit aussi que les frères de Viñales bénéficiaient de l'aide de frères américains, notamment de Floride qui parvenaient à leur apporter ce dont ils manquent cruellement et particulièrement, des médicaments.
Enfin, il nous a indiqué où trouver le grand Temple de La Havane où nous devions retourner le jour même.
Encore une bien belle rencontre dont je garde un souvenir très fort dans mon cœur.
Temple National Maçonnique, avenue Salvador Allende, La Havane
Détails de la façade
José Martí. Drapeau Cubain
Présence de la Maçonnerie dans l'histoire de Cuba
Ainsi donc, sans le savoir, nous étions en voyage dans l'un des pays où la présence de l'idéologie maçonnique est très forte.
D'après le site Masoneria cubana en el exilio, les premières traces de la franc-maçonnerie en Cuba datent de 1763, bien que quelques enquêteurs pensent qu'elle a pu être présente avant, en prenant en compte certaines marques et les inscriptions de symbolisme maçonnique évident, gravées dans les pierres de taille de la muraille qui a entouré La Havane, dont la construction s'est initiée au XVIe siècle.
Le premier document officiel qui témoigne du travail de cette fraternité dans l'île, est un certificat du degré de Maître étendu au nom d'Alexandre Cockburn, en date du 3 mai 1763 durant l'occupation militaire de la Havane par les Anglais. C'était la Loge Militaire Anglaise un nombre 218 du Registre de l'Irlande, assignée au Régiment 48 de l'armée anglaise d'occupation, le premier corps maçonnique qui a réalisé ses fonctions en Cuba.
Après que les Anglais abandonnent l'île, toute trace d'activités maçonniques disparaît et jusqu'à 1791, avec la Révolution de Haïti, et que les colons français qui fuient la situation, s'installent à La Havane et à Saint-Jacques-de-Cuba et ouvrent quatre de ses loges (Persévérance, Concorde, Amitié et Bénéfique).
Cette influence française est confirmée dans "L'histoire générale de la Franc-Maçonnerie" de Paul Naudon :
Des loges sporadiques furent constituées à Cuba au début du XIXe siècle, les unes par des Francs-Maçons français que l'insurrection chassa de Saint-Domingue , les autres par la Grande Loge de Pennsylvanie. Ce n'est qu'en 1859 que trois loges existantes constituèrent la "Gran Logia de Colon", avec siège à Santiago. Un suprême conseil fut institué la même année. Les deux obédiences s'unirent et formèrent Le Grand Orient de Colon.
A partir de 1867 le clergé catholique donna le signal de la persécution des Maçons, plusieurs furent fusillés et les 30 loges de l'île furent bientôt réduites à 7. Celles-ci restaurèrent, en 1874, une Grande Loge Souveraine de Colon. En 1876 étaient fondées deux autres Grandes Loges. Les années qui suivirent furent marquées par des scissions et des regroupements, qui aboutirent en 1880 à une union sous le nom de Grande Loge Unie de Colone t de l'Île de Cuba.
Actuellement (1987), il existe trois obédiences. La plus importante est la Grande Loge de Cuba des Francs-Maçons Anciens et Acceptés. Le nouveau régime politique n'est pas hostile à la Franc-Maçonnerie.
De nombreux révolutionnaires castristes étaient francs-maçons.
Ainsi donc, non seulement Cuba est imprégnée de Franc-Maçonnerie, mais l'influence française est énorme. Peut-être avons nous ressenti cela dans l'enthousiasme vis-à-vis des français et de la culture française là-bas ?
Pour poursuivre, je vous conseille bien sûr l'article en entier sur l'histoire de la Maçonnerie à Cuba et aussi, ce pdf : L'influence de la franc-maçonnerie française dans le Département Oriental de Cuba dans les années 1820 - Les apports de la prosopographie.
A consulter : La Grande Loge de Cuba a célébré ses 150 ans depuis sa fondation le 5 décembre 1859
Site non officiel de la Grande Loge de Cuba
Sur José Martí (Source Wikipédia) :
Il a créé la revue L'Âge d'or en 1889. Les publications de la revue étaient : des contes, essais et poésies qui incarnaient l'idéalisme et l'humanisme de Martí. L'universalité des valeurs humaines est dépeinte à travers un grand spectre de thèmes et d'époques traités dans la revue. L'Âge d'or incitait les jeunes à la recherche de la connaissance, l'amour et la justice.
Les quatre numéros de la revue furent compilés dans un livre du même nom et sont considérés comme des classiques de la littérature cubaine et latino-américaine.
Martí y Masoneria
Ce dernier possède un monument en son honneur, situé dans la ville de Québec, au Canada.
Sa modeste maison natale, Calle Paula n°314 à La Havanne, est transformée en musée à sa mémoire.
Il y a aussi un monument qui lui est dédié à La Havane, sur la Plaza de la Révolución, dans lequel on retrouve un musée sur la révolution (et José Martí) et aussi où se déroulent des réunions politiques (d'ailleurs le musée est parfois fermé à cause des réunions). Il existe une autre statue de José Martí, sise sur le Malecon havanais face à l'immeuble des intérêts américains, cette statue présente le poète philosophe portant un enfant (Elian Gonsalez) dans ses bras et pointant un doigt comminatoire vers l'immeuble.
Des bustes de José Martí sont visibles dans la plupart des édifices publics de Cuba.
Une de ses citations les plus célèbres : "là ou il y a du cœur il y a de l'avenir"
Le 28 janvier 2009, à l'occasion du 156ème anniversaire de sa naissance, un buste de José Marti a été inauguré, Boulevard Louis Blanc à Montpellier, qui devient ainsi la seule ville en France à posséder l'effigie de l'illustre poète et homme politique. Ce buste, œuvre du scupteur cubain Alberto Lescay Merencio est un don de l'ambassade de Cuba à la ville de Montpellier.
Sur l'île de la Réunion, dans la ville du Port, une rue du quartier des grands hommes porte son nom.

Et bien sûr, téléchargez gratuitement Le Septième livre de Anna Galore ;-)
anti
11:15 Publié dans L'Univers d'Anti | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : cuba, franc maçonnerie, viñales, la havane, haiti
02 novembre 2009
Alfons Mucha

L'étoile du matin
Hier nous sommes allées visiter le musée Belvédère à Vienne : un régal ! Mais de cela, je vous parlerai un peu plus tard. Pour le moment, je voudrais revenir sur une exposition qui a eu lieu en début d'année et que j'aurais volontiers vue car je suis une grande fan, une rétrospective consacrée à Alfons Mucha, Le Maître de l'Art Nouveau.

La Lune et l'Etoile Polaire
La rétrospective Alfons Mucha à Vienne: un grand retour
Quelque 250 oeuvres ont été réunies pour la grande rétrospective du peintre Alfons Mucha que les Viennois peuvent voir ces jours-ci dans une dizaine de salles du Musée Unteres Belvédère. Il s’agit de la plus grande exposition de ce peintre jamais organisée dans la capitale autrichienne.
L’ambition de ses auteurs est de mettre en relief l’ensemble de l’oeuvre et de la vie de cet « artisan » de l’Art nouveau.
Courbes, volutes, ornements floraux, couleurs raffinées – tels sont les éléments typiques du style Mucha. On sait que le peintre, né en 1860, a vécu à Munich et à Paris, mais il est moins connu qu’au début de sa carrière, l’artiste, encore inconnu, a travaillé à Vienne comme assistant - décorateur de théâtre. Sa rétrospective actuelle peut donc être considérée comme un grand retour dans la capitale sur le Danube. C’est cependant son séjour parisien qui a été décisif pour la formation de son style.

La Nature, 1899
L’historienne de l’art Petra Hoftychová évoque cette partie de sa carrière :
« A Paris, Mucha est devenu un artiste recherché. Il s’est fait connaître surtout par ses œuvres créées pour Sarah Bernhardt, des œuvres pour le théâtre, des affiches et des illustrations. C’était un excellant dessinateur qui maîtrisait pourtant aussi toutes les techniques de la peinture. C’était un bon peintre et illustrateur qui savait donner un contenu à des compositions monumentales. »
250 tableaux, dessins, croquis, affiches, livres, bijoux et meubles, au Belvédère de Vienne, illustrent l’oeuvre d’un artiste qui a su imposer son style à toute l’Europe. Ses ornements stylisés et ses figures féminines d’une grâce languissante ont été utilisés pour la promotion d’innombrables articles dont les grandes marques de biscuits, de chocolats, de spiritueux et de cigarettes. Les visiteurs de l’exposition trouvent aussi plusieurs ensembles intéressants dont le mobilier de la boutique parisienne du joaillier Georges Fouquet ou bien la reconstruction des décors créés par l’artiste pour le pavillon de Bosnie-Herzégovine à l’Exposition universelle de 1900, à Paris. Une salle est réservée à deux immenses tableaux faisant partie du cycle d’une vingtaine de toiles monumentales par lesquelles le peintre a évoqué les grands moments de l’histoire des peuples slaves. Petra Hoftychová a participé aux préparatifs de cette partie de l’exposition :
« C’était bien difficile, parce que les restaurateurs devaient d’abord préparer les tableaux pour le transport. Ils ont donc travaillé à Moravský Krumlov où l’Epopée slave est exposée actuellement. Ils ont d’abord examiné et restauré la peinture, puis ont décroché les toiles de leurs châssis, les ont enroulées avec beaucoup de précautions sur de grands cylindres. Et, finalement, ils les ont emballées et les ont mises dans d’énormes caisses pour les transporter par camion. »
Selon le commissaire français de l’exposition, Jean-Louis Gaillemin, en créant cette collection monumentale à une époque belliqueuse, Mucha a voulu démontrer que la civilisation slave était très attachée à l’art et non pas aux armes.
La rétrospective Alfons Mucha au Belvédère de Vienne durera jusqu’au 1er juillet prochain et sera ensuite transférée à Munich jusqu'au 24 janvier 2010 après être passée à Montpellier (arghhhhhhhhhhh). (Source Radio CZ à retrouver en version audio).
Mucha à Vienne
Mucha émigre en 1879 à Vienne afin de travailler pour la plus grande entreprise de décors de théâtre de Vienne, tout en continuant sa formation artistique.
A cette époque, Vienne est la capitale d'un empire déclinant : l'empire Austro-hongrois. Elle est néanmoins un centre culturel important : musique, littérature, psychanalyse (Freud).
Dans le domaine architectural, Vienne s'est dotée de grands boulevards, de places, ce qui met en valeur les bâtiments. La génération de la fin du XIXe siècle veut faire du neuf, mais contrairement à leurs contemporains de l'Art Nouveau, ils intègrent des éléments du passé.
En revanche, j'ai eu la joie de visiter le musée qui lui est consacré à Prague il y a quelques années.
Avoir aussi, le site de la Fondation Mucha.
Mucha et la franc-maçonnerie
D'un esprit sensible et porté à la méditation, Mucha fut attiré par le côté ésotérique de la franc-maçonnerie. Il fut initié à la Grande Loge de Paris en 1898. L'influence du symbolisme maçonnique est perceptible dans toute son œuvre et en particulier dans l'ouvrage illustré Le Pater. Après la formation de la Tchécoslovaquie en 1918, Mucha contribua à l'établissement de la première Loge de langue tchèque, la Loge Komensky à Prague et il fut rapidement Grand Maître de la Grande Loge de Tchécoslovaquie.
Il devint plus tard Grand Commandeur Souverain de Tchécoslovaquie. Mucha créa de nombreux dessins pour la Loge tchécoslovaque, notamment des brevets, des en-têtes et des médailles.
Mucha meurt à Prague le 14 juillet 1939 à l'age de 79 ans, quelques jours après avoir été interrogé par la Gestapo qui s'intéresse à lui du fait de son appartenance à la franc-maçonnerie. Son corps est jeté à la fosse commune. Une plaque commémorative lui est dédiée au cimetière des Grands Hommes de Prague.
Une loge maçonnique francophone, à Prague, porte son nom.
Voici un autre article très intéressant, de Jean-David Jumeau-Lafond pour la Tribune de l'Art : Aucune exposition monographique n’avait été consacrée à Alfons Mucha depuis plus de trente ans en France et l’on sait combien l’étude de la fin du XIXe siècle a progressé depuis cette époque. Il était donc indispensable que fût organisée à nouveau une présentation d’ensemble de l’œuvre de l’artiste tchèque. C’est chose faite à Montpellier, en collaboration avec le Belvédère de Vienne et la Kunsthalle de Munich, et l’on ne peut que se féliciter de ce travail considérable.
L’exposition et le catalogue qui l’accompagne font donc le point sur un artiste aussi prolifique et original que mal connu. Le (souvent médiocre) revival de l’Art nouveau dans les années 1970 a certes popularisé les affiches de Mucha, et maints produits dérivés, comme d’ailleurs à son époque, ont fleuri, donnant de son œuvre une image souvent répétitive, réductrice et quelque peu « nouillarde ». Dieu sait pourtant si l’Art nouveau, le symbolisme, l’éclectisme fin-de-siècle, l’art de la « Belle époque » sont tout sauf médiocres et superficiels. L’exposition rend ainsi justice à l’œuvre d’un artiste ô combien subtil, maîtrisant les techniques, épris d’une créativité frénétique, d’un idéal élevé et pétri de raffinement.
La présentation de Montpellier (voir en vidéo) réunit un ensemble considérable d’œuvres (environ 280) : peintures, dessins, estampes, mobilier, arts décoratifs, bijoux, photographies ainsi qu’une riche documentation couvrant toute la carrière de l’artiste depuis son apprentissage jusqu’aux dernières années. Comme, jusqu’ici, Mucha n’apparaissait le plus souvent dans la littérature que pour une quinzaine d’années de production, l’époque parisienne essentiellement, le choc est grand en découvrant les peintures d’après 1900, l’attachement du peintre à son identité slave et ses grands projets, représentés ici de façon saisissante.
Après quelques belles images d’un film d’époque qui ressuscite le peintre devant nos yeux, une première salle évoque ses débuts en Moravie puis ses études, assez brèves, en Autriche et en Allemagne (elles ne seront complétées que par son passage aux académies Julian et Colarossi). Un beau Hans Mackart, et un paravent peint par Mucha vers 1881 résument les influences subies et ce Mucha « avant Mucha », ainsi que quelques illustrations parisiennes encore peu caractéristiques et un autoportrait de 1907.
Une salle, spécifique à l’étape de Montpellier, rappelle que la carrière fulgurante de Mucha doit tout à la France et, plus encore, à une française, Sarah Bernhardt. Une affiche commandée presque par hasard, celle de Gismonda, décidera de la suite des événements : cette collaboration est évoquée par l’ensemble des affiches faites pour les pièces de la grande tragédienne mais aussi par des esquisses et plusieurs toiles majeures représentant Sarah : Clairin, Bastien-Lepage, Parrot. Le costume et la tiare portés par l’actrice dans Théodora ainsi que divers bijoux et accessoires ornent une vitrine qui achève de resituer ce contexte théâtral. Celui-ci est loin de n’être qu’historique ou anecdotique. L’art de Mucha, tant celui d’illustrateur que les grands cycles de la dernière période, resteront redevables d’un art essentiellement scénographique sans aucun doute imprégné des contacts du peintre avec le théâtre.
La salle suivante évoque le dessin de Mucha et ses premières illustrations, en particulier les Scènes de l’histoire d’Allemagne et les Scènes de l’histoire d’Espagne de Charles Seignobos pour lesquelles, parfois, l’artiste ne se contentait toutefois pas de projets graphiques mais aussi d’huiles presque monochromes extrêmement poussées.
Une section est entièrement consacrée à l’illustration d’Ilsée, princesse de Tripoli de Robert de Flers. Tous les bibliophiles connaissent cet ouvrage majeur de l’époque et si l’on doit en reconnaître l’importance, il faut aussi souligner combien Mucha apparaît ici tributaire du symbolisme parisien et de prédécesseurs tels qu’Eugène Grasset (avec Les Quatre fils Aymon de 1883) et surtout Carlos Schwabe dont certaines formes et inventions iconographiques se retrouvent quasiment trait pour trait dans les planches d’Ilsée. Mucha y réinterprète à sa façon l’invention ornementale, le traitement libre de la page et le sens du symbole présents dans L’Evangile de l’enfance (1891-1892) du dessinateur suisse ; rappelons qu’Ilsée date de 1897 ce qui est déjà assez tard pour le symbolisme et l’Art nouveau.
On mesure toutefois à l’ampleur de la section suivante l’engouement extraordinaire dont a bénéficié l’artiste à cette période et ses nombreuses commandes d’affiches entre 1896 et 1900, période d’apogée de la « Réclame ». Si l’on y trouve les publicités pour Nestlé, le champagne Moët et Chandon ou les fameuses cigarettes Job, la sélection rappelle aussi les efforts développés durant cette période pour élever l’art de l’affiche au rang d’expression noble dans la tradition de l’estampe. Les expositions qui lui sont consacrées en attestent : Salon des Cent, expositions de La Plume etc.
Si Mucha ne grave pas lui-même, il dessine cependant souvent directement sur la pierre lithographique ensuite traitée par le technicien. Divers objets, boites métalliques et de belles étoffes (dont deux superbes tapis) témoignent de la diffusion de certains motifs de Mucha à grande échelle et sur de nombreux supports.
Mucha aurait sans doute pu devenir un des acteurs importants de la bibliophilie de la fin de siècle : ses nombreuses activités puis son départ de France ne lui permirent toutefois pas d’exercer pleinement l’art très prenant de l’illustration et il ne laisse vraiment que deux ouvrages majeurs. Après Ilsée qui fut un réel succès, l’artiste se vit demander par les éditions Piazza un nouveau projet. Mucha suggéra un livre dont il devait être à la fois le rédacteur et l’illustrateur. C’est ainsi que naquit Le Pater, paraphrase textuelle et iconique du « Notre Père ».
La parenté, là aussi, avec L’Evangile de l’enfance est assez nette, dans cette réinterprétation contemporaine d’un texte sacré.
Un ensemble de dessins originaux, d’études et de planches permet de découvrir la richesse symbolique et plastique de ce travail. On sait que Mucha, qui devait adhérer à la franc-maçonnerie en 1898 (à peu près à la même époque donc), éprouvait, comme bien des artistes de son temps, un grand attrait pour l’occultisme. Sa lecture du Pater apparaît évidemment imprégnée de visions personnelles éloignées de toute iconographie académique. Sans doute est-ce là la contribution la plus remarquable du peintre au symbolisme. On remarquera tout particulièrement l’intérêt de Mucha pour un rapprochement entre des visions spirituelles et des évocations d’ordres scientifique et naturel, caractéristiques du souci de réconcilier religion et positivisme, préoccupations qui habitaient bien des artistes et des savants à cette époque (la prochaine exposition Maurice Chabas à Pont-Aven en donnera un bel exemple).
La salle s’accompagne de divers documents qui rappellent les liens de Mucha avec les milieux ésotériques ou ceux de l’hypnose. Ainsi du colonel de Rochas, dont le livre consacré aux poses hypnotiques de son modèle Lina, est revêtu d’une couverture signée de l’artiste (plusieurs images de ce livre furent d’ailleurs prises dans son atelier). Cette section présente vraiment de splendides dessins comme La Mort de la fiancée d’Hasanaga, et d’autres images très inspirées et bien éloignées du graphisme auquel on pense d’emblée en évoquant l’artiste. Ce côté sombre, représenté au Musée d’Orsay par plusieurs œuvres était visible l’hiver dernier avec l’étrange Gouffre dans l’exposition consacrée aux pastels.Il est vrai qu’indépendamment même de ses affiches, on connaît moins bien la contribution de Mucha aux arts décoratifs : une section présente de nombreux dessins et projets d’objets d’ameublement, de décors ou tout simplement de motifs à exploiter. Si certains atteignent à une vraie dynamique originale, d’autres n’ont pas la densité créatrice que l’on peut retrouver chez Guimard ou Horta. Mucha publia toutefois des Documents décoratifs en 1902 qui se voulaient une vraie grammaire des formes à l’instar des répertoires d’un Eugène Grasset par exemple (il y a d’ailleurs une certaine parenté dans le goût de ces deux créateurs pour un Art nouveau qui ne rompt pas toujours avec l’historicisme).
Dans une salle très réussie qui présente la reconstitution de la boutique du joaillier Fouquet (Musée Carnavalet, Paris) dont on sait qu’elle fut somptueusement réalisée par Mucha, des vitrines offrent au regard quelques uns des beaux bijoux dus aux cartons de l’artiste. On en admire la richesse et le dessin, alliant symbolisme et recherche de la forme, comme dans la Princesse lointaine due au joailler Armand Truffier.
Le « clou » de l’exposition est un peu la mise en scène de la plupart des décors peints par Mucha pour orner le pavillon de la Bosnie-Herzégovine à l’Exposition universelle de Paris en 1900. Les commissaires et le Musée Fabre ont repris les structures reconstituées dès la présentation viennoise de l’exposition, adaptant l’espace afin de montrer ces « fresques » dans une salle spectaculaire. En dépit de quelques manques et d’un état parfois un peu dégradé, ce panorama d’une Bosnie idéalisée où cohabitent orthodoxes, catholiques et musulmans laisse quelque peu rêveur lorsqu’on connaît la suite de l’histoire. L’artiste y met son art de la synthèse au service d’une pratique habile, décorative et tout à la fois allégorique, graphique mais dense qui devait faire merveille dans le bâtiment d’origine.
Quelques photographies anciennes permettent de s’imaginer l’effet produit par ce décor qui consacre le retour de Mucha vers ses origines slaves et anticipe ses projets futurs. Mucha avait en effet déclaré qu’il consacrerait la seconde partie de sa vie à l’illustration de l’âme slave. Avec le soutien d’un mécène américain, il se dévouera en effet pendant de longues années à L’Epopée slave, grand cycle conservé à Prague. Deux énormes tableaux de ce projet sont présentés au Musée, dans une salle « hors exposition », tant les formats rendaient difficile de les inclure dans le parcours. Ceux deux peintures, dont Le Mont Athos, sont accompagnées de cartons pour le décor de la Salle du Maire de Prague, une des plus belle réussites de l’artiste.
Que dire de toutes ces œuvres ; on pourrait s’inquiéter de leur date « tardive » par rapport à l’art du tournant du siècle, juger de leur « anachronisme » en considérant les avant-gardes intervenues entretemps en Occident, estimer désuète ou dépassée leur esthétique. Il n’en est rien. En dépit de la motivation de l’artiste, qui s’explique très naturellement avec le néo-slavisme puis l’indépendance de la Tchécoslovaquie, on ne trouvera pas dans ces cycles l’académisme ou l’allégorisme fade auquel peuvent atteindre parfois des peintres inspirés dans les années 1890 puis figés dans une esthétique qui va même jusqu’à s’affaiblir (on pense à Jean Delville dont, sauf exception, les œuvres des années 1930 sont le plus souvent vidées de toute substance). Il est frappant de voir combien le symbolisme exprimé par Mucha dans Le Pater, ses visions à la fois angéliques et telluriques, l’originalité de son iconographie conservent leur force jusque dans les années 1920. Ces grands panneaux, théâtralisés, aux couleurs et aux plans complexes, qui mêlent personnages réels et figures surnaturelles saisissent par leur force plastique, leur virtuosité, leur sens dramatique.
Tout en conservant une véritable vocation décorative, au sens le plus noble du terme, ces scènes où se mêlent histoire, religiosité, occultisme, formes étranges, bestiaire mystérieux et dynamique des corps témoignent d’une vraie puissance créatrice. Que l’artiste en ait exposé une partie dès 1919, après le Traité de Versailles, puis ait remis solennellement au peuple tchèque et à la Ville de Prague le cycle entier en 1928 ne doit pas ramener cette production dans les limites d’un cadre seulement historique : on se demande même si ce n’est pas la meilleure part de l’œuvre de l’artiste. Il va de soi qu’il est impératif d’aller voir ces cycles et décors à Prague.
Enfin, pour nombre de ses œuvres, Mucha utilisait, comme beaucoup de contemporains, la photographie. On appréciera la beauté de ces clichés qui reflètent aussi, avec une indéniable force, la vie de l’atelier et les coulisses de sa création.
La scénographie, fluide et raffinée sans excès d’artifice, use de couleurs profondes et propices et si le parcours peut parfois sembler un peu labyrinthique, les outils pédagogiques sont généreux et bienvenus. On sort de l’exposition avec une vision renouvelée d’un artiste trop souvent vampirisé par son propre succès.

Un fort catalogue accompagne l’exposition, sous la direction de Jean-Louis Gaillemain, Michel Hilaire, Agnès Husslein-Arco et Christiane Lange.
Il s’agit surtout d’un bel album, très richement illustré, et certes pourvu d’une suite d’essais, intéressants mais souvent très (parfois trop ?) synthétiques. Cet ouvrage, rigoureux, mais qui n’est pas la somme scientifique que l’on aurait pu attendre (et qui est pourtant annoncée en quatrième de couverture par l’éditeur), comprend aussi une petite chronologie et de courts textes introductifs à tel ou tel sujet présent dans l’exposition. Si une correspondance inédite de l’artiste avec son mécène américain Charles R. Crane à propos de l’Epopée slave est ici livrée, on regrettera toutefois, comme souvent, l’absence de notices d’œuvres ; les images souvent admirables du Pater ou du décor pour le Maire de Prague auraient mérité à elles seules de vraies analyses.
Les textes n’étant pas très nombreux, on ne souffrira pas forcément de l’absence d’index, mais on s’interrogera en revanche sur la bibliographie, annoncée comme sélective, ce qui est le moins que l’on puisse dire puisqu’elle ne compte que treize références. On pourra aussi (marketing et routine obligent) trouver dommage que les organisateurs n’aient pas convaincu l’éditeur de reproduire en couverture autre chose qu’une affiche au détriment de tant d’ images présentes dans le catalogue et autrement.

A consulter parmi la liste des écrits de Mucha : Figures Décoratives et Documents décoratifs.
anti
11:30 Publié dans L'Univers d'Anti | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : peinture, franc maçonnerie, vienne, graphisme, sarah bernhardt, publicité, mucha
05 octobre 2009
La Piscine de Roubaix.
Monilet nous rappelait son origine chti hier, ce qui m'a donné l'envie de revenir en terre du nord en vous parlant d'un endroit que j'aime beaucoup : La piscine de Roubaix devenue Le musée d'Art et d'Industrie de la ville de Roubaix.
La Piscine – Musée d’art et d’industrie André Diligent est implantée depuis le 21 octobre 2001 sur le site de l’ancienne piscine municipale de Roubaix, un exceptionnel bâtiment art déco qui, à l’initiative du maire Jean-Baptiste Lebas, a été bâti entre 1927 et 1932 selon les plans de l’architecte lillois Albert Baert. Intégralement restaurée grâce au travail de reconversion confié à Jean-Paul Philippon, elle a retrouvé son faste d’antan et est aujourd’hui inscrite au patrimoine du 20e siècle.La piscine originelle, doté d’un fonctionnement social innovant, offrait à l’époque un service sportif et hygiénique de qualité.
Devenue musée dont le projet culturel s'axe autour du concept de "musée solidaire", en symbiose avec l'âme du site et afin de ne rien oublier de l'identité populaire de la "Ville des cols bleus" que fut Roubaix, la Piscine accueille désormais des collections qui, constituées tout au long des XIXe et XXe siècles, sont celles d’une ville industrielle qui s’est construite sur un modèle plus anglo-saxon que français, c'est-à-dire sans créer de hiérarchie entre les arts appliqués et les Beaux Arts.
Le visiteur déambulant dans les espaces majestueux du musée peut donc admirer une collection permanente à la fois riche, originale et de qualité.
Dans le bassin, autour de la lame d'eau bordée par le jardin de sculptures, un très riche fonds textile (plusieurs milliers de livres d'échantillon textiles et des pièces de tissus allant de l'Egypte copte aux créations les plus contemporaines), côtoie les œuvres imposantes du fonds de production de la Manufacture de Sèvres et de belles collections de céramique, de mode et de design.
Dans les ailes des anciennes salles de bain, les collections Beaux Arts, organisées en un parcours chronologique et thématique, racontent le goût des collectionneurs Roubaisiens du XIXe et de la moitié du XXe siècles et se sont enrichies d’importants dépôts du Musée d’Orsay, du Musée National d’Art Moderne, du Fonds national d’art contemporain et du Musée Rodin.
Depuis l'été 2008, un bronze monumental de Jedd Novatt orne le jardin d'entrée - où se trouve déjà "Les trois Cailloux" d'Agnès Decoux et de Serge Bottagisio - et introduit le projet d'une collection de sculptures contemporaines.

La Piscine organise enfin chaque année de nombreuses expositions temporaires autour de thèmes variées, notamment en lien avec les arts appliqués. (Source Centre National des Arts Plastiques).
Parmi les collections présentées au public (liste des oeuvres sur Wiki) :
* une collection de textile comprenant des milliers d'échantillons de la production française de 1835 à 1940 et des pièces textiles allant de l'Antiquité (Egypte) à la création contemporaine,
* une collection de mode,
* une collection de céramique,
* un fonds ethnographique sur l'industrie textile,
* et un fonds Beaux-Arts constitués d'oeuvres des XIX e et XX e siècles (Camille Claudel, Henri Fantin-Latour, Jean-Léon Gérôme, Dominique Ingres, Tamara de Lempicka, Kees Van Dongen...)
quelques images des œuvres exposées (voir aussi la collection ) :

Hall d'entrée © L'Internaute Magazine / Mélanie Layec
Rembrandt BUGATTI. Chat mangeant dans son écuelle. 1906. Plâtre.

Théodore RIVIÈRE. Attila et la horde des Huns (1897). Bronze. Photo site du Musée.

Jean Léon GÉRÔME. Esclaves à vendre. 1873. Huile sur toile. Photo site du Musée.

Rémy COGGHE. Le repos du modèle. 1883. Huile sur toile. Photo site du Musée.

Pour poursuivre, on peut consulter l'excellent livre "La Piscine - Musée D'art Et D'industrie De Roubaix"
Des photos des œuvres et encore d'autres du musée !
A lire aussi : La persée de la lumière du Nord, Le musée industriel de Roubaix. L'article de l'Internaute, très chouette aussi.
anti
Sculpture Jedd Novatt. Photo Lille la nuit.













Dans ce roman, les éléments les plus renversants et les plus incroyables ne sont pas ceux que j'ai imaginés mais ceux qui sont totalement véridiques, tels qu'on les trouve dans les sectes réelles. J'ai puisé mes sources en particulier dans la Scientologie, le Mouvement Raëlien et les Enfants de Dieu, la plupart du temps sur les sites web officiels de ces organisations, dans les déclarations de leurs gourous ou dans des décisions de justice. 
Enfin, j'ai trouvé un 

Les trois livres ont été envoyés vers 15h par Copy Media en colissimo, pour être livrés demain chez les parents d'Anti, qui habitent, ça ne s'invente pas, à Sainte-Anne (mais pas Galore).
Une fois encore, tout est lié, par des voies parfois subtiles. J'ai remarqué hier soir que Copy Media a pour adresse la rue Francisco Ferrer. Ce nom m'a rappelé quelque chose. Normal, on le voit partout à Barcelone, où nous étions il y a 












