08 juillet 2011

Les démunis de Jane Evelyn Atwood

Vous vous souvenez de l’album « Haïti » signé par cette photographe de talent ?

Pour le feuilleter régulièrement, je vous confirme que ce livre est une merveille d’humanité, aussi poignant que beau.








Les Gonaïves
Haïti, 2005







Grande nouvelle :

la Maison Européenne de la Photographie
consacre une rétrospective à cette artiste
jusqu’au 25 septembre 2011







Toujours plus près de son sujet,
Jane Evelyn Atwood qualifie sa méthode d’ « obsessionnelle ».

Cette photographe, née à New-York et débarquée en France en 1971,
inscrit son travail dans l’humain.







Maison d’arrêt de femmes
Dijon, 1991







Touchée par les personnes exclues,
elle s’intéresse d’abord aux prostituées
aux côtés desquelles elle effectuera une immersion totale.







La Rue des Lombards
Paris, 1976-1977







C’est ensuite le premier malade du Sida qui attirera son objectif.
Les victimes des mines anti-personnelles,
les femmes incarcérées
et les victimes d’Haïti aussi
l’interpelleront.







Victime de mine, 27 ans,
pas de jambes, un bras, un enfant.
Kuito, Bié, Angola, 2002







De cette sensibilité aux plus démunis
émane une profondeur intense dans ces clichés.


Tous ces thèmes sont abordés
dans la première grande rétrospective
"Photographies 1976-2010"
consacrée à Jane Evelyn Atwood
à la Maison Européenne de la Photographie
jusqu'au 25 septembre 2011.




Photos © Jane Evelyn Atwood



Source texte, photos et légendes : Le Figaro








James Baldwin et son frère David
St. Germain des Près, Paris, 1981







Miss You

24 janvier 2010

Un Dimanche pour Haïti




haiti.jpgUn Dimanche pour Haïti

C'est aujourd'hui à partir de 16 h 30. Si vous êtes sur Paris...

Les Inrocks, Groland et Jamel Debbouze organisent "Un dimanche pour Haïti", un concert de soutien aux victimes du séisme.

On doit, on veut, on peut faire quelque chose.

Non à l'indifférence !

Une catastrophe frappe Haïti. Le pire des désastres naturels n'abattra pas cette formidable île de culture, la plus belle musique de notre langue, la première République noire. Aidons-les.

Les artistes se mobilisent. Les Inrocks, Jamel Debbouze et Groland organisent Un dimanche pour Haïti, deux concerts au Bataclan le dimanche 24 janvier à 16h30 et 19h30.

A 16h : Diam’s, IAM, Anaïs, Kassav, Beethova Obas, Bumcello, Tiken Jah Fakoly, Kery James …

A 20h : Diam’s, Joeystarr, Kassav, Louis Bertignac, Olivia Ruiz, Benjamin Biolay, 113, Khaled, Tiken Jah Fakoly, Indochine…

Tous les bénéfices seront reversés à l’association Action contre la Faim.

Présente en Haïti depuis 25 ans, Action contre la Faim est intervenue en urgence suite au séisme qui a frappé la capitale haïtienne : des équipes ont été aussitôt envoyées en renfort ainsi que plusieurs frets de matériel. Aujourd’hui, les équipes d’Action contre la Faim fournissent de l’eau potable à près de 35 000 Haïtiens regroupés dans des camps à l’intérieur de la ville. Elles préparent en parallèle des programmes de distributions alimentaires qui devraient commencer dans les prochains jours.

SFR soutient cet évènement et proposera une retransmission en direct des deux concerts sur le web, le mobile et le canal 80 de la Neuf Box SFR.

Prix des billets : 25 € par concert (frais de location inclus) / Billets disponibles dès maintenant dans les résaux FNAC, Digitick et Ticketnet qui soutiennent cette action.

Vous pouvez envoyer vos dons à ACF sous enveloppe SANS l’affranchir à l’adresse suivante:

ACF – URGENCE HAITI
Libre réponse 64 731
75 681 Paris Cedex 14


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20 janvier 2010

Parenthèse

Moments de vie, instants surpris, images d’un jour.


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Armée au chocolat
Du 21 au 23 janvier, le célèbre «Salon du chocolat» français aura lieu à Shanghai, en Chine.
C'est la deuxième fois que le salon a lieu dans ce pays après celui de Beijing, en 2005.
(Sheng Yan/Abaca)

TAG chocolat


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Alien ou insecte ?
D’où vient cette étrange créature immortalisée par Igor Siwanowicz,
photographe spécialiste des prises de vues macrophotographiques ?

Malgré son air venu d’ailleurs et sa troublante ressemblance
avec les personnages de films de science-fiction hollywoodiens,
Idolomantis diabolica,
qui étire ici presque lascivement sa patte antérieure gauche hérissée de pointes acérées,
n’est autre qu’une cousine africaine de notre mante religieuse européenne.

Pouvant atteindre une taille de 11 centimètres environ,
cet arthropode se nourrit principalement
d’insectes volants, drosophiles, mouches, teignes ou papillons,
qu’il abuse grâce à ses étonnantes facultés de mimétisme.
(Igor Siwanowicz/MAXPPP)


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Sculpté par le ruissellement des eaux dans un des glaciers
de l’archipel norvégien du Spitzberg,
cette étrange figure souffrante est apparue brutalement, face à la mer.

Métaphore troublante de l’érosion des mondes arctique et antarctique,
cet homme de glace en larmes suscite l’émotion.
Pour une fois, la fonte des glaces a un visage humain.

Saura-t-il accélérer la prise de conscience du monde
en faveur d’une vraie réduction des émissions de gaz à effet de serre
avant qu’il ne soit trop tard ?

Pour l’instant, peu de décisions concrètes ont été prises.
Et la banquise disparaît.
Inexorablement.
(Michael S. Nolan/Bios)


TAG banquise


Sur le blog

Ephémère à Bruges
Une batterie qui ne laisse pas de glace
Hôtels insolites
Valloire sur glace


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Concert en étages.
Des musiciens du groupe indien «The Manganiyar Seduction» jouent
lors de l'ouverture du 34e festival de Sydney,
qui se déroule du 9 au 30 janvier.
(Torsten Blackwood/AFP)

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Martin Luther King Day.
Ce jour est férié aux États-Unis pour célébrer la date d'anniversaire du révérend.
Il est fêté chaque année le troisième lundi du mois de janvier.
C’est le 2 novembre 1983,
que le président Ronald Reagan a signé une loi créant un jour l'honorant.
(Matt McClain/AFP)

TAG Martin Luther King


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Naissances au milieu du chaos.
Même dans une ville étranglée par les morts, la vie se manifeste à Haïti.
Une maternité de fortune a été érigée, pour prendre soin de ces «dons du ciel»,
comme ce lundi 18 janvier.
(Juan Barreto/AFP)

TAG Haïtï



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Source légendes et photos


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Belle journée à vous !


Miss You

17 janvier 2010

Hommage à Georges Anglade

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Le festival Étonnants Voyageurs devait organiser en Haïti un festival du 14 au 17 janvier 2010. Il a été évidemment annulé en raison du terrible tremblement de terre ayant eu lieu.

En hommage à Georges Anglade et son épouse morts à Port-au-Prince ce 13 janvier 2010 :


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Photo Nico


Je pars pour un voyage que nous ne ferons pas

Dans l’entrée ma valise humait le vent du large
En elle bien rangés linge, cadeaux et livres
Écoutaient sagement les pulsations du cœur
Qui partait vous rejoindre
Et vous nous attendiez
Comme la nappe sans un pli attend la fête
Où tinteront les verres de nos aînés rieurs

Mais la terre a tremblé
La terre s’est ouverte, des cisailles d’acier
Ont libéré le tigre qui dormait sous la roche
Son grognement de fauve a réveillé vos peurs
En soixante secondes le temps s’est effondré

Dans le fracas de l’ombre
Sa ruée de malheurs
Vos maisons dévastées

En soixante secondes
Sa huée de douleurs
Vos proches démembrés

La terre qui vous mange comme on mange la terre

Sous nos yeux sidérés des femmes et des enfants
Implorent le secours
Anéanti
On meurt à Port-au-Prince et l’on pleure à Paris

Port-au-Prince, treize janvier de l’an de casse
Deux mille dix
Pétionville, Cité-Soleil, Champ-de-Mars où les tap-taps sont détruits
Delmas, nuit d’effroi, dans l’entre chien et loup
Des morts et de la vie
Quand les ondes s’emparent de la transe vaudou

Votre île sous le vent promise à la déroute

Dans la baie de Jacmel où lézarde la route
D’une amitié conquise sur les terres arables
La maison du poète dévale à grand fracas
La pente du désastre

Et je suis là, valise en main
De l’autre côté de la mer, dans l’incendie des dépêches
Parti pour un voyage que je ne ferai pas

Sous la toile, d’autres que moi fouillent déjà
Les décombres de l’info
Émmelie, où êtes-vous, Gary et Marinio ?

Longues heures d’angoisse
Tellurique
Des gravats du silence nous retirons des noms
- Lolo, James et Dany, Kettly, Lyonel et Frank -
Comme des nourrissons soudain sauvés des eaux
Quand tant d’autres se noient aux portes de la terre

Mais nous sommes si loin

Dans le Bas-Peu de Choses de l’entraide
Par les rues dévastées de la compassion
Désarmés, incertains
Inaptes à soulager vos peines
Nous supplions les dieux de vous garder en vie

Nous implorons le vautour du malheur
D’interrompre son vol de colline en colline

Notre mère, bogue terrestre, viens reprendre l’enfant
Jeté sans retenue sur le parvis du monde
Concède-lui le temps de la douceur humaine
Le temps de l’eau, du pain et des fruits pour chacun

Mère terrestre, toi qui connais la lente érosion des jours par la nuit
Ne nous bouscule pas

Laisse nous rêver des séismes de la tendresse
Et fais monter le chant de mansuétude
Au plus haut de l’échelle trémière

Pour que naisse l’espoir de ton ventre meurtri.



Bruno DOUCEY



Des nouvelles de Haïti via le site Etonnants Voyageurs.

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15 janvier 2010

Haïti, attention aux arnaques !

Trois jours à peine après la catastrophe qui vient de s'abattre sur Haïti, les premières arnaques circulent déjà sur le web. J'ai reçu en fin de matinée un mail intitulé "Faites un don aux peuples haitiens" (orthographe respectée telle quelle). L'expéditeur se nomme "Haiti a besoin de vous" et son mail est "aidehaiti@free.fr". Ben voyons...

Il s'agit, en réalité, d'une pub pour un livre grand-guignolesque, "Les secrets fulgurants du vaudou" - tellement secrets qu'on les trouve dans ce bouquin. Le texte qui le présente commence par ces mots :

"Faites un don pour Haïti
en achetant ce livre,
100% de vos dépenses seront reversées aux peuples haïtiens.
Aidez nous.

Apprendre les secrets
du vaudou et de la magie Haïtienne"


Une très très grosse ficelle qui pue bien fort l'arnaque, d'autant que j'ai déjà reçu la même pub plusieurs fois depuis quelques temps parce que mon mail "Anna Galore", qui est public, a dû se retrouver sur une liste de distribution de spammers.

Ceux-là n'ont vraiment pas peur de faire gerber leurs destinataires par leur cynisme écoeurant.

Si vous voulez faire des dons pour aider les Haïtiens, passez uniquement par des ONG connues et qui existaient bien avant le séisme, telles que la Fondation de France, la Croix Rouge française, MSF, Médecins du Monde, etc.

04 janvier 2010

La Franc-Maçonnerie Cubaine

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« Celui qui ne se sent pas offensé par l'offense faite à d'autres hommes, celui qui ne ressent pas sur sa joue la brûlure du soufflet appliqué sur une autre joue, quelle qu'en soit la couleur, n'est pas digne du nom d'homme. » José Martí


Au cœur de l'hiver, petits souvenirs d'été et retour à Cuba pour vous parler d'une des choses qui m'a surprise là-bas en plus de toutes les merveilles dont regorgent cette île et ses habitants : la place importante et publique de la Franc-Maçonnerie.

Pour situer les choses, Cuba (11 423 952 habitants) et la Franc-Maçonnerie, c'est 300 loges, 20,000 membres d'après le "Guide maçonnique du monde", Henderson, 1990 soit presqu'autant qu'en Allemagne (400 loges, 21 000 membres), un peu plus qu'au Philippines (200 loges, 15 000 membres), un peu moins qu'en Italie (560 loges, 24 000 membres), Australie ( 580 loges, 30 000 membres), Canada (1600 loges, 180 000 membres), France (3200 loges, environ 360 000 membres), Angleterre (8000 loges, 600 000 membres) et Etats-Unis (15 300 loges, 1 509 000 membres).

P8070201.jpg Nous étions dans la Grand rue de Viñales en train de faire la queue pour retirer de l'argent, quand mon regard a été attiré par cette peinture de Soleil avec des traits qui partent comme des rayons. J'étais sidérée par la ressemblance de ce dessin avec celui figurant sur le drapeau tibétain, suffisamment pour quitter la queue et foncer vers le bâtiment tout rose tout mignon... très étonnant finalement qui l'arborait.

Et là ! Surprise ! Je me trouvais devant un Temple ! Et un Temple Maçonnique, ça, aucun doute là-dessus.

Ce qui m'a étonné aussi, c'était d'apprendre que la grande figure cubaine, José Martí, était franc-maçon.

Son buste figure partout dans les grandes comme dans les petites villes. On trouve des citations affichées de lui, partout aussi.

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Être cultivé est le seul moyen d'être libre


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La Masonería no es mas que la forma activa del pensiamento liberal. J. Martí.
La Maçonnerie n'est rien de plus que la forme active de la pensée libre


Il faut dire que c'est La figure indépendantiste cubaine, bien avant Che Guevara. José Martí, dès l'âge de 15 ans, s'engage dans la lutte anti-coloniale et fonde un journal nationaliste. Il est arrêté pour trahison et condamné à six ans de travaux forcés un an plus tard. Libéré six mois plus tard et assigné à résidence, il fut déporté en Espagne durant quatre années.

Son exil se poursuivit entre la France et le Mexique. Une amnistie des prisonniers politiques lui permet de revenir à Cuba, où il fut de nouveau arrêté et de nouveau renvoyé en Espagne. Il s'installe à New York, où vivaient de nombreux exilés cubains, et durant les quinze années qui suivirent il se consacra sans relâche à l'activité politique au sein du parti révolutionnaire cubain. Il débarque sur Cuba en 1895, et est tué lors de sa première bataille contre les Espagnols. (Source Evène)

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Au sein de la Franc-maçonnerie existent des sources de vraie morale et de bonheur.
L'homme qui réussit à s'abreuver dans celles-ci, se convertit dans bon et parfait, et il n'oublie pas que le bien est Dieu...
Si tous les hommes connaissaient l'enseignement sublime maçonnique, le monde serait
heureux parce qu'il s'alimenterait d'Amour, de justice, de beauté...
La franc-maçonnerie n'a pas plus de secret que l'intelligence et l'honnêteté.
Elle se fait le ballot des passions mauvaises à l'entrée, et contracte le devoir d'agir irréprochablement en son sein.

En el seno de la Francmasonería existen manantiales de verdadera moral y felicidad.
El hombre que logra beber en ellos, se convierte en bueno y perfecto, y no olvida que “el bien es Dios...
Si todos los hombres conocieran las sublimes enseñanzas masónicas,
el mundo seria feliz porque se alimentaría de amor, de justicia, de belleza...
La masonería no tiene más secreto que la inteligencia y la honradez.
Se deja el fardo de las malas pasiones a la entrada, y se contrae el deber de obrar irreprochablemente en ella.


Agir irréprochablement, perfectionner l'exercice de la liberté, préparer les citadins à la vie publique, aider à la réussite
de toute idée noble, ceci, sans rien de plus, sans rien d'inconnu, sans rien d'occulte sont les mystères de l'ordre maçonnique.
Obrar irreprochablemente, perfeccionar el ejercicio de la libertad, preparar a los ciudadanos a la vida publica,
ayudar al logro de toda noble idea, estos, sin uno mas, sin nada incógnito, sin nada oculto
son los misterios de la orden masónica.


La franc-maçonnerie trouve sa raison d'être dans l'utilité quelle apporte au milieu social dans lequel elle se développe

La Masonería funda la razón de su existencia por lo útil que resulta al medio social en que se desenvuelve.


Devant ce Temple donc, encore une fois il y avait le buste de José Martí. Et, à l'intérieur que nous avons eu la chance de visiter : aussi ! Tout comme le drapeau cubain. Parlons-en.

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Le drapeau Cubain, œuvre franc-maçonne

Le drapeau cubain a été dessiné en juin 1849 par le poète Miguel Teurbe Tolon y de la Guardia (1820-1857) et son épouse Émilia (un couple cubain exilé à New York) qui créera également les armoiries nationales, à la demande du général vénézuélien Narciso Lopez (1797-1853), militaire (flibustier ?), devenu homme d'affaires à Cuba après avoir épousé une riche propriétaire cubaine.

Le général Narciso Lopez avait organisé une conspiration en vue de libérer l'île du joug colonial espagnol mais en vue de l'annexer aux Etats Unis d'Amérique ! Ceci explique la similitude du drapeau cubain avec le drapeau des États-Unis - auquel il emprunte les bandes et les couleurs puisqu'il souhaitait voir Cuba rejoindre la fédération américaine et ainsi y intégrer une nouvelle étoile. L'analogie se poursuit avec le Texas, ancienne colonie espagnole puis détaché du Mexique, qui dispose d'un drapeau identique à celui de Cuba.

Narciso Lopez étant franc-maçon (le Grand Orient de Cuba et des Antilles GOCA fut fondé en 1862), on n'est donc pas surpris de découvrir dans le drapeau des symboles maçonniques (triangle, étoile à cinq branches).

Il dut s'exiler aux Etats-Unis d'où il organisa deux tentatives d'invasions qui échouèrent (il fut exécuté par le supplice infamant du garrot).
C'est lors de la première expédition que ce drapeau sera hissé pour la première fois à Cardenas le 19 mai 1850... pour une journée.

Une version plus simple du drapeau (mais avec les mêmes couleurs) fut utilisée en 1869 lors de la guerre de Dix Ans déclenchée par Carlos Manuel de Céspedes, franc-maçon, propriétaire sucrier qui libéra ses esclaves.

Ce drapeau fut adopté comme emblème national par l'Assemblée Constituante de la République de Cuba le 11 avril 1869 puis le 20 mai 1902 lorsque la République Cubaine est instauré, après que Cuba soit devenu indépendante de l'Espagne en 1898.

Symbolique

Les trois couleurs (bleu, blanc et rouge), rappellent le triptyque de la Révolution française : ''liberté, égalité, fraternité''.
Le triangle équilatéral, symbole maçonnique, traduit aussi les idéaux révolutionnaires et républicains (liberté, égalité et fraternité), sa couleur rouge exprimant le sang versé par les patriotes cubains. L'étoile solitaire (La Estrella Solitaria) à cinq branches, autre symbole maçonnique, traduit l'indépendance nationale.

Les trois bandes bleues représentent les anciennes provinces (centrale, occidentale et orientale) qui contrôlaient l'île et les deux blanches symbolisent la pureté de la révolution et la justice (Source).

On peut ajouter que la symbolique de ce drapeau ne s'arrête pas à cette description loin de là ! On note aussi la symbolique des chiffres : 3 (bandes bleu), 5 (bandes) et 7 (éléments), etc.

Je vous le disais un peu plus haut, nous avons eu la chance de visiter cet endroit exceptionnel et inattendu par un heureux hasard.

Un soir que nous rentrions chez notre logeuse, j'ai eu envie de changer de route, pour visiter, quoi ;-), et là, en marchant dans une rue on ne peut plus banale, je tombe nez à nez avec une maison arborant le Compas, l'Équerre et la lettre G !!! (Comme... Galore ;-))

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Moi : "Ben, ça alors !"

Anna : "Toi qui parles espagnol, demande-leur comment ça se fait qu'il y ait ces symboles sur leur maison. (A Cuba, les gens vivent toujours dehors, ça aide ;-))

Moi : Ben... J'sais pas... euh...

Finalement, je me suis dit que je regretterai toujours si je ne le faisais pas. Anna avait raison !

P8090397.JPGEt c'était parti mes kikis ! Ainsi, nous avons passé un bon moment à discuter avec le Grand Maître de la Loge que nous venions de prendre en photos quelques jours plus tôt. Il nous a indiqué que bien sûr, le Temple était fermé, mais que la Tenue ayant lieu le samedi matin, nous serions les bienvenues si nous voulions le visiter juste après.

Par ailleurs, il nous a raconté qu'à Cuba comme ailleurs, les francs-maçons sont de tous bords : paysans comme enseignants, riches comme pauvres, jeunes et moins jeunes etc. pourvu qu'ils soient motivés par la même quête : la perfectibilité de l'Homme.

Il nous a dit aussi que les frères de Viñales bénéficiaient de l'aide de frères américains, notamment de Floride qui parvenaient à leur apporter ce dont ils manquent cruellement et particulièrement, des médicaments.

Enfin, il nous a indiqué où trouver le grand Temple de La Havane où nous devions retourner le jour même.

Encore une bien belle rencontre dont je garde un souvenir très fort dans mon cœur.

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Temple National Maçonnique, avenue Salvador Allende, La Havane


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Détails de la façade


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José Martí. Drapeau Cubain


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Présence de la Maçonnerie dans l'histoire de Cuba


Ainsi donc, sans le savoir, nous étions en voyage dans l'un des pays où la présence de l'idéologie maçonnique est très forte.

D'après le site Masoneria cubana en el exilio, les premières traces de la franc-maçonnerie en Cuba datent de 1763, bien que quelques enquêteurs pensent qu'elle a pu être présente avant, en prenant en compte certaines marques et les inscriptions de symbolisme maçonnique évident, gravées dans les pierres de taille de la muraille qui a entouré La Havane, dont la construction s'est initiée au XVIe siècle.

Le premier document officiel qui témoigne du travail de cette fraternité dans l'île, est un certificat du degré de Maître étendu au nom d'Alexandre Cockburn, en date du 3 mai 1763 durant l'occupation militaire de la Havane par les Anglais. C'était la Loge Militaire Anglaise un nombre 218 du Registre de l'Irlande, assignée au Régiment 48 de l'armée anglaise d'occupation, le premier corps maçonnique qui a réalisé ses fonctions en Cuba.

Après que les Anglais abandonnent l'île, toute trace d'activités maçonniques disparaît et jusqu'à 1791, avec la Révolution de Haïti, et que les colons français qui fuient la situation, s'installent à La Havane et à Saint-Jacques-de-Cuba et ouvrent quatre de ses loges (Persévérance, Concorde, Amitié et Bénéfique).

Cette influence française est confirmée dans "L'histoire générale de la Franc-Maçonnerie" de Paul Naudon :

Des loges sporadiques furent constituées à Cuba au début du XIXe siècle, les unes par des Francs-Maçons français que l'insurrection chassa de Saint-Domingue , les autres par la Grande Loge de Pennsylvanie. Ce n'est qu'en 1859 que trois loges existantes constituèrent la "Gran Logia de Colon", avec siège à Santiago. Un suprême conseil fut institué la même année. Les deux obédiences s'unirent et formèrent Le Grand Orient de Colon.

A partir de 1867 le clergé catholique donna le signal de la persécution des Maçons, plusieurs furent fusillés et les 30 loges de l'île furent bientôt réduites à 7. Celles-ci restaurèrent, en 1874, une Grande Loge Souveraine de Colon. En 1876 étaient fondées deux autres Grandes Loges. Les années qui suivirent furent marquées par des scissions et des regroupements, qui aboutirent en 1880 à une union sous le nom de Grande Loge Unie de Colone t de l'Île de Cuba.

Actuellement (1987), il existe trois obédiences. La plus importante est la Grande Loge de Cuba des Francs-Maçons Anciens et Acceptés. Le nouveau régime politique n'est pas hostile à la Franc-Maçonnerie.

De nombreux révolutionnaires castristes étaient francs-maçons.



Ainsi donc, non seulement Cuba est imprégnée de Franc-Maçonnerie, mais l'influence française est énorme. Peut-être avons nous ressenti cela dans l'enthousiasme vis-à-vis des français et de la culture française là-bas ?

Pour poursuivre, je vous conseille bien sûr l'article en entier sur l'histoire de la Maçonnerie à Cuba et aussi, ce pdf : L'influence de la franc-maçonnerie française dans le Département Oriental de Cuba dans les années 1820 - Les apports de la prosopographie.

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A consulter : La Grande Loge de Cuba a célébré ses 150 ans depuis sa fondation le 5 décembre 1859

Site non officiel de la Grande Loge de Cuba

Sur José Martí (Source Wikipédia) :

Il a créé la revue L'Âge d'or en 1889. Les publications de la revue étaient : des contes, essais et poésies qui incarnaient l'idéalisme et l'humanisme de Martí. L'universalité des valeurs humaines est dépeinte à travers un grand spectre de thèmes et d'époques traités dans la revue. L'Âge d'or incitait les jeunes à la recherche de la connaissance, l'amour et la justice.

Les quatre numéros de la revue furent compilés dans un livre du même nom et sont considérés comme des classiques de la littérature cubaine et latino-américaine.

Martí y Masoneria

Ce dernier possède un monument en son honneur, situé dans la ville de Québec, au Canada.

Sa modeste maison natale, Calle Paula n°314 à La Havanne, est transformée en musée à sa mémoire.

Il y a aussi un monument qui lui est dédié à La Havane, sur la Plaza de la Révolución, dans lequel on retrouve un musée sur la révolution (et José Martí) et aussi où se déroulent des réunions politiques (d'ailleurs le musée est parfois fermé à cause des réunions). Il existe une autre statue de José Martí, sise sur le Malecon havanais face à l'immeuble des intérêts américains, cette statue présente le poète philosophe portant un enfant (Elian Gonsalez) dans ses bras et pointant un doigt comminatoire vers l'immeuble.

Des bustes de José Martí sont visibles dans la plupart des édifices publics de Cuba.

Une de ses citations les plus célèbres : "là ou il y a du cœur il y a de l'avenir"

Le 28 janvier 2009, à l'occasion du 156ème anniversaire de sa naissance, un buste de José Marti a été inauguré, Boulevard Louis Blanc à Montpellier, qui devient ainsi la seule ville en France à posséder l'effigie de l'illustre poète et homme politique. Ce buste, œuvre du scupteur cubain Alberto Lescay Merencio est un don de l'ambassade de Cuba à la ville de Montpellier.

Sur l'île de la Réunion, dans la ville du Port, une rue du quartier des grands hommes porte son nom.

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Et bien sûr, téléchargez gratuitement Le Septième livre de Anna Galore ;-)

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17 octobre 2009

Denise Colomb, photographe des Antilles



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Denise Colomb a réalisé deux grands reportages en Martinique, en Guadeloupe et en Haïti, en 1948 et 1958.

Le premier voyage a été initié par Aimé Césaire, qui l’invita à se joindre aux commémorations du centenaire de l’abolition de l’esclavage dans les Antilles françaises (1848-1948).

Elle y est retournée dix ans plus tard, avec une commande de la Compagnie générale transatlantique et durant ce second séjour, a photographié en couleur et en noir et blanc.

Ces deux reportages constituent l’ensemble thématique le plus important dans le fonds Denise Colomb — plus de 9 000 négatifs —, en dehors de son travail consacré aux portraits d’artistes.

Ces deux dates (1948-1958) encadrent symboliquement la grande période d’activité de Denise Colomb, pendant laquelle elle exprime le mieux sa vision humaniste.

Aux Antilles, elle a photographié la vie quotidienne (école, marché, habitat, bar), la vie économique (commerce portuaire, pêche, culture de la canne à sucre, plantations), et les us et coutumes (jeux de rue, danse, carnaval, baptême).



Plus sur Wiki





Constituée pour l’essentiel de tirages d’époque — prêtés par la Médiathèque du patrimoine qui conserve la Donation Denise Colomb et par la Bibliothèque nationale de France —, l’exposition regroupe environ 130 photographies encadrées.

La plupart d’entre elles n’ont pas été montrées au public depuis 1949, date de la première exposition de Denise Colomb à la galerie Le Minotaure, à Paris.

L’exposition présente, sous vitrines, divers documents originaux (livres, magazines, correspondances et notes personnelles) et permet de découvrir une projection de photographies en couleur prises en 1958.


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Ses portraits
Du 29 septembre au 27 décembre 2009
Au Jeu de Paume – Hôtel de Sully




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Ces petits points sur la photo résultent d'un accident au développement.
Denise Colomb tire le meilleur parti de ce phénomène de "réticulation"
pour cet instantané de vie martiniquaise (1948).

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Lors de son séjour aux Caraïbes,
Denise Colomb fait escale en Haïti où
elle saisit avec tendresse une scène de rue.

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Ce ne sont pas les joueurs de cartes de Cézanne...
mais les buveurs de punch de Colomb,
à Saint-Pierre, en Martinique.

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Nature guadeloupéenne, vue à hauteur d'enfant

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Le port de pêche du Vauclin en Martinique, et,
derrière les filets, se devine la silhouette du pêcheur

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Capitale de la Guadeloupe, Pointe-à-Pitre,
carrefour de tout les possibles...

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Traversée sous la chaleur du bitume martiniquais

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La photo est titrée "Maternité".
Elle a été prise en Martinique.
Tout est dit.

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Toujours en Martinique, où Denise Colomb retourne en 1958,
le baptême d'un nourrisson dans les bras de sa grand-mère, "da"

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Mesdames Solfanor et Maugée (titre de la photo) chapeautées,
et en grande conversation.

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Les filles de ces dames, qui sait...
dans une cour de récréation en Martinique

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Martinique by night, et en noir et blanc.


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Commentaires des photos de Denise Colomb
par Valérie Marin La Meslée pour le Point.fr



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07 septembre 2009

Le don de Qâ, Jean-Marc Pasquet

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Fin juin dernier, dans un commentaire, Sapotille nous signalait un livre : Le Don de Qâ de Jean-Marc Pasquet, dans la lignée directe, disait-elle, de "Colère" de Denis Marquet.

Évidemment, cette information n'est pas tombée dans l'oreille d'une sourde et là, au moment où j'écris cette note, je viens tout juste de refermer la dernière page du "Don de Qâ" et... pfff... Émotion ! Que j'aimerais que nous soyons tous éveillés au Don de Qâ...

Subjuguée donc, la Anti. Et pourtant, c'était pas gagné. Je m'explique. J'ai eu un peu de mal à franchir la première page. A vrai dire, j'ai eu du mal à franchir la première ligne tellement je trouvais ça mal écrit.

J'ouvre le livre et je commence à lire : Le chien puait. Point. Heureusement pour moi. Point. Il m'avait semé au bord de la route, etc. Ouh ! Là ! Ca commençait vachement mal.

La suite : "C'était un berger belge, au nom d'Ulysse, dont les nombreuses années avaient parsemé le pelage noir de touffes de poils gris et laineux.

Pourtant, la quatrième de couverture me paraissait bien sympathique :

Un animal mystérieux, terriblement venimeux, issu de légendes ancestrales.

Un cryptozoologue et sa fille, à la recherche du chaînon manquant, dans les forêts pluviales de Colombie-Britannique.

Un grizzli furieux. Une nature impitoyable. Des meurtriers traquant hommes et bêtes dans les montagnes.

Un chaman amérindien, expérimentateur de rites initiatiques inédits.

Un héros incrédule, urbain déraciné, entraîné malgré lui à surmonter les épreuves d’un destin qui le dépasse.

Et surtout, une éblouissante histoire d’amour, qui fera ressurgir du fond des âges le don de Qâ, le pouvoir des origines, et bouleversa peut-être les consciences des hommes.


Heureusement pour moi, Sapotille m'avait glissé deux trois mots mine de rien avant que je ne commence à lire. "Alors, au début, l'histoire, euh, enfin, si tu ne trouves pas ça terrible, continue quand même, après c'est génial".

Et de fait, cette histoire est tout simplement merveilleuse d'autant plus que très vite, après seulement 498 pages (non, je déconne, quelques pages), l'écriture se fait riche et fluide, très vite j'ai commencé à ressentir ce que que dit l'auteur sur son site : C’est la forêt qui m’a soufflé les mots du don de Qâ.

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C’est la forêt qui m’a soufflé les mots du don de Qâ.

La nature, qui m’en a donné les rythmes et les phases.


Le Don de Qâ - l’inspiration
(Source site de l'auteur).

L’idée du Don de Qâ m’est venue tout naturellement dans la forêt, où je cours chaque matin avant de me mettre à écrire. Les arbres, les rivières, les rencontres avec les animaux, m’ont donné envie d’une histoire initiatique, qui mettrait en scène la métamorphose physique et spirituelle, d’un citadin transporté au plus profond de la nature. Une fiction pure, qui soit pourtant inscrite avec réalisme dans l’environnement contemporain, avec ses bouleversements et ses menaces. Un thriller, plein d’aventures et de rebondissements, mais qui parle, de l’intérieur, de l’évolution de la conscience d’un homme. Oui, mais comment ?

Une histoire d’amour. Entre un citadin et une femme d’une peuplade primitive. Mais de quelle ethnie, de quel continent ? Je ne suis pas ethnologue, et n’ai plus aujourd’hui la liberté de partir en voyage pour une longue période. Et par respect, je ne voudrais parler d’un peuple primitif, sans en connaître précisément les rites et les coutumes. Alors, pour conserver toutes latitudes d’inspiration, j’imaginai une femme fictive. Une femme d’une espèce inconnue. Une femme sauvage des bois.

Partout existent des légendes à propos de l’existence d’Hommes sauvages de la forêt. Du Valais au pays basque, de l’Himalaya à l’Afrique Australe, en passant par le Canada, on retrouve des légendes similaires. Les paléontologues s’entendent à dire que leurs origines remontent à l’époque où les Sapiens que nous sommes, côtoyaient encore des cousins Pithécanthropes ou Erectus de tous genres. Les cryptozoologues quant à eux, affirment que certains sont encore vivants aujourd’hui. Almasti, yéti, sasquatch, homo-pongoïdus, les noms changent, les descriptions aussi, mais l’aura de mystère qui entoure leur existence reste la même dans tous les pays. Mon choix géographique se porta sur le Canada. Là-bas, de nombreux peuples amérindiens se racontent des légendes concernant les sasquatchs, et considèrent leur existence comme évidente, en tout cas jusqu’à un passé proche. Les Tschimsian par exemple ont parmi leurs masques traditionnels, les figures familières de l’ours, du loup, de l’aigle, du saumon et de l’Homme poilu des bois.


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J’inventai Qâ, la dernière Femme sauvage de la forêt de Colombie-Britannique. Ultime grande forêt pluviale tempérée, territoires ancestraux et sacrés des Natifs, fortement menacés par l’exploitation outrancière. Bien sûr, je pris de grandes libertés par rapport aux légendes et aux descriptions de la cryptozoologie, qui considèrent plutôt les sasquatchs comme de grands primates. Alors que Qâ est une femme presque comme vous et moi. À part sa fourrure soyeuse. Et le fait qu’elle ne parle pas.

Qâ est plus que télépathe. Elle est en liaison constante avec son environnement et peut à loisir envahir les consciences des êtres qui l’entourent. Elle ressent tout.

L’idée me parut riche de possibilités, mais comment trouver les mots pour décrire les perceptions et la conscience d’une Femme sauvage de la forêt, télépathe de surcroît ? Que fait-elle, que pense-t-elle ? Quelles sont ses craintes et ses espérances ? Et face à une situation donnée, si elle est à la fois dans sa propre conscience, dans celle d’un geai sur son arbre, d’un loup à l’affût, d’un mulot dans son trou, et d’une biche qui passe, que ressent-elle ? Il n’existe aucun traité concernant les mœurs télépathiques des Hommes sauvages. Et pour cause. Alors, j’allai chercher en moi.

Je retournai dans les bois. Chaque jour. Davantage. J’allai courir, marcher, ou simplement voir, entendre et sentir. En m’efforçant à chaque rencontre, humaine ou animale, d’aiguiser mes sens sur le présent, et si possible, de multiplier mes perspectives sur les événements. J’assistai au flux des saisons, aux ravages des tempêtes, à l’obstination de la repousse.

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J’épiai chevreuils, castors, renards et sangliers, hiboux et hérons cendrés, croisai toutes sortes de personnages formidables. Et même si les forêts aux alentours de Genève, où j’habite, sont bien différentes de celles du Canada, j’essayai d’en capter l’essentiel, du plus profond de mon instinct, comme aurait pu le faire Qâ.

Ensuite, j’allais écrire.

C’est la forêt qui m’a soufflé les mots du don de Qâ. La nature, qui m’en a donné les rythmes et les phases.

Aujourd’hui, après trois ans de concentration ludique et acharnée, à travers cette histoire qui prend vie, j’ai l’impression d’avoir grandi.

J’espère que chaque lecteur, chaque lectrice, éprouvera en lisant le don de Qâ, autant de bonheur que j’ai eu à l’écrire.


Jean-Marc Pasquet, Genève, janvier 2001.

PASQUET%20Jean-Marc1.jpg Quand on lit cette source d'inspiration, on a forcément envie, voire besoin d'en savoir plus sur une personne pareille !

Jean-Marc Pasquet est né en Suisse, de mère Franco-russe et de père Haïtien. Élevé à travers le monde, de culture européenne et métissé de quatre continents, Jean-Marc Pasquet nourrit son imaginaire de ses multiples voyages.

À 13 ans, il quitte Genève pour devenir Maharadjah aux Indes, un pistolet à plomb et 50’000 francs de billets de Monopoly en poche. On le retrouve quelques jours plus tard, dormant dans le Zoo de Turin où il voulait s’habituer aux cris des bêtes féroces. Le pli de l’aventure est pris.

Son adolescence mouvementée le voit rebondir de Genève à Addis-Abeba, de Bangkok à New York, de Londres à Madrid, en passant par Port-au-Prince. De sa scolarité, il retient surtout les leçons de l’école buissonnière qu’il pratique avec assiduité dans les forêts proches ou les jungles urbaines.

À 18 ans, il vit entre la Côte d’Ivoire et le Ghana, oscillant dangereusement entre banditisme et musique. C’est la rencontre de musiciens africains, notamment Fela Anikulapo Kuti, qui déterminera ses choix. Il arpente sans le savoir ce qui deviendra plus tard le décor de son premier roman.

De retour en Europe, il replonge dans l’écriture à travers la chanson. En 15 ans de musique, il forge son style et sa voix aux feux de la scène, en écrivant plus de 250 chansons qu’il interprète, d’abord avec son groupe de Ska « The Gordini’s » puis son groupe de rock tribal « Monkey’s Touch ».



Il compose, enregistre des disques et se produit sur les scènes européennes. (New-Morning Paris, Paleo Nyon, festival de Leysin, « Gradus ad Parnassum » Moscou)

Dès 1991, lauréat d’un concours d’écriture cinématographique, il écrit des scénarios de courts-métrages qu’il réalise et produit lui-même.

À la demande de réalisateurs, il écrit plusieurs longs-métrages, et participe à des tournages en tant que comédien, (notamment 1er rôle dans
« Ashakara », long-métrage tourné au Togo par Gérard Louvin). Rassemblant l’efficacité de la structure narrative cinématographique, le rythme des chansons et le lyrisme de la poésie, il se lance dans son premier roman « Nègre Blanc ».

Paru en 1996 aux Editions Robert Laffont, le roman est salué par le public et la critique qui qualifie « Nègre Blanc » de « fusion pananimiste, une érection de l’âme doublée d’un chant d’amour à la femme et à l’Afrique », (A. Duplan, L’Hebdo).

Aux confins des contes Amérindiens, de la cryptozoologie et des légendes urbaines, son nouveau roman « Le Don de Qâ », paru aux Editions Jean-Claude Lattès, en avril 01, se situe au Canada. C’est l’histoire d’amour sensuelle et initiatique de Qâ, la dernière femme poilue des bois, et de Boris, un Européen égaré, citadin incrédule, chaman malgré lui. En une quête haletante, on participe à la métamorphose de Boris, de son départ forcé d’Europe, à son accession à des dons extraordinaires que, grâce à l’aide de chamans Amérindiens, il porte à la connaissance des hommes.

Jean-Marc Pasquet se situe dans un courant qu’il appelle « Conscience-Fiction », et collabore avec de nombreux artistes de talent.

Il se produit au sein du groupe ZFly, y interprète des chansons tirées du « Don de Qâ », et se livre à des lectures-concerts. Parallèlement, il travaille à son prochain roman, et au livret d’un opéra contemporain.

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J'ai très envie de lire d'autres romans de ce monsieur qui, par son attachement aux valeurs primordiales, aux différentes religions, son respect de la vie, se rapproche des thèmes privilégiés de Anna Galore.

Nouveau site (mais ça marche pô) : http://www.jmpasquet.com

Interview de Jean-Marc Pasquet 2007 sur Archivo OrbeQuince


Source et Copyright 2001 Le don de Qâ. com .

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A lire ailleurs sur le blog et/ou en rapport avec l'intrigue ou d'autres aspects :
Ces esprits qui guérissent les hommes
La chamane du 5e âge
Le site de Terre Sacrée : Interview de Jean Patrick Costa, président de l'association ARUTAM
Le site de ARUTAM
Et sur le blog :
La réponse de Caroline Benarrosh

Lettre ouverte à Caroline Benarrosh

Les nouveaux masques des sectes
Le regard du soleil, le chant de la nuit
Présence des chamanismes
Les 4 éléments
Le kobyz et les chamanes
Ayu Lhamo
Pollock et le Chamanisme
Les Secrets Du Jaguar
L'origine des lunes
Le cinquième rêve
"Colère" de Denis Marquet.
L'indien et le loup


anti

Photos 1, 2 prises à La Havane, août 2009. 3, Savoie août 2009.

10 mai 2009

Abolition de l'esclavage : expo à Bordeaux

1650407531.jpgBORDEAUX (AFP) — Deuxième port négrier de France pendant deux siècles, Bordeaux tente de regarder son histoire en face avec l'inauguration d'une exposition permanente consacrée au commerce atlantique et à l'esclavage, sans pour autant faire acte de repentance.

Bordeaux, qui accueille ce 10 mai la cérémonie de la journée nationale de commémoration de la traite négrière, fut le point de départ entre 1672 et 1837 de près de 500 expéditions maritimes qui déportèrent d'Afrique environ 130.000 esclaves vers les Antilles. Il est alors le deuxième port négrier de France derrière Nantes.

Mais c'est surtout au commerce de denrées produites par les esclaves que la ville doit sa richesse. A la veille de la Révolution, Bordeaux accaparait près de la moitié du commerce français en envoyant vers les "îles à sucre" deux fois plus de navires que Nantes ou Marseille.

L'exposition du musée d'Aquitaine, qui dévoile gravures, cartographies et vidéos sur l'enfer des traversées atlantiques, s'articule autour de chapitres évocateurs d'une époque ayant permis le développement économique de la cité: "La fierté d'une ville de pierre", "Bordeaux porte océane, l'Atlantique et les Antilles", "L'Eldorado des Aquitains" et "Héritages".

Pour l'adjoint à la culture Dominique Ducassou, "Bordeaux n'a jamais voulu cacher cette partie de son Histoire, même s'il n'y avait pas jusqu'à présent une forte visibilité de cette page" particulière de la ville.

Le seul monument bordelais rappelant l'esclavage est un buste de Toussaint Louverture, père de l'indépendance de Haïti, inauguré en juin 2005 et installé sur la rive droite du fleuve de la Garonne.

"On ne refait pas l'Histoire. Ce n'est pas un devoir de repentance, c'est une réalité de l'Histoire de Bordeaux. On la constate, on la regrette, et on l'expose pour les générations à venir", tranche-t-il.

Le directeur du musée, François Hubert, ne souhaite pas non plus s'apesantir sur le passé: "De cette histoire douloureuse est née une réalité de valeur universelle comme la musique telle le jazz ou la littérature. L'Histoire est en train de se dépasser d'elle-même grâce au métissage", juge-t-il.

"La difficulté est d'arriver à construire un discours historique sur un sujet complexe et à l'illustrer avec des documents et des objets" car par définition les esclaves ne possédaient rien, souligne-t-il pour expliquer l'inauguration tardive de l'exposition.

Ce n'est qu'en 1999 que le maire de Bordeaux, Alain Juppé, engagea "une politique de la juste mémoire" avec une exposition temporaire sur l'esclavage, baptisée "Regards sur les Antilles", grâce au don de 600 documents iconographiques au musée d'Aquitaine par un collectionneur d'origine lyonnaise.

En 2006, la ville commanda un rapport du comité de réflexion sur la traite des noirs à Bordeaux, présidée par l'écrivain Denis Tillinac, pour faire progresser le travail de mémoire.

Alain Juppé indique, dans un document de présentation de l'exposition, souhaiter avant tout "aider à comprendre sans anachronisme culpabilisateur" et "refuser toute amnésie" en inscrivant dans la mémoire de Bordeaux sa relation avec l'esclavage.

L'association DiversCités, qui a longtemps accusé la ville d'occulter son passé, s'est félicité de "ce pas positif" mais elle espère toujours la mise en oeuvre de la proposition du rapport Tillinac: l'édification à Bordeaux d'un mémorial de la traite des noirs.


Article et photo : AFP

17 mars 2009

Comment nourrir un monde de villes ?

Le mouvement global d'exode rural fait entrer la faim dans les villes



Comment nourrir un monde de villes ? La planète devrait compter 5,3 milliards de citadins en 2050 selon les prévisions de l'ONU, soit 2 milliards de plus qu'aujourd'hui. Dans les pays en développement, 5 millions de nouveaux habitants viennent, chaque mois, gonfler la population des villes. Beaucoup fuient la pauvreté des campagnes, déplaçant dans les bidonvilles les problèmes de sécurité alimentaire.


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C'était l'un des thèmes du Forum mondial des sciences de la vie Biovision, qui se tenait à Lyon du 8 au 11 mars, et dont Anna a parlé ici.

"Les émeutes de la faim, dans les villes d'Haïti notamment, ont permis d'attirer l'attention sur l'importance de la pauvreté urbaine dans la crise alimentaire mondiale", remarque Florence Egal, responsable de l'initiative "Food for Cities" au programme des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).

Car si la majorité des quelque 900 millions de personnes qui souffrent aujourd'hui de faim et de malnutrition sont des agriculteurs pauvres, le phénomène risque de devenir, ces prochaines décennies, essentiellement urbain.

"En ville, les gens ont peu d'accès direct aux biens agricoles, leur capacité à se nourrir dépend de l'argent qu'ils gagnent", souligne Nathalie Ernoult, vice-présidente de l'organisation non gouvernementale (ONG) Action Contre la Faim.

Sur un continent comme l'Afrique, où la majorité des urbains vivent avec moins d'un dollar par jour, le plus petit choc économique et la moindre augmentation des prix sont fatals.

Action contre la faim observe ainsi une montée du nombre de citadins qui doivent se contenter d'un repas par jour. "Le taux est passé de 36 % à 52 % de la population à Bangui (Centrafrique)", cite Mme Ernoult. Avec à la clé des carences nutritionnelles dramatiques, notamment chez les enfants.

Face à la menace d'un développement massif de la malnutrition en ville, la FAO et les ONG cherchent à favoriser des systèmes alimentaires plus robustes, enracinés dans le terrain local, alors que des logiques de spécialisation économique ont souvent fait disparaître des filières de production et d'approvisionnement de proximité.

"Infrastructures, organisation des marchés... On doit étudier toute la chaîne des problématiques alimentaires en zones urbaines, très différente de celle des zones rurales, analyse Florence Egal.

Le modèle de développement que nous avons promu ne fonctionne pas. Il s'appuie sur une échelle macroéconomique qui s'est révélée plus fragile que prévu, et surtout il ne prend pas en compte l'environnement local."

Conséquence de la crise, l'agriculture se développe à l'intérieur même des villes, encouragée par de nombreuses ONG.

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"L'agriculture urbaine permet aux gens non seulement de se nourrir eux-mêmes et de diversifier leur régime alimentaire, mais de gagner un complément de revenu en vendant le surplus", explique Nathalie Ernoult. Avec parfois des solutions ingénieuses quand la terre manque : dans un bidonville de Nairobi, c'est dans des sacs qu'on cultive désormais les légumes.

La FAO cherche à encadrer ces cultures devenues vitales. "Il y a des risques sanitaires, indique Mme Egal. Il faut vérifier avec quelle eau les plants sont arrosés, que les égouts ne se déversent pas dans les cultures, mais aussi les produits utilisés par les agriculteurs."

Des travaux qui pourraient servir dans les villes des pays riches, où l'idée du maraîchage urbain s'impose de plus en plus comme ingrédient du développement durable.

Grégoire Allix (Le Monde.fr)


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