28 octobre 2010

Coup de coeur à l'association "Les chemins d'Aluna"

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Adi / Le Roy est arrivée sur notre blog par un matin d'hiver 2009, via l'article Tchendukua /// Le Peuple Kogis . Depuis, elle a été de près ou de moins près à l'origine de certaines notes ici : Voyages d'Ici et d'Ailleurs, La montagne ensommeillée, Cormoran (Voir tag Adi). Aujourd'hui, je souhaite lui dédier ce coup de cœur car elle vient de créer le blog de l'association Les chemins d'Aluna, que je vous propose de découvrir avec moi.

aluna photo foret.jpgLes chemins d'Aluna est le nom de notre association créée le 14 septembre 2010 à Brest. Notre but est de proposer au public une découverte éducative et ludique des richesses naturelles du territoire Finistèrien en randonnant à travers ses bois et sentiers. Chaque randonnée permet à l'association de récolter des fonds pour soutenir des œuvres humanitaires et culturelles ou des projets en rapport avec la protection de la nature.

Aluna signifie Souffle ou Esprit de la nature en Kagba (langue des Indiens Kogis de Colombie). Nous avons choisi ce titre car Les chemins d'Aluna apporte son soutien à cette communauté vivant en parfaite harmonie avec son environnement immédiat.

Voici donc un blog dédié à notre Terre et à ceux qui la foulent. Vous trouverez ici différentes informations sur nos actions réalisées et à venir.

Merci de votre visite et bonne promenade !


La prochaine marche de l'association aura lieu le dimanche 7 novembre sur le thème de L'automne et ses petits habitants. Pour les plus grands, quelques notions sur l'histoire du bois de Keroual seront enseignées.

Les fonds recueillis seront reversés à l'association Tchendukua, Ici et Ailleurs. Cette association, fondée par Éric Julien, permet aux indiens Kogis de devenir propriétaires de leurs terres ancestrales sur lesquelles peuvent se transmettre aux générations actuelles et à venir une identité et une culture en totale harmonie avec la nature.

Pour les informations pratiques : Cliquez ici ;-)

Belle journée à tous,

anti

25 octobre 2010

Des nouvelles des Kogis

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Je vous ai souvent parlé des indiens kogis sur le blog. Hier, le magazine de la rédaction de France 2 leur a consacré un reportage que l'on peut revoir en ligne pendant quelques jours pour notre plus grand plaisir ;-)

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Cliquez ici pour visionner le reportage

Retrouvez tous les articles concernant l'association et/ou les Indiens Kogis :

La mémoire des possibles
"Tisserand du soleil" : Rencontre avec Kathy Dauthuille
Kathy Dauthuille dédicace.
Kogis, le message des derniers hommes.
Les Tarahumara et le serpent à mille têtes
Le magazine Géo et les Kogis
La montagne ensommeillée.
Tisserand du Soleil
Tchendukua /// Le Peuple Kogis

en cliquant sur le tag : kogi


Bonne journée,

anti, merci à Kathy pour l'information ;-)

04 février 2010

La mémoire des possibles

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MISE A JOUR DU 3 MARS 2010 : ATTENTION, LE SPECTACLE DÉBUTERA A 20H
(et non à 20h30 comme initialement annoncé)


L'association Tchendukua présente le mois prochain, au Théâtre Comédia, un spectacle en résonance aux thèmes fondamentaux développés dans l'ouvrage sur les Indiens Kogis paru chez Actes Sud (territoire, identité, équilibre, connaissances et vivre ensemble).

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Cette performance d'un soir réunira des artistes exceptionnels pour un parcours inédit, sensoriel et émotionnel.

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Trait d’union avec la culture Kogi et au profit de celle-ci, le spectacle est conçu pour ouvrir la voix du dialogue entre tradition et modernité, mémoires d'ici et d'ailleurs. Un moment privilégié à l'écoute du VIVANT… de ce monde qui vient. Un spectacle unique à ne pas manquer.

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Retrouvez tous les articles concernant l'association et/ou les Indiens Kogis :

"Tisserand du soleil" : Rencontre avec Kathy Dauthuille
Kathy Dauthuille dédicace.
Kogis, le message des derniers hommes.
Les Tarahumara et le serpent à mille têtes
Le magazine Géo et les Kogis
La montagne ensommeillée.
Tisserand du Soleil
Tchendukua /// Le Peuple Kogis

en cliquant sur le TAG : KOGI

anti

11 janvier 2010

"Tisserand du soleil" : Rencontre avec kathy Dauthuille autour de son livre

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L'association Les amis de Victor Jara

vous invitent à une

Rencontre avec Kathy Dauthuille autour de son livre :

"Tisserand du soleil"


avec projection du documentaire d'Eric Julien sur les indiens Kogis de Colombie :

Kogis, le message des derniers hommes


Dimanche 17 janvier à 18h00


au Restaurant El Rinconcito

7, rue des Marchands- Nîmes

Renseignements : T 04 66 76 17 30

Nous vous attendons nombreux !

¡ Hasta Luego !





1334081745.JPGIl tissait le fil, tissait la vie, croisait ses pensées dans le cœur oublié du monde.

C'est dans le silence et avec lenteur, qu'il exprimait ce lien intense aux choses. Et c'est par cette alchimie primordiale que le tissu deviendrait sagesse, mémoire et vérité.

Comme tant d'autres de sa tribu, il filait à son tour le temps, sa destinée. Maintes fois il passa par la porte solaire pour reprendre le fluide, le courant, l'énergie.

Chaque fois que le fil blanc : (mâle ou femelle) passait entre ses doigts, il clignait des yeux et semblait voir autre chose : sa vie, ou celle des autres, en un dédoublement d'images, de sons, d'odeurs...

Ainsi refaisait-il les mêmes gestes que ceux de son père, de son grand-père, depuis le jour où leurs ancêtres étaient sortis de l'œuf cosmique.
Avec amour et attention, il reproduisait les gestes immuables sur ce métier qu'on lui avait transmis comme l'on transmet un objet sacré, une mémoire.

Il était bien là, ce lien magique qui le reliait à toute la lignée depuis la première aube.

Je restai là, à l'observer, craignant de bouger de peur de le déranger, de créer des fluctuations dans les ondes qui l'entouraient et flottaient ; je craignais d'entrer dans un monde secret auquel ne n'avais peut-être pas droit.

Pourtant, il ne disait rien, ne manifestait rien de spécial dans sa gestuelle qui aurait pu marquer une insatisfaction à mon encontre. Et tout à coup, son regard fixa le mien comme au-delà de toutes les apparences, un regard sûr, avec quelque chose tout à la fois de léger, d'innocent, de serein. Il exprimait la bienveillance et j'en fus touché.

Et quelque part une voix intérieure me dit clairement : "Je sais que tu es là... j'ai compris."


Kathy Dauthuille, Tisserand du Soleil.

A lire et à relire, tous nos articles sur Kathy.

anti

16 octobre 2009

Kathy Dauthuille dédicace.

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« Homme de lumière et de vent,
Silhouette dressée face aux abîmes,
Maître des lieux au regard vaste,
Ta veine de force
Traverse tes blanches oscillations de coton
Et agite tes longues mèches noires. »


J'ai déjà parlé du livre de Kathy Dauthuille "Tisserand du Soleil", livre que j'ai beaucoup, beaucoup aimé, véritable hommage aux Indiens Kogis.

Eh bien, nîmois, nîmoises, sachez que l'ancienne rosati va présenter et dédicacer ses contes demain samedi 17 octobre à la boutique artisans du monde Rue Jean Reboul, à partir de 16 heures..



Certes, mais qu'est-ce donc que ces "Rosati" ?

Les Rosati, Société Anacréontique fondée en 1778

Petite sœur rebelle de l’Académie royale des Belles lettres d’Arras (1773), les Rosati d’Artois existent toujours. C’est la société littéraire la plus ancienne de France ; c’est même la dernière société littéraire et bachique d’Europe. Les Rosati mettent en valeur la culture régionale et assurent le maintien de la tradition du « gai savoir ». Ils pratiquent les rites d’origine mais cherchent également de jeunes talents et organisent des conférences, expositions, fêtes et joutes poétiques.



Un peu d’histoire… Sur les traces d’Anacréon :

La société des Rosati naquit le 12 juin 1778 à Blangy, prés d’Arras (Pas-de-Calais) un matin sous une tonnelle de roses au tintement de coupes, dans l’enthousiasme de jeunes intellectuels tous animés par une réelle joie de vivre, amoureux de la beauté, la simplicité,la gaieté.

Comme les muses, ils étaient 9 et célébraient la poésie, la rose, le bon vin, les mots.

Les premiers Rosati (le mot est l’anagramme d’ A.R.T.O.I.S , d’où son invariabilité) donnent à leur société le titre de « société anacréontique des rosati » du nom d’un poète lyrique grec, Anacréon, vivant au VI ème siècle avant JC qui mettait lui aussi à l’honneur la femme, la rose et le vin.

Les vers dits anacréontiques sont de trois pieds et demi, le deuxième et le troisième sont des ïambes (deux syllabes une brève suivie d’une longue).

On trouve trace de l’origine de cette société aux Archives de l’Académie d’Arras dans le manuscrit de l’avocat Charamond à destination de son cousin parisien l’Abbé Menage dont voici un extrait : « Des jeunes gens réunis par l’amitié, le goût des vers , des roses et du vin, partirent d’Arras à cinq heures du matin et se réunirent à Blangy, dans un jardin bien fleuri…. Chacun lut sa pièce de vers appropriée au local et aux mystères qu’on y devait célébrer ; des bouteilles de Champagne apparurent dans des rafraîchissoirs de porcelaine ; on emplit les verres.

Tout à coup l’un d’eux montra le trésor qu’il avait apporté : des centaines de roses fraîchement cueillies…

On but à la reine des fleurs… et dans un moment d inspiration, l’un des poètes de la société s’écria : « Amis qu’un si beau jour renaisse tous les ans et qu’on l’appelle : la fête des roses »
(on sait maintenant que cette phrase est de Louis-Joseph Le Gay , le fondateur).

Ainsi, commença la fête des roses célébrée de nos jours encore un dimanche de juin. Ainsi naquirent les Rosati. L’écho de cette fête se répercuta dans la société des gens cultivés. On vit alors arriver des personnages comme Maximilien de ROBESPIERRE , Lazare CARNOT , Dubois de FOSSEUX et FOUCHE.

Puis, à Paris, sous le Directoire, apparut la première « réplique » du cercle arrageois : la Société des Belles Lettres (1797) avec L. Carnot, Beffroy de Reigny, Dubois de Fosseux. Celle-ci existe encore de nos jours sous le nom de « Rosati de France ».

Être Rosati devint un grand honneur puisque le cercle était assez fermé. L’entrée dans la société se fit sous forme d’intronisation appelée : « le rite du cousin Jacques », de son vrai nom Louis-Abel-BEFFROY de REIGNY (1757-1811 ; journaliste et auteur de comédies).

20070914Chr.JPG De nos jours, c’est encore de cette manière que les Rosati accueillent leurs futurs membres. Le futur Rosati est d’abord présenté par son parrain ou sa marraine rosatique dans un discours public.

Ensuite, trois gracieuses ballerines viennent à lui pour l’offrande et la célébration de la Rose, du vin, et du baiser rosatique. Vient ensuite sa présentation par le Directeur à chacun de ses nouveaux « frères et sœurs » Rosati et enfin toute l’assemblée entonne l’hymne rosatique : « Écoute ô mon cœur » dont l’auteur-compositeur est Marcel LEGAY (1904).


Écoute, Ô mon coeur, écoute la harpe
Du vent de chez nous, du pays d'Artois.
C'est un très vieux air des bords de la Scarpe
Qui chante aujourd'hui tout comme autrefois.



En 1877, après trois-quarts de siècle de « sommeil », c’est à Arras que devaient se réveiller les Rosati.

En effet, les poètes arrageois se souviennent de la société anacréontique dont le centenaire doit être célébré l’année suivante. Il s’agissait alors d’une deuxième naissance suivie d’une très rapide disparition pour une renaissance en 1904 : au début de l’année 1903, le maire d’ Arras Adolphe Lenglet (Rosati de 1877) dote la société de statuts légaux suivant la récente loi du 1 er juillet 1901 permettant la liberté d’association car la ville prépare pour 1904 une « exposition universelle du Nord de la France » ; manifestation à laquelle n’assistera pas ce dernier mort subitement en août 1903.

En 1904, les Rosati décidèrent de distinguer d’un rose d’or des personnalités ayant œuvré pour faire connaître et aimer notre région dans les domaines des arts et des lettres.



Citons parmi celles-ci : Le poète belge Maurice Carême (1975), • Le chef d’orchestre de Lille : Jean-Claude CASADESUS (1981), • Le chanteur Julos BEAUCARNE (1984), • Le conservateur en chef des musées nationaux René HUYGHE (1984), • Le journaliste et écrivain dunquerkois Jacques DUQUESNE (1991), • Le comédien belge Ronny COUTTEURE (1997).

Mais aussi des peintres, des gens de lettres, des gastronomes, des patoisants…

ROSATI D’HIER -Jean de La FONTAINE : Patron des Rosati ?

L’éloge de La Fontaine fait fréquemment partie d’une intronisation actuelle. Les ancêtres fondateurs ont très peu parlé de ce grand fabuliste (peu apprécié de l’Esprit des Lumières) mais Charamond le cite comme Rosati « sans le savoir » avec Anacréon, Horace, Chapelle, Chaulieu, Crébillon, Gresset et Piron.

Il semblerait que dés 1893, les Rosati parisiens avaient adopté l’habitude de le célébrer et d’en faire le patron de leur fête annuelle à Fontenay-aux-Roses. Toutefois, cela n’empêche pas les artésiens d’en faire de même et ceci est d’ailleurs entré dans les mœurs des réceptions rosatiques.

grand_carnot.jpg L’un des plus prestigieux est incontestablement Lazare CARNOT (1753-1823) reçu dans la société en 1786 alors qu’il était jeune capitaine de Génie.

Grand mathématicien, considéré comme le père de la géométrie moderne, c’est surtout la politique qui va le faire connaître. Il voue une profonde admiration au « Prince des poètes » persan Saadi (ou Sadi) et décide que les fils aînés de chaque génération de sa famille porteront ce prénom (ce qui nous vaut presqu’un siècle plus tard d’avoir un Président de la République nommé Sadi Carnot).

Arrivé à Arras en 1782, le jeune bourguignon, admirateur de Rousseau et des belles lettres fut très vite adopté par la société arrageoise.

Capitaine au corps royal du génie, ingénieur mathématicien, philosophe, poète… son éclectisme fit l’admiration de tous. D’abord reçu chez les Rosati (1786) puis à l’Académie royale des belles lettres (1787), il manifesta toujours beaucoup d’amour et de reconnaissance pour les artésiens.

C’est à lui que l’on doit la devise des Rosati : « ON NE MEURT PAS QUAND ON EST ROSATI »

Le plus connu des Rosati est évidemment Maximilien de ROBESPIERRE (1758-1794), intronisé en juin 1787, cérémonie pour laquelle il composa un poème.

Derrière l’homme politique, il y avait tout simplement un homme et celui-ci en tant que Rosati a laissé des poésies dont voici quelques vers : Ah ! Jeune Lise, prend bien garde Le mot : « j’aime » est plein de douceur. Et souvent toi qui le hasarda N’en connus jamais la valeur

On peut y découvrir une autre face de Robespierre couverte d’une certaine sensibilité si ce n’est d’un réel talent poétique.

Il y a aussi Dubois de Fosseux (1742-1817), secrétaire de l’Académie d’Arras (1785-1792), il fut le premier Maire élu d’Arras le 25 janvier 1790 (réélu en 1794) et Président du Directoire départemental (1790-1792).

En 1794, victime de l’arrêté de Saint-Just et Lebas contre les ci-devant nobles, il est arrêté. A sa libération, le 31 octobre 1794, il quitte Arras pour rejoindre son fidèle ami Lazare Carnot sur Paris. Il occupe alors jusqu’en 1807 un poste au ministére de la guerre. Sans avoir revu Arras, tout en se tenant informé régulièrement, notamment auprès de son ami Jacques-Louis-Nicolas Vaillant (Maire de 1804 à 1813), il meurt à Paris le 28 décembre 1817.

Louis-Joseph Le Gay (1759-1823) fondateur des ROSATI et par ailleurs juge au tribunal du district puis au tribunal révolutionnaire, Procureur impérial il est rétrogradé et finit sa carrière comme juge d’instruction ; les royalistes ne lui ayant jamais pardonné ses idées républicaines.

Le jeune Charamond, administrateur et membre du district d’Arras en 1791, devint quant à lui Commissaire aux guerres,poste qu’il ne quittera plus avant de disparaître pendant la retraite de Russie alors qu’il était membre du Quartier Général de la Grande Armée .

Tous sont restés dans l’âme des Rosati épris de poésie et d’amitié.

Paul_Verlaine-courbet.jpg PAUL VERLAINE (1844-1896) Né à Metz, la famille réside ensuite dans le quartier des Batignolles à Paris à partir de 1851(son père était militaire). C’est après le décès de son père, en 1865, que le poète fera de fréquents séjours chez son oncle Julien Dehée, Maire de Fampoux, le village de sa mère. C’est dans cette commune que le poète se réfugie dans les moments difficiles puis chez sa mère revenue à Arras (impasse d’ Elbronne : une plaque a été apposée en 1944 au 55 rue d’Amiens, voisine pour commémorer le centenaire de sa naissance).

Verlaine aime contempler les bords de Scarpe et le « vieil Arras » qu’il aimait faire visiter à ses amis parisiens. Il ne reverra plus Arras après 1886 (décès de sa mère), malade il dédie aux Rosati, le 22/02/1894, un poème intitulé « toast à distance ».

Il s’éteint à Paris le 9 janvier 1896.

A l’occasion du centenaire de sa mort, le 9 janvier 1996, les Rosati lui rendirent hommage à l’Equinoxe (11 rue des Augustines), lieu fréquenté en leur temps par Rimbaud et Verlaine.

Maurice Carême (1899-1978) Poète belge d’expression française, auteur d’œuvres pour enfants ( La lanterne magique ) et de poésies (il est certainement le plus connu et le plus étudié dans les écoles françaises).Il a été proclamé par ses collègues français Prince des Poètes succédant à Jean Cocteau et Paul Fort. Les Rosati lui remettent une rose d’or le 1 er juin 1975.

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Source Site des Rosati.

anti

24 septembre 2009

Kogis, le message des derniers hommes.

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Photo Géo Magazine


On vous a souvent parlé du peuple Kogi sur ce blog. Kathy vient de me signaler une information de premier ordre, à savoir, la projection du documentaire (56') de Eric Julien "Kogis, le message des derniers hommes" le 7 octobre prochain.



Dans le cadre de la manifestation "Alliances en Résonance" organisée conjointement par la Fondation Alliance Française à Paris et l'Alliance Française de Bogota, une soirée sera consacrée à la projection du film "Kogis, le message des derniers hommes ", suivie d’un débat en présence du réalisateur Eric Julien.


extrait du DVD « Kogis : le message des derniers hommes


" Le message des derniers hommes"
Mercredi 7 octobre à 19h30
Auditorium de la Fondation de l'Alliance Française
101 bd Raspail
75006 PARIS
Tél : 01 53 63 48 27
métro : Saint-Placide ou Notre Dame des Champs

entrée libre


dvd-kogis-message.jpg Kogis : le message des derniers hommes

« En perdant notre territoire, nous perdons notre mémoire... »

Tel est le cri d'alarme des Indiens Kogis, les derniers représentants d'une société précolombienne qui souhaiteraient continuer de vivre en harmonie avec les autres, avec eux-mêmes, avec la nature.

Ce film n'est pas un film sur les Indiens Kogis de Colombie, leurs pensées, leur mode de vie, mais sur la relation frontière qui sépare deux mondes : celui d'une tradition millénaire basée sur une relation intime au vivant et celui de notre modernité toujours plus rapide, plus individualiste.

Un film où l'on découvre que dans la société kogi, la solidarité est une réalité vécue, partagée et dont la finalité est de maintenir l'équilibre. Equilibre de soi avec soi, soi avec les autres, soi avec le monde. Une société qui lutte pied à pied pour ne pas perdre leur mémoire
"car la mémoire" disent-ils "c'est comme les yeux qui ont été faits pour voir, si elle se perd tout devient obscur..."

Tourné à la demande des Kogis sur une période de plus de 15 mois, ce documentaire a pour objectif de porter leur parole et de montrer comment ils font face aux grands paradoxes de notre temps. Des images rares, tournées avec pudeur.

De la Sierra Nevada de Santa Marta en Colombie au musée du Louvre à Paris où trois d'entre eux découvrent un vestige précieux de leurs ancêtres, les Tayronas, ce documentaire nous invite à un itinéraire étonnant, où la tradition de cette communauté questionne notre modernité.

« Un documentaire engagé et beau tout simplement » Télérama
Grand Prix du public et Grand Prix du Jury - Festival Grandeur Nature, Val d'Isère, 2006 (Source Tchendukua

Pour plus de renseignements vous pouvez consulter le site de l'alliance française.

Le film en DVD.

Plus d'extraits sur le site de l'INREES.

Sur le même sujet, à voir aussi sur le blog :

Le Magazine Géo et les Kogis
Tisserand du Soleil
Tchendukua /// Le Peuple Kogis
La montagne ensommeillée, histoire d'une enfance andine, en Colombie, proche des Indiens Kogis, dont on peut lire un extrait ici.
Voyages d'Ici et d'Ailleurs, sur le blog de Adi qui soutient les indiens Kogis par diverses actions.
Le Grand Rassemblement


anti

06 mai 2009

Les Tarahumara et le serpent à mille têtes

J’ai lu ce matin ce reportage aussi terrible qu’émouvant, terrible écho à la note d’Anti sur les Kogis et la si grande difficulté des Indiens à demeurer sur leurs terres.

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(Du Barrancas del Cobre) Tout au nord du Mexique, à 1420 mètres d'altitude, au cœur de la Sierra Madre occidentale Sierra Madre occidentale, se trouve la zone de biodiversité la plus riche d'Amérique du Nord. Ces terres, rugueuses et inhospitalières, sont habitées par les Tarahumara, « les hommes aux pieds légers », depuis près de 2000 ans. Aujourd'hui, ce peuple pacifique est menacé par le narcotrafic qui menace l'essence même de sa culture et l'équilibre de son environnement.


« La violence du narcotrafic est un serpent à mille têtes.
Quand on lui en coupe une, cent repoussent
»,
explique un indien Tarahumara, qui tient à garder sa vie et donc son anonymat.
« N'allez pas croire que ma parole ne vaut rien, se défend-il,
mais ce que je vais vous raconter pourrait me coûter la peau
. »


Après un silence aussi lourd que son regard, l'Indien finit par parler : «

Ils viennent, tuent les arbres et après, on doit choisir :
soit nous quittons nos terres,
soit nous restons pour cultiver leur drogue
. »

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Le peuple tarahumara paie un lourd tribut pour la défense de sa forêt, qui concentre les secrets ancestraux de leur culture, de leur cosmogonie et de leur vie même. « On ne commercialise pas sa famille, on ne peut pas vendre ce qui appartient à la Terre Mère et au Dieu Père », s'indigne l'Indien, qui tire de la forêt l'essentiel de son alimentation et de ses plantes médicinales.

« La forêt est l'âme du feu », continue-t-il en regardant le bois se consumer dans l'âtre. C'est aussi celle de la musique : sans bois, plus de flûtes, violons ou tambours, éléments indispensables des rites et des danses traditionnelles.


Propriétaires hier, dominés aujourd'hui

L'invasion des bûcherons et des narcos sur des terres pourtant reconnues légalement comme propriété des Tarahumara en 1960 a placé ce peuple dans un rapport de domination. Ils sont passés du statut de propriétaires historiques de ces terres boisées à celui d'employés sous-payés d'une entreprise sans scrupules, que les Blancs et les Métis dirigent comme si ces forêts et ces indigènes leur appartenaient.

Quand les autorités locales sont questionnées sur le sujet, elles opposent mutisme et immobilisme. Cela fait plus de trente ans qu'un réseau de politiciens locaux corrompus et de trafiquants de drogue font leur business sur des contrats d'exploitation forestière obtenus frauduleusement.

Ils ont aménagé plusieurs pistes d'atterrissage pour transporter à grande échelle des cargaisons de marijuana et d'opium, dont la demande, toujours plus grande, se trouve tout près : de l'autre coté de la frontière américaine.

Les terres tarahumara sont la proie du cartel de Sinaloa, commandé par El Chapo Guzmán, le narcotrafiquant le plus recherché. Il est traqué non seulement par le gouvernement mexicain, mais aussi par les Etats-Unis et Interpol. Il avait été capturé en 1993 et condamné à vingt ans de prison ferme, mais une fois derrière les barreaux, Guzmán a très vite repris les commandes. Il a su acheter les faveurs de la plupart des gardiens et même du directeur de la prison, qui veillait à ce qu'il ait un traitement exceptionnel.
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El Chapo Guzmán au cœur des tueries

Au terme d'une « planification magistrale » et quelques jours avant son extradition aux Etats-Unis, El Chapo Guzmán s'est enfui, dissimulé dans la fourgonnette qui transportait le linge sale. Soixante dix-huit personnes auraient été impliquées dans l'évasion !

Depuis, Guzmán a non seulement repris le contrôle du cartel de Sinaloa, mais s'est aussi fixé l'objectif d'exterminer la concurrence, à savoir le cartel du Golf, le cartel de Juarez et celui de Tijuana, au prix d'une surenchère de mort et de chaos.

Dans cette guerre mexicaine du narcotrafic, des massacres d'une violence indicible sont monnaie courante, même dans les coins les plus inaccessibles du pays, tels les canyons de la Sierra Tarahumara.

En août dernier, le Mexique découvrait avec horreur la tuerie qui s'est déroulée en plein jour à Creel, petit village installé au sommet de la Sierra Madre. Quatre camionnettes de luxe sont arrivées de nulle part et ses occupants ont tiré sur une centaine de personnes. Le bilan : de nombreux blessés et 13 morts, dont plusieurs enfants et adolescents.

La version officielle parle d'un « règlement de comptes » entre narcos ; la vérité est que ce sont des innocents qui en ont payé les frais. « Des événements comme celui de Creel se répètent régulièrement partout dans la Sierra Tarahumara, mais la presse nationale n'en parle pas car elle est contrôlée », se plaint Ernesto Palencia, avocat et membre de l'ONG Alianza Sierra Madre.

Cet activiste au regard profond raconte le cas emblématique de Choreachi, petit village perché dans la forêt de la municipalité de Guadalupe y Calvo, au sud de Chihuahua. Cela fait 200 ans que la communauté indigène mène une lutte silencieuse pour préserver sa forêt, car comme beaucoup de Tarahumara, ils considèrent que leur mission est d'éviter à tout prix la destruction de ces terres, afin de préserver l'équilibre entre « le monde du haut et le monde du bas ».


Des procès arrangés à l'avance

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« Ils ont été l'objet de fausses accusations et beaucoup d'entre eux sont aujourd'hui en prison,
dit l'avocat, les procès sont arrangés à l'avance,
les Tarahumara ne bénéficient pas d'une défense ni d'un interprète qui parle leur langue
. »



Autant de violations des droits de l'homme qui mettent les indiens dans une position de totale vulnérabilité, dans un contexte qui ne leur est déjà pas favorable.

Car au-delà de la lutte pour préserver leurs terres, leur culture et leur paix, les Tarahumara se battent pour leur propre survie. Ils doivent faire face à un climat toujours plus dur, avec des récoltes toujours plus maigres, dans une région où les sources d'emploi sont quasiment inexistantes, sans parler du manque de soins médicaux et d'éducation.

« La situation est bien plus complexe qu'on ne croit », juge Victor Martinez, anthropologue spécialisé dans la culture Tarahumara depuis plus de vingt ans. Il explique que si certains Indiens cultivent la drogue sur leurs terres, c'est pour ne pas mourir de faim, ou d'une balle dans la tête : « Pourriez-vous les condamner ? les juger ? »

Par Yemeli Ortega


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Crédit photos : oliwajsf.club.fr




A lire aussi sur le blog :

Tchendukua /// Le Peuple Kogis
Tisserand du Soleil
La montagne ensommeillée, histoire d'une enfance andine, en Colombie, proche des Indiens Kogis.


et ailleurs :

Voyages d'Ici et d'Ailleurs, sur le blog de Adi qui soutient les indiens Kogis par diverses actions.
• Le site tarahumara.com pour en apprendre plus sur ces hommes aux pieds légers
• Et, pour finir sur une note plus optimiste, un article sur le pianiste de la Sierra Madre "Près du ciel, un piano dans la Tarahumara"



Miss You

04 mai 2009

Le magazine Géo et les Kogis

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Agréable (le mot est faible !) surprise en ouvrant le numéro de mai de Géo : Géo aide les kogis à sauver leur forêt !!!

Engagé depuis sa création pour la protection de l’environnement, le magazine GEO publie les résultats de son Bilan Carbone® et s’investit dans la lutte des Indiens Kogis de Colombie pour récupérer leurs terres et sauver leur forêt.

Le magazine GEO va soutenir l’action des Indiens Kogis. Ce peuple du nord de la Colombie tente aujourd’hui de récupérer ses terres ancestrales et de sauver sa forêt, grâce au soutien de l’ONG Tchendukua-Ici et Ailleurs.

environnement.jpg Qui sont les Kogis ?

Les Kogis sont les descendants des indiens Tayronas, une des plus brillantes civilisations du continent sud-américain. Du temps de leur splendeur, ce peuple du nord de la Colombie comptait près de 500 000 individus.

Mais la conquête espagnole au XVIe siècle a repoussé les Indiens dans la Sierra Nevada de Santa Marta, une montagne qui culmine à 5 775 m et plonge dans la mer des Caraïbes.

Les Kogis voient dans cet espace naturel le "cœur du monde", la Terre-Mère qui façonne leur culture, leurs croyances et leur code moral. C’est sur ces sommets qu’ils sont établis depuis quatre siècles. A l’écart du monde, à plus de 1200 km de Bogota, la capitale colombienne.

Un peuple menacé

Pour les Kogis, qui considèrent la nature comme "un corps vivant", l’écologie est une philosophie ancestrale. Ces indiens ont donc souffert de la destruction progressive de leur habitat depuis une quarantaine d’années.

Dans les années 1970, l’apparition du narcotrafic a entraîné le déboisement des contreforts de la sierra. La forêt a été rasée, laissant place à d’immenses champs de marijuana, puis de coca dans les années 1990. En un peu moins de 40 ans, ce sont plus de 75% des arbres de la région qui ont ainsi été détruits.

L’habitat des indiens Kogis a également été malmené par le développement du tourisme dans la cité de Santa Marta et la culture intensive de la banane puis de l’huile de palme, qui ont contribué à épuiser les sols et les réserves d’eau de la sierra.


2005244443.jpg Un homme au service des Kogis

Jeune coopérant, Eric Julien part en Colombie en 1985 à la demande du gouvernement français. Mais une excursion dans la Sierra Nevada de Santa Marta tourne mal. Victime d’un œdème pulmonaire, il est recueilli et soigné par les Kogis, qui lui sauvent la vie.

Dix ans plus tard, il fonde l’ONG Tchendukua-Ici et Ailleurs pour aider les Kogis à "retrouver les terres de leurs ancêtres". Grâce au soutien de 5000 donateurs, il rachète 1500 hectares de terre, sur lesquels vivent aujourd’hui 30 familles Kogis.

En 2008, deux nouveaux terrains ont été acquis et offerts aux indiens. Arbres fruitiers tropicaux et palmiers repoussent désormais sur des terres longtemps désertes et qui attirent de nouveau la faune.

L’ONG lutte aujourd’hui pour mener à bien la reforestation de ces terres ancestrales, et les transformer en réserves indiennes au statut inaliénable. Une mission que GEO a choisi de soutenir, en partenariat avec l’association GoodPlanet, présidée par Yann Arthus-Bertrand.

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Eric Julien, 49 ans, fondateur et président de l’association Tchendukua – Ici et ailleurs, raconte son combat pour défendre la communauté des Indiens Kogis en Colombie.

Comment s’est passée votre première rencontre avec les Indiens Kogis ?

C’était il y a 24 ans. J’essayais d’atteindre les sommets enneigés de la Sierra Nevada de Santa Marta en Colombie, lorsque j’ai été atteint d’un œdème pulmonaire. Je n’ai dû mon salut qu’à leur présence dans ces montagnes. Leur présence et leurs soins. Ils m’ont recueilli et ils m’ont sauvé la vie.

Les Indiens Kogis m’ont parlé de leurs montagnes, de la guérilla qui pillait leurs réserves alimentaires, des milices paramilitaires et des incursions de l’armée, de la déforestation furieuse, qui a entraîné la destruction de plus de 75 % de la forêt en moins de 40 ans. Ils m’ont raconté les pilleurs de tombes, les narcotrafiquants, les produits défoliants régulièrement dispersés sur leurs terres. Leurs difficultés à vivre sur des espaces de plus en plus réduits, acculés sous les sommets enneigés, là où la survie devient difficile. Je leur ai alors promis de les aider à retrouver leurs terres.

Il me semblait normal, évident même, qu’ils puissent reprendre possession de leur territoire, dont ils avaient été, méthodiquement et sans interruption, dépouillés depuis l’arrivée des conquistadors. J’ai donc fondé, en 1997, l’association Tchendukua – Ici et ailleurs. Avec, comme objectif, de rassembler des fonds pour racheter les terres des Kogis.

Quels ont été les résultats de votre action ?

Dès 1998, nous avons pu racheter une première parcelle de 70 ha. Nous avons alors connu des moments de grâce : Miguel, le chaman, m’a ouvert son territoire. Une petite fille de 8 ans est même repartie dans la vallée, à plusieurs heures de marche, pour me rapporter quelques mangues… simplement parce que je lui avais dit que j’aimais ce fruit !

J’éprouvais une immense joie à chaque fois que je parcourais ces terres arrachées à la furie des hommes : j’y croisais des enfants, des visages connus. Les villages et les maisons prouvaient que l’utopie devenait réalité.

Et puis il y a eu la disparition, la mort. Une famille Kogi qui disparait, puis un voisin, un ami proche que l’on ne voit plus… Et puis Gentil Cruz, compagnon de la première heure, mon « frère », enlevé, assassiné. Plusieurs fois séquestré par la guérilla ou les paramilitaires, il avait toujours réussi à leur échapper. Jusqu’au jour où… En novembre 2004, il est une nouvelle fois enlevé par les milices paramilitaires qui sévissent aujourd’hui encore sur la côte caraïbe. Ce n’est que deux ans plus tard que l’on a appris qu’il avait été torturé et assassiné. Les motifs restent obscurs et son corps n’a jamais été retrouvé.

Quelle est la situation des Kogis aujourd’hui ?

Malgré la conquête espagnole, l’esclavage, la torture, la déforestation, le pillage de leurs tombes, la guérilla et les paramilitaires, les Kogis (estimés à 12 000 personnes) sont toujours là. Près de 1500 ha de terres ont été rachetés et restitués, 50 familles se sont réinstallées, soit près de 300 personnes et des centaines d’hectares de forêt ont pu être préservés ou reconstitués.

Si chaque lecteur, chaque internaute se mobilisait pour acheter un carré vert (environ 600 m2 de terre), nous pourrions récupérer une vallée entière. Au-delà de l’appui apporté à la communauté Kogis, ce serait un formidable message adressé à la Colombie et au monde : ensemble, nous pouvons changer les choses.

Sur le même sujet, à voir aussi sur le blog :

Le Magazine Géo a 30 ans

Tisserand du Soleil

Tchendukua /// Le Peuple Kogis

La montagne ensommeillée, histoire d'une enfance andine, en Colombie, proche des Indiens Kogis.

Voyages d'Ici et d'Ailleurs, sur le blog de Adi qui soutient les indiens Kogis par diverses actions.

Enfin, pour en savoir plus sur les Kogis : Infos Kogis et achetez le dernier numéro de Géo et surtout, participez à l'action d'aide pour les Kogis si vous le souhaitez et le pouvez ;-)

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28 avril 2009

La montagne ensommeillée.

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Dans les commentaires de l’article " Tchendukua /// Le Peuple Kogis ", une certaine Le Roy a laissé ce message :

« Si vous souhaitez entrer dans l'enfance d'un Indien Kogi, vous pouvez aussi découvrir l'œuvre d'Alvaro Escobar Molina intitulée "La montagne ensommeillée" éditée chez Anne Carrière. Il s'agit d'un recueil de contes qui nous immerge dans le monde très spirituel de nos Grands Frères des plaines de Santa Marta. Alvaro y évoque également les tourments que ces êtres magnifiques ont subi et subissent toujours par les agissements sans nom des farc, des pilleurs de tombes et autres narco. Bon voyage au pays d'un petit Indien devenu Sage !
Bien à vous.»


Ecrit par : Le Roy | le 10 février 2009.

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Forte de ce conseil, je suis allée à la découverte de cette fameuse montagne, « La Montaña Madre » comme il l’appelle…

Petite Présentation de Patrice van Eersel (excellent auteur entre autre de « La source noire » dont il faut absolument que je vous parle un de ces jours) :

307342466.jpg Quand Alvaro est né, dans une humble maison indienne des Andes, son arrière-grand-mère venait juste de mourir et un éclair blanc a illuminé la pièce. C’est pour ça qu’il s’appelle Alvaro - de "Alba" : blanc. On a dit qu’il deviendrait guérisseur.

À presque 4 ans, il a commencé à comprendre les liens mystérieux qui rattachent les humains à la terre. Pour les Indiens, la terre est vraiment notre mère, et Alvaro a grandi dans cette idée, au milieu des rires, malgré la pauvreté des siens.

Lentement hélas, la violence de la guerre civile a rongé la montagne. Et un jour elle a déferlé sur eux, avec ses crocs sanglants. La famille d’Alvaro a dû fuir et finalement s’exiler. Le petit garçon s’est retrouvé homme. En France, il a pu faire des études, devenir psychologue, et même thérapeute réputé. Mais il n’a jamais oublié vraiment ses montagnes, auxquelles il a consacré ce recueil autobiographique, bouleversant de calme, d’émotion, de magie.


Quatrième de couverture

Un enfant naît, à l'aube, dans un village indien du cœur des Andes, face à la « Montaña Madre ». Un enfant apprend le monde et la vie à travers le chant des cailloux dans le torrent, les secrets d'une grand-mère qui le devine un peu sorcier, le bruit du vent quand il souffle dans la vallée haute... Et puis, un jour, c'est le départ forcé par la guerre qui déchire et bouleverse : l'enfant rêveur est chassé pour toujours de sa « montagne ensommeillée ». Face à l'exil, à la peur, ses souvenirs sont restés en lui comme un enchantement. Il en a fait son rempart intérieur contre la violence du monde, une source inépuisable d'inspiration et de courage. Si la vie est une rivière au courant tumultueux, chacun de ces récits à l'authenticité magique nous offre une pierre pour la traverser.

AIvaro Escobar Molina est psychologue clinicien, maître de conférences à l'université d'Amiens, et psychanalyste.

Le Roy (Adi), avec qui j’ai pu discuter de ce livre, en dit ceci :

Ce livre évoque la vie dans son intégralité. Depuis le désir d'un enfant jusqu'à la perte par la mort ou les guerres puis l'idée de l'au-delà.
Alvaro évoque la résistance nécessaire pour traverser les épreuves qu'il transcende en étapes, en apprentissages, sur un parcours de vie.
Pour ainsi dire, chaque phrase puis chaque conte relient trois dimensions :
* la narration presque anodine d'un enfant comme point d'identification ,
* la dimension psychologique par l'évocation de ce qui construit un enfant entre son imaginaire et sa confrontation au réel ,
* les messages spirituels délivrés entre les lignes pour nous aider à trouver du sens (parfois un sens nouveau) à notre existence.

Alvaro nous invite à nous mettre en paix, à nous accorder comme si nous étions un instrument relié au Tout.

Ce livre peut donc servir d'outil thérapeutique pour les personnes en quête de sens. Chercher dans notre enfance ce qui nous a construit, y puiser les ressources pour avancer encore vers la paix en soi.

Que puis-je ajouter d'autre ? Il m'arrive de replonger dans ce livre certains soirs. Je l'ouvre au hasard et lis quelques lignes. A chaque fois c'est une découverte.


Pour ma part, cette lecture fut un régal. Après une préface époustouflante de Antoine Audouard, je me suis retrouvée dans un univers à la fois naturel et empli de magie, comme celui que j’avais pénétré dans « Les Secrets du jaguar » de Martin Prechtel. Je me suis retrouvée dans la chaleur d’une famille où père, mère, grand-père, grand-mère, tantes, fratrie sont tout simplement attentifs à ce petit être en devenir qu’est Alvaro, le petit colibri.


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Cette lecture, ça a été pour moi, comme une expérimentation de la confiance, de celle de la force inébranlable de la douceur. Il y a aussi du Orsenna quelque part dans ce récit. Comment ne pas penser à « La grammaire est une chanson douce » en lisant le chapitre intitulé «L’école des mots » ? Un peu de Jacques Salomé aussi dans cette manière d’utiliser le conte pour communiquer. Un peu de Isha Schwaller de Lubicz aussi dans le choix du narrateur, un enfant, comme dans le génial Her bak pois chiche (encore un livre dont il faut que je vous parle !), et enfin, j’y ai retrouvé la littérature espagnole où se mêlent toujours la mort et l’amour, le sang et l’angoisse aussi avec cette force qui lui est propre.

Il y a bel et bien de la magie dans cet écrit, des étoiles dans le regard d’un enfant.

On y murmure, on y chuchote, on y confie des secrets dans le respect de la nature qui nous entoure. Dans cet univers, tout est verbalisé et partant, rien n’est hostile (sinon la guerre, indicible justement, qui se profile). Il en émane une grande sérénité, un sentiment de paix.

J’ai pensé en lisant « La montagne ensommeillée » combien nous manquons d’histoires traditionnelles dans nos sociétés modernes, ou tout du moins combien nous manquons de temps à les parler, à les faire vivre, d’arbres à palabre en quelque sorte, qui nous permettraient d’apprivoiser le Temps, l’Amour, la Mort, de nous aider dans notre apprentissage de la vie.

La préface dont je vous parlais et que je trouve si belle, je l’ai recopiée. La voici :

Alvaro Escobar Molina est né dans un village d’une vallée de Colombie, à l’ombre d’une montagne qu’il nomme la Montana Madre. S’appelle-t-elle réellement ainsi ? C’est possible mais ce n’est pas sûr, à la fois parce que le pays de l’enfance est toujours un pays imaginaire, mais aussi parce que la terre de ce pays là est aujourd’hui déchirée par le fer et la violence : nommer les choses et les êtres, dire les faits tels qu’ils se sont déroulés, rien n’est de l’ordre de l’évidence quand la mort rôde à l’ombre de la montagne.

A l’âge ancien où la paix régnait encore, c’est face à cette montagne ensommeillée, en écoutant la voix de sa grand-mère indienne, en suivant les chemins des sources, en se glissant dans le manteau incertain des vents, qu’il a ouvert les yeux sur la beauté du monde.
Alvaro n’était pas un enfant comme les autres. Descendant d’Indiens et d’Espagnols (plus de quatre siècles après la Conquête, dans aucun des pays andins la fêlure fondatrice n’est effacée), on murmurait qu’il était un enfant sorcier, qui entend et voit ce qui ne s’entend ni ne se voit. Mais son pouvoir lui était léger tant qu’il pouvait sans frein découvrir l’étrangeté des mots, courir le long des torrents, y jeter des cailloux de couleur, faire un avec le bruit du monde quand s’y mêlent les cris des animaux, les forces de l’eau et les paroles des hommes et des dieux.

Quand il n’était même pas un adolescent, Alvaro et sa famille ont été chassés du village par la guerre. Depuis deux ou trois générations, la guerre est devenue en Colombie l’héritage du peuple en chaque coin de terre. Elle est donnée à qui n’en veut pas avec pour charge unique de survivre.

La famille d’Alvaro a donc quitté la terre de ses ancêtres. La dépossession est cruelle, elle n’éloigne pas seulement des plantations et des fruits rares, elle ne prive pas seulement de l’odeur et du parcours des brises, de la géographie particulière des étoiles : elle arrache les hommes à quelque chose de plus ancien qu’eux et de plus grand que les hommes. Littéralement, elle les coupe du monde. C’est une migration du cœur, une migration des lieux et des esprits, une migration de la langue… Ce qui reste après cette dispersion, la stupéfaction passée, la peur calmée, c’est à chacun de le redécouvrir. La patience d’une vie n’y suffit pas toujours.

Les années passant, la violence a continué à prendre son dû. Ce n’était pas assez de l’exil, de la tristesse des maisons des autres… Il fallait que certains meurent, que d’autres soient emprisonnés, que tous traversent des épreuves qui les laissaient meurtris et silencieux, à peine capables de se murmurer les uns aux autres, dans le secret des nuits, par où ils étaient passés.

De cela, des deuils et de la solitude, Alvaro ne parle pas beaucoup : la souffrance qui repose en lui ne lui a pas appris la méfiance mais simplement que la vie est fragile, qu’un mot imprudent, inutile, peut tuer. Pour vivre il faut d’abord survivre : la leçon simple à dire avec des mots, toujours oubliée et qu’en tous lieux et tous temps on redécouvre u prix du sang et des larmes.

Il a poursuivi des études de philosophie et de psychologie à Bogota, puis à l’étranger. Toujours, son chemin le conduisait auprès de maîtres avec qui il ne craignait pas de partager l’expérience des limites de l’âme humaine. Il fréquentait les solitaires et les infréquentables ; survivant, il se laissait guider cers les survivants. Déjà, il travaillait avec les prisonniers, les créateurs, tous les enfermés de la vie.

Il y a une vingtaine d’années, à la suite d’un évènement qui a ébranlé sa vie mais qu’il préfère taire, Alvaro est arrivé en France. Il ne parlait pas un mot de notre langue et il n’avait pour contact dans notre pays que l’adresse d’un monastère trappiste dans les monts de Flandres. C’est ainsi qu’il apprit à parler français, parmi des moines qui ont fait vœu de silence, en pénétrant les mystères de la fabrication du fromage.

Littéralement, il a arraché les mots du silence, comme si cet apprentissage était une métaphore de sa vie.
Aujourd’hui Alvaro Escobar Molina est psychologue clinicien, maître de conférences à l’université d’Amiens. Psychanalyste, il aime particulièrement aider les artistes de tous genres à trouver leur chemin. Après des années passées avec des prisonniers, il a écrit une étude sur l’enfermement ; il continue à passer du temps derrière les murs des monastères d’hommes ou de femmes.

Quand on rentre chez lui, au 22e étage d’une tour du XIIIe arrondissement de Paris, on pénètre dans un territoire de lumière. Dans un espace modeste, le petit Indien a mis de l’ordre et de la douceur. Derrière son bureau il a rangé dans sa bibliothèque les mots des hommes qui l’ont aidé ; dans sa chambre quelques visages de femmes ; partout des objets simples qui racontent une histoire. Alvaro écoute beaucoup, avec une qualité d’attention extrême ; quand il parle, chacun de ses mot a son poids de simplicité, d’intelligence et d’humour.

Il a écrit les textes qui suivent directement en français, en choisissant chaque mot avec une précision de sculpteur. Ce sont des récits d’enfance, si l’on veut, qui n’ont pas plus de fil conducteur que les pierres sur lesquelles on saute pour traverser une rivière. Quand on est passé de l’autre côté, on se retourne et on regarde, et on se dit : « Oui, c’est pas là que je suis passé, c’est grâce à ces pierres que je ne suis pas tombé et que je n’ai pas été emporté par la violence du courant. C’est grâce à elles que je suis en vie. »

Avec le temps qui passe, en changeant de continent, les pierres sont restées dans le paysage de son âme. Quand la vie est difficile et la solitude pesante, quand les nouvelles ne sont pas bonnes, les pierres d’Alvaro sont encore et toujours présentes, elles dispensent leur lumière, leurs leçons silencieuses.

Au-delà de leur merveilleuse poésie, elles redonnent un sens au mot déjà usé de sagesse. Il faut les laisser lentement déposer leur justesse harmonique et les entendre résonner dans la nuit, à la frontière du rêve et du réel.
Le petit Indien, l’enfant de la Montaña Madre, la montagne ensommeillée, nous parle d’un pays qui est à la fois uniquement et absolument nôtre.

Antoine AUDOUARD.

La Montagne ensommeillée est disponible chez Amazon.

On peut en lire un extrait à lire sur le blog : « A l’heure de la voleuse ».

A noter que Le Roy organise dimanche 21 juin une randonnée suivie d'une chasse au trésor sur les sentiers côtiers du Finistère. Elle prévoit de faire intervenir un historien et un botaniste pour que le parcours pédestre soit ludique. Elle pense que nous devons prendre conscience de cette chance d'avoir un territoire magnifique et une culture forte. Les fonds recueillis iront à l'association Tchendkua qu’elle soutient depuis plusieurs années.

A lire enfin, un article sur Alvaro « La force cachée de la passivité » sur le site des Nouvelles Clés.

Très belle journée à tous.

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Photos Tchendukua.com

04 avril 2009

Tisserand du Soleil

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« Homme de lumière et de vent,
Silhouette dressée face aux abîmes,
Maître des lieux au regard vaste,
Ta veine de force
Traverse tes blanches oscillations de coton
Et agite tes longues mèches noires. »


Hier midi, j'ai fait une très belle rencontre, celle de Kathy Dauthuille, à travers son livre "Tisserand du Soleil" paru aux Editions Thélès.

"Tisserand du Soleil" est un conte, un conte Kogi, ce peuple dont j'ai déjà parlé sur le blog dans une note intitulée Tchendukua /// Le Peuple Kogis.

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Ce livre, c'est 100 pages, pas une de plus, pas une de moins, d'un hommage vibrant à ceux qui règnent encore sur la Cordillère des Andes.

Sous la forme de 36 mélopées, nous assistons à la naissance d’une amitié entre le narrateur et un tisserand kogi. Cette rencontre est à l’origine d’un dialogue qui nous introduit au cœur d’une culture méconnue, avec ses rituels, ses paysages montagneux et sa religion.

265885831.jpg C'est doux comme l'argile, beau comme le ventre rond d'une femme qui va donner la vie. J'ai trouvé des passages vraiment fantastiques, en résonance parfaite avec nos mots à Anna & moi hier dans nos échanges avec la nature, avec ceux de Michel Rauscher aussi lorsqu'il exprime sa fascination pour les poteries...






Extrait :

- C'est quoi un pot pour toi ? me demanda-t-il.

"Quelle question !" me dis-je en moi-même, et dépassant mon embarras, je lançai :

- Un pot, c'est un récipient pour contenir quelque chose.

- Mais encore ? J'eus un flash. Cet objet ressemblait à la fois à son "poporo" et au pot entouré de cuivre rouge que certaines peuplades consiéraient comme un symbole de féminité. J'ajoutai :

- Le ventre de la femme, non ?

- Oui, un pot c'est de la terre-matrice, c'est de l'argile pressé entre les doigts avec amour.

- Une création en quelque sorte.

- Un pot, c'est le don qui ne quittera pas la tribu car cet objet ne se transporte pas, il reste là où il a été façonné.

- En lien avec elle et le lieu, murmurai-je.

- Un pot, ça se modèle en disant des paroles sacrées ; on le cuit, on le bénit, il renferme des pouvoirs extraordinaires, expliqua-t-il avec gravité.

- Comme un talisman alors ?

- Là est son pouvoir; né d'une spirale, un pot peut contenir de l'eau, des aliments...

- Certes... -dis-je sur un ton évident- et pourtant quand il est vide, il y a tout l'appel de la cavité.

- Regarde en face de toi, là-haut, au sommet du toit de paille.

Je clignai des yeux, la lumière était trop forte... Mais peu à peu je distinguai un petit pot et des bâtons à l'intérieur.

- Jusque sur les toits ! On dirait presque des nids d'oiseaux !

- Le principe masculin et le principe féminin, toujours en équilibre, rappelle-toi.

- Oui, mais dans la nuit des temps, le pot est sans doute le premier objet façonné à partir de la terre.

- Bien sûr, mais ce que tu ne sais pas, c'est qu'il peut contenir des paroles et même des pensées.

Alors, je l'approchai de mes lèvres et dis dans la vasque sombre :

- Tes paroles me vont droit au coeur.

Et je lui rendis le pot.

Il le considéra avec beaucoup d'attention et souffla ces mots dans l'urne de terre :

- Tu es mon petit frère.


1017691473.jpgMais qui est Kathy Dauthuille ? Une nîmoise d'adoption, la cinquaine souriante, passionnée de symboles, auteur de plusieurs romans et poèmes, traductrice de l'espagnol vers le français de son état.

En 2003, elle rencontre le chamane Atawallpa Oviedo dont elle traduit des textes puis deux livres aussi alléchants l'un que l'autre : Les Fils de la Terre et Les Marcheurs de l’Arc-en-ciel.

A voir, cette vidéo de Kathy DAUTHUILLE sur AgoraWeb..

Et pour info, Stage avec Atawallpa Oviedo en Mai 2009.

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