24 juillet 2010

150e anniversaire de la naissance d'Alfons Mucha

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Aujourd'hui, Google met à l'honneur Alfons Mucha. En effet, il y a 150 ans aujourd'hui que naissait cet homme que j'admire, l'occasion de remettre au goût du jour l'article que je lui avais consacré en novembre dernier : Alfons Mucha, 2 novembre 2009.

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L'étoile du matin


Hier nous sommes allées visiter le musée Belvédère à Vienne : un régal ! Mais de cela, je vous parlerai un peu plus tard. Pour le moment, je voudrais revenir sur une exposition qui a eu lieu en début d'année et que j'aurais volontiers vue car je suis une grande fan, une rétrospective consacrée à Alfons Mucha, Le Maître de l'Art Nouveau.

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La Lune et l'Etoile Polaire


La rétrospective Alfons Mucha à Vienne: un grand retour

Quelque 250 oeuvres ont été réunies pour la grande rétrospective du peintre Alfons Mucha que les Viennois peuvent voir ces jours-ci dans une dizaine de salles du Musée Unteres Belvédère. Il s’agit de la plus grande exposition de ce peintre jamais organisée dans la capitale autrichienne.

L’ambition de ses auteurs est de mettre en relief l’ensemble de l’oeuvre et de la vie de cet « artisan » de l’Art nouveau.


Repos de la nuit, Rêverie du soir, Les heures du jour, Éveil du matin


Courbes, volutes, ornements floraux, couleurs raffinées – tels sont les éléments typiques du style Mucha. On sait que le peintre, né en 1860, a vécu à Munich et à Paris, mais il est moins connu qu’au début de sa carrière, l’artiste, encore inconnu, a travaillé à Vienne comme assistant - décorateur de théâtre. Sa rétrospective actuelle peut donc être considérée comme un grand retour dans la capitale sur le Danube. C’est cependant son séjour parisien qui a été décisif pour la formation de son style.

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La Nature, 1899


L’historienne de l’art Petra Hoftychová évoque cette partie de sa carrière :

« A Paris, Mucha est devenu un artiste recherché. Il s’est fait connaître surtout par ses œuvres créées pour Sarah Bernhardt, des œuvres pour le théâtre, des affiches et des illustrations. C’était un excellant dessinateur qui maîtrisait pourtant aussi toutes les techniques de la peinture. C’était un bon peintre et illustrateur qui savait donner un contenu à des compositions monumentales. »

mucha_moet.jpg 250 tableaux, dessins, croquis, affiches, livres, bijoux et meubles, au Belvédère de Vienne, illustrent l’oeuvre d’un artiste qui a su imposer son style à toute l’Europe. Ses ornements stylisés et ses figures féminines d’une grâce languissante ont été utilisés pour la promotion d’innombrables articles dont les grandes marques de biscuits, de chocolats, de spiritueux et de cigarettes.

Les visiteurs de l’exposition trouvent aussi plusieurs ensembles intéressants dont le mobilier de la boutique parisienne du joaillier Georges Fouquet ou bien la reconstruction des décors créés par l’artiste pour le pavillon de Bosnie-Herzégovine à l’Exposition universelle de 1900, à Paris. Une salle est réservée à deux immenses tableaux faisant partie du cycle d’une vingtaine de toiles monumentales par lesquelles le peintre a évoqué les grands moments de l’histoire des peuples slaves. Petra Hoftychová a participé aux préparatifs de cette partie de l’exposition :

« C’était bien difficile, parce que les restaurateurs devaient d’abord préparer les tableaux pour le transport. Ils ont donc travaillé à Moravský Krumlov où l’Epopée slave est exposée actuellement. Ils ont d’abord examiné et restauré la peinture, puis ont décroché les toiles de leurs châssis, les ont enroulées avec beaucoup de précautions sur de grands cylindres. Et, finalement, ils les ont emballées et les ont mises dans d’énormes caisses pour les transporter par camion. »

Selon le commissaire français de l’exposition, Jean-Louis Gaillemin, en créant cette collection monumentale à une époque belliqueuse, Mucha a voulu démontrer que la civilisation slave était très attachée à l’art et non pas aux armes.

La rétrospective Alfons Mucha au Belvédère de Vienne durera jusqu’au 1er juillet prochain et sera ensuite transférée à Munich jusqu'au 24 janvier 2010 après être passée à Montpellier (arghhhhhhhhhhh). (Source Radio CZ à retrouver en version audio).

Mucha à Vienne

Mucha émigre en 1879 à Vienne afin de travailler pour la plus grande entreprise de décors de théâtre de Vienne, tout en continuant sa formation artistique.

A cette époque, Vienne est la capitale d'un empire déclinant : l'empire Austro-hongrois. Elle est néanmoins un centre culturel important : musique, littérature, psychanalyse (Freud).

Dans le domaine architectural, Vienne s'est dotée de grands boulevards, de places, ce qui met en valeur les bâtiments. La génération de la fin du XIXe siècle veut faire du neuf, mais contrairement à leurs contemporains de l'Art Nouveau, ils intègrent des éléments du passé.

En revanche, j'ai eu la joie de visiter le musée qui lui est consacré à Prague il y a quelques années.

Avoir aussi, le site de la Fondation Mucha.




PB020024.JPGAlfons Mucha en grande tenue maçonnique, vers 1925.

Mucha et la franc-maçonnerie

D'un esprit sensible et porté à la méditation, Mucha fut attiré par le côté ésotérique de la franc-maçonnerie. Il fut initié à la Grande Loge de Paris en 1898. L'influence du symbolisme maçonnique est perceptible dans toute son œuvre et en particulier dans l'ouvrage illustré Le Pater. Après la formation de la Tchécoslovaquie en 1918, Mucha contribua à l'établissement de la première Loge de langue tchèque, la Loge Komensky à Prague et il fut rapidement Grand Maître de la Grande Loge de Tchécoslovaquie.

Il devint plus tard Grand Commandeur Souverain de Tchécoslovaquie. Mucha créa de nombreux dessins pour la Loge tchécoslovaque, notamment des brevets, des en-têtes et des médailles.


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Mucha meurt à Prague le 14 juillet 1939 à l'age de 79 ans, quelques jours après avoir été interrogé par la Gestapo qui s'intéresse à lui du fait de son appartenance à la franc-maçonnerie. Son corps est jeté à la fosse commune. Une plaque commémorative lui est dédiée au cimetière des Grands Hommes de Prague.

Une loge maçonnique francophone, à Prague, porte son nom.







3581jk3.jpgVoici un autre article très intéressant, de Jean-David Jumeau-Lafond pour la Tribune de l'Art :

Aucune exposition monographique n’avait été consacrée à Alfons Mucha depuis plus de trente ans en France et l’on sait combien l’étude de la fin du XIXe siècle a progressé depuis cette époque. Il était donc indispensable que fût organisée à nouveau une présentation d’ensemble de l’œuvre de l’artiste tchèque. C’est chose faite à Montpellier, en collaboration avec le Belvédère de Vienne et la Kunsthalle de Munich, et l’on ne peut que se féliciter de ce travail considérable.

L’exposition et le catalogue qui l’accompagne font donc le point sur un artiste aussi prolifique et original que mal connu. Le (souvent médiocre) revival de l’Art nouveau dans les années 1970 a certes popularisé les affiches de Mucha, et maints produits dérivés, comme d’ailleurs à son époque, ont fleuri, donnant de son œuvre une image souvent répétitive, réductrice et quelque peu « nouillarde ». Dieu sait pourtant si l’Art nouveau, le symbolisme, l’éclectisme fin-de-siècle, l’art de la « Belle époque » sont tout sauf médiocres et superficiels. L’exposition rend ainsi justice à l’œuvre d’un artiste ô combien subtil, maîtrisant les techniques, épris d’une créativité frénétique, d’un idéal élevé et pétri de raffinement.

La présentation de Montpellier (voir en vidéo) réunit un ensemble considérable d’œuvres (environ 280) : peintures, dessins, estampes, mobilier, arts décoratifs, bijoux, photographies ainsi qu’une riche documentation couvrant toute la carrière de l’artiste depuis son apprentissage jusqu’aux dernières années. Comme, jusqu’ici, Mucha n’apparaissait le plus souvent dans la littérature que pour une quinzaine d’années de production, l’époque parisienne essentiellement, le choc est grand en découvrant les peintures d’après 1900, l’attachement du peintre à son identité slave et ses grands projets, représentés ici de façon saisissante.

Après quelques belles images d’un film d’époque qui ressuscite le peintre devant nos yeux, une première salle évoque ses débuts en Moravie puis ses études, assez brèves, en Autriche et en Allemagne (elles ne seront complétées que par son passage aux académies Julian et Colarossi). Un beau Hans Mackart, et un paravent peint par Mucha vers 1881 résument les influences subies et ce Mucha « avant Mucha », ainsi que quelques illustrations parisiennes encore peu caractéristiques et un autoportrait de 1907.

Une salle, spécifique à l’étape de Montpellier, rappelle que la carrière fulgurante de Mucha doit tout à la France et, plus encore, à une française, Sarah Bernhardt. Une affiche commandée presque par hasard, celle de Gismonda, décidera de la suite des événements : cette collaboration est évoquée par l’ensemble des affiches faites pour les pièces de la grande tragédienne mais aussi par des esquisses et plusieurs toiles majeures représentant Sarah : Clairin, Bastien-Lepage, Parrot. Le costume et la tiare portés par l’actrice dans Théodora ainsi que divers bijoux et accessoires ornent une vitrine qui achève de resituer ce contexte théâtral. Celui-ci est loin de n’être qu’historique ou anecdotique. L’art de Mucha, tant celui d’illustrateur que les grands cycles de la dernière période, resteront redevables d’un art essentiellement scénographique sans aucun doute imprégné des contacts du peintre avec le théâtre.

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Vitrail de la cathédrale St Guy à Prague


La salle suivante évoque le dessin de Mucha et ses premières illustrations, en particulier les Scènes de l’histoire d’Allemagne et les Scènes de l’histoire d’Espagne de Charles Seignobos pour lesquelles, parfois, l’artiste ne se contentait toutefois pas de projets graphiques mais aussi d’huiles presque monochromes extrêmement poussées.

Une section est entièrement consacrée à l’illustration d’Ilsée, princesse de Tripoli de Robert de Flers. Tous les bibliophiles connaissent cet ouvrage majeur de l’époque et si l’on doit en reconnaître l’importance, il faut aussi souligner combien Mucha apparaît ici tributaire du symbolisme parisien et de prédécesseurs tels qu’Eugène Grasset (avec Les Quatre fils Aymon de 1883) et surtout Carlos Schwabe dont certaines formes et inventions iconographiques se retrouvent quasiment trait pour trait dans les planches d’Ilsée. Mucha y réinterprète à sa façon l’invention ornementale, le traitement libre de la page et le sens du symbole présents dans L’Evangile de l’enfance (1891-1892) du dessinateur suisse ; rappelons qu’Ilsée date de 1897 ce qui est déjà assez tard pour le symbolisme et l’Art nouveau.

On mesure toutefois à l’ampleur de la section suivante l’engouement extraordinaire dont a bénéficié l’artiste à cette période et ses nombreuses commandes d’affiches entre 1896 et 1900, période d’apogée de la « Réclame ». Si l’on y trouve les publicités pour Nestlé, le champagne Moët et Chandon ou les fameuses cigarettes Job, la sélection rappelle aussi les efforts développés durant cette période pour élever l’art de l’affiche au rang d’expression noble dans la tradition de l’estampe. Les expositions qui lui sont consacrées en attestent : Salon des Cent, expositions de La Plume etc.

Si Mucha ne grave pas lui-même, il dessine cependant souvent directement sur la pierre lithographique ensuite traitée par le technicien. Divers objets, boites métalliques et de belles étoffes (dont deux superbes tapis) témoignent de la diffusion de certains motifs de Mucha à grande échelle et sur de nombreux supports.

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Mucha, Le Pater


Mucha aurait sans doute pu devenir un des acteurs importants de la bibliophilie de la fin de siècle : ses nombreuses activités puis son départ de France ne lui permirent toutefois pas d’exercer pleinement l’art très prenant de l’illustration et il ne laisse vraiment que deux ouvrages majeurs. Après Ilsée qui fut un réel succès, l’artiste se vit demander par les éditions Piazza un nouveau projet. Mucha suggéra un livre dont il devait être à la fois le rédacteur et l’illustrateur. C’est ainsi que naquit Le Pater, paraphrase textuelle et iconique du « Notre Père ».

La parenté, là aussi, avec L’Evangile de l’enfance est assez nette, dans cette réinterprétation contemporaine d’un texte sacré.

Un ensemble de dessins originaux, d’études et de planches permet de découvrir la richesse symbolique et plastique de ce travail. On sait que Mucha, qui devait adhérer à la franc-maçonnerie en 1898 (à peu près à la même époque donc), éprouvait, comme bien des artistes de son temps, un grand attrait pour l’occultisme. Sa lecture du Pater apparaît évidemment imprégnée de visions personnelles éloignées de toute iconographie académique. Sans doute est-ce là la contribution la plus remarquable du peintre au symbolisme. On remarquera tout particulièrement l’intérêt de Mucha pour un rapprochement entre des visions spirituelles et des évocations d’ordres scientifique et naturel, caractéristiques du souci de réconcilier religion et positivisme, préoccupations qui habitaient bien des artistes et des savants à cette époque (la prochaine exposition Maurice Chabas à Pont-Aven en donnera un bel exemple).

Mucha.jpgLa salle s’accompagne de divers documents qui rappellent les liens de Mucha avec les milieux ésotériques ou ceux de l’hypnose. Ainsi du colonel de Rochas, dont le livre consacré aux poses hypnotiques de son modèle Lina, est revêtu d’une couverture signée de l’artiste (plusieurs images de ce livre furent d’ailleurs prises dans son atelier). Cette section présente vraiment de splendides dessins comme La Mort de la fiancée d’Hasanaga, et d’autres images très inspirées et bien éloignées du graphisme auquel on pense d’emblée en évoquant l’artiste. Ce côté sombre, représenté au Musée d’Orsay par plusieurs œuvres était visible l’hiver dernier avec l’étrange Gouffre dans l’exposition consacrée aux pastels.

Il est vrai qu’indépendamment même de ses affiches, on connaît moins bien la contribution de Mucha aux arts décoratifs : une section présente de nombreux dessins et projets d’objets d’ameublement, de décors ou tout simplement de motifs à exploiter. Si certains atteignent à une vraie dynamique originale, d’autres n’ont pas la densité créatrice que l’on peut retrouver chez Guimard ou Horta. Mucha publia toutefois des Documents décoratifs en 1902 qui se voulaient une vraie grammaire des formes à l’instar des répertoires d’un Eugène Grasset par exemple (il y a d’ailleurs une certaine parenté dans le goût de ces deux créateurs pour un Art nouveau qui ne rompt pas toujours avec l’historicisme).

Dans une salle très réussie qui présente la reconstitution de la boutique du joaillier Fouquet (Musée Carnavalet, Paris) dont on sait qu’elle fut somptueusement réalisée par Mucha, des vitrines offrent au regard quelques uns des beaux bijoux dus aux cartons de l’artiste. On en admire la richesse et le dessin, alliant symbolisme et recherche de la forme, comme dans la Princesse lointaine due au joailler Armand Truffier.

Le « clou » de l’exposition est un peu la mise en scène de la plupart des décors peints par Mucha pour orner le pavillon de la Bosnie-Herzégovine à l’Exposition universelle de Paris en 1900. Les commissaires et le Musée Fabre ont repris les structures reconstituées dès la présentation viennoise de l’exposition, adaptant l’espace afin de montrer ces « fresques » dans une salle spectaculaire. En dépit de quelques manques et d’un état parfois un peu dégradé, ce panorama d’une Bosnie idéalisée où cohabitent orthodoxes, catholiques et musulmans laisse quelque peu rêveur lorsqu’on connaît la suite de l’histoire. L’artiste y met son art de la synthèse au service d’une pratique habile, décorative et tout à la fois allégorique, graphique mais dense qui devait faire merveille dans le bâtiment d’origine.



Quelques photographies anciennes permettent de s’imaginer l’effet produit par ce décor qui consacre le retour de Mucha vers ses origines slaves et anticipe ses projets futurs. Mucha avait en effet déclaré qu’il consacrerait la seconde partie de sa vie à l’illustration de l’âme slave. Avec le soutien d’un mécène américain, il se dévouera en effet pendant de longues années à L’Epopée slave, grand cycle conservé à Prague. Deux énormes tableaux de ce projet sont présentés au Musée, dans une salle « hors exposition », tant les formats rendaient difficile de les inclure dans le parcours. Ceux deux peintures, dont Le Mont Athos, sont accompagnées de cartons pour le décor de la Salle du Maire de Prague, une des plus belle réussites de l’artiste.

Que dire de toutes ces œuvres ; on pourrait s’inquiéter de leur date « tardive » par rapport à l’art du tournant du siècle, juger de leur « anachronisme » en considérant les avant-gardes intervenues entretemps en Occident, estimer désuète ou dépassée leur esthétique. Il n’en est rien. En dépit de la motivation de l’artiste, qui s’explique très naturellement avec le néo-slavisme puis l’indépendance de la Tchécoslovaquie, on ne trouvera pas dans ces cycles l’académisme ou l’allégorisme fade auquel peuvent atteindre parfois des peintres inspirés dans les années 1890 puis figés dans une esthétique qui va même jusqu’à s’affaiblir (on pense à Jean Delville dont, sauf exception, les œuvres des années 1930 sont le plus souvent vidées de toute substance). Il est frappant de voir combien le symbolisme exprimé par Mucha dans Le Pater, ses visions à la fois angéliques et telluriques, l’originalité de son iconographie conservent leur force jusque dans les années 1920. Ces grands panneaux, théâtralisés, aux couleurs et aux plans complexes, qui mêlent personnages réels et figures surnaturelles saisissent par leur force plastique, leur virtuosité, leur sens dramatique.



Tout en conservant une véritable vocation décorative, au sens le plus noble du terme, ces scènes où se mêlent histoire, religiosité, occultisme, formes étranges, bestiaire mystérieux et dynamique des corps témoignent d’une vraie puissance créatrice. Que l’artiste en ait exposé une partie dès 1919, après le Traité de Versailles, puis ait remis solennellement au peuple tchèque et à la Ville de Prague le cycle entier en 1928 ne doit pas ramener cette production dans les limites d’un cadre seulement historique : on se demande même si ce n’est pas la meilleure part de l’œuvre de l’artiste. Il va de soi qu’il est impératif d’aller voir ces cycles et décors à Prague.

Enfin, pour nombre de ses œuvres, Mucha utilisait, comme beaucoup de contemporains, la photographie. On appréciera la beauté de ces clichés qui reflètent aussi, avec une indéniable force, la vie de l’atelier et les coulisses de sa création.

La scénographie, fluide et raffinée sans excès d’artifice, use de couleurs profondes et propices et si le parcours peut parfois sembler un peu labyrinthique, les outils pédagogiques sont généreux et bienvenus. On sort de l’exposition avec une vision renouvelée d’un artiste trop souvent vampirisé par son propre succès.

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Un fort catalogue accompagne l’exposition, sous la direction de Jean-Louis Gaillemain, Michel Hilaire, Agnès Husslein-Arco et Christiane Lange.

Il s’agit surtout d’un bel album, très richement illustré, et certes pourvu d’une suite d’essais, intéressants mais souvent très (parfois trop ?) synthétiques. Cet ouvrage, rigoureux, mais qui n’est pas la somme scientifique que l’on aurait pu attendre (et qui est pourtant annoncée en quatrième de couverture par l’éditeur), comprend aussi une petite chronologie et de courts textes introductifs à tel ou tel sujet présent dans l’exposition. Si une correspondance inédite de l’artiste avec son mécène américain Charles R. Crane à propos de l’Epopée slave est ici livrée, on regrettera toutefois, comme souvent, l’absence de notices d’œuvres ; les images souvent admirables du Pater ou du décor pour le Maire de Prague auraient mérité à elles seules de vraies analyses.

Les textes n’étant pas très nombreux, on ne souffrira pas forcément de l’absence d’index, mais on s’interrogera en revanche sur la bibliographie, annoncée comme sélective, ce qui est le moins que l’on puisse dire puisqu’elle ne compte que treize références. On pourra aussi (marketing et routine obligent) trouver dommage que les organisateurs n’aient pas convaincu l’éditeur de reproduire en couverture autre chose qu’une affiche au détriment de tant d’ images présentes dans le catalogue et autrement.

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A consulter parmi la liste des écrits de Mucha : Figures Décoratives et Documents décoratifs.

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04 janvier 2010

La Franc-Maçonnerie Cubaine

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« Celui qui ne se sent pas offensé par l'offense faite à d'autres hommes, celui qui ne ressent pas sur sa joue la brûlure du soufflet appliqué sur une autre joue, quelle qu'en soit la couleur, n'est pas digne du nom d'homme. » José Martí


Au cœur de l'hiver, petits souvenirs d'été et retour à Cuba pour vous parler d'une des choses qui m'a surprise là-bas en plus de toutes les merveilles dont regorgent cette île et ses habitants : la place importante et publique de la Franc-Maçonnerie.

Pour situer les choses, Cuba (11 423 952 habitants) et la Franc-Maçonnerie, c'est 300 loges, 20,000 membres d'après le "Guide maçonnique du monde", Henderson, 1990 soit presqu'autant qu'en Allemagne (400 loges, 21 000 membres), un peu plus qu'au Philippines (200 loges, 15 000 membres), un peu moins qu'en Italie (560 loges, 24 000 membres), Australie ( 580 loges, 30 000 membres), Canada (1600 loges, 180 000 membres), France (3200 loges, environ 360 000 membres), Angleterre (8000 loges, 600 000 membres) et Etats-Unis (15 300 loges, 1 509 000 membres).

P8070201.jpg Nous étions dans la Grand rue de Viñales en train de faire la queue pour retirer de l'argent, quand mon regard a été attiré par cette peinture de Soleil avec des traits qui partent comme des rayons. J'étais sidérée par la ressemblance de ce dessin avec celui figurant sur le drapeau tibétain, suffisamment pour quitter la queue et foncer vers le bâtiment tout rose tout mignon... très étonnant finalement qui l'arborait.

Et là ! Surprise ! Je me trouvais devant un Temple ! Et un Temple Maçonnique, ça, aucun doute là-dessus.

Ce qui m'a étonné aussi, c'était d'apprendre que la grande figure cubaine, José Martí, était franc-maçon.

Son buste figure partout dans les grandes comme dans les petites villes. On trouve des citations affichées de lui, partout aussi.

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Être cultivé est le seul moyen d'être libre


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La Masonería no es mas que la forma activa del pensiamento liberal. J. Martí.
La Maçonnerie n'est rien de plus que la forme active de la pensée libre


Il faut dire que c'est La figure indépendantiste cubaine, bien avant Che Guevara. José Martí, dès l'âge de 15 ans, s'engage dans la lutte anti-coloniale et fonde un journal nationaliste. Il est arrêté pour trahison et condamné à six ans de travaux forcés un an plus tard. Libéré six mois plus tard et assigné à résidence, il fut déporté en Espagne durant quatre années.

Son exil se poursuivit entre la France et le Mexique. Une amnistie des prisonniers politiques lui permet de revenir à Cuba, où il fut de nouveau arrêté et de nouveau renvoyé en Espagne. Il s'installe à New York, où vivaient de nombreux exilés cubains, et durant les quinze années qui suivirent il se consacra sans relâche à l'activité politique au sein du parti révolutionnaire cubain. Il débarque sur Cuba en 1895, et est tué lors de sa première bataille contre les Espagnols. (Source Evène)

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Au sein de la Franc-maçonnerie existent des sources de vraie morale et de bonheur.
L'homme qui réussit à s'abreuver dans celles-ci, se convertit dans bon et parfait, et il n'oublie pas que le bien est Dieu...
Si tous les hommes connaissaient l'enseignement sublime maçonnique, le monde serait
heureux parce qu'il s'alimenterait d'Amour, de justice, de beauté...
La franc-maçonnerie n'a pas plus de secret que l'intelligence et l'honnêteté.
Elle se fait le ballot des passions mauvaises à l'entrée, et contracte le devoir d'agir irréprochablement en son sein.

En el seno de la Francmasonería existen manantiales de verdadera moral y felicidad.
El hombre que logra beber en ellos, se convierte en bueno y perfecto, y no olvida que “el bien es Dios...
Si todos los hombres conocieran las sublimes enseñanzas masónicas,
el mundo seria feliz porque se alimentaría de amor, de justicia, de belleza...
La masonería no tiene más secreto que la inteligencia y la honradez.
Se deja el fardo de las malas pasiones a la entrada, y se contrae el deber de obrar irreprochablemente en ella.


Agir irréprochablement, perfectionner l'exercice de la liberté, préparer les citadins à la vie publique, aider à la réussite
de toute idée noble, ceci, sans rien de plus, sans rien d'inconnu, sans rien d'occulte sont les mystères de l'ordre maçonnique.
Obrar irreprochablemente, perfeccionar el ejercicio de la libertad, preparar a los ciudadanos a la vida publica,
ayudar al logro de toda noble idea, estos, sin uno mas, sin nada incógnito, sin nada oculto
son los misterios de la orden masónica.


La franc-maçonnerie trouve sa raison d'être dans l'utilité quelle apporte au milieu social dans lequel elle se développe

La Masonería funda la razón de su existencia por lo útil que resulta al medio social en que se desenvuelve.


Devant ce Temple donc, encore une fois il y avait le buste de José Martí. Et, à l'intérieur que nous avons eu la chance de visiter : aussi ! Tout comme le drapeau cubain. Parlons-en.

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Le drapeau Cubain, œuvre franc-maçonne

Le drapeau cubain a été dessiné en juin 1849 par le poète Miguel Teurbe Tolon y de la Guardia (1820-1857) et son épouse Émilia (un couple cubain exilé à New York) qui créera également les armoiries nationales, à la demande du général vénézuélien Narciso Lopez (1797-1853), militaire (flibustier ?), devenu homme d'affaires à Cuba après avoir épousé une riche propriétaire cubaine.

Le général Narciso Lopez avait organisé une conspiration en vue de libérer l'île du joug colonial espagnol mais en vue de l'annexer aux Etats Unis d'Amérique ! Ceci explique la similitude du drapeau cubain avec le drapeau des États-Unis - auquel il emprunte les bandes et les couleurs puisqu'il souhaitait voir Cuba rejoindre la fédération américaine et ainsi y intégrer une nouvelle étoile. L'analogie se poursuit avec le Texas, ancienne colonie espagnole puis détaché du Mexique, qui dispose d'un drapeau identique à celui de Cuba.

Narciso Lopez étant franc-maçon (le Grand Orient de Cuba et des Antilles GOCA fut fondé en 1862), on n'est donc pas surpris de découvrir dans le drapeau des symboles maçonniques (triangle, étoile à cinq branches).

Il dut s'exiler aux Etats-Unis d'où il organisa deux tentatives d'invasions qui échouèrent (il fut exécuté par le supplice infamant du garrot).
C'est lors de la première expédition que ce drapeau sera hissé pour la première fois à Cardenas le 19 mai 1850... pour une journée.

Une version plus simple du drapeau (mais avec les mêmes couleurs) fut utilisée en 1869 lors de la guerre de Dix Ans déclenchée par Carlos Manuel de Céspedes, franc-maçon, propriétaire sucrier qui libéra ses esclaves.

Ce drapeau fut adopté comme emblème national par l'Assemblée Constituante de la République de Cuba le 11 avril 1869 puis le 20 mai 1902 lorsque la République Cubaine est instauré, après que Cuba soit devenu indépendante de l'Espagne en 1898.

Symbolique

Les trois couleurs (bleu, blanc et rouge), rappellent le triptyque de la Révolution française : ''liberté, égalité, fraternité''.
Le triangle équilatéral, symbole maçonnique, traduit aussi les idéaux révolutionnaires et républicains (liberté, égalité et fraternité), sa couleur rouge exprimant le sang versé par les patriotes cubains. L'étoile solitaire (La Estrella Solitaria) à cinq branches, autre symbole maçonnique, traduit l'indépendance nationale.

Les trois bandes bleues représentent les anciennes provinces (centrale, occidentale et orientale) qui contrôlaient l'île et les deux blanches symbolisent la pureté de la révolution et la justice (Source).

On peut ajouter que la symbolique de ce drapeau ne s'arrête pas à cette description loin de là ! On note aussi la symbolique des chiffres : 3 (bandes bleu), 5 (bandes) et 7 (éléments), etc.

Je vous le disais un peu plus haut, nous avons eu la chance de visiter cet endroit exceptionnel et inattendu par un heureux hasard.

Un soir que nous rentrions chez notre logeuse, j'ai eu envie de changer de route, pour visiter, quoi ;-), et là, en marchant dans une rue on ne peut plus banale, je tombe nez à nez avec une maison arborant le Compas, l'Équerre et la lettre G !!! (Comme... Galore ;-))

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Moi : "Ben, ça alors !"

Anna : "Toi qui parles espagnol, demande-leur comment ça se fait qu'il y ait ces symboles sur leur maison. (A Cuba, les gens vivent toujours dehors, ça aide ;-))

Moi : Ben... J'sais pas... euh...

Finalement, je me suis dit que je regretterai toujours si je ne le faisais pas. Anna avait raison !

P8090397.JPGEt c'était parti mes kikis ! Ainsi, nous avons passé un bon moment à discuter avec le Grand Maître de la Loge que nous venions de prendre en photos quelques jours plus tôt. Il nous a indiqué que bien sûr, le Temple était fermé, mais que la Tenue ayant lieu le samedi matin, nous serions les bienvenues si nous voulions le visiter juste après.

Par ailleurs, il nous a raconté qu'à Cuba comme ailleurs, les francs-maçons sont de tous bords : paysans comme enseignants, riches comme pauvres, jeunes et moins jeunes etc. pourvu qu'ils soient motivés par la même quête : la perfectibilité de l'Homme.

Il nous a dit aussi que les frères de Viñales bénéficiaient de l'aide de frères américains, notamment de Floride qui parvenaient à leur apporter ce dont ils manquent cruellement et particulièrement, des médicaments.

Enfin, il nous a indiqué où trouver le grand Temple de La Havane où nous devions retourner le jour même.

Encore une bien belle rencontre dont je garde un souvenir très fort dans mon cœur.

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Temple National Maçonnique, avenue Salvador Allende, La Havane


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Détails de la façade


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José Martí. Drapeau Cubain


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Présence de la Maçonnerie dans l'histoire de Cuba


Ainsi donc, sans le savoir, nous étions en voyage dans l'un des pays où la présence de l'idéologie maçonnique est très forte.

D'après le site Masoneria cubana en el exilio, les premières traces de la franc-maçonnerie en Cuba datent de 1763, bien que quelques enquêteurs pensent qu'elle a pu être présente avant, en prenant en compte certaines marques et les inscriptions de symbolisme maçonnique évident, gravées dans les pierres de taille de la muraille qui a entouré La Havane, dont la construction s'est initiée au XVIe siècle.

Le premier document officiel qui témoigne du travail de cette fraternité dans l'île, est un certificat du degré de Maître étendu au nom d'Alexandre Cockburn, en date du 3 mai 1763 durant l'occupation militaire de la Havane par les Anglais. C'était la Loge Militaire Anglaise un nombre 218 du Registre de l'Irlande, assignée au Régiment 48 de l'armée anglaise d'occupation, le premier corps maçonnique qui a réalisé ses fonctions en Cuba.

Après que les Anglais abandonnent l'île, toute trace d'activités maçonniques disparaît et jusqu'à 1791, avec la Révolution de Haïti, et que les colons français qui fuient la situation, s'installent à La Havane et à Saint-Jacques-de-Cuba et ouvrent quatre de ses loges (Persévérance, Concorde, Amitié et Bénéfique).

Cette influence française est confirmée dans "L'histoire générale de la Franc-Maçonnerie" de Paul Naudon :

Des loges sporadiques furent constituées à Cuba au début du XIXe siècle, les unes par des Francs-Maçons français que l'insurrection chassa de Saint-Domingue , les autres par la Grande Loge de Pennsylvanie. Ce n'est qu'en 1859 que trois loges existantes constituèrent la "Gran Logia de Colon", avec siège à Santiago. Un suprême conseil fut institué la même année. Les deux obédiences s'unirent et formèrent Le Grand Orient de Colon.

A partir de 1867 le clergé catholique donna le signal de la persécution des Maçons, plusieurs furent fusillés et les 30 loges de l'île furent bientôt réduites à 7. Celles-ci restaurèrent, en 1874, une Grande Loge Souveraine de Colon. En 1876 étaient fondées deux autres Grandes Loges. Les années qui suivirent furent marquées par des scissions et des regroupements, qui aboutirent en 1880 à une union sous le nom de Grande Loge Unie de Colone t de l'Île de Cuba.

Actuellement (1987), il existe trois obédiences. La plus importante est la Grande Loge de Cuba des Francs-Maçons Anciens et Acceptés. Le nouveau régime politique n'est pas hostile à la Franc-Maçonnerie.

De nombreux révolutionnaires castristes étaient francs-maçons.



Ainsi donc, non seulement Cuba est imprégnée de Franc-Maçonnerie, mais l'influence française est énorme. Peut-être avons nous ressenti cela dans l'enthousiasme vis-à-vis des français et de la culture française là-bas ?

Pour poursuivre, je vous conseille bien sûr l'article en entier sur l'histoire de la Maçonnerie à Cuba et aussi, ce pdf : L'influence de la franc-maçonnerie française dans le Département Oriental de Cuba dans les années 1820 - Les apports de la prosopographie.

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A consulter : La Grande Loge de Cuba a célébré ses 150 ans depuis sa fondation le 5 décembre 1859

Site non officiel de la Grande Loge de Cuba

Sur José Martí (Source Wikipédia) :

Il a créé la revue L'Âge d'or en 1889. Les publications de la revue étaient : des contes, essais et poésies qui incarnaient l'idéalisme et l'humanisme de Martí. L'universalité des valeurs humaines est dépeinte à travers un grand spectre de thèmes et d'époques traités dans la revue. L'Âge d'or incitait les jeunes à la recherche de la connaissance, l'amour et la justice.

Les quatre numéros de la revue furent compilés dans un livre du même nom et sont considérés comme des classiques de la littérature cubaine et latino-américaine.

Martí y Masoneria

Ce dernier possède un monument en son honneur, situé dans la ville de Québec, au Canada.

Sa modeste maison natale, Calle Paula n°314 à La Havanne, est transformée en musée à sa mémoire.

Il y a aussi un monument qui lui est dédié à La Havane, sur la Plaza de la Révolución, dans lequel on retrouve un musée sur la révolution (et José Martí) et aussi où se déroulent des réunions politiques (d'ailleurs le musée est parfois fermé à cause des réunions). Il existe une autre statue de José Martí, sise sur le Malecon havanais face à l'immeuble des intérêts américains, cette statue présente le poète philosophe portant un enfant (Elian Gonsalez) dans ses bras et pointant un doigt comminatoire vers l'immeuble.

Des bustes de José Martí sont visibles dans la plupart des édifices publics de Cuba.

Une de ses citations les plus célèbres : "là ou il y a du cœur il y a de l'avenir"

Le 28 janvier 2009, à l'occasion du 156ème anniversaire de sa naissance, un buste de José Marti a été inauguré, Boulevard Louis Blanc à Montpellier, qui devient ainsi la seule ville en France à posséder l'effigie de l'illustre poète et homme politique. Ce buste, œuvre du scupteur cubain Alberto Lescay Merencio est un don de l'ambassade de Cuba à la ville de Montpellier.

Sur l'île de la Réunion, dans la ville du Port, une rue du quartier des grands hommes porte son nom.

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Et bien sûr, téléchargez gratuitement Le Septième livre de Anna Galore ;-)

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02 novembre 2009

Alfons Mucha

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L'étoile du matin


Hier nous sommes allées visiter le musée Belvédère à Vienne : un régal ! Mais de cela, je vous parlerai un peu plus tard. Pour le moment, je voudrais revenir sur une exposition qui a eu lieu en début d'année et que j'aurais volontiers vue car je suis une grande fan, une rétrospective consacrée à Alfons Mucha, Le Maître de l'Art Nouveau.

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La Lune et l'Etoile Polaire


La rétrospective Alfons Mucha à Vienne: un grand retour

Quelque 250 oeuvres ont été réunies pour la grande rétrospective du peintre Alfons Mucha que les Viennois peuvent voir ces jours-ci dans une dizaine de salles du Musée Unteres Belvédère. Il s’agit de la plus grande exposition de ce peintre jamais organisée dans la capitale autrichienne.

L’ambition de ses auteurs est de mettre en relief l’ensemble de l’oeuvre et de la vie de cet « artisan » de l’Art nouveau.


Repos de la nuit, Rêverie du soir, Les heures du jour, Éveil du matin


Courbes, volutes, ornements floraux, couleurs raffinées – tels sont les éléments typiques du style Mucha. On sait que le peintre, né en 1860, a vécu à Munich et à Paris, mais il est moins connu qu’au début de sa carrière, l’artiste, encore inconnu, a travaillé à Vienne comme assistant - décorateur de théâtre. Sa rétrospective actuelle peut donc être considérée comme un grand retour dans la capitale sur le Danube. C’est cependant son séjour parisien qui a été décisif pour la formation de son style.

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La Nature, 1899


L’historienne de l’art Petra Hoftychová évoque cette partie de sa carrière :

« A Paris, Mucha est devenu un artiste recherché. Il s’est fait connaître surtout par ses œuvres créées pour Sarah Bernhardt, des œuvres pour le théâtre, des affiches et des illustrations. C’était un excellant dessinateur qui maîtrisait pourtant aussi toutes les techniques de la peinture. C’était un bon peintre et illustrateur qui savait donner un contenu à des compositions monumentales. »

mucha_moet.jpg 250 tableaux, dessins, croquis, affiches, livres, bijoux et meubles, au Belvédère de Vienne, illustrent l’oeuvre d’un artiste qui a su imposer son style à toute l’Europe. Ses ornements stylisés et ses figures féminines d’une grâce languissante ont été utilisés pour la promotion d’innombrables articles dont les grandes marques de biscuits, de chocolats, de spiritueux et de cigarettes.

Les visiteurs de l’exposition trouvent aussi plusieurs ensembles intéressants dont le mobilier de la boutique parisienne du joaillier Georges Fouquet ou bien la reconstruction des décors créés par l’artiste pour le pavillon de Bosnie-Herzégovine à l’Exposition universelle de 1900, à Paris. Une salle est réservée à deux immenses tableaux faisant partie du cycle d’une vingtaine de toiles monumentales par lesquelles le peintre a évoqué les grands moments de l’histoire des peuples slaves. Petra Hoftychová a participé aux préparatifs de cette partie de l’exposition :

« C’était bien difficile, parce que les restaurateurs devaient d’abord préparer les tableaux pour le transport. Ils ont donc travaillé à Moravský Krumlov où l’Epopée slave est exposée actuellement. Ils ont d’abord examiné et restauré la peinture, puis ont décroché les toiles de leurs châssis, les ont enroulées avec beaucoup de précautions sur de grands cylindres. Et, finalement, ils les ont emballées et les ont mises dans d’énormes caisses pour les transporter par camion. »

Selon le commissaire français de l’exposition, Jean-Louis Gaillemin, en créant cette collection monumentale à une époque belliqueuse, Mucha a voulu démontrer que la civilisation slave était très attachée à l’art et non pas aux armes.

La rétrospective Alfons Mucha au Belvédère de Vienne durera jusqu’au 1er juillet prochain et sera ensuite transférée à Munich jusqu'au 24 janvier 2010 après être passée à Montpellier (arghhhhhhhhhhh). (Source Radio CZ à retrouver en version audio).

Mucha à Vienne

Mucha émigre en 1879 à Vienne afin de travailler pour la plus grande entreprise de décors de théâtre de Vienne, tout en continuant sa formation artistique.

A cette époque, Vienne est la capitale d'un empire déclinant : l'empire Austro-hongrois. Elle est néanmoins un centre culturel important : musique, littérature, psychanalyse (Freud).

Dans le domaine architectural, Vienne s'est dotée de grands boulevards, de places, ce qui met en valeur les bâtiments. La génération de la fin du XIXe siècle veut faire du neuf, mais contrairement à leurs contemporains de l'Art Nouveau, ils intègrent des éléments du passé.

En revanche, j'ai eu la joie de visiter le musée qui lui est consacré à Prague il y a quelques années.

Avoir aussi, le site de la Fondation Mucha.




PB020024.JPGAlfons Mucha en grande tenue maçonnique, vers 1925.

Mucha et la franc-maçonnerie

D'un esprit sensible et porté à la méditation, Mucha fut attiré par le côté ésotérique de la franc-maçonnerie. Il fut initié à la Grande Loge de Paris en 1898. L'influence du symbolisme maçonnique est perceptible dans toute son œuvre et en particulier dans l'ouvrage illustré Le Pater. Après la formation de la Tchécoslovaquie en 1918, Mucha contribua à l'établissement de la première Loge de langue tchèque, la Loge Komensky à Prague et il fut rapidement Grand Maître de la Grande Loge de Tchécoslovaquie.

Il devint plus tard Grand Commandeur Souverain de Tchécoslovaquie. Mucha créa de nombreux dessins pour la Loge tchécoslovaque, notamment des brevets, des en-têtes et des médailles.


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Mucha meurt à Prague le 14 juillet 1939 à l'age de 79 ans, quelques jours après avoir été interrogé par la Gestapo qui s'intéresse à lui du fait de son appartenance à la franc-maçonnerie. Son corps est jeté à la fosse commune. Une plaque commémorative lui est dédiée au cimetière des Grands Hommes de Prague.

Une loge maçonnique francophone, à Prague, porte son nom.







3581jk3.jpgVoici un autre article très intéressant, de Jean-David Jumeau-Lafond pour la Tribune de l'Art :

Aucune exposition monographique n’avait été consacrée à Alfons Mucha depuis plus de trente ans en France et l’on sait combien l’étude de la fin du XIXe siècle a progressé depuis cette époque. Il était donc indispensable que fût organisée à nouveau une présentation d’ensemble de l’œuvre de l’artiste tchèque. C’est chose faite à Montpellier, en collaboration avec le Belvédère de Vienne et la Kunsthalle de Munich, et l’on ne peut que se féliciter de ce travail considérable.

L’exposition et le catalogue qui l’accompagne font donc le point sur un artiste aussi prolifique et original que mal connu. Le (souvent médiocre) revival de l’Art nouveau dans les années 1970 a certes popularisé les affiches de Mucha, et maints produits dérivés, comme d’ailleurs à son époque, ont fleuri, donnant de son œuvre une image souvent répétitive, réductrice et quelque peu « nouillarde ». Dieu sait pourtant si l’Art nouveau, le symbolisme, l’éclectisme fin-de-siècle, l’art de la « Belle époque » sont tout sauf médiocres et superficiels. L’exposition rend ainsi justice à l’œuvre d’un artiste ô combien subtil, maîtrisant les techniques, épris d’une créativité frénétique, d’un idéal élevé et pétri de raffinement.

La présentation de Montpellier (voir en vidéo) réunit un ensemble considérable d’œuvres (environ 280) : peintures, dessins, estampes, mobilier, arts décoratifs, bijoux, photographies ainsi qu’une riche documentation couvrant toute la carrière de l’artiste depuis son apprentissage jusqu’aux dernières années. Comme, jusqu’ici, Mucha n’apparaissait le plus souvent dans la littérature que pour une quinzaine d’années de production, l’époque parisienne essentiellement, le choc est grand en découvrant les peintures d’après 1900, l’attachement du peintre à son identité slave et ses grands projets, représentés ici de façon saisissante.

Après quelques belles images d’un film d’époque qui ressuscite le peintre devant nos yeux, une première salle évoque ses débuts en Moravie puis ses études, assez brèves, en Autriche et en Allemagne (elles ne seront complétées que par son passage aux académies Julian et Colarossi). Un beau Hans Mackart, et un paravent peint par Mucha vers 1881 résument les influences subies et ce Mucha « avant Mucha », ainsi que quelques illustrations parisiennes encore peu caractéristiques et un autoportrait de 1907.

Une salle, spécifique à l’étape de Montpellier, rappelle que la carrière fulgurante de Mucha doit tout à la France et, plus encore, à une française, Sarah Bernhardt. Une affiche commandée presque par hasard, celle de Gismonda, décidera de la suite des événements : cette collaboration est évoquée par l’ensemble des affiches faites pour les pièces de la grande tragédienne mais aussi par des esquisses et plusieurs toiles majeures représentant Sarah : Clairin, Bastien-Lepage, Parrot. Le costume et la tiare portés par l’actrice dans Théodora ainsi que divers bijoux et accessoires ornent une vitrine qui achève de resituer ce contexte théâtral. Celui-ci est loin de n’être qu’historique ou anecdotique. L’art de Mucha, tant celui d’illustrateur que les grands cycles de la dernière période, resteront redevables d’un art essentiellement scénographique sans aucun doute imprégné des contacts du peintre avec le théâtre.

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Vitrail de la cathédrale St Guy à Prague


La salle suivante évoque le dessin de Mucha et ses premières illustrations, en particulier les Scènes de l’histoire d’Allemagne et les Scènes de l’histoire d’Espagne de Charles Seignobos pour lesquelles, parfois, l’artiste ne se contentait toutefois pas de projets graphiques mais aussi d’huiles presque monochromes extrêmement poussées.

Une section est entièrement consacrée à l’illustration d’Ilsée, princesse de Tripoli de Robert de Flers. Tous les bibliophiles connaissent cet ouvrage majeur de l’époque et si l’on doit en reconnaître l’importance, il faut aussi souligner combien Mucha apparaît ici tributaire du symbolisme parisien et de prédécesseurs tels qu’Eugène Grasset (avec Les Quatre fils Aymon de 1883) et surtout Carlos Schwabe dont certaines formes et inventions iconographiques se retrouvent quasiment trait pour trait dans les planches d’Ilsée. Mucha y réinterprète à sa façon l’invention ornementale, le traitement libre de la page et le sens du symbole présents dans L’Evangile de l’enfance (1891-1892) du dessinateur suisse ; rappelons qu’Ilsée date de 1897 ce qui est déjà assez tard pour le symbolisme et l’Art nouveau.

On mesure toutefois à l’ampleur de la section suivante l’engouement extraordinaire dont a bénéficié l’artiste à cette période et ses nombreuses commandes d’affiches entre 1896 et 1900, période d’apogée de la « Réclame ». Si l’on y trouve les publicités pour Nestlé, le champagne Moët et Chandon ou les fameuses cigarettes Job, la sélection rappelle aussi les efforts développés durant cette période pour élever l’art de l’affiche au rang d’expression noble dans la tradition de l’estampe. Les expositions qui lui sont consacrées en attestent : Salon des Cent, expositions de La Plume etc.

Si Mucha ne grave pas lui-même, il dessine cependant souvent directement sur la pierre lithographique ensuite traitée par le technicien. Divers objets, boites métalliques et de belles étoffes (dont deux superbes tapis) témoignent de la diffusion de certains motifs de Mucha à grande échelle et sur de nombreux supports.

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Mucha, Le Pater


Mucha aurait sans doute pu devenir un des acteurs importants de la bibliophilie de la fin de siècle : ses nombreuses activités puis son départ de France ne lui permirent toutefois pas d’exercer pleinement l’art très prenant de l’illustration et il ne laisse vraiment que deux ouvrages majeurs. Après Ilsée qui fut un réel succès, l’artiste se vit demander par les éditions Piazza un nouveau projet. Mucha suggéra un livre dont il devait être à la fois le rédacteur et l’illustrateur. C’est ainsi que naquit Le Pater, paraphrase textuelle et iconique du « Notre Père ».

La parenté, là aussi, avec L’Evangile de l’enfance est assez nette, dans cette réinterprétation contemporaine d’un texte sacré.

Un ensemble de dessins originaux, d’études et de planches permet de découvrir la richesse symbolique et plastique de ce travail. On sait que Mucha, qui devait adhérer à la franc-maçonnerie en 1898 (à peu près à la même époque donc), éprouvait, comme bien des artistes de son temps, un grand attrait pour l’occultisme. Sa lecture du Pater apparaît évidemment imprégnée de visions personnelles éloignées de toute iconographie académique. Sans doute est-ce là la contribution la plus remarquable du peintre au symbolisme. On remarquera tout particulièrement l’intérêt de Mucha pour un rapprochement entre des visions spirituelles et des évocations d’ordres scientifique et naturel, caractéristiques du souci de réconcilier religion et positivisme, préoccupations qui habitaient bien des artistes et des savants à cette époque (la prochaine exposition Maurice Chabas à Pont-Aven en donnera un bel exemple).

Mucha.jpgLa salle s’accompagne de divers documents qui rappellent les liens de Mucha avec les milieux ésotériques ou ceux de l’hypnose. Ainsi du colonel de Rochas, dont le livre consacré aux poses hypnotiques de son modèle Lina, est revêtu d’une couverture signée de l’artiste (plusieurs images de ce livre furent d’ailleurs prises dans son atelier). Cette section présente vraiment de splendides dessins comme La Mort de la fiancée d’Hasanaga, et d’autres images très inspirées et bien éloignées du graphisme auquel on pense d’emblée en évoquant l’artiste. Ce côté sombre, représenté au Musée d’Orsay par plusieurs œuvres était visible l’hiver dernier avec l’étrange Gouffre dans l’exposition consacrée aux pastels.

Il est vrai qu’indépendamment même de ses affiches, on connaît moins bien la contribution de Mucha aux arts décoratifs : une section présente de nombreux dessins et projets d’objets d’ameublement, de décors ou tout simplement de motifs à exploiter. Si certains atteignent à une vraie dynamique originale, d’autres n’ont pas la densité créatrice que l’on peut retrouver chez Guimard ou Horta. Mucha publia toutefois des Documents décoratifs en 1902 qui se voulaient une vraie grammaire des formes à l’instar des répertoires d’un Eugène Grasset par exemple (il y a d’ailleurs une certaine parenté dans le goût de ces deux créateurs pour un Art nouveau qui ne rompt pas toujours avec l’historicisme).

Dans une salle très réussie qui présente la reconstitution de la boutique du joaillier Fouquet (Musée Carnavalet, Paris) dont on sait qu’elle fut somptueusement réalisée par Mucha, des vitrines offrent au regard quelques uns des beaux bijoux dus aux cartons de l’artiste. On en admire la richesse et le dessin, alliant symbolisme et recherche de la forme, comme dans la Princesse lointaine due au joailler Armand Truffier.

Le « clou » de l’exposition est un peu la mise en scène de la plupart des décors peints par Mucha pour orner le pavillon de la Bosnie-Herzégovine à l’Exposition universelle de Paris en 1900. Les commissaires et le Musée Fabre ont repris les structures reconstituées dès la présentation viennoise de l’exposition, adaptant l’espace afin de montrer ces « fresques » dans une salle spectaculaire. En dépit de quelques manques et d’un état parfois un peu dégradé, ce panorama d’une Bosnie idéalisée où cohabitent orthodoxes, catholiques et musulmans laisse quelque peu rêveur lorsqu’on connaît la suite de l’histoire. L’artiste y met son art de la synthèse au service d’une pratique habile, décorative et tout à la fois allégorique, graphique mais dense qui devait faire merveille dans le bâtiment d’origine.



Quelques photographies anciennes permettent de s’imaginer l’effet produit par ce décor qui consacre le retour de Mucha vers ses origines slaves et anticipe ses projets futurs. Mucha avait en effet déclaré qu’il consacrerait la seconde partie de sa vie à l’illustration de l’âme slave. Avec le soutien d’un mécène américain, il se dévouera en effet pendant de longues années à L’Epopée slave, grand cycle conservé à Prague. Deux énormes tableaux de ce projet sont présentés au Musée, dans une salle « hors exposition », tant les formats rendaient difficile de les inclure dans le parcours. Ceux deux peintures, dont Le Mont Athos, sont accompagnées de cartons pour le décor de la Salle du Maire de Prague, une des plus belle réussites de l’artiste.

Que dire de toutes ces œuvres ; on pourrait s’inquiéter de leur date « tardive » par rapport à l’art du tournant du siècle, juger de leur « anachronisme » en considérant les avant-gardes intervenues entretemps en Occident, estimer désuète ou dépassée leur esthétique. Il n’en est rien. En dépit de la motivation de l’artiste, qui s’explique très naturellement avec le néo-slavisme puis l’indépendance de la Tchécoslovaquie, on ne trouvera pas dans ces cycles l’académisme ou l’allégorisme fade auquel peuvent atteindre parfois des peintres inspirés dans les années 1890 puis figés dans une esthétique qui va même jusqu’à s’affaiblir (on pense à Jean Delville dont, sauf exception, les œuvres des années 1930 sont le plus souvent vidées de toute substance). Il est frappant de voir combien le symbolisme exprimé par Mucha dans Le Pater, ses visions à la fois angéliques et telluriques, l’originalité de son iconographie conservent leur force jusque dans les années 1920. Ces grands panneaux, théâtralisés, aux couleurs et aux plans complexes, qui mêlent personnages réels et figures surnaturelles saisissent par leur force plastique, leur virtuosité, leur sens dramatique.



Tout en conservant une véritable vocation décorative, au sens le plus noble du terme, ces scènes où se mêlent histoire, religiosité, occultisme, formes étranges, bestiaire mystérieux et dynamique des corps témoignent d’une vraie puissance créatrice. Que l’artiste en ait exposé une partie dès 1919, après le Traité de Versailles, puis ait remis solennellement au peuple tchèque et à la Ville de Prague le cycle entier en 1928 ne doit pas ramener cette production dans les limites d’un cadre seulement historique : on se demande même si ce n’est pas la meilleure part de l’œuvre de l’artiste. Il va de soi qu’il est impératif d’aller voir ces cycles et décors à Prague.

Enfin, pour nombre de ses œuvres, Mucha utilisait, comme beaucoup de contemporains, la photographie. On appréciera la beauté de ces clichés qui reflètent aussi, avec une indéniable force, la vie de l’atelier et les coulisses de sa création.

La scénographie, fluide et raffinée sans excès d’artifice, use de couleurs profondes et propices et si le parcours peut parfois sembler un peu labyrinthique, les outils pédagogiques sont généreux et bienvenus. On sort de l’exposition avec une vision renouvelée d’un artiste trop souvent vampirisé par son propre succès.

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Un fort catalogue accompagne l’exposition, sous la direction de Jean-Louis Gaillemain, Michel Hilaire, Agnès Husslein-Arco et Christiane Lange.

Il s’agit surtout d’un bel album, très richement illustré, et certes pourvu d’une suite d’essais, intéressants mais souvent très (parfois trop ?) synthétiques. Cet ouvrage, rigoureux, mais qui n’est pas la somme scientifique que l’on aurait pu attendre (et qui est pourtant annoncée en quatrième de couverture par l’éditeur), comprend aussi une petite chronologie et de courts textes introductifs à tel ou tel sujet présent dans l’exposition. Si une correspondance inédite de l’artiste avec son mécène américain Charles R. Crane à propos de l’Epopée slave est ici livrée, on regrettera toutefois, comme souvent, l’absence de notices d’œuvres ; les images souvent admirables du Pater ou du décor pour le Maire de Prague auraient mérité à elles seules de vraies analyses.

Les textes n’étant pas très nombreux, on ne souffrira pas forcément de l’absence d’index, mais on s’interrogera en revanche sur la bibliographie, annoncée comme sélective, ce qui est le moins que l’on puisse dire puisqu’elle ne compte que treize références. On pourra aussi (marketing et routine obligent) trouver dommage que les organisateurs n’aient pas convaincu l’éditeur de reproduire en couverture autre chose qu’une affiche au détriment de tant d’ images présentes dans le catalogue et autrement.

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A consulter parmi la liste des écrits de Mucha : Figures Décoratives et Documents décoratifs.

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05 octobre 2009

La Piscine de Roubaix.



Monilet nous rappelait son origine chti hier, ce qui m'a donné l'envie de revenir en terre du nord en vous parlant d'un endroit que j'aime beaucoup : La piscine de Roubaix devenue Le musée d'Art et d'Industrie de la ville de Roubaix.

886_imgInstitutionModif_8-bis.gif La Piscine – Musée d’art et d’industrie André Diligent est implantée depuis le 21 octobre 2001 sur le site de l’ancienne piscine municipale de Roubaix, un exceptionnel bâtiment art déco qui, à l’initiative du maire Jean-Baptiste Lebas, a été bâti entre 1927 et 1932 selon les plans de l’architecte lillois Albert Baert. Intégralement restaurée grâce au travail de reconversion confié à Jean-Paul Philippon, elle a retrouvé son faste d’antan et est aujourd’hui inscrite au patrimoine du 20e siècle.

La piscine originelle, doté d’un fonctionnement social innovant, offrait à l’époque un service sportif et hygiénique de qualité.

Devenue musée dont le projet culturel s'axe autour du concept de "musée solidaire", en symbiose avec l'âme du site et afin de ne rien oublier de l'identité populaire de la "Ville des cols bleus" que fut Roubaix, la Piscine accueille désormais des collections qui, constituées tout au long des XIXe et XXe siècles, sont celles d’une ville industrielle qui s’est construite sur un modèle plus anglo-saxon que français, c'est-à-dire sans créer de hiérarchie entre les arts appliqués et les Beaux Arts.



Le visiteur déambulant dans les espaces majestueux du musée peut donc admirer une collection permanente à la fois riche, originale et de qualité.

Dans le bassin, autour de la lame d'eau bordée par le jardin de sculptures, un très riche fonds textile (plusieurs milliers de livres d'échantillon textiles et des pièces de tissus allant de l'Egypte copte aux créations les plus contemporaines), côtoie les œuvres imposantes du fonds de production de la Manufacture de Sèvres et de belles collections de céramique, de mode et de design.

Dans les ailes des anciennes salles de bain, les collections Beaux Arts, organisées en un parcours chronologique et thématique, racontent le goût des collectionneurs Roubaisiens du XIXe et de la moitié du XXe siècles et se sont enrichies d’importants dépôts du Musée d’Orsay, du Musée National d’Art Moderne, du Fonds national d’art contemporain et du Musée Rodin.

Depuis l'été 2008, un bronze monumental de Jedd Novatt orne le jardin d'entrée - où se trouve déjà "Les trois Cailloux" d'Agnès Decoux et de Serge Bottagisio - et introduit le projet d'une collection de sculptures contemporaines.

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La Piscine organise enfin chaque année de nombreuses expositions temporaires autour de thèmes variées, notamment en lien avec les arts appliqués. (Source Centre National des Arts Plastiques).

Parmi les collections présentées au public (liste des oeuvres sur Wiki) :

* une collection de textile comprenant des milliers d'échantillons de la production française de 1835 à 1940 et des pièces textiles allant de l'Antiquité (Egypte) à la création contemporaine,
* une collection de mode,
* une collection de céramique,
* un fonds ethnographique sur l'industrie textile,
* et un fonds Beaux-Arts constitués d'oeuvres des XIX e et XX e siècles (Camille Claudel, Henri Fantin-Latour, Jean-Léon Gérôme, Dominique Ingres, Tamara de Lempicka, Kees Van Dongen...)

quelques images des œuvres exposées (voir aussi la collection ) :

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Hall d'entrée © L'Internaute Magazine / Mélanie Layec


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Rembrandt BUGATTI. Chat mangeant dans son écuelle. 1906. Plâtre.


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Théodore RIVIÈRE. Attila et la horde des Huns (1897). Bronze. Photo site du Musée.


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Jean Léon GÉRÔME. Esclaves à vendre. 1873. Huile sur toile. Photo site du Musée.


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Rémy COGGHE. Le repos du modèle. 1883. Huile sur toile. Photo site du Musée.


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Pour poursuivre, on peut consulter l'excellent livre "La Piscine - Musée D'art Et D'industrie De Roubaix"

Des photos des œuvres et encore d'autres du musée !
A lire aussi : La persée de la lumière du Nord, Le musée industriel de Roubaix. L'article de l'Internaute, très chouette aussi.

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Sculpture Jedd Novatt. Photo Lille la nuit.

25 juillet 2009

Les neuf soeurs, neuvième roman



Voici la quatrième de couverture de mon neuvième roman, Les neuf sœurs. Elle a été rédigée par Anti à partir d'un premier jet que je lui ai envoyé hier.

- Tu vas faire… quoi ???
- Tu m’as très bien entendue.
- Tu es dingue ! Qu’est-ce que tu crois, que tu vas réussir à les infiltrer comme ça ? Tu te rends compte des risques que tu prends ?

Tout avait commencé lors d'une réunion avec ses sœurs en maçonnerie quelques jours plus tôt. Safiya (La femme primordiale) y avait retrouvé Edwige qui leur avait parlé de Jeanne, sa fille partie dans une secte avec sa petite-fille Marion, devenue adolescente. Cela faisait des mois qu'elle n'en avait plus aucune nouvelle.

Le gourou à la tête de la secte promettait à ses disciples un retour vers le Peuple des Etoiles qui aurait créé l'Homme il y a des centaines de milliers d'années. Pour ce faire, il prônait de bien étranges pratiques sexuelles, censées libérer l'énergie nécessaire au grand voyage.

En décidant de se faire enrôler par la secte pour retrouver Jeanne et Marion, avec l'aide à distance de ses sœurs, Safiya ne se doute pas qu'elle va y affronter le pire de tous les dangers : ses propres limites.

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803944963.jpgDans ce roman, les éléments les plus renversants et les plus incroyables ne sont pas ceux que j'ai imaginés mais ceux qui sont totalement véridiques, tels qu'on les trouve dans les sectes réelles. J'ai puisé mes sources en particulier dans la Scientologie, le Mouvement Raëlien et les Enfants de Dieu, la plupart du temps sur les sites web officiels de ces organisations, dans les déclarations de leurs gourous ou dans des décisions de justice.

Pour être plus spécifique, il s'agit de diverses techniques de manipulation, de lavage de cerveau, de détournements bien peu spirituels de religions ou mythes existants, de recours à la prostitution pour faciliter le recrutement, de prétendue libération sexuelle pour le bénéfice avant tout du gourou qui peut ainsi disposer d'un harem officiel, de pédophilie, d'escroquerie, de financement par la mise en place de prélèvements importants sur les salaires des adeptes ou de cession de tous ses biens au profit du gourou, etc. Il en sera fait un inventaire détaillé et factuel dans la postface.

Des relecteurs ?

Je souhaite, comme à l'accoutumée, faire parvenir le manuscrit à deux personnes, en plus d'Anti et Miss You, qui voudront bien jouer le rôle de relecteurs pour débusquer les dernières fautes ou incohérences. Merci de me faire savoir si cela vous intéresse. Je ne pense pas mettre le manuscrit en ligne avant fin août, vous aurez donc un délai raisonnable pour me rendre vos remarques.


Très belle journée à vous

22 juin 2009

Les feux de la Saint Jean

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Demain, le 23 juin, dans beaucoup de villes et de villages, un peu partout dans le monde, des feux seront allumés, les Feux de Saint Jean le Baptiste.

Cette fête, reprise par la religion catholique, est en réalité une des célébration du solstice d'été, continuité des rituels agraires qui honoraient les déesses propices aux récoltes abondantes. On se réunit, on mange, on chante, on danse ! C'est le feu de joie dont je garde des souvenirs d'enfances très présents. Retour sur ce moment fort de l'année.

Le solstice d'été a été fêté de tous temps. En Syrie et en Phénicie, il donnait lieu à une grande fête en l'honneur de Tammuz, (fête qui commençait la veille au soir, comme dans la traditionnelle Saint-Jean), le dieu-pasteur et dieu de la fertilité dans la religion babylonienne. Tammuz est un berger-roi uni à Ishtar dans un très ancien rite de mariage sacré.

Cette fête folklorique a lieu à Chièvres, Mons (Belgique), au Québec (Fête nationale du Québec), en Scandinavie et dans différentes régions françaises, notamment dans un certain nombre de villes de Lorraine, en Bretagne ainsi qu'en Roussillon (Catalogne Nord), principalement à Perpignan.

En Scandinavie, le solstice d’été est l’une des fêtes les plus importantes de l’année et marque en Suède le début des vacances. Dans ce pays, les célébrations varient selon le folklore régional. Le Midsommar est un jour férié, où l’on se retrouve en famille. Les maisons sont décorées à l’aide de couronnes de fleurs, des feux sont également mis en place et on érige un bâton dans les différentes villes. Si à la base, ces célébrations étaient associées à la fertilité et à la nature et étaient réalisées pour la bonne tenue de la moisson d’automne, elles ont été intégrées au christianisme avec l’évangélisation du pays.

En Suède, on cherche également à prédire l’avenir ce jour-là, et notamment à déterminer les futures épouses des jeunes hommes présents. En Norvège et au Danemark, on retrouve les feux rituels, mais aussi des processions. Dans ce dernier pays, l’époque du solstice est aussi marqué par une autre fête importante, la Saint-Hans le 23 juin, où les Danois chantent leur hymne et brûlent des sorcières de paille en mémoire de ce qui se passait au XVIè siècle. (Source Thomas Prado).

Le culte du feu associé au solstice d'été se retrouve également en Chine, en Turquie, dans les rites vaudous et chez les Incas.

En France, dans les Pyrénées, et particulièrement en Comminges, le feu de la Saint-Jean s'appelle le brandon. Il est constitué par un tronc de conifère préparé longtemps à l'avance : il est fendu longitudinalement, sur tout le pourtour, en plaçant dans les fentes des coins de bois. Finalement il a une forme de fuseau, il est dressé et on y met le feu. (Source Wikipédia)

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En chamanisme, comme dans d'autres traditions, le feu allumé le jour du solstice est utilisé pour se purifier d’actes ou de pensées négatives. Ceux dont c’est la croyance, énumèrent sur un papier tous les maux qui les affligent, et dont ils souhaitent se débarrasser. Ils posent alors dans le feu ce papier. D’autres les énumèrent mentalement, et ils demandent d’en être purifiés.

De même, traditionnellement, on prépare des offrandes que l'on va offrir au feu : nourriture, bouquet d'herbes spéciales, huile, etc.

L’usage préconise aussi de prononcer à voix haute un merci. Il s’adresse à l’Esprit divin de la Terre Mère, à tous ses bienfaits et pour l’abondance des récoltes à venir.

Par respect face à la Présence divine qui reçoit vos offrandes (ici, matérialisée dans le feu rituel), son mystère vous oblige de garder vos yeux baissés et mi-clos. C’est une obligation pour tous les participants de cette cérémonie, aucun d’eux ne doit regarder le feu qui consume votre offrande. Faites-le pendant la formulation de votre prière, et jusqu’à ce que vos offrandes soient consumées. Puis, alimentez votre feu pour qu’il reste vivant, et partagez alors, avec vos amis, le repas que vous avez préparé.

De retour près de votre feu, posez dessus un fagotin formé de lavande, d’absinthe, d’achillée millefeuille et de millepertuis. Un par un et pieds nus, présentez-vous devant le feu face à la direction du Sud-Est. Dans la direction du Sud-Est, face à vous les Grands-pères sacrés vous regardent. Dans la direction du Nord-Ouest (dans votre dos) se tiennent les Maîtres du karma, gardiens des lois. Prenez de cette fumée pour la passer sur votre visage et votre crâne. Faites repentances selon vos croyances, franchir ce feu vous octroie le pardon que vous sollicitez, dès lors que vous sautez à travers. Que vous le fassiez à pieds-joints ou par une grande enjambée, réceptionnez-vous sur votre pied droit !

Toute cette nuit-là, et jusqu’au matin, vous pouvez allez à la rencontre des êtres sacrés qui sont l’énergie divine des plantes.

Les chamans distinguent le feu de la nature, et le Feu manifestation spirituelle qui utilise le feu pour établir sa présence. C’est alors l’Esprit du feu. Il en est de même pour l’eau et l’Esprit de l’eau, l’air et l’Esprit de l’air et la terre et l’Esprit de la terre. C’est le Feu, l’Eau, l’Air et la Terre, considérés comme la manifestation d’êtres conscients qui ont une activité et une responsabilité spirituelle ; il en est de même pour les arbres et les fleurs, quelque soit leur taille. (Flora Desondes)

janus.jpg Enfin, j'ai trouvé un article expliquant l'importance de la fête de la Saint Jean pour les Francs-Maçons.

L’une des deux fêtes les plus importantes de la Franc-Maçonnerie est la St Jean d’été. C'est l'un des moments clés du livre, lorsque Daniel et Franck rencontrent Fiorella pour la première fois. Cette cérémonie se situe au solstice d’été, le 21 juin, le jour le plus long de l’année, l'un des deux moments de l'année pendant lesquels le soleil atteint ses positions les plus méridionale et septentrionale, aux tropiques du Capricorne et du Cancer célestes.

L’autre fête, c’est la St Jean d’hiver, au solstice d’hiver, le jour le plus court de l’année.

Pourquoi St Jean ? St Jean, car ce vocable symbolise pour les maçons la Gnose ; et cette Gnose est symbolisée par la lettre G inscrite dans l’Etoile à 5 branches que l'on retrouve dans les temples maçonniques. Les Templiers célébraient aussi leur fête la plus importante le jour de la St Jean d’été, et les francs-maçons perpétuent ainsi le souvenir et le rite, pour ne pas dire le mystère.

St Jean, c’est Janus, le dieu au double visage des Romains. Il symbolise le passé et l’avenir, l’année qui finit et celle qui commence.

Le solstice d’été, c’est une vieille fête païenne, que l’on célèbre encore chez nous avec les feux, et dans les pays Scandinaves, à la Ste Lucie, Sainte Lux, la fête de la Lumière. C’est de lumière qu’il s’agit. Et la lumière, c’est la Connaissance. Le jour de l’initiation, un franc-maçon reçoit la Lumière. Et l’on nomme les francs-maçons les fils de la Lumière, comme avant eux les Esseniens.

Le jour de la St Jean d'été, cette lumière est symbolisé par le tracé au cordeau d'une étoile à cinq branches. Ce pentagramme a la pointe en haut, dirigée vers l’Orient. Car la Lumière vient de l’Orient, et c’est là que se trouve le Vénérable en loge (cf Le Rituel Thot).

Il y aurait beaucoup trop à dire sur le pentagramme dans ce billet. Cherchez dans le site…

Sachez pourtant que c’est grâce à lui que se calcule le Nombre d’or, 1,618. Le Nombre avec lequel on bâtit en harmonique, Ce Nombre est un rapport. Un rapport tel que la plus petite partie par rapport à la plus grande a le même rapport que la plus grande par rapport au tout. Pour savoir comment se calcule ce Nombre si particulier, reportez vous au livre page 191. Sachez cependant qu’il est symbolisé par le « carré long », un rectangle dont le plus petit coté est la moitié du plus grand, et qui se retrouve sur l’équerre du Vénérable, dont l’une des branches est le double de l’autre.

349766816.jpg Le pentagramme, c’est aussi l’Homme. Comme le disait Hildegarde de Bingen : « l’Homme se divise dans la longueur, du sommet de la tête aux pieds, en cinq parties égales ; dans la largeur, formée par les bras étendus d’une extrémité d’une main à l’autre, en cinq parties égales. »

Les bras à l’horizontale s’inscrivent dans les branches supérieures, les jambes écartées dans les branches inférieures, et la tête dans la branche du haut. 2 + 2 + 1. L’union est réalisée, c’est d’ailleurs le symbolisme du 5. On joint par ce nombre le principe terrestre (2 –> les jambes) au principe céleste ou cosmique (3 –> la tête et les bras).

Nous avons là les 5 extrémités. Deux fois un nombre pair, féminin, désignant la matrice, et une fois un nombre impair, mâle. L’Homme est donc androgyne. Le pentagramme désigne l’androgyne. On a bouclé la boucle. Le nombre 5 est donc le symbole de la structure de l’Homme. Trois éléments en haut (la tête et les bras) et deux éléments en bas (les jambes). Nous avons là l’accord du cosmique et du terrestre, et l’Homme est bien le Temple de l’univers.

De la Connaissance naît l’Amour, et de l’Amour naît le Don.


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Photos : Lever de soleil au bois des Espeisses, été 2008, blog Le Monde, Janus, Homme de Vitruve de L. de Vinci, Bois des Espeisses.

A lire aussi, Histoire des feux de la Saint-Jean dans le pays gardois.

18 juin 2009

Les neuf soeurs - Action !

1032964818.JPGJe prends le train ce matin pour Paris à nouveau (départ 6h50). Hier soir, en quittant le boulot, je me tâtais : profiter du trajet pour écrire le chapitre 2 des Neuf soeurs ou continuer la lecture de Millenium ? Surtout que je ne savais pas trop par quel bout lancer l'histoire.

Millenium a encore perdu. Entre mon départ du boulot et mon arrivée à la maison, j'ai eu une idée, quelque chose qui pourrait être un élément central de l'intrigue. Une idée assez vague mais bon, une idée quand même.

J'en ai parlé avec Anti, pendant qu'on allait chercher Gwlad au cheval. Un point important était que je devais forcément reparler de franc-maçonnerie dans ce troisième volet, pour des raisons d'homogénéité avec le premier. C'est d'ailleurs dans cet esprit-là que j'avais choisi il y a plus d'un an de l'intituler Les neuf soeurs, à un moment où je n'avais encore aucun début d'indice de ce que serait son contenu. J'ai expliqué la signification de ce titre il y a quelques jours.

Restait donc à trouver comment intégrer mon idée - que je ne vais pas vous révéler aujourd'hui, suspense oblige - au contexte que je viens de rappeler. Nous avons lancé plusieurs possibilités, plus ou moins farfelues, jusqu'à ce que la bonne jaillisse et s'impose. La bonne, ça veut dire quelque chose de plausible dans la vraie vie et, tout aussi important, de propice à toutes sortes de rebondissements potentiels - il s'agit d'un thriller, donc d'une intrigue aussi anxiogène qu'imprévisible.

Instantanément, tout s'est mis en place. C'est bien la première fois que j'ai une vue aussi claire sur l'histoire à venir, y compris dans certaines de ses intrigues secondaires, alors qu'un seul chapitre a été bouclé pour le moment.

Je me trompe peut-être mais j'ai le sentiment que ce neuvième roman va s'écrire très vite. Millenium peut bien attendre encore un peu.

Action !

Très belle journée à tous


Photo prise à Barcelone en mars dernier

10 avril 2009

Où tout fait écho à tout

La trilogie "Reflets inachevés" existe depuis hier sous forme de livres. Oh, un seul exemplaire pour chacun des trois volumes qui la composent mais bon, quel collector ! Il s'agit des épreuves, identiques aux livres définitifs, à l'exception du pelliculage qui n'est pas fait sur ce tirage de contrôle.

1750447688.jpgLes trois livres ont été envoyés vers 15h par Copy Media en colissimo, pour être livrés demain chez les parents d'Anti, qui habitent, ça ne s'invente pas, à Sainte-Anne (mais pas Galore).

Amusant que les premiers exemplaires de ma deuxième trilogie arrivent justement là. Anne, mère de Marie, est l'une des plus mystérieuses "veuves obscures" qui soient, le surnom que j'ai donné à ces mères mythiques, sans père à leurs côtés, d'un enfant au destin universel, comme le seront également sa fille Marie, bien sûr, mère vierge du Christ, et un certain nombre d'autres, telle la veuve de Nephtali, mère d'Hiram dans le mythe fondateur de la franc-maçonnerie (que j'ai ré-écrit à ma façon dans Elle attend et Le secret du Temple).

Nous serons à Sainte-Anne dimanche et nous pourrons alors vérifier la qualité des épreuves avant de signer le BAT (bon à tirer). Ensuite, les 3 x 100 exemplaires seront lancés en impression et reliure, pour une livraison à Nîmes prévue le 21.

1813791522.jpgUne fois encore, tout est lié, par des voies parfois subtiles. J'ai remarqué hier soir que Copy Media a pour adresse la rue Francisco Ferrer. Ce nom m'a rappelé quelque chose. Normal, on le voit partout à Barcelone, où nous étions il y a deux semaines.

Francisco Ferrer (1859-1909) était un franc-maçon donc, avant tout, un humaniste. Il devint anarchiste en opposition au nationalisme républicain espagnol contrôlé par l'Église catholique. Il vivait à Barcelone où il a établi, après un séjour en France, l'Ecole Moderne, un centre éducatif destiné aux milieux ouvriers et populaires espagnols, qui rencontra un grand succès et essaima dans d'autres villes du pays. Il eut également une activité d'éditeur.

En 1909, sur dénonciation de prélats qui le détestaient, il est jugé coupable - sans preuves - d'être l'un des responsables de la Semaine Tragique, une insurrection qui met Barcelone à feu et à sang. Il est fusillé. Son exécution provoque de nombreuses manifestations dans toute l'Europe.

Il est enterré sur la montagne de Montjuic à Barcelone. Montjuic signifie le Mont des Juifs en catalan ancien.

1762221291.JPGUn monolithe et une statue y ont été dressés en signe de reconnaissance publique de la ville. Ils font face à une autre montagne célèbre qui surplombe Barcelone, celle de Montserrat et sa fameuse vierge noire, dont nous sommes, plus que jamais, sous le sceau.

Reflets inachevés, qui se répercutent sur les parois du temps et les destins entremêlés où tout fait écho à tout.


Les deux photos de gauche sont de moi : "Le Rêve" de Rodin et la vierge noire, reproduction de celle de Montserrat, qui se trouve dans l'église de Betlem à Barcelone. La photo de Francisco Ferrer provient de Wikipedia.


14 février 2009

Le bandeau en maçonnerie

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Le bandeau d’une voûte de pont en maçonnerie est la surface vue des extrémités de la voûte. C'est une sorte de plate-bande curviligne, comprise entre l'intrados et un extrados souvent fictif.

Le rôle du bandeau est de souligner la voûte dans l'ensemble de la structure de l'ouvrage. Les appareils susceptibles d'être rencontrés sont nombreux et variés.

Les bandeaux sont plus ou moins caractéristiques d’une période donnée.

Bandeau, ponts, maçonnerie... autant de mots simples qu'on rencontre dans la construction qu'on pourrait prendre aussi bien comme symboles des constructions de nos vies en y réfléchissant. Miroir ! miroir ! Qu'y a-t-il donc de l'autre côté ? Sur l'autre rive ? Derrière le bandeau ?

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Photo Cathédrale de Bourges.


Et si voûte il y a, qu'est-ce que la Clef de cette Voûte ?

La Clef de Voûte est une expression que l’on entend assez souvent et dont finalement je m’aperçois que je sais peu de chose (une fois encore…). Cette expression « Clef de Voûte » désigne au sens figuré, un élément essentiel d’un groupe ou d’une structure.

Elle prend tout son sens au regard de sa signification dans le domaine de la construction. En effet, « la Clef de Voûte » est l’élément unique qui permet la cohésion des multiples éléments l’entourant et ce, par sa seule présence, ses seules caractéristiques intrinsèques. Cet élément unique est placé au sommet d’une voûte d’ogives. C’est la pierre que l’on pose en dernier, qui ferme la voûte et en assure la cohésion. Cette pierre est appelée voussoir, il s’agit d’une pierre de taille généralement en forme en forme de coin qui peut aussi former l’appareillage d’un arc ou d’une arcade. Mais qu’est-ce donc une pierre de taille ? C’est le terme qui désigne un bloc de pierre dont toutes les faces sont dressées c’est-à-dire taillées pour obtenir des pans plus ou moins parfait. La pierre de taille doit être résiliente càd qu’une pierre trop longtemps exposée aux intempéries sur toutes ses faces ou chargée sur ses arêtes perdrait de sa résistance et elle doit être non gélive càd non poreuse ou micro fissurée. (Cf. Résilience en psychologie / Rigueur et rigidité / Force et fragilité.)

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Parler de pierre taillée ne peut qu’évoquer le V.I.T.R.I.O.L. alchimique « Visita Interiora Terroe Rectificandoque Invenies Occultum Lapidem » / « Visite l’intérieur de la Terre et en Rectifiant, tu trouveras la pierre cachée », cette pierre cachée, Pierre taillée solide et résistante, essence de l’Être, élément unique de l’ensemble voûte.

En architecture, la voûte désigne une construction en maçonnerie comprenant un intrados (L'intrados - au sens aéronautique - d'un profil porteur non symétrique (présentant une cambrure) est la face opposée à la cambrure, quel qu’en soit le sens /L'intrados d'un profil porteur symétrique est la face opposée à la portance. Les définitions suivantes supposent que le profil présente une portance positive : vers le haut ou vers l'avant) càd une surface inférieure reposant sur des appuis et couvrant un espace.

Dans les temples de l’Antiquité et les Églises, les plafonds étaient peint en bleu et parsemé d’étoiles dorées. Cette voûte étoilée avait donc pour intrados un espace sacré.

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Le mot "Clef" quant à lui, provient du latin classique « clavem » accusatif de « clavis » qui signifie « clef » : loquet, barre. Ce mot désigne plusieurs choses et ces différents sens sont tous très instructifs.

Tout d’abord, la clef désigne un instrument de métal qui sert à fermer ou à ouvrir une serrure. La clef désigne aussi ce qui donne accès à quelque chose, on parlera de la clef du chiffre qui sert à décrypter et crypter des dépêches secrètes, d’un chiffre ou d’une lettre clef, de la clef d’un mystère. De même, en musique, c’est la clef qui permet de connaître la tonalité d’une œuvre.

La clef est aussi un outil servant à tendre ou à détendre, monter et démonter, serrer, maintenir certains assemblages, elle est prise qui tente d’immobiliser l’adversaire dans les sports de combat et bien sûr, Clef de Voûte, pierre qui achève la voûte en son milieu et qui en assure la solidité comme je l’ai déjà mentionné.

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Mais qu’elle est cette Clef de Voûte symbolique ?

Pour ma part, je la vois, cette Voûte Sacrée, apparaître comme un lieu d’échange qui me rappelle cette dédicace du livre « Il n’y a pas d’embouteillage dans le désert » que m’avait fait son auteur Moussa Ag Assarid « Pour un voyage de soi vers soi, en passant par les autres ». Alors, si cette Voûte Sacrée est un lieu d’échange, la Clef de Voûte apparaît comme lieu de passage entre des mondes et des Temps différents.

Dans un colloque de 1999 sur « Le verbe perdu et retrouvé » son auteur Louis Cattiaux parle à chaque page de la fameuse matière des Maîtres. Lumière de Nature, feu secret de l’œuvre capable de dissoudre l’or vulgaire sans violence, de le faire germer, fructifier et multiplier, càd de convertir le mercure vulgaire en mercure des philosophes et de le mûrir par l’union de ce qui est très haut avec ce qui est très bas ». Le terme d’union est, pour moi, l’intérêt majeur de ses propos. La Clef de Voûte comme trait d’union. Et il ajoute, « Ce qui est Très-Haut, c’est Hiram, l’architecte du Temple, hai Ram en hébreu, signifiant la Vie d’en haut. » Le très haut est aussi le nom de Dieu. Alors ? Clef de Voûte égale clefs du royaume des cieux ? Ces clefs attributs de Saint Pierre qui ont le pouvoir d’ouvrir le royaume des Cieux en remettant les péchés ?

Et si la Clef de Voûte était l’Amour ? Cette pierre sur laquelle tout repose, cet élément unique sans lequel tout l’édifice tomberait serait l’Amour et particulièrement l’Amour fraternel ou chaque élément du groupe compte car dans la voûte, chaque pierre s’appuie sur celle qui est en dessous. Cette dernière pousse la pierre vers le haut mais aussi vers le côté et c’est la pierre du dessus qui l’empêche de tomber. Mais, pour que cela fonctionne, il faut que chaque pierre ait deux voisines.

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L’essentiel est l’Amour comme le dit si bien ce texte : l’Epître de Saint Paul aux Corinthiens.

« Quand je parlerai la langue des Anges
Si je n’ai pas l’Amour
Quand j’aurai le don de prophétie
La science de tous les mystères
Et toute la connaissance
Quand j’aurai même toute la Foi
Jusqu’à déplacer les montagnes
Si je n’ai pas l’Amour
Je ne suis rien
L’Amour est patient, il est plein de bonté
Il supporte tout
Il espère tout
L’Amour ne périt jamais
Car les prophéties prendront fin
Les langues se tairont
La connaissance diparaitra
Maintenant donc demeurent
La Foi, l’Espérance et l’Amour
Mais le plus grand de ces trois
C’est l’Amour. »


Très belle journée de Saint Valentin à tous.

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12 janvier 2009

La Vénus d'ébène

Nouvel écho (mais pas plus surprenant que ça) avec la note d'Anna sur les premières vénus, je suis tombée par hasard sur un reportage hier d’ARTE sur Joséphine Baker, surnommée la Vénus d'ébène.


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Curieuse d’en apprendre un peu plus sur celle que je ne connaissais qu’à travers la Revue nègre et la chanson « J’ai deux amours…», j’ai regardé d’abord distraitement puis avec attention le parcours d’une femme incroyable.

Première « star » noire en France, elle a fait un « come back » à l’âge de 69 ans dans une tenue aussi légère que celle de ses débuts, provoquant une ovation largement méritée et l’admiration de tous.


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Longtemps jugée trop française, trop avant-gardiste, disons « simplement trop tout » pour une noire, elle restera très controversée aux Etats-Unis, où elle représentait un symbole vivant pour la communauté noire américaine.

Elle prendra d’ailleurs la nationalité française dès 1937.

Engagée très tôt dans la Résistance, elle aura été un véritable agent de renseignement en France, puis au Maroc

Militante, elle a lutté toute sa vie contre la discrimination et toutes les formes d’injustice, prononçant même un discours lors de la Marche sur Washington en 1963 aux côtés de Martin Luther King.

Généreuse, elle a adopté près de 15 enfants, de toutes origines, les appelant « sa tribu arc-en-ciel », allant jusqu’à engloutir sa fortune pour leur permettre de rester ensemble.



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Joséphine quitte le foyer familial à l'âge de 13 ans et commence à travailler comme serveuse. Elle remporte son premier concours de danse à 10 ans, puis débute à Broadway au Plantation Club.

Le 2 octobre 1925, elle passe en première partie dans la Revue nègre au Théâtre des Champs-Elysées.

Vêtue d'un simple pagne de bananes, elle danse avec une furie suggestive sur un rythme de charleston — une musique alors encore inconnue en Europe — l'interprétation d'un tableau baptisé La Danse sauvage.

Le scandale fait rapidement place à l'engouement général.

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Joséphine Baker dansant le charleston aux Folies Bergère à Paris lors de la Revue nègre en 1926 (Photo de Walery)


Joséphine devient l'égérie des cubistes qui vénèrent son style et ses formes, et suscite l'enthousiasme des Parisiens pour le jazz et les musiques noires.

En 1927, la jeune star se lance dans la chanson. En 1931, elle remporte un succès inoubliable avec la chanson J'ai deux amours composée par Vincent Scotto.

Quelques rôles lui sont proposés au cinéma par des cinéastes, tel Marc Allégret, sans grand succès. Sur les planches du music-hall, en revanche, elle en vient à faire de l'ombre à la grande Mistinguett.


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Sa tournée de 1936 aux États-Unis ne rencontre pas non plus la réussite escomptée.

L'Amérique est sceptique et certains lui reprochent de parler parfois en français, ou en anglais avec un accent français. Elle rentre en France et acquiert la nationalité française en 1937 en épousant un Français, Jean Lion.

Dès le début de la Seconde Guerre mondiale, en 1939, Joséphine agit pour la Résistance, en devenant un agent de renseignement, sous les ordres du chef du contre-espionnage militaire à Paris.

À cet effet, elle fréquente la haute société parisienne, puis se mobilise pour la Croix-Rouge. Sa popularité demeure telle que Göring, dit-on, n'osant l'arrêter, la fit inviter à un dîner-spectacle où l'on tenta de l'empoisonner.

Voyant sa vie menacée en France occupée, elle s'enfuit et gagne le Maroc où elle se met à la disposition des services de renseignement de la France libre, puis de l'Armée de l'air.


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Joséphine en uniforme de sous-lieutenant de l'armée de l'air française en 1944


Elle s'acquitta durant la guerre de missions importantes, et reste connue pour avoir utilisé ses partitions musicales pour dissimuler des messages.

À la Libération, elle poursuit ses activités pour la Croix-Rouge, et chante pour les soldats et résistants près du front. Ses activités durant la guerre lui vaudront la Légion d'honneur après les hostilités.



Le plus grand malheur de sa vie aura été de ne pas pouvoir avoir d'enfant.

Avec Jo Bouillon, qu'elle épouse en 1947, elle achète le domaine des Milandes en Dordogne. Elle y accueille les enfants de toutes origines qu'elle a adoptés et qu'elle appelle sa « tribu arc-en-ciel ».

Dans ce domaine où elle emploie un personnel nombreux, elle engloutit toute sa fortune et doit multiplier les concerts pour poursuivre son œuvre.


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Elle participe en 1963 à la Marche vers Washington pour le travail et la liberté organisée par Martin Luther King. À cette époque, elle est engagée depuis un moment dans l'action de la LICRA.


Alors que Joséphine est pratiquement ruinée, la princesse Grace de Monaco, lui offre alors un logement pour le reste de sa vie et l'invite à Monaco pour des spectacles de charité.

Au cours d'une ultime revue à Bobino (Paris) en 1975, où son retour est un véritable triomphe, elle tombe malade et meurt des suites d'une hémorragie cérébrale le 12 avril. Elle sera enterrée au cimetière de Monaco.


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Toute sa vie, elle aura du lutter contre des préjugés raciaux. Mais sa persévérance et son courage sont salués par tous. Elle fait figure aujourd'hui de « grande dame » et d'exemple de tolérance et d'intégration. La France démocratique d'après-guerre lui doit beaucoup.

Elle est la première femme d'origine américaine à avoir reçu les honneurs militaires français à ses funérailles. Elle comptait, en outre, parmi les grandes figures de la franc-maçonnerie.

La Mairie de Paris a décidé en juin 2006 (un siècle après la naissance de l'artiste) de donner son nom à la piscine publique flottante sur la Seine dans le 13e arrondissement.



(Extraits et photos : Wiki)

Un très beau site lui est intégralement consacré (ici) ; j’y ai puisé tout plein d’infos et les dessins et lithos qui illustrent cette note.



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